28/07/2017

Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

  

Présentation de l'éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

 

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l'optique d'une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

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Odradek

27/07/2017

Quand le cirque est venu

quandLeCirqueEstVenu.jpgquandLeCirqueEstVenu-1.jpgScénario : Wilfried Lupano
Dessin : Stéphane Fert
Éditeur : Delcourt
24 pages
Date de sortie : 17 mai 2017
Genre : Conte

 

 

 

Présentation de l'éditeur

quandLeCirqueEstVenu-3.jpgLe général George Poutche, ce qu’il aime, c’est L’ORDRE ! L’ordre ET les médailles !!! Alors quand, un beau jour, un cirque débarque en ville, avec ses saltimbanques, ses zozos de chapiteau, tous différents, tous bizarres, ça ne lui plaît pas du tout ! Le général est bien décidé à les avoir à l’oeil ! Et bientôt, c’est le défilé des arrestations. Le spectacle tourne vinaigre… Jusqu’à l’arrivée d’un clown muni d’une tarte à la crème…

 

Mon avis

Prenez le général Pinochet, Mussolini, Staline, Hitler, Kim Jong Un, les généraux tapioca et Alcazar, le grand Plekszy-Gladz, Kodo le Tyran, Basam Damdu et tant d’autres néfastes personnages à l’égo aussi démesuré que leur manque d’empathie pour leurs semblables, mettez-les dans des pots de peintures, mélangez très fort… très très fort, et vous obtiendrez, sous les pinceaux de Stéphane Fert et le scénario de Wilfried Lupano une caricature… un modèle de dictateur dont le nom rappel un autre sinistre individu qui, s’il ne fut pas techniquement un dictateur, avait tout de même très probablement piétiné le vote des électeurs, et donc la démocratie, pour accéder au pouvoir, j’ai nommé : Georges Poutche (Jr… ?). Tout y est, le complexe d’infériorité (il est tout petit) qui a dû déraper quelque part au cours de sa vie, une obsession maladive pour l’ordre et, of course (que seraient les tyrans sans elle ?), une sacrée hypertrophie de la paranoïa.

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Que ce soit au travers d’un dessin volontairement caricatural et coloré (très belle utilisation des couleurs froides et chaudes selon les personnages), ou d’un scénario aussi simple que délirant, mais tellement efficace, les auteurs s’en donnent à cœur joie pour tourner en ridicule l’absurdité des régimes politiques basés sur les volontés d’un seul homme (en général) ou d’une seule femme (en Dame de Fer, à la limite…). Le tout est très rafraîchissant et, s’il s’agit bien d’un conte destiné à un jeune public, les adultes y trouveront également du plaisir grâce, notamment, à quelques bonnes bouffées de rire.

N’hésitez pas une seconde, c’est vraiment très drôle et intelligent. Merci les auteurs.

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Odradek

25/07/2017

Amber Blake - Tome 1 - La fille de Merton Castle

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceLa fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceScénario : Jade Lagardère
Dessin : Butch Guice
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 24 mai 2017
Genre : Aventure, Thriller/policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceAbandonnée à l’âge de 5 ans, passée par la case « orphelinat », Amber Blake grandit au sein du programme CLEVERLAND. Ce réseau d’écoles ultra-modernes créé par un richissime philanthrope indien a pour but de venir en aide à des enfants défavorisés du monde entier. Sauf que le directeur de la branche londonienne, Jeff Kavotz, est un diabolique pervers qui n’hésite pas à abuser d’élèves dont il a la charge. En fin d’études, témoin du meurtre de sa meilleure amie, Amber parvient à s’échapper de Cleverland. Elle est aussitôt récupérée par ARGON, une organisation secrète qui combat les crimes contre l’être humain comme la pédophilie, la prostitution ou l’esclavage. Jeune, brillante et déterminée, Amber forme une recrue de choix. Maintenant qu’elle a survécu à l’enfer, elle fera tout pour l’éviter aux autres. Mais elle voit surtout dans Argon et les outils futuristes mis à sa disposition le moyen de retrouver Kavotz. Ce dernier a disparu. Et Amber veut le faire payer.

 

 

Mon avis

Une bonne surprise !

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceCe n’est pas facile de passer après des Largo Winch et autre Lady S. C’est pourtant ce que se proposent de faire, et de commencer à réussir, les auteurs de cette BD au dessin nerveux et au scénario plutôt bien ficelé.

On y retrouve une héroïne « orpheline », un dessin très réaliste et un contexte très crédible. La volonté des auteurs, dans ce premier tome, est bien évidemment de poser le décor. Comme il faut en plus démarrer l’intrigue et accrocher le lecteur, ils ne prennent peut-être pas assez de temps pour développer le personnage d’Amber (notamment durant sa jeunesse et son temps dans l’institution de Cleverland qu'ils survolent un peu). Les exactions de Kavotz (mis à part l'assassinat de la meilleure amie d’Amber, et le(s) viol(s) de jeunes pensionnaires de l’école) ne sont pas vraiment précisées et semblent ne pas forcément justifier la haine tenace et l’obsession qu’Amber lui voue (à moins qu’on en apprenne plus avec un flash-back dans un tome ultérieur). C’est à peu près le seul vrai reproche que je pourrais faire à cette nouvelle série.

Car oui, pour le reste, le scénario tient carrément bien la route, les personnages sont bien travaillés, il y a de l’action, du suspense, des sentiments (a.k.a. scènes de cul) et un énorme cliffhanger sur la dernière page. Le dessin, précis et très réaliste est parfaitement adapté.

Déjà que la lecture plaisante de ce tome 1 me donnait bien envie de connaître la suite, mais là, avec la dernière page et les nouvelles perspectives qu’elle ouvre, l’attente de ce deuxième numéro va me paraître un peu longue…

 

 

 

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La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch Guice

 

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La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch Guice

 

Odradek

19/07/2017

Cynocéphales - Tome 1 - La bande des Dogues

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesCynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesScénario : Gris de Payne / Stefano Tamiazzo
Dessin : Stefano Tamiazzo
Éditeur : EP Editions
48 pages
Date de sortie : 24 mai 2017
Genre : Aventures / Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les cynocéphales, un peuple à visage canin, a depuis toujours été caché au sommet des montagnes et utilisé par le gouvernement français pour des affaires secrètes et dangereuses. Mais un jour, l'un d'eux décide que c'en est assez. Il refuse que les membres de sa famille grandissante vivent exclus comme des monstres, malgré leur différence.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

Mon avis

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesUne société secrète perdue (protégée) en haut des montagnes, quelques trahisons par-ci par-là, des combats, du mystère… Surtout du mystère d’ailleurs… Parfois même un peu trop. L’histoire de ces hommes à tête de chien œuvrant en secret pour le compte de la France à travers l’Histoire et les champs de bataille a tout pour être intéressante. Néanmoins, je dois vous avouer que, parfois, on perd un peu le fil de la narration. Ce qui est peut-être évident pour les auteurs qui ont le nez (le museau) dedans ne l’est pas forcément toujours pour nous autres lecteurs, surtout en première lecture (que quelqu’un m’explique la page 18 s'il vous plaît…). C’est d’autant plus dommage que pour le reste, il n’y a rien à redire. Le flashback de 20 ans en arrière parvient assez bien à nous présenter la situation (sauf à 2 ou 3 moments un peu flous, donc…) et met en place l’intrigue pour un deuxième et dernier tome qui aura pas mal de choses à nous expliquer.

 

 

En effet, ce premier opus débute par une attaque de banque réalisée par « La bande des Dogues » et puis… plus rien (8 pages seulement sont consacrées à la Bande des Dogues qui donne pourtant son titre à l’album). On enquille directement avec le flashback. Il faudra donc nous expliquer le lien entre cette attaque et ce qui s’est passé 20 ans plus tôt car, au bout de ces 48 pages, on n’en a absolument aucune idée. En même temps, c’est un bon moyen d’attiser la curiosité du lecteur. En tout cas, avec moi, ça marche plutôt bien.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

Si l’on ajoute à ça que le dessin, de très belle facture, est particulièrement soigné, on n’est pas surpris que cela renforce la crédibilité de l’ensemble. Stefano Tamiazzo possède son propre style et semble maîtriser la plupart des techniques nécessaires à l’élaboration d’une bande dessinée de grande classe : ses décors sont très beaux, l’attention portée aux détails et aux expressions des visages est manifeste, les perspectives, les mouvements, les cadrages, les couleurs, la matière… vraiment, tout est agréable à l’œil dans son dessin.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

En bref, une BD intrigante, parfois un poil (de chien) décousue, mais très belle à regarder et dont la suite et fin sera attendue.

 

 

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Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

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Odradek.

17/07/2017

Le choix du Roi - Tome 1 - Première trahison

couv.jpgle choix du roi,première trahison,glénat,histoire,wwii,aurélien morinière,jean-claude bartollScénario : Jean-Claude Bartoll
Dessin : Aurélien Morinière
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 10 mai 2017
Genre : Histoire / Espionnage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

le choix du roi,première trahison,glénat,histoire,wwii,aurélien morinière,jean-claude bartollJanvier 1936. Alors que Georges V vient de mourir, son fils Édouard, prince de Galles, s’apprête à devenir le prochain roi d’Angleterre. Le premier réflexe, inattendu, du futur souverain est d’appeler sa maîtresse : Wallis Simpson, une nord-américaine à la réputation sulfureuse qui ne cache pas sa sympathie pour le régime nazi en Allemagne... Après seulement 8 mois, Édouard abdiquera pour épouser Wallis, laissant derrière lui le règne le plus court et le plus controversé de l’histoire du trône d’Angleterre.

Wallis Simpson était-elle une espionne à la solde des Allemands ? Édouard VIII a-t-il trahi des secrets d’état ? Que cache cette abdication soudaine ? À travers les yeux de la jeune Nadège, domestique au service de Wallis Simpson, Jean-Claude Bartoll et Aurélien Morinière nous plongent dans les coulisses du pouvoir, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Un thriller d’espionnage, historique et politique, qui nous fait découvrir un pan méconnu de l’histoire et révèle l’intimité du roi Édouard VIII, oncle de l’actuelle reine d’Angleterre.

 

 

Mon avis

Je me souviens, il y a quelques années, de bandes annonces à la télé pour des documentaires sur Edouard VIII et même quelques unes de journaux people, évoquant ce roi qui avait « abdiqué par amour » en donnant ainsi l'image d'un personnage romantique forcément positif. Récemment, on peut dire que le vent a quelque peu tourné… Entre des documentaires radios ou télés et cette BD (plus, j’imagine, quelques ouvrages d’historiens), la vérité historique sur ce personnage pas spécialement sympathique remonte à la surface. Car il a beau avoir été le tonton de la Queen d’Angleterre, le bonhomme était tout de même un admirateur du régime Nazi et, sur le plan des idées rétrogrades du moins, un homme en phase avec son temps : les années 30.  

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Tout ceci pour vous dire que le sujet est plutôt intéressant et que ce premier tome me paraît bien le traiter. Ça commence à la fin de la 2ème Guerre Mondiale pour enchaîner aussitôt par un flash-back d’une dizaine d’année jusqu'à l’accession au trône d’Edward… Le reste suit son court tranquillement et se poursuivra au tome 2.

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Non, le seul souci, pour moi en tout cas, vient du dessin. Les couleurs sont léchées et les décors extérieurs (des photos joliment retravaillées à la palette graphique) posent l’ambiance nécessaire au cadre historique du récit, mais… Mais les personnages sont parfois dessinés de manière… comment dire… euh… disproportionnée, au vrai sens du terme… Des épaules tombantes pour des carrures trop fines et des têtes trop grosses. Je comprends d’autant moins qu’en vérifiant dans d’autres BDs de Morinière je n’ai rien vu d’aussi flagrant. Certaines perspectives, certains angles, anatomiques ou non, laissent également un peu songeur… C’est d’autant plus dommage que, je me répète, les couleurs, tout comme les décors sont vraiment réussis. Malheureusement, le problème du dessin, c’est que lorsque l'on remarque quelques imperfections, après, on ne voit plus qu’elles…

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Odradek

12/07/2017

Les miroirs du crime – Tome 1 – Les tueurs de Pigalle

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50Scénario : Noël Simsolo
Dessin : Dominique Hé
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 26 avril 2017
Genre : Polar

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Pigalle, novembre 1954. Le quartier entier est un repère de malfrats et maquereaux de la pire espèce. Guy, patron ambitieux et relativement intègre du club La Perle noire, s’apprête à acheter un nouveau cabaret. Sauf que la vente ne se conclut pas vraiment comme prévue... Lors d’une fusillade, Guy perd son frère, ne devant la vie sauve qu’à un clochard qui s’interpose entre lui et les balles. En homme d’honneur, il a maintenant une dette à payer. Mais d’abord, il doit trouver celui qui a essayé de l’assassiner...

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

Mon avis

Voici un polar efficace servi par une ligne claire très agréable. Les auteurs nous entraînent dans les années 50, à une époque où il neigeait encore au mois de novembre sur Paris et sa banlieue, pour une histoire se déroulant dans l’arrière-cours du divertissement à la parisienne, des clubs de jazz et autres boites de nuit en vue de Pigalle et ses alentours. On y croise des flics un peu limite, des malfrats plutôt racistes (enfin, de ce qui se faisait à l’époque…), des gros bonnets intraitables et cruels, des gros bonnets avec un peu plus d’éthique, Jean-Pierre Melville, un clochard aussi héroïque que mystérieux, des mitrailleuses et des grosses voitures chromées. Le tout sous une pluie quasi incessante.

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50On rentre assez facilement dans l’histoire avec un assassinat de flic dès la troisième page et un mitraillage en règle du personnage principal 3 ou 4 pages plus tard… Bref, ça dépote dès le départ ! L’intrigue se développe petit à petit avec quelques rebondissements (assassinats) par-ci par-là, mais sans incohérence, ce qui est toujours appréciable.

Le dessin, tout de même assez détaillé pour une ligne claire, accorde une importance particulière à la couleur et à son traitement, ce qui rend le tout très abouti d’un point de vue esthétique. Certes, quelques perspectives (notamment des intérieurs chez le médecin – intérieurs qui font penser au Cercle Rouge) peuvent poser question, mais l’ambiance générale qui se dégage de ces planches colle parfaitement au scénario. Il faut dire que depuis Tardi, on s’est habitué à ce style de dessin pour des polars.

Personnellement, j’attends le tome 2 (fin du diptyque) avec impatience.

 

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Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

 

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Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

 

Odradek

06/07/2017

Le Schpountz

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXLe Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXScénario : Serge Scotto, Eric Stoffel (et un peu... beaucoup Marcel Pagnol)
Dessin : EFIX
Éditeur : Grand Angle
96 pages
Date de sortie : 31 mai 2017
Genre : Humour

 

 

 

Présentation de l'éditeur

le schpountz,grand angle,marcel pagnol,serge scotto,eric stoffel,efixIrénée, brave garçon un peu naïf, rêve de faire du cinéma. La chance lui sourit enfin quand une équipe de cinéma fait des repérages dans la région. Il leur propose de leur faire découvrir le pays. Tout se déroule comme dans un rêve : les techniciens semblent l’avoir adopté. On lui propose même un contrat mirifique pour aller tourner un film à Paris. Ivre de joie et de vanité, celui qui se voit déjà en haut de l’affiche n’est en réalité qu’un schpountz, c’est-à-dire le dindon d’une farce pas très fine. Pourtant il a plus de ressources qu’on semble le croire, peut-être même un certain génie… comique.

 

Mon avis

Je crois que j’ai fait une bêtise… Sachant que j’allais chroniquer Le Schpountz, je me suis dit que ce serait bien d’avoir au moins vu l’original. Non, non, la bêtise n’est pas là mais juste après. Oui, en effet, car juste après avoir terminé le visionnage du film je me suis embarqué dans la lecture de la BD. Résultat : impossible de lire les répliques d’Irénée sans entendre la virevoltante voix de Fernandel chanter son accent marseillais du fond de sa gorge rauque, du moins sur une bonne moitié du bouquin. En outre, ayant encore le film dans les yeux et les oreilles, ce fut difficile de se concentrer sur ce qui fait l’intérêt de cette BD.

Voici malgré tout ma conclusion : elle en a ! Quoi ? eh bien, de l’intérêt peuchère !

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXD’abord, niveau scénario, les auteurs ont bien fait quelques petites coupes ET quelques rajouts (ils sont partis du script du film et non du film lui-même) par rapport au film, mais tout ce qu’on lit est de Pagnol. Sa plume et sa verve font mouche, dans les dialogues plus que tout. Un esprit chagrin autre que le mien pourrait relever, voire regretter, des différences de plus en plus marquées entre la BD et le film au fil de la lecture. Comme si les auteurs avaient eu dans l'idée de coller au film au début du projet pour ensuite s'apercevoir que ce n'était peut-être pas si nécessaire que cela. Mais bon, rien de bien méchant non plus...

Mais c’est surtout au niveau du dessin que cette BD m’a séduit. Efix commence par remercier Gotlib « pour… tout ». Le ton est donné. S’il possède bien son propre style, l’influence de Monsieur Fluide est omniprésente, et c’est plutôt un avantage quand on s’attaque à une œuvre cinématographique. Les cadrages, certains détails, les regards, les mouvements… On est clairement dans un univers gotlibien. D’ailleurs, ce dernier est également appelé à la rescousse quand il s’agit de traiter la fameuse scène où Fernandel déclame sur le ton d’émotions aussi diverses que variées l’article du Code Civil indiquant (on est en 1937…) que « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ». Efix s’en sort ainsi par une double page que n’aurait pas reniée le père de Gai Luron. Une autre double page abordant un dialogue essentiel du film (sur les bienfait du "comique") utilise les montagnes russes, toujours à la sauce Gotlib.

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

Deux derniers détails concernant le dessin. D’abord, la BD est en couleur quand le film est en noir et blanc. Je ne suis pas fan du traitement chromatique mais le travail est soigné et il fait parfois intervenir un noir et blanc opportun, notamment en couverture. Enfin, l’accent de Marseille. Je ne sais pas qui a eu l’idée, le dessinateur ou l’un des scénaristes, mais le fait d’utiliser du gras sur la police de caractère dans les phylactères pour faire ressortir l’accent du Sud et une solution très efficace.

Pour finir, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire d’autres adaptations de Pagnol (ils adaptent TOUT Pagnol) chez Grand Angle, mais je trouve celle-ci plutôt réussie.

 

 

 

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Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

 

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

 

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

 

Odradek

 

Et, tout de même, voici la scène culte du film : Tout condamné à mort aura la tête tranchée.


04/07/2017

La prof et l'arabe

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanLa prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanScénario : Dominique Laroche
Dessin : Pierre Maurel
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie : 31 mai 2017
Genre : Chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanPortrait du peuple de gauche dans la seconde moitié du XXe siècle. « Je me suis battu pour le socialisme, même si mon camp a été vaincu. J'étais pour l'indépendance de l'Algérie, mais pas comme cela s'est passé. Je voulais vivre en France, mais pas comme un étranger. J'ai vécu ma vie comme je l'entendais.

2 vies et 50 ans de luttes sociales en France.

D'après une histoire vraie.

 

Mon avis

Si vous voulez mon avis, je pense qu’il faudrait apposer sur chaque exemplaire de cet ouvrage une étiquette indiquant : « BD d’intérêt général ».

L’histoire, bien qu’officiellement celle d’un couple, se concentre principalement sur Saïd (Aziz en vrai), un algérien né en 1938 qui a traversé la deuxième moitié du XXème siècle au gré des péripéties de l’histoire, de sa condition d’« indigène » et des luttes politiques et sociales diverses. Les parties consacrées à Michelle (Danielle), notamment dans ses jeunes années (précédant sa rencontre avec Saïd), bien que très intéressantes, en particulier sur la condition féminine en milieu prolétaire, ressortent moins. Et même par la suite, à partir de leur rencontre à Prague en 68, la narration reste centrée sur Saïd avec une Michelle qui a l’air de graviter autour de lui plus que d’être son alter ego.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl faut dire qu’entre son immigration en France dès l’âge de seize ans pour rejoindre son frère ainé et trouver du boulot, son incorporation dans l’armée Française qui se bat en Algérie contre SON peuple, son affectation dans les Aurès en tant qu’infirmier, sa confrontation avec la torture, son retour en France, son militantisme de Gauche, son attachement au théâtre et à la Culture en général et ses problème pour réobtenir la nationalité française sur le tard, lorsqu’il s’agit de Saïd, il y a de la matière.

Bien sûr Michelle n’est pas en reste et possède elle aussi les caractéristiques d’un personnage de Roman, et pas uniquement parce qu’elle partage la vie de Saïd. Mais son ancrage dans la partie prolétaire de la société française, son féminisme, son ascension sociale et sa soif de culture ont un côté plus familier, moins extraordinaire.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl n’en reste pas moins que l’alchimie entre les deux est touchante. Et, bien sûr, même s’il ne s’agit que d’une fiction « basée sur leur histoire », l’honnêteté qui les pousse à partager leurs hauts et leurs bas finit de nous conquérir.

Je passerai vite sur le dessin en noir et blanc que je trouve standard, pas spécialement génial mais sans être mauvais non plus. Il fait le boulot et semble plutôt adapté au sujet.

Quoiqu’il en soit, je vous conseille vivement d’acquérir cette BD qui, par les temps qui courent, permet de regarder un peu mieux l’Histoire de France en face et, espérons-le, de mieux préparer l’avenir.

 

 

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Odradek

28/06/2017

Matin de Canicule

album-cover-large-32901.jpgVerso_302130.jpgScénario : Didier Daeninckx
Dessin : Mako
Éditeur : Emmanuel Proust Editions
72 pages
Date de sortie : 05 avril 2017  
Genre : Policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

PlancheA_302130.jpgProducteur de films documentaires, Vincent quitte Paris en proie à la canicule pour aller recevoir un Prix attribué par un festival lillois. Sur le périphérique, il est témoin d’un accident au cours duquel un motard perd un bras puis la vie. Alors que Vincent tente de reprendre ses esprits près de la porte de Montreuil, là-même où il a passé son adolescence, le passé le rattrape. La rencontre d’une danseuse de flamenco, véritable réincarnation d’un amour de jeunesse, se termine tragiquement.

Vincent est accusé de son assassinat par un ancien camarade de lycée devenu flic, avant que la mort du motard, sur le périphérique, ne lui revienne en pleine figure.

 

Mon avis

9782889320530_p_3.jpgC’est dur de rentrer dans une BD quand le dessin ne vous plaît pas. Si, en plus, le scénario, assez prenant par ailleurs, est un peu capillotracté, ça devient encore plus délicat.

Voilà ! que dire de plus ? C’est un polar, ça se passe à Montreuil (dans ma ville !), on y fait quelques aller-retours entre le présent et le passé en y croisant des personnages pas assez développés à mon goût et pas spécialement attachants. On ne voit pas forcément venir la chute de l’histoire, ce qui est plutôt positif, mais, en même temps, on ne voit pas trop non plus où les auteurs cherchent à nous emmener. C’est dommage.

J’ai dit plus haut que je n’étais pas fan du dessin (trait épais, perspectives et anatomies parfois hasardeuses, ciel en dégradé numérique, etc.) mais je reconnais que les couleurs aux teintes chaudes parviennent à poser une ambiance de stress et de canicule qui appuie bien le récit.

En bref, si vous êtes fan des polars (ou montreuillois… encore que…), pourquoi pas, mais sinon, ne vous sentez pas spécialement obligés de vous procurer Matin de canicule.

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Odradek 

26/06/2017

Cannibale

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie Scénario : Didier Daeninckx
Dessin : Emmanuel Reuzé
Éditeur : EP Editions
56 pages
Date de sortie : 5 avril 2017 
Genre : Historique XXème siècle

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie Exposition coloniale de 1931, à Paris.
Des dizaines de Kanak, présentés comme des « Anthropophages », sont la principale attraction du pavillon de la Nouvelle-Calédonie. Soudain le directeur de l’exposition décide de les échanger contre des crocodiles allemands...
Écrit pour le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, et maintenant adapté en bande dessinée, ce récit inspiré d’une histoire vraie montre les dérives d’un système colonial à son apogée. 

 

 

 

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie Mon avis

Si l’on ne sait pas vraiment de quoi parle cette BD, et encore plus si on le sait d’ailleurs, on peut être un peu dérouté par la couverture. En effet, on y voit deux hommes fuir des policiers (apparemment français) devant le temple d’Angkor Wat. Si vous avez fait le minimum, à savoir vous renseigner sur ce que vous allez lire, par exemple en jetant un œil sur les quelques lignes explicatives en quatrième de couv., vous vous demandez sûrement comment une histoire de Kanaks peut atterrir au Cambodge dans les années 30.

La réponse, finalement assez logique, se trouve à l’intérieur de cette BD au dessin certes parfois un peu figé mais au scénario basé sur une histoire vraie : la nôtre. Enfin... collectivement, je veux dire... Je n’étais, pour ma part, pas né en 1931, mais c’est bien le pays (et ses officiels : présidents du conseils, ministres, Armée ou même encore la police) qui figure sur mon passeport qui a organisé et profité de la Colonisation de territoires entiers à travers le monde et qui est bien responsable de situations aussi inhumaines et avilissantes que celles décrites dans cette BD vérité.

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie C’est l’histoire d’êtres humains qualifiés et traités de « sauvages » que l’on a forcé à venir s'exhiber en métropole à coups d'auto-caricatures, enfermés au zoo de Vincennes. Sans surprise, on s’aperçoit que ces femmes et ces hommes font preuve de beaucoup plus d’honneur et de dignité que leurs geôliers.

D’un point de vue technique, même si la BD se lit bien grâce à un enchaînement fluide des événements, le dessin et les couleurs ne sont pas ma tasse de thé. Mais bon, vous savez ce qu’on dit sur les égouts et les odeurs, hein ?

Si vous en avez l’occasion, lisez-là, rien que pour le témoignage qu’elle représente. Et faites-la lire, aux plus jeunes notamment. C’est important la mémoire, surtout la mémoire collective…

 

 

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Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie

 

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie

 

Cannibale, emmanuel proust editions, Didier Daenninkx, Emmanuel Reuzé, Kanaks, Exposition Coloniale, Colonisation, Nouvelle Calédonie

 

Odradek