31/01/2017

Jeu d’ombres. Tome 1. Gazi !

Jeu d'ombre, Gazi, Loulou Dédola, Merwan, Thriller politico-social, glenatJeu d'ombre, Gazi, Loulou Dédola, Merwan, Thriller politico-social, glenatScénario : Loulou Dédola
Dessin & couleurs : Merwan
Dépot légal : 09/2016
Editeur : Glénat
Genre : Thriller politico-social

http://findufond.blogspot.com

 

Cengiz est d’origine turque. Il vit dans une cité en banlieue Lyonnaise où s’extirper de sa condition sociale est une gageure. Mais Cengiz est un jeune homme brillant et charismatique : il vient de décrocher son diplôme en droit, il multiplie les conquêtes et désamorce, une nuit, un conflit police – « sauvageons ». C’est décidé, la politique sera son crédo. Mais entre les affaires de familles et les préjugés le chemin est mince !

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Le décor de cette série se situe dans les « bas quartiers ». Et la banlieue, le scénariste sait de quoi il parle. Avec son groupe de musique RCP (Raza City Plage), il s’est produit dans toutes les quartiers de Lyon. Touche à tout, il compose il chante, il réalise des courts métrages ou écrit des romans et bien sûr des scénarios de BD. « Jeu d’ombre » n’est pas sa première incursion dans la BD. Il est aussi au scénario dans « 419 African Mafia ». Dans ses bd Loulou Dédola « donne la parole à des gens qui ne l’on jamais ». « Gazi », guerrier victorieux en Turc, est un thriller-sociologique. Il situe son héros dans une mouvance Kémaliste : la recherche de liberté, la laïcité, la liberté d’entreprendre sont les thèmes déployés dans ce récit. Cela fonctionne bien avec du rythme et de l’empathie pour le héros. Le sujet n’est pourtant pas facile : parler des banlieues sur un ton optimiste n’est pas donné à tout le monde. Eh oui, il y a de l’avenir dans les banlieues ! Pourtant, en dehors du héros il est difficile de s’attacher aux autres protagonistes. La violence et la dérive sectaire sont bien les plaies de ces quartiers.

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Le dessin de Merwan est toujours agréable au regard. Son style réaliste soutenu par une colorisation au lavis donne un ton unique à son travail. Il a fait merveille dans « l’or et le sang » et attaque ici un sujet beaucoup plus sérieux. Il ne cache pas ses influences cinématographique avec des cadrages à la Sergio Léone ou autres contre-plongées, mais pas que ! Si vous regardez bien la couverture, vous retrouverez une référence à Michel-Ange (la jeune femme prend la pose du David) et à Rodin (le penseur).

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Loulou Dédola ancre son scénario dans la réalité de la deuxième dizaine du 21ème siecle. Pas de faux semblant, la violence et les dérives religieuse sont bien les décors de cette série en deux tomes. Les références à la « Haine » sont évidemment bien présentes. Pourtant, il veut y croire. Son héros donne une belle note d’espoir avec de l’envie et des sentiments. Mais de quel côté Cengiz va-t-il retomber ? Suite et fin dans « ni ange, ni maudit ».

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Tigrevolant

     

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19/01/2017

ALEX + ADA. Tome 1

sarah vaughn,jonathan luna,alex+ada,delcourt,science fiction,comicssarah vaughn,jonathan luna,alex+ada,delcourt,science fiction,comicsScenario : Sarah Vaughn, Jonathan Luna
Dessin & couleurs : Jonathan Luna
Dépôt légal : 10/2016
Editeur : Delcourt
Genre : Science-Fiction

 

Dans un futur, proche ou lointain, Alex mène une vie rangée. Tout va changer avec le cadeau de sa grand-mère : un androïde féminin dernier modèle. Sa conception hyperréaliste mais son absence totale de conscience vont réveiller chez Alex son gout pour la transgression.

L’intelligence artificielle a toujours été un sujet de prédilection dans la science-fiction. Elle a été déclinée sous toutes formes que cela soit dans la littérature (Asimov et ses fameuses trois lois de la robotique), le cinéma (Terminator et autres) ou encore la BD (do the androids dream of electric sheep ? par exemple).

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Sarah Vaughn et Jonathan Luna s’engagent sur la même voie. Ils traitent dans cette série le relationnel de l’homme « réel » avec son alter égo électronique. Dans ce futur hyper aseptisé, l’introduction d’un robot hyper réaliste (« elle est hyper bien foutue ») dans un univers rangé est tres dérangeant, non seulement pour Alex mais aussi pour le spectateur. Ada, le robot, laisse pantois. Son aspect humain parfait est en décalage avec l’absence totale de libre arbitre : elle attend comme un animal et surtout elle est toujours d’accord avec Alex. Et c’est le point de réflexion de l’album. Faut-il donner ou plutôt paramétrer une conscience chez les robots ? Existe-t-il un risque de dérive empathique ou un retournement de l’androïde contre son concepteur ? Deviendra-t-il alors une entité autonome ? Les lois d’Assimov sont-elles un rempart ? En tout cas, Alex est prêt à tenter le pari. Il sort délibérément des clous et rejoint une faction pro-androïde, prête à libérer nos « frères et sœur » robots ! Finalement, il ne ressort rien de neuf sur le sujet !

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En revanche le dessin mérite un arrêt. Les dessins de Jonathan Luna sont reconnaissables au premier coup d’œil. Vous le retrouverez avec son frère dans le très bon “Girls” ou encore “The sword”. Laissons Jonathan Luna décrire son travail : « j’utilise la bonne vieille technique crayonnage/encrage, suivi d’une séance de colorisation sur ordinateur. Certaines personnes pensent que je fais de la modélisation 3D mais ça n’est pas le cas ! Par contre j’utilise un outil de flou pour créer de la profondeur sur certaines scènes. Je m’inspire beaucoup du cinéma et de la photographie. ». Ici, il utilise en plus le découpage des cases pour impulser une réflexion. On retrouve des pauses sans dialogues. Cela permet d’appuyer l’ambiance, le lecteur est dans la même expectative qu’Alex. Bien vu !

 

Les auteurs signent un comics crédible. Si le sujet a été exploité sous toutes les coutures, « Alex +Ada » tire son épingle du jeu avec les dessins et les découpages de Jonathan Luna. Ce dernier réussi bien à distiller une ambiance propice à une réflexion sur le sujet.

 

Les trois lois d’Isaac Asimov alias les trois lois de la robotique dans le manuel de la robotique 58è édition (2058 ap. JC)

- Première Loi : Un robot ne peut blesser un être humain ni, par son inaction, permettre qu'un humain soit blessé
- Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.
- Troisième Loi : Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la Première et/ou la Deuxième Loi.

 

 Tigrevolant

 

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10/01/2017

Burning fields - one of eight

Burning fields, one of eight, Tim Daniel, Colin Lorimer, policier fantastique, Ankama label 619Burning fields, one of eight, Tim Daniel, Colin Lorimer, policier fantastique, Ankama label 619Scénario : Mike Moreci
Dessin : Tim Daniel
Couleurs : Colin Lorimer
Editeur : Ankama
Dépot légal : 11/2016
Pages : 208
Genre : Policier fantastique

Exclue de l’armée, Dana Atkinson est recrutée par une compagnie pétrolière pour enquêter sur une série de meurtres à Kirkouk. Ces meurtres particulièrement sauvages et à caractères rituels vont amener notre enquêtrice très loin dans la folie et le fantastique.

Burning fields, one of eight, Tim Daniel, Colin Lorimer, policier fantastique, Ankama label 619

Cette très belle édition du label 619 d’Ankama, regroupe en intégrale les 8 premiers chapitres publiés préalablement aux USA aux éditions Boom.

Les éditions Ankama nous gratifient de la seconde traduction en français du travail du scénariste Mike Moreci. Sa première incursion était aux éditions Glénât, « Roche Limit », qui, il faut bien le reconnaitre, n’était pas une réussite. Le point commun entre ces deux scénarii est sans nul doute le gout de Mike Moreci pour le fantastique, l’immatériel et surtout les forces occultes. Dans Burning Field, il force la dose sur l’occulte et arrive même à rencontrer le Mal Ultime (je vous renvoie immédiatement à celui de Trondheim dans les très réussis « Donjons »). Si le thème de départ est très attractif, le contenu vous semblera un peu mince. La psychologie des protagonistes frise le néant. L’empathie que l’on a pour eux est vite éclipsée par la violence : les corps sont démembrés, les scènes de tortures sont très réalistes, cela taille dans la chair avec des giclées de sang à toutes les pages. Ne nous attardons pas sur un scénario mais appesantissons nous sur le dessin et surtout les couleurs.

Burning fields, one of eight, Tim Daniel, Colin Lorimer, policier fantastique, Ankama label 619

Les dessins sont graphiquement séduisants. L’approche est très noire, comme l’univers que son scénario impose. Le dessinateur force (et c’est rien de le dire) sur l’encrage. Les ombres et les scènes nocturnes ou souterraines sont très bien rendues. L’ambiance apocalyptique sous les volutes de pollutions du pétrole est un vrai plaisir visuel. Et c’est sans doute pour cela qu’il est parfois difficile de distinguer qui est qui ! Cette débauche de noirceur est accompagnée par l’utilisation de couleurs très foncées allant du bleu au vert olive. Bref on écarquille les yeux pour se plonger dans le scénario ! Par ailleurs, le lecteur prendra plaisir à découvrir les astuces visuelles à base de point de trame «bendays». Comme un travelling avant jusqu’à l’effacement des lignes. Ajoutez à cela une iconographie originale, signant le caractère rituel des sacrifices, et des trouvailles sur les phylactères (voix basse avec un texte tramé ou des caractères arabes dans le cercle signifiant la langue) et vous obtenez un joli travail graphique méritant toute votre attention.

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Un polar dans un pays en pleine déconfiture ? Une intrigue mêlant société d’exploitation pétrolifère et croyances locales ? Voilà un cocktail plutôt intéressant et attractif. Mais le virage fantastique pris par le scénariste nuit à la compréhension avec un scénario complexe et difficile d’approche. En revanche le dessin de Tim Daniel et les couleurs de Colin Lorimer sont les vrais héros de cette aventure en 200 pages. Il me tarde de revoir ces artistes dans d’autres œuvres. Accrochez-vous ça va saigner !

 

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Tigrevolant

29/12/2016

The wicked + the divine Tome 1. Faust départ

the wicked + the divine,tome 1,faust départ,kieron gillen,jamie mckelvie,nathan fairbairn,dee cunniffe,matthew wilson,glenat,étude sociologique-fantastiquethe wicked + the divine,tome 1,faust départ,kieron gillen,jamie mckelvie,nathan fairbairn,dee cunniffe,matthew wilson,glenat,étude sociologique-fantastique

Dessin : Jamie McKelvie
Scénario : Kieron Gillen

Editeur : Glénat
Planches : 133
Genre : étude sociologique-fantastique

 

 

Et si les dieux du rock étaient réels ? Et si la petite phrase de John Lennon « les Beatles sont plus célèbres que Jésus » était prémonitoire ? Ils sont les nouveaux dieux, les archanges du monde moderne, le monde entier est à leurs pieds : les stars de la musique sont notre nouveau panthéon.

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C’est le point départ de « the wicked + the divine ». Le scénariste Kieron Gillen décrit lui-même son pitch « Tous les 90 ans ou presque, douze dieux se réincarnent dans le corps de jeunes adultes. Ils sont charismatiques et brillants. Ils se tiennent devant des foules immenses, qu'ils emmènent dans l'extase au travers de langues inconnues. La rumeur veut qu'ils soient capables de miracles. Ils sauvent des vies, que ce soit métaphorique ou bien concret. Ils sont aimés. Ils sont détestés. Ils sont brillants. Dans moins de deux ans, ils seront tous morts. » Cette édition rassemble The wicked + The Divine (2014) #1-5 avec une galerie de couvertures (12 pages) et un carnet graphique (9 pages) en fin de recueil.

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Kieron Gillen fait une analyse sociologique de notre monde. A travers ses personnages, il nous interroge sur notre relation avec nos idoles. Nous prêtons à ces stars une telle attention, qu’il n’est pas étonnant de leur donner des pouvoirs divins. Ils déplacent des foules immenses, leurs paroles ne sont pas forcément compris de tous mais qu’importe nous les portons aux nues. Il suffit d’allumer la télévision et constater la vague d’émotions incontrôlées, irrationnelles des médias et de « gens » face à la mort d’une star (réelle ou autoproclamée). Notre rapport à la célébrité est-il à ce point galvaudé ? Pour être encore plus proche de la réalité ou brouiller les pistes, le scénariste emprunte des visages familiers contemporains. Ainsi Lucifer est inspiré par Bowie, la déesse à tête de lionne Sakhmet ressemble à Rihanna et la solaire Amateratsu flamboie comme Florence + The Machine….

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Une fois ce décors posé et ce scénario compris, il ne reste pas grand-chose de "wicked + divine". Il est difficile de comprendre l’intrigue. A se demander où est le fil directeur ? Le scénariste saute d’un « dieu » à un autre sans vraiment donner de la matière au lecteur. Où va-t-il ? Cela manque cruellement de profondeur. La pauvreté des dialogues n’étant pas là pour creuser la réflexion sociologique. Par ailleurs le polymorphisme de ses héros d’une case à l’autre (eh oui, ce sont des dieux quand même) perde définitivement le pauvre fan de l’autre côté de la barrière.

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Les dessins sont de qualités avec des vrais morceaux de stars dedans. Jamie McKelvie convoque des classiques du genre (numérique ou non) avec un panthéon très « Tron like » ou une magnifique fresque du dieu Baal en costume cravate au milieu d’un décor rococo. Mais les couleurs acidulées et criardes (en rapport avec le sujet ?) nuisent à la lecture. Il faut noter l’absence de décors fouillés, voir très crus. Par ailleurs, l’utilisation à outrance de l’outil numérique blesse la rétine.

Kieron Gillen et Jamie McKelvie ont eu une belle idée de scénario. Les idées ne manquent pas et on saluera une fresque multiculturelle, transgenre et totalement débridée sur l’évocation du sexe (sans le dessiner, faut pas pousser !). Vous noterez une bande son de 389 titres quand même, suggérée sur spotify à écouter pendant la lecture (Spotify wicked+divine) : de ce coté pas de fausse note, elle est très éclectique et très réussie, un vrai plaisir.  Mais il faudrait approfondir le canevas, travailler les liaisons entre les scènes, donner un fil conducteur au lecteur pour apprécier la lecture et demander un second tome.

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Tigrevolant

19/12/2016

Genius Tome 1

Genius, Tome 1, Afua Richardson, Marc Bernardin, Adam Freeman, Delcourt, Top cowGenius, Tome 1, Afua Richardson, Marc Bernardin, Adam Freeman, Delcourt, Top cowScénario : Marc Bernardin & Adam Freeman
Dessin / couleurs : Afua Richardson
Dépôt légal : 08/2016
Éditeur: Delcourt
Pages : 144

 

 

 

Destiny est née et a grandi dans les ghettos pauvres de Los Angeles. Si ce monde de violence la destinait à un sombre futur, elle va devenir l’égérie de ces quartiers déshérités. Car elle est, grace à son intelligence hors norme, le nouveau stratège urbain de son époque. Elle va réaliser l’impossible : fédérer les gangs, repousser les forces de l’ordre et faire sécession avec les États-Unis.

Top Cow est un label de l’éditeur Image Comics, fondé par Marc Silvestri. Les succès notables de Top Cow incluent les séries Witchblade et The Darkness dont Silvestri dessinera les premiers épisodes scénarisés par Garth Ennis. Top Cow a eu l’idée de proposer un concours nommé Pilot Season, lancé dès 2007. Le principe est simple : durant l’année, des one-shots sont proposés, et les lecteurs votent pour celui qu’ils préfèrent. En 2008 Genius fut le lauréat de cette consultation. Cet album de Delcourt reprend donc le pilote, suivi des cinq chapitres constituant la mini-série.

Genius, Tome 1, Afua Richardson, Marc Bernardin, Adam Freeman, Delcourt, Top cow

Imaginée en 2008, cette nouvelle est terriblement contemporaine : les ghettos, la violence des cités, les gangs, la drogue, la misère…. rien n’a changé depuis les premières émeutes. La violence des pages de Genius ne nous surprend même pas. Elle ne dérange même plus. Mais ici, Marc Bernardin & Adam Freeman imaginent l’impossible. Ils inversent le cours des choses. Les dealers et autres chefs de meutes sont « sympathiques » et non plus les flics. En se plaçant délibérément du côté de la misère, le lecteur ressent une empathie pour Destiny. Cette demoiselle abimée par son environnement dégage une puissance et un charisme étonnant.

Le sujet est difficile et il est donc impossible d’éviter les écueils. Mais Marc Bernardin & Adam Freeman ne tombent pas dans le piège du racisme ou des poncifs anti-polices. Par contre les auteurs n’abordent pas le fond des problèmes gangrénant les quartiers défavorisés. Et Genius banalise la violence où les victimes collatérales de ce genre de guerre urbaines.

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Les dessins sont ceux d’un comics. Des splashs occupent l’espace et explosent le gaufrier pour dynamiser l’action. Malheureusement, cela ne fait pas tout. L’absence de décors (c’est le moins que l’on puisse dire) et l’utilisation à outrance de l’informatique appauvrissent la lecture. La colorisation est variable, tantôt agréable tantôt flashie avec des débordements donnant une sensation bizarre. Peut-être pour augmenter la perception de vitesse ?! Le lecteur aura plus la sensation d’être dans un jeu vidéo que dans une BD. Tout cela n’est guère probant.

Genius, Tome 1, Afua Richardson, Marc Bernardin, Adam Freeman, Delcourt, Top cow

Genius est donc un bon scénario sur un sujet plutôt délicat mais avec des dessins décevants. Finalement, Genius est-il une fiction ou un prolongement de la réalité ? La fin de ce premier volume de Genius reste ambiguë…

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Tigrevolant

23/11/2016

Reconquêtes. Tome 4. La mort d'un roi

Reconquêtes, Tome 4, La mort d'un roi, François Miville-Deschênes,Sylvain Runberg, antic-fantaisyReconquêtes, Tome 4, La mort d'un roi, François Miville-Deschênes,Sylvain Runberg, antic-fantaisyScénario : François Miville-Deschênes & Sylvain Runberg
Dessin / couleurs : François Miville-Deschênes,
Dépot légal : 09/2016
Editeur : Le Lombard
Pages : 46
Genre : antic-fantaisy

 

Acculée, diminuée, trahie, assiégée, la horde des vivants n’est plus que l’ombre d’elle-même. Mais le peuple Scythe n’a pas dit son dernier mot. Sa survie passe non seulement, par une victoire décisive sur les Hittites mais également sur elle-même. Et la petite scribe Thusia est sans soute leur meilleur atout.

N’y allons pas par quatre chemins, François Miville-Deschênes et Sylvain Runberg affichent un final à la hauteur des espérances du lecteur. En dehors des batailles toujours très crues et expressives, le scénario focalise sur un personnage secondaire : Thusia, la scribe témoin. Elle perce parmi l’ensemble des protagonistes et se révèle à double titre : elle est notre clef, notre passeport dans cette série et elle est aussi le va-tout de la horde. Mais laissons au lecteur toute la saveur de la surprise !

Reconquêtes, Tome 4, La mort d'un roi, François Miville-Deschênes,Sylvain Runberg, antic-fantaisy

La mise en scène du peuple Scythe est une vraie bonne idée. A ma connaissance le seul ayant fait une incursion dans ce peuple de nomade est Franz dans sa série « Poupée d’ivoire ». Mais ici les auteurs se veulent plus onirique avec une part d’heroic fantasy majeure. L’introduction de magie, de griffons ou autre figures majeures de la mythologie donne un beau souffle au scénario et aux scènes d’actions. Si les conteurs construisent leur scénario sur une part de vérité historique (les Sarmates, le nomadisme des Scythes…), ils laissent, bien sûr, vagabonder leurs imaginations et donnent, ainsi, une dimension tout à fait épique à « Reconquêtes ». En revanche, comme toute série à base historique, un cahier final sur le véritable peuple Scythe aurait été du meilleur effet à la façon du manga « les citées d’or » !!

Reconquêtes, Tome 4, La mort d'un roi, François Miville-Deschênes,Sylvain Runberg, antic-fantaisy

Les nombreux rebondissements sont magnifiés par le dessin et la mise en aquarelle de François Miville-Deschênes. L’imaginaire collectif entend cette époque sombre et dangereuse. Le dessinateur se veut au rendez-vous et vous gratifie de sang, de torture et de massacre tout à fait réalistes. Il contrebalance cette débauche barbare par une touche sensuelle frisant avec l’érotisme. Le sang et la volupté, l’essence de « reconquêtes », se mêlent pour décrire un monde troublé. Pour son final, le dessinateur donne dans l’envolé avec des pleines voire des doubles pages très impressionnantes. Depuis « Millénaire », François Miville-Deschênes a fait du chemin et fait de « reconquêtes » une vraie œuvre d’art.

Reconquêtes, Tome 4, La mort d'un roi, François Miville-Deschênes,Sylvain Runberg, antic-fantaisy

Encore une fois, et nous le répèterons jamais assez, François Miville-Deschênes, & Sylvain Runberg ont fait de « Reconquête » une réussite car c’est une série finie et cohérente dans le rythme de parution. Cette fresque mésopotamienne a un côté cinématographique type péplum tout à fait original. Les magnifiques dessins et la sensualité des couleurs y sont pour beaucoup. Je verrai bien un coffret pour la fin de l’année 2016, donnant un excellent prétexte de cadeau et de relecture des quatre tomes !

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Tigrevolant

03/11/2016

Les trois Fantômes de Tesla Tome 1. Le mystère Chtokavien

Les trois Fantômes de Tesla, Le mystère Chtokavien, Richard Marazano, Guilhem, Le lombard, AventureLes trois Fantômes de Tesla, Le mystère Chtokavien, Richard Marazano, Guilhem, Le lombard, AventureScénario / Couleurs: Richard Marazano
Dessin : Guilhem
Dépôt légal : 08/2016

Editeur : Le Lombard
Pages : 46
Genre : Aventure

 

Eté 1942, le monde se déchire dans un conflit mondial. A New York, le FBI est à la recherche de Nicolas Tesla détenteur des  secrets du défunt Thomas Edison dont les découvertes sont la clef de la victoire. Au même moment, le jeune Travis, emménage dans un appartement à Manhattan avec sa mère. Sur le même palier vit le " le vieux fou", ainsi dénommé par les gamins du quartier pour son coté excentrique. Travis dois lui remettre un courrier écrit dans un langage inconnu.  Il ne le sait pas mais le destin réserve à Travis un futur hors du commun…..

« Pour leurs 70 ans, les éditions du Lombard renouent avec la grande aventure et la science-fiction, dans le plus pur esprit du journal de Tintin »

A l’occasion de cet évènement, les éditions du Lombard, sortent les petits plats dans les grands. Ils ont particulièrement soigné l’emballage, à commencer par la couverture. Elle est très attrayante et très belle. Le dessin, les couleurs et même la maquette de celle-ci attirent le lecteur potentiel. Ce très beau packaging donne le ton et sonne le clairon de l’aventure avec une envolée de robots célestes, non sans rappeler les fusées de l’infâme Bassam Dandu dans le Secret de l’espadon (premier hommage).

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Autre point sympathique, en deuxième couverture, les auteurs ont eu la bonne idée d’intégrer des articles « d’époque » permettant de poser le décor. Quant au scénario, Richard Marazano emboite habilement plusieurs histoires. Il y a Travis avec son message Chtokavien (dialecte serbo-croate – on se cultive sur SambaBD -) et son livre de chevet, la machine à explorer le temps d’HG Wells (deuxième hommage), mais aussi l’énigme des lumières dans les eaux de l’Hudson. R Marazano cisèle ainsi son scénario. Il débute avec une scène de course poursuite, à base de robots, tout à fait dans l’esprit steampunk ouvrant le bal des interrogations. Enfin, il finit l'album avec une scène aux antipodes de New York, nous laissant encore plus sur notre faim. Même s’il introduit un bon nombre de personnages, il sait en tirer parti, répondre à des questions et nous mène tout droit là où il veut nous voir : le tome 2 et sans doute le tome 3 !

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Le dessin de Guilhem est … surprenant. Son trait a franchement évolué depuis la série Zarla. Ou peut-être a-t-il plusieurs cordes à son arc ? En tout état de cause, son dessin est particulièrement soigné. Son trait est souple et précis. Ses cadrages sont efficaces et l’on prend un réel plaisir à lire son travail. La palette de couleurs, plutôt sombre, fait la part belle aux clairs-obscurs dans un univers rétro-futuriste. La colorisation est réalisée par R Marazano, lui aussi multicartes.

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Marazano et Guilhem réalisent un bien bel album. Outre la magnifique maquette pour faire rêver le lecteur, les auteurs ont convoqué plusieurs maîtres de l’imaginaire : de E P Jacobs à Jules Verne sans oublier les grands savants de l’époque, Edison et bien sûr Nicolas Tesla ! Cette synthèse fonctionne joliment et entraine son lecteur dans les limbes de l’imaginaire. Malgré un nombre important de protagonistes et de ficelles narratives, le lecteur ne perd pas le fil. Et c’est là le vrai talent du conteur !

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Tigrevolant

27/10/2016

Questionnements sur l'amour moderne - www.chopadonf.com

Questionnements sur l'amour moderne, www.chopadonf.com, Ep Media, Ptiluc, Satyre socialeQuestionnements sur l'amour moderne, www.chopadonf.com, Ep Media, Ptiluc, Satyre socialeScénario / Dessin / couleurs : Ptiluc
Dépot légal : 06/2016
Editeur : EP Media
Planches : 120
Genre : Satyre sociale

« Les réseaux sociaux, Internet, l’ultra connectivité ont aussi transformé nos vies sentimentales ». Ni une ni deux, Ptiluc s’invite dans le débat et se penche sur les nouvelles pratiques amoureuses.

Ptiluc est connu pour sa production d’œuvres mi- sérieuses, mi- comiques. Il affectionne les thèmes sociologiques, anthropologiques voire philosophiques avec une bonne dose d’ironie. Sa vision libertaire sonne juste et atteint ses cibles. Je vous renvoie pour cela à l’excellente série « Rat’s » ou « La Geste de Gilles de Chin ». Mais pour atteindre le Graal, il vous faudra de la patience, de la persévérance. Ptiluc laisse beaucoup de place aux dialogues et à la réflexion. Les textes nombreux et introspectifs nécessitent une vraie attention. Atteindre Ptiluc, cela se mérite.

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Les nouvelles pratiques amoureuses sont évidemment un sujet pour cet auteur. Il analyse cette « nouvelle économie de la rencontre amoureuse et libidinale ». En effet, « Le Net remplace le bal du village et les techniques marketing installent un univers marchand autour du sentiment amoureux ».
Tout y passe, les statistiques, les différents modes de rencontres, le matching, l’introspection du mental de l’homme et de la femme (forcement différent mais qui finalement se rejoint) devant un écran, le bestial comme le romantique, les motivations des connexions, les attentes, les pseudos très révélateurs des personnalités, la loi du marché….. Il décline les modes de gestion du processus d’approche : le plan baise, le prince et la princesse ou encore ceux qui papillonnent.

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Bref, une véritable thèse illustrée sur le sujet. Et ….c’est là que le bât blesse. C’est trop ! Cela en devient indigeste. Avec Ptiluc, il y a un mode d’emploi : ne pas lire tout d’un coup mais bien chapitre par chapitre avec des pauses. Sinon, le découragement vous guette !
Rassurez-vous, c’est drôle et bien vu. Et vous (vous ?) reconnaitrez un proche ayant déjà tâté du Tinder® ou du Meetic®.

 

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Les dessins de Ptiluc sont là pour agrémenter les réflexions de son créateur. Sans cases ni bordures, les personnages sont au centre du débat. Tout en rondeur, les représentations masculines ou féminines sont réalistes avec une touche caricaturale exprimant bien le désarroi devant cette mondialisation de l’amour. Du Ptiluc pur jus !

« Tu crois que la fin de l’amour, c’est comme la fin de l’éthique ; c’est proportionnel à la montée du cynisme marchand ? »

Les écrans deviennent omniprésents dans notre vie. Tout en côtoyant les modes de rencontre classique, ils changent résolument la donne. Saurons-nous dompter ces nouveaux modes de rencontre ? Ptiluc donnent des éléments de réponse avec son sens de l’humour qui lui est propre.

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Dessin a06-3e788fc.gif
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Tigrevolant

19/10/2016

Samurai Légendes Tome 4. Vents de colère

Couv_282951.jpgPlancheA_282951.jpgScénario : Jean-François Di Giorgio
Dessin : Cristina Mormile 
Couleurs : Bertrand Denoulet
Dépot légal : 06/2016
Editeur : Soleil Productions
Pages : 46
Genre : aventure

Mandatées par Kurumi, fille du seigneur Hirotaka, les trois sœurs de l’ombre doivent retrouver son fiancé, Akiya. Mais le seigneur Aizen poursuit le même but et se retrouvera sur le chemin des terribles guerrières. Parallèlement, prisonnière dans la cité souterraine d’Akuma, la petite fille nommée « Sang sacré » échappe à ses bourreaux. Dotée de pouvoirs surnaturels, elle suit son propre destin….

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samurai légendes,tome 4,vents de colère,jean-françois di giorgio,cristina mormile,bertrand soleil productionsFidèle au fil directeur des précédents tomes, Jean-François Di Giorgio tisse un scénario à deux intrigues. D’un côté, les trois sœurs de l’ombre poursuivent leur chemin de rônin et vendent leurs talents de guerrières aux plus offrants. C’est le côté budo de la série dans tout son éclat. Combats de sabres et hémoglobine parsèment le chemin des très belliqueuses demoiselles. De l’autre, la route de « Sang sacré » est plus fantastique. Mais sa toute jeune vie est tout aussi jonchée de cadavres. Son sort n’est pas totalement dévoilé et la fin de l’album fini sur un bâton de sucette. Mais, avec les pouvoirs surnaturels de « Sang sacré » et l’imagination de Jean François Di Giorgio le champ des possibles est très vaste !

Le dessin est toujours de bonne facture. La multiplication des angles de vue et de très belles scènes d’action rendent la lecture fluide et agréable. Cependant, le coup de crayon est parfois inégal : un visage sur une même planche peut être grossier ou exprimé très fin. Cela choque et interroge ?! Enfin, on notera les beaux aplats de couleurs Bertrand Denoulet, lumineux et savamment dosés.


En général, je vois d'un mauvais œil les spin-off. Mais la, c’est encore une très belle rencontre.  Aventure et fantastique se côtoient agréablement. Le lecteur appréciera le gros travail préparatoire des auteurs. Cela donne un ton crédible à l’histoire et restitue une ambiance très japonaise, très martiale. L’amateur de culture japonaise va se régaler. En tant que lecteur j’aurais juste un souhait : ne pas rendre cette série indigeste en multipliant les albums !

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Tigrevolant

01/10/2016

Red Skin Tome 2 . Jacky

xavier dorison,red skin tome 2,jacky,terry dodson,rachel dodson,espionnage,comédiexavier dorison,red skin tome 2,jacky,terry dodson,rachel dodson,espionnage,comédieScénario : Xavier Dorison
Dessin / couleurs : Terry Dodson
Encrage : Rachel Dodson
Dépot légal : 06/2016
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Planches : 52
Genre : comédie d’espionnage

En pleine guerre froide, dans les cerveaux des apparatchiks russes germe une idée lumineuse : créer une "super-héroïne » à l’esprit bien rouge pour propager les valeurs du communisme au USA. Vera, agent du KGB à la plastique irréprochable, est désignée pour cette mission délicate. Apres avoir mis fin au agissement du « Charpentier », un serial-killer réactionnaire, Vera continue son intégration à la société Américaine. La nuit elle est l’héroïne ultime, le jour elle est Alabama Jane, reine du porno !

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Difficile de passer à côté de cette série. Personne n'aura échappé à la couverture du tome 1, très trés aguicheuse. Il faut dire que le dessin est confié à une pointure dans la plastique féminine : Terry Dodson. Il a fait une première incursion dans la bande dessinée européenne avec la série Songes. Car Terry Dodson est un dessinateur de comics américain. Il est connu pour son travail sur des séries comme Harley Quinn, Trouble, Marvel Knights Spider-Man, Wonder Woman et Uncanny X-Men. Chaque fois, son très beau travail ne passe pas inaperçu et avec Red Skin, il déploie tout son savoir-faire avec en prime de belles scènes d’action. Par contre, est-ce le cahier des charges ou est-ce le puritanisme américain, mais dans les rendues des formes généreuses féminines vous ne verrez jamais poindre un téton ou une scène osée. Un comble pour une actrice porno ! Le tout est donc très sage et le dessinateur met une grande énergie à rechercher des cadrages chastes pour échapper au regard (forcément pervers) du lecteur Cela fini par fausser son travail. C’est, pour nous Européens, une source d’interrogations sans limite. A pleurer ou à rire….

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Difficile aussi de ne pas passer à côté du nom du scénariste, Xavier Dorison. Il est inutile de faire sa biographie ! Ici, il a découpé le scénario en deux parties, le combat final contre le Charpentier dans la première et la recherche d’une respectabilité à travers son nouveau job diurne pour Vera, dans la deuxième. Le boulot de Vera, ses gaffes à répétition rentrent en contradiction complète avec l’American way of life. Cela permet à X Dorison d’en tirer des effets comiques. Malheureusement, cela ne fonctionne pas bien. Passée la surprise, le lecteur se lasse vite de ce petit jeu. Par ailleurs, la recherche de sexe à tout prix de la « super héroïne » devient franchement lassante. Les limites de la nymphomanie sont atteintes et n’apportent pas grand-chose à l’histoire….

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Voici donc un album qui se démarque plus par son dessin que par son scénario. Les dessins de Dodson et la mise en couleur de madame Dodson donnent satisfaction. Mais ce plaisir est gâché par un scénario répétitif sans vraiment de consistance. Cela est peu concluant. Cette « fusion » franco-belge / comics est une bonne idée mais doit être revue en profondeur pour jouir d’une bonne cote.

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Scénario a04-3e788e4.gif
Dessin a06-3e788fc.gif
Total a05-3e788c9.gif

Tigrevolant