06/03/2017

Au revoir là-haut

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtAu revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtScénario : Pierre Lemaître
Dessin : Christian De Metter
Éditeur : Rue de Sèvres 
176 pages
Date de sortie : 07 octobre 2015  
Genre : Fiction, Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

 

  

 

Mon avis

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtLes gueules cassées de la première Guerre Mondiale, ce n’est pas un sujet facile. Mais bon, quand le dessinateur est un artiste de la trempe de Christian De Metter ça passe déjà beaucoup mieux. Quand, en plus, on parle de l’adaptation d’un roman pluri-primé (Goncourt 2013, entre autres) de Pierre Lemaître, alors, tout de suite, ça devient plus abordable. Et, dans le cas de cette bande dessinée, on peut le dire sans ambages, c’est une vraie réussite.

Le dessin est en effet magnifique. Des couleurs aux textures, des traits et expressions des personnages aux ambiances froides ou chaudes, on ne peut qu’admirer l’attention manifeste portée par l’auteur à chacune de ses cases. On sent vraiment que De Metter y a mis son maximum pour les rendre graphiquement impeccables et, en même temps, les intégrer parfaitement à son récit. Et d’ailleurs, preuve que le dessin se suffit à lui-même de par sa qualité exceptionnelle, une majorité de cases ne contient pas de phylactères, ce qui allège et fluidifie la lecture de la BD. 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtL’histoire, tout comme le dessin qu’elle a précédé, est également très belle. S’il l’on y trouve un méchant cumulard (je veux dire qu’il cumule grave les tares !), les héros ne sont pas spécialement des gentils. Albert et Edouard sont juste deux types comme il y en eu des millions à travers l’Europe et le monde, embarqués par la folie des hommes dans une boucherie sans nom et aux conséquences indescriptibles. Ils ne sont pas morts. Ils ont survécu. Est-ce mieux ? Quand on voit la souffrance et la gueule d’Edouard, il y a de quoi en douter… Toujours est-il qu’ils doivent faire avec dans un monde qui trouve plus confortable (et plus économique) d’honorer ceux qui sont tombés que ceux qui se sont relevés. Et tant pis pour ces derniers…

En bref, un gros coup de cœur pour cette excellente BD que je vous recommande les yeux fermés !   

 

 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

 

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Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

Et voici un petit montage vidéo de quelques cases/pages de Au revoir la-haut ! sur une musique de Pierre Lambotin.


 

 

 Odradek

 

 

 

 


 

03/03/2017

La machine à explorer le temps


La machine à explorer le temps, Dobbs, Mathieu Moreau, science-fiction, voyage temporel, voyage dans le temps, londresLa machine à explorer le temps, Dobbs, Mathieu Moreau, science-fiction, voyage temporel, voyage dans le temps, londresScénario : Dobbs

Dessin : Mathieu Moreau
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 11 janvier 2017  
Genre : Science-fiction 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

Prêts pour un voyage dans la 4e dimension ?

 

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La machine à explorer le temps, Dobbs, Mathieu Moreau, science-fiction, voyage temporel, voyage dans le temps, londres

 

 

Londres, fin du XIXe siècle. Un groupe d’amis écoute les aventures de celui qui prétend être le premier voyageur du temps. Son récit débute en l’an 802 701. La Terre est alors habitée par les Éloïs, descendants des hommes vivant en harmonie, passant leur temps à jouer et à manger des fruits dans un immense jardin d’Eden. Mais derrière ce paradis se cache un terrible secret... Car une autre espèce vit dans les profondeurs de la Terre : les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière du jour à force de vivre dans l’obscurité. La nuit, ils remontent à la surface pour kidnapper et se nourrir des Eloïs...

Mille fois imité, jamais égalé, La Machine à explorer le temps est le premier roman à évoquer la notion de voyage temporel. Il forme également une métaphore fascinante et une critique acerbe des inégalités sociales qui gangrenaient l’Angleterre victorienne, à redécouvrir dans cette adaptation en BD.

 

 

Mon avis

 

la machine à explorer le temps,dobbs,mathieu moreau,science-fiction,voyage temporel,voyage dans le temps,londres« Mille fois imité, jamais égalé ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la maison d’édition… C’est également mon sentiment à la lecture de cette (néanmoins) très belle BD. Il faut dire que Glénat semble avoir mis le paquet sur cette collection. De jolis vernis sélectifs sur une couverture toilée (ou en similicuir, on ne sait pas trop, mais ça fait très classe !) et un dessin de grande qualité agrémentent cet ouvrage. Oui, vraiment, le dessin de Mathieu Moreau est particulièrement adapté. La couleur, les textures, les expressions des personnages et ses cadrages cinématographiques font merveilles. Un régal pour les yeux.

En revanche, côté scénario, je suis un peu déçu. Certes, la BD suit globalement et assez fidèlement la trame du roman de Wells en y abordant les problématiques chères à l’auteur, mais ça va trop vite. Disons qu’à la lecture de cette adaptation, on n’a pas le temps de sentir venir les choses que, déjà, elles nous sont expliquées par la voix off du narrateur/personnage central. C’est vraiment ennuyeux car cela empêche une vraie et profonde compréhension des enjeux. C’est là le principal reproche que l’on puisse faire à cette BD. Et c’est d’autant plus dommage qu’une série en trois ou quatre tomes aurait peut-être pu permettre de justement développer ces problématiques et aider ainsi le lecteur à se les approprier. Mais bon, peut-être les auteurs n’ont-ils pas eu cette possibilité.

 

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Ceci dit, cela reste une façon agréable (surtout pour les yeux) de découvrir cette œuvre majeure d’Herbert Georges Wells.

 

 

  

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Et si vous êtes prêts à prendre votre temps (1H) pour bien vous imprégner de The Time Machine et de ce que son auteur y à développé, voici une conférence très intéressante et éclairante sur le sujet.


 

 Odradek

 

 

 

 


 

01/03/2017

Sortie de route

Sortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenatSortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenatScénario : Didier Tronchet
Dessin : Didier Tronchet
Éditeur : Glénat 
84 pages
Date de sortie : 18 janvier 2017  
Genre : Bonne question… Fantastico-poético-humoristique, peut-être… 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Sortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenatRégis et Valérie sont sur la route des vacances. Plus que quelques rendez-vous professionnels à plier pour monsieur et après il pourra quitter le costume cravate et enfin se détendre. D’autant qu’il a tout prévu : les adresses et numéros de téléphone de chaque hôtel, les papiers, l’assurance, les rafraîchissements pour la route… Régis pense à tout, c’est un type prévoyant. Un peu trop, même. Sauf qu’il ne s’attendait probablement pas à ce qui va lui arriver : voilà qu’après avoir bu une anodine grenadine, Valérie redevient comme par magie la petite fille qu’elle était à dix ans ! Complètement décontenancé, Régis doit à présent s’occuper de sa femme comme s’il s’agissait de sa fille. Mais cette situation improbable lui fait redécouvrir la véritable personnalité de Valérie, formant dans le même temps le miroir de sa propre enfance et de ses rêves inassouvis.

 

 

 

Mon avis

Bon, je ne vais pas m’attarder sur le dessin, c’est du Tronchet en couleur. Aquarelles aux tons plutôt chauds et style inimitable, notamment les tronches, qui peut ne pas plaire à tout le monde, j’en conviens. Bref, on aime ou pas, mais si vous achetez une BD de lui, c’est probablement que vous aimez. Si on vous l'a offerte, aussi. Ou alors, c'est le cadeau d'un ennemi. Dans ce cas-là, gardez-le précieusement : un ennemi qui vous offre une BD de Tronchet ne peut pas être foncièrement mauvais... Faites-en un ami !

Et si vraiment vous n'êtes pas fan de son style, vous passez outre parce que vous aimez bien ses scénarios. De ce côté-là non plus vous ne serez pas déçus. Les thèmes chers à Tronchet sont bel et bien réunis dans cette sympathique BD, à savoir : l’humour, la nostalgie de l’enfance, la poésie, un brin de fantastique, le tout enrobée d’une belle critique de la place disproportionnée que peut prendre le travail dans nos vies.

Sortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenat

 

L’histoire, assez simple en fait, de cette compagne qui rajeunit et que son mari doit « gérer » tout au long d’une journée qui devient de plus en plus folle, est rondement menée/racontée par l’auteur. Même si la chute n’est peut-être pas à la hauteur de ce que l’on peut s’imaginer au fur et à mesure que l’on progresse dans le récit (et c’est probablement voulu), je vous avoue que j’ai dévoré cette BD pour savoir comment cela allait se terminer. Il n’est pas impossible que vous en fassiez autant.

 

  

 

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Sortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenat

 

Sortie de route, tronchet, conte, fantastique, humour, poésie, glenat

 

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Je vous invite vivement à jeter un œil sur cette vidéo très courte (3 minutes) dans laquelle Tronchet nous explique, feutre en main, comment il dessine Régis, le personnage principal de cette BD.


 

 

 Odradek

 

 

 

 

 


 

27/02/2017

Le maître d'armes

histoire, moyen-âge, religion, épée, aventures, Jura, Le maître d'armeshistoire, moyen-âge, religion, épée, aventures, Jura, Le maître d'armesScénario : Xavier Dorison
Dessin : Joël Parnotte
Éditeur : Dargaud 
96 pages
Date de sortie : 02/10/2015
Genre : Histoire, Aventures 

 

 

 

Présentation de l'éditeur


histoire,moyen-âge,religion,épée,aventures,jura,le maître d'armes1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l'Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu'ils lancent une chasse à l'homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu'en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n'est pas une proie comme les autres ; il est l'ancien maître d'armes de François Ier... Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur.

 

 

 

Mon avis

Un régal ! Oui, cette BD est un régal !

 

histoire, moyen-âge, religion, épée, aventures, Jura, Le maître d'armesSi le Moyen-Âge est une valeur sûre de la bande dessinée, c’est bien dans le scénario et la beauté du dessin que réside (à mon sens) la très grande qualité de cet ouvrage. Parnotte a su parfaitement mettre en image et donner de la consistance au récit de Dorison, notamment à travers ses décors aux ambiances glaciales et morbides et des scènes d’actions (combats) aux cadrages millimétrés. D’ailleurs, comme il est rappelé en avant-propos, ils ont reçu l’aide (a priori) inestimable de Lutz Horvath pour tout ce qui fut documentation sur les arts martiaux moyenâgeux. Le sang, omniprésent, nous rappelle toute la violence de cette époque où la vie d’un homme ne tenait bien souvent qu’à un fil… celui de l’épée de son adversaire…

 

 

« L’honneur, quand on n’a plus rien, c’est tout ce qui reste. »

 

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histoire,moyen-âge,religion,épée,aventures,jura,le maître d'armesA l’image du maître d’armes, et plus encore à l’image du jeune Casper, il fallait du courage pour s’attaquer à l’épineux sujet de La Réforme. Pour la plupart d’entre nous, bien que l’Histoire soit une passion française, les querelles religieuses du Moyen-âge n’évoquent que de vagues et brumeux souvenirs de collège impliquant Henri IV et l’Edit de Nantes. Or, les auteurs parviennent, sans lourdeurs scénaristiques, à nous replonger dans le contexte historico-religieux tout en nous amenant à bien appréhender les enjeux. Le tout à travers une histoire plus personnelle, celle du maître d’armes et de sa rivalité à mort avec le Comte Maleztraza. Au passage, nous en apprenons un peu plus sur la symbolique des armes blanches, épée ou rapière, et pourquoi la seconde supplanta la première à peu près à l’époque de cette aventure, à la moitié du XVIème siècle.

 

 

En bref : de magnifiques décors, des personnages forts, la petite histoire qui s’inscrit dans la Grande, des scènes d’actions marquantes, et un brin de culture générale… Tout pour passer un excellent moment. Merci aux auteurs.

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Si vous souhaitez approfondir sur cette BD, je vous invite à visionner cette vidéo d'une interview de Joël Parnotte, le dessinateur.


 

 Odradek

 

 

 

 

 


 

09/02/2017

Chambre obscure (Tomes I et II)

Chambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du TigreChambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du TigreScénario : Cyril Bonin
Dessin : Cyril Bonin
Éditeur : Dargaud
2 X 48 pages
Date de sortie : 2010 et 2011
Genre : Policier

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

chambre obscure,dargaud,photographie,polar,arsène lupin,brigades du tigreIl s'en passe des choses étranges, dans les maisons bourgeoises du début du XXème siècle ! Cyril Bonin creuse la veine d'un Maurice Leblanc en nous invitant chez les Dambroise, famille toute à la joie des retrouvailles avec Alma, la soeur prodigue, de passage entre deux aventures. Mais la fête est gâchée par le mystérieux vol de trois tableaux de famille, sans valeur autre que les souvenirs. Il est l'heure pour l'inspecteur Alcide Leblanc d'entrer en scène, et de démêler l'artifice de la réalité, la fiction de la vie !

 

 

 

Mon avis :

 

Une bonne surprise pour commencer l’année 2017. Hier, je pioche dans ma bédéthèque une paire de BDs achetées je ne sais plus où. C’est chez Dargaud et le dessin a l’air sympa : je ne prends pas trop de risques…

 

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Mais quand même… Je ne m’attendais pas à tomber sur une enquête aussi bien ficelée. Le scénario est cohérent, les rebondissements ne sont pas téléphonés, ça se lit bien. Les personnages ont du relief et, en plus, on apprend des choses (sur la peinture et l’optique à la Renaissance, notamment) ; tout ce que j’aime en BD. On navigue entre les univers d’Arsène Lupin, de Rouletabille ou encore des Brigades du Tigre. L’humour est présent et une forme de critique sociale (sur la place de la femme dans la société, notamment) affleure tout au long de l’histoire.

 

Quant au dessin, assez proche de Gine (Finkel, Neige, etc.) on peut également y voir du Tardi. Avouez que Bonin sait choisir ses références… Au niveau des couleurs on pense également à Adèle Blansec, c’est terne à souhait et ça enveloppe le récit d’une cohérence chromatique très esthétique. Les cadrages sont précis et maîtrisés. Non, vraiment, du côté graphique c’est également du très bon boulot.

 

En somme, une bonne histoire, bien dessinée et bien racontée. Que demande le peuple ?

 

  

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Chambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du Tigre

 

Chambre obscure, dargaud, photographie, polar, Arsène Lupin, Brigades du Tigre

 

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 Odradek.

03/02/2017

Il était une fois Idées Noires

Franquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacialFranquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacialDessin : Franquin
Scénario : Franquin
Éditeur : Fluide Glacial
Sortie : 18 Janvier 2017
120 pages
Genre : Humour

 

 

 

Résumé de l'éditeur :


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialEntre les témoignages de ses proches et amis (Isabelle Franquin, Marcel Gotlib, Frédéric Jannin), les hommages de ses collègues de Fluide Glacial (Goossens, Édika) et de la génération suivante (Foerster, Pixel Vengeur, Ferri, Fabrice Erre...), cet ouvrage tente d'apporter un nouvel éclairage sur la dernière période artistique de Franquin, teintée d'humour noir, d'engagements humanistes, mais finalement pas aussi désespérée qu'il n'y paraît.

 

 

  

Mon avis :


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialTout est dit dans le résumé de l’éditeur, juste au-dessus. Si je devais développer un peu (je le dois, non ?) je confirmerais que les entretiens avec les proches de Franquin sont très accessibles : ni trop long, ni trop bardés de références qui pourraient décourager un admirateur de Franquin moyen. L’humour, comme pour allier la forme au fond, y est très présent, ce qui ne gâche rien. Enfin, nous sommes gâtés avec les deux cerises sur ce gâteau au chocolat… noir que sont les interviews de Gotlib et de Franquin himself, en personne, de dedans la vraie vie de quand il avait le bon goût d’être encore vivant. 
Les hommages, quant à eux, me semblent assez inégaux. Certains sont excellents et d’autres… un peu moins. En même temps, l’exercice n’est vraiment pas aisé et je ne me permettrais certainement pas de jeter la pierre à ceux qui s’y sont essayé, même avec un succès tout relatif.

 


franquin,idees noires,humour noir,noir et blanc,fluide glacialEt puis, bien sûr, il y a les Idées Noires… Un concentré d’humour noir, en quelques cases à chaque fois - publiées sous forme de page unique à raison d’une par mois, d’abord dans le Trombone Illustré, puis dans Fluide Glacial - unanimement (semble-t-il) apprécié par les bédéphiles. L’humanisme, l’empathie pour les êtres vivants (qu’ils soient humains, animaux ou végétaux), l’antimilitarisme, la critique de la société de consommation, le cynisme, la cupidité, L’avenir de l’humanité, etc. Tous ces sujets sont abordés avec justesse, finesse et une très grande sensibilité. La technique, elle, encre noire sur fond blanc, est non seulement parfaitement maîtrisée (il s’agit quand même de Franquin, merde !!!), mais elle entre également en parfaite symbiose avec le propos. Du grand Art !

 

 

Un seul regret : elles n’y sont pas toutes. Oui, je sais, pour ça il existe l’intégrale (tome 1 et 2 regroupés), mais bon, je me disais tout simplement que, quitte à faire un 120 pages carrément bien fourni (pas très cher d’ailleurs – 19,90€), on aurait pu, peut-être, mettre un peu plus de pages, histoire de pouvoir caser effectivement TOUTES les (69) planches de Franquin sur ce sujet. C’est un peu dommage.

 

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Cela dit, Il était une fois Idées Noires reste (et devrait devenir) un ouvrage de référence pour les fans de Franquin.

 

PS : Les notes suivantes concernent l'ouvrage complet, pas juste Idées Noires.

 

                                  

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Et pour poursuivre l'expérience Idées Noires, de très bonnes adaptations vidéos sont visibles sur YouTube.

 


                                

 

Odradek.

 

01/02/2017

Les chiens de Pripyat

tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,ursstchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urssScénario : Aurélien Ducoudray
Dessin : Christophe Alliel
Éditeur : Bamboo
56 pages
Date de sortie : 11/01/2017
Genre : Fantastique, Historique

  

 

 

Résumé de l'éditeur

À Tchernobyl, des cœurs battent encore…

26 avril 1986 : une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l’évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d’abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer dans la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

 

Mon avis



tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urss,les chiens de pripyatLa couverture est jolie. J’aime le dessin réaliste, précis, lumineux et parfois même chaleureux en dépit du sujet, du lieu, de la saison et du traitement (a priori) numérique de la couleur. Une belle prouesse de ce côté-là. Christophe Alliel imprime son style (assez "Grand Angle" d'ailleurs) à ses personnages, notamment à Kolya, dont le gabarit enfantin (petit corps et grosse tête malgré ses 16 ans…) le rend à la fois attendrissant et fragile, entraînant une empathie et un intérêt pour les aventures qui ne vont pas manquer de lui arriver.

 

 

tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urss,les chiens de pripyatOr… Or, il ne lui arrive pas grand-chose dans ce premier tome. Le scénario, qui part d’une situation intéressante puisque ces « battues » d’extermination de chiens radioactifs ont réellement existé, le scénario, donc, me paraît un peu léger. En fait, il se passe finalement peu de choses dans ce premier tome. Le groupe de chasseurs se rend à Pripyat, ses membres (excepté Kolya) tuent des chiens, ils font 2 mauvaises rencontres qu’ils négocient bien mais on sent tout de même que la ville n’est pas si abandonnée que cela et, finalement, Kolya entre en contact avec… un cliffhanger… Bref, à défaut d'un réel Tome 1, on a plus l’impression qu’il s’agit d’une mise en place, d’une introduction en quelque sorte, pour amener ce qui va se passer ensuite, dans le Tome 2… Malheureusement, il n’y a que deux tomes. Et, au vu de la faible densité scénaristique du premier, il y a de quoi être quelque peu inquiet quant au deuxième… Mais n’extrapolons pas... D'ailleurs, j’espère vraiment me tromper... Au moins autant qu'un certain Anatoli Alexandrov, académicien russe, qui est entré dans l'Histoire avec cette inoubliable citation prophétique :

 

 "Nos centrales nucléaires ne présentent aucun risque. On pourrait les construire même sur la Place Rouge. Elles sont plus sûres que nos samovars."

  

  Odradek 

 

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Et pour prolonger la visite :    

 
                         

27/12/2016

Pereira prétend

pereira prétend.jpgPereirapretend.jpgDessin : Pierre-Henry Gomont
Scénario : Pierre-Henry Gomont / Antonio Tabucchi
Éditeur : Sarbacane
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

Pereira prétend que les choses se sont passées ainsi… Trois brutes se faisant passer pour des policiers l’ont brutalisé dans le but de savoir où se cachait le jeune homme. Puis, ayant fouillé la maison, deux d’entre eux ont trouvé le jeune homme, l’ont violemment frappé et ont fini par l’étouffer.


Pereira prétend qu’il n’a pas mérité ça et qu’il faut que ça se sache.

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Mon avis :

gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerPierre-Henry Gomont adapte ici un roman de l’auteur italien Antonio Tabucchi qui se déroule à la fin des années trente, dans un Portugal vivant depuis 6 ans sous la dictature de Salazar alors que l’Espagne voisine tente encore d’échapper à son inéluctable et néfaste destinée franquiste. Mais que vous soyez intéressés par cette période ou pas, l’essentiel est ailleurs. Lors d’une séance de dédicaces, PHG m’expliquait que c’était avant tout le personnage central du roman qui l’avait fasciné, plus que le cadre historique. « Pareil », lui réponds-je aujourd’hui, après l’avoir lu…


Il faut dire que Pereira est un cas intéressant. Journaliste passionné de littérature française traduisant des œuvres classiques pour un hebdomadaire catholique, c’est un homme sans histoire. Bien sûr, il déprime depuis que sa femme est morte quelques années plus tôt. D’ailleurs, sa déprime se traduit en kilos en trop : l’homme est obèse. À part cela, c’est un monsieur ordinaire. Mais, être un homme ordinaire sous une dictature, est-ce si ordinaire ?

 


gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerEn tout cas, les choses commencent à changer quand il rencontre et recrute un jeune étudiant aux idées subversives pour écrire des chroniques mortuaires anticipées. Nous assistons alors à la métamorphose de Pereira. Peu à peu, notre homme ordinaire va ouvrir les yeux sur le régime Salazariste, sur la répression, la censure, la surveillance de tout un chacun par tout le monde (notamment la concierge de son lieu de travail) et la dictature en général.


Cette lente mais inexorable prise de conscience transforme Pereira au point de changer radicalement sa vie. Et c’est bien là l’essentiel de cette histoire empreinte d’un optimisme profond. Un homme que rien n’y prédisposait, est finalement capable de s’extraire de son confort petit bourgeois par solidarité, par humanité et par souci de justice. C’est beau et émouvant. Et, contrairement à ce que Pereira pense de lui-même en raison de son obésité, il est une belle personne.

 


J’allais presque oublier de vous parler du dessin. Très coloré et avec une tendance un peu « croquis » le dessin de PHG est remarquable notamment au niveau des expressions. Que ce soit celles des visages ou des corps, Pierre-Henry Gomont possède un don manifeste pour capturer et reproduire les attitudes et mimiques de ses personnages ; le tout, en quelques traits et quelques couleurs. Les décors ont été croqués sur place, à Lisbonne, et le cahier graphique à la fin du livre confirme, si besoin était, le talent de l’auteur.

 

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En bref, une excellente BD à lire ou à offrir, sans hésiter.

Pereira.jpg

 

a08-3e78906.gifDessin 

 


gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerScénario


a08-3e78906.gifGlobal 

 

Odradek.

21/12/2016

Le guide du moutard

le guide du moutard.jpgle guide du moutard planche.jpgDessin : Jul
Scénario : Jul
Editeur : Glénat
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

La compagne de Jul est enceinte en plein pendant une campagne présidentielle (celle de 2007). Le dessinateur de presse (L’Huma, Le Point, Charlie Hebdo, Marianne, etc.) empoigne ses plus beaux crayons afin de nous faire vivre avec lui ce moment unique dans une vie de couple… Dans une vie tout court !

 

Mon avis :

Les journaux de bord par des dessinateurs de BD sont à la mode (Carnet de santé foireuse, de Pozla, La lune est blanche, d’Emmanuel Lepage), Jul est un auteur de BD à la mode DONC Glénat ressort Le guide du moutard. Ce syllogisme un peu bancal justifie-t-il la réédition de cette BD de 2007 ? Je n’en suis pas certain.


Attendez, je n’ai rien contre Jul, bien au contraire. J’aime son humour, ses jeux de mots surtout, mais son guide du moutard me laisse un peu sur ma faim. Bien sûr, quelques perles et autres drôlissimes trouvailles se sont glissées à l’intérieur de cet ouvrage, mais le tout est un peu trop inégal et ne parvient pas vraiment à décoller. On se surprend au fil du livre à regarder combien de pages il reste… Ce n’est jamais très bon signe.


Après, vous avez sans doute des amis qui vont avoir ou qui viennent d’avoir un enfant, et qui apprécieront peut-être de retrouver, en lisant ce « guide », des situations familières et souvent cocasses.

guide moutard.PNG


a06-3e788fc.gifDessin 


a04-3e788e4.gif Scénario 


le guide du moutard,jul,glénat,humour,paternité,610,112016      Global 


Odradek.

30/11/2016

Le Signe de la Lune

signe de la lune.jpgSigneDeLaLune_PL.jpgDessin : José-Luis Munuera
Scénario : Enrique Bonet
Éditeur : Dargaud
Sortie : 2009

 

 

 

 

Résumé :

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudIl était une fois, il y a (plus ou moins) longtemps, dans un village espagnol, une petite fille du nom d’Artémis. Elle n’avait d’yeux que pour son petit frère et la Lune. Il y avait bien Rufo, insupportable chef de bande violent, et Brindille, le rêveur solitaire, pour tenter de la détourner de l’astre sélène et gagner son amitié, voire plus, mais rien n’y faisait… jusqu’au jour, ou plutôt, jusqu’à la nuit du drame…

 

Mon avis :

Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le comprendre.


bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudBonet et lui signent à eux deux un superbe conte fantastique, à la fois sombre et lumineux. Sombre par le sujet : la perte d’un être très cher et le sentiment de culpabilité qui ronge, et lumineux par le dessin de Munuera. Un trait nerveux, aux accents manga pour les personnages, les attitudes, le mouvement et les expressions, et des décors sublimes, tout en nuances de gris, teintés d’une brume omniprésente (la forêt et la nuit sont au cœur de l’histoire) qui ne manqueront pas de faire penser à Loisel. Sublimes, je vous dis !

 

 

 


Le scénario ne déçoit pas non plus. Le récit se divise en deux parties. La première se déroule dans l’enfance et la deuxième, à l’âge adulte. Les répercussions de l’une sur l’autre sont au centre du récit et accompagnent le lecteur tout au long de la narration. Enfin, même s’il s’agit bien d’un conte, et peut-être parce qu’il s’agit bien d’un conte, une critique sociale apparaît en toile de fond. Rufo est devenu le Seigneur d’Aldéa, protecteur et bienfaiteur de ses habitants. En vérité, c’est une espèce de tyran dont se passerait bien le village.

 

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaud


Quant à la lune, les rivalités amoureuses et le drame d’Artémis, je vous encourage vivement à les découvrir au fil de ces 135 superbes pages.

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05-3e731b2.gifDessin


05-3e731b2.gifScénario 


05-3e731b2.gifGlobal 

Odradek.