27/03/2017

Le Troisième Gédéon T1

sans-titre.pngle-troisieme-gedeon-extrait1.jpgAuteur : Taro Nogizaka

Editeur : Glénat - Collection Seinen

Genre : Historique romancé

208 pages

Sortie : le 8 mars 2017

 

Avis de l'éditeur :

À la veille de la Révolution, Gédéon rêve de représenter le Tiers-État aux états généraux pour sauver la France de la misère. Georges, duc de Loire, n’aspire quant à lui qu’à détruire l’ordre établi. Quel avenir la rencontre de ces deux hommes apportera-t-elle à la France ?

 

Mon avis :

 Voici le moment de retrouver l'un des auteurs japonais les plus talentueux de ces dernières années, à savoir Taro Nogizaka, déjà connu pour sa série Team Mediacal Dragon, portant sur le thème hospitalier, mais surtout pour son précédent chef-d’œuvre La Tour Fantôme dont l'intrigue ficelée brillamment, propulsait le lecteur dans un dédale d'adrénaline à quasi chaque page de lecture. (Chers lecteurs, vous pouvez de ce pas lire les différentes chroniques de La Tour Fantôme, également repris sur Samba BD).

Nous voici, pour le coup, plongés avec cette nouvelle série, Le Troisième Gédéon en exactement l'an 1788, où deux hommes au destin fort distant vont illuminer une France en très mauvaise posture.

D'une part, Gédéon Aymée, à l'origine d’illustrations peu orthodoxes, dessine des croquis portant atteinte aux bonnes mœurs. Ces écrits érotiques dévoilant Marie Antoinette & Madame de Lignac ne sont pas du goût des nobles, incarcérant l'artiste et son graveur, Mr Alain Teviller, dans un cachot.

Certes, mal vu par les autorités, il n'empêche, le Marquis Arnauld aussi fourbe que fine lame espère convaincre Gédéon d’utiliser son talent au service des riches. Car ses dessins érotiques aussi précis et aguicheurs soient-ils ne présentent qu'une infime partie de son potentiel. L'homme est surtout connu pour ses talents d'attirer les foules par ses discours prenants, qui de fait, le place sur un piédestal par les gens du peuple, voyant en lui une forme de Messie.

Sauf que tout bon orateur qu'il est, il refuse catégoriquement le jeu vicieux et abjecte des nobles. Lui-même, dont l'existence faillit lui couper les ailes durant son jeune âge, provenant d'une misère profonde, et donc voué à une mort certaine, n'a vu sa vie sauvée que miraculeusement.

Afin d'éviter des bouches inutiles à nourrir, les nouveaux-nés sortant du ventre de leur mère, finissent quelques instants plus tard étouffés et enterrés. Un triste sort évité de justesse par un homme riche qui l'acheta pour quelques piécettes.

Recueilli par des nobles, il séjourna dans l'opulence et se créa un lien solide avec un jeune garçon nommé Georges, le fils de celui qui le racheta. Malencontreusement, un accident le fait fuir, sa vie étant menacée.

Des années plus tard, face au dilemme atroce que le Marquis Arnauld inflige à Gédéon (travailler à sa botte ou voir sa fille mourir pendue sur la place publique), un mystérieux guerrier à cheval intervient, et sauve d'une mort certaine Solange, la fille de Gédéon.

Ce jeune homme à la prestance féminine, n'est autre que Georges, Duc de Loire, ancien ami de Gédéon.

Ce Troisième Gédéon commence en force avec des ingrédients d'une rare efficacité pour entamer une nouvelle série.

Une fois encore, Taro Nogizaka démontre son talent et son génie. Tout y est pour satisfaire un public savourant des mets onctueux et délicats, parmi cette foule innombrable de nouvelles séries.

On retrouve des similitudes frappantes avec ses protagonistes de La Tour Fantôme. Le duo composé de Gédéon et de Georges de Loire, rappelle sans peine celui composé par Taichi et Tetsuo, qui durant 9 tomes ont su tenir le lecteur en haleine.

Des points communs pertinents se notent aussi bien d'un point de vue visuel, que sur leur personnalité : Le profil de Georges de Loire provient d'un même parallélisme que celui de Tetsuo, chacun offrant un tempérament à double courant. Tous deux semblent hermaphrodites et l'auteur joue en permanence sur ces caractères hommes - femmes avec une facilité consternante.

Chaque page se décortique et se lit avec une fluidité consternante. La qualité graphique et le découpage s’accordent à la perfection avec la trame.

Seul bémol se note sur les pages comprenant un nombre de cases trop élevées. Plus ses cases sont petites, plus le trait semble brouillon, mais rassurez-vous, cela ne dénote pour ainsi dire en rien la qualité impressionnante de cet album.

Ce 1er opus commence donc en force. On tient certainement un nouveau bijou entre nos mains. Attendons la suite afin de se prononcer, si il s'agit ou non, d'un nouveau chef-d’œuvre!

 

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Coq de Combat

 

14/03/2017

Jojolion T2

51-AguguMqL__SX333_BO1,204,203,200_.jpg20170125121104_t2.jpgAuteur : Hirohiko Araki

Éditeur : Delcourt Tonkam

192 pages

Sortie : le 4 janvier 2017

Genre : Seinen action

 

Avis de l'éditeur :

 

La ville de Morio est dévastée par le séisme de la côte Pacifique du Japon. A la suite de cette catastrophe, d'étranges édifices appelés ""murs aux yeux"" font leur apparition. Yasuho, une étudiante, va trouver un jeune homme nu, coiffé d'un béret de marin, dans les décombres. Il ne se souvient de rien. Ils vont alors partir dans une quête à la recherche de son véritable nom

Mon avis :


L'univers de Jojo bizarre adventure se démarque des séries mangas classiques. Certes, on a ici droit à une série à rallonge, (tout de même classé parmi le top 10 des plus longues séries au Japon) mais quelque soit l'arc en question, Hirohiko Araki parvient aisément à enjoliver chaque nouvelle structure de son récit, sans ennuyer un tant soit peu ses lecteurs.

On se retrouve avec des personnages clinquants : la jeune fille filiforme Yasuho Hirose, extrêmement bien mise en valeur (style vestimentaire à la fois rétro et moderne), un inconnu amnésique avec pour tatouage fort étrange : une tache en forme d'étoile et quatre testicules, Ojiro Sasame, un surfeur qui cherche des noises à un certain Yoshikage Kira, se faisant passer pour lui, face au jeune homme amnésique, une kyrielle de seconds aussi charismatiques qu'attachants...

Ainsi qu'un décor glauque et une intrigue alléchante, de quoi placer une tension constante et graduelle, ni trop, ni trop peu, parfaitement équilibrée entre scènes d'action et dialogues poignants.

Qu'il s'agisse des héros masculins ou féminins, les protagonistes évoluant dans Jojolion, ainsi que pour les arcs précédents, ont de la gueule, une prestance unique pour ce décor. On aime ou on déteste ce style graphique quelque peu vulgaire, disproportionné.

Tronches excentriques, tenues vestimentaires provocantes, lèvres pulpeuses sont des arguments efficaces, mais la force ultime du trait de l'auteur se note au niveau du regard de ses interprètes. Des yeux profonds, qui respirent tant d'éléments, qui parviendraient à jalouser des créatures de modes, ou rendre dingos les plus illustres photographes.

Quant au nom du protagoniste principal, sachez que l'auteur révèle un indice qui risque de faire parler la poudre. Précipitez-vous sur la lecture de ce second opus, et vous discernerez le lien avec l'arc Diamond is unbreakable.

 

Affaire à suivre avec grand intérêt.

 

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Coq de Combat

 

 

08/03/2017

Btooom T20

61uaQ1RHV9L__SX359_BO1,204,203,200_.jpgPlancheA_298431.jpgAuteur : Junya Inoue

Éditeur : Glénat Manga

194 pages

Genre : Survival

Sortie : le 15 février 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

Après avoir abattu le drone de Xaviera et récupéré les médicaments, Kosuké se dépêche de revenir auprès d'Heitaro. Au même moment, Yoshioka d'un côté et Heitaro et Kaguya de l'autre tombent nez A nez. Pour protéger la petite fille, l'ancien policier se jette A corps perdu sur les balles du musicien, mais…

 

Mon avis :


Ryota, plus décidé que jamais à remporter la victoire finale décide de sauver Himiko, détenue prisonnière par l'un des participants les plus cruels de l'île.

Malheureusement, son coéquipier le trahit et n'est entre autres que l'allié du bourreau de sa bien-aimée.

Kosuké, quant à lui perd les pédales et tente d'assassiner ses compagnons de route.

Junya Inoue donne le ton avec ce 20ème opus. Il se lâche à bien des niveaux. Les trahisons sont multiples, la violence crue (même si elle apparaissait jusqu'ici de manière plus que régulière) mais le récit prend une tournure encore plus tendue et apocalyptique.

Le final du tome est à couper le souffle. On se demande de quelle manière l'auteur tournera son itinéraire pour la suite, tellement la situation est stressante. Va-t-il pousser Ryota à céder à ses ardeurs et violer l'unique femme de son cœur, pour laquelle il se réserve une fois le jeu clôturé, ou le scénario risque-il de basculer une fois encore vers une énième tournure insolite?

La psychologie des protagonistes prouve l'efficacité de Btooom, qui dépasse le simple Seinen survival, par ses tueries sauvages. Car derrière chaque participant(e) se cache une histoire pertinente, un passé douloureux.

Graphiquement, comme à son habitude, Inoue fait fort : détails aériens,  dynamique des combats, visages intenses des persos. On vit chaque situation, chaque page de manière intense, sans jamais se dire que l'on perd son temps...ça c'est déjà un sacré challenge pour un mangaka, après 20 volumes, que de contribuer à partager une agréable lecture à ses lecteurs!

Chapeau l'artiste!

 

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Coq de Combat

 

28/02/2017

Be My Slave T1

51XuhT4VE4L__SX326_BO1,204,203,200_.jpgsans-titre.pngAuteur : Mika Sakurano

Éditeur : Soleil manga

192 pages

Genre : Shojo, Romance pour public averti

Sortie le 8 février 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

Lintello Azusa Yano est secrètement amoureuse du beau Kaoru Aota, mais il est résolument inaccessible pour elle. Jusqu’au jour où ce dernier se met à se rapprocher delle physiquement. N’arrivant pas à le repousser, Azusa devient petit à petit une véritable esclave pour lui ! Mais les choses vont se compliquer lorsque la jeune fille découvre que son petit ami est amoureux dune autre femme Entre manipulation et trahison qui saura dominer l’autre ?

Mon avis :

 Avec ce titre évocateur "Be My Slave" (Sois mon esclave), on peut toutefois s'interroger si nous avons affaire à un simple shojo traditionnel, ou bien, si l'on converge vers une tendance davantage tournée vers un Seinen.

Rares en fait sont les shojo porteurs de l'indicatif "Pour public averti". Après lecture de ce 1er tome relativement entreprenant, on se rend à l'évidence que les éditions Soleil ont vu juste.

Be My Slave affiche les ingrédients habituels rencontrés dans un shojo : romance fleur bleue, conquête inaccessible, crayonné conçu pour jeunettes, visages beaux et reluisants...

Mais très vite, le lecteur comprend tout l'intérêt de ce label "Pour public averti", des gestes forts câlins, un jeu du dominant et dominé, une expérience psychologique profonde, une introspection adéquate et équilibrée entre le bourreau et sa victime.

Les protagonistes authentiques offrent un caractère plutôt bien trempé. Les dialogues s'orientent fort vite vers une dépendance affective et sexuelle de la jeune fille vers le beau gosse de service. Lui qui rejette presque les plus belles filles de sa classe, il joue un jeu autant créatif qu'étrange avec Azusa.

A l'heure des 50 nuances de grey pour les adultes, voici presque sa version pour les 16 et ans et plus.

Maintenant soyons clairs, nous sommes à des lieues d'un Nozokiana, chez Kurokawa... autant graphiquement que sur son fil conducteur. Mais voici un album plus que correct pour lancer les hostilités.

Le second tome risque de pencher soit vers une véritable révélation, ou sombrer dans l'anonymat le plus cruel. Vivement la suite du maître et de sa jolie esclave pour percevoir peut-être une pépite du genre.

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Coq de Combat

20/02/2017

Berserk T38 - Par Kentaro Miura

Berserk.pngBerserk 38.jpgAuteur : Kentaro Miura

Éditeur : Glénat

212 pages

Sortie : le 18 janvier 2017

Genre : Heroic Fantasy

 

 

Avis de l'éditeur :

Rickert et Erika arrivent à Falconia, la cité où règne Griffith. Pendant ce temps, Guts et son équipage atteignent enfin l île des elfes...

 

Mon avis :


De la patience, il en nécessite un maximum concernant le temps d'attente entre deux albums de Berserk. Lorsqu'on sait que le précédent tome datait de mi 2014... 2 ans et demi qui paraissent interminables aux yeux des nombreux adeptes de l'une des séries les plus prometteuses de tous les temps.

Créé par Kentaro Miura, la série Berserk atteindra prochainement ses 3 décennies d'existence. Disons, que les premiers volumes connaissaient une publication plus vivace, ce qui laisse un énorme point d'interrogation quant à la conclusion de la série.

L'univers de Berserk affiche des membranes multiples, variant selon l'évolution de la série. Bien qu'atteignant son 38ème opus, on se demande quand arrivera son dénouement, et si d'ailleurs, nous pourrons un jour lire sa finalité.

Ceci dit, depuis plusieurs tomes déjà, Kentaro Miura embarque le lecteur, contre toute attente, vers des contrées insolites de son univers. Son échiquier semble sans fin. Systématiquement, à chaque fois que l'on se braque sur une situation, un lieu, ou un moment clé, il possède ce don pour nous propulser ailleurs, un ailleurs fort lointain, comparable aux ailes du faucon, la troupe de Guts ou encore ce personnage emblématique qu'incarne Griffith.

 

Mélange de styles absolus, la série se démarque par une avalanche d'éléments, qui une fois superposés ou alignés les uns à la suite des autres, mettent en scène une fiction hors normes!

Notons entre autres la magie, l'univers médiéval, la sorcellerie, les champs de bataille, l'inceste, le viol, la religion, les désirs sexuels, la violence, la pureté, la rédemption ainsi qu'un immense combat du "bien" et du "mal" émergent en permanence à la lecture de Berserk.

Côté protagonistes, une flopée d'individus se remarquent : des démons, des païens, des esclaves, des fermiers, des princesses, des filles de joie, mais nous retiendrons essentiellement 3 héros : Guts, chevalier noir, charismatique, borgne, guerrier fou, fougueux, à la lame surdimensionnée, capable de foudroyer n'importe quel ennemi. Casca, faisant partie de la troupe des Faucons, amnésique depuis son viol ainsi que Griffith, comparable à un messager libérateur de paix, mais totalement affamé de puissance et de gloire.

 

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Graphiquement, difficile de faire mieux! La touche graphique de Kentaro Miura excelle dans bien des domaines. Il s’illustre brillamment et cela depuis les premiers volumes.

Œuvre d'art à parts entières, chaque plan, chaque recoin est affiné dans la perfection même. L'ambiance noirâtre du sujet s'acclimate à l'unisson avec son contexte. Récit et graphisme se marient aisément.

Les couvertures et la qualité du papier ressortent également. Le seul bémol de ce tome (hormis son délai d'attente impensable) consiste à la quasi absence de Guts. On ne suit l'évolution de notre héros que sur quelques pages. Faudra encore attendre pour le contempler en pleine action. Espérons que cela se produise avant 2020!

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Coq de Combat

 

16/02/2017

Higanjima T33

41K1gFbSoML__SX350_BO1,204,203,200_.jpg9782302056077_pg.jpgAuteur : Koji Matsumoto

Éditeur : Soleil

384 pages - Épouvante

Sortie : le 30 novembre 2016

 

 
Avis de l'éditeur :
Personne n'est jamais revenu de île d'Higanjima, petit îlot désert qui cache le plus terrible des secrets : une secte de vampires ! Pourtant Aki et ses amis s’embarquent pour Higanjima, à la recherche d'un frère, disparu deux ans auparavant. Sur l’île, ils découvrent l’horreur absolue et remontent jusqu'à la source du mal. Un des plus grands best-sellers d’horreur, traduit en temps réel avec le Japon, régénère le mythe des vampires en nous offrant un suspense organique et haletant.


Mon avis :


Higanjima, l'île des vampires a démarré voici plus de 10 ans pour sa version française. Certainement l'une des séries horrifiques les plus déstabilisantes parues à ce jour. Rien n'est épargné, monnaie courante pour les Seinen d'épouvante...mais l'île d'Higanjima torture tout autant le lecteur que ses protagonistes, à la petite cuillère, ne faisant pas dans la dentelle.

Démembrements, sacrifices, rituels maléfiques, viols, tortures multiples, cruauté barbares remontant à la nuit des temps, lorsqu'on lit l’œuvre de Koji Matsumoto, on découvre avec quel acharnement il se délecte à nous en mettre plein la vue...jusqu'à déstabiliser.

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Mais qu'on se le dise : il ne s'agit nullement d'une façade quelconque à dédramatiser sa vision de l'horreur. Son récit bien que long, voire trop long sur sa distance, permet toutefois de pénétrer un scénario qui tient la distance. Certes, quelques tomes "inutiles" demeurent, sans réel apport quant à la constitution mis en place par l'auteur, mais qu'importe, on se sent bouleversé intérieurement à la fois par la violence omniprésente autant raffinée qu'atypique, tout en se laissant bercer par une tension jouissive.La maîtrise du récit, ses protagonistes attachants, la qualité graphique (encrage épais, gros plans travaillés au style Found Footage) ainsi que son effet marketing (qualité du papier, plats de couvertures aguicheurs) propulsent l'île d'Higanjima parmi les inconditionnels du genre (sans toutefois appartenir à un genre unique).On y parle de vampires, mais en se détachant littéralement du conventionnel, sous tous ses aspects. Un mélange subtil de Cannibal Holocaust, de Ruggero Deodato, aux films contemporains Cat 3 (Catégorie 3) réservé à un public franchement averti. Du trash stylé, comme les amateurs du genre s'en délecteront.Ce 33ème tome clôt de manière éblouissante le sujet, et les chanceux que vous êtes pourront lire une histoire bonus en fin d'album, tout aussi étrange que malsaine.Vous l'aurez donc compris : l'île d'Higanjima ne s'adresse pas spécialement aux amateurs de vampires, mais plaira  sans  nulle doute aux admirateurs de scénario et du cinéma underground et hardcore.

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Coq de Combat

 

30/01/2017

Ex-Arm T3

Couv_293965.jpgPlancheA_293965.jpgScénariste : Hirock

Dessinateur : Shin-Ya Komi

Éditeur : Delcourt - Tonkam

224 pages - Science-Fiction

Sortie : le 30 novembre 2016

 

 

 

Résumé de l'éditeur

Année 2030, sur le port de Tokyo. Un groupe doté de l'« Ex-Arm » nº08, attaque la policière Minami Uezono et sa co-équipière androïde Alma, alors infiltrées dans la transaction de l'« Ex-Arm », arme inconnue. Jouant le tout pour le tout, nos deux compères vont-elles réussir à initialiser l'« Ex-Arm » nº00 qu'elles ont dérobé à leurs assaillants ?!

 

Mon avis :

 Tout démarre avec un "trancheur", un organisme ultra-développé, à la recherche d'une androïde dans une maison de passes. Une maison close qui offre le plaisir dernier cri : des sexoïdes modernes totalement consentantes pour assouvir les désirs d'hommes richissimes. Mais ce lieu de perversion en tout genre referme un ôté bien obscur et maléfique...

Akira Natsume, ayant fait un bond dans le futur, se retrouve être une machine mécanique et électronique de haut standing. Le jeune homme, totalement dépassé par les événements devient un hacker hors-normes traquant du gros gibier, au solde d'une organisation Ex Arm de la police.

 

Suite à deux premiers volumes plutôt faiblards, on s'attendait à une suite de même acabit. Heureusement pour nous, il n'en est rien. On peut enfin espérer entrevoir une porte de sortie de la galère dans laquelle nous nous trouvions.

Soulignons-le tout de même, bien des mystères demeurent... et la trame parachute le lecteur dans un méli-mélo de tous les diables. Néanmoins, certains passages démontrent (temporairement) qu'Ex Arm a du répondant, et qu'il faut en tenir compte. Espérons que la série conserve dorénavant cette cadence et stimule nos sens.

Ce 3ème opus régale par son trait soigné. Les androïdes rappellent immanquablement l’œuvre de Hajime Sorayama. Élégance et sexy, corps aux formes creusées et rebondies, harmonie du métal et de la chair, fusion de la grâce et de la tendance cyberpunk. Le regard en prend pour se rincer l’œil à outrance.

Le clou du spectacle propose ces corps mi-humains mi-métal tranchés, lacérés par des lames plus puissantes que le titane. C'est ainsi que l'on contemple, des visages sectionnés de leur tronc, des mains délicates voltigeants telles des plumes au vent. Extase de l'horreur confronté au morbide.

 

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Coq de Combat

 

 

27/01/2017

La vie en Doll T2

61ODREcDyvL__SX358_BO1,204,203,200_.jpgPlancheA_289011.jpgAuteur : Junya Inoue

Éditeur : Glénat

224 pages

Sortie : le 16 novembre 2016

Genre : Fantastique

 

Avis de l'éditeur :

 

Depuis la mort de son amie Emi qu'elle n'a pas réussi à secourir, Kasumi déprime. Au même moment, Michael, un agent de l'organisation qui en a après Kasumi, commence à douter des principes et des activités de son employeur, et décide de promettre à la jeune fille de la protéger. Mais le répit est de courte durée, et l'organisation recourt à une autre "vierge" pour s'emparer du miroir et de la bague d'auriculaire de la reine. Voilà qu'un nouvel obstacle bien plus puissant que les précédents se dresse sur la route de Kasumi…
 
Mon avis :
 
La trame débute avec Mademoiselle Hanna qui explose littéralement à elle seule une armée de cancrelats à la solde d'un ponte du pétrole. Une mission comme une autre, semble-t-il. En quelques pages, à peine, une kyrielle de morts s'entassent à la chaîne.
 
On comprend de suite que cette dite organisation, dont fait partie la jeune fille, s'organise à démanteler à sa sauce les dirigeants de multinationales ou autres groupes richissimes, interférant dans leurs propres activités.
 
Partant sur de bonnes bases, on pourrait s'attendre à un récit calibré et ordonné. Malheureusement, le lecteur sombre vite vers un dédale obscur sans réel intérêt. On s'ennuie vite, et cela se ressent pleinement.
 
Malgré qu'il s'agit d'une œuvre de Junya Inoue, autant le scénario que la touche graphique est de loin insuffisante par rapport à ce qu'il nous a déjà proposé de par le passé. Ses protagonistes ont des têtes difformes, des yeux ô combien énormes et globuleux... et que dire du manque de créativité de l'arrière-champ.
 
Au final, ce second tome est à l'instar de son prédécesseur : ceux qui ont apprécié se délecteront, les autres s'ennuieront à mourir. Mais en toute modestie, ce scénario fade n'apporte rien de nouveau sous le soleil.
 

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Coq de Combat

 

 

 

25/01/2017

Dragon Ball SD Tome 4 :L'homme au masque de renard

dragon_ball_sd_4_cover.pngPlancheA_294080.jpgŒuvre originale : Akira Toriyama

Dessinateur pour Version SD : Naho Ohishi

Éditeur : Glénat

185 pages

Sortie : le 16 novembre 2016

Genre : Arts Martiaux

 

Résumé de l'éditeur :

 

Après avoir vaincu l'armée du Red Ribon, il ne manque plus qu'une seule Dragon Ball à Son Goku. Malheureusement, celle-ci n'apparaît plus sur le Dragon Radar… C'est alors que Kamé Sennin leur conseille d'aller voir Baba la voyante…
 
Mon avis :
 
 
Dans le tome précédent, Goku a vaincu à lui seul l'armée du ruban rouge. Cependant, il lui manque encore une boule du dragon pour exaucer son vœu : redonner vie au père de Upa, tué par Tao Pai Pai.
Accompagné de sa troupe d'amis, Goku, et les siens se rendent voir la diseuse de bonne aventure : Baba la voyante, qui n'est entre autres que la sœur de Tortue Géniale.
Puisqu'ils arrivent les mains vides et que Baba ne voit que par l'argent, elle en profite pour tester les compétences arts martiales de nos héros : ils devront à tour de rôle affronter les champions de ces lieux, aussi étranges que morbides.
Entre l'homme invisible et la momie, de curieux combats se déroulent.
 
Cette collection SD offre un panel agrémenté de fous rires. L'humour de Toriyama atteint des sommités.
Conseillé pour tout adepte de la série même si les lecteurs novices devraient s'attaquer directement à l’œuvre originale.
 

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Perfect Crime T1, Arata MIYATSU, Yuuya KANZAKIKI, DELCOURT, TONKAM SEINEN, policier, intrigue psychologique

 

naho ohishi,akira toriyama,glénat,710,arts martiaux,112016

 

Perfect Crime T1, Arata MIYATSU, Yuuya KANZAKIKI, DELCOURT, TONKAM SEINEN, policier, intrigue psychologique

Coq de Combat

16/01/2017

Jour J T26 : La ballade des pendus

61ezi0YO88L__SX373_BO1,204,203,200_.jpgjourJT26-2.jpgScénaristes : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau

Dessinateur : Lajos Farkas

Éditeur : Delcourt

64 pages - Hitorique

Sortie : le 16 novembre 2016

 

Avis de l'éditeur :

1473. L'ambassadeur du Mali accoste à Aigues-Mortes pour assister au vote visant à attribuer la nouvelle couronne de France. Deux prétendants se disputent le titre : Louis XI et Charles de Bourgogne. Dans une France dévastée et exsangue, un groupe de mercenaires va conduire sa délégation à Paris. Leur capitaine est une femme : Jeanne, qu'on dit pucelle, et qui, malgré elle, est plongée au cœur des plus sombres intrigues.

 

Mon avis :

En pleine période de la mort noire (la peste), l'ambassadeur de l'empereur Sandaki 2 débarque à l'aide de ses 200 amazones en Provence. Au même instant, en Lorraine, les fléaux de la guerre et de la peste ravagent hommes et bêtes, piétinés par la rudesse du froid. La misère est peinte par un réalisme constant. Le roi du Mali souhaite que les Valois conservent la couronne de France. Jeanne de la compagnie blanche, et ses hommes, tombent dans une embuscade menée par le grand duc du téméraire. Bien que prisonniers, ils sont relâchés pour venir en aide à l'ambassadeur du Mali, attaqué par des mercenaires.

La gamme de couleurs utilisée par Jean-Paul Fernandez est certes adéquate et homogène, on ressent toutefois un manque de clarté et de tonus sur certaines planches. Un brin de luminosité supplémentaire aurait nettement mis en relief le contexte visuel. Un trait graphique qui de manière constante imprègne avec force, si ce n'est hélas, la protagoniste principale, Jeanne, qui à plus d'une reprise se confond avec un homme. Si les auteurs souhaitaient la masculiniser, pourquoi dans ce cas n'ajustent-ils pas en permanence avec ce mode opératoire?

Une fois, elle est présentée de manière très féminine, le plan suivant, ce n'est plus le cas...

Et pourtant, on ne peut qu'admirer le style graphique de Lajos Farkas. Ses traits apparaissent à l’œil telles des toiles à contempler. Du haut standing! Quelle précision, quelle richesse du détail, les angles de vue sont superbes, les cases surchargées n’empêchent nullement de jouir pleinement du résultat!

Concernant Jeanne, justement, comme le stipulent fort bien les auteurs, la Jeanne d'Arc présentée dans cet ouvrage n'est qu'un reflet, une pale copie imaginée, existant dans un autre univers. Les dates historiques dont celle de sa naissance (1412) n'est que simple hypothèse et ignorée de tous. L'histoire ici présentée est donc retravaillée de l'imagination des auteurs.

Un tome au scénario fort compliqué par ses nombreux rebondissements incessants, mais qui graphiquement tient la distance.

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