18/10/2017

Sept macchabées

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, FantastiqueSept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, FantastiqueScénario : Henri Meunier
Dessin : Etienne Le Roux
Éditeur : Delcourt
64 pages
Date de sortie : 30 août 2017
Genre : Fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les empires germanique et britannique sont en compétition pour atteindre le pôle Sud. Sur la route de cette folle conquête, les échecs et les cadavres s’accumulent… Quand les Anglais ont une idée aussi folle que géniale…

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

Londres, 1909. Dans le plus grand secret, les autorités britanniques réactivent une technique de réanimation des morts héritée de Victor Frankenstein pour tenter de conquérir l’Antarctique au nez et à la barbe de l’empereur Guillaume II. Ils réunissent avec soin une équipe de sept explorateurs polaires, récemment décédés. Mais la première vie du trépassé ne simplifie pas nécessairement la seconde… Et certains n’ont pas demandé à revenir…

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

 

Mon avis

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, FantastiqueLa série Sept s’arrête cette fois-ci sur une conquête uchronico-fantastique du Pôle Sud réalisée par une équipée de mort-vivants (c’est la mode, après tout…). Le pitch est plutôt sympa et les éléments de suspense disséminés çà et là au long de l’histoire sont de nature à attiser la curiosité du lecteur, tout comme, d’ailleurs, la rivalité historique des grandes nations voulant conquérir les ultimes territoires inconnus de notre planète en cette époque d’apogée des empires coloniaux (britannique et français, notamment).

Malheureusement, le déroulé de cette aventure et sa conclusion ne sont pas à la hauteur des attentes suscitées. Les auteurs nous embarquent dans une un scénario un peu lourd (le fil rouge de la femme du médecin, par exemple, n’apporte pas grand-chose à l’histoire, me semble-t-il) où interviennent des personnages réels (Le propre père du Che !) et autre héros de romans (La créature de Frankenstein). Encore, pour cette dernière, pourquoi pas ? En effet, dans le roman de Mary Shelley, le monstre disparaît dans le brouillard et peut très bien « vivre » au Pôle Sud depuis. Le lien est par ailleurs assez logique puisque la technique utilisée pour ramener les morts à la vie est celle de Victor Frankenstein. Mais pour le père du Che, Ernesto Guevara Lynch, j’ai envie de dire : What The Fuck ?!?. Franchement, ça sort de nulle part et ça gâche tous les efforts des scénaristes pour mener cette histoire à son terme. La valeur ajoutée de nous présenter ce personnage comme le père du Che est environ de zéro. Elle ne participe pas spécialement d’un hommage humoristique ou quoique ce soit d’autre et n’a apparemment aucune raison d’être. Au final, je me suis mis à focaliser sur ce détail et me suis désintéressé un peu du reste, à savoir la conclusion de l’histoire. C’est d’autant plus dommage que l’une des portes ouvertes par le scénariste : Le Major Buttler, ce qu’il est devenu, comment il s’est fait remplacer dans la mort, quel genre de salaud était-il vraiment, tout cela est finalement laissé de côté alors qu’il y avait certainement matière à éclairer notre lanterne sur cet absent omniprésent.

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

Bon, et puis concernant le dessin, c’est un peu pareil. Ça aurait pu être très bien mais entre des cases aux qualités graphiques inégales (parfois très bonnes mais d'autre fois un peu brouillonnes) et une colorisation numérique un brin pâlotte usant et abusant des horribles dégradés pour les ciels, on n’est finalement pas trop gâté de ce côté-là non plus.

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

Bref, il y avait clairement de quoi faire mieux avec cette BD qui, de fait, n’est pas vraiment une réussite. Dommage !

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

 

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

 

Sept macchabées, Delcourt, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Pôle Sud, Frankenstein, uchronie, Fantastique

 

Odradek.

16/10/2017

Largo Winch - Tome 21 - L'Etoile du matin

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymouslargo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymousScénario : Eric Giacometti
Dessin : Philippe Francq
Éditeur : Dupuis
48 pages
Date de sortie : 06 octobre 2017
Genre : Aventures

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les valeurs du Dow Jones chutent de manière spectaculaire. Le groupe Winch est accusé d’avoir manipulé les cours. Qui se cache derrière cette machination ? Qui sont les véritables maîtres de la finance ?

 

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

 

Mon avis

On ne me l’aurait pas dit, je ne l’aurais pas deviné… D’ailleurs, on ne me l’a pas dit ! Largo Winch a (de nouveau) perdu son père. En effet, en arrivant à la sympathique (et bien pourvue en éclairs au chocolat et autre délicieux petits fours) soirée de lancement de ce 21ème tome des aventures du « milliardaire au grand cœur », je remarquai sur le visuel de la couverture affichée un peu partout que le nom de Van Hamme avait été remplacé par celui de Giacometti, Éric de son prénom. Contrairement au premier épisode : « L’Héritier » où Nério Winch mourrait en laissant Largo orphelin, multi-milliardairement riche certes, mais orphelin tout de même, cette fois-ci, son deuxième papa, Philippe Francq (son excellent dessinateur) lui en a trouvé un nouveau, et un très bon, qui plus est. Il s’agit d’un auteur de romans policiers à succès qui fut, accessoirement, journaliste économique pour Le Parisien.

Résultat : On ne me l’aurait pas dit… Je ne l’aurais pas deviné…

La transition - toujours plus délicate quand on change un scénariste que lorsqu’il s’agit d’un nouveau dessinateur - se fait donc tout en douceur. Enfin, c’est du Largo Winch, en douceur certes, mais avec de l’action.

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

Sans être « fan » de cette série (je n’aime pas trop ce terme, à part si l’on me parle des Beatles ou du Liverpool Football Club), je l’apprécie énormément et je dois avouer que la façon dont est traité ce nouveau tome est un réel soulagement.

D’abord, comme le rappellent les deux (nouveaux) compères au fil des interviews, il fallait poursuivre et clôturer l’aventure précédente (le diptyque Chassé-croisé et 20 secondes) scénarisée par Jean Van Hamme et qui se terminait sur un « à suivre » un poil inquiétant. Aussitôt dit… Ce nouvel épisode débute donc quelques mois après les évènements de Londres et l’on y retrouve Largo et Simon en train d’essayer de débusquer celui qui se cachait derrière l’attentat manqué contre la tour londonienne du Groupe W. Voilà pour le début.

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

Ensuite, on peut dire que Giacometti a bien bossé son sujet. Car oui, tous les éléments d’un bon Largo son présents sans pour autant être hors de propos. En effet, il n’est pas rare de voir des auteurs reprendre une série à succès et se perdre en hommages et autres clins-d ’œil à l’auteur précédent. Giacometti évite cet écueil tout en disséminant les ingrédients auxquels nous sommes habitués : Les amis, Simon et Freddy, les jolies (sublimes et sexy) femmes qui en veulent à Largo, le Big Board du Groupe W, les flashbacks avec Nério Winch, un orientalisme assumé, un contexte réaliste (forum économique et Anonymous), de l’action (des meurtres gratuits ou pas, des avions qui arrivent à point), la banque de Vaduz (la fameuse Zukunft Ansalt), des trahisons et, last but not least, un bon cliffhanger final… Le tout parfaitement intégré à un scénario très bien documenté (saint-Van-Hamme n’est pas loin !) faisant la part belle à l’Economie et la Finance en allant fouiller du côté du Trading Haute Fréquence, des ordinateurs et autres algorithmes qui prennent toujours plus de place dans nos vies.

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

Côté graphisme, que dire ? Que Philippe Francq est un orfèvre de la Bande Dessinée, que chacune de ses planches est un trésor d’harmonie, que son trait est précis, ses cadrages millimétrés et que ses compositions frôlent la perfection ? Mais bon, vous le saviez déjà, non ? Les couleurs sont également à tomber. Bien que traitées numériquement, elles gardent un aspect « BD » tout en renforçant le côté réaliste du trait de Francq. C’est d’autant plus appréciable qu’aujourd’hui, nombre de bandes dessinées (je ne citerai pas de noms…) qui paraissent sont colorisées (et même dessinées) à la va-vite, faisant regretter le bon vieux temps des aplats de Tintin ou d’Astérix…

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

Bref, si vous aimez Largo Winch, il est plus que probable que, comme moi, non seulement vous appréciez ce tome 21, mais qu’en plus, il vous rassure sur l’avenir de la série. Bienvenue monsieur Giacometti !

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

 

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

 

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymous

 

02/10/2017

L'Homme de L'Année - Tome 12 - Le robot de Metropolis

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, MétropolisL'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, MétropolisScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Filip Andronik et Senad Mavric
Éditeur : Delcourt
64 pages
Date de sortie : 23 août 2017
Genre : Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Si le robot de Metropolis est célèbre, qui connaît l’histoire de celle qui lui a donné vie à l’écran ? Au-delà d’un portrait de Brigitte Helm, cet album parle de ce qui est devenu le symbole principal du film de Fritz Lang.

1925, le tournage de Métropolis débute. Le casting a sélectionné nombre de personnes sans aucune expérience du cinéma, comme Brigitte Helm, 19 ans, et l’exigence du réalisateur en a fait une épreuve très éprouvante pour les acteurs… Mais surtout, de par l’époque et le contexte où il est tourné, ce film annonce l’arrivée des totalitarismes qui vont ravager l’Europe et le monde quelques années plus tard.

 

Mon avis

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, MétropolisBon, je n’irai pas par quatre chemins : je n’ai pas vraiment aimé cette BD. Il faut dire qu’entre le scénario assez plat et le dessin d'Andronik et Mavric, ce n’est pas évident d’y trouver son compte.

Le scénario, d’abord. Le titre de l’album est « Le robot de Metropolis » mais l’essentiel de l’histoire se concentre sur Fritz Lang, le réalisateur du film. On voit certes un peu le personnage de l’actrice qui incarne le robot, on se rend plus ou moins compte des difficultés techniques que cela a pu représenter, mais ce n’est qu’en arrière-plan. Le sujet c’est bien Fritz Lang et les problèmes qu’il rencontre avec les nazis. Cette partie de l’histoire me semble par ailleurs assez étrange. On y fait intervenir une société secrète : Consul (les nazis) et une espèce de détective privé super-résistant. Alors qu’Hitler n’accède au pouvoir qu’en 1933, Lang doit « plaire » aux nazis sous peine de ne pas pouvoir tourner son film. Les nazis semblent déjà se trouver à tous les échelons de pouvoir nécessaires au financement et au tournage d’un film, notamment au niveau du financement. Un coup ils veulent le financer en orientant son film puis, le coup d’après, ils ne veulent plus qu’il achève le film. Finalement, ils se débrouillent pour « s’occuper » du montage en amputant 25% du film.

JL'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, Métropolise ne sais pas si c’est le fruit d’une erreur anachronique, mais je trouve étonnant d’assister à la mise à sac d’un club de musique et strip-tease par des nervis en uniformes et croix gammées en plein Berlin de 1925 alors qu’à cette époque le parti d’Hitler ne compte que 2700 membres dans toute l’Allemagne, qu’il est principalement implanté dans le Sud, en Bavière notamment, et que ce dernier, Adolf, est interdit de parole dans la plupart des Lander. Cette scène, p48 et 49, appartient plutôt aux années 33-39 qu’à l’année 1925. Tout ça me semble un peu confus…

Globalement, je trouve que cette BD ne s’attarde pas assez sur le film lui-même et pourquoi il tient une place si importante dans le patrimoine cinématographique mondial. C’est plus une péri-aventure du tournage d’un monument du cinéma que l’histoire du robot de Metropolis. Je trouve ça dommage… Mais ce n’est que mon avis.

Et puis le dessin… Les attitudes des personnages sont trop statiques (je parle de quand ils sont censés être en mouvement), les détails des visages ne sont pas toujours très beaux et certaines proportions des corps laissent à désirer. Les décors relèvent un peu l’ensemble mais pas assez. Les fonds de cases sont très (trop ?) souvent unis et sans matière. Ce dernier détail donne à l’ensemble de la BD un goût d’inachevé. Si j’étais mauvaise langue, je dirais même bâclé, mais bon n’exagérons rien… Mais tout de même, c’est un peu moyen tout ça… Cerise sur le gâteau, la jolie couverture n’est pas du même dessinateur que la BD, ce qui, dans la notation Odradek est synonyme de malus…

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, Métropolis

Bref, Je n’ai pas aimé. Je ne dis pas que ça sera votre cas, mais bon, je le soupçonne…

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, Métropolis

 

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, Métropolis

 

L'Homme de L'Année, Le robot de Metropolis, Delcourt, Jean-Pierre Pécau, Filip Andronik, Senad Mavric, Jean-Paul Fernandez, Histoire, Cinéma, Fritz LAng, Métropolis

 

Odradek

27/09/2017

Les mystères de la Cinquième République – Tome 5 : Au nom de la France

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenatLes mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenatScénario : Philippe Richelle
Dessin : François Ravard
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 14 juin 2017 
Genre : Historique, Policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Début 1968. L’ex-commissaire Verne poursuit ses investigations pour l’écriture d’un livre sur les intérêts de la France en Afrique de l’Ouest. Il reprend contact avec Moreno, un homme d’affaire rencontré dans la capitale gabonaise de Libreville, impliqué dans des sociétés aux finances obscures et étroitement liées au gouvernement français. Malheureusement, en raison d’un évènement dramatique, son livre n’aboutira jamais... C’est Berlier, son ancien subordonné et nouveau commissaire de la PJ qui reprend l’enquête. En la mémoire de son collègue, pour son ami, il tirera toute cette affaire au clair...

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

 

Mon avis

Par où commencer pour vous dire tout le bien que je pense de ce cinquième tome et, plus généralement, de cette série.

Bon, la série, d’abord. Elle est globalement centrée sur « les évènements » d’Algérie comme on nommait pudiquement cette sale guerre à l’époque. Ce choix n’est pas anodin car il s’agit là de l’un des éléments fondateurs de la Cinquième en ce sens où c’est pour régler le cas de l’Algérie que De Gaulle est rappelé au pouvoir en 1958. Il en profite pour faire voter une nouvelle constitution renforçant les pouvoirs de l’exécutif comme on ne l’avait plus vu depuis la monarchie. Dans la foulée, il déçoit une partie de ceux qui l’ont fait revenir en orientant sa politique vers un règlement définitif du conflit algérien passant nécessairement par l’indépendance de la plus ancienne colonie française. Les coups tordus mis en place à l’époque (les barbouzes, le SAC, la France-Afrique, Jacques Focart, etc.) auront des répercussions sur la politique française durant les 30 à 40 années qui suivront.

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

Dans cette série, Richelle mélange savamment des éléments d’évènements ou de personnages réels avec de la fiction sortie tout droit de son imagination mais qui aurait pu arriver. Des passeurs de valises français en direction des maquis algériens aux ratonnades de l’OAS, du racket systématique du FLN pour financer ses actions « terroristes » à la répression sanglante du 17 octobre 61 par la police « républicaine » d’une manifestation contre la guerre, et, encore, des intérêts stratégiques nationaux (le pétrole, encore et toujours) au meurtre d’état, les cinq tomes des Mystères de la Cinquième République couvrent un panel assez complet de ce qu’ont pu être ces années troubles.

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenatLa trame narrative est identique aux 2 autres séries parallèles, les mystères de la Troisième et de la Quatrième République. Les premières pages du tome 1 nous présentent le personnage principal dans une situation plus ou moins tendue : condamné à mort, en train d’acheter une arme de poing illégalement ou, comme ici, en train d’écrire un livre explosif sur la France-Afrique. Puis, on nous déroule un flash-back durant les 4 tomes suivant pour arriver au dénouement du cinquième tome. Encore une fois, c’est assez classique mais ça reste très efficace. D’autant plus que les scénarii des épisodes pris individuellement sont de bonne facture et l’on s’ennuie pas du tout en les lisant.

Ensuite, concernant ce tome en particulier, je dis : « chapeau » : -Spoiler Alert- faire mourir le héros de sa série déjà, respect, mais au bout du tiers de la BD, GROS RESPECT. D’autant que ce décès prématuré permet de faire émerger un peu plus un personnage secondaire pas spécialement sympathique (il n’y a qu’à voir comment il parle des « bicots » au long des tomes précédents) le commissaire Berlier. Un peu comme dans les mystères de la troisième république d’ailleurs, Philippe Richelle nous refait le coup de l’inspecteur Lacaze, et ça marche. C’est d’ailleurs l’un des talents de cet auteur que de nous servir des personnages secondaires tout en relief, avec leurs défauts et leurs qualités, auxquels on peut tout même s’attacher, alors que ses héros sont eux un peu plus lisses, humains certes, mais plus lisses. Je ne vous raconte pas la chute finale (je ne vais tout de même pas tout vous dévoiler !) mais ça m’a bien plu.

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

Question dessin, j’ai apprécié l’évolution du trait de François Ravard au cours de la série. Passant d’un trait assez épais sur le premier tome à quelque chose de plus affiné sur les tomes suivants. J’ai juste un regret mais il concerne les couleurs. Autant j’apprécie généralement le côté lumineux de la mise en couleur de Claudia Boccato, autant je trouve dommage les fonds numériquement dégradés (notamment certains ciels), qui émaillent cet album. Ça gâche un peu le plaisir.

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

Quoiqu’il en soit, les auteurs ont su (une fois de plus pour Richelle) conclure de fort belle manière cette très bonne série.

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

 

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

 

Les mystères de la Cinquième République, Au nom de la France, Histoire, Guerre d'Algérie, France Afrique, Philippe Richelle, François Ravard, glenat

 

Odradek

21/09/2017

Les mystères de la Troisième République – Tome 5 : Mort d’un collabo

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationphilippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationScénario : Philippe Richelle
Dessin : Pierre Wachs
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 14 juin 2017
Genre : Histoire, Policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationL’union fait la force. Londres, octobre 1943. Sous l’impulsion du général de Gaulle, le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d'Actions clandestines de la France Libre) met une priorité à unifier la Résistance en France, pour le moment déchirée entre les gaullistes et les partisans de l’ancien général vichyste Henri Giraud. À Paris, le commissaire Peretti est chargé d’aller rencontrer le responsable du mouvement giraudiste Renaissance : un dénommé Féval. Mais il ignore que derrière ce nom de code se cache une vieille connaissance qu’il aurait préféré ne pas recroiser...

 

Mon avis

On va encore dire que je dis du bien… Mais bon, je n’y peux rien monsieur le juge, si des auteurs de BDs s’évertuent à nous pondre des séries de qualités. Ce qui est effectivement le cas de Philippe Richelle et Pierre Wachs.

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaboration

 

Le dessin de Wachs, d’abord. Le trait est fin, sobre et précis. Les décors tout comme les cadrages, les attitudes et proportions des personnages sont également de très bonne qualité et font preuve d’un travail très appliqué. Mais là où il excelle vraiment c’est au niveau des expressions faciales. Wachs est non seulement un très fin observateur mais il sait aussi parfaitement traduire le fond de la pensée de ses personnages en quelques traits du visage. Une mention particulière à l’inspecteur Lacaze (le chauve à mégot) dont les tronches sont excellentes. Une bonne mention enfin pour les couleurs (Claudia Boccato), à la fois lumineuses mais sans être flashy, discrètes mais toujours dans le bon ton.  

Malgré ces éloges, je dois dire que le scénario de Richelle me fait encore meilleure impression que le dessin de Wachs. En effet, ce cinquième et dernier tome vient clore cette série en répondant de fort belle manière à la question qui nous taraudait depuis la première planche du tome 1 : comment le commissaire Peretti en est-il arrivé au pied de l’échafaud et, surtout, va-t-il en réchapper ?

Je passerai sur l’enquête policière qui voit Peretti être obliger de trouver le coupable du meurtre qu’il a (selon toute vraisemblance) commis. Je passerai également sur la galerie de personnages qui, durant cette période trouble de la collaboration, ont adopté des attitudes plus ou moins dignes. Deux mentions, tout de même : la première pour le fameux Lacaze, flic un peu bourru qui ne porte pas spécialement l’occupant dans son cœur, qui ne crache pas non plus sur un peu de marché noir à l’occasion tout en étant efficace dans son travail et fidèle envers son supérieur le commissaire Peretti. La seconde pour l’inspecteur Cazeneuve, flic zélé aux sympathies germanophiles affichées et qui enquêtera en interne pour découvrir et dévoiler, non sans joie, la culpabilité de Peretti.

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationNon, à mon sens, le véritable intérêt de ce tome (voire même de cette série) réside dans les quelques pages finales où l’on voit Peretti être jugé tour à tour par le pouvoir Vichyste pour l’assassinat d’un grand industriel proche des autorités et, forcément, grand serviteur de la nation, puis, par le nouveau pouvoir, issu de la Libération du pays, pour avoir assassiné un grand résistant (oui, il s’agit bien de la même personne !!!). Richelle met ainsi le doigt là où ça fait mal, à savoir sur ces résistant de la dernière heure qui ont senti le vent tourner un peu avant les autres alors que d’authentiques résistants avaient du mal à prouver leur intégrité suite au démantèlement de leur réseau décimé par la Gestapo ou l’occupant. Combien de Trezelles (c’est le nom de ce sinistre personnage) sont non seulement passé à travers les mailles du filet (assez radical, certes…) de l’Epuration qui a suivi la Libération mais ont en plus reçus les honneurs indus d’une toute jeune Quatrième République peu regardante ?

En conclusion : Un excellent album qui vient clore une excellente série, ni plus ni moins.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

Philippe Richelle, Pierre Wachs, Glénat, HIstoire, Policier, Résistance, Collaboration

 

Philippe Richelle, Pierre Wachs, Glénat, HIstoire, Policier, Résistance, Collaboration

 

Philippe Richelle, Pierre Wachs, Glénat, HIstoire, Policier, Résistance, Collaboration

 

Odradek.

15/09/2017

Sonora - Tome 1 – La Vengeance

Sonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceSonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Benoît Dellac
Éditeur : Delcourt
56 pages
Date de sortie : 07 juin 2017 
Genre : Aventure, Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Sonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceRésumé de l’éditeur : À la fin du XIXe siècle, de nombreux Français s’exilent en Californie pour bâtir un nouvel idéal après la Révolution de 1848. Mais la réalité va vite les rattraper… Pécau et Dellac nous entraînent aux côtés d’un héros en quête d’or et de vengeance.

1851.Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco. Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or. Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

 

Mon avis

Pan ! Pan ! Le nouveau Pécau est arrivé !

Objectivement, cette nouvelle série semble avoir tout pour plaire. Le pitch, un homme qui va au bout du monde pour accomplir sa vengeance et tuer les responsables de l’assassinat de son frère, est d’une simplicité absolue mais toujours aussi efficace. Le scénario qui en découle est beaucoup plus subtil. Entre des flashbacks explicatifs, des personnages abjects, une franc-maçonnerie diasporisée (et un néoSambalogisme ! Un ! Euh, deux, en fait…), une prostituée de luxe, atomique mais prisonnière, des trahisons et une violence omniprésente, il y a de quoi faire.

Dans ce premier tome, Pécau met en place le cadre de la série tout en entrant dans le vif du sujet avec de l’action et des rebondissements. Il prend le temps de développer ses personnages, notamment son héros, Maximilien, mais également l’horrible général, tout en ouvrant quelques portes avec d’autres (Miss Lola et Tortillard) pour les tomes à venir. Et ça marche. Malgré la simplicité du sujet, on accroche facilement et on veut savoir ce qui va arriver leur arriver. Pari réussi pour les auteurs.

sonora,jean-pierre pécau,benoît dellac,delcourt,aventure,historique,western,vengeance

Côté graphique, le dessin possède également les qualités requises pour illustrer cette histoire. Les tons choisis, les cadrages (Dellac aime le « penché ») et, d’une manière plus générale, la plupart des détails sont très bien travaillés, participant ainsi à la mise en place d’une ambiance western glauque et violente à souhait. Bon, vous allez dire que je cherche la petite bête, mais, malgré ses qualités, je tique un peu sur certaines cases. Des proportions, des positions, des mouvements, certains détails, me semblent parfois un peu légers comparés au reste. D’autant que l’impression générale reste très bonne. Autre point négatif, mais c’est pareil, c’est une question de principe chez moi, je ne comprends pas et je trouve ça toujours un peu limite quand la couverture est illustrée par un autre dessinateur que celui qui officie sur la BD elle-même, ce qui est malheureusement le cas ici… Je dois être vieux jeu…

sonora,jean-pierre pécau,benoît dellac,delcourt,aventure,historique,western,vengeance

Quoiqu’il en soit, nous sommes en présence du très bon premier tome d’une série pleine d’avenir. On attend le deuxième avec gourmandise.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

sonora,jean-pierre pécau,benoît dellac,delcourt,aventure,historique,western,vengeance

 

sonora,jean-pierre pécau,benoît dellac,delcourt,aventure,historique,western,vengeance

 

sonora,jean-pierre pécau,benoît dellac,delcourt,aventure,historique,western,vengeance

Odradek

 

 

14/09/2017

Les mystères de la Quatrième République – Tome 5 : Opération Résurrection

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseLes mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseScénario : Philippe Richelle
Dessin : Alfo Buscaglia
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 14 juin 2017
Genre : Policier / Historique

 

 

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaisePrésentation de l'éditeur

1958. Après la Bataille d’Alger et le démantèlement des principaux réseaux FLN, l’Algérie semble avoir retrouvé un semblant de paix. Sauf que les grands colons, hostiles à toute forme de changement, voient d’un mauvais œil les réformes que le gouverneur général Lacoste s’apprête à faire passer, faisant des Musulmans des citoyens à part entière. À vrai dire, les tensions sont loin d’avoir quitté la capitale algérienne. Une triste réalité que va amèrement découvrir le commissaire Coste, profitant de quelques jours de congés pour rendre visite à son ancien collègue Hautcoeur, désormais en poste à Alger...

 

Mon avis

Une bonne série qui se termine bien.

Je vous avoue que je n’ai pas eu trop de mal à être convaincu par Les Mystères de la Quatrième République. Le personnage principal est peut-être un peu froid mais il est diablement efficace. J’ai apprécié, tout au long de la série de voir non pas un super-héros, mais un policier (Monsieur est « commissaire » !) en proie aux doutes, aux erreurs, et pas du tout insensible aux coups qu’il reçoit. Bref, un être humain quoi…

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseEnsuite, le contexte. Cette période de l’Histoire de France récente est assez méconnue. Elle regorge pourtant d'évènements marquants du fait des circonstances historiques d’un après-guerre écrasé par le poids du conflit idéologique qui s’ensuivit. L’opposition tentaculaire entre les deux Grands de l’époque, USA et Union Soviétique, eut entre autres, pour conséquence une accélération des processus de décolonisation en Afrique et en Asie. Il y avait des espions partout et les coups bas étaient la règle. C’est bien dans ce contexte explosif que ce situe ce cinquième tome des aventures du commissaire Coste.

 

L’imprégnation historique du (très bon) scénario (une affaire de meurtre d’un ultra de l’Algérie Française) est particulièrement poussée, réussie et riche d’enseignements sur ce qui pouvait se passer en Algérie dans ces années troubles de fin de règne. Les auteurs ont également eu la bonne idée de ne pas tomber dans la caricature en imaginant leurs personnages. Ils ont d’autant plus de mérite que c’est un écueil souvent difficile lorsque l’on traite de sujets aussi sensibles qu’une guerre « civile », la torture ou encore la politique.

 

Le dessin précis et très réaliste de Buscaglia, quant à lui, est parfaitement adapté. A défaut d’être particulièrement beau, c’est propre, sobre et les cadrages sont carrément bien sentis.

 

En bref, un bon petit polar au soleil d’un Alger en ébullition.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie française

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie française

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie française

 

Odradek.

07/09/2017

Breizh - Tome 2 - Une nouvelle terre

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historiquebreizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueScénario : Nicolas Jarry et Thierry Jigourel
Dessin : Erwann Seure-Le-Bihan
Éditeur : Soleil Celtic
56 pages
Date de sortie : 7 juin 2017
Genre : Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’empire romain s’est effondré, les barbares venus de l’est déferlent sur les ruines de la maison Rémus et Romulus. Dans leur île, les Bretons, à nouveau indépendants, reculent devant la triple avancée des Saxons au sud-est, des Scots à l’ouest et des Pictes au nord. Une partie importante d’entre eux hissent les voiles vers les rivages de la Gaule du nord, de la péninsule hispanique et surtout de l’Armorique, à laquelle ils vont donner leur nom, leur langue, un encadrement religieux, une partie de leurs institutions et une empreinte durable....

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historique

 

Mon avis

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueOn prend (presque) les mêmes et on recommence ! Enfin, le coloriste du tome 1 a tout de même été promu au rang de dessinateur du tome 2. Graphiquement, la collection garde ainsi une certaine unité tout en donnant une meilleure impression générale (ce n’est que mon humble avis). Le dessin reste dense, les pages bien remplies et les ciels un peu trop photographiques. Ceci dit, tout comme pour le tome 1 (et pour cause, c’était déjà lui qui s’en occupait) ça reste très bien fait et presque acceptable pour des gens comme moi généralement allergiques à ce genre d’hérésies chromatiques… Les physionomies des personnages (détails, angles, etc.) semblent également mieux travaillées que dans le tome précédent. Enfin, pour conclure sur la partie dessin, bonheur ultime, il semblerait que l’illustration de couverture soit l’œuvre du dessinateur de la BD (ce qui n’était pas le cas pour le tome 1 et que je regrettais d’ailleurs, naguère, ici même, il y a au moins trois mois, dans la chronique du tome concerné !).

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueEn tout cas, pour ce qui est des scénaristes, il s’agit bien des deux mêmes. On y retrouve une grande maîtrise du sujet, une narration chronologique et événementielle rythmée et vivante, de nombreux passages issus de chroniques et de livres de références sur l’histoire de la Bretagne et, last but not least, cette pointe de fierté nationaliste bretonne qui fait le sel (et le poivre !!!) de mes conversations avec certains mes interlocuteurs bretons lorsque j’ai le plaisir de me rendre dans cette magnifique région FRANCAISE tongue-out

 

On continue donc sur la persécution du gentil peuple breton des deux côtés de la Manche avant de se focaliser sur les horribles Francs qui veulent à tout prix les soumettre en Armorique. Bon, c’est d’ailleurs là que je ne comprends pas trop le titre de ce second tome. En effet, il s’intitule « Une nouvelle terre » mais le vrai sujet semble en être l’héroïque Nominoë. Si le début de ce deuxième tome raconte bien la souffrance et l’exode du peuple breton de Grande-Bretagne vers l’Armorique, les vingt dernières pages sont consacrées à un seul personnage : Nominoë, et ceci, dans un ouvrage qui survole environ 3 siècles d’histoire en une cinquantaine de pages. Mon interrogation quant au découpage de cette collection de Soleil Celtic se fait encore plus grande quand je lis au dos de la BD : à paraître : Tome 3 – Nominoë, le père de la patrie, alors que – Spoiler Alert !!! – le Nominoë en question meurt à la dernière page du livre...

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historique

En tout cas, ça me fait une raison de plus d’attendre avec envie le troisième tome de cette série sérieuse qui suit son court tranquillement, un peu comme la Villaine…

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historique

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historique

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historique

 

 

Odradek. 

04/09/2017

Le Haut Palais – Tome 1 – Le pacte d’Obsidian

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueLe Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueScénario : Mike Carey
Dessin : Peter Gross
Éditeur : Glénat
64 pages
Date de sortie : 07 juin 2017
Genre : Conte Fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueDans le pays d’Ossaniul, il existe une forteresse aussi démesurée qu’inaccessible : le Haut Palais. En maîtres des lieux, les membres de la noble famille d’Aldercrest y règnent sur une véritable armée d’esclaves. Au plus bas de l’échelle, le jeune Moth effectue les tâches les plus ingrates et a raisonnablement peu d’espoir de vivre longtemps. Jusqu’au jour où il fait la connaissance d’Obsidian, une mystérieuse entité prisonnière des lieux qui lui parle dans son sommeil. Si Moth fait ce qu’il lui demande, Obsidian lui promet fortune et gloire. Va-t-il accepter ce marché ?

 

À travers une subtile uchronie, Le Haut Palais nous transporte dans un pays fictif très proche des royaumes des Balkans au XVIe siècle. Mike Carrey et Peter Gross (Lucifer, The Unwritten) tirent de ce contexte un captivant récit fantastique qui porte une réflexion sur l’âme humaine, nous décrivant comment un jeune esclave va tout tenter pour se sortir de sa condition. 

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

Mon avis

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueIl était une fois deux étranges personnages, Mike Carey, scénariste et Peter Gross, dessinateur, accompagnés de leur fidèle coloriste Fabien Alquier (en fait, ça fait trois, non ?). Ces sympathiques artistes s’étaient mis en tête d’offrir à leurs contemporains une œuvre aussi belle qu’originale. Pour ce faire ils durent créer un monde doté de sa propre topographie, son histoire, sa mythologie ou encore ses religions. Les personnages de leur récit évoluaient dans un monde proche de notre moyen-âge, empreint de magie et autres sorcelleries.

Pour illustrer cette histoire, ils utilisèrent des tons chauds et une matière rappelant les parchemins et autres cuirs très courant en ces temps reculés. La précision du trait renforcée par le travail impeccable des couleurs (et de la matière, j’insiste vraiment) appliquée à des faciès un peu caricaturaux (mais jamais trop), l’horrible cuisinier par exemple, donnaient une cohérence et une forte originalité à l’ensemble tout en servant parfaitement le propos du conte. Les visages, les détails architecturaux ou d’intérieurs, les angles de vue, les cadrages et tout le reste étaient un régal pour les papilles oculaires des lecteurs…

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

L’histoire à proprement parler, celle d’un enfant vendu comme esclave par sa mère et qui allait essayer, dans un premier temps, de survivre à sa nouvelle condition, suivait son cours sans être particulièrement haletante. Il faut dire que nos amis conteurs avaient beaucoup de choses à faire découvrir à leur public pour que tous pussent entrevoir et appréhender au mieux leur univers. Ils mirent donc en place peu à peu tous les éléments de leur création à coups de digressions mythologico-historiques pendant que leur héros, le jeune Moth, s’adaptait au mieux à son hostile environnement...

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

Quant à savoir si nos trois ménestrels (si, si, un coloriste de cette qualité ça compte bien comme « un ») vécurent heureux et firent beaucoup de petits tomes, l’histoire ne le mentionne pas encore, mais, pour ma part, je l’espère sincèrement.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

Odradek.

28/07/2017

Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

  

Présentation de l'éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

 

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l'optique d'une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

, sarbacane,

 

, sarbacane,

 

, sarbacane,

 

Odradek