05/12/2017

Ces jours qui disparaissent

ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10Scénario : Timothé Le Boucher
Dessin : Timothé Le Boucher
Éditeur : Glénat
192 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : roman graphique, fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

"Sérieux ? tu serais assez vicieux pour trafiquer la date partout juste pour gagner ton pari ?"

 

Mon avis

Entre récit fantastique et chronique sociale psychanalytique, ce roman graphique de 192 pages se pose comme un ovni dans les rayonnages des librairies.

Lubin, jeune artiste de cirque s'aperçoit un beau jour qu'il ne vit qu'un jour sur deux. Pourtant, ses amis le voient les jours où il n'est pas là. Ils le voient mais ça n'est pas lui, même si c'est le même corps et s'il habite au même endroit. Cet autre Lubin ne reconnait pas ses amis, n'est pas artiste de cirque et se demande même au début ce qu'il fait là.

S'instaure alors un dialogue entre les deux Lubin via une webcam. Les deux se découvrent, apprennent à se connaitre, à cohabiter. Ils s'organisent. Tout va bien jusqu'au jour où l'autre Lubin prend de plus en plus de place et de jours au vrai Lubin. Mais finalement, qui est le vrai Lubin ?

La frontière entre le fantastique et la schizophrénie s'étiole au fil des pages et de l'histoire. Timothé Le Boucher lance une foule de questions existentielles en décrivant par le détail le quotidien de ses personnages, les ancrant avec force dans la vie réelle. On voit naitre alors le conflit entre les deux Lubin qui ont des personnalités radicalement différentes et opposées. Les contraires souvent s'attirent et parfois s'opposent et se repoussent.

Le malaise est grandissant au fil des pages, pour les personnages et pour le lecteur qui finissent par se demander qui est le vrai Lubin.

L'auteur n'apporte pas vraiment de réponse, c'est là tout l'intérêt et l'essence même de ce livre. Les questionnements sur l'identité, la place dans la société, l'aliénation du travail et l'ambition, le regard des autres et l'utilité que la société veut bien accorder à l'un ou à l'autre, la culpabilité, occupent de plus en plus d'espace dans le récit et dans la tête du lecteur.

Sommes-nous bien à notre place dans la société, et sommes-nous vraiment ce que nous voulons être ? La société n'exerce-t-elle pas trop de pression sur chacun d'entre nous pour nous mettre dans des cases des quelles ont n'aurait pas trop intérêt à sortir ? Avons-nous tous la même utilité dans la société ? A chacun de trouver sa réponse...

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Les 200 pages s'avalent d'un coup. Timothé le Boucher a trouvé le truc pour simplifier la narration : on ne voit jamais l'autre Lubin, si ce n'est dans les échanges vidéos. Si ce parti pris permet de simplifier la lecture, il permet aussi de semer le doute auprès du lecteur sur la dualité et la vraie personnalité du personnage. C'est très fort, et jusqu'à la dernière case le doute subsiste. L'autre point fort est l'art de l'ellipse poussé à son paroxysme. J'ai rarement vu dans une BD les blancs entre les cases avoir autant d'importance et prendre autant de place dans le récit. L'ellipse est un élément majeur de la narration en BD, et elle est ici maitrisée à la perfection.

C'est d'un trait léger, fin et aéré que Timothée Le Boucher met son histoire en images. Sans fioritures il décrit un univers précis donnant à son récit une dimension très réaliste. Avec ce style, il installe une autre dualité dans la lecture : un dessin léger et épuré pour une histoire complexe et grave.

Avec Ces jours qui disparaissent , Timothé Le Boucher nous offre l'un des plus intrigants albums de cette année, mais aussi l'un des plus réussit.

 

 Loubrun

 

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La Mille et unième nuit

milleEtUniemeNuit.jpg2284_P10.jpgScénario : Etienne Le Roux.
Dessin : Vincent Froissard.
Éditeur : Soleil.
82 pages.
Sortie : 25 octobre 2017.
Genre : Conte.




Résumé : 

Déjà, avant d'écrire la moindre ligne sur cette BD, je voudrais revenir sur un épisode qui s'est déroulé il y a quelques jours et qui concernait une de mes chroniques sur un album dont je me garderai bien, maintenant, de citer et l'auteur, et le titre. Une fois de plus, les policiers et les policières de la "bien-pensante" (ou pensée unique, au choix) ont frappé et cette fois-ci, ils ont eu le culot de s'en prendre à ce blog en mettant aussi dans le même sac (et en insultant) tous les chroniqueurs ! Qu'est-ce que ça aurait été si j'avais parlé des moudjahidins chauves ? Enfin, voici ce que je leur réponds :
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Je pourrais en écrire plus mais c'est pas le but. Si cette chronique n'est plus dispo sur Samba BD, ce que je respecte entièrement, sachez qu'elle reste consultable sur le web. Il suffit de me demander le lien.

Passons à la Mille et unième nuit. C'est un beau conte qu'on a là, joliment poétique et fantastique, avec des animaux qui parlent, des tapis volants, etc. C'est presque une histoire qu'on pourrait lire à un enfant pour l'aider à s'endormir. Juste la lire parce les images, par contre, ne sont pas toujours très agréables. Elles nous prouvent néanmoins que la lutte féministe n'est pas encore terminée (suivez mon regard). Et puis, de toute façon, je ne suis pas un grand fan de ce style dessin. J'ai l'impression que le dessinateur est un peu passé à coté  de son sujet car les personnages ne sont pas toujours assez expressifs. En somme, des oscillations non pas du pendule mais bien du trait  qu'on aime ou pas. Dans les deux cas, venez ! Approchez-vous ! Prenez le temps de vous asseoir confortablement. A présent, savourez l'Orient.

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Mister Med.

 

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04/12/2017

Sous le ciel de Tokyo Volume 01

sous le soleil de tokyo.jpgsous le soleil de tokyo t1.jpgAuteur : Seiho Takizawa.
Éditeur : Delcourt/Tonkam (collection seinen).
Sortie : 15 novembre 2017.
208 pages.
Genre : Guerre.

 

 


Le résumé.

Fin 1943, Shirakawa, pilote de chasse émérite de l’aviation nippone, rentre enfin à Tokyo et est muté au Centre d’essais aériens de l’armée impériale. Après une longue absence, il va essayer de reprendre une vie de famille auprès de sa femme Miriko.

« -Écoutons ses bons conseils concernant nos exercices et sa détermination en tant que femme de militaire ! 
-Quoi ?!
-En cas de bombardement ! Fuyez immédiatement ! »

Mon avis.
Voilà bien un manga qui sort de l’ordinaire. Déjà, il ne se lit pas en quelques minutes. On a droit à un récit très documenté sur le déroulement historique des faits, sur les stratégies militaires, sur les capacités aéronautiques des avions et surtout sur la vie quotidienne des japonais à cet époque.
Et franchement, si vous aimez ce genre de récit réaliste et bien documenté, ce manga est réellement passionnant. La partie qui traite des essais sur les avions a été pour moi une vraie découverte. Mais je me suis aussi posé des questions sur le comportement de ce couple que nous suivons dans cette histoire. Nos « héros » sont visiblement très réalistes sur l’issue de la guerre, conscient du retard technologie de leur pays par rapport aux américains. On les sent même presque opposé au régime en place. Bref, je me suis demandé si c’était nous, les occidentaux qui s’étaient fait une fausse image d’un Japon prêt à tout pour servir l’Empereur ou si c’était l’auteur qui avait un peu édulcoré la conscience nipponne de cette époque. Seul un spécialiste ou un historien pourrait nous éclairer sur cette « réalité ».
Quoiqu’il en soit, ce manga est vraiment une bonne surprise et en plus il sera clôturé en 2 tomes.
Là on s’incline devant l’Empereur Takizawa et on le remercie pour ce titre très instructif.
Banzaï !

 

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Samba.

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Nobody - Episode 3 - Entre le ciel et l'enfer

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillernobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerScénario : Christian De Metter
Dessin : Christian De Metter
Éditeur : Soleil
74 pages
Date de sortie : 04 octobre 2017
Genre : Thriller psychologique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerLe 3e épisode de NOBODY, une série d’anthologie où règne la notion d’absence de corps et d’identité… 

2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, barbu et cheveux longs, tatouages sur tout le corps – est arrêté sur le lieu d’un crime qu’il s’accuse d’avoir commis.Un an plus tard, une jeune psychologue – Béatrice Brennan – est diligentée par le juge pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Il livre son récit mais certains éléments ne collent pas… 

Dans ce nouvel épisode, l’homme révèle avoir travaillé, dans les années 80, en tant que lieutenant sur une mystérieuse affaire de meurtre : le corps d’une seconde jeune fille a été retrouvé dans les bois, près de Springboro. Plusieurs suspects sont en lice…parmi lesquels M. Perkins, un tueur en série dont on n’a jamais retrouvé le corps... 

Si les personnages et leur histoire sont fictifs, Cointelpro et le plan Northwoods sont réels, reconnus par les États-Unis et déclassifiés.

 

Mon avis

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerToujours aussi génial Nobody ! Chronique suivante… Quoi ? je dois développer ? Bon d’accord…

Développons, développons...

Ce nouvel épisode de la série Nobody nous comble une fois de plus. Les énormes qualités graphiques et scénaristiques des deux premiers tomes sont plus que jamais au cœur de ce livre. Le dessin, hyper travaillé, soutient la narration en faisant le lien entre les flashbacks et le présent du récit (2007), notamment par le choix des teintes et d’une lumière plus crue, type néon, pour les scènes de prison. Le genre de détail qui, à mon avis, fait toute la différence entre un bon et un excellent dessinateur de BDs.

Plus pragmatiquement, dans ce tome 3, on en apprend un peu plus sur la psychologue qui s’entretient avec le prisonnier, sur son enfance et les raisons de sa vocation. On nous révèle également comment s’est conclue dans le sang l’infiltration du meurtrier présumé dans le milieu des bikers. Enfin, on assiste à l’une de ses enquêtes, dans les années 80, sur un tueur en série de jeunes filles et sur les répercussions que ces événements vont avoir sur sa vie sentimentale…

"Il y a un truc évident qui est sous mon nez et... il m'échappe."

Plus généralement, l’ambiance de cet épisode, de cette série, est tout simplement exceptionnelle. Chaque tome peut se lire presque indépendamment des autres mais on voit bien que le tout forme une construction plus complexe que l’on a hâte de découvrir dans son ensemble. Malheureusement (et heureusement, en fait… ça nous en fera plus…), je doute que De Metter ne s’arrête à la fin de ce premier cycle et il nous faudra patienter peut-être plusieurs saisons avant de connaître le fin mot de l’histoire… ou pas…

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En tout cas, une fois de plus, je ne peux que vous recommander avec insistance cette superbe série.

 

 

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Nobody, Entre le ciel et l'enfer, Christian De Metter, Soleil, FBI, Thriller

 

Nobody, Entre le ciel et l'enfer, Christian De Metter, Soleil, FBI, Thriller

 

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