25/11/2010

Interview de Philippe Xavier( Nomade).

Après la chronqiue de l'album, Nomade , voilà une interview de son illustre desinateur, Philippe Xavier . On savoure donc.....

 

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1 : En lisant la préface de Jean Dufaux, je me suis posé la question de savoir si Nomade sera chaque fois basé sur un personnage différent ou Gauthier des Flandres est il le fil conducteur de cette série ?
xavier5.jpgPour l’ instant nous travaillons sur nomade tome 2, je viens de terminer la planche 25,  suite et fin de ce "  dyptique  " sur Gauthier de Flandres .......pour la suite on verra, j aimerais rester un peu avec notre preux chevalier il a encore de belles aventures à vivre,  après ? La piste est longue, j’adorerais développer les origines du maitres des machines ...par exemple,  ou faire un saut  du coté de Jérusalem pour y découvrir les amours de Syria  ...L’univers de Croisade  que nous avons créé est tellement vaste et riche  que nous avons l’embarra du  choix malheureusement ....je ne dessine pas  avec mes 2 mains et les années passent vite ...nous verrons bien ...Cool


2 : Dans ce premier tome de Nomade, c’est un peu les 1001 nuits version apocalypse. Où as-tu trouvé l’inspiration pour créer ce décorum très spécifique (Décors, ville, vêtements) de cet opus ?
 
xavier4.jpgComme sur  croisade , j ai  besoin de m’ investir totalement dans ce que je dessine , au fil des albums ( 5 en 3 ans ...)  je commence à avoir une belle bibliothèque  remplie de livres sur l’ art et  l’ architecture islamique , de peintures orientalistes  .(  il y a quelques semaines  après une séance de  dédicaces  sur Paris  j’ ai pu prendre le temps d’ aller admirer l’ exposition de Jean Léon Gerome au musée d Orsay ....Que dire?  C’est  un voyage au plus profond de l’orient.En quelques heures, on se retrouve dans ces ambiances qui m’ont toujours fait  rêver .Cette recherche d’exotisme est quotidiennement présente dans mon univers, j’en ai besoin, j’ai besoin de m’évader  de sortir de ces murs qui m’entourent.  Les  livres  sont là  sur ma table   ou par terre,  ouverts,   me permettant en  un clin d’ œil de m’y  plonger,  de voyager. Le fait de reproduire un palais, une église   un minaret  tel quel ne m’intéresse pas. Par contre donner une ambiance , une émotion à travers mes dessins,  faire voyager les lecteurs avec moi,  les transporter  dans un orient entre réalité et imaginaire ...alors là je suis partant et c’est ce que nous essayons de faire avec Jean Dufaux ....une croisade bien différente des autres  une croisade personnelle  bercée par les contes des 1001 nuits

3 : J’ai l’impression que tu as vu beaucoup de pays ces derniers temps, Istanbul, Paris, USA, expos …Tu es sûr qu’il n’existe pas un 2e Philippe Xavier quelque part que s’occupe du tome 2 ?
 Si j’ai l opportunité de voyager, de découvrir  de nouvelles régions  je ne m en prive pas,  mon métier m' offre parfois de belles surprises, de belles rencontres. cette année j’ai rencontré des personnes attachantes, respectueuses   avec la tête remplie de rêves, des  étudiants marocains  à Tetouan , Casablanca  Rabat ....ainsi que  des enfants de 9-10 ans à Istanbul........ J’en profite aussi pour visiter, prendre des photos, m' asseoir et regarder ....  Un 2eme Xavier? Si seulement vous saviez la vérité Langue tirée .Tu as déjà vu le film avec Michael Keaton dans "mes doubles ma femme et moi ?? Et bien c est un peu  la même chose   :Clin d'œil

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4 : Est-ce que tu envisages d'exporter à nouveau tes talents vers les USA un jour - même pour un projet ponctuel - ou est-ce une période définitivement révolue (question de JMC).
 
Je mentirais si je disais que je n’y pense pas ....j’ai effectivement commencé  ma carrière en 1996   aux States  en dessinant pour les comics,  ....C’est là où j’ ai fait mes premières "armes ", 55 comics en 6 ans mais il me manque encore ce projet "mainstream" qui cartonnerait dans les chaumières  franco américaines !!   Un bon Wolverine ou Thor par exemple  ... si l’occasion se représente  why not? J’ai toujours des copains scénaristes ou éditeurs  qui bossent là bas, si le bon scénario me tombe dessus, je ne le refuserais pas  mais encore faut il avoir le temps   de le faire car ma priorité aujourd’hui est le  franco belge  ou je jouis d' une  plus  plus grande liberté graphique et narrative en ayant un contrôle absolu sur mes personnages

5 : Est ce que Jean Dufaux arrive encore à t’étonner avec ses scénarios?

xavier3.jpgAvec Jean nous travaillons  scène par scène ...1 ou 2 à la fois....donc je découvre l’histoire au moment où je la dessine  (je serais incapable de lire un scénario en une seule fois...Criant et  oui il continue de  me surprendre.  Bien sûr nous discutons du scénario, on se voit régulièrement ,  souvent   avec Philippe Delaby et Jeremy , mes 2 compères  et là nous discutons , nous échangeons ... , Je lui fais part de mes envies, de la direction que j’ aimerais  suivre et pourtant à chaque fois  je me retrouve dans  mes petits souliers de lecteurs de BD et je savoure chaque page .

Un grand merci à Philippe Xavier pour ses réponses à cœur ouvert .Une interview à l’image de Philippe Xavier : chaleureuse, passionnée et  entière.

 

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26/10/2010

Interview de Jéremy(Barracuda)

barracuda.pngVendredi 29 octobre, sortira dans toutes les bonnes librairies, le 1er tome de Barracuda.Une BD de Dufaux et de Jéremy.
Pour le bon Jean, il s'agit de sa...on ne les compte plus mais pour Jéremy, c'est un grand moment puisque c'est sa première BD .
L'occasion pour moi de lui poser 5 questions sur cette BD très attendue.

 

Comment te sens tu à quelques jours de la sortie de ta première BD , Barracuda, pas trop nerveux?
652petiqueux.jpgExcité que la bd sorte! Je l'ai terminée depuis fin 2009, j'avais hâte de la voir arriver...
J'ai déjà eu quelques retours, suite à la lecture par quelques professionnels, dont l'avis enthousiaste m'a tout de même rassuré.
Bon, je ne me fais pas trop d'illusions non plus, car ce serait le meilleur moyen d'être déçu...
Tout ce que j'espère, ce que ça marche suffisamment pour que je puisse perdurer dans le milieu, ahah.



Peux tu nous expliquer comment est né ce projet avec comme thème une BD sur la piraterie?
La piraterie est un genre qui reste souvent bien traité dans la bd.
Loin de Jean l'idée d'avoir voulu suivre cet effet de mode, il avait ce projet dans ses cartons depuis longtemps déjà; une histoire en écho à tous ces films qui l'ont passionné dans sa jeunesse (ce qu'il raconte dans la préface de l'album).
Barracuda est réellement né il y a quelques années.
En tant que jeune artiste désireux de rentrer dans le milieu de la bd (je l'étais déjà un peu, comme coloriste de Murena), j'ai voulu montrer mes planches à Dufaux. Je ne risquais rien, au pire, je partais avec une critique constructive de mon travail.
Et si mon dessin lui plaisait, l'univers médiéval-fantastique dans lequel j'évoluais à l'époque le rebutait, car il se rapprochait trop dangereusement de ce que Delaby a pu faire sur complainte.
Ce n'était pas la bonne piste à prendre.
Il a fallu que, par hasard, traîne dans ma farde à dessin une planche. Une histoire en une page, qui se déroulait sur mer.
Là, Jean a repéré quelque chose que l'on pouvait exploiter. Il n'a finalement rien dit sur mes planches et est parti. J'avoue, je ne savais pas quoi en penser.
Quelques instants plus tard, il revient vers moi en m'annonçant qu'il a un projet pour moi, et qu'il sait que ça me plaira (il connaissait déjà mes goûts en matière de films...).
Il avait déjà les grandes idées de la bd en tête puisqu'il me parlait déjà des 3 personnages principaux, ces ados livrés à eux-même sur une île de pirate...
Quelques mois plus tard, fin novembre 2007, je recevais les 13 premières pages du scénario.


Barracuda, c'est trois destins. Comment as tu travaillé ces trois personnages aux caractères différents ? Ont il un modèle ou une inspiration dans la cinéma ou la littérature par exemple?
Raffy; fils de Blackdog, le capitaine du Barracuda, Maria; fille de nobles espagnols et Emilio; jeune page au service d'une famille espagnole.
Tous les trois se retrouvent sur Puerto Blanco, l'île de pirates, et vont y évoluer chacun à leur manière.

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Raffy, est quelqu'un d'assez fougueux, tête brûlée. Il était important pour moi de toujours l'avoir en "mouvement", notablement grâce à ce bandeau rouge dans les cheveux (rappelant aussi celui de son père). Je voulais malgré tout qu'il soit assez beau... Je me suis inspiré de DiCaprio pour lui, dans sa forme de visage et dans son regard fin.

Maria, elle, se rapproche de Raffy, non pas dans les actes, mais par sa force de caractère. C'est bien grâce à cela qu'elle pourra survivre sur l'île...
Son vêtement rouge rappelant son tempérament enflammé, son regard d'un vert sauvage prêt à tenir tête à n'importe quel pirate. Elle n'a pas de modèle particulier.

Emilio, ou Emilia, garçon ou fille? Si c'est bien dit dans l'histoire, l'ambiguïté doit rester présente dans le dessin. Il représente pour moi le côté le plus délicat, fragile dans cet univers cruel. Ce qui devait être traduit en dessin par des traits de visage plus fins, par ses cheveux bouclés d'un blond vénitien. Mon inspiration pour ce design vient d'une artiste japonaise, Ayami Kojima (illustratrice principalement pour le jeu vidéo), par ses vampires au visage androgyne pour la série Castlevania.


Quels sont tes modèles comme dessinateur ....Delaby vas tu me dire mais tu en as peut être des autres? Au fait que t'as apporter ta collaboration avec le dessinateur de Murena?
Delaby a été -est toujours- une sacrée influence sur moi. D'ailleurs, je lui ai dédié cet album (Dufaux aussi lui a dédié, on ne s'était même pas concerté auparavant!)
Forcément, à passer des années à ses côtés, ça laisse des traces.
Mais il n'a pas été le seul. Marini, Guarnido et Rosinski ont eux aussi fortement bousculé ma manière de percevoir la BD.
Je crois que le style de dessin que j'ai aujourd'hui est le résultat de l'observation de tous ces artistes que j'apprécie énormément, des réflexions que j'ai pu en tirer, tout en trouvant le moyen de m'écarter de ces maîtres... en y ajoutant ma passion pour le cinéma, et sans rejeter cette période manga que j'ai pu avoir durant mon adolescence.
Le style d'un dessinateur se définit au final par ce qu'il a traversé dans sa vie, par ce qui est assimilé, compris... On s'en écarte, on l'adapte à sa sauce, on ajoute de nouvelles choses, mais on n'oublie pas.

Sinon as tu d'autres passions dans la vie ou c'est 100 % BD ?
Le cinéma, le jeu vidéo, la lecture... Ainsi que la bonne table avec un bon vin!
Je n'oublie pas l'écriture. J'ai pris cette bonne habitude de toujours noter les idées qui me passent par la tête.
Je ne compte pas me lancer comme auteur complet à l'heure actuelle, ce serait trop tôt, trop immature, mais qui sait, dans une dizaine d'année...

 



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Un grand merci à Jéremy pour avoir répondu à ces 5 questions et longue vie à Barracuda!

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (3) | Tags : barracuda, jéremy, dufaux, dargaud, interview, pirates |  Facebook | |

23/04/2010

Interview de Julie Maroh.

dyn008_original_350_498_jpeg_2551150_a067b74459de1702c149dd7cfa6c0ce2Suite à mon coup de cœur  pour le bleu est une couleur chaude , j'ai pris contact avec Julie Maroh pour une petite interview.
Et voici le résultat .Bonne lecture .



1-J’ai lu sur ton blog que  Le bleu est une couleur chaude, c’était 5 ans de ta vie .Un parcours du combattant pour pouvoir éditer ta première BD ou un esprit perfectionniste ?
En fait, j'ai commencé ce projet quand j'étais encore en études et je ne pouvais qu'y consacrer mon temps libre entre les cours. Il a donc fallu plus de trois ans pour l'écriture et le découpage du récit, lentement mais sûrement, et puis ensuite le temps de réalisation de l'album. Je ne pense pas que ce soit une question de perfectionnisme, mais juste les circonstances. Et puis j'ai eu pas mal de périodes de creux où je n'arrivais rien à produire.

2- N’as-tu pas eu des craintes par rapport au thème de ta BD qui parle de l’homosexualité féminine ?
Non, pas du tout. J'espère juste qu'on ne croira pas que l'histoire vise un lectorat bien défini, je n'ai pas créé ce discours pour un public lesbien.


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3- Penses tu que ta BD apportera une petite brique au regard que portent les gens sur l’homosexualité ?
Justement, c'est plutôt pour cela que je l'ai écrite, et donc pour tous ceux que j'aimerais convaincre. Je n'ai aucune certitude sur le poids qu'aura l'album publiquement mais quand je reçois des commentaires ou des mails de lecteurs qui me rapportent l'effet qu'a eu la BD sur eux et/ou sur d'autres personnes, je suis rassérénée.

4-Beaucoup d’émotions passent par des regards ou de petits gestes .C’est cet échange d’émotion que tu voulais partager avec le lecteur ?
Quand j'écris je ne pense pas au lecteur. Ça m'influencerait beaucoup trop, je crois! Pour ce qui est de la retranscription des émotions, j'avoue que c'est une des choses que je préfère travailler en BD. L'avantage de la jonction entre textes, images, blancs. Et pour ce récit en particulier, la découverte de ses propres sentiments et la connection qu'on éprouve vis-à-vis de l'autre sont un pilier de l'album. Regards, gestes et subtilités en sont donc une réalité à traiter.

5- ça fait quoi de lire autant de louanges et d’avis positifs ?
Plaisir, bien sûr! Les seuls avis que je reçois sont ceux des lecteurs qui postent des commentaires sur le blog, ou m'écrivent par email. Et puis évidemment mon entourage, certains libraires... Mais au-delà je ne sais pas quel accueil reçoit le livre à grande échelle, et je ne lis pas les critiques en ligne. J'espère juste qu'il puisse toucher un large public, j'entends: un public varié.



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6- Quelle est la part d’autobiographie pour ce Bleu est une couleur chaude ? Je parie que c’est une question qu’on te pose souvent (désolé) ?
On me pose souvent la question oui. J’ai l’habitude de répondre que la première source d'inspiration d'un auteur c'est soi-même, mais que ça ne veut pas dire qu'on parle de ce qu'on a vécu. On est obligé de se transposer dans la narration, de ressentir, de réfléchir à ce que pensent et décident nos personnages, et pourquoi. En fait c'est un boulot de schizophrène!
On est donc obligé de pouvoir se projeter, ça demande un peu de vécu mais surtout de l'imagination je pense.
Donc la part d'autobio' de l'album... elle est inexistante dans la forme, mais présente évidemment dans le message que je veux faire passer, dans ce que je pense de l'amour, et le pouvoir que j'y attribue.


7- Que peut-on te souhaiter pour le futur?

Continuer à me goinfrer de chocolat sans chop
Cper de caries.

Un grand merci à Julie Maroh pour avoir accepter cette interview.

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03/04/2010

Les rencontres de Dolhain.

On continue avec « mes » rencontres du festival BD de Dolhain.
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Je vous propose d’aller faire un tour chez Maïkeul Marminn .En plus d’être très sympathique, cet artiste réalise de très belles dédicaces .

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Il prépare une BD qui sera assez déjantée. Pour plus d’info, RDV sur son blog. http://lantredumaitre.blogspot.com/

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Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : bd, rencontre, blog, dedicaces, dolhain, maikeul marminn |  Facebook | |