17.04.2012
ORCS. Forgés pour le guerre
Dessin / Couleurs : Joe Flood
Scénario : Stan Nicholls
DL : Mars 2012
202 pages Editions Gallimard Collection Bayou
Les Unis plaçaient leur foi en un dieu unique et tout puissant, les Multis adoraient tout un panthéon de dieux et d’esprits de la nature. Ils se livraient une lutte sans fin pour prendre le contrôle de leur pays d’adoption. Dans leurs rangs, on trouvait des êtres qui n’étaient pas humains. Une race différente de toutes les autres : les Orcs ! Stryke est le capitaine d’une compagnie d’Orcs : bagarreurs, belliqueux résistants mais fidèles à leurs paroles. Hardi, compagnons Orcs, debout les maudits de la terre. Sus !
Tiens, tiens… voila un pitch peu commun…Tiré du best-seller (tout au moins outre manche !) éponyme de Stan Nicholls, Orcs est un comics vu, vécu et raconté du coté des Orcs. Tout vient d’un « what if… » du scénariste, « et si, les Orcs étaient des héros plutôt que les méchants ? ». Ce principe jouissif, à l’origine de l’uchronie, est appliqué ici pour la plus grande joie des amateurs du genre : pourquoi a-t-on toujours droit à la version des vainqueurs ? Stan Nicholls disgresse allégrement sur la personnalité des Orcs. Il tente ainsi de créer un monde d’héroic-fantaisy avec un bestiaire à la Tolkien. Gobelins, dragons et autres parsèment l’aventure des héros Orcs. Pourquoi tente ? Malgré une très bonne idée de « what if » et 202 pages, le scénario ne décolle pas. Le lecteur est accroché uniquement par le volet vision au travers du prisme Orcs. En dehors de cela, c’est d’une cruelle banalité (surtout pour les fans d’Heroic-fantasy) : mission secrète, embuscades, rixes.… Rien ou très peu sur la vie des Orcs, leurs mœurs. C’est sans doute un choix scénaristique de s’appesantir sur l’action, mais cela ne fait pas une histoire ! Cela manque de punch et de profondeur, même si on ne s’ennuie pas.
Par ailleurs, ce comics n’est pas vraiment aidé par le dessin de Joe Flood. Si les cases sont riches d’actions, elles manquent de fluidité. Le dessin ligne clair n’accompagne pas le lecteur dans le mouvement. On a du mal à être pris dans les combats et finalement cela tombe à plat. L’absence d’expression des visages y est peut-être pour beaucoup ! Finalement on glisse sur l’image sans s’attarder. A sa décharge, dessiner un monde fantastique à partir d’un roman est une gageure que peu de dessinateurs peuvent se gargariser d’avoir réussie.
Bref, un comics qui se laisse lire car original pour son idée initiale mais desservi par le dessin et le scénario. Je n’ai pas lu le livre de Stan Nicholls et sans doute est-il plus riche que cette transposition peu flatteuse. Dommage ….
Dessin : 7/10
Scénario :7/10
Tigrevolant
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (2) | Tags : orcs, 710, flood, nicholls, heroic fantasy |
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03.04.2012
NAJA Tome 1

NAJA
Scénario : Morvan, Jean-David
Dessin : Bengal
Couleurs : Bengal
DL : 03/2008
Editeur : Dargaud
48 pages
Elle porte le nom d'un serpent : Naja. Et c'est une tueuse professionnelle. Elle est la n°3 d'une organisation criminelle. Du serpent, Naja possède la beauté glaciale et le sang-froid. Elle n'éprouve jamais aucun sentiment, jamais aucune douleur. Depuis sa rencontre masochiste avec « il », Naja sait que le numéro un a lancé un contrat sur sa tête. Elle doit faire face, quitte à retomber dans les affres de son passé.
Cette histoire a un côté aseptisé, tranché, lisse …jusque dans le style de la narration au travers d’une absence de dialogue dans les deux premiers tiers. Un paradoxe se met alors en place avec une prise de distance (choix de la voie off) et une appropriation des douleurs et des sentiments de la glaciale héroïne par le lecteur. D’où une sensation étrangement dépersonnalisée. L’atmosphère est étudiée voire clinique. JD Morvan distille ainsi savamment ces indices et amène le lecteur jusqu’au bout sans faillir : déception ce premier tome ne fait que 48 pages ! Heureusement il est prévu 5 tomes (sorti de l’intégrale en Avril 2012).
Graphiquement, Bengal livre une mise en page extrêmement dynamique et un découpage aéré. Cela lui laisse suffisamment de place pour s'exprimer. Les scènes d'action sont très fluides. La sensation de vitesse est stylisée à l’extrême jusqu'au hachurage. La mise en couleur est soignée avec des jeux de lumière. L’efficacité va jusqu’au changement de couleurs lors des flashbacks. La couverture est splendide : froide et affutée !
Voila une bd/série tout à fait efficace. Le coté résolument orienté action, le dessin épuré à l’esthétique manga ne demande qu’a séduire le lecteur !
Scénario :8 /10
Dessin :9 /10
Global : 8,5 /10
Tigrevolant
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (1) | Tags : thriller, action, 8.510, naja, morvan, bengal |
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25.03.2012
BONNEVAL PACHA
Gwen de Bonneval
Hugues Micol
DL : mars 2012
56 pages
Sa seigneurie, le Comte de Bonneval dit "le Pacha" est un personnage haut en couleur. Dans ce premier tome, il relate, après s'être fait un peu prier, à un jeune officier français, les grands épisodes de sa vie agitée et fascinante.
Parmi les personnages anecdotiques du début du dix-huitième siècle, il n’en est pas qui ait plus excité la curiosité en son temps que le Comte de Bonneval : brillant à la guerre, versatile en amitiés, tour à tour au service de la France, de l’Empereur sous les ordres du prince Eugène puis Turc lui-même et pacha à plusieurs queues. Ce récit biographique, sans doute romancé d’un personnage historique, est mené tambour battant par son descendant, Gwen de Bonneval. Dans ses jardins surplombant le Bosphore avec des flash-back sur sa jeunesse dans la Royale ou dans l’armée du Duc de Vendôme en Italie, le Pacha nous entraine dans un tourbillon d’aventures où résonne le fracas des armes, des duels et des joutes orales.
Si le début du roman est un peu poussif sur ses 10 premières pages, c’est pour mieux vous envouter par cette célébrité. Vous êtes ici au cœur de la bataille navale de Barfleur ou de la guerre de succession d’Espagne. Le choix du vieux Français est une bonne idée. Il rend merveilleusement vivant les coups d’éclat verbaux de monsieur le Comte. Le personnage n'en devient que plus riche et attachant.
Servi par un dessin en couleurs directes, le travail d’Hugues Micol peut décontenancer. Si les proportions semblent ne pas etre respectées notamment … sur la couverture, c’est pour mieux souligner les débuts adolescents du Comte et son extraordinaire parcours. Les couleurs surprennent également. Les tons pastel presque lavasses savent pourtant s’adapter à chaque situation et remplissent les cases soit de lumière soit de clair obscur en fonction du contexte. Reste que les scènes de batailles, où se superposent des plans rapprochés et des plans larges, sont époustouflantes de réalisme. C’est bien simple, on se croirait dans un tableau du 17eme siècle.
Prévu en quatre tomes, l’aventure du Comte de Bonneval, est une agréable surprise après lecture. Acceptez la découverte, ne refusez pas son dessin, n’ayez pas peur et cette œuvre vous le rendra bien.
Scénario : 8.5 / 10
Dessin : 8 /10
Tigrevolant
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (2) | Tags : de bonneval, bonneval pacha, micol, 8510, aristocrate, aventure |
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14.03.2012
Ile au trésor (L’)
Dessin : Stassen Jean–Philippe
Editeur : Futuropolis
DL : 02/2012
96 pages
L’île ? Un énorme chantier, entouré de palissades, gardé par des vigiles. Le trésor ? Une valise de 200 millions d’euros, un pot-de-vin destiné aux promoteurs de l’immeuble en projet. Jacquot, petite fille vive et téméraire, mature et intelligente va être mêlée à des jeux d’adultes violents autour du magot.
Vous l’avez compris, ici Sylvain Venayre rend hommage à l’immense talent de Robert-Louis Stevenson en transposant son récit dans un milieu ultra urbain. Tout est calqué sur le roman : même nombre de personnage, découpage identique de l’intrigue en six parties jusqu’aux noms des protagonistes où il s’amuse à faire des traductions : Long John Silver devient ainsi Petit-Jean Dargent ou le Capitaine Flint devient la société Silex. C’est extrêmement dérangeant de voir le scénario coller au plus près de l’œuvre originale ! On se surprend à rechercher les similitudes dans nos souvenirs (lointains !) de lecture. Depuis l’épopée romantique des pirates Caraibéens, les hommes sont toujours aussi cupides, sauvages ou individualistes. Cette histoire ne manque pas de rebondissements, de trahison et d’action en tout genre. Pourtant cela manque de rythme. Le choix du découpage classique en gaufrier ou le trait de Stassen y est peut être pour quelque chose. S. Venayre prend bien soin de ne prendre parti ni pour l’un, ni pour l’autre. Pas de manichéisme ! Tout le monde est renvoyé dos à dos. Comme si l’œuvre « d’idéal d’ordre et de progrès » de Petit jean Dargent était inaccessible.
Ici encore JP Stassen fait référence à ses voyages : les personnages sont multiples et
de toutes origines avec une affection particulière pour l’Afrique. Le dessin est pour beaucoup dans la sensation de malaise du récit. Les couleurs sombres, les aplats francs, sans nuance contribuent magnifiquement à étayer la transposition de l’œuvre originale dans le monde du XXIème siècle. L’expression graphique très personnelle de dessinateur nous saute aux yeux : c’est du JP Stassen. Le trait est épais et infantile. Il existe un ressenti d’immatérialité des personnages. Les acteurs deviennent ainsi impalpables tant physiquement que moralement. Mais y a t-il seulement une morale ? Peut être est-ce sa façon de prendre du recul dans cette société de par trop incohérente !
Cette relecture du roman est pour le moins surprenante. Le plaisir est là. Mais le malaise aussi. On retiendra l’innocence perdue du témoin infantile, tristement entrainé dans un monde violent d’adultes incapables de la protéger.
Une preview ici
Dessin : 8/10
Scénario : 8/10
Tigre volant
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (1) | Tags : ile; trésor; stassen; venayre, l'ile au trésor, 810; aventure |
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24.10.2011
Le protocole pelican tome 1
Dessin : Jen-Michel Ponzio
Dargaud
DL : 09/2011
Résumé.
Onze individus sont kidnappés et emmenés dans un lieu inconnu tenant lieu de véritable prison. Subissant un lavage de cerveau en règle, le groupe est victime d’obscurs travaux scientifiques sur l’étude et la compréhension des mécanismes de la pensée humaine. Pourquoi eux ? Ou sont-ils ? Quand vont-ils sortir ? Qui sont ces gens qui les retiennent ?
Mon avis.
Evidemment le scénario semble être assez faible. Avec cet exercice périlleux Richard Marazano nous entraine dans une histoire mille fois rabâchée : huis clos, mise en exergue des différentes personnalités, expérience sur l’humain et sciences cognitives. Rappelez-vous « dix petits nègres » ou le film « cube » ! Pourtant, le lecteur est saisi et se laisse prendre à la narration. Le scénariste prend plaisir à distiller les points de vue : celui des gardiens (" les compagnons"), des scientifiques ("les confidents"). Il est vite perdu. On ne sait plus qui est prisonnier, qui est victime, qui est étudié version rat de laboratoire. Marazano aime ce genre de scénario : interrogation sur le futur de l’humanité et la capacité de l’homme à le gérer. Clairement pour lui, plus l’homme avance dans la science, plus son destin lui échappe. Il aborde ainsi plusieurs thèmes (théorie du complot ; on peut tuer un homme. Peut-on tuer une idée ?) et …nous laisse dans l’expectative.
Ponzio rejoint son complice avec un dessin très épuré : gros plans sur les personnages et très peu de décors, accentuant encore (si besoin est !) le confinement. Son style bien particulier, à coup de couleurs numériques, est inimitable. C’est froid. C’est blafard. Les couleurs vives sont bannies et très diluées à la limite de la transparence. Il est bien en phase avec une histoire d’anticipation peu flatteuse pour l’espèce humaine (thème retrouvé dans les autres collaborations avec Marazano).
Le quatrième de couverture annonce d’emblée la couleur : « une expérience en quatre phases ».…et donne ainsi une histoire en quatre tomes. Cela est bien plaisant de connaitre le nombre de tome. Cependant, espérons que Marazano ne nous laissera pas sur notre faim comme dans « Genetik » ou « le complexe du chimpanzé »
8/10
Tigrevolant .
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (5) | Tags : protocole, pelican, anticipation, le protocole pélican, théorie du complot, 7.510 |
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22.08.2011
Les aventures de Michel Swing (Coureur automobile)
Dessins et scénario : Brüno / Pascal Jousselin
Editions : [treizeétrange]
DL : mars 2006
Michel swing est certainement le meilleur coureur automobile de sa génération. Il est beau, il est riche, il est doué, il est fort, il est chanceux, il est….bref vous l’avez compris il ne manque rien à notre héros. Tout est résumé dans les vignettes du 4ème de couverture :
Brüno est Joussellin se livrent ici à un exercice potache : écrire un feuilleton à quatre mains. Chacun à tour de rôle, réalise une planche. Cela se fait sans concertation préalable et donc sans aucun scénario préétabli autre que le pitch. Quand on a compris l’idée directrice, on se lance dans la lecture avec beaucoup d’interrogation. Toute l’originalité de ce petit opus vient des défis que se lancent les auteurs à chaque fin de planche : le concours de coup bas bat son plein (avec une « coubas-métrie » !). Cela se corse avec la mise en place du nombre de case sur le jet de dé de 20 ou l’invitation d’autres auteurs à faire partis du jeu. On comprend qu’ils se sont fait plaisir. La dérision est le maître mot. Le héros est irréprochable. Trop parfait. Je ne sais pas si les auteurs aiment ou non les courses automobiles mais le monde de la F1 en prend pour son grade. Le dessin est de type ligne claire. Il n’y a pas de couleurs sauf du rouge et noir. Les décors sont réduits au strict minimum, comme si le couple de joyeux drille voulaient (encore ?) insister sur le coté dérision des personnages. De petites astuces à la fin de l’ouvrage sont livrées et vous font immédiatement refaire un round pour les identifier.
C’est sympa, sans prétention et très drôle : on passe un agréable moment. Et puis je mentirais en disant que je n’aime pas le style de Brüno : les dessins sont dépouillés mais ajustés et du coup l’accent est mis sur l’ambiance et les dialogues (voir l’excellent Inner City Blues). Un album à mettre entre toutes les mains ! 9/10 !
NB : Special dédicace pour LaureLine avec laquelle j'ai agréablement évoqué cet album !
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (5) | Tags : michel swing, bruno, jousselin, 2006, aventure, humour |
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04.08.2011
COMMANDO TORQUEMADA

tome 1 : pour la plus grande gloire de dieu
tome 2 : Dominique, nique, nique…
Scénario : Philippe Nihoul
Dessin : Xavier Lemmens
Editeur : Audie, Collection : Fluide Glacial
DL 2007 et 2008
Résumé : « Personne n’attend la sainte inquisition ! Nos meilleures armes sont la surprise, la terreur ! Sans oublier une dévotion fanatique au pape ! Pour la plus grande gloire de Dieu ! »
Ainsi aime à rappeler sœur Sarah Terwagne, frère Malachie Novoselic et frère Feargal Mc Gowan.
Récupérer la lance de Longinus, réhabiliter Sœur Dominique camée jusqu’aux oreilles voilà les missions du commando Torquemada pour lesquel tous les moyens sont bons : les bons mots, l’humour, le sacrilège, la terreur, le LSD…. Un cocktail qui ne vous laissera pas sur les fonds baptismaux et vous transportera au plus près du très Haut de l’humour.
Jubilatoire, irrévérencieux, blasphématoire, impertinent….les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ces farces impies. Entre le bon moine adepte du LSD dans les hosties et autres élixirs monastique rehaussé d’héroïne / peyotl, l’ancien des S.A.S. à la gâchette facile et la demoiselle à la plastique irréprochable qui se flagelle pour entrevoir les dessins du très Haut, il n’y a pas de place pour la plaisanterie. Car s’il est un sujet sur lequel Lemmans et Nihoul ne rigolent pas c’est bien celui de la foi catholique. Visiblement les auteurs ont été touchés par la grâce divine : le cathéchisme, servir la messe et le pain azyme, ca laisse des traces !
On y trouve pèle mêle, un « hommage » appuyé à Michaël Jackson, une caricature (méritée) de l’homme à la toque de léopard, une irrévérencieuse prosternation devant le talent des Clash, une réécriture des Saintes Ecritures…Les auteurs parsèment leur production avec des morceaux de vrai Foi ! Chacun adore son ou ses Dieux à sa façon. Les voies du seigneur sont impénétrables.
Vous l’avez compris le mécréant y trouvera son compte et le pénitent verra ses cheveux se dresser sur la tète devant tant d’outrages à la foi et à la fois par case : on dirait presque une règle d’or avec un ratio obligatoire de coup de canif.
Servi dans un ciboire, les dessins de Lemmens sont secs, clairs, tranchés. Comme le scénario de ces deux opus.
On ne s’en lasse pas.
Voila des albums réjouissants qui vont, à n’en pas douter, ramener les brebis égarées au sein de la très sainte et très apostolique église de Rome. Mais, n’ayez crainte les auteurs sont déjà sous le coup d’une bulle papale et enfermés sous Saint Pierre, ils se livrent déjà à l’écriture de nouvelles saintes BDs. Amen !
Note : 9/10
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (1) | Tags : lemmens, nihoul, commando torquemada, 2007, 2008, humour, fluide glacial, 910 |
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04.07.2011
SVODOBA ! LIBERTE !
SVOBODA ! Tome 1, de Prague à Tcheliabinsk
Dessins : Jean Denis Pendanx
Scénario : Kris
Couleurs : Isabelle Merlet
Prague, automne 1938. Josef Cerny dit « Pepa » professeur d'arts plastiques, apprend les accords de Munich. Il se sent trahi par la France, et imagine sans peine la suite : la mort de la Tchécoslovaquie, son pays et cette république qu'il a contribué à faire passer du rêve à la réalité, vingt ans auparavant. Alors, il ressort ses vieux carnets de croquis et les écrits de son compagnon, l'écrivain Jaroslav Chveïk, et se souvient... Tcheliabinsk, mai 1918, c'est là que tout a vraiment commencé. Parti de Samara, le régiment de Jaroslav rejoint enfin les éléments avancés de la 1re division tchèque, coincée en gare depuis trois semaines. Parmi eux, se trouve son ami Pepa. La joie de leurs retrouvailles est brève, des événements dramatiques surviennent...
Tout est dit dans le titre et les sous-titres : « carnet de guerre imaginaire d’un combattant de la légion Tchèque ». Si la narration et l’approche est tout à fait classique (flash back à partir d’un fait), le sujet n’en ai pas moins passionnant. L’histoire méconnu (peut etre pas pour les férus d’histoire !) de ces soldats de l’ex empire austro hongrois mais de nationalité Tchèque ballotés, manipulés et finalement rendu à leur nation fraichement crée. En fait d’histoire c’est plutôt une épopée au travers de la période post révolution bolchévique que vont vivre cette légion avec son lot d’alliance, de trahison avec les Russes Blancs de l’amiral Kolchak, la prise à Kazan d’un train contenant l’ancien trésor Imperial…. Les auteurs ont bien sur choisi comme fils conducteur le Transsibérien, chemin de fer vital pour la Sibérie et le long duquel tous les actes de cette pièce de théâtre historique se jouent. Ce premier tome s’arrête à la gare de Tcheliabinsk, la ou l’histoire bascule. Au fil de la lecture ont est emporté par le tourbillon de l’aventure et c’est avec regret que l’on arrive à la fin des 44 pages.
Vous l’avez compris autour de personnage tout est historique jusqu’aux dessins documentées et la référence ouvertement assumé au célèbre roman « Le brave soldat Chvéïk » de l'écrivain tchèque Jaroslav Hašek.
Le dessin de JD Pendanx est assez différent de ces anciennes productions (les corruptibles, labyrinthes ou Abdalli) c’est plus anguleux, plus clair. Peut etre es ce du à l’excellent travail de couleur d’Isabelle Merlet. Les tons ocre et lumineux accrochent bien le regard et finalement on ne voit pas un autre tandem pour tracer l’histoire de Kris.
Encore une très bonne production des éditions Futuropolis ! A lire mais pas seulement : c’est le moment de marcher sur les traces de l’histoire du chaos de la Russie post-impériale !
Un grand 8.5/10
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (3) | Tags : svoboda, tome 1, futuropolis, pendanx, kris, merlet, 8.510 |
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05.05.2011
MEZEK : Tome 1
Edition : Le Lombard
Collection : Signé
Dessin : Juillard
Scénario : Yann
Edition d’Avril 2011
En 1948, le presque pas encore état d’Israël se bat sur tous les fronts : sur terre, sur mer, de l’intérieur et dans le ciel. L’aviation (Israël Air Force) manque cruellement de pilotes expérimentés et fait appel à des idéalistes Juifs provenant de tous pays mais aussi à des mercenaires d’origines troubles prêts à se battre pour une poignée de dollars. Parmi eux, se trouve Bjorn. Il connait bien les « cercueils volants » sur lesquel ont les fait voler : des Messerschmitt 109 trafiqués avec des moteurs inadaptés. Mais si le danger est partout chacun conserve un lourd passé que la honte ne cicatrise jamais.
Au regard du scénario, on est déjà interloqué : des pilotes Juifs volant sur des appareils Allemands de la deuxième guerre mondiale ? Il ya de quoi semer le trouble. Yann nous emmène dans un voyage historique diablement bien documenté (en témoignent les références citées). Il laisse la part belle à l’action aussi bien dans les airs que dans les cœurs ! Tous le scénario est empreint de romantisme. On est transporté par la sensation d’idéal, de combat juste. Les doutes et les frictions entre Juifs et mercenaires n’entravent rien à la sensation de liberté. De mauvaises langues y verront un parti pris politique. A la lecture, cela ne transpire pas et le fil conducteur de Bjorn nous permet d’oublier le coté sale de la guerre.
La guerre de 48 en Palestine est bien sur connue de tous, mais le volet aviation et le peu de moyens de cette dernière le sont beaucoup moins. Pour les personnes férues d’histoire et d’aviation, c’est tout simplement passionnant.
Surtout que les dessins de Juillard sont parfaitement accordés avec les évènements. Là aussi, on retrouve un souci du détail et de la documentation aboutissant à des dessins d’avions à la limite de la photographie. Les combats aériens sont réalistes et très fluides. Les habitués de Juillard ne seront pas déçus : les personnages sont irréprochables, les corps de femmes sensuels au possible. Par contre les regards de Juillard sont toujours aussi peu expressifs, transparents. Un petit bémol sur les décors : le dessinateur s’est vraiment concentré sur les personnages et les avions, au détriment de l’arrière plan. Cela fait vide et peu réaliste.
Pour les fans d’avions et d’histoire ne pas hésiter : sauter dessus. En plus le scénario recèle un secret (là aussi historique) que je ne vous dévoilerai pas au risque de rompre le charme de cette excellente lecture.
8/10
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http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/hors-serie-collection-signe/mezek,2015.html
Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (7) | Tags : mezek, juillard, yann, lelombard, signé, aventure historique, 810 |
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06.04.2011
L'Aventure en grand A
Micheluzzi
Editions Mosquito
Le résumé.
Dans les prémices de la guerre, l’Egypte, son canal de Suez et l’Ethiopie sont le centre d’une intense activité des services secrets. Un quatuor d’aventuriers en herbe, que rien ne rapproche, se retrouve à trimballer deux auto mitrailleuses Rolls-Royce à livrer aux guerriers d’Hailé Sélassié.
Vous voulez de l’aventure ? Vous êtes à bonne enseigne : Le Caire fait penser au célèbre film Casablanca, repère de truands en tout genre, services secrets jouant au chat et à la souris, personnages manipulés. Tout cela fleure bon le romantisme. On suit les protagonistes selon le fil d’un journal de bord écrit par Micheluzzi comme s’il était le cinquième personnage de cette aventure. Il n’y a pas de héros, pas de salaud, juste un sergent major anglais (caricatural), une danseuse égyptienne, un anarchiste Italien et une aristocrate Anglaise.
Mon avis.
Malgré un début poussif et des difficultés à aborder l’histoire, le livre se dévore d’une
traite. Le passage d’un personnage à l’autre est parfois surprenant mais on prend vite le pli et les pages s’enchainent toutes seules. Ce qui plait dans l’histoire c’est la base historique très présente. Bien sur c’est une fiction mais le décor n’en est pas moins historiquement vrai. On s’attache vite à ces personnages. A la fin du roman on est triste de les laisser. Heureusement Micheluzzi nous donne des éléments pour nourrir notre imagination d’aventurier.
Cet auteur italien très injustement oublié est contemporain de l’épopée ratée de Mussolini et de ces rêves de grandeur colonialiste. Peu connu, il fait pourtant parti des incontournables de la BD italienne avec Toppi, Pratt ou Giardino. Sont trait est classique et se retrouve dans la droite ligne des Milton Caniff. Ainsi, les dessins sont en noir et blanc avec des jeux d’ombres très performants. Le trait est sec, vif. Le découpage classique. Cependant, les personnages sont parfois mal proportionnés alors qu’au contraire le matériel est très finement dessiné. L’auteur prend soin d’émailler son récit avec des paysages très épurés, dans des cases uniques et sans texte. Le temps se suspend. Notre imagination se projette dans ce vide. C’est beau.
Note 7/ 10
Tigrevolant

Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (4) | Tags : bab el manded, micheluzzi, editions mosquito |
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