23/05/2017

La bataille de Yashan, 1279

la bataille de yashan 1279,bo lu,urban china,histoire,guerre,chine,moyen âge,052017,710la bataille de yashan 1279,bo lu,urban china,histoire,guerre,chine,moyen âge,052017,710Scénario : Bo Lu
Dessin : Bo Lu
Éditeur : Urban China
286 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : manhua, histoire, guerre

 

 

 

Présentation de l'éditeur

En 1279, la Chine est pour la première fois sous la domination des Mongols. La dynastie Yuan, fondée par Kubilai Khan - le petit-fils de Gengis Khan - a en effet assimilé la totalité de l'empire du milieu... sauf la ville de Yamen, située sur le littoral sud, où un dernier bastion de l'ancienne dynastie Song lui résiste encore. Une des plus grandes batailles navales de l'Histoire s'apprête à avoir lieu...

 

"Le futur Gengis Khan était né, et avec lui, une lignée de guerriers insatiables qui allaient mettre la Chine à feu et à sang durant plus de 200 ans !"

 

 

 

Mon avis

Nous avions fait la rencontre avec cet auteur Chinois, Bo Lu, dans La Bataille de Shanghai 1937 sorti en 2015 chez Urban China où il nous racontait par le détail la bataille sanglante où l'armée Japonaise, inférieure en nombre mais supérieure techniquement avait vaincu l'armée Chinoise et pris possession de cette ville nommée à l'époque le "Paris de l'Orient".

Changement d'époque pour ce nouveau documentaire historique. Nous voilà plongés au cœur de cette Chine du Moyen Âge où le territoire reste divisé en provinces autonomes et est donc le théâtre de nombreuses batailles. Si quelques noms comme Gengis Khan ou Kubilaï Khan ne nous sont pas totalement inconnus, il faut bien avouer qu'en Europe on n'y connaît pas grand-chose dans l'histoire de la Chine. Bo Lu se pose en professeur d'Histoire et éclaire notre lanterne sur ces batailles très violentes, fondatrices de l'histoire de la Chine.

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La bataille de Yashan à proprement parler, c'est une bataille navale hors du commun durant laquelle se sont opposés des milliers de navires Mongols de la dynastie Yuan et Chinois de la dynastie Song. Bien que supérieurs en technologie et en nombre, ces derniers seront sévèrement défaits par les Yuan, et cette bataille marquera la fin de la dynastie Song.

Bo Lu tente ici un travail de mémoire et de réhabilitation des vieilles dynasties Chinoises pour mettre un terme à l'idée qu'après Yashan il n'y a plus eu de Chine, et qu'avant que le communisme ne détruise toutes les traditions, la Chine s'est construite sur l'histoire de ces dynasties.

Ce livre épais de près de 290 pages se divise en 16 chapitres dans lesquels la violence des combats est omniprésente. S'il était en couleur, il y aurait du rouge absolument sur toutes les pages ! La première partie relate l'invasion Mongole et la progression de ses différentes armées jusqu'à l’île de Yashan. Un peu longue et fastidieuse à lire, elle a néanmoins son importance pour bien appréhender les forces en présence et le contexte historique des deux armées. La seconde partie se concentre sur la bataille de Yashan. Les tactiques des deux armées sont très détaillées et l'on sent là le gros travail de documentation qu'a dû fournir l'auteur. Le déroulé de la bataille est vraiment passionnant même si la lecture est parfois rendue délicate par un dessin très fourni et des noms de protagonistes pas toujours évidents à retenir. Heureusement, Bo Lu opte pour une narration en voix off et limite au maximum l'usage des dialogues, allégeant ainsi ses cases autant visuellement que d'un point de vue narratif. Du coup, cette bande dessinée se lit vraiment comme un documentaire.

 

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Pour le dessin, l'auteur avoue dans la postface qu'il a eu recours aux outils numériques lui permettant d'avancer plus vite. Franchement, je l'aurai pas lu, je ne l'aurai pas su. En comparant avec son précédent ouvrage, on constate juste un trait plus épais et plus grossier (surtout dans la première moitié du livre) ainsi qu'un encrage plus prononcé. Mais surtout, la caractéristique principale du dessin, c'est qu'il y a beaucoup de gros plans et de plans rapprochés montrant les scènes de combats, ce qui donne à certaines planches un aspect un peu fouillis. Il faut prendre le temps de s'attarder sur le dessin, et alors on s'aperçoit de la foultitude de détails et de la précision que Bo Lu apporte à ses mises en scène.

 

Comme avec La bataille de Shanghai, ce nouveau document Historique de Bo Lu ravira les curieux et les férus d'Histoire et de batailles navales, sauf s'ils s'attendent à une fiction historique où l'aventure prédominerait sur l'Histoire.

 

Loubrun

  

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A lire aussi

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19/05/2017

Les maitres saintiers - tome 3 - bénie entre toutes les femmes, 1884

les maitres saintiers T3.jpgles maitres saintiers T3_pl.jpgScénario : Laurent-Frédéric Bollée
Dessin : Serge Fino
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : Histoire, saga familiale, ésotérisme

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Printemps 1884. David, fils cadet des Rochebrune et héritier de la fonderie familiale de Châtellerault, monte à Paris pour rencontrer M. Bizot dans le cadre d’un projet hors-norme. Pour célébrer le centenaire de leur indépendance, les États-Unis ont commandé au génie français une gigantesque cloche de 200 tonnes et de plus de 6 mètres de haut : la plus grande du monde ! Impressionné par l’ampleur de la tâche, David ignore à quel point cette mission particulière va changer son destin à tout jamais...

 

"- De quoi tu parles ?

 

- Du carnet secret de ta famille ! J'ai tout déchiffré et j'ai tout compris !"

 

Mon avis

 

Nous voilà rendu à la fin du XIXè siècle et l'ont peut dire beaucoup d'eau à déjà coulé sous les ponts de cette saga familiale. Laurent Frédéric Bollée s'est inspiré de sa propre famille, dont certains de ses ancêtres étaient fondeurs de cloches, pour nous raconter cette intrigue familiale sur fond d'artisanat. Les deux premiers tomes étaient assez prometteurs mais n'ont visiblement pas rencontré le succès escompté puisque de 7 tomes prévus, la série se voit ramenée à 4 tomes. Ceci explique sans doute l'accélération du rythme de la narration et la multiplication des petites intrigues.

 

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Dans ma chronique du tome 1, j'avais exprimé une petite inquiétude quant à la tournure trop ésotérique que risquait de prendre le scénario. Inquiétude qui se confirme dans ce troisième tome où l'héritier de la maison Rochebrune consacre plus de temps à résoudre une improbable énigme contenue dans le carnet de ses aïeux plutôt que de faire tourner la boite (d'ailleurs, cette énigme est bien rapidement résolue). La petite pointe de mystère entretenue dans les deux premiers tomes se transforme donc ici en grosse ficelle qui se délite bien vite quand on tire dessus. C'est d'autant plus dommage qu'il y a un potentiel dans ce scénario dans lequel LF Bollée a la bonne idée de faire se croiser Bartholdi, Jules Verne, le Tsar de Russie, de mettre en scène la statue de la liberté et une petite page de l'Histoire qui lie la France et les États-Unis. Plutôt qu'une orientation ésotérique, une petite uchronie aurait été plus sympathique et aurait peut-être séduit un plus large public.

Reste le magnifique dessin de Serge Fino, tout en finesse et en détails, dont les planches sont un ravissement, particulièrement dans les ambiances sombres et pluvieuses.

Allez, on prend quand même rendez-vous pour l'ultime tome, parce que celui-ci se termine sur un bon petit cliffhanger des familles !

Loubrun

 

 

 

 

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Les autres tomes

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16/05/2017

Streamliner - tome 1 - Bye-bye Lisa Dora

streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10Scénario : Fane
Dessin : Fane
Éditeur : Rue de Sèvres
158 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : aventure, action, western mécanique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Quelque part au cœur de l’Amérique, début des années 60. Dans leur station service paumée au milieu d’un gros morceau du désert continental, Cristal et son père, Evel O’Neil, vieille gloire de la compétition automobile vintage de longue date rangé des bagnoles, se sont longtemps crus seuls au monde. Jusqu’à ce que surgisse un jour une sorte de baroudeur armé d’une Winchester, Billy Joe. Un peu abrupt, mais pas déplaisant. Et avec en tête un projet très précis : profiter de l’isolement de la Lisa Dora Station pour y ressusciter, quelques jours durant, l’esprit streamliner, ces courses automobiles extrêmes et presque sans règles qui ont fait la gloire des bolides d’antan et de leurs pilotes, à l’orée des années 50. Les circonstances amèneront le père et la fille à accepter le défi. Et conduiront même Cristal à prendre elle-même le volant de la Black Widow, bolide de légende qui fut naguère la voiture de son père, à l’époque où on le surnommait le Duke…

Évidemment, la course elle-même connaîtra une tournure inattendue ...

 

 

 " ... tu n'y es pas, beau gosse. Il s'agit bien de ta petite course... mais on n'a pas fait tout ce chemin pour jouer les pom-pom girls, vois-tu ..."

 

Mon avis

L'auteur de Joe Bar Team délaisse les blagues de motards potaches et met les mains dans le cambouis pour nous entrainer dans une aventure qui sent bon l'essence, l'huile, le cuir, le sable chaud et le rock'n roll.

Il n'y a guère de place pour la finesse dans ce récit brut de décoffrage, où le but de chacun est de rouler plus vite que son voisin, ou sa voisine. Pas de message non plus de la part de l'auteur qui, sans complexe et de manière tout a fait assumée, a fait avancer son histoire en même temps qu'il la dessinait. Un peu à la façon d'un morceau de rock où les instruments entrent en scène les uns après les autres, pour finir en une apothéose sonore orgasmique, les personnages arrivent ici au fil de l'eau, tous plus barrés les uns que les autres, ayant tous le même objectif d'en découdre à plus de 200 à l'heure dans ce coin de désert sans foi ni lois. Le désert entourant la Lisa Dora Station se rempli donc d'une bande de filles à moto, amazones du 20ème siècle, d'un groupe de hard rock , d'un tueur psychopathe en cavale, d'une nuée de médias en manque de scoop, et des fédéraux qui viennent foutre la merde ... autant de grains de sables qui vont perturber la gentille petite course que voulait organiser Billy Joe.

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Durant 8 chapitres bien balancés à tous points de vue – narration fluide et équilibrée entre flashbacks et scènes au présent, dialogues vifs et piquants, découpage cinématographique – , 'Fane entraine sans retenue le lecteur dans ce western mécanique de folie qui fleure bon l'influence Tarantinesque.

Le dessin est comme l'histoire, brut, limite crasseux, et offre ce ton particulier à l'album qui donne l'impression de prime abord d'avoir entre les mains un album bâclé. Il n'en est rien, bien entendu, 'Fane ayant adopté le style qu'il voulait pour cette histoire, un style sans artifices, qui va à l'essentiel et qui restitue à merveille l'ambiance souhaitée et le caractère bien trempé des personnages. Une particularité à noter : il n'y a pas une seule onomatopée pour le bruit des moteurs. Toute la fureur des V8 et autres engins en échappements libres est symbolisée par des traits et lignes de fuite. Ce stratagème pour éviter la surabondance de Vraoom sur toutes les pages fonctionne vraiment bien !

Ce premier tome qui se termine juste avant le départ du run du siècle est littéralement envoûtant, et laisse le lecteur dans un état de tension absolue, comme peuvent l'être les pilotes avant de lâcher les chevaux.

Alors vite ! Qu'on les lâche ces chevaux !

Loubrun

 

 

 

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08/05/2017

Infinity 8 - tome 3 - l'évangile selon Emma

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scénario : Lewis Trondheim ; Fabien Vehlmann
Dessin : Olivier Balez
Éditeur : Rue de Sèvres
90 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : science-fiction, space-opéra

 

 

Cette série suit un fil conducteur unique et chaque album est une ramification émanant de ce fil conducteur. Les histoires de chaque tome n'ont pas de lien direct entre elles et peuvent se lire indépendamment les unes des autres. Toutefois, vous trouverez à la fin de cette chronique les résumés des tomes 1 et 2.

 

Présentation de l'éditeur

Reboot à bord de l’Infinity 8 ! Détournées de leur mission pour sauver le vaisseau au bord de la destruction, Yoko Keren et Stella Moonkicker ont malgré tout rapporté de leur exploration des informations cruciales : Kornaliens nécrophages et aspirants nazis sont désormais neutralisés ; le champ est libre pour activer une nouvelle trame temporelle et un nouvel agent.
Ce sera le Marshall Emma O’Mara : pacifiste, pieuse, respectueuse de la hiérarchie et des traditions, cette véritable légende des forces de l’ordre puise sa détermination et sa redoutable efficacité dans sa foi. Mais les convictions les plus sincères sont parfois les plus dangereuses…

Sous sa couverture d’agent irréprochable, Emma attend son heure : à la 3e boucle, elle le sait, le Capitaine la choisira pour la procédure 8. Alors elle fera ce qu’elle doit pour empêcher le prochain reboot. Car cette trame temporelle doit rester la dernière : quelque part parmi les sépultures se trouve le dernier évangile de Tholman, le fragment manquant d’écriture sacrée qui unira enfin les adeptes du prophète et mettra fin à la Guerre Sainte.
Mais la nécropole regorge de trésors, et les pilleurs de tombes auxquels Emma s’est associée pour financer son expédition ont leurs propres motivations…

 

 

 "- Vous faites quoi Marshall ? C'est la trappe aquatique pour que le capitaine regagne ses quartiers.

- Je la scelle."

 

Mon avis

Série concept par excellence dans la forme et dans le fond, Infinity 8 est une série SF conçue par Lewis Trondheim côté scénario et Olivier Vatine pour la direction artistique. Sans chercher à renouveler le genre, ils ont voulu a travers ce projet insuffler un air de fraicheur et de légèreté au genre SF en donnant à ce space-opéra un air résolument pulp et kitsh. L'esprit pulp de ces récits, c'est de privilégier le fun et l'action et de ne pas se prendre trop au sérieux. Dans la forme, le côté pulp est marqué par la publication des deux premiers tomes en fascicules de 32 pages distribués en librairie sous forme de feuilleton à la façon des comics américains. La série comptera 8 albums, avec 8 dessinateurs différents à chaque fois et parfois l'adjonction de quelques scénaristes.

 

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Le concept du récit est très simple et suit un fil conducteur unique : l'Infinity 8 est un vaisseau spatial qui voyage en direction de la galaxie d'Andromède. Ce voyage est brutalement interrompu par un amas d'artefacts de la taille d'un système solaire, constitué de nécropoles en tout genre et de toutes époques. Le capitaine doit alors envoyer des agents hors du vaisseau pour examiner la situation. Ce capitaine à une particularité, et c'est là tout l'intérêt du récit : il a la capacité d'ouvrir une fenêtre temporelle et d'y explorer pendant 8 heures ce qu'elle recèle. A l'issu du délai, deux options s'offrent à lui. Soit il fait un reboot général le ramenant à la configuration de départ, soit il continue l'exploration de la trame temporelle. Il peut répéter ce processus jusqu'à huit fois.

Reboot, ou restauration système, les informaticiens connaissent bien le principe et en apprécient les avantages quand après avoir testé un scénario qui ne fonctionne pas, ils s'aperçoivent qu'il vaut mieux revenir à la version précédente et repartir de zéro.

 

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Nous en sommes ici au deuxième reboot ouvrant la troisième trame temporelle, scénarisé par Fabien Vehlman aux côtés de Trondheim, et mis en image par Olivier Balez. Ce troisième volume marque déjà une rupture par rapport aux deux précédents qui sont là pour mettre en place le concept et bien faire comprendre le processus (à chaque reboot sa nouvelle mission, sa nouvelle héroïne, ses nouveaux enjeux). Là, la routine est perturbée par l'agent Emma O’Mara qui semble obéir à d'autres intérêts que ceux du capitaine. Elle n'apparait pas si pieuse et pacifiste qu'elle n'en a lair, et fera tout pour que cette boucle temporelle soit la dernière.

Tout en gardant l'esprit pulp et déjanté du récit, Fabien Vehlmann apporte un peu de fond à l'histoire en introduisant la religion et les dérives extrémistes qui y sont liées. Il aborde quelques thèmes qui font écho à l'actualité comme les manipulations de masse, le fanatisme religieux, le complot, et même l'intelligence artificielle à travers le personnage d'un robot amené à prendre des décisions en fonction exclusivement de critères statistiques qu'il doit analyser. Tout cela dans un rythme endiablé, sans une seconde de temps mort, ponctué de multiples rebondissements et retournement de situations.

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De côté du dessin, après Domique Bertail pour le tome 1 et Olivier Vatine pour le tome 2, c'est olivier Balez qui s'y colle. Comme ses prédécesseurs, mais dans un autre registre graphique, il donne au récit son identité visuelle kitsh et pulp saupoudrée de quelques notes psychédéliques, en employant un trait épais, des couleurs franches, des décors simples, des costumes originaux (et il y en a des costumes !) et des personnages aux traits facilement reconnaissables. Il se fend même d'un petit clin d’œil aux deux agents spatio-temporels les plus célèbres de la BD. Visuellement, le tout m'a fait penser à une certaine SF des années 60 et 70 comme la Barbarella de Jean-Claude Forest.

Il semble que la SF ait à nouveau le vent en poupe ces temps-ci. Cette nouvelle série est assurément à suivre par les adeptes du genre. Pour l'instant, les trois tomes parus sont d'un niveau égal, avec un petit plus pour ce troisième opus qui offre un scénario un peu plus riche.

Loubrun

 

 

 

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les autres tomes parus

le tome 1

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scannant sans vergogne les mâles de toutes espèces à la recherche du géniteur qui lui offrira descendance de compétition et retraite anticipée, Yoko Keren prend son travail d’agent un peu par-dessus la jambe. C’est pourtant sur elle que tombe l’honneur de se voir confier par le Capitaine de l’Infinity une mission qui initiera la mythique procédure 8 : un amas d’artefacts de type inconnu bloque l’avancée du vaisseau ; l’agent Keren dispose de 8 heures pour en découvrir la source. À l’extérieur, sarcophages éventrés, mausolées géants, morceaux de planètes mortes… une véritable décharge pour Yoko, mais un extraordinaire garde-manger pour la seule espèce nécrophage de l’Infinity ! Surexcités par les milliers de cadavres flottants qui entourent le vaisseau, un groupe de Kornaliens échappe à tout contrôle et s’élance dans l’espace, condamnant derrière eux tous les sas de sortie…

 

le tome 2

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017

Premier reboot à bord de l’Infinity 8 ! Les informations cruciales transmises par Yoko Keren (T1) au QG ont décidé le Capitaine à lancer une nouvelle trame temporelle et activer un second agent : l’impulsive Stella Moonkicker, qui ne disposera à son tour que de 8 heures pour réunir un maximum de renseignements. Flanquée de Bobbie, son assommant robot de probation, elle est assignée à la sécurité d’un groupe de nostalgiques du nazisme, dont ils ne comprennent pas les dangers. Mais quand ils retrouvent dans le mystérieux mausolée la tête cryogénisée d’Hitler et réussissent à la réactiver, la menace d’un IVe Reich imposé à l’Infinity 8 se fait très sérieuse. Stella et Bobby vont affronter le Führer, car si le Capitaine est tué, aucun reboot ne pourra avoir lieu, et l’avènement du IVe Reich deviendra la seule trame temporelle à avoir jamais existé…

 

 

04/05/2017

Guy de Maupassant - Une vie

guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017Scénario : Variety Art Work
Dessin : Variety Art Work
Éditeur : Soleil Manga
192 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : adaptation littéraire

 sens de lecture : français

 

 

Présentation de l'éditeur

La France au XIXe siècle. Jeanne, fille unique d’un baron, vient d’avoir 20 ans et sort du couvent pour aller vivre avec ses parents dans leur demeure des Peuples. Là, on lui présente un jeune vicomte qu’elle épouse, et elle semble continuer de vivre dans un conte de fée ; mais la réalité ne cesse de la rattraper dans toute sa cruauté… Ce mariage était-il une erreur ? Un chef-d’œuvre de la littérature naturaliste, exposant une vérité sans fard.

 

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Mon avis

Écrivain français de la fin du XIXe siècle, Guy de Maupassant est surtout connu pour ses nouvelles, notamment le Horla ou Boule de suif. Une vie, est le premier des 6 romans qu'il a écrit entre 1883 et 1890. Son œuvre se caractérise par deux registres récurrents : le réalisme dans la description de la vie quotidienne et le fantastique qui lui permet d'aborder le thème de la folie, folie dans laquelle il sombrera à la fin de sa courte vie. Ces deux registres entrent parfois en résonance et donnent à l'ensemble de l’œuvre de Maupassant une dimension dramatique et assez pessimiste de la société et du genre humain.

 

Une vie est une peinture naturaliste décrivant les désillusions d'une jeune femme issue de la bourgeoisie de cette fin de XIXe siècle. Cette jeune femme naïve et rêveuse qui croira découvrir l'amour dans son mariage avec un beau Vicomte, découvrira finalement la méchanceté humaine et passera une grande partie de sa vie à subir la violence d'un mari égoïste, vénal et brutal, ainsi que l'hypocrisie d'une société fermée ayant peu de considération à l'égard des femmes.

Cette histoire est dure, cruelle, injuste, violente .... comme parfois l'est la vie.

Derrière cette romance dramatique, Maupassant aborde de nombreux thèmes comme entre autres l'adultère, l'éducation, la religion, la famille, l'amour, la mort.

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L'adaptation en bande dessinée d'une œuvre littéraire classique est un exercice périlleux. Comment restituer la puissance et la force du texte original tout en conservant les spécificités du support bande dessinée que sont les ellipses et la dynamique du récit animé par le dessin ? Comment éviter le simple copier coller du texte original couplé à des images illustrant ce texte, sans risquer de dénaturer le travail de l'écrivain, ou comment réécrire l’œuvre ... sans la réécrire !

Bref, ça passe ou ça casse et sans doute que certaines œuvres s'y prêtent plus ou moins que d'autres. (cf. Les misérables).

Là, l'histoire est assez fidèlement restituée dans l'esprit du roman. On y retrouve bien tous les personnages principaux et leur caractéristiques, ainsi que l'inexorable détresse et l'insupportable soumission de Jeanne. Il y manque toutefois quelques scènes emblématiques du roman, comme la mort du deuxième enfant de Jeanne le jour où son mari se fait tuer, les ennuis de santé de son fils et la scène très violente où le curé tue, devant des enfants, une chienne en train de mettre bas. On peut comprendre auteurs et éditeurs qui auront voulu préserver un jeune lectorat. Mais moi j'y vois plutôt une forme et de dénaturation de l’œuvre et d'aseptisation des propos de l'écrivain.

Au final, si ce manga se lit bien, j'ai du mal à voir quel public sera séduit. Les amateurs de Maupassant ne retrouveront évidemment pas sa plume ; ceux qui ont lu le roman trouveront le manga un peu léger ne faisant qu'effleurer les thématiques et proposant des dialogues simplistes (peut-être encore une fois pour ne pas effrayer le lecteur) ; quant aux amateurs de manga, ils ne trouveront rien de transcendant dans le dessin qui nous propose le minimum syndical.

Bref, je ne suis pas du tout convaincu que ce genre d'ouvrage puisse pousser les jeunes lecteurs de BD vers le roman, et inversement attirer les lecteurs de roman vers la richesse que peut proposer par ailleurs le média bande dessinée.

 

 

Loubrun

 

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27/04/2017

La malédiction de Smenkharê

La malédiction de Smenkharé.jpgLa malédiction de Smenkharé_pl.jpgScénario : Anthony Auffret
Dessin : Anthony Auffret
Éditeur : Casterman
48 pages
Date de sortie :  5 avril 2017
Genre : aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Jeune archéologue parisienne, Alexandra est envoyée en Egypte pour porter un artefact antique au professeur Saul qui a découvert le tombeau de Smenkharê, le prédécesseur de Toutankhamon.A son arrivée sur place, le professeur vient d'être enlevé par des terroristes qui comptent sur son savoir pour accéder aux richesses, et surtout aux puissants pouvoirs, du pharaon maudit.

 

 

"l'office du tourisme devra être créatif s'ils veulent que des étrangers se décident à revenir"

 

 

Mon avis

Des vestiges antiques qui sont pulvérisés à l'explosif, forcément ça évoque les événements tragiques se déroulant ces temps-ci en Syrie et en Iraq. Là, nous sommes en Syrie sur les traces du tombeau d'un pharaon totalement inconnu mais qui a bel et bien existé. Ce qui est pratique avec ce roi d’Égypte, c'est que l'on ne sait quasiment rien de lui et que son histoire est sujette à de nombreuses divergences d'opinions entre les spécialistes. Donc, l'auteur Anthony Auffret, dont c'est ici la première BD, peut imaginer sans complexes tout un tas d'aventure plus loufoques ou invraisemblables les unes que les autres.

Vous l'aurez compris, tout ici n'est que fiction et aventure façon Indiana Jones. Courses-poursuites, rebondissements, retournements de situations, coups d'éclats, l'aventure bat son plein dans un rythme effréné, agrémentée de dialogues concis et percutants, avec parfois une petite touche d'humour.

 

La malédiction de Smenkharé_e01.jpg

 

Côté graphisme, on a sous les yeux un album qui sort de l'ordinaire. Anthony Auffret est un autodidacte en matière de dessin. Son admiration pour l'école belge classique se ressent dans son découpage très rythmé offrant une narration sans temps mort. Il va a l'essentiel et la priorité est toujours accordée à l'action. Mais là où l'auteur nous surprend c'est par son audace graphique. Première réflexion qui m'est venue à l'esprit en feuilletant l'album : "on dirait du Brüno !". Il y a de ça, mais en moins rond et moins souple, avec en plus une petite évocation du style Mike Mignola, mais moins riche en détails et moins fignolé. Anthony Auffret crée son style particulier "à la façon de...", style qui aura quand même beaucoup de mal à rivaliser avec le talent des deux auteurs précités.

Au final, on a un album en demi teinte, où l'aventure est plutôt sympa mais sans plus, avec un graphisme original mais pas parfait et des personnages sur lesquels on ne s'attarde pas plus que ça.

A suivre, ou pas ...

Loubrun

 

 

 

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24/04/2017

Les grandes batailles navales - tome 1 - Trafalgar

les grandes batailles navales, trafalgar, delitte, béchu, glénat, musée national de la marine, marine, voile, mer, guerre, Histoire, napoléon, 6/10, 03/2017les grandes batailles navales, trafalgar, delitte, béchu, glénat, musée national de la marine, marine, voile, mer, guerre, Histoire, napoléon, 6/10, 03/2017Scénario : Jean-Yves Delitte
Dessin : Denis Béchu
Éditeur : Glénat / Musée National de la Marine
48 pages + 8 pages de dossier
Date de sortie :  mars 2017
Genre : histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur
1805. Napoléon Ier a le projet de mener la guerre sur les terres mêmes de son éternel ennemi. Un plan audacieux pour l’empereur, car s’il lui est simple de rassembler des troupes en nombre sur les côtes de la Manche, faut-il encore réussir débarrasser les eaux de cette dernière de toute présence de vaisseaux anglais, au risque sinon de voir son projet prendre l’eau. C’est au vice-amiral de Villeneuve que revient la tâche ardue d’attirer la Royal Navy loin de ses côtes pour libérer le passage. Malheureusement pour l’empereur, son plan échoue. Il doit faire lever le camp à ses troupes pour les envoyer à l’est de son empire où la guerre menace et la Royal Navy n’a pas été abusé. Pis, la flotte franco-espagnole commandée par de Villeneuve, pourchassée par Horatio Nelson, s’est réfugiée à Cadix. La confrontation semble inévitable car l’amiral français reçoit l’ordre d’appareiller, de forcer le blocus anglais et se rendre au large de l’Italie pour soutenir les troupes de l’Empereur. S’il ne s’exécute pas, c’est le limogeage et le déshonneur. Après bien des hésitations, le vice-amiral de Villeneuve ira à la rencontre de son destin, persuadé qu’il peut vaincre. Il connaît tout de Nelson, sa flotte est supérieure en nombre et ses vaisseaux n’ont rien à envier aux Anglais. Mais l’amiral français a oublié que la puissance d’une flotte ne se trouve pas que dans les canons et le gréement des vaisseaux...

 

 

 

 

"Monsieur de Villeneuve... Amiral, je vous en conjure, nous ne pouvons éternellement rester ici..."

 

 

Mon avis

Trafalgar ! La bataille navale peut-être la plus connue de l'ère Napoléonienne. Encore une fois, selon le camp ou l'on se trouve, l'histoire aura eu un retentissement différent. La plus humiliante défaite pour la marine française et l'une des plus grandes victoires de la Royal Navy et de l'amiral Nelson qui y trouva pourtant la mort.

Ce volume constitue le premier tome de la série Les grandes batailles navales initiée par Jean-yves Delitte. Sur ce tome 1, Jean-yves Delitte ne s'occupe que du scénario et laisse les pinceaux à Denis Béchu qui n'a que peu d'albums à son actif (In Nomine, L'Abbaye de Clairvaux, le corps et l'âme). Dans un style un peu plus grossier et moins élégant que celui de Delitte, il s'en tire néanmoins avec les honneurs et propose des planches construites avec dynamisme servant parfaitement le récit.

 

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Côté scénario, comme il en a été fait mention dans les chroniques des tomes 2 et 3, le parti pris de la série est de raconter ces grandes batailles à hauteur d'hommes, qu'ils soient simples marins ou officiers, et d'immerger le lecteur dans ces combats et leur préparation. Ainsi, parallèlement aux échanges tendus entre les officiers sur les choix tactiques, l'on suit un jeune gabier plein de fougue qui influera un peu malgré lui sur le cours de l'Histoire. Quand la fiction est habilement mise au service de l'histoire, le récit prend alors une dimension à la fois épique et pédagogique. Une recette pour plaire au plus grand nombre ?

 

Loubrun

 

 

 

 

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Les autres tomes parus

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19/04/2017

Les grandes batailles navales - tome 3 - Chesapeake

les grandes batailles navales, chesapeake, delitte, glénat, histoire, marine, guerre, états-unis, indépendance,02/2017,6/10les grandes batailles navales, chesapeake, delitte, glénat, histoire, marine, guerre, états-unis, indépendance,02/2017,6/10Scénario : Jean-Yves Delitte
Dessin : Jean-Yves Delitte
Éditeur : Glénat / Musée National de la Marine
48 pages + 8 pages de dossier historique
Date de sortie :  mars 2017
Genre : histoire,

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Fin du XVIIIe siècle. Alors que les colonies anglaises d’Amérique, excédées par l’intransigeance de la couronne à les taxer toujours davantage, rêvent de liberté, le royaume de France se décide à prendre part officiellement au conflit aux côtés des insurgés. Missionné pour harceler les anglais dans les Antilles, l’amiral de Grasse au commandement d’une imposante flotte de guerre est appelé en renfort pour aider l’armée de George Washington et le contingent français aux ordres de Rochambeau dans la guerre qu’ils mènent tous deux aux troupes anglaises sur le territoire américain. Ils ont réussi à encercler les forces du général anglais Cornwallis dans Yorktown. Une importante victoire semble à portée de main, pourvu seulement que les anglais ne reçoivent pas des renforts par la mer. Celui qui deviendra maître des eaux dans la baie de Chesapeake contribuera immanquablement à la défaite d’un des protagonistes, Anglais ou patriotes américains et français.

Même si la bataille de Chesapeake ne sera pas une cuisante défaite pour la Royal Navy, elle marquera surtout un tournant dans la guerre qui se joue dans les colonies anglaises et contribuera à la victoire finale pour l’indépendance américaine.

 

 "- Ces colonies revendiquent leur indépendance. On se doit de la es aider André.

- Et nous, qui va nous aider ? Tu trouve qu'il fait bon vivre à bord de ce raffiot ?"

 

Mon avis

Aboukir, Trafalgar, Chesapeake ... Les noms des grandes batailles navales résonnent à nos oreilles comme autant de coups de canons jalonnant notre histoire. Selon le pays où l'on aura appris l'Histoire, ces noms auront une résonance plus ou moins importante. Il en va de celle de Chesapeake qui revêt une importance capitale pour les américains puisqu'elle fut cruciale dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Les Anglais doivent s'en souvenir aussi, puisque la puissante Royal Navy y a subit une des rares défaites face à la flotte française.

 

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Peintre officiel de la Marine, Jean-Yves Delitte n'en n'est pas à son premier coup d'essai en matière d'aventures maritimes en bande dessinée (Neptune, Le Belem, L'hermione, Black Crow ...). Il se lance ici dans une nouvelle grande et belle aventure en racontant les grandes batailles navales qui ont marqué l'Histoire vues et vécues de l'intérieur. Loin des stratèges et des grands enjeux historiques – même si ces derniers sont quand même évoqués – le lecteur suit des personnages ordinaires qui participent aux évènements avec le recul et la distance que leur confèrent leur rang. Du coup, le titre de la série est un peu trompeur puisqu'on a davantage l'impression de lire une histoire qui se passe pendant la bataille de Chesapeake qu'une histoire racontant la bataille en elle-même. L'épisode à proprement parler de la bataille est assez cours et les tactiques employées par les belligérants très succinctement évoqués. Les amateurs de stratégie navale en seront pour leur frais.

Ceci étant, l'album, tout en restant divertissant, n'est pas dénué d'une dimension pédagogique grâce notamment au dossier historique très clair en fin d'ouvrage.

Enfin, même s'il n'y en a pas assez à mon goût, Jean-Yves Delitte nous régale de scènes maritimes grandioses dont certaines s'étalent sur des double pages.

 

Voilà une belle série de divertissement pédagogique pour grand public, qui décevra peut-être les plus pointilleux des historiens en herbe regrettant ce point de vue de l'évènement à hauteur d'homme, mais qui ravira certainement les adeptes de fictions historique.

 

Loubrun

 

 

 

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10/04/2017

Henriquet, l'homme-reine

henriquet l'homme-reine,guerineau,delcourt,histoire,henri  iii,guerre de religions,valois,catherine de medicis,032017,810henriquet l'homme-reine,guerineau,delcourt,histoire,henri  iii,guerre de religions,valois,catherine de medicis,032017,810Scénario : Richard Guérineau
Dessin : Richard Guérineau
Éditeur : Delcourt
187 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Mai 1574. Charles IX meurt, laissant son royaume déchiré par les guerres de Religion et toujours sous le choc du massacre de la Saint- Barthélemy. Catherine de Médicis rappelle son fils cadet Henri, alors roi de Pologne… Henri III aura surtout marqué l’Histoire par ses moeurs et ses frasques, avérées, qui auront masqué l’incroyable complexité politique à laquelle a dû faire face ce monarque atypique.

 

 

"On m'apprend, mon frère, qu'encore et toujours vous complotez contre votre roi."

 

Mon avis

Dernier de la dynastie des Valois, Henri III hérite d'un royaume de France se trouvant dans une situation pour le moins chaotique. Les caisses de l’État sont vides et le pays est déchiré par les guerres de religions. Ce roi qui n'était pas destiné à régner, devra durant son court règne naviguer en eaux troubles. Homme de contrastes détestant la violence, il n'arrivera pas à mettre un terme aux terribles guerres de religions, malgré la signature de l'édit de Beaulieu, reconnaissant le culte Protestant. Entre les complots ourdis par ses proches et les rivalités entre les différentes factions religieuses - Malcontents,  Huguenots  protestants et Ligue catholique - Henri III a dû faire face à une situation politique et économique extrêmement complexe et violente.

 

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C'est lors de l'adaptation du roman de Jean Teulé, Charly 9, que Richard Guérineau a eu l'idée et l'envie de continuer l'aventure. Il a découvert alors que le frère de Charles IX, Henri III donc, offrait un réel potentiel pour faire une suite à l'Histoire visitée par Jean Teulé. Mais à la différence de Charly 9 où le ton était délibérément à la démesure dans la réécriture historique, on est ici en présence d'un ouvrage plus sérieux présentant l'Histoire de manière assez factuelle mais néanmoins vivante. Du récit historique avéré marqué de faits précis et détaillés, aux anecdotes croustillantes de la petite histoire, l'auteur livre là un récit touffu servi par des dialogues pointus et d'une densité rare dans ce type d'album. On sent que Richard Guérineau à dû passer de longues heures à se documenter, et encore de nombreuses heures pour rendre accessible et vivant ce récit d'une complexité certaine. Cette densité peut d'ailleurs s'avérer à double tranchant. Si la précision qu'elle apporte aux faits évoqués ravira les férus d'Histoire, elle pourra tout autant rebuter les moins férus qui risquent de ne voir là qu'un cours d'histoire théâtralisé et trop bavard.

 

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La partie graphique est tout simplement exceptionnelle. Dans un style moins réaliste que sur la série Le Chant des Stryges, il fait ici le choix d'un style semi réaliste offrant toutefois un trait tout autant précis et expressif. Mais ce que l'on retiendra le plus, c'est sa capacité à varier les styles en nous proposant à 3 ou 4 reprises une rupture graphique, comme il l'avait fait dans Charly 9. D'abord avec deux planches en début d'ouvrage qui imitent la collection L'histoire de France en bande dessinées des éditions Larousse des années 70, et qui illustrent de façon limpide les bases du récit qui va suivre : la succession de Charles IX, la fuite de Pologne d'Henri III, les différentes factions en lice dans les guerres de religions. Ensuite, et pour illustrer une anecdote plus légère, l'auteur signe deux planches de l'avatar Dick Gerwin dessinant à la façon de Dik Brown l'auteur des strips de Hägar Dünor. Enfin, ultime imitation et hommage où sur 6 pages l'auteur nous narre la bataille de Coutras à la façon de Tardi dans ses nombreux albums sur la guerre de 14-18 : larges cases panoramiques sur fond rouge et violence explicite des combats. Autant de pauses graphiques et narratives qui permettent de prendre un peu de recul ou de hauteur sur les évènements racontés.

 

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Henriquet, l'homme-reine intrigue et éveille la curiosité tant ce roi reste méconnu et sujet à de nombreuses controverses chez beaucoup d'historiens, sur sa sexualité et ses mœurs notamment.

Un album à découvrir sur lequel il sera nécessaire de passer un peu de temps pour en apprécier toute la richesse.

 

Loubrun

 

 

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31/03/2017

Katanga - tome 1 - diamants

katanga, nury, vallée, dargaud, aventure, trhiller politique, afrique, congo, mercenaires, diamants, néocolonialisme, 8/10, 03/2017katanga, nury, vallée, dargaud, aventure, trhiller politique, afrique, congo, mercenaires, diamants, néocolonialisme, 8/10, 03/2017Scénario : Fabien Nury
Dessin : Sylvain Vallée
Éditeur : Dargaud
70 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : aventure, action, thriller politique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

En 1960, après quatre-vingts ans passés sous la domination coloniale belge, le Congo proclame son indépendance ; moins de deux semaines après, la riche province minière du Katanga fait sécession. Le Congo et le Katanga entrent immédiatement en guerre ; au cœur du conflit : la possession des territoires miniers. De nombreux massacres et exodes de civils s'ensuivent. L'ONU impose alors sa médiation et l'envoi de Casques bleus sur place... Dans le même temps, une horde d'ignobles mercenaires est recrutée pour aller libérer les exploitations minières occupées... Et un domestique noir, Charlie, tord le cou au destin en mettant la main sur un trésor inestimable : 30 millions de dollars de diamants... ce qui fait de lui le Noir le plus recherché du Katanga.

 

 "Un récit édifiant, monsieur le ministre... Dois-je en déduire que je suis autorisé à embaucher du monde ?"

 

Mon avis

On ne présente plus Fabien Nury, le scénariste prodige et prolifique de la bande dessinée, qui depuis quelques années enchaine les succès. Visez un peu : l'or et le sang, la mort de Staline, le maitre de Benson Gate, Silas Corey, Tyler Cross ... ! Et si l'on remonte un peu plus loin dans sa bibliographie, nous tombons sur Il était une fois en France, son plus gros succès, réalisé avec Sylvain Vallée. Alors évidemment, une nouvelle série signée de ces deux auteurs ne peut qu'attirer l'attention.

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Nous voilà donc partis pour 70 pages de pure aventure saupoudrée de fiction historique, marque de fabrique et fond de commerce de Fabien Nury, dans une Afrique post-coloniale en proie aux prémices du néocolonialisme. Le Katanga, région la plus riche du Congo belge, regorgeait de minerais attisant la convoitise de nombreuses personnes et de nombreuses firmes européennes. Sur ce socle historique réel, Fabien Nury pose une armée de mercenaires cyniques et antipathiques à souhait qui ne reculent devant rien pour protéger les mines de cuivre.

Tout bon amateur de récits de grande aventure se régalera de ce thriller politique assez inspiré d'un certain cinéma des années 60-70 comme Un taxi pour Tobrouk, Les oies sauvages ou Le dernier train du Katanga. Mais attention ! Fabien Nury a choisi de nous embarquer au cœur des ténèbres et nous fait côtoyer des personnages vraiment pas recommandables. Qu'ils soient en costard dans des salons dorés ou dans la brousse en treillis, tous ne répondent qu'a un seul maître : l'argent.

Le magot est ici incarné par 30 millions de dollars de diamants qui font tourner la tête à toute cette bande d'affreux. Bienvenue dans le camp des salauds !

Guerre civile, diamants, corruption, barbouzes et mercenaires, tous les ingrédients sont réunis pour un cocktail explosif !

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Le dessin de Sylvain Vallée est à la hauteur du scénario. D'un trait semi-réaliste frisant parfois la caricature, il brosse des portraits au vitriol et met en scène la violence de façon abrupte et sans retenue. Par ailleurs, il a la chance (et nous aussi) de pouvoir introduire la série durant 9 pages faites de cases panoramiques racontant en voix off la genèse du Katanga. 9 pages qui mettent doucement le lecteur dans l'ambiance et qui donnent le ton de cette grande aventure.

Allez, encore deux tomes pour mettre la main sur le magot !

Loubrun

 

 

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