09/02/2017

Chambre obscure (Tomes I et II)

Chambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du TigreChambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du TigreScénario : Cyril Bonin
Dessin : Cyril Bonin
Éditeur : Dargaud
2 X 48 pages
Date de sortie : 2010 et 2011
Genre : Policier

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

chambre obscure,dargaud,photographie,polar,arsène lupin,brigades du tigreIl s'en passe des choses étranges, dans les maisons bourgeoises du début du XXème siècle ! Cyril Bonin creuse la veine d'un Maurice Leblanc en nous invitant chez les Dambroise, famille toute à la joie des retrouvailles avec Alma, la soeur prodigue, de passage entre deux aventures. Mais la fête est gâchée par le mystérieux vol de trois tableaux de famille, sans valeur autre que les souvenirs. Il est l'heure pour l'inspecteur Alcide Leblanc d'entrer en scène, et de démêler l'artifice de la réalité, la fiction de la vie !

 

 

 

Mon avis :

 

Une bonne surprise pour commencer l’année 2017. Hier, je pioche dans ma bédéthèque une paire de BDs achetées je ne sais plus où. C’est chez Dargaud et le dessin a l’air sympa : je ne prends pas trop de risques…

 

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Mais quand même… Je ne m’attendais pas à tomber sur une enquête aussi bien ficelée. Le scénario est cohérent, les rebondissements ne sont pas téléphonés, ça se lit bien. Les personnages ont du relief et, en plus, on apprend des choses (sur la peinture et l’optique à la Renaissance, notamment) ; tout ce que j’aime en BD. On navigue entre les univers d’Arsène Lupin, de Rouletabille ou encore des brigades du Tigre. L’humour est présent et une forme de critique sociale (sur la place de la femme dans la société, notamment) affleure tout au long de l’histoire.

 

Quant au dessin, assez proche de Gine (Finkel, Neige, etc.) on peut également y voir du Tardi. Avouez que Bonin sait choisir ses références… Au niveau des couleurs on pense également à Adèle Blansec, c’est terne à souhait et ça enveloppe le récit d’une cohérence chromatique très esthétique. Les cadrages sont précis et maîtrisés. Non, vraiment, du côté graphique c’est également du très bon boulot.

 

En somme, une bonne histoire, bien dessinée et bien racontée. Que demande le peuple ?

 

  

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Chambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du Tigre

 

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 Odradek.

03/02/2017

Il était une fois Idées Noires

Franquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacialFranquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacialDessin : Franquin
Scénario : Franquin
Éditeur : Fluide Glacial
Sortie : 18 Janvier 2017
120 pages
Genre : Humour

 

 

 

Résumé de l'éditeur :


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialEntre les témoignages de ses proches et amis (Isabelle Franquin, Marcel Gotlib, Frédéric Jannin), les hommages de ses collègues de Fluide Glacial (Goossens, Édika) et de la génération suivante (Foerster, Pixel Vengeur, Ferri, Fabrice Erre...), cet ouvrage tente d'apporter un nouvel éclairage sur la dernière période artistique de Franquin, teintée d'humour noir, d'engagements humanistes, mais finalement pas aussi désespérée qu'il n'y paraît.

 

 

  

Mon avis :


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialTout est dit dans le résumé de l’éditeur, juste au-dessus. Si je devais développer un peu (je le dois, non ?) je confirmerais que les entretiens avec les proches de Franquin sont très accessibles : ni trop long, ni trop bardés de références qui pourraient décourager un admirateur de Franquin moyen. L’humour, comme pour allier la forme au fond, y est très présent, ce qui ne gâche rien. Enfin, nous sommes gâtés avec les deux cerises sur ce gâteau au chocolat… noir que sont les interviews de Gotlib et de Franquin himself, en personne, de dedans la vraie vie de quand il avait le bon goût d’être encore vivant. 
Les hommages, quant à eux, me semblent assez inégaux. Certains sont excellents et d’autres… un peu moins. En même temps, l’exercice n’est vraiment pas aisé et je ne me permettrais certainement pas de jeter la pierre à ceux qui s’y sont essayé, même avec un succès tout relatif.

 


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialEt puis, bien sûr, il y a les Idées Noires… Un concentré d’humour noir, en quelques cases à chaque fois - publiées sous forme de page unique à raison d’une par mois, d’abord dans le Trombone Illustré, puis dans Fluide Glacial - unanimement (semble-t-il) apprécié par les bédéphiles. L’humanisme, l’empathie pour les êtres vivants (qu’ils soient humains, animaux ou végétaux), l’antimilitarisme, la critique de la société de consommation, le cynisme, la cupidité, L’avenir de l’humanité, etc. Tous ces sujets sont abordés avec justesse, finesse et une très grande sensibilité. La technique, elle, encre noire sur fond blanc, est non seulement parfaitement maîtrisée (il s’agit quand même de Franquin, merde !!!), mais elle entre également en parfaite symbiose avec le propos. Du grand Art !

 

 

Un seul regret : elles n’y sont pas toutes. Oui, je sais, pour ça il existe l’intégrale (tome 1 et 2 regroupés), mais bon, je me disais tout simplement que, quitte à faire un 120 pages carrément bien fourni (pas très cher d’ailleurs – 19,90€), on aurait pu, peut-être, mettre un peu plus de pages, histoire de pouvoir caser effectivement TOUTES les (69) planches de Franquin sur ce sujet. C’est un peu dommage.

 

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Cela dit, Il était une fois Idées Noires reste (et devrait devenir) un ouvrage de référence pour les fans de Franquin.

PS : Les notes suivantes concernent l'ouvrage complet, pas juste Idées Noires.

 

                                  

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Franquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacial

 

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Et pour poursuivre l'expérience Idées Noires, de très bonnes adaptations vidéos sont visibles sur YouTube.

 


                                

 

Odradek.

 

01/02/2017

Les chiens de Pripyat

tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,ursstchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urssScénario : Aurélien Ducoudray
Dessin : Christophe Alliel
Éditeur : Bamboo
56 pages
Date de sortie : 11/01/2017
Genre : Fantastique, Historique

  

 

 

Résumé de l'éditeur

À Tchernobyl, des cœurs battent encore…

26 avril 1986 : une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l’évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d’abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer dans la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

 

Mon avis


tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urss
La couverture est jolie. J’aime le dessin réaliste, précis, lumineux et parfois même chaleureux en dépit du sujet, du lieu, de la saison et du traitement (a priori) numérique de la couleur. Une belle prouesse de ce côté-là. Christophe Alliel imprime son style (assez "Grand Angle" d'ailleurs) à ses personnages, notamment à Kolya, dont le gabarit enfantin (petit corps et grosse tête malgré ses 16 ans…) le rend à la fois attendrissant et fragile, entraînant une empathie et un intérêt pour les aventures qui ne vont pas manquer de lui arriver.

 

 
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Or… Or, il ne lui arrive pas grand-chose dans ce premier tome. Le scénario, qui part d’une situation intéressante puisque ces « battues » d’extermination de chiens radioactifs ont réellement existé, le scénario, donc, me paraît un peu léger. En fait, il se passe finalement peu de choses dans ce premier tome. Le groupe de chasseurs se rend à Pripyat, ses membres (excepté Kolya) tuent des chiens, ils font 2 mauvaises rencontres qu’ils négocient bien mais on sent tout de même que la ville n’est pas si abandonnée que cela et, finalement, Kolya entre en contact avec… un cliffhanger… Bref, à défaut d'un réel Tome 1, on a plus l’impression qu’il s’agit d’une mise en place, d’une introduction en quelque sorte, pour amener ce qui va se passer ensuite, dans le Tome 2… Malheureusement, il n’y a que deux tomes. Et, au vu de la faible densité scénaristique du premier, il y a de quoi être quelque peu inquiet quant au deuxième… Mais n’extrapolons pas... D'ailleurs, j’espère vraiment me tromper... Au moins autant qu'un certain Anatoli Alexandrov, académicien russe, qui est entré dans l'Histoire avec cette inoubliable citation prophétique :

 "Nos centrales nucléaires ne présentent aucun risque. On pourrait les construire même sur la Place Rouge. Elles sont plus sûres que nos samovars."

  

  Odradek 

 

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Et pour prolonger la visite :    

 
                         

27/12/2016

Pereira prétend

pereira prétend.jpgPereirapretend.jpgDessin : Pierre-Henry Gomont
Scénario : Pierre-Henry Gomont / Antonio Tabucchi
Éditeur : Sarbacane
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

Pereira prétend que les choses se sont passées ainsi… Trois brutes se faisant passer pour des policiers l’ont brutalisé dans le but de savoir où se cachait le jeune homme. Puis, ayant fouillé la maison, deux d’entre eux ont trouvé le jeune homme, l’ont violemment frappé et ont fini par l’étouffer.
Pereira prétend qu’il n’a pas mérité ça et qu’il faut que ça se sache.

 

Mon avis :

Pierre-Henry Gomont adapte ici un roman de l’auteur italien Antonio Tabucchi qui se déroule à la fin des années trente, dans un Portugal vivant depuis 6 ans sous la dictature de Salazar alors que l’Espagne voisine tente encore d’échapper à son inéluctable et néfaste destinée franquiste. Mais que vous soyez intéressés par cette période ou pas, l’essentiel est ailleurs. Lors d’une séance de dédicaces, PHG m’expliquait que c’était avant tout le personnage central du roman qui l’avait fasciné, plus que le cadre historique. « Pareil », lui réponds-je aujourd’hui, après l’avoir lu…
Il faut dire que Pereira est un cas intéressant. Journaliste passionné de littérature française traduisant des œuvres classiques pour un hebdomadaire catholique, c’est un homme sans histoire. Bien sûr, il déprime depuis que sa femme est morte quelques années plus tôt. D’ailleurs, sa déprime se traduit en kilos en trop : l’homme est obèse. À part cela, c’est un monsieur ordinaire. Mais, être un homme ordinaire sous une dictature, est-ce si ordinaire ?
En tout cas, les choses commencent à changer quand il rencontre et recrute un jeune étudiant aux idées subversives pour écrire des chroniques mortuaires anticipées. Nous assistons alors à la métamorphose de Pereira. Peu à peu, notre homme ordinaire va ouvrir les yeux sur le régime Salazariste, sur la répression, la censure, la surveillance de tout un chacun par tout le monde (notamment la concierge de son lieu de travail) et la dictature en général.
Cette lente mais inexorable prise de conscience transforme Pereira au point de changer radicalement sa vie. Et c’est bien là l’essentiel de cette histoire empreinte d’un optimisme profond. Un homme que rien n’y prédisposait, est finalement capable de s’extraire de son confort petit bourgeois par solidarité, par humanité et par souci de justice. C’est beau et émouvant. Et, contrairement à ce que Pereira pense de lui-même en raison de son obésité, il est une belle personne.
J’allais presque oublier de vous parler du dessin. Très coloré et avec une tendance un peu « croquis » le dessin de PHG est remarquable notamment au niveau des expressions. Que ce soit celles des visages ou des corps, Pierre-Henry Gomont possède un don manifeste pour capturer et reproduire les attitudes et mimiques de ses personnages ; le tout, en quelques traits et quelques couleurs. Les décors ont été croqués sur place, à Lisbonne, et le cahier graphique à la fin du livre confirme, si besoin était, le talent de l’auteur.
En bref, une excellente BD à lire ou à offrir, sans hésiter.

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Odradek.

21/12/2016

Le guide du moutard

le guide du moutard.jpgle guide du moutard planche.jpgDessin : Jul
Scénario : Jul
Editeur : Glénat
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

La compagne de Jul est enceinte en plein pendant une campagne présidentielle (celle de 2007). Le dessinateur de presse (L’Huma, Le Point, Charlie Hebdo, Marianne, etc.) empoigne ses plus beaux crayons afin de nous faire vivre avec lui ce moment unique dans une vie de couple… Dans une vie tout court !

 

Mon avis :

Les journaux de bord par des dessinateurs de BD sont à la mode (Carnet de santé foireuse, de Pozla, La lune est blanche, d’Emmanuel Lepage), Jul est un auteur de BD à la mode DONC Glénat ressort donc Le guide du moutard. Ce syllogisme un peu bancal justifie-t-il la réédition de cette BD de 2007 ? Je n’en suis pas certain.
Attendez, je n’ai rien contre Jul, bien au contraire. J’aime son humour, ses jeux de mots surtout, mais son guide du moutard me laisse un peu sur ma faim. Bien sûr, quelques perles et autres drôlissimes trouvailles se sont glissées à l’intérieur de cet ouvrage, mais le tout est un peu trop inégal et ne parvient pas vraiment à décoller. On se surprend au fil du livre à regarder combien de pages il reste… Ce n’est jamais très bon signe.
Après, vous avez sans doute des amis qui vont avoir ou qui viennent d’avoir un enfant, et qui apprécieront peut-être de retrouver, en lisant ce « guide », des situations familières et souvent cocasses.

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Odradek.

30/11/2016

Le Signe de la Lune

signe de la lune.jpgSigneDeLaLune_PL.jpgDessin : José-Luis Munuera
Scénario : Enrique Bonet
Éditeur : Dargaud
Sortie : 2009

 

 

 

Résumé :

Il était une fois, il y a (plus ou moins) longtemps, dans un village espagnol, une petite fille du nom d’Artémis. Elle n’avait d’yeux que pour son petit frère et la Lune. Il y avait bien Rufo, insupportable chef de bande violent, et Brindille, le rêveur solitaire, pour tenter de la détourner de l’astre sélène et gagner son amitié, voire plus, mais rien n’y faisait… jusqu’au jour, ou plutôt, jusqu’à la nuit du drame…

 

Mon avis :

Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le comprendre.
Bonet et lui signent à eux deux un superbe conte fantastique, à la fois sombre et lumineux. Sombre par le sujet : la perte d’un être très cher et le sentiment de culpabilité qui ronge, et lumineux par le dessin de Munuera. Un trait nerveux, aux accents manga pour les personnages, les attitudes, le mouvement et les expressions, et des décors sublimes, tout en nuances de gris, teintés d’une brume omniprésente (la forêt et la nuit sont au cœur de l’histoire) qui ne manqueront pas de faire penser à Loisel. Sublimes, je vous dis !
Le scénario ne déçoit pas non plus. Le récit se divise en deux parties. La première se déroule dans l’enfance et la deuxième, à l’âge adulte. Les répercussions de l’une sur l’autre sont au centre du récit et accompagnent le lecteur tout au long de la narration. Enfin, même s’il s’agit bien d’un conte, et peut-être parce qu’il s’agit bien d’un conte, une critique sociale apparaît en toile de fond. Rufo est devenu le Seigneur d’Aldéa, protecteur et bienfaiteur de ses habitants. En vérité, c’est une espèce de tyran dont se passerait bien le village.
Quant à la lune, les rivalités amoureuses et le drame d’Artémis, je vous encourage vivement à les découvrir au fil de ces 135 superbes pages.

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Odradek.

19/11/2016

MAGRITTE, Ceci n’est pas une biographie

 

magritte, ceci n'est pas une biographie.jpgmagritte.jpgDessin : Thomas Campi

Scénario : Vincent Zabus

Éditeur : Le Lombard

Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé

C’est une bien étrange histoire qui arrive à Charles Singullier (avec deux « L », comme les colombes de Magritte…). En effet, il vient d’acheter un chapeau melon qui reste vissé sur sa tête. Apparemment, c’est celui de René Magritte. S’il veut pouvoir l’enlever, il devra percer les mystères du peintre…

 

Mon avis

Tout comme au cinéma, en ce moment, la mode est à la biographie de (plus ou moins) grands personnages. Les auteurs de cette BD s’attaquent cependant à un peintre dont l’œuvre, jouant sur les mystères de l’image et de ses représentations, a donné lieu à d’innombrables analyses, commentaires et autres explications. Il s’agit donc d’un défi de taille qu’ils relèvent de belle manière.

D’abord, puisque l’image est primordiale dans Magritte : le dessin. La jolie couverture nous plonge immédiatement dans le monde du peintre belge à coup de petits clins d’œil : Il y a là le personnage au melon, les nuages (inimitables) sur ciel bleu ainsi qu’un personnage derrière un rideau. Le titre même de l’ouvrage : « Ceci n’est pas une biographie » emprunte la célébrissime formule au tableau « La trahison des images ». Bref, question références, on va être servi.

Le style graphique utilisé (à dessein, je suppose) par Thomas Campi, très « peinture », nous entraîne facilement dans l’univers surréaliste de Magritte et cela devient presque un jeu d’essayer de repérer les références qui parsèment le récit.

Le récit, tiens, parlons-en ! L’intrigue, assez simple, relève pourtant du genre fantastique (au sens littéraire du terme). Un événement anodin, l’achat d’un chapeau melon, fait basculer notre personnage principal dans une histoire irréelle. Un peu comme un tableau de Magritte… C’est d’ailleurs le point faible de cette BD. L’histoire ne décolle pas vraiment et notre Charlie est baladé d’un lieu Magrittien à un autre. On s’aperçoit au final que l’aventure de Singullier n’est qu’un prétexte à nous faire découvrir (d’une très agréable manière, tout de même) ou re-découvrir, l’œuvre ET la vie de René Magritte.
En bref, une bio qui n’en est pas une, tout en l’étant mais sans l’être. Mais, si ça peut vous rassurer, il n’est pas besoin d’aimer ou de connaître Magritte pour l’apprécier.

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Odradek.

 

25/10/2016

Les aventures de Spirou et Fantasio T10 La lumière de Bornéo

Spirou Zidrou Pé.jpgspirou t10.jpgDessin : Franck Pé
Scénario : Zidrou
Editeur : DUPUIS
Sortie : 7 octobre 2016
84 planches

 

 

 

Résumé :
Tandis qu’un mystérieux peintre anonyme alimente une galerie d’art bruxelloise en toiles animalières d’une qualité exceptionnelle, Spirou, qui s’est fait virer de chez Moustique, tombe sur un vieil ami, Noé, l’homme qui parlait à l’oreille des animaux. Celui-ci est en pleines retrouvailles avec sa fille, une ado mal dans sa peau. Afin d’apaiser la situation et d’aider Noé, c’est Spirou qui va récupérer « l’animal » chez lui…

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Mon avis :
Toute la difficulté que je viens d’avoir à résumer cette BD résume à elle seule ce que j’en pense…

Malgré un dessin très au point (non exempt de tout reproche, mais de très grande qualité tout de même), ce nouveau tome de la série Le Spirou de m’a quelque peu déçu. Un peu comme une boisson aux édulcorants. En le lisant, je me disais que c’était plutôt bon (notamment grâce au dessin), mais, une fois le livre refermé et la potion avalée, il me reste un goût amer dans la bouche de mon cerveau. Je m’explique.
Comme je l’ai déjà dit deux fois en quelques lignes, le dessin est superbe. Le livre, l’objet lui-même est très beau. Le papier (recyclé, of course) est d’un blanc assez chaud et d’un grammage pas dégueu. En plus, il sent bon la BD neuve. En outre, on se rend compte rapidement que si l’on a payé un poil plus cher qu’une BD grand format classique, on a du rabe de pages : 82 en tout. Bref, ça part bien. Le dessin, disais-je, est superbe. Les couleurs sont à tomber, le découpage, les mouvements, tout est très dynamique mais sans tomber dans la caricature. Non, vraiment, graphiquement, c’est au top. Le seul petit bémol (et encore, je ne l’ai remarqué qu’en deuxième lecture) ce serait l’utilisation presque systématique de dégradés qui trahissent une source numérique du dessin. Sur du papier glacé et dans d’autres circonstances, je trouve que ça pique les yeux. Mais là, avec le joli papier et les autres éléments du dessin, ça passe plutôt bien… Il fallait tout de même que je le mentionne.
Enivré par une telle qualité graphique, on se laisse facilement prendre par le récit. Mais c’est malgré tout au niveau du scénario que le bât semble blesser. J’ai comme l’impression que l’auteur a voulu trop en mettre dans un seul et même tome. Voyez vous-mêmes. D’abord, Spirou se fait virer de son journal pour des raisons déontologiques alors que Fantasio décide d’y rester avec les embrouilles qui vont forcément en découler. Ensuite, Noé fait son retour dans le monde de Spirou avec tous ses animaux et le monde du cirque. Puis, la fille de Noé revient dans la vie de ce dernier avec tous les chamboulements que l’on peut imaginer et les conflits entre un père maladroit avec les humains (imaginez avec une ADO et une fille renfermée sur elle-même et manifestement en manque d’affection parentale. Il y a également Spirou qui prend des cours de peinture auprès d’une jolie jeune fille avec une romance potentielle à la clé. Enfin, vous avez une trame à base de tableaux animaliers, de spéculation dans le monde de l’Art, le tout, en parallèle avec une invasion mondiale de champignons noirs dont personne à part Champignac et sa bande ne semble se soucier.
A croire que pour faire un bon Spirou il faille absolument s’accrocher à des références du passé de la série. Je ne suis pas certain que Franquin se prenait la tête à relire les précédentes histoires où apparaissait Spirou pour y gaver de références ses albums… Fournier non plus d’ailleurs… Comme si on ne pouvait pas faire un album de Spirou sans y mettre un peu de Champignac, un peu de Palombie, et beaucoup de Franquin. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Gros respect pour Franquin, Champignac et même la Palombie où je pars souvent en vacances… Mais c’est juste que des fois, à trop vouloir en faire on gâche tout. Pour La lumière de Bornéo, en l’occurrence, l’histoire des champignons noirs n’a l’air de servir à rien d’autre qu’un prétexte à quelques cases avec ce bon Pacôme... Peut-être eut-il mieux valu se concentrer sur l’histoire principale.
Quoi qu’il en soit, à la fin, je ne sais toujours pas quoi en penser… Un drôle d’ orang-outan est malheureusement mort, une ado anorexique semble s’être libérée et a retrouvé son père, deux magnats ridicules offrent une superbe expo à la ville de Bruxelles (et au monde !!!), Spirou semble avoir trouvé un modèle pour ses cours de nu et il semble que le journal Moustique soit devenu un catalogue pour couches culottes…
Bref, un arrière-goût amer quoi…

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Odradek.