17.04.2012

Z comme Don Diego, tome 1, Coup de foudre à l'hacienda

2205069419.jpg2205069419_1329491724 copier.jpgUn cavalieeeer qui surgit hors de la nuiiiit (air connu). Tout le monde connaît le héros masqué Zorro ainsi que sa véritable identité Don Diego de la Vega. Z comme comme Don Diego rassemble ses aventures et ses déboires. Don Diego lutte au quotidien pour maintenir l’ordre ainsi que son identité secrète tout en tentant de séduire la belle Sexoualidad.  


 Don Diego affiche un sérieux problème de double personnalité qui donne lieu à de véritables situations burlesques.


 
9782205069419-pjhgtfage3-I400x523 copier.jpgZ comme Don Diego
est une version de Zorro à la sauce vitriol et gag hilarant. On passe du célèbre héros au pitoyable anti héros pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques. Dès les premières pages de l’album, on pense furieusement à la collection poisson-pilote de Dargaud et plus précisément à la série Le retour à la terre de Larcenet et Ferri (thème mis à part) ; le format est identique et on retrouve également des gags en deux strips qui pratiquent avec frénésie l’humour de répétition. Le dessin de Fabrice Erre est à première vue très simple, souple et dégagé du superflu, mais il s’impose progressivement comme une évidence. Les tronches et leurs expressions sont de véritables tremplins pour les gags et les dialogues brillants de Fabcaro.

 

9782205069419-page4-I400x523 copier.jpg

Z comme Don Diego était dans un premier temps présent sur la plate-forme My Major Company BD mais n’a pas rencontré ses internautes et n’a pas atteint les 10.000 euros minimum pour être édité. Comment retrouve-t-on l’album chez nos libraires aujourd’hui ? MMC BD propose un financement participatif, et pas exclusif, de bande dessinée. Chaque album présent est déjà assuré d’être édité, libre aux internautes de participer à l’aventure ou non. Pour Z comme Don Diego, on se demande ce qui a pu se passer. Vu le style de l’album, on a peine à croire qu’il ne puisse trouver son public, d’autant que Dargaud annonce actuellement deux albums de cette saga par an.

 

Le + : Une nouvelle série qui démarre sur des chapeaux de roue. Un véritable univers hilarant et bien réapproprié par ses auteurs. Une réussite comme on en voudrait plus souvent.

 

Le - : Cet album est édité comme une œuvre My Major Company BD Dargaud alors qu’il n’en est rien. Il trouverait probablement mieux sa place dans la collection poisson-pilote.

 

 

Infos en vrac

 Série

Parution : avril 2012

Prix : 10,60 euros

Dessin : Fabrice Erre

Scénario : Fabcaro

Couleur : Sandrine Greff

Editions : Dargaud


9782205069419-page3-I400x523 copier.jpg

 



W comme William


Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (7) | Tags : z comme don diego, zorro, humour, fabcaro, erre, dargaud | | |

04.04.2012

Pour un peu de bonheur, tome 1, Félix

yvpxX_POUR_UN_PEU_DE_BONHEUR_T1.jpgPlancheS_32310.jpg1919, Félix revient dans son village natal après être parti six années pour la guerre. Il garde les marques d’un obus sur une moitié du visage qu’il prend soin de dissimuler. Un retour difficile dans son foyer s’annonce. En parallèle, un mystérieux tireur abat des bêtes de paysans locaux.

 

Pour un peu de bonheur bénéficie du soutien du Service de santé des armées du Ministère de la défense. Et pour cause, cette œuvre traite du sujet délicat des gueules cassées (les blessés de guerre au visage). Cette première édition contient, en supplément, un cahier de 8 pages qui vous en dira plus sur ce sujet en évitant soigneusement les photos et images chocs.

 

Le regard des autres, la réinsertion sociale, le village, la famille, l’infidélité…le retour de Félix n’est pas un long fleuve tranquille.

 

 

Laurent Galandon, le scénariste, ne se contente pas de parler de la réinsertion de Félix dans sa famille et son village, il vient greffer sur cette trame une intrigue policière. Le point faible de Pour un peu de bonheur se situe à ce niveau, le scénario hésite entre policier et tableau social sur les vétérans de guerre. Les deux parties sont réussies mais refusent de fusionner pour créer une seule histoire fluide. Au final, l’album prend la forme d’une mise en place trop longue, on arrive à la dernière page et il reste un goût de trop peu.  

 

Le dessin de A.Dan nage un peu au milieu de ces deux histoires qui ont de la peine à cohabiter. Il semble ne s’orienter vers aucun des deux genres et donc il ne peut jamais vraiment décoller. Le trait est souple et régulier mais ne parvient pas à prendre aux tripes.

Case 2.jpg

 

Le + : Une œuvre qui traite d’un sujet peu connu avec justesse et évite soigneusement et intelligemment de choquer.

 

Le - : Cet album prend la forme d’une trop longue mise en place. Comme il s’agit d’un dytique, il ne reste qu’un album pour conclure. On voit mal comment réussir ce tour de passe-passe.

 

Case 1.jpg

Infos en vrac

Tome 1/2

56 pages

Prix : 13,90 euros

Parution : mars 2012

Dessin et couleur : A. Dan

Scénario : Laurent Galandon

Editions : GRAND ANGLE


William

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (0) | Tags : a.dan, galandon, pour un peu de bonheur, guerre, grand angle, bamboo | | |

31.03.2012

L'EXPEDITION, tome 1, Le lion de Nubie

Mazarano, Frusin, L'expédition, Dargaud, Mazarano, Frusin, L'expédition, Dargaud, Egypte, douze ans après sa conquête par l’empire romain, une barque à la dérive est découverte. Elle contient le cadavre d’un homme qui éveille beaucoup de curiosité.


Il porte des tatouages mystérieux, et transporte avec lui beaucoup de richesses. L’homme semble appartenir à un peuple encore inconnu. D’où vient-il et d’où viennent toutes ces richesses ? Voilà les questions auxquelles tente de répondre Marcus Livius en montant une expédition.

 

 

Mazarano, Frusin, L'expédition, Dargaud,



L’expédition
est, en quelque sorte, le juste milieu entre Murena (Dufaux et Delaby), pour le coté politique et géopolitique romain,  et 300 (Frank Miller), pour l’action. On peut même parler de référence à la BD et au film 300. En effet, l’impression de couleur saturée et le clair/obscur un peu forcé sont deux éléments marquants du visuel de 300, le film, comme dans ce premier tome de L’expédition. La couverture est très explicite à ce sujet, la tache de sang dans le titre est un détail qui ne trompe pas. Ne boudons pas notre plaisir, cette œuvre est un vrai bonheur visuel même s’il n’est pas innovant. Le trait appuyé de Marcelo Frusin ravira un large public. Les expressions, les visages sont durs, sombres. Nous avons droit à un dessin viscéral et un découpage très réussi.

 

mazarano,frusin,l'expédition,dargaudRichard Mazarano est le génial scénariste de Le complexe du chimpanzé chez Dargaud. Un triptyque qui voyait revenir sur terre Neil Armstrong et Buzz Aldrin dans leur capsule spatiale…en 2035.

 



Un premier tome très alléchant pour une saga qui se destine à comporter 4 volumes. D’un point de vue scénaristique, Richard Marazano excelle dans la mise en place de cette expédition. Il parvient à installer un réel climat de mystère sur ce voyage vers l’inconnu, vers d’autres croyances et cultures. Les dialogues sonnent juste sans vraiment atteindre la qualité que l’on trouvait dans Murena mais sont très nettement supérieur à ceux, écrit à la truelle, de Les aigles de Rome (Marini).

 


Le + : Une belle mise en place, une tension et un mystère palpables, un dessin et des couleurs réussis, ce premier tome de L’expédition est une pure réussite.

 

Le - : Rien d’innovant au programme. Ça va être difficile de sortir du lot.

 

Infos en vrac

 

Série, tome 1/4

Prix : 13,99 euros

56 pages

Parution : février 2012

Dessin : Marcelo Frusin

Scénario : Richard Marazano

Editions : DARGAUD


William

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (5) | Tags : mazarano, frusin, l'expédition, dargaud | | |

23.03.2012

Interview Thierry Lamy et Frédéric Vervisch.

Nous avions rendez-vous à Bruxelles, au centre belge de la bande dessinée, plus exactement dans la brasserie-restaurant Horta. Un cadre fantastique pour deux auteurs et un album qui le sont tout autant. Thierry Lamy est le scénariste et Frédéric Vervisch le dessinateur de Hell West, tome 1, frontier force chez Sandawe. Ils sont également, respectivement, bibliothécaire et story-border. Des types tellement passionnés qu’ils en deviennent passionnants. Une rencontre où il est question, en permanence, de s’éclater et de se faire plaisir. Nous le soupçonnions déjà à la lecture de l’album mais maintenant le doute n’est plus permis.


 

  

Comment est née votre rencontre ? 


 Frédéric Vervisch: On a un ami commun qui est Christophe Cazenove. On a commencé à échanger des mails. Il m’a proposé son projet que j’ai trouvé riche, c’était tout un univers créé à partir des codes du western mais ça partait dans le fantastique et dans l’ésotérique, il y avait de tout. Moi, je me suis dit : «  Allez, on y va, on s’éclate, on fait un truc. ». Je sortais d’une série jeunesse en couleur, alors que j’aime bien les côtés sombres. On aime tous les deux le noir et blanc, les trucs sombres, le fantastique.


Thierry Lamy: On aime tous les deux la série B, les trucs de divertissements, Indiana Jones, … on avait envie de faire quelque chose qui ne se prend pas la tête et qui rend hommage au western, à l’aventure, à l’humour.

 

 

 

Vous aviez tous les deux des envies de western.


 Thierry Lamy: Oui, voilà.


Frédéric Vervisch: On a voulu faire du Sergio Leone, en BD, à la française, tout en ne faisant pas la même chose. On aurait pu le faire. À une époque, un type a fait du western spaghetti en BD et c’était vachement bien. C’était Adios Palomita. Mais là on est parti dans autre chose, il n’y a pas le soleil écrasant, il y a de la neige, des créatures, des super meufs danseuses de saloon. J’avais dit : « Surtout, il faudra des nanas dans le saloon. » (rires).

 

 

vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interview

Thierry Lamy et Frédéric Vervisch au centre belge de la bande dessinée

 

Quels sont vos références BD et cinéma ?


Frédéric Vervisch: En BD, j’ai comme références Frank Miller, Hugo Pratt, Comès,…


Thierry Lamy: On aime aussi tout ce qui est bons dialogues, je suis un amoureux du dialogue. J’aime Audiard. Les dialogues d’Hugo Pratt sont super soignés, Frank Miller c’est pareil. Nos références sont les westerns spaghettis, tous les westerns en général, Little big man, les westerns des années 50 et 60, les westerns mythologiques,…


Frédéric Vervisch: L’homme aux colts d’or, j’adore celui-là. (à Thierry) Tu connais L’homme aux colts d’or avec Henry Fonda ?


Thierry Lamy: Oui bien sûr. Mais je l’ai vu il y a longtemps. (Il reprend) La mythologie du western…


Frédéric Vervisch: Et Dead man ?


Thierry Lamy: (sursaut) Ah ouiii, Dead man! C’est géant ! Et c’est aussi du noir et blanc mais quelque chose qui se déroule lentement. C’est du western sans être du western. Un peu comme l’héroïc fantasy est du moyen âge sans être du moyen âge. Hell West est un western fantasy en fait.

 

 

 

Dans votre album vous utilisez une sorte de réalité bis comme dans Watchmen, c’est aussi une référence ?


Thierry Lamy: C’est exactement ça, je suis très fan d’Alan Moore. Et cette façon de raconter en suivant des personnages, on les mélange, on suit leurs destins, ils se croisent. On ne raconte rien de neuf mais on est très inspirés par nos sources.

 

 

 

Une question pour Thierry Lamy, comment se passe le travail de documentation sur une histoire comme celle-ci qui reprend des personnages historiques ?


Thierry Lamy: Je travaille dans une bibliothèque et je suis historien de formation. J’adore l’histoire et je ne conçois pas un  scénario sans me documenter vraiment à fond sur la période choisie. Même si l’univers est complètement fantaisiste, je me suis beaucoup documenté et il y a des personnages qui sont vrais, même ceux qu’on ne soupçonne pas. Wanekia, par exemple, a réellement existé. Je transforme, je transpose mais je ne raconte pas n’importe quoi.

 

 

vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interview

 

Comment composez-vous entre le style de l’album et la justesse historique ?


Thierry Lamy: En général, il y a une seule chose qui va primer ; c’est la dramaturgie. Donc on peut tordre le coup à l’histoire. Pour sortir un peu de Hell West, je suis sur un projet  avec des chemineaux en 1940, ça s’appuie sur une chronologie très précise mais il y des trous. Et, à un moment donné, la dramaturgie s’empare de ces trous, je comble. C’est la dramaturgie qui prime. Pour Hell West, c’est beaucoup plus facile parce que c’est imaginaire. L’histoire a une base historique  mais on part dans notre délire et c’est ce qui compte.

 

 

 

Ces personnages historiques sont en fait des « guest stars » ?


Thierry Lamy: Oui mais pas des « guest stars » pour des « guest stars ». Ce sont des « guest stars » qui nous ont touché, Custer c’est le Custer de Little big man. Wild Bill Hickock, Buffalo Bill, …


Frédéric Vervisch: Beaucoup de scénaristes font ça mais c’est pour donner un truc genre clin d’œil. Avec Thierry, chaque personnage historique joue vraiment un rôle. Il a permis de conserver ce qu’on sait de chacun.

 

 

 

Ce sont de vrais personnages, pas des figurants.


Frédéric Vervisch: Ce sont de vrais personnages avec un rôle réel à jouer, d’ailleurs Custer a un rôle déterminant dans l’histoire.  


Thierry Lamy: Et certains s’invitent en cours de route.


Frédéric Vervisch: Et il y en a d’autres qui vont arriver et qui sont géniaux. Le but, c’est de s’éclater. Je prends mon pied quand je vois un Tarantino ou quand je lis un Frank Miller, je veux retraduire ça.


Thierry Lamy: On veut que les émotions soient les mêmes.


Frédéric Vervisch: On est des gamins qui jouent aux cow-boys sur un tas de terres « Pan, t’es mort ! », « Non, c’est toi ! », « eurghh !!! » (rires). Mais c’est vrai qu’on a passé les quarante balais, donc on a structuré nos histoires de gamins. On joue au Playmobiles. Régression !

 

 

 

Maintenant une question pour Frédéric Vervisch, votre dessin noir et blanc donne un sentiment de travail sur papier, à l’encre… et pourtant vous travaillez sur palette graphique, comment êtes-vous arrivé à cette technique ?


Frédéric Vervisch: Au début, je faisais des dessins traditionnels, à l’encre. J’avais une technique très traditionnelle mais, quand je scannais mes planches pour les envoyer par mails à l’éditeur,  j’ai commencé à faire des petites retouches à la palette graphique. Et puis, au bout d’un moment : « Tiens, ce personnage-là, il faudrait qu’il soit plus en colère que rigolo ». Comme je n’ai pas le temps de rescanner, je redessine sur palette. Petit à petit, j’ai fait beaucoup d’illustrations sur palette et, au bout d’un moment, je suis parti sans papier. Je me dis : « J’y vais ! ». Je trace mon format et... ça c’est plus pour les dessinateurs… je fais beaucoup de sélections au lasso (photoshop), je fais des silhouettes. Quand on a une silhouette en noir, après on y va à la gomme, c’est un dessin fait à l’envers. Je pars aussi de la technique de la carte à gratter, tu as une carte noire, tu grattes et ça donne un trait blanc.

 

 

 

Vous travaillez la lumière plutôt que l’ombre.


Frédéric Vervisch: Oui, voilà. Tu peux faire l’essai, si tu prends un fond noir et que tu fais juste une accroche de lumière d’un visage de profil, tout de suite c’est magique. Alors que si tu fais l’inverse, sur un fond blanc tu fais une silhouette de profil en noir, …ben si t’es pas Giraud, ça marche pas tout de suite. Giraud quant il faisait un Blueberry de profil … j’adorais ces profils. Moi, je vais plutôt chercher un peu de lumière dans le noir.

 

 

 

Dans cet album vous utilisez un style plus personnel ?


Frédéric Vervisch: J’ai pu m’exprimer avec un scénariste avec qui ça se passait vraiment bien. On avait envie de défendre le même univers, donc j’ai été libre. Il m’a dit « Vas-y, éclate toi. ». J’ai fait une série qui s’appelle Chinn  et j’avais un scénariste qui était aussi dessinateur et il me disait : « Là, sois plus réaliste. ». Et il m’orientait vers ce qu’il aurait aimé dessiner. Quand le scénariste essaie de prendre ta main en disant : « Moi, je veux que tu dessines ça comme ça. », tu le fais mais tu n’as pas d’espace pour te lâcher. Alors qu’ici, Thierry,  il n’essaie pas d’être mon cerveau, il me dit : « Je te propose ça, qu’est-ce que tu me réponds ? ».


Thierry Lamy: C’est comme ça aussi que je conçois le scénario. Si je veux imposer un visuel au dessinateur, autant que je fasse le dessinateur. Quand j’étais petit, je voulais faire dessinateur mais les copains m’ont vite dit « Tu dessines bien mais il faut que tu tiennes tout un album. Par contre, fais du scénario ! ». J’ai suivi leur conseil et maintenant je m’éclate plus en scénario. Et quand je vois que, sur quelques indications, on donne vie à tes personnages, à une scène que tu n’imaginais pas du tout comme ça  et que tu as une excellente surprise, je préfère ça. Ça ne m’intéresse pas d’avoir un robot, je veux quelqu’un qui me donne des surprises. Je veux retrouver cette émotion de quand je lisais des BD, je regarde le dessin et « Waouw ! ». Ici, c’est la même chose sauf que c’est moi qui écris l’histoire. Et puis après, on se répond l’un l’autre, c’est un jeu.


Frédéric Vervisch: C’est très dur de trouver un binôme qui fonctionne bien. Parfois, il y a une attente qui n’est pas la bonne. Et parfois, c’est l’éditeur qui peut ne pas comprendre et t’emmener dans un terrain qui n’est pas le tien. J’ai proposé à Bamboo un western chinois, un truc sur des moines shaolin, un peu sombre. Ils me répondent : « Ouais c’est bien mais on a un autre truc à te proposer. Gullia. C’est un truc pour les gamins ». Souvent, l’éditeur s’en fout un peu de ce qu’on a envie de faire et te projette dans autre chose. Souvent, je dis « ok » mais ici on nous a demandé : « Qu’est ce que vous avez dans le bide les gars ? ». Alors on s’est exprimé.


Thierry Lamy: On y allait à fond.


Frédéric Vervisch: Il n’y avait personne pour nous arrêter.


Thierry Lamy: Quand on discutait au téléphone, on était même dépassé par ça. Les dialogues, les scènes qui venaient toutes seules, je les envoyais à Fred. Il trouvait ça génial, il m’envoyait un story-board avec une mise en scène hors paire et ça ne s’arrêtait plus. C’était magique.

 

 

vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interview

 

Sadawe propose une expérience unique grâce au financement de l’album par des internautes (édinautes), comment se passe votre travail en parallèle de l’évolution de ce financement ? On imagine que vous ne démarrez pas le travail dès les premiers pourcents de financement ?


Thierry Lamy: Non, il faut être clair. On ne prendra pas le risque de travailler pour rien. C’est un vrai travail qui prend du temps.

 

 

 

Il existe un stress à suivre l’évolution du financement ?


Frédéric Vervisch: C’est vrai que, comme parfois il y en a qui retirent …

 

 

 

On peut retirer son financement ?


Frédéric Vervisch: Oui, on arrivait à 25.000…, 25.340…, 25.380 … et, d’un coup, t’es à …22.000 parce que t’en à un qui s’est barré. Et ça, ça fout les boules (rires).

 

 

 

Avez-vous des contacts avec vos édinautes ?


Thierry Lamy: Oui, notamment sur facebook. C’est assez étonnant.

 

 

 

Sur le site Sandawe on peut voir les montants investis, ça va de 8000 euros à 10 euros. C’est surprenant.


Frédéric Vervisch: On a pris parti de ne pas s’intéresser à ça sinon on commence à faire de plus belles dédicaces au mec qui a mis 500 euros. Il y en a qui ont mis 10 euros mais qui ont fait beaucoup de promo de l’album, qui avaient une vraie passion mais qui n’avaient que 10 euros. Mais il est vrai qu’un mec qui veut investir réellement dans la BD avec 8000 euros, pour nous c’est génial. Ça nous a permis de vraiment boucler le financement. Du coup, ça a boosté le financement et il y a eu une dernière ligne droite. On était tous sur facebook … « 97% !!!»... « 98% !!! »... On était comme des fous.

 

 

 

Qu’en est-il de Hell West 2 et 3 ?


Thierry Lamy: Le synopsis est bouclé mais pas le découpage. Je sais où va le récit. On commencera le travail quand on bouclera le financement.

 

 

 


vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interviewVous avez d’autres projets ensembles ?


Frédéric Vervisch: On aimerait bien faire un polar.


Thierry Lamy: Notre problème, c’est qu’on n’a pas le temps mais l’envie est là. On a envie de travailler avec plein de gens mais ça reste une question de temps. Quand je vois les dessins de Fred, ça m’inspire. Quand il fait une femme fatale avec un flingue et de la fumée, il y a quelque chose qui se met en marche dans ma conscience. J’ai envie de mettre en scène  ce qui lui est arrivé, de savoir qui elle a tué. L’envie est bien là…surtout avec ce zigoto.


Frédéric Vervisch: Je suis surtout content d’avoir trouvé un scénariste avec qui je m’entends. Ça n’a pas toujours été le cas. Je ne suis pas quelqu’un de difficile mais j’attends qu’on me laisse respirer.


Thierry Lamy: Dans ma méthode de travail, j’écris et je fais mes propres dessins mais je ne les montre pas. J’essaie juste de voir s’il y a une solution et si ça va fonctionner, la densité des dialogues, le rythme, etc. Et ça me permet aussi de visualiser. Si c’est une scène de dialogues, je l’écris normalement. Si c’est une scène d’action, jela dessine. A la fin, je repasse à un découpage normal, je lui confie le truc…et il se démerde.

 

 

 

L’avenir de la BD passe t-il par internet, la BD numérique ?


Thierry Lamy: Personnellement, je pense qu’on va y venir automatiquement, je ne sais pas quand. On va vers une dématérialisation des supports.


Frédéric Vervisch: Je pense qu’il y a des pistes encore inexplorées, qu’on va découvrir dans les années qui arrivent des choses qu’on ne soupçonnait pas dansla BD, l’animation, les palettes, les I-pad. Ça va donner des trucs surprenants.


Thierry Lamy: Ça commence déjà d’ailleurs. Les problèmes dela BD numérique sont les mêmes que pour la musique et le cinéma. Quel modèle économique ? Est qu’on va vouloir un modèle gratuit ? Le téléchargement illégal, etc. Comment vont vivre les auteurs ?

 

 

 

On vit une période charnière ?


Thierry Lamy: Voilà, ça nous pend au nez. Sur les droits d’auteurs, on a environ 10% sur un bouquin. On peut dire que ça va. Sur une BD numérique qu’on vend 3 ou 4 euros… que veux-tu faire avec ça ? Il faut trouver un système qui rémunère les auteurs à leur juste valeur. C’est une grande question à se poser. Le problème, ce n’est pas tellement le numérique mais le modèle économique à suivre pour que tout le monde y trouve son compte, lecteur, éditeur et auteur.

 

 

 

Pour finir, une question plus légère. Clint Eastwood ou John Wayne ?


Frédéric Vervisch: Clint Easwood (rire).


Thierry Lamy: Clint Eastwood. Mais j’ai une tendresse pour John Wayne … un peu comme on aurait une tendresse pour un grand-père.


 Frédéric Vervisch: Dans Hell West, on est plus Clint Eastwood.

 

 

 

 

William

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (2) | Tags : vervisch, lamy, hell west, sandawe, western, fantastique, héroic fantasy, interview | | |

Hell West, tome 1, Frontier Force

couverture.jpgboard_243_orig.jpg1875, à l’ouest du Mississippi se trouvent des terres hostiles truffées de créatures fantastiques, d’esprits  et d’indiens shamans appelées le Hell West.

 

A l’est, les White States of America, qui rassemblent les blancs dans une sorte d’Amérique bis, veulent envahir l’ouest. Outburst, qui appartient aux Frontier Forces, en mission pour le Président Jefferson Davis, est chargé de retrouver un objet volé qui alimente les tensions entre les deux camps.


 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la maison d’édition Sandawe tire dans tous les sens/ genres. Hell West sort des sentiers battus.

 

Hell West est un roman graphique qui ne ressemble à rien de connu. L’album se singularise par son scénario qui mélange les genres avec un talent rare. Il faut dire que l’histoire nous a montré que le western se fragilise rapidement dès qu’on le mêle à d’autres styles. Le scénariste, Thierry Lamy, réussit pourtant cette prouesse de l’association du western et du fantastique alors que de grands noms de la BD et du cinéma (le western reste avant tout un genre cinématographique) s’y sont cassé les dents (dernier en date : Cowboys et envahisseurs).  Alors, comment Thierry Lamy fait-il la différence ?   Hell West ne se limite pas à greffer du fantastique sur du western, le scénario fait également preuve d’humour et de second degré très habilement distillés tout au long des 112 pages de ce premier tome. Les dialogues, vifs et rafraîchissants, méritent à eux seuls le détour.

 

Hell West rassemble des personnages secondaires improbables. Buffalo Bill, Custer, Wild Bill Hickock et d’autres sont, en quelque sorte, les guest-stars de cet album.

 

Outre la claque scénaristique, il y a l’impact visuel ; le dessin de Frédéric Vervisch est un véritable électrochoc. Cette œuvre en noir et blanc utilise un clair/obscure tranchant, sans concession. Le trait fait, quant à lui, preuve de flexibilité ; il sait se montrer souple dans les moments plus légers et plus raide dans les instants tendus. Les qualités graphiques de Hell West sont indiscutables. Dessin et scénario sont au service l’un de l’autre dans une parfaite harmonie.

 

Sandawe est un éditeur 100% belge qui fonctionne par investissements participatifs. Les internautes deviennent éditeurs, ce sont des édinautes. Le projet Hell West a été financé à hauteur de 40190 euros (en parts de 10 euros).

 

plan large.jpg


 

Le+ : Un projet fou, une claque scénaristique, un choc visuel… l’album que l’on n’attendait pas forcément. Des surprises comme celle-là, on en veut bien plus souvent.

 

Le- : Un tel album méritait un tirage avec de plus belles finitions et surtout un plus beau papier.


Infos en vrac

Série, tome 1/3

Parution : mars 2012

Prix : 13,50 euros

Dessin : Frédéric Vervisch

Scénario : Thierry Lamy

Editions : Sandawe

 


Marc, l'un des 260 édinautes de Hell West a accepté de répondre à trois questions.


Qu’est ce qui vous a poussé à investir dans le projet Hell West ?

J'étais séduit par le concept mais j'avais loupé le premier projet financé Il Pennelo. J'avais envie de voir de l'intérieur comment cela se passe, quels seront les résultats des ventes et des frais, etc. J'ai investi 20 euros sur ce projet car ce montant permet de recevoir un exemplaire de l'album. Je pense que ce n'est pas cher payé pour soutenir un projet. Compte tenu du prix de vente de l'album en librairie (13,50€), un investissement financier à plus long terme de 6.50€ n'est pas excessif, loin de là, pour participer à cette aventure. Par contre, je ne suis pas aussi sûr que des édinautes qui ont investi beaucoup plus revoient la totalité de leur investissement. Je me réjouis de voir dans 6 mois les premiers comptes financiers. Je me suis rabattu alors sur le projet Hell West qui était un des plus avancés et dont le graphisme me plaisait bien.


Que pensez-vous de l’album, maintenant que vous l’avez lu ?


Je l'ai lu!...J'ai d'abord été surpris par la dimension et le type d'album. Je voyais l'album plus grand et cartonné. Je n'ai pas du lire tous les renseignements techniques sur le livre. Je me rappelle aussi que
Sandawe avait abaissé le prix du projet en revoyant le budget à la baisse. Le produit a peut-être évolué. Il faudrait poser la question sur la genèse, le développement et le financement du projet à Sandawe. Mais après réflexion, je trouve l'album sympa et d'un prix abordable compte tenu du nombre de pages. Au niveau du graphisme, c'est à la hauteur de ce qui avait été proposé. Je ne suis pas déçu. Par contre pour le scénario, j'ai eu plus de mal. Le pitch de l'histoire laissait entrevoir quelque chose de déjanté, novateur et sortant de l'ordinaire. A la lecture, j'ai trouvé que cela partait dans tous les sens et à plusieurs niveaux de l'histoire. Par moment, j'ai du sérieusement m'accrocher. Mais je dois bien avouer que ce type de littérature n'est pas spécialement ma tasse de thé. Je m’attendais à une histoire un peu plus soft, moins débridée! Mais j'assume ce choix. Ici, il s'agit de soutenir un projet artistique. Je pense qu'il y a un public, plus jeune que moi, plus ouvert à ce genre de BD. Il faut toujours se souvenir que la présentation d'un projet est toujours réductrice et qu'on ne voit vraiment le résultat définitif qu'à la lecture, lorsque vous avez le livre en main. Un investissement a une part de risque, surtout quand il s'agit d'un projet culturel. Vous comprendrez aussi que la lecture numérique ne m'intéresse pas, je reste un adepte du livre physique.


Y a-t-il d’autres projets Sandawe qui vous attirent ?

A l'heure actuelle, j'ai investi 20 € sur le tome 2 de Maudit mardi de Nicolas Vadot. J'ai beaucoup aimé le tome 1 et c'était beaucoup plus facile pour moi d'investir en ayant lu ce premier tome. Je vais voir de temps en temps sur le site Sandawe pour y jeter un œil. J'espère que Hell West tome 2 sera vite financé car ce serait bête de laisser l'aventure pendante après le 1er tome...C'est probablement mon futur investissement.

 

vervisch,lamy,sandawe,hell west,western,fantastique,héroic fantasy


 


 


William 

 


Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (9) | Tags : vervisch, lamy, sandawe, hell west, western, fantastique, héroic fantasy | | |

13.03.2012

SHRIMP, tome 1, Le grand large

album-cover-large-15704.jpgshrimp-planche.jpg

Albert, la quarantaine, tient un petit resto dans la capitale belge. Sa spécialité, qui fait son succès auprès des clients, c’est la croquette à la crevette.


Il est secrètement amoureux de Mia, une cliente habituée des lieux. Un soir, en nettoyant son restaurant, il met la main sur un mystérieux billet de voyage et trouve par là l’occasion de suivre secrètement Mia à Las Palmas, du moins c’est ce que pense Albert, car l’aventure ne fait que commencer.

 


Un savoureux mélange de crevette, de Belgique, d’humour, de vaisseau spatial, de chinois et de Mao. Une nouvelle version du cocktail de crevettes !

 


Le pitch de Shrimp attire volontiers l’attention des bédéphiles que nous sommes par son originalité. Dargaud joue sur cet aspect et fait bien, car c’est là le point fort de cet album. La trame principale de cette œuvre My Major Company BD est assez surprenante ; on passe sans concession d’un cadre familier à un dépaysement total. Les scénaristes, Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust, ont sûrement fumé de la crevette périmée pour imaginer un tel délire plein de fraicheur et d’originalité. Néanmoins, une fois passée cette trame principale inédite, l’histoire souffre de quelques aspects décousus. Cela ne suffit pas à gâcher un plaisir bien réel à la lecture (trop rapide, 48 pages) de ce qu’on peut appeler une réussite. Maintenant, une petite phrase d’une banalité affligeante s’impose : « Il faut voir la suite ! ».   

 

« - Parce que en fait, moi je devais embarquer pour une petite semaine à la mer et…

 

- Hin hin hin. Le vrai voyage n’a pas de destination. De toute façon, Las Palmas est très surfait. Vous auriez été déçu.

 

-          Hein ? Quoi ? »

 

Extrait de Shrimp 1- Le grand large

 

 

Si le scénario fait preuve d’un certain cachet et d’une singularité indiscutable, le dessin apporte d’avantage d’humour que d’originalité. Le fait est que l’humour qui se dégage de Shrimp vient essentiellement du trait et du découpage du dessinateur Mathieu Burniat. Le dessin est vif, léger, tout en mouvement et souplesse mais ressemble un peu trop au dessin de Manu Larcenet. Toutefois, quand on aime ce dernier, on cède volontiers cette ressemblance.

 

Pour la petite histoire, Shrimp bénéficie du soutien du journal  le soir. En effet, il est publié à raison d’une planche par jour dans le cahier culture  du journal. Et ce fameux coup de pub a démarré avant même que l’album n’ai franchit les 10000 euros, objectif minimum à atteindre sur My Major Company BD pour être publié. Shrimp a fini sa course à 25000 euros, la limite maximum. 

shrimp2.jpg


 

Le + : Shrimp est un beau cocktail d’originalité et de fraicheur. Ca fait du bien par où ça passe !

 

Le - : Une fois la trame principale percée à jour, le reste du scénario est un peu décousu. Les 48 pages font de cet album une expérience trop courte.

 

Infos en vrac

Série belgo-spatio-crevettière romantico-délirante.

Parution: mars 2012

48 pages

Prix : 11,99 euros

Dessin : Mathieu Burniat

Scénario : Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust

Editeur : Dargaud, My Major Company BD

 

 

Monsieur William

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (2) | Tags : shrimp, fantastique, burniat, dargaud, crevette | | |

02.03.2012

WALKING DEAD, tome 15, Deuil & espoir

walking_dead_15_deuil_espoir_couverture.JPGwalking_dead_15_deuil_espoir_planche01.JPGVoici un nouvel épisode pour les morts-vivants les plus célèbres de la bande dessinée.

 

A la fin de Walking dead tome 14, nous quittions la communauté en pleine boucherie improvisée car, pour rappel, une horde de mort-vivants a envahi ce « charmant » petit coin de paradis. Carl, le fils de Rick, a été touché par une balle perdue et se trouve entre la vie et la mort. C'est au bord de la crise de nerf que nous refermions cet album qui était un excellent retour aux fondamentaux du genre.

 

Le tome 15 reprend l’histoire là où nous l’avions laissée. Après l’effusion de sang qui vient de se dérouler dans l’enceinte de la communauté, l’heure est à le réorganisation. On réfléchit, on brûle les cadavres, on attend, on discute, on rediscute, Rick se lamente sur son sort, Carl est entre la vie et la mort, on se dispute encore, …et c’est tout. Bref, le lecteur s’ennuie furieusement dans ce numéro dont les grands absents sont les zombies.

 

Au bout de quinze albums ça devait bien finir par arriver; la série tourne en rond ! Nous voilà servis d’un tome mineur dans une des séries majeures de ces dernières années. Robert Kirkman, scénariste, nous a prouvé à plusieurs reprises, au cours de cette saga, qu’il excelle dans les rebondissements et qu’il sait nous prendre aux tripes (au sens propre comme au figuré). Mais pas cette fois, car rien d’original ne ressort de ce tome en mode automatique. Kirkman se repose sur ses acquis, et du coup c’est Charlie Adlard, dessinateur, qui ne trouve pas d’occasion de laisser exploser son talent comme il l’a fait si souvent dans les précédents épisodes. 

case.jpg


 

 

Le + : Walking dead reste une des séries les plus réussies du moment.

 

Le - : Ce tome 15 manque sérieusement d’envergure, quelle déception !

 

 

Infos en vrac

Série

Tome 15

140 pages

Prix : 13,95 euros

Parution : février 2012

Dessin : Charlie Adlard

Scénario : Robert Kirkman

Editions : Delcourt


Monsieur William


Cette critique se trouve également sur My Boox



Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (4) | Tags : walking dead, adlard, kirkman, fantastique, hoerreur, delcourt, comics, 122012 | | |

29.02.2012

L'ENFANT CACHÉE

album-cover-large-15330.jpglenfant_cachee_image.jpg

L’enfant cachée traite du sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale et est soutenu par l’AJPN (l’association des anonymes, justes et persécutés, durant la période nazie dans les communes de France).

 

Une grand-mère, Dounia, raconte son enfance de petite fille juive durant la seconde guerre mondiale à sa petite-fille. Ce parcours passe par le port de l’étoile juive, le comportement de l’entourage de la famille, l’école, la fuite, …  Une histoire terrible pour les yeux encore naïfs de la jeune fille.

 

Voici un album, one-shot, qui s’adresse surtout et avant tout à un public jeune (pré-ado). Si L’enfant cachée brille par le ton employé pour illustrer une période sombre de notre histoire, le propos n’apporte rien de neuf à un sujet déjà très souvent exploité. Tout ce qu’on peut souhaiter de bien au scénariste Loïc Dauvillier, en dehors d’un succès en librairie, c’est que son œuvre hérite d’une vie en tant qu’outil pédagogique dans les écoles françaises.

planche-l-enfant-cachee-1.jpg

 

Cet album ne serait rien sans le dessin, très typé jeunesse, de Marc Lizano. En effet, le trait simple et tout en rondeur donne une dimension rassurante à cette histoire qui doit raconter, et non effrayer. Le découpage est plutôt bien vu à l’exception des quelques pleines pages un peu excessives (mais sans fausse note). Le plus, apporté au dessin, est le travail de couleurs de Greg Salsado qui réussit à accentuer le sentiment d’époque « seconde guerre mondiale ».

 

Le + : L’enfant cachée est une œuvre qui marque surtout pour son style …

 

Le - : …plutôt que pour son contenu. 

 

 

Infos en vrac

One-shot

80 pages

Prix : 16,45 euros

Parution : janvier 2012

Dessin : Marc Lizano

Scénario : Loïc Dauvillier

Couleurs : Greg Salsado

Editions : Le Lombard


Monsieur William


Cette  critique se trouve également sur My Boox

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (0) | Tags : l'enfant caché, lizano, dauvillier, le lombard, roman graphique | | |

20.02.2012

LE ROI DU RING, tome 1, Graine de champion

9782205067378-couv-I400x523.jpgle roi du ring planche.jpgAprès La fille de l’eau, voici un autre album My Major Company BD Dargaud qui mérite amplement notre attention.

 

 Nous sommes à Dallas, Tobias a dix ans lorsque son grand-père l’emmène en cachette voir un match de catch. Une révélation pour ce jeune garçon qui décide de devenir champion du monde de catch. Le roi du ring est l’histoire d’un rêve d’enfant que l’on n’abandonne pas malgré les embuches.

 

 Un personnage attachant, voilà le point fort de cet album qui mise avant tout sur les relations humaines plutôt que sur le catch. Tobias dégage rapidement un capital sympathie auprès du lecteur. On sent d’emblée qu’il donnera tout ce qu’il a et qu’il ne nous décevra pas. Le scénariste, Gigault, réussit à transmettre une réelle épaisseur à son histoire et heureusement, car la colonne vertébrale de ce genre d’histoire a déjà été exploitée à de (trop) nombreuses reprises. En bref, c’est Rocky ; sur le ring, on a beaucoup à prouver humainement et à exorciser mais l’important, c’est la famille et les amis.  On peut néanmoins regretter, malgré le côté humain, le manque d’exploitation des aspects sombres du scénario, on survole trop les moments les plus difficiles. Laissons venir le deuxième tome de ce diptyque avant de graver cette critique dans le marbre.

 

 18086-nouvel-article-3.jpgLe dessin simple et sans prétention de cet album semble bien servir le côté humain de ce récit. La technique du dessinateur, Rolland, n’est pas des plus répendues. Il travaille l’encre de chine à la plume et complète avec un lavis. Ses planches, toutes en niveaux de gris, sont ensuite colorisées par ordinateur. Le gris devient alors couleur. Il propose un découpage plutôt réussi et préfère garder une distance constante avec ses personnages, ici peu de gros plans ou de plans très larges.  Finalement, dessin et scénario vont dans un même sens, une lecture rapide. Certains trouveront cette lecture trop rapide ou l’album trop court (48 pages) mais personne ne peut nier le charme que dégage cette œuvre.   

 

Le + : Personne ne peut rester insensible au personnage de Tobias, à son parcours et à l’atmosphère qui se dégage de cet album. Les internautes de My Major Company ont eu le nez fin (encore une fois).  

 

Le - : Le scénario n’exploite pas suffisamment la dimension dramatique de cette histoire. Le deuxième tome de ce diptyque répondra peut-être à nos attentes… Patience.

 

 

Infos en vrac

Diptyque

Tome 1/2

48 pages

Prix : 13,99 euros

Parution : janvier 2012

Dessin et couleurs: Rolland

Scénario : Gigault

Editions : Dargaud, My Major Company BD

 

Monsieur William


Cette  critique se trouve également sur My Boox

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (3) | Tags : rolland, gigault, dargaud, le roi du ring, my major company bd, diptyque | | |

04.02.2012

LA FILLE DE L'EAU

couv-fille-de-l-eau.jpglfde-14.jpg

Un matin une jeune adolescente de 16 ans, Judith, travestie en jeune garçon, simule une chute de pédalo dans un lac au pied d’une superbe villa. Elle vient incognito à la rencontre de la famille qui occupe cette bâtisse et dont le père est à ce jour décédé. Judith n’est autre que sa fille illégitime.

 

Voici un album qui est destiné à un public de bédéphiles assez pointu. L’auteur, Sacha Goerg, utilise des codes et un langage qui nous emmène loin de la grande bande dessinée populaire. La construction de ce récit est lente, elle prend le temps de s’emparer du lieu de l’action et des personnages.  Le dessin, en harmonie avec le scénario, propose un trait léger et très épuré. Les planches sont composées très librement, les cases ne sont pas délimitées, ce qui crée une grande aération. Le dessin respire littéralement. La technique de couleurs directes de Goerg, plume et encre de chine directement sur l’aquarelle, démontre un travail spontané qui s’approprie habilement le jeu des couleurs complémentaires (les illustrations de la villa rouge vif sur le flanc d’une falaise entourée de verdure sont magnifiques).

 

Qui est l’auteur ? Sacha Goerg fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones très inspirés et est l’un des piliers fondateurs de la maison d’édition bruxelloise l’employé du moi. Bouture (2003, employé du moi) et Rubiah (2005, employé du moi), ses premiers albums, montrent un auteur en pleine évolution. La fille de l’eau se place dans cette lignée de progression et de maturité. Goerg s’occupe également d’un site qui propose à de jeunes auteurs la mise en ligne de leurs créations : grandpapier.org. Il aime les projets qui suivent des chemins de traverse et le fait que La fille de l’eau soit issu de My Major Company BD en est une nouvelle preuve. Pour rappel, MMC BD est un site qui propose un financement d’albums Dupuis, Dargaud et Le Lombard par des internautes.

lfde-7.jpg


 

Le + : La fille de l’eau est avant tout une réussite visuelle. Traits, couleurs, technique, composition des planches,… l’ensemble forme une bande dessinée unique.

 

Le - : Un album qui utilise des codes et un langage peu accessibles au grand public (ce n’est pas un point négatif pour tout le monde).

 

 

Infos en vrac :

 

One-shoot

184 pages

Parution : janvier 2012

Dessin, scénario et couleurs : Sacha Goerg

Editions : Dargaud, My major Company BD

Prix : 18 euros

 

Site de l’auteur : sachagoerg.com

Site grand papier : grandpapier.org

Site Dargaud : www.dargaud.com

Site MMC BD : www.mymajorcompanybd.com



Monsieur William


Cette critique est également présente sur le site Myboox

 

Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (7) | Tags : sacha goerg, dargaud, la fille de l'eau, l'employé du moi, my major compan | | |