23/06/2017

Les guerriers de Dieu T.2

 

Les guerriers de Dieu, Les Pendus d' Amboise, Richelle, Wachs, Glénat, Histoire, guerre, religions, aventureLes guerriers de Dieu, Les Pendus d' Amboise, Richelle, Wachs, Glénat, Histoire, guerre, religions, aventureLes Pendus d' Amboise

Scénario : Philippe Richelle
Dessin : Pierre Wachs
Éditeur : Glénat
56
pages
Date de sortie : 03/05/2017
Genre : Histoire, guerre, religions, aventure

 

 

Présentation de l'éditeur

Une passionnante série historique sur les guerres de religion

Juin 1558. Alors que la guerre contre l’Espagne s’éternise et que ses finances s’épuisent, le roi Henri II souhaite négocier la paix. Mais le duc de Guise, commandant des armées françaises, se méfie du connétable de Montmorency, chargé d’assurer les pourparlers. Il lui reproche sa trop grande sympathie pour le royaume d’Espagne. Ces rivalités entre seigneurs prennent une plus grande ampleur encore lorsque le roi, touché lors d’un tournoi, succombe à ses blessures. À seize ans à peine, son fils, François II, lui succède sur le trône. Et en coulisses, les grandes manœuvres commencent...

Deuxième tome de cette passionnantes série historique qui nous plonge au cœur des guerres de religion en France. Un contexte complexe, turbulent et obscur formidablement mis en lumière par le talent d’écriture de Philippe Richelle et le trait d’un Pierre Wachs au sommet de son art.

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Mon avis

 

La guerre continue a faire rage entre la France et l'Espagne. Tant et si bien que les banques et les citoyens ne suivent plus. Trop de taxes, trop d'argents et d'intérêts en jeu. Il faut la paix. Oui, mais seulement avec l'Espagne. Car « les guerriers de Dieu » comptent bien poursuivre la bataille entre catholiques et protestants. Tant et si bien que la religion réformée touche maintenant la noblesse. Et si la noblesse qui se partage le pouvoir sur le peuple avec l'Église, se met à croire autrement : ça ne va plus !

 

De guerres de religions en procès de mascarade en passant par des complots à n'en plus finir, ce deuxième volume monte crescendo en violence et sournoiserie. Les rois se succèdent et les alliances se font et se défont. Quant aux pendus – d'où le titre « les Pendus d' Amboise » – ils se multiplient sous les yeux des citoyens. Sous les yeux de notre jeune héros Arnaud de Boissac qui oscille entre sa vie de couple et son attachement à une famille catholique pour qui il œuvre sans réaliser tout ce qui se passe à l’insu de tous. Trop honnête pour voir le vice en chacun, même ceux qu'il sert à la bataille.

 

Encore une fois, le dessin n'est pas toujours ce qu'il y a de plus beau. Par moment, je le trouve même figé – notamment dans les batailles qui se veulent sanguinaires – et les visages pas toujours... comment dire... homogènes. J'ai parfois du mal à reconnaître tel ou tel personnage si ce n'est par leurs vêtements, parce que leurs traits ne se ressemblent pas toujours.

 

Mais les décors : rien à redire. Même si quelques-uns se limitent à de simple croquis colorés, cela reste suffisamment détaillés et fournis pour se mettre dans l'ambiance. Une atmosphère de haine et de pouvoir, de cruauté et de malveillance à laquelle se confronte le pacifisme de Denis Favre, exilé dans le tome 1 qui revient en France pour dispenser sa nouvelle croyance en secret.

Les guerriers de Dieu, Les Pendus d' Amboise, Richelle, Wachs, Glénat, Histoire, guerre, religions, aventure

Et enfin les textes, autant les dialogues sont appropriés à l'époque, à l'ambiance qui règne dans les différents couloirs des châteaux, autant les descriptions se bornent à un indicatif présent qui ne sied pas à la narration d'un tel récit. Du moins est-ce mon avis. Lire tout au présent m'a un peu titillé les neurones.

 

Mais ne fais-je pas pareil en vous écrivant mon avis ?

 

ShayHlyn.

 

Affaire à suivre...

 

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Les guerriers de Dieu, Les Pendus d' Amboise, Richelle, Wachs, Glénat, Histoire, guerre, religions, aventure

 

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21/06/2017

Heidi au printemps (récit complet)

heidiAuPrintemps.jpgheidiAuPrintemps-1.jpgScénario : Marie Spénale
Dessin : Marie Spénale
Éditeur : Éditions Delcourt
128
pages
Date de sortie : 03/05/2017
Genre : introspection, tranche de vie, sexualité

 

 

Présentation de l'éditeur

En reprenant le personnage d’Heidi, devenue jeune femme, Marie Spénale raconte la découverte du corps, les premières relations sexuelles et l’émancipation dans un conte initiatique et explicite sur le passage à l’âge adulte.

Le temps innocent des balades bucoliques dans les Alpes se termine. Heidi est désormais une jeune femme avide de découvertes. De son corps, pour commencer, mais aussi de celui de Peter, le joli chevrier. Entre ces premières fois maladroites et un grand-père qui ne veut pas la voir grandir, entre les désirs et les angoisses, se dessine finalement une grande question : comment devient-on femme ?

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Mon avis

 

Après un rapide résumé de l'histoire originale écrite par Johanna Spyri, nous plongeons dans le rythme saisonnier qui va faire d' Heidi une jeune femme. Ce n'est plus la petite fille du roman célèbre adapté maintes fois en dessins animés, films et séries télévisées. Oh là non ! Ici, place aux premières histoires d'adolescente. Son amie Clara (souvenez-vous, la jeune fille avec qui elle a vécu comme demoiselle de compagnie durant la convalescence de cette dernière) découvre les joies du badinage et des jeux de séduction avec de charmants jeunes hommes rencontrés lors de quelques bals.

 

Quant à Heidi, émoustillée par ces mésaventures sans vraiment comprendre l'intérêt de tout cela, va enfin voir son ami Peter différemment... très, très différemment. Mais ce n'est pas tout !

 

Alors que la jeunesse quitte son âme pour devenir une femme, elle découvre aussi qu'en grandissant, la montagne, ses biquettes et les marguerites : ça ne l'amuse plus autant. Le travail – se lever tôt pour aller sur le marché et vendre son fromage – n'est pas ce qu'il y a de plus palpitant et comme toute femme qui se respecte : son côté râleur, chieuse et j'en passe (y aurait de quoi dire... parole de femme!) s'éveille pour le plus grand désarroi de son grand père.

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Mais il faut bien que jeunesse se passe, et dans les verts pâturages : ça se passe plutôt bien... en tout cas pour Peter. Mais Heidi rêve de plus... mais ça, c'est à vous de le découvrir en lisant ce récit complet, librement inspiré du roman « Heidi » et de l'expérience de femme qu'elle aurait pu avoir. Ma foi, pas déplaisant à lire, mais un peu simple dans le dessin. Simple et pourtant, quelques détails – ne fût-ce que ce positionnement des doigts en couverture... allez, faites un effort et laissez votre esprit tordu parler pour vous – sont implicitement bien rendus. L'imagination de l'héroïne dépeinte est remplie de métaphores et au final, même si je ne suis pas fan du graphisme : Heidi au printemps reste sympathique à lire.

 

 

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Je ne le mettrais peut-être pas dans les mains d'une pré-ado, mais une ado de 15 ou 16 ans, qui découvre son corps et la vie sous toutes ses coutures, ça peut être intéressant.

 

ShayHlyn.

 

PS : en tout cas, je ne verrais plus la Bible et les apôtres de la même façon... ça vous intrigue hein ?! Alors lisez « Heidi au printemps » !

16/06/2017

L'esprit du camp T1/2

 

L'esprit du camp, Falardeau, Cab, Loounak, jeunesse, aventure, tranche de vieL'esprit du camp, Falardeau, Cab, Loounak, jeunesse, aventure, tranche de vieScénario : Michel Falardeau
Dessin : CAB
Éditeur : Éditions Lounak
104
pages
Date de sortie : 12/05/2017
Genre : jeunesse, aventure, tranche de vie

 

 

Présentation de l'éditeur :

Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.

L'esprit du camp, Falardeau, Cab, Loounak, jeunesse, aventure, tranche de vie

Mon avis :

Imaginez une ado un peu rebelle, qui se tient le plus loin possible des « stars » du lycée et qui, par la force des choses – les ordres de sa mère – va devoir être animatrice d'un camp de vacance avec tous ces autres jeunes qu'elle évite soigneusement ?! C'est le sort d' Élodie qui va découvrir une colonie de vacances pas comme les autres, où l'hymne du camp est une chanson hard rock traduite en français, où le directeur est on ne peut plus bizarre – voire suspect et où la miss perfection de l'école n'est pas si « parfaite » que ça...

Indéniablement pour ados, j'ai aimé ce premier album sur 2 où on suit cette adolescente rebelle, fan de death metal, marginale et pourtant super sympa qui découvre une autre facette des gens qu'elle côtoie chaque jour à l'école. Certains sont égaux à eux-même, d'autres apportent leurs lots de surprises, comme Catherine, la blonde qui partage la couverture de cet album avec Élodie. Deux styles bien différents qui vont pourtant se rejoindre et se lier d'amitié.

L'esprit du camp, Falardeau, Cab, Loounak, jeunesse, aventure, tranche de vie

Le dessin est moderne et vivant. Honnêtement, je me suis surprise à aimer, bien que les nez des gens soient particulier. Comme si le dessinateur avait du mal avec les narines. Et pourtant, chaque appendice nasal a sa particularité, de sorte que le directeur du camp du lac à l'Ours n'a pas le même nez que la parfaite Catherine, ni de la ténébreuse Élodie. Pour le reste, tout est en accord parfait et chaque portrait en début de chapitre est juste un régal.

Quant au scénario, franchement : ça donne envie de retomber en enfance pour participer à cette colo' hors norme et super fun. Surtout avec cette petite bande de rouquines sous la responsabilité de notre héroïne qui sont juste « impayables ». Du petit garçon manqué, à la demoiselle timide, en passant par celle qui ne peut s'empêcher de mettre tout et n'importe quoi dans sa bouche ou encore celle qui est tellement fière d'en savoir un rayon sur la sexualité qu'elle ne peut s'empêcher d'en parler, comme, en page 22: « faire l'amour, c'est quand le pénis dur du papa entre dan le vagin mouillé de la maman... le vagin c'est dans la vulve ! ». À peine 10 ans la gamine, héhéhé, ça promet vous ne trouvez pas ?!

Le tout agrémenté de jargon québécois (avec lexique à chaque début de chapitre s'il vous plait) et voilà un album bien sympa à lire. On replonge dans l'adolescence, avec ses hauts, ses bas, son lot d'aventures et de découvertes sur soi mais également sur les autres. Franchement (j'ai l'impression de sortir ce mot à chaque paragraphe, non?!) j'ai bien aimé et je le conseille à chaque ado amateur de BD et prêt à voir les colonies de vacances autrement.

 

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L'esprit du camp, Falardeau, Cab, Loounak, jeunesse, aventure, tranche de vie

 

Alors pognez la twist avec tous ces mots québécois, bin installé dans votre sofa et ne capotez pas en voyant l'imagination débordante d' Élodie à propos du directeur. Elle a peut-être ses menstru...

ShayHlyn.

08/06/2017

Innocent Rouge T.1

 

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameScénario : Shin'Ichi Sakamoto
Dessin :  Shin'Ichi Sakamoto
Éditeur : Delcourt
208
pages
Date de sortie : 26/04/2017
Genre : Seinen, Histoire, drame

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Dans Innocent Rouge, place à la révolution française vue à travers les yeux de Charles-Henri Sanson.

À l’aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes œuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France. Sa jeune sœur Marie-Josèphe, en charge de l’office de Versailles, devient incontrôlable à la mort d’Alain, son premier amour. Elle se jure de le venger en éliminant son assassin et ne recule devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie.

 

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, Drame

Mon avis :

Ça y est, je suis morte, j'ai succombé à la guillotine en première page d' « Innocent Rouge » et je suis au Paradis ! Parce que ce manga, CE MANGA : c'est la classe ultime ! Vous vouliez connaître un ouvrage qui me traverse de part en part, qui ébranle mes sens, me donne la chair de poule et l'inlassable envie de lire la suite. Voilà. C'est ça. C'est INNOCENT !


Innocent rouge est le second volet d'une saga qui traite d'un pan de l'histoire de France. Plus précisément, nous découvrons la vie de celui qui va, le 21 janvier 1793, décapiter Louis XVI, dernier roi de France. Dans « Innocent », Charles Henri Sanson, alors jeune adolescent, se refuse à suivre les traces de son père – bourreau de Paris. Cette fonction de grande importance est également sujet à superstition. Pour le petit peuple, être bourreau, être de la famille Sanson qui exécute les hautes œuvres de la ville de Paris depuis quatre générations, ça porte malheur. Tant aux détenteurs de ce nom qu'à ceux qui toucheraient l'un des membres de cette famille maudite.

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, Drame

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameInnocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, Drame

Dans « Innocent rouge », la révolution est en marche. Du moins, elle se dessine. Ça se sent. Ça se voit. Petit à petit, des personnages clés de ceux qui feront l'Histoire apparaissent. Et parmi eux : Marie Josèphe Sanson, sœur de Charles Henri et bourrelle aussi rebelle que son portrait en couverture. Car oui, Messieurs, Dames, c'est une femme en couverture. Fière, farouche, sournoise et machiavélique. Un tempérament qui s'est forgé au fil des années où elle devait lutter pour sa réputation face à son frère toujours plus apprécié et reconnu dans son art. Face à sa situation de femme dans ce monde où les hommes sont les grands seigneurs. Face à l'injustice sous toutes ses formes... comme celle qui mène à la révolution.

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, Drame

Les textes, les dessins, ... tout est juste PARFAIT. L'innocence peut bien prendre toutes les couleurs de l'arc-en-ciel si cela peut me permettre de me délecter toujours un peu plus du talent de Shin'Ichi Sakamoto. Primé à maintes reprises pour ses différentes œuvres, son style n'est plus à définir. Ses personnages sont élancés, beaux, parfois même – souvent – androgynes et très, très expressifs. Il n'y a parfois pas besoin de mot pour comprendre ce qui traverse l'esprit d'un personnage, ni même de plan pour tenter de reconnaître les lieux qu'il dessine. Shin'Ichi, c'est la méticulosité, c'est le détail, c'est l'élégance et la finesse, tout comme il peut être minutieux dans l'horreur, la torture et le sang.

Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, Drame

Vous l'aurez compris, je ne peux être objective avec Innocent, ni avec Innocent rouge qui ne fait pourtant que débuter. Mais comme parlerait mon cher Coq de Combat : « mais qu'est-ce que c'est bon ! » C'en est presque jouissif de lire un tel manga.

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Innocent rouge, Shin'Ichi Sakamoto, Delcourt, Seinen, Histoire, DrameAlors pour ma part, vite vite la suite !

Ça va être long d'attendre le 7 juin...

euh... attendez voir... mais c'est aujourd'hui !

Du coup, je file. Ne fermez pas les magasins, 

J'arrive !!

ShayHlyn.

05/06/2017

La guerre de Catherine

 La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerreLa guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerreScénario : Claire Fauvel et Julia Billet
Dessin : Claire Fauvel
Éditeur : Rue de Sèvres
112
pages
Date de sortie : 10/05/2017
Genre : Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

 

 

Présentation de l'éditeur :

Une interprétation en images, vibrante et pleine d'empathie, du roman de Julia Billet.

 

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art.

La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

Mon avis :

La guerre. À lui seul, ce mot évoque tellement d'atrocités ! D'autant plus quand celle-ci s'appelle « World War II », la terrible, la sanglante, l'épouvantable seconde guerre mondiale synonyme d'apocalypse pour les juifs. Aucun n'y échappe qu'il s'agisse de vieillards, d'adultes.... ou bien d'enfants. Comme la très célèbre Anne Franck qui n'aura malheureusement pas échappé au camp de concentrations. Et puis aujourd'hui : Rachel renommée Catherine Colin.

 

« La guerre de Catherine » est une fiction, mais qui se base néanmoins sur des faits, des lieux et des gens qui ont réellement existé. Comme Pingouin et Goéland de la Maison de Sèvres, qui ont sauvé beaucoup d'enfants juifs. Mais Catherine, c'est un peu de Tamo Cohen (mère de l'auteure), un peu d'Anne Franck, ... un peu de tous ces enfants et adolescents qui ont dû fuir inlassablement, mettre leurs identités de côté – allant même jusqu'à nier leur foi judaïque – pour échapper aux Nazis et leur envie d'anéantissement totale des juifs sur Terre.

 

C'est ainsi que nous suivons les traces de Catherine, grande amatrice de photos, qui se verra confier la tâche de rendre compte à l'Humanité de la survie des juifs dans cette France en guerre.

 

« Prends des photos, collecte des images, et rapporte-nous tout ça à la fin de la guerre. Va, regarde le monde avec des yeux d'artiste, de citoyenne de la République des Enfants. Ne perds rien. Nous aurons besoin de ces témoignages quand la guerre sera finie. » Goéland à Catherine, page 46.

La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

Avec un dessin simple, Claire Fauvel étant à la base illustratrice de livres pour enfants, le contexte n'en est pas moins fort ! J'ai été subjuguée par les efforts – parfois surhumains pour des petits bouts qui sont forcés de changer de nom entre autres choses – par le courage et par la détermination tant de ces enfants, mais aussi des résistants qui les entourent. Des gens, Français pour la plupart, qui doivent se montrer forts, voire sévères, pour s'assurer de la sécurité de chacun de leur protégé.

 

J'ai donc été marquée par le petit Samuel Levy qui se fait gifler car il n'a pas donné son nom « francisé ». Ou Catherine qui, machinalement, a fait son signe de croix judaïque alors qu'elle est supposée être une étudiante dans un couvent chrétien.

 

Pourtant, l'âge faisant, elle comprend. Catherine, Rachel de son vrai prénom, sait que c'est pour son bien. Si un boche devait arriver à l'improviste, ce simple signe de croix de la main gauche serait un signe évident des origines de la jeune femme. Et non seulement sa vie serait en danger, mais également celle de toutes les personnes vivant sous le même toit.

 

Autant vous dire que si d'ordinaire, je m'arrête sur le dessin (parce que j'ai mes goûts très tranchés dans le domaine), autant là : c'est presque mieux ainsi. Ce dessin simple nous permet de se concentrer sur l'essentiel. La vie de cette adolescente, presque femme, qui doit échapper à la mort. De rencontres en nouveaux départs, Catherine traversera tout le pays en gardant son objectif en tête : montrer la vie au sein de la résistance pour qu'il reste une trace de ce cauchemar.

 

 

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Et ce témoignage, c'est mon coup de cœur ! J'ai été profondément touchée par ces gens qui ont donné leur vie pour une juste cause. LA CAUSE. La vie. La liberté. L'égalité. Des ouvrages comme « la guerre de Catherine », ce sont autant de preuves que la guerre est immorale, abjecte et que ceux qui la souhaitent sont d'une répugnance crasse (je pense aux dégénérés qu'on peut voir chaque jour aux infos... et qui s'attaquent aussi bien aux vieillards, qu'aux adultes... qu'aux enfants).

ShayHlyn.

04/06/2017

Chroniques courtes N°133 : Kiss me Host Club, Jean-Norbert T4

Kiss me Host Club

Chroniques courtes, kiss me host club, Nachi Yuki, Soleil, shôjo, romance, jeunesse.

Scénario : Nachi Yuki
Dessin : Nachi Yuki
Éditeur : Soleil
192 pages
Date de sortie : 10/05/2017
Genre : shôjo, romance, jeunesse

 

 

 

Découvrez la vie haute en couleurs de Mako, une lycéenne qui se retrouve plongée malgré elle dans l’univers des hôtes !

 

Kiss me Host Club est composé de plusieurs éléments « gagnants » qui font le succès d'autres shôjo. À savoir : un club d'hôtes dans une école (comme « Ouran High School Host Club »), une école de filles qui accueille depuis peu des élèves masculins (tel le seinen « Prison School ») et une jeune fille qui tient tête à tout ce petit monde. Rien de nouveau sous le soleil donc... Néanmoins, « Kiss Me Host Club » se laisse lire. C'est sympathique, autant que chaque personnage. Bien que, parfois, je me demande si les Host le sont autant qu'ils n'y paraissent... affaire à suivre.

 

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ShayHlyn.

 

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Jean-Norbert - tome 4

chroniques courtes,kiss me host club,nachi yuki,soleil,shôjo,romance,jeunesse.chroniques courtes,kiss me host club,nachi yuki,soleil,shôjo,romance,jeunesse.Scénario : Mark Retera
Dessin : Mark Retera
Éditeur : Kramiek
48 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : humour

 

 

 

46 planches divisées en 4 bandes de 3 à 4 vignettes et autant de gags tous plus débiles les uns que les autres. Mais attention ! C'est du débile de haute volée, de celui qui peut vous faire tout aussi bien tordre de rire ou pleurer de désespoir devant tant de bêtise. Jean-Norbert est le roi de l'humour absurde, de l'humour trash, de l'humour noir avec de temps en temps une toute petite lueur de bon sens. Il se moque des clowns, des lutins et des Schtroumpfs, parce que comme le dit Mark Retera, ce sont « les seules créatures dont on a encore le droit de se moquer ». Voilà !

Si vous en avez marre du politiquement correct et que vous n'avez pas peur des blagues à deux balles, lisez l'absurde quotidien de Jean-norbert qui se retrouve tour à tour dans la peau d'un chef de restaurant, d'un bûcheron, d'un apprenti moine bouddhiste, d'un aventurier explorateur .... et j'en passe des meilleures et des pires.

A savourer sans modération.

Loubrun

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03/06/2017

Ornithomaniacs

 

Ornithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporainOrnithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporainScénario : Daria Schmitt
Dessin : Daria Schmitt
Éditeur : Casterman
104
pages
Date de sortie : 10/05/2017
Genre : Fantastique, intimiste, fable, contemporain

 

 

Présentation de l'éditeur

Une fable légère et drôle, aux références gothiques, à mi-chemin entre La Famille Adams et les films de Tim Burton.

Niniche est une jeune fille comme les autres, accro au portable, avec une mère insupportable, une copine très bavarde et... des ailes !


Une toute petite paire d'ailes dans le dos, dont elle ne sait comment se servir et qui l'encombrent plus qu'autre chose. Mutation génétique, simple difformité, ou signe évident d'une double nature...
Ses ailes lui ouvrent pourtant les portes d'un monde inattendu, lorsqu'elle rejoint une mystérieuse école et son curieux professeur.

Ornithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporain

Mon avis

 

Voici un bouquin qui sort de mes sentiers battus. Un univers sombre, émo, gothique et pourtant captivant. L'histoire d'une jeune fille – Niniche – sur le dos de qui pousse une paire d'ailes. Sa mère, bien trop occupée à accuser le monde moderne de cette excroissance (parce que, malgré toutes vraisemblances, l'histoire est contemporaine avec Internet, téléphones mobiles et malbouffe) ne fait pas attention à sa fille qui est totalement perdue ! On le serrait à moins en même temps. Imaginez vous, jeune ado sans histoire avec soudain deux ailes dans le dos qui semblent ne vous servir à rien si ce n'est faire de vous la risée de votre entourage.

 

C'est ainsi que, guidée par les conseils de sa meilleure amie, Niniche va s'en aller au « château » où elle va être accueillie par le professeur Balaeniceps Rex (plus communément appelé « le bec-en-sabot du Nil » dans la classification ornithologique) et ce qu'il reste d' Icare (oui, oui, celui de la mythologie qui s'est brûlé les ailes) à savoir un squelette aux airs mexicains avec qui elle va tenter de voler, mais aussi d'assumer qui elle est.

 

Autant vous dire que ce fut toute une aventure. Au fil des pages, le saugrenu rencontre la réalité sans le moindre problème apparent. Une sorte de nouvelle version d' « Alice au pays des merveilles » mais sans le pays des merveilles et sans Alice. Mais Niniche, une jeune fille complètement paumée parce que l'Homme, sachez-le, aime mettre tout dans des cases, classifier, cataloguer... or : dans quelle catégorie mettre une jeune fille qui n'a pas d'apparentée avec les anges du Seigneur et aucun lien de sang avec oiseau ?

 

Une chouette introspection de la vie, de réflexion sur le comportement humain et sur le monde qui nous entoure.

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Quant au dessin, quel style ! C'est à la fois sombre et pourtant tellement vivant ! Cette technique de « dessins aux traits » permet toutes les accentuations, tantôt fourni, sombre, opaque... des traits serrés, tantôt légers pour rendre les personnages plus clairs et les visages remplis d'espoir. Mais ce n'est pas tout ! Daria Schmitt a également joué avec les ombres, parfois noires, parfois blanches pour contraster avec le décor hachuré et pesant. Le tout pour rendre une œuvre unique en son genre, entre « La famille Adams et les films de Tim Burton » comme on peut le lire en 4e de couverture.

 

Une (més)aventure fantastique dans ce monde obscur et décadent.

 

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Je ne peux que vous le conseiller, au moins à lire une fois, feuilleter ces pages si artistiques où on apprend deux ou trois trucs sur les oiseaux, quelques allusions aux rêves humains de voler (comme la machine de De Vinci suspendue dans une pièce ou tout simplement Icare), les créatures fantastiques comme Lapsus le bébé Griffon. Et tant d'autres aspects tantôt graphiques, tantôt scénaristiques, voire juste Humains. Le tout réuni dans ce superbe ouvrage.

 

 

ShayHlyn.

01/06/2017

Medicis T2 / 5

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, RenaissanceMédicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, RenaissanceLaurent le Magnifique - de père en fils

 

Scénario : Olivier Peru
Dessin : Eduard Torrents
Éditeur : Soleil
56
pages
Date de sortie : 19/04/2017
Genre : adaptation, aventure, histoire, Renaissance

 

 

Présentation de l'éditeur

Une fresque violente et passionnée, mêlant histoire de l’art, guerre et complot, amitiés, amour et trahison. Oubliez les livres d’histoire, écoutez la voix de Florence, revivez l’épopée de ceux qui l’ont écrite... la saga des Médicis.

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

Trop jeune, fier et belliqueux lors de son début de règne, les premières années de Laurent sont marquées par le sang et le conduisent jusqu’à une guerre ouverte avec le Pape. Lorsqu’il comprend qu’il risque de précipiter Florence vers la ruine, Laurent tente le tout pour le tout afin de sortir d’une situation inextricable. Il réalise alors qu’il doit ruser et agir comme son grand-père, Cosme, pour arriver à ses fins.

 

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

Mon avis

J'ai envie de dire qu'on ne change pas une équipe qui gagne. Et grand dieu, qu'est-ce que j'aurais aimé que Olivier Peru continue l'aventure des Medicis avec Giovanni Lorusso comme dans le premier tome traitant de Cosme l'Ancien. Mais commençons par le commencement voulez-vous ?!

 

La couverture en dit long sur les pages qui vont suivre. Laurent de Médicis devra user de force pour remporter une guerre contre... le pape ! Ce n'est pas rien et pourtant, les combats militaires se remarquent peu dans les pages qui défilent. L'accent est clairement mis sur les complots et surtout : le scénario qui tente d'être aussi complet que l'époque historique le demande. Parce que outre être le grand défenseur de sa chère ville Florence, Lorenzo / Laurent de Médicis est également un grand mécène féru d'arts. Notons Botticelli qui apparaît, peignant son bienfaiteur pendant que celui-ci traite de politique avec son frère ; on mentionne le célèbre De Vinci (et j'avoue que j'aurais aimé le voir... mais on ne peut pas tout avoir) et même Michel-Ange.

 

Petite anecdote d'ailleurs concernant ce dernier : comme vous devez le savoir, Michel-Ange a peint les fresques qui recouvrent les plafonds de la chapelle Sixtine. Chapelle qui a été commandée et supervisée par le pape Sixte IV (de son vivant en tout cas... la chapelle ayant été terminée sous le règne du Pape Jules II) qui n'est nulle autre que l'ennemi juré de Laurent de Médicis. J'ose à peine imaginer la tête que ce grand Pontife aurait fait s'il avait su... fin de la petite anecdote.

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

Dans les rues de Florence qui se dévergonde de fêtes en célébrations à tendance païenne, on peut même apercevoir face au moine Dominicain Savonarole, le jeune Nicolas Machiavel. L'un fervent catholique à la langue venimeuse envers les Médicis et l'autre, philosophe à l'esprit cynique. Aaaah que j'aimerais des BD qui parlent de tous ces gens (Monsieur Olivier Peru si vous me lisez...).

 

Bref, du beau monde qu'il fallait citer et pour qui il n'y avait pas assez de pages pour s'y étendre : le héros étant Laurent de Médicis. Un pan d'histoire de la Renaissance fort bien écrit et malheureusement pas assez bien dépeint. Même si j'ai pu lire le nom de plusieurs artistes qui ont traversé les âges, la plume de Eduard Torrents n'est, à mon sens, pas assez détaillée, pas suffisamment précise... dès lors, certains visages sont déformés. On ignore si certains rient ou pleurent... c'est dommage et ça déteint en plus sur la colorisation comme, petit détail qui n'engage que moi : un prêcheur dans son église dont la tenue change de couleur selon qu'il est dessiné de près ou de loin.

 

 

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Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

 

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

 

Médicis, Laurent le Magnifique - de père en fils, Olivier Peru, Eduard Torrents, Soleil, Adaptation, Histoire, aventure, Renaissance

Mais cette saga reste, avec ce tome 2 sur 5, une belle façon de retracer la vie des grands de ce monde, dont les Médicis pour la Renaissance.

 

ShayHlyn.

30/05/2017

Perséphone (récit complet)

 

persephone.jpgpersephone-1.jpgScénario : Loïc Locatelli-Kournwsky
Dessin : Loïc Locatelli-Kournwsky
Éditeur : Delcourt
144
pages
Date de sortie : 19/04/2017
Genre : Adaptation, fantastique, jeunesse, aventure

 

 

Présentation de l'éditeur :

Le mythe grec de Perséphone et Déméter, revu et corrigé par un jeune auteur expatrié au Japon, dans un univers à mi-chemin de la fantasy, de l’animation japonaise et de l’Amérique des fifties…

Perséphone est une jeune fille ordinaire… et c’est bien son problème : fille adoptive de la célèbre magicienne

 Déméter, elle peine à trouver sa place aux côtés d’une mère qui en prend un peu trop. Poussée par des cauchemars récurrents et une légitime curiosité, elle décide de découvrir la vérité sur des origines qu’on tente de lui cacher. Une décision qui va l'emmener jusqu’aux Enfers, dans une aventure épique dont les enjeux dépassent de loin sa quête personnelle.

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Mon avis :

 

Que dire quand la mythologie est ainsi malmenée ?! Loin d'être contre toutes formes de modernismes pour attirer un public plus jeune, j'ai néanmoins du mal à supporter que les histoires d'Antan soient ainsi chamboulées. Ajouté à cela un dessin « pas terrible-terrible »... eh non ! Je me retrouve à vouloir mettre un zéro pointé à cet ouvrage qui aurait pu... aurait... pu... être prometteur.

 

Certes, je le dis souvent, mais j'ai bien aimé la mise en situation, Persephone est assez attachante comme personnage et les décors avaient leur petit charme. Mais cher Loïc Locatelli-Kournwsky : retournez donc réviser vos mythologies !

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Pour la petite histoire, Persephone était la fille de Zeus et de Déméter (sa fille légitime contrairement à cet ouvrage qui en fait sa fille adoptive) et épouse d' Hadès. La légende veut qu'elle passait 6 mois de l'année sur Terre et les autres 6 mois en Enfers où elle y faisait pousser toutes sortes de végétations : donnant ainsi un peu de vie à ce royaume sous-terre. Ça : c'est la vraie histoire !

 

Place maintenant à l'abomination de Sir Locatelli-Kournwsky : Hadès a perdu sa femme et sa tristesse l'a rendu odieux et dictatorial. Je vous imagine vous dire « quoi ? Perspéphone meurt ? » Ah bah non... dans ce récit, elle ne connait même pas Hadès en personne. Elle ne l'a jamais vu et elle a été sauvée par Déméter quand celle-ci a fermé les portes de l'Enfer à tout jamais.

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Dans les vagues souvenirs de la jeune fille qui vit donc sur Terre sans savoir qu'elle est née en Enfer, elle voit un homme Coré et une femme qui tentent de la sauver. On peut donc supposer que ce sont ses vrais parents et qu'il s'agit là de bribes de souvenirs. Sauf que, sachez-le : Perséphone a un autre prénom (selon la région où sa légende est racontée). Elle s'appelle Coré.... ça commence à faire pas mal d'incohérences tout ça, vous ne trouvez pas ?

 

 

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Tellement que finalement je vais en rester là et pleurer sur le sort de Perséphone qui n'aura eu que son don pour la botanique de sauver dans cette histoire. Paix à son âme... et à ceux qui, comme moi, aiment la mythologie.

ShayHlyn

26/05/2017

Croquemitaines T.1/2

Sans titre 1.jpgSans titre 4.jpgScénario : Salvia
Dessin : Djet
Éditeur : Glénat
128
pages
Date de sortie : 12/04/2017
Genre : aventure, thriller, policier, fantastique

 

 

Présentation de l'éditeur

Les monstres, ça n’existe pas que dans la tête des enfants...

Passionné de lecture, Elliott a toujours eu une préférence pour les histoires de Croquemitaines, ces créatures monstrueuses qui, la nuit, se cachent dans l’ombre ou sous le lit pour effrayer les petits enfants. Il n’imagine pas à quel point elles vont changer sa vie... Témoin du meurtre sanglant de ses parents, il va découvrir qu’en réalité, les Croquemitaines existent bel et bien et que des codes très précis régissent leur existence. Lorsque l’un des plus puissants d’entre eux, le « Père-la-mort », se met en tête de le protéger, Elliott se retrouve plongé dans un terrible conflit au cœur d’un univers aussi terrifiant que fascinant dont il devient l’enjeu principal. Par une sombre nuit orageuse, le destin d’Elliott va s’accomplir...

Mathieu Salvia et Djet réinventent toute une mythologie de l’enfance dans un récit d’horreur tendre et un parcours initiatique sur le deuil et l’acceptation de la peur. Une aventure touchante et fantastique servie par un graphisme très moderne aux influences plurielles (jeu vidéo, animation, comics, manga).

En bonus : les dessous de la création de l’œuvre, des informations additionnelles sur le background et la mythologie des Croquemitaines, des recherches graphiques et une galerie d’hommages exclusifs par des grands auteurs du 9e art !

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Mon avis

D'entrée de jeu, nous sommes plongés dans l'atmosphère lugubre qui nous suivra tout le long du tome 1 de Croquemitaines. Il pleut à verse, des éclaires zèbrent le ciel et dans cette nuit noire et terrifiante, le petit Elliott découvre avec horreur les corps sans vie de ses parents. Il y a du sang partout et une chose est sûre : ce n'est pas un homme qui a tué ce couple. C'est un croquemitaine !

 

Non pas LE croquemitaine mais UN. Car Salvia et Djet ont su réinventer la mythologie des croquemitaines. Avec brio, je dois dire !

Ce qu'on sait d'habitude de ces créatures, c'est qu'ils rodent la nuit, souvent dans la chambre des enfants – que ce soit sous le lit ou dans le placard – attendant le moment propice pour s'emparer de l'innocente tête blonde qui aura désobéi à ses parents. Mais rares sont les œuvres (tant cinématographiques que romancées) qui lui sont entièrement consacrées. Tout au plus fait-il une apparition, ou alors il porte un autre nom tout aussi terrifiant.

 

Donc c'est avec une curiosité malsaine que j'ai parcouru cet ouvrage aussi sombre que le présage la couverture. Avec l'innocence de ce petit garçon qui se retrouve en plein milieu d'une guerre opposant Anciens et Nouveaux croquemitaines !

 

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Non contents de réinventer brillamment la légende du croquemitaine, Salvia et Djet ne s'arrêtent pas là. Alors qu'on pourrait imaginer une aventure en huis clos dans la maison du nouvellement orphelin, les deux auteurs nous entraînent dans un « road comic » (inspiré du style cinématographique « road movie » où le fil conducteur du scénario consiste en un périple sans fin sur les routes).

 

En effet, afin de sauver Elliott, Le « père-la-mort » un croquemitaine très ancien (et donc très puissant) accompagné de son « cauchemar » incarné par un chien diabolique, parcourt les routes pour échapper à une horde de croquemitaines plus diaboliques les uns que les autres, mais également pour amener le gamin en lieu sûr.

Mais pourquoi ?! Contrairement aux autres croquemitaines, le père-la-mort n'hésite pas à sauver cet enfant qu'il pourrait tout aussi bien terroriser pour se nourrir de sa peur, mais en plus : il va jusqu'à le sauver, le rassurer et tenter de l'éloigner autant que possible de leurs poursuivants. Tel un ermite, ce vieil homme charismatique entraîne ce petit bonhomme dans toute la ville, sans la moindre explication quant à son comportement inhabituel.

 

Une intrigue palpitante, rythmée par les sautes d'humeur d'Elliott qui est totalement perdu. Ce pauvre petit bonhomme qui a assisté à l'un de ses pires cauchemars – le massacre de ses parents – et qui se retrouve obligé de suivre la terreur de tous les enfants avec un chien qui pourrait le croquer en moins de deux.

 

Le tout mis en relief dans un rapport d'enquête surnaturelle et achevé par une partie bonus enrichissante sur la création de cet ouvrage. Comment Mathieu Salvia a eu cette idée de revisiter le mythe du croquemitaine, comment Djet a réalisé ses dessins tout en imaginant être à la place d'un enfant face au croquemitaine.

 

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Pour les amoureux des créatures fantastiques et d'aventures à rebondissements, je recommande « croquemitaines » qui associe mythologie et intrigue policière ; créatures d'un autre âge et époque contemporaine. Un vrai petit bijou du genre macabre.

ShayHlyn.

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