23/08/2010

Gaza 1956, en marge de l'histoire.

Gaza 1956.jpgGaza 19561.jpgAuteur:Joe Sacco
Editeur:Futuropolis.
Le pitch.
À l’occasion d’un reportage dans la bande de Gaza en 2001, Joe Sacco se remémore une note de bas de page lu dans un rapport des Nations Unis durant la crise de Suez en 1956. Cette note parlait d’un massacre de près de 275 villageois par l’armée israélienne. Difficile à croire, aussi le dessinateur reporter se rend une fois encore en Palestine, en 2003 cette fois-ci, pour recueillir les témoignages des survivants. Petit à petit, il remonte le fil de l’histoire pour nous délivrer un compte-rendu cruel et documenté. Comme à son habitude, Joe Sacco se met en scène, nous permettant de mieux connaître les témoins et aussi de nous monter la dureté de la vie quotidienne en Palestine depuis plus de 50 ans.

Mon avis :

Joe Sacco est un journaliste curieux et ouvert sur le monde. Las des reportages édulcorés et orientés des TV américaines et des communiqués officiels du gouvernement israélien, Sacco a déjà fait de nombreux voyages dans la zone de Gaza, région instable et dangereuse. Il en a résulté un ouvrage remarquable et remarqué : Palestine.
Cette fois, Sacco revient pour enquêter sur les massacres perpétrés par l’armée israélienne en 1956 dans les villages de Khan Younis et Rafah, faits qu’il avait découvert en parcourant un rapport de l’ONU pendant l’élaboration de Palestine. La tâche est encore plus difficile car comment expliquer aux palestiniens que l’on s’intéresse particulièrement à un épisode vieux de plus de 50 ans alors que la région est toujours en proie à une guerre qui semble perpétuelle. Mais Joe Sacco est tenace et veut faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé. Il vit le quotidien de ce peuple habitué à survivre sous les balles et les bombes et recherche les survivants et les familles de victimes afin de récolter un maximum de témoignages. Dans cet ouvrage, Sacco raconte à la première personne son reportage parsemée des nombreux témoignages qu’il décortique, analyse et surtout recoupe dans un souci d’objectivité et de rigueur. Il développe son histoire en alternant le présent et le passé comme si il voulait démontrer que la situation n’a presque pas changé en 50 ans. Le résultat donne un incroyable récit dramatique et émouvant, souvent bouleversant et dévoilant malheureusement ce que l’âme humaine peut avoir de plus noire. Tout est juste et Sacco a l’intelligence de ne pas en rajouter. D’ailleurs ce n’est pas nécessaire, les faits sont terribles et il est inutile de les accentuer.
Son graphisme noir et blanc qui ressemblait beaucoup au travail de Robert Crumb a nettement évolué. Il est désormais plus fin et d’un réalisme saisissant ce qui permet à Joe Sacco de donner une dimension saisissante à ses personnages.
S’appuyant sur une situation géo-politique complexe, Gaza 56 reste néanmoins un ouvrage difficile d’accès mais son devoir de mémoire en fait un livre qu’il faut lire et conseiller.

DIGNUS.

Gaza 1956v.jpg

22/08/2010

L'immeuble d'en face T1-3.

immeuble_1.jpgImmeuble d'en face (L')3.jpgAuteur:Vanyda.
Editeur: La boite à bulles (contre jour).
Résumé de l’éditeur :
Au 1er étage de L'Immeuble d'en face réside une mère célibataire et enceinte. Au second, un couple entre deux âges. Et au troisième un couple de jeunes amoureux, Claire et Louis. Un immeuble comme tant d'autres avec ses croisements dans l'escalier, sa solidarité et ses petites histoires, amoureuses ou douloureuses. Des tranches de vie pleines de justesse et de fraîcheur.

Mon avis :

Oui, c’est un immeuble comme les autres, oui les habitants sont comme beaucoup d’autres. Les couples sont comme ceux que l’on croise tous les jours sans lever la tête et Béatrice, la mère célibataire du 1er est une mère comme beaucoup d’autres. Que tout cela est banal me direz-vous !
Et bien détrompez-vous.
Vanyda, jeune auteur prodige, nous conte la vie quotidienne de ces habitants avec un talent incroyable. Sous sa plume, les personnages prennent une dimension savoureuse, les histoires sont bourrées de tendresse et de délicatesse, et on se surprend à se passionner pour leurs amours, leurs envies et leurs emmerdes. L’auteur semble s’amuser à faire évoluer les rapports entre les personnages tout au long de la série et cela se sent. Ils sont d’abord indifférents mais les aléas de la vie font qu’ils vont apprendre à s’entraider et nous voyons leurs relations nettement évoluer.
Aidée par des dessins dynamiques et expressifs au style manga et une narration parfaitement maitrisée, les 3 tomes se dévorent avec délectation. Vanyda utilise toute une palette de cadrages et de découpages démontrant sa dextérité également dans ce domaine.
Vous l‘aurez compris, c’est mon coup de coeur du moment et j’espère une chose : C’est que Vanyda nous concocte un nouveau chapitre. Sais-t-on jamais.... En attendant, retenez bien son prénom car cette fille à quelque chose de rare.

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Immeuble d'en face (L'.jpg
DIGNUS.