11/01/2018

Golden City - Tome 12 - Guérilla Urbaine

golden city,delcourt,daniel pecqueur,nicolas malfin,science-fictiongolden city,delcourt,daniel pecqueur,nicolas malfin,science-fictionScénario : Daniel Pecqueur
Dessin : Nicolas Malfin
Éditeur : Delcourt
48 pages
Date de sortie : 22 novembre 2017
Genre : Science-Fiction

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Alors qu’il enquête sur les causes du naufrage de Golden City, Basinger est mortellement blessé par quatre clonessoldats. Entre guérilla urbaine, armée de mercenaires et mafia, commence pour Banks une périlleuse enquête.

Avant de mourir, Basinger révèle à Banks que la personne responsable du naufrage est une certaine Tania. Elle vit à Las Vegas où elle organise des jeux du cirque dangereux au cours desquels des SDF et des chômeurs s’entretuent devant un public de richissimes parieurs violents. Banks décide de partir à sa recherche. Mais dès son arrivée, il se heurte à la mafia des casinos, et les ennuis commencent pour lui...

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Mon avis

En voyant la photo de cet album sur mon mur Facebook, un ami bédéphile a fait ce commentaire : « Ça existe encore Golden City ? ». Je crois que je ne pourrais pas mieux faire avec cette chronique… Mais je vais quand même essayer.

J’ai bien aimé les premiers tomes, même si j’y trouvais déjà quelques incohérences scénaristiques, mais là, je crois que cette série a atteint ses (mes !!!) limites.

Le dessin d’abord. Je ne suis pas un grand fan du style mais je reconnais que c’est plutôt bien fait. Les cadrages, les personnages, les proportions, les paysages, tout ça tient carrément la route. Un peu trop anguleux à mon goût, sans que ça soit vraiment une caractéristique marquante (comme chez Gine, par exemple), mais sinon, oui, c’est bien dessiné. En revanche, la mise en couleur, bien que très lumineuse, m’est assez insupportable au niveau des personnages (surtout les visages). C’est d’autant plus dommage que le reste est très bien fait.

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Mais je crois que c’est au niveau du scénario que ça pêche le plus.

D’abord, je ne comprends pas comment ça se fait que les gamins (les orphelins amis de Banks) soient toujours fauchés alors que régulièrement ils trouvent de l’argent (de grosses sommes) ou qu’on leur en envoie, et que, de toutes façons, ils sont potes avec Banks qui est un très riche héritier. Ensuite je ne comprends pas non plus pourquoi ils traversent à chaque fois la fameuse zone « tellement dangereuse que même la police n’ose s’y rendre ». D’ailleurs, elle n’a jamais vraiment l’air si dangereuse que ça cette zone.

Dans un tome précédent, on a même le droit à une scène surréaliste ou la mère d’Harrison, a dépensé sans compter et fait prendre des risques hallucinants à Golden City et sa population (dont une grande partie en est morte) pour capturer 3 des 12 sages de la ville et les en extraire. Mais quand elle les fait amener devant elle pour leur signifier leur jugement (et condamnation) il n’y a qu’un seul garde dans la pièce, et, évidemment, il se fait désarmer par l’un des trois « méchants » pour nous donner une nouvelle scène tout en tension. C’est tellement pas cohérent que j’en ai ri…

Ensuite, j’ai l’impression de relire un peu toujours la même histoire. Kumiko qui désobéit et qui se fout dans le pétrin, les autres qui remuent ciel et terre pour la sauver. Le conseil des sages de Golden City qui en a marre de l’attitude d’Harrison Banks et qui cherche donc à s’en débarrasser. La police qui n’intervient QUE pour gêner ou arrêter les gentils (Harrison ou les orphelins) mais totalement absente quand on a vraiment besoin d’elle, notamment quand des paramilitaires envahissent la ville pour briser la grève et les mouvements de rébellion naissants…

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Pour finir avec les incohérences je suis obligé de mentionner la mère d’Harrison, horrible harpie, requin de la finance, jadis prête à se mettre en travers du bonheur de son fils en éloignant à jamais son amour de jeunesse, femme d'affaire à l’origine de Golden City qui est, rappelons-le, l’incarnation flottante des inégalités sociales du monde. Eh bien cette femme si puissante n’a rien trouvé de mieux que de disparaître de la circulation après l’accident d’avion qui lui a coûté ses jambes et sa mobilité. La raison : elle ne voulait pas être une charge pour son fils (alors qu’elle était multimilliardaire !!!) et un sujet de pitié pour les autres. Peut-être que son laboratoire secret où l’on était capable de cloner des humains aurait pu lui être utile pour retrouver sa mobilité… Quoiqu’il en soit, subitement, cet horrible personnage sans cœur passe dans le camp des gentils et ne souhaite plus que le bien de l’humanité…

Et ne venez pas me parler de sœur Léa car je risquerais de déborder…

Bref, une vision très manichéenne de la chose et qui va toujours dans le même sens. Personnellement, je trouve cela contre productif. Écrire une histoire pleine de bons sentiments n’a jamais convaincu personne… Au contraire, cela conforte juste les uns dans leur idée d’un monde en noir et blanc sans pour autant convaincre les autres. Non, je préfère vraiment quand il y a de la nuance…

 

 

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Odradek

29/12/2017

La galerie des gaffes

Galerie des gaffes, Gaston lagaffe, Dupuis, Franquin, hommageGalerie des gaffes, Gaston lagaffe, Dupuis, Franquin, hommageScénario : Collectif
Dessin : Collectif
Éditeur : Dupuis
64 pages
Date de sortie : 20 octobre 2017
Genre : Hommage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Galerie des gaffes, Gaston lagaffe, Dupuis, Franquin, hommageOn ne présente plus Gaston, le plus célèbre gaffeur de toute l'histoire de la bande dessinée ! En 2017, cet anti héros débordant de malice et de créativité, créé par Franquin, a fêté ses soixante ans. Soixante ans d'émotions, de gags et d'inventions décalées auxquels la BPI du Centre Pompidou à Paris consacra une exposition durant plusieurs mois.

À leur tour, de nombreux auteurs contemporains ont tenu à rendre hommage à cette irrésistible figure de l'humour et à son fameux pull-over vert en se la réappropriant et en lui donnant de nouveau vie à travers leurs dessins.

Après l'univers de Spirou et de la BD franco-belge dans "La Galerie des illustres", c'est donc une "Galerie des gaffes" qui nous est offerte grâce à ce superbe album. Au fil des 48 planches, dont certaines sont inédites et d'autres ont été publiées dans le Journal Spirou depuis le début de l'année, c'est tout l'amour à l'égard de Gaston et de la bande dessinée que l'on retrouve avec un incomparable plaisir.

 

 

Mon avis

Galerie des gaffes, Gaston lagaffe, Dupuis, Franquin, hommageBon, on rigole on rigole, mais là, il s’agit d’un sujet sérieux ! C’est de Gaston Lagaffe tout de même dont on va parler ici. Alors, je vous préviens, j’aime pas trop qu’on lui fasse des misères au héros sans emploi moi… Apparemment, les éditions Dupuis ont anticipé ma réaction et ont sorti un album de plutôt bonne facture.

Bien sûr, l’exercice n’est pas facile et le résultat est souvent inégal, mais, tout de même, dans l’ensemble, on peut dire que ce collectif d’auteurs s’en sort honorablement. La révérence, le respect et l’affection quasi unanimes qu’inspirent Gaston et Franquin chez les dessinateurs, auteurs et, plus généralement, les fans de BDs, se retrouvent dans toutes les planches de ce recueil. Les gags ne sont pas tous (loin s’en faut) hilarants, l’angle n’est pas toujours le mieux choisi, mais certains ont relevé le défi avec un tel brio que ça pourrait presque être du Franquin. Je pense notamment à Olivier Pont, page 10, à Madaule, page 16, à Delaf, page 28 (au niveau dessin comme scénario, je vous mets au défi de le différencier d'avec un gag de Franquin), et surtout, à la très drôle planche d’Olivier Saive en page 26 (qui croise en plus l'hommage avec un clin d’œil au Spirou de la grande époque de Zorglub). Il y en a quelques autres qui valent le détour et qui justifient amplement l’achat de cette BD, qu’on soit fan de Gaston ou juste un bédéphile ordinaire.

 

 

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Galerie des gaffes, Gaston lagaffe, Dupuis, Franquin, hommage

 

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Odradek

28/12/2017

Le Top 10 2017 d'Odradek

2017 fut ma première année "complète" à chroniquer pour Samba BD. j'ai pris peu à peu mes marques et commence à me sentir plus à l'aise. Victime, au début, du fameux complexe de non légitimité : qui suis-je pour affirmer à la face du Net (et donc du Monde !!! tongue-out) que telle ou telle BD me plaît ou non pour telles et telles raisons ? Je relativise aujourd'hui en réalisant peu à peu que oui, certaines BDs valent vraiment beaucoup mieux que d'autres et que mes chroniques ne sont qu'un avis parmi tant d'autres.

Concernant mes goûts en BD, j'ai toujours été assez bon public, mais c'est effectivement en train de changer. L'exercice des chroniques (une petite cinquantaine cette année pour moi) me fait lire et regarder les BDs qui atterrissent entre mes mains avec un œil bien plus exigeant qu'avant. Si, par le passé, une bonne histoire suffisait à mon bonheur, aujourd'hui, j'ai du mal à supporter un dessin approximatif et/ou bâclé, des erreurs de proportions et/ou de perspectives, une couverture réalisée par un dessinateur différent et, surtout, une mise en couleur numérique à base de dégradés froids et sans âme. Pour le reste, je suis très Franco-Belge (les classiques adultes comme jeunesse : XIII, Thorgal, Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe, etc.), romans graphiques et One Shots de qualité. J'apprécie généralement les productions de Dargaud, Glénat et Futuropolis mais ne m'aventure pour ainsi dire jamais du côté des Comics ou des Mangas.

Ainsi, en 2017, j'ai, entre autres, particulièrement apprécié Les tomes 2 et 3 de No Body, ainsi que Ar-Men d'Emmanuel Lepage (que je place tout en haut de mes auteurs préférés, suivi de près par Christian De Metter).

 

Le top 10 d'Odradek pour l'année 2017

 

Ar-Men – Futuropolis

NoBody T2 – Soleil

NoBody T3 – Soleil

Largo Winch T21 – Dupuis

Le vétéran – Glénat

Jacques Damour – Sarbacane

Le Haut-Palais – Glénat

Les petites victoires – Rue de Sèvres

La Nef des fous T8 – Delcourt

Les miroirs du crime – Glénat

 

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27/12/2017

Les folles aventures de Spirou

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-SérieLes folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-SérieScénario : Fabien Vehlmann
Dessin : Yoann
Éditeur : Dupuis
64 pages
Date de sortie : 06 octobre 2017 
Genre : Aventures

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-SérieLes aventures de Spirou et Fantasio ne se déclinent pas que sous la forme d'histoires longues. La série compte aussi des histoires courtes tout à fait réjouissantes où Yoann et Vehlmann donnent libre cours à leur imagination débridée.

Les voici enfin réunies dans un album avec un bonus : "Le Spip magazine".

Dans "Spirou à la Rédac", notre groom favori plonge au cœur des archives du Journal Spirou et découvre, dans les caves abandonnées de l'hebdomadaire, un ancien combattant de la guerre Tintin-Spirou qui ignore que celle-ci est finie depuis des décennies.

Dans le conte illustré "Le cadeau de Fantasio", la Rédaction doit faire dans son numéro de Noël une publicité pour une poupée qui parle. Suite à une gaffe de Spirou, c'est une tronçonneuse dont on chantera les louanges dans l'hebdomadaire pour enfants sages...

Dans "La chevauchée sauvage", Spirou, Fantasio et Spip sont envoyés dans le passé par une invention d'Aurélien, le neveu du comte de Champignac, et devront chercher des portes spatiotemporelles dans les différents siècles qu'ils visiteront pour revenir au XXIe siècle.

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-SérieDans "Destins contrariés", Spirou ne se sent pas à sa place comme héros titulaire du journal édité par les éditions Dupilon. Dans cette uchronie, Fantasio est gendarme, Zorglub garçon de café et Champignac un grand savant mégalo capable de manipuler l'espace-temps par l'usage de trous quantiques !

"Dans Supergroom" Spirou croit pouvoir rivaliser avec les superhéros américains. Mais un costume ridicule ne suffit pas pour égaler Superman...


Un album hors-série exceptionnel qui compile des histoires courtes parues depuis une petite dizaine d'années dans le beau Journal Spirou !

 

 

Mon avis

On entend assez régulièrement que l’on est dans un état permanent de surproduction de Bandes Dessinées et les éditions Dupuis, maison plus qu’honorable au demeurant, nous sortent ce hors-série de Spirou. Si quelqu’un veut bien m’expliquer où est la logique là-dedans ? Parce que, franchement, je crois que ce n’était pas vraiment la peine. Ces petites histoires de Spirou, si elles étaient tout à fait à leur place dans le Journal de Spirou, n’ont, à mon humble avis, pas grand-chose à faire dans un album cartonné de 64 pages, fut-il un hors-série.

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

Quand les scénarios ne sont pas autocentrés sur la rédaction de ce vénérable magazine quasi octogénaire, ils répondent à un impératif éditorial. Là, un spécial « Comics » justifie le rappel du personnage de Batguy, pastiche de vous savez qui, aperçu dans « Dans les griffes de la Vipère » pour une historiette dont les ficelles moralisatrices sont un peu trop épaisses à mon goût… Un peu plus tôt, c’est la mise en ligne d’une version numérique du Journal de Spirou (Spirou Z) qui s’invite dans le scénario bien plat d’une soirée déguisée à la rédaction.

À l’exception de cette aventure avec Batguy, justement, toutes les autres sont prétextes à des clins d’œil et hommages à Spirou et, plus généralement, aux éditions Dupuis. C’est un point que j’avais déjà constaté dans le Spirou de Frank Pé et Zidrou (La lumière de Bornéo) et qui, une fois de plus, me gêne un peu. Car oui, c’est sympa un petit clin d’œil de temps en temps, mais quand il y en a un toutes les 2 ou 3 pages ça confine presque au manque d’inspiration. Bien sûr, il existe un univers des aventures de Spirou et Fantasio, un univers enrichi au fil des décennies par plusieurs auteurs de grande qualité, un univers dans lequel il est logique de continuer à faire évoluer ces personnages, mais il faut aussi, me semble-t-il, continuer à faire évoluer cet univers lui-même. Ce n’est sans doute pas facile, mais ce n’est pas en s’accordant la facilité de sans cesse replonger dedans sans y apporter grand-chose que les auteurs actuels vont y arriver.

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

La note positive de cet album est à attribuer au dessin car on sent que Yoann s’est clairement approprié le style Spirou en le modernisant sans pour autant le dénaturer. Pour autant, je trouve la page 32, celle avec le vaisseau vert de Champignac, particulièrement ratée (baclée ?)… C’est dommage, à la limite de l’incompréhensible même…

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

Bref, un HS pour les fans qui veulent tout avoir dans leur bibliothèque. Moi, perso, je passe mon tour.

 

 

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Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

 

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

 

Les folles aventures de Spirou, Dupuis, Yoann, Vehlmann, Hors-Série

 

Odradek

26/12/2017

Le syndrome de Stendhal

Art moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de StendhalArt moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de StendhalScénario : Aurélie Herrou
Dessin : Sagar
Éditeur : Glénat
128 pages
Date de sortie : 08 novembre 2017
Genre : Roman Graphique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Art moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de Stendhal35 ans révolus, Frédéric Delachaise se trouve dans l’obligation de travailler pour la première fois de sa vie. Quand il entre comme gardien de musée au Centre Pompidou, il découvre un univers dont il ignore tout et auquel il ne comprend rien. Il regarde tout d’abord les œuvres qu’il doit surveiller avec mépris. Mais, jour après jour, insidieusement, un étrange phénomène va se produire... Et Fred va bientôt devenir captivé par l’art contemporain. Littéralement. Victime du syndrome de Stendhal, Fred est ainsi capable de se projeter mentalement à l’intérieur des œuvres qu’il regarde. Une plongée au cœur de la création qui aura pour effet de lui ouvrir les yeux sur l’art, et sur sa propre existence.

Réalisé en partenariat avec le Centre Georges Pompidou qui fête cette année son quarantième anniversaire, magnifié par le dessin rond et chaud de Sagar Fornies, Le Syndrome de Stendhal est un ouvrage facétieux et truculent qui livre un hommage réjouissant à l’art contemporain.

 

 

Mon avis

Il m’aura fallu non pas UNE mais bien DEUX lectures de cet ouvrage pour arriver un minimum à « rentrer dedans ». C’est trop. Et c’est dommage. Cela fait sans doute écho à bon nombre d’œuvres d’art qui nécessitent plusieurs visionnages et beaucoup de concentration, mais je ne suis pas certain qu’en BD ça fonctionne aussi bien avec ce schéma. Attention ! Je n’ai pas dit que je n’aimais pas cette BD, mais je ne la trouve pas d’un accès très facile, c’est tout.

Art moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de Stendhal

Certes, le dessin de Sagar est très sympa, chaud, rond, et assez proche de ce que peut faire Christophe Blain en France. Il est également remarquable en ce qui concerne le mouvement et les expressions des personnages. Les attitudes de Frédéric dansant et les « tronches » de Lefian, le petit moustachu responsable du personnel, en sont les plus belles preuves. Nous avons là, clairement, un dessinateur à surveiller. Mais la mise en image générale de l’histoire souffre peut-être de ses qualités. Je m’explique. Le dessin est tellement expressif que la paire Herrou-Sagar a beaucoup misé sur des cases sans paroles dont les transitions ne sont pas toujours évidentes à comprendre, d’où la difficulté d’appréhension globale de l’histoire mentionnée au paragraphe précédent. Déjà que le domaine de l’Art et de l’Art Moderne en particulier n’est pas d’une approche aisée pour tous (pour la majorité d’entre nous même), cela fait peut-être une difficulté de trop à surmonter.

Art moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de Stendhal

 

Encore une fois, je trouve ça dommage car, par ailleurs, les réflexions sur l’Art Moderne développées dans ce livre sont très intéressantes et, pour le coup, à la fois accessibles et éclairantes.

 

 

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Art moderne, Musée Georges Pompidou, Beaubourg, Sagar, Aurélie Herrou, Glénat, Syndrome de Stendhal

 

 

Odradek

22/12/2017

Le Livre des Livres

Le livre des LIVRES, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, OubapoLe livre des LIVRES, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, OubapoScénario : Marc-Antoine Mathieu
Dessin : Marc-Antoine Mathieu
Éditeur : Delcourt
50 pages
Date de sortie : 8 novembre 2017
Genre : Philosophique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Submergé par son inspiration, Marc-Antoine Mathieu imagine un recueil de couvertures de livres qui n’existent pas, mais dont le titre, le texte de présentation et l’illustration portent en eux le ferment d’univers insolites.

Lorsque le Grand Entrepôt Des Albums Imaginaires brûla, toutes les couvertures en attente de leur histoire partirent en fumée, les fictions de fictions disparurent en une fumée blanche qui obscurcit le ciel de Babel à Alexandrie. Quelques-unes échappèrent aux flammes. Comme autant de flacons en quête de leur ivresse, ces promesses de récits furent mises à la page pour devenir un livre, ce livre…  

Le Livre des Livres, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, Oubapo

 

Mon avis

Une fois de plus Marc-Antoine Mathieu nous étonne. Est-ce vraiment surprenant ? Je veux dire : peut-on encore vraiment s’étonner d’être étonné par ce détonnant auteur ? La négative semble s’imposer. En effet, à travers cet objet philosophico-ludique, il nous présente des couvertures intrigantes, insolites, parfois dérangeantes, mais qui mènent forcément le lecteur vers cette question : « Que veut-il donc nous dire ? ». Passé la surprise et les interrogations de la première lecture, on peut alors passer à la seconde (lecture) pour véritablement se plonger dans ce livre unique.

Connaissant un peu Marc-Antoine Mathieu, on se doute qu’il n’a rien laissé au hasard et que tout dans ce livre des LIVRES a forcément un sens... au moins pour lui. Comme c’est un auteur facétieux, il a dissimulé çà et là, à notre intention, des indices, des petits jeux de mots (pas laids…), par exemple les noms des auteurs supposés des livres présentés ici par leur couverture, ou encore leurs éditeurs (allez, je vous en lâche un –SPOILER ALERT- les éditions SACS DE TU qui ne sont qu’un anagramme d’ACTES SUD). À chacun de jouer, à son rythme, selon son envie, ou pas. Car s’il est certain qu’il y a plusieurs niveaux de lecture, ce type de livre ne plaira clairement pas à tout le monde. Dans le même temps, il deviendra très probablement un livre culte (d’or) pour d’autres.

Le Livre des Livres, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, Oubapo

Après l’OuLiPo (l’Ouvroir de Littérature Potentielle) des Perec, Queneau et compagnie, et même s’il ne fait pas officiellement partie de l’OuBaPo (pareil mais pour la Bande Dessinée), Marc-Antoine Mathieu est, à mon sens, le plus digne (dingue ?) et plus talentueux représentant actuel de ce mouvement expérimento-graphico-littéraire. Non seulement, il pousse l’expérience bédé dans ses retranchements, mais en plus, il la rend accessible (plus ou moins, mais tout de même !) au grand public. On ne peut que l’en féliciter.

Le Livre des Livres, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, Oubapo

 

Pour ma part, j’ai apprécié le travail (de fou !!!) autant sur les images que sur les textes. Et même si mes références bédéraires ou encore ma motivation ne me permettent pas forcément d’aller au plus profond de ce livre, je ne peux que saluer l’artiste qui en est l’auteur.

 

 

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Le livre des LIVRES, Delcourt, Marc-Antoine Mathieu, Philosophie, BD, couvertures, Oubapo

 

 

Odradek

06/12/2017

Le Chat - Tome 21 - Chacun son Chat

Chacun-son-chat.jpgLe Chat, Philippe Geluck, Casterman, HumourScénario : Philippe Geluck
Dessin : Philippe Geluck
Éditeur : Casterman
48 pages
Date de sortie : 04 octobre 2017
Genre : Humour

 

 

 

Présentation de l'éditeur

En 1986, Philippe Geluck publiait le premier album du Chat, sobrement intitulé Le Chat. Nous voilà, trente ans plus tard, au tome 21, avec sous les yeux la preuve de l’incroyable vitalité de l’auteur et de son personnage !

Le Chat est dans une forme éblouissante et nous fait rire à chaque page, même si les thématiques abordées sont parfois graves. Geluck lui-même, on le sent bien, s’émerveille de la volubilité de son héros et couche sur papier les délires métaphysiques que sa créature lui glisse à l’oreille, en un cocktail explosif et subtil.

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

Cela faisait sept ans que Geluck ne nous avait pas sorti un Chat en format classique de 48 pages. Entre temps, il s’était amusé à produire un livre de textes vachards, une Bible selon Le Chat, plusieurs coffrets... Et voici qu’il revient aux fondamentaux comme pour nous dire « Vous savez, j’ai fait tout ça pour m’amuser mais je suis toujours capable de produire un album classique dont vous me direz des nouvelles ! » Et les nouvelles sont plus que bonnes, l’opus 21 est fabuleux ! Merci Monsieur Geluck et merci Le Chat !

 

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

Mon avis

Franchement, je me demande comment il fait… Ça fait tout de même trente ans que Geluck nous régale de ses aphorismes dessinés au moyen du personnage le plus statique de l’Histoire de la Bande Dessinée, j’ai nommé Le Chat, et il arrive toujours à se renouveler tout en conservant l’inspiration. Bien sûr, c’est très inégal. Mais ne l’a ce pas toujours été ? (si quelqu’un est capable de me dire si cette interronégative est grammaticalement correcte, je lui tire mon chapeau…). Les petits bijoux d’intelligence et d’observation n’ont-ils pas toujours côtoyé les jeux de mots faciles et autres pantalonnades éculées au fil de ses albums ? Quoiqu’il en soit, la découverte des premiers justifie amplement la lecture des seconds…

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

Bref, un album du Chat dans la droite lignée des 20 premiers, ni mieux ni moins bien, Le Chat quoi !

 

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

 

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Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

 

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

 

Le Chat, Philippe Geluck, Casterman, Humour

 

Odradek.

Écrit par Lionel Arnould dans Odradek au rapport ! | Commentaires (1) | Tags : le chat, philippe geluck, casterman, humour |  Facebook | |

04/12/2017

Nobody - Episode 3 - Entre le ciel et l'enfer

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillernobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerScénario : Christian De Metter
Dessin : Christian De Metter
Éditeur : Soleil
74 pages
Date de sortie : 04 octobre 2017
Genre : Thriller psychologique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerLe 3e épisode de NOBODY, une série d’anthologie où règne la notion d’absence de corps et d’identité… 

2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, barbu et cheveux longs, tatouages sur tout le corps – est arrêté sur le lieu d’un crime qu’il s’accuse d’avoir commis.Un an plus tard, une jeune psychologue – Béatrice Brennan – est diligentée par le juge pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Il livre son récit mais certains éléments ne collent pas… 

Dans ce nouvel épisode, l’homme révèle avoir travaillé, dans les années 80, en tant que lieutenant sur une mystérieuse affaire de meurtre : le corps d’une seconde jeune fille a été retrouvé dans les bois, près de Springboro. Plusieurs suspects sont en lice…parmi lesquels M. Perkins, un tueur en série dont on n’a jamais retrouvé le corps... 

Si les personnages et leur histoire sont fictifs, Cointelpro et le plan Northwoods sont réels, reconnus par les États-Unis et déclassifiés.

 

Mon avis

nobody,entre le ciel et l'enfer,christian de metter,soleil,fbi,thrillerToujours aussi génial Nobody ! Chronique suivante… Quoi ? je dois développer ? Bon d’accord…

Développons, développons...

Ce nouvel épisode de la série Nobody nous comble une fois de plus. Les énormes qualités graphiques et scénaristiques des deux premiers tomes sont plus que jamais au cœur de ce livre. Le dessin, hyper travaillé, soutient la narration en faisant le lien entre les flashbacks et le présent du récit (2007), notamment par le choix des teintes et d’une lumière plus crue, type néon, pour les scènes de prison. Le genre de détail qui, à mon avis, fait toute la différence entre un bon et un excellent dessinateur de BDs.

Plus pragmatiquement, dans ce tome 3, on en apprend un peu plus sur la psychologue qui s’entretient avec le prisonnier, sur son enfance et les raisons de sa vocation. On nous révèle également comment s’est conclue dans le sang l’infiltration du meurtrier présumé dans le milieu des bikers. Enfin, on assiste à l’une de ses enquêtes, dans les années 80, sur un tueur en série de jeunes filles et sur les répercussions que ces événements vont avoir sur sa vie sentimentale…

"Il y a un truc évident qui est sous mon nez et... il m'échappe."

Plus généralement, l’ambiance de cet épisode, de cette série, est tout simplement exceptionnelle. Chaque tome peut se lire presque indépendamment des autres mais on voit bien que le tout forme une construction plus complexe que l’on a hâte de découvrir dans son ensemble. Malheureusement (et heureusement, en fait… ça nous en fera plus…), je doute que De Metter ne s’arrête à la fin de ce premier cycle et il nous faudra patienter peut-être plusieurs saisons avant de connaître le fin mot de l’histoire… ou pas…

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En tout cas, une fois de plus, je ne peux que vous recommander avec insistance cette superbe série.

 

 

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Nobody, Entre le ciel et l'enfer, Christian De Metter, Soleil, FBI, Thriller

 

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Odradek

28/11/2017

Hauteville House - T15 - Cap Horn

hauteville house,cap hor,thierry gioux,fred duval,delcourt,patagoniehauteville house,cap hor,thierry gioux,fred duval,delcourt,patagonieScénario : Fred Duval
Dessin : Thierry Gioux
Éditeur : Delcourt
48 pages
Date de sortie : 23 septembre 2017
Genre : Aventures, Steam Punk

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’aventure se termine au Cap Horn par une lutte entre les différents éléments de l’ordre de l’obsidienne. Les alliances entre les anciens et nos héros se font en prévision d’un grand cataclysme à venir.

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Zelda et Gavroche doivent vaincre une entité venue du fond des océans pour asservir les humains. Ils sont aidés par « ceux des profondeurs », espèce en voie d’extinction. L’aventure est surtout l’occasion de traverser la Patagonie et d’y rencontrer ses peuples aborigènes, mythiques comme les géants de Patagonie décrits pas Darwin, et les Selk’nam, peuple dont le génocide a été reconnu par le Chili en 2003.

 

Mon avis

hauteville house,cap hor,thierry gioux,fred duval,delcourt,patagonieVous reprendrez bien un petit tome ? Euh, non merci, je crois que je vais m’arrêter là…

Evidemment, à la fin de ce 15ème épisode des aventures de Gavroche, Zelda et consorts, les auteurs ouvrent une nouvelle porte permettant de poursuivre (indéfiniment ?) l’aventure commencée en 2004. Est-ce bien raisonnable ?

Nous retrouvons cette fois nos héros en Amérique du Sud, accompagnés de personnages plus ou moins récurrents (Mauguy, Charnay…) et de Davy Crockett. Je dois vous avouer que l’intrigue de ce quatrième cycle, avec son Ordre de l’Obsidienne, ne m’a pas vraiment convaincu. Va pour les civilisations avancées et leurs armes ultimes, va encore pour les pirates anthropophages et la Guerre civile américaine des cycles précédents, mais ces histoires de poulpes et autres grenouilles à mâchoires de piranhas qui viendraient d’un océan intérieur au « centre de la Terre », c’est un peu too much à mon goût pour que le récit puisse s’en accommoder sans devenir vraiment farfelu. Si l’on ajoute à cela la fait que la trame narrative est parfois un brin capillotractée et les scènes de batailles souvent très confuses, l’addition commence à devenir salée.

 

hauteville house,cap hor,thierry gioux,fred duval,delcourt,patagonieEt puis il y a la morale de l’histoire. Dans le cycle précédent nous avions eu le droit à un plaidoyer pour l’Environnement (que c’est beau !!!). Cette fois-ci, toujours en écho avec l’actualité, les auteurs concluent que les luttes légitimes de certains peuples opprimés empruntent parfois de bien mauvais chemins. Pour ma part, je trouve ces sujets trop complexes pour les aborder, même de très loin, comme ici, de manière aussi légère et schématique. Après, ce n’est que mon humble avis…

Et sinon, question dessin, je ne suis vraiment pas fan non plus. Non seulement le style de Gioux sur cette série n’est pas ma tasse de thé (à la limite, ce n’est pas grave, les égouts et les odeurs ne se discutant pas tant qu’on n’a pas refermé la trappe) mais en plus, j’ai souvent l’impression de cases bâclées. Que ce soit les scènes de batailles, mêlées et autres groupement de personnages, ou les détails anatomiques, mains, bras, jambes, il y a trop souvent des choses qui ne vont pas. Le problème vient du manque de cohérence. Si on était chez Tronchet, ça serait normal d’avoir des bonhommes tarabiscotés, ils le sont tout le temps, mais ici, un coup c’est dessiné proprement et le coup d’après c’est à peine esquissé, encré et mis en couleur. Je ne vous parle pas du décalage avec la magnifique couverture co-signée Gioux et Manchu que je qualifierais sans ambages de publicité mensongère… Cerise sur le gâteau, les ciels sont des dégradés numériques et la lune est une photo collée. Perso, je ne m’y habituerai jamais…

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Bref, je vais en rester là… L’addition s’il vous plaît…

 

 

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Odradek.

27/11/2017

Alix Senator - T6 - La montagne des morts

alix senator,valérie mangin,thierry demarez,casterman,antiquité,rome,egyptealix senator,valérie mangin,thierry demarez,casterman,antiquité,rome,egypteScénario : Valérie Mangin
Dessin : Thierry Démarez
Éditeur : Casterman
48 pages
Date de sortie : 13 septembre 2017
Genre : Aventures

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

Khephren a payé très cher sa quête insensée de la Cybèle d'orichalque. Mais il continue, entraînant Alix, Enak et Titus dans le terrible désert égyptien. Il veut rallier l'oasis du dieu Ammon, son sanctuaire et sa montagne des morts, persuadé que s'y cache le secret qui le sauvera. Mais c'est leur destin à tous qui se jouera dans l'étrange nécropole, entre momies, pillards et serviteurs du dieu caché. La montagne des morts n'aura jamais autant mérité son nom.

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Mon avis

De mieux en mieux ! Après un premier cycle de mise en route plutôt réussi, Mangin et Démarez poursuivent les aventures d’un Alix quinquagénaire avec toujours autant de brio.

alix senator,valérie mangin,thierry demarez,casterman,antiquité,rome,egypteL’intérêt de ce 6ème tome, une fois de plus, réside dans le basculement d’intérêt entre les personnages principaux. En effet, depuis déjà deux tomes, on peut se demander s’il s’agit encore des aventures d’Alix Senator ou bien de celles de Khephren, son fils adoptif. Et je dois vous avouer que cette focalisation sur le côté obscur qui envahit peu à peu Khephren n’est pas faite pour me déplaire.

Dans Alix, l’original, Jacques Martin nous narrait les aventures d’un jeune gaulois parmi les romains. Les histoires, bien que longues (64 pages), chargées et pleines de rebondissements, gardaient une trame assez classique avec des moments de tension et un retour à la « normale » en fin d’album. Dans Alix Senator, Valérie Mangin mise sur des scénarios plus complexes et en particulier sur la noirceur d’un personnage supposément positif puisqu’il est à la fois le fils d’Enak et le fils adoptif d’Alix. Ce dernier est obnubilé par des rêves de grandeur et de reconnaissance. Il ne s’est jamais senti à sa place du fait de son adoption et de ses origines égyptiennes dans un monde où cette nation est dominée et soumise par Rome.  

En revanche, je trouve étonnante la cécité, voire la tolérance d'Alix vis-à-vis de la lente mais sûre dérive de Khephren vers le camps de ses adversaires...

 

alix senator,valérie mangin,thierry demarez,casterman,antiquité,rome,egypteMalgré tout, on reste dans l’Empire romain, après la mort de Jules César, et les aspects historiques et didactiques sont toujours de mise. Les intrigues de pouvoir à la tête de Rome sont omniprésentes à travers les différents tomes de la série. Elles sont d’ailleurs très intéressantes à observer car elles permettent de réaliser à quel point le pouvoir était instable et fragile en ces temps reculés. Alix se retrouve régulièrement en mauvaise posture du fait de cette instabilité, ce qui tend à l’humaniser. Certes, il ne meurt jamais dans les combats (c’est souvent lui le dernier survivant d’une mêlée ou il n'a pas hésité à trucider et transpercer à droite à gauche…) mais il est toujours obligé de la jouer fine et serrée quand il se retrouve face à l’empereur Auguste et sa femme Livie.

 

 

alix senator,valérie mangin,thierry demarez,casterman,antiquité,rome,egypteCôté dessin, je suis partagé. Les décors sont plutôt bien travaillés mais les personnages, surtout les visages, me font un peu tiquer… Je ne saurais dire ce qui ne va pas mais il y a quelque chose qui me dérange un peu. Certaines perspectives et proportions sont également limites sur les personnages. Le traitement des couleurs est assez agréable mais c'est pareil, il y a toujours des choses qui me gratouillent, des lumières sur des visages, par exemple... Ceci dit, je dois vous avouer que la lecture du tome 3 en noir et blanc m’avait positivement scotché et que, d'une manière générale, le dessin est tout de même de bonne facture.

 

 

 

 

En tout cas, ce Tome 6 est clairement à la hauteur de la série et mérite toute votre attention. 

 

 

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Odradek