16.04.2012

Interview de Mauricet pour une belle nuance de rouge .

C’est à une " speed interview "  que je vous convie .Celle de Mauricet pour  son album « une bien belle nuance de rouge » sortit récemment chez Grand Angle(Bamboo).  Une interview assez courte mais très parlante qui  vous retranscrit très bien l’atmosphère  particulière et la sensibilité de cette BD.

mauricet2.jpg



> 1. « Une bien belle nuance de rouge » me semble une œuvre bien personnelle qui doit te tenir à cœur. Comment est née cette BD pleine de sensibilité avec un vampire ?

>
Je pense que cette histoire est née de ma volonté de dépeindre une adolescente mal dansmauricet3.jpg sa peau qui se cherche et de thèmes et de sentiments forts qui me tenaient à cœur comme l'amour, la mort, la sexualité, l'amitié. Le tout, sans cynisme. En essayant de créer des personnages vrais.

> 2. Pendant ma lecture, on se prend vite d’amitié pour Garance, un personnage pourtant loin des pinups habituelles, as-tu eu difficile pour rechercher son personnage ?

mauricet4.jpg>
Garance est une sorte d'amalgame de plein de filles que j'ai croisées à un moment ou autre, je crois. Dans sa façon de voir la vie, il y a forcément un peu de moi aussi. L'important, l'essentiel était de créer une nana vraie pleine d'imperfections et de petits défauts. Je suis attiré par la singularité.

> 3. Par contre pour Ambroise Brelot, quelles influences cinéma ou littéraire peut on y voir ?

>Un peu de Dracula de Stoker forcément, une touche de Connor MacLeod dans le premier Highlander, une pointe d'Edward aux mains d'argent et, je me répète mais... toujours un peu de moi.

mauricet5.jpg


> 4. Un truc qui m’a bluffé dans ce premier tome, c’est la qualité des couleurs. Je suppose que tu y as apporté un soin tout particulier ?

>Je ne suis absolument pas un théoricien de la couleur. J'y vais au feeling. La mise en couleur fait partie intégrante du processus narratif. Elle contribue à raconter l'histoire. C'est ma seule règle. J'y ai parfois accordé plus de temps et de réflexion que pour le dessin. J'aime aussi la sobriété et l'efficacité. Et ma gamme plaît visiblement. J'en suis ravi.


> 5. Je me demandais comme ça, une folie, est ce que Mauricet est un gothique ?

mauricet.jpg>Dans l'âme, je le suis très certainement. C'est plus une philosophie de vie qu'un look. Une sensibilité à fleur de peau, un intérêt pour la vie et la découverte, un respect de jolies valeurs qui font parfois sourire, et un goût certain pour le suranné. C'est ce qui se cache sous le maquillage et les couches de fringues noires d'un goth qui est important. L'essence même. Trop peu de gens s'arrêtent à l'emballage.

> 6. Peux tu nous parler un peu du tome 2, quand sortira il et ce qui nous attend car le cliffhanger final nous laisse sur notre faim si j’ose dire ?

>Le tome 2 sera intitulé 'Le Serment'. Il devrait sortir début mars 2013. Il parlera plus d'Ambroise et de ce qui le lie à Garance. Il m'est difficile d'en dire plus. Je pense qu'il sera encore plus chargé d'émotions que le premier et apportera des réponses à presque toutes les questions posées.

Un grand merci à Mauricet pour avoir répondu à mes (bêtes) questions.
Pour plus d’info sur cet album, RDV sur le site de l’éditeur ou chez Mauricet Himself.

A bientot pour une autre interview.

Samba.



Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (6) | Tags : mauricet, une bien belle nuance de rouge | | |

01.08.2011

Interview de Fréderic Peynet.

Le dessinateur de Phoenix, du feul, les contes du Korrigan ....Fréderic Peynet a eu l'aimabilité de répondre à phoenix2couv.jpgquelques questions pour le blog Samba BD.

peynet3.JPGPar rapport au feul  (dont une intégrale vient de sortir), Phoenix est un univers nettement plus réaliste
.C’était une envie de ta part de changer de registre ? Pas trop compliqué  à dessiner tous ces détails
de la vie quotidienne ?

C'était une envie commune. Aussi bien Jean-Charles que moi même souhaitions nous confronter à une
série contemporaine réaliste.
Pour ma part, cela faisait une dizaine d'années que je dessinais de la fantasy, je commençais à tourner
en rond graphiquement et à prendre un peu moins de plaisir au dessin, j'avais besoin de me
renouveler. Mes lectures étaient alors plutôt tournées vers le genre thriller, et l'envie d'en dessiner un
à mon tour est ainsi venue, petit à petit.
Lorsque j'ai évoqué cette envie de changement à Jean-Charles, il s'est montré très enthousiaste; il avait
brièvement abordé le genre avec son triptyque "L'ombre du cinéphage", et souhaitait développer
quelques idées d'histoires qu'il gardait de côté jusque-là.

phoenix.jpgC’est ta 2e collaboration avec JC Gaudin, visiblement le courant passe bien entre vous deux .Comment
travaillez  vous ensemble ? Reçois tu le script en entier ou par bride ? Interviens-tu dans l’élaboration
de l’histoire ?

Phoenix est né de nos nombreuses discussions alors que nous terminions le tome 3 du Feul.
J'expliquais  à Jean-Charles quels univers, quel genre j'avais envie de dessiner , et je pense que la série
est née ainsi.
Jean-Charles a mûri quelques idées qui lui sont venues avant ou suite à nos discussions.
Il m'a ensuite raconté les grandes lignes, sans m'en dire beaucoup plus. Je suis intervenu sur quelques
petits détails, mais 99% de l'histoire vient de lui.
Contrairement au Feul, je ne connais pas l'histoire dans son intégralité. Je ne sais donc pas forcément
où il va, et c'est finalement assez excitant pour moi de découvrir son scénario par bribes (4-5 pages à
la fois), cela m'évite de me lasser, car tout est toujours nouveau. L'absence de vision à long terme de
l'histoire m'empêche juste de bien préparer ma documentation et mes repérages à l'avance. C'est le
seul point délicat, mais je fais avec.

peynet6.jpg


Ce qui me frappe dans ton dessin, c’est la finesse de ton trait  .Ce qui donne au final, un dessin très
élégant (un vrai plaisir à regarder) .Quel  regard portes tu sur ton travail ? Es tu perfectionniste ?

peynet1.JPGJe le suis trop. Je ne suis pas capable de laisser partir un dessin qui ne me convient pas à 100%. C'est
parfois très ennuyeux, car je vais me bloquer sur des détails sans importance pour la narration et je
n'avancerai donc pas sur le reste de la planche tant que ces détails ne seront pas réglés. Je perds un
temps fou pour des choses qui n'en valent pas la peine au final.
Egalement, à trop détailler comme je le fais, le dessin se fige et perd de la force et de la vie. J'essaye
depuis le tome 2 de moins pousser les choses pour aller à l'essentiel et récupérer cette énergie, cette
vie qui faisaient un peu défaut aux dessins trop léchés. Il faut que je trouve le juste milieu.

peynet4.JPG


Qui sont tes premiers lecteurs ?


Ma première lectrice est ma femme, Catherine. Elle a l'oeil très aiguisé et peut trouver une erreur que
je ne vois pas. Son aide et son soutien me sont précieux.
Mon second lecteur est Jean-Charles Gaudin, à qui j'envoie un scan de la planche terminée afin qu'il la
valide ou demande une correction de texte ou parfois de dessin si le cadrage ne correspond pas à ce
qu'il imaginait.
Mon troisième lecteur est Jean Wacquet, mon directeur éditorial chez Soleil, à qui j'envoie comme à
Jean-Charles, un scan de la dernière planche. Dessiner une BD, c'est un marathon en quelque sorte, et
on peut très vite perdre le bon rythme. Les encouragements de Jean sont donc importants pour la
motivation.
Ma quatrième lectrice est Delphine Rieu, la coloriste de la série qui, à son tour, ajoute sa patte
graphique pour aboutir à la planche finalisée.

Est-ce que les ventes de Phoenix sont dans tes espérances et que retiens-tu des retours que tu as lus
ou lors de dédicaces ?peynet2.JPG

A l'heure actuelle, je ne connais pas encore les chiffres de vente exacts du tome 1. Je les aurai au mois
d'août.
Les comptes sont arrêtés deux fois par an chez Soleil (en juin et en décembre) et il faut que l'album ait
eu une durée de vie en librairie d'au moins 6 moins pour avoir les chiffres. Ainsi, pour le tome 1 sorti
en août 2010, il n'y avait pas les 6 mois réglementaires lors des relevés de vente de décembre, ce qui
fait que je n'aurais les chiffres que cette année à l'occasion du prochain relevé.
De ce que je sais, il y a eu pénurie du tome 1 au bout de 5 jours. Malheureusement, l'éditeur a mis un
mois à rééditer l'album : notre créneau en librairie était terminé lorsque celui-ci fut de nouveau
disponible.
Bref, je ne m'attends pas à des chiffres brillants concernant le tome 1 malgré un départ rapide et fort
encourageant. J'espère que les tomes suivants permettront à la série de retrouver le public qui était
passé à côté lors de son lancement.
Les critiques sont en tout cas très encourageantes pour nous. Je les trouve très positives, et c'est
donc un bon moteur pour notre motivation.

As tu les temps de lire d'autres BD ? Si oui ,que nous recommandes tu ? Quels sont tes "maitres " dans
le 9e art ?

J'avoue ne plus en lire, car je passe mon temps à analyser ce que je vois plutôt que me laisser porter
par le récit.
Lorsque je referme l'album, je suis bien incapable de parler de l'histoire, mais je peux parler mise en
scène, narration, anatomie, perspective, couleur... Bref, je n'arrive plus à être lecteur.
Ma plus grande influence est Rosinski. Je me suis nourri de ses albums et j'ai beaucoup appris à travers
son travail. Si mon dessin est ce qu'il est aujourd'hui, c'est en grande partie à lui que je le dois, même si
nous ne nous connaissons pas.
Régis Loisel a eu un rôle important également, puisqu'il m'a suivi lors de mes débuts, en me conseillant
sur mon dessin, et en me faisant prendre conscience de mes lacunes. Il m'a fait gagner quelques
années.
perfectmook_06.jpgJe citerais également Laurent Vicomte, Christian Rossi, Emmanuel Lepage, Takehiko Inoue, Tsukasa
Hojo... Tous de grands dessinateurs réalistes dont le travail a été une formidable source de
motivation.
J'ai une grande tendresse pour le trait et l'univers de Franquin qui, même s'il n'a pas un dessin réaliste,
m'a apporté beaucoup au travers de ses albums, dans ma jeunesse et aujourd'hui encore.
Quelqu'un qui m'a probablement autant influencé que Rosinski, ces dernières années est Naoki
Urasawa, l'auteur de Monster, 20th Century Boys, Pluto...
J'aime son dynamisme, et sa mise en scène. J'aime aussi son dessin plus dépouillé, mais ô combien plus
vivant, que le mien.

En dehors de la BD, que fait Fréderic Peynet ?

C'est un boulot solitaire, alors lorsque j'ai un peu de temps libre, c'est important de ne pas négliger
quelques soirées avec les amis.
Je joue également dans un groupe rock, Slumberland. Ça permet de bien se vider la tête et de ne plus
penser au boulot, même si la majorité des membres de ce groupe travaille dans le milieu de la BD.

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Un grand merci à Fréderic Peynet pour cette belle interview.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (4) | Tags : peynet;frederic peynet, interview, phoenix, le feul, soleil, gaudin | | |

16.06.2011

Horacio d'Alba L'interview .

Horacio d'Alba1.jpg


Salut Nicolas, comme Horacio d’Alba est votre première BD à toi et à Jérôme Le Gris, peux tu nous présenter ton parcours de jeune dessinateur ?

16-012.jpgJ’ai suivi un cursus scientifique jusqu'à mon bac, c'est probablement assez peu courant pour quelqu'un qui fait du dessin au final, mais bon! Mon bac S en poche j'ai entamé une fac de science et je me suis vite aperçu que cela ne me correspondait pas du tout et que ma vieille envie de dessiner me tenaillait de plus en plus. J'ai donc cherché des écoles d'art, monté un petit book, arrêté la fac après 3 mois de cours... et j'ai été admis en année préparatoire a l'école Pivaut a Nantes pour y suivre la formation BD/Illustration. Quatre années plus tard, diplômé avec les félicitations du jury, je me lance dans le début de la vie professionnelle. Malgré un parcours couronné de succès à l’école, hé ben dehors c'est vachement plus raide tout de suite, curieusement! Projets BD qui pédalent un peu dans la semoule etc... Mais je commence petit à petit à travailler en tant qu'illustrateur, avec une couv' aux éditions Mnémos et une participation régulière au mag' Science et Vie Junior. En Juin 2009, un an après ma sortie de l'école, mes efforts en BD sont récompensés par la signature d'Horacio d'Alba Tome1 chez 12Bis...

Voilà en gros :)

Je  comparerais volontiers ton trait à celui de Mathieu Lauffray, c’est une de tes 12-009.jpgréférences ou je me trompe ?

Alors tu fais mouche, c'est bien sûr une référence majeure pour moi... Par contre en ce qui concerne le dessin je ne me sens pas si proche que ça de son travail, bien plus expressionniste! Je m'en suis beaucoup inspiré en ce qui concerne la mise en scène, les cadrages, la gestion de la lumière par l'encrage...

Je pourrais en dire autant avec Alex Alice, Benoit Springer, Boucq ou Giraud, pour ne citer qu'eux.
Je tente modestement d'aller vers mes idéaux, en essayant d'apprendre des grands qui m'ont précédés.

Horacio d'Alba.jpg


Les retours sur cet album sont vraiment très positifs. J’imagine que ça doit faire plaisir ? Pas trop de pression pour le tome 2 ? 

Bien sûr que ça me fait plaisir!! Ce n'est pas une pression, mais un véritable carburant et en encouragement pour la suite! Je suis exigeant envers moi même, et j'essaie de ne pas faillir à ce principe. C'est pour ça que je ne m'inquiète pas pour le tome 2.
Un premier album apporte son lot de doutes et d'interrogations! Les 54 pages de ce tome 1 m'ont permis de commencer à trouver mes marques en narration, en encrage, ainsi qu'en couleur. J'essaie de toujours aller plus loin dans ces domaines ainsi qu'en dessin... Je suis toujours un peu plus en avance dans ma tête par rapport a ce qui sort de mon crayon ou de ma tablette graphique, la frustration qui en résulte me pousse a apprendre d'avantage, persévérer, et progresser encore... enfin bref :)

J'ai beaucoup appris sur ce tome 1, j'apprendrais encore sur le 2, mais au moins je ne pars pas de rien cette fois :)



Comment se passe ta collaboration avec Jérôme Le Gris ?

Très bien!
C'est une collaboration très enrichissante qui a vu le jour par l'intermédiaire de Thim Montaigne (Cinquième évangile). Il m'a présenté Jérôme, avec qui il travaillait déjà, quand j'étais en rade de projets.
L'expérience de Jérôme au travers du cinéma m'a beaucoup aidé pour réussir à créer une bonne mise en scène...
Techniquement, je pars de son scénar, je lui envoie une ébauche de page, on en discute, et on abouti à un storyboard définitif. Il ne me reste ensuite plus que l'étape la plus longue, le dessin et l'encrage!
Ce qui est vraiment appréciable c'est que l'on communique beaucoup, sur la BD bien sûr, mais sur de tout autres sujets aussi... Je pense que peu de dessinateurs peuvent se satisfaire d'un tel échange avec la personne avec qui ils bossent. C’est un gros plus pour moi et j'en suis conscient!

 64860177.jpgEn lisant Horacio d’Alba, on sent via la mise en page et les angles de vue, une impression de grand cinéma d’aventure, c’est ce que vouliez partager avec les lecteurs ?

Tout à fait! On s'inspire tous deux allègrement du ciné pour la mise en scène... Pour moi le ciné et la BD sont des domaines assez communicants, et beaucoup de mes idées de mise en scène me viennent de là plutôt que de la BD.
J'essaie de mixer cette influence cinéma avec les contraintes liées à la bande dessinée et je tente d'en sortir quelque chose de cohérent...

Tu en es où dans la réalisation du prochain tome  et aurait il encore quelques belles surprises ? 

Je le commence à peine en fait! J'ai terminé de travailler sur le tome 1 mi-février, mais entre temps j'ai déménagé et je me suis occupé de toute la paperasserie qui va avec, j'ai passé pas mal de temps sur les dessins en plus et la nouvelle couverture pour le tirage de tête aux éditions BdMust, j'ai fait pas mal de dates de dédicaces sur avril/mai...

En tout ca le prochain tome est riche en évènements et promet de grands moments, un plaisir de dessinateur :)

Et que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Bon courage, j'imagine :)

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Un grand merci à Nicolas pour cette interview et bonne  lecture à tous.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : horacio d'alba, nicolas siner, siner, interview, 12bis | | |

06.06.2011

Curiosity Shop , l'interview.

Curiosity Shop1.jpg9782723472807_4.jpgJe vous invite à lire aujourd’hui pour illustrer le tome 1 de Curiosity Shop une interview de la scénariste espagnole  Teresa Valero.Un grand merci à elle d’avoir répondu à ma curiosité.




Bonjour Térésa, j’aurais tout d’abords aimé savoir comment est né Curiosity Shop ?


Angers-2-007.jpgA Madrid, j’habite dans un quartier près du quartier historique bourré de magasins bizarres et étonnants, beaucoup d’entre eux  sont dédiés aux antiquités et  aux objets peu communs… Je voulais faire un récit d’aventure placé dans ce Madrid que j’aime...
Ma première idée était de faire une bd autour d'une bande de contrebandiers d'art et d'antiquité. Je voulais faire un peu "d'investigation historique" au travers de tous les objets pour lesquels ces aventuriers pourraient se battre au cours de leurs affaires. Bien sûr, on ne voulait pas faire de la "pédagogie historique", mais essayer de réveiller l'intérêt et surtout la curiosité des lecteurs pour certains évènements que nous sommes en train d'oublier...

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Montse et moi, on avait travaillé ensemble pendant plus de dix années dans le studio d’animation Tridente. On avait des goûts et des visions communes, on se comprenait très bien au travail… Après la disparition du studio, on a continué à se voir dans certaines réunions d’artistes de bd qu’on fait habituellement à Madrid. On avait une grande envie de travailler ensemble à nouveau. Je lui ai parlé de l’univers de Curiosity et on a commencé à discuter, à inventer… et finalement on est arrivé à ce que sont maintenant les aventures de Max Prado.

Pourquoi avoir encré ton histoire au début de la grande guerre, c’est une époque qui t’inspire ?

curiosity_ink_col...e_perlas-1f52948.jpgAu long d'une des nos premières conversations, Montse a eu l'idée de situer l'action de "Curiosity Shop" autour des années vingt, parce qu’elle adore l’ambiance et l’esthétique de cette époque là. J'ai trouvé l’idée fascinante… ça nous donnait l’opportunité de raconter en parallèle l'histoire cachée de certains objets anciens et oubliés, l'histoire personnelle d'une femme née avec le siècle, et finalement l'Histoire de ce période pleine de merveilles et d'horreurs. Et un des plus terribles événements du siècle XX est sans doute la Grande Guerre, un conflit qui a mis un point final à un certain mode de vivre…

Cette époque est très intéressante pour beaucoup de raisons : Nous, tel que nous sommes, curiosity shop2.jpget aussi notre monde actuel, tout ça c’est évidement le résultat des événements du 20e siècle, des luttes ouvrières, de deux guerres épouvantables, de l’avancé des sciences et de la technologie, du changement moral et intellectuel des individus… Je trouve certainement passionnant de faire une petite collaboration avec notre travail pour  « nous rappeler » d’où on vient.

Comment se passe ta collaboration avec Montse Martin ?

C’est toujours un plaisir de travailler aux côtes de Montse. C’est une incroyable professionnelle. Non seulement, elle a un talent fou, mais elle apporte toujours une vision intéressante et juste sur beaucoup des aspects de l’histoire.
Pour la méthode de travail, tout d’abord j’écris un petit synopsis de l’histoire que je lui fais lire. Si elle est d’accord avec la route que j’ai prise, je commence à écrire un scenario « technique » avec des informations de case ou aussi un découpage mais quelque chose qui ressemble à des séries de télé ou des films. Après de ça, Montse fait le découpage et on en discute. Quand on est tous les deux d’accord sur ce point c’est l’heure des crayonnés…

curiosity.jpg


Curiosity shop est une BD très dense avec beaucoup de thématiques abordées. Quel conseil donnerais-tu pour bien aborder ta BD et aussi comment la définirais tu ?

Je définirais « Curiosity Shop » comme une bd pour les CURIEUX. Pour les chercheurs, exlib_valero copie_1305211914.jpgles attentifs, les enquêteurs… Comme lecteur, j’adore les livres qui m’obligent à un peu de participation donc, pour ce bouquin, j’ai essayé de donner aux lecteurs ce que j’aime trouver quand je lis. C’est vrai que la lecture de « Curiosity » demande un certaine approche, une sorte « d’engagement » comme investigateur tant pour l’histoire que pour  la bd qui propose une époque de référence pour bien suivre tous les détails. On est conscient que ce genre de récit peut gêner certains lecteurs, mais il y a d’autres qu’ont beaucoup aimés ce jeu de « chercher-trouver » qui donne, toujours à mon avis, un « plus » à la lecture, et qui laisse le livre ouvert à plusieurs relectures, toujours différentes et plus riches selon le désir de connaître de chacun.

Et le conseil pour l’aborder ? Simplement de la lire avec CURIOSITÉ.

Peux-tu nous dévoiler un peu sur la suite des aventures de Maxima Predo ?

Bon, pour la prochaine aventure elle sera à Tolède, en quête de la Table du Roi Salomon, volé pour l’arabe Tariq aux Goths… Après ça, elle va visiter la France en pleine guerre…

Quelles sont tes sources d’inspiration (BD, roman, cinéma etc) ?

angers-029b-162363e.jpgTout ! J’essai de lire tout ce que je peux, j’aime voir de bonnes fictions qu’on trouve de plus en plus dans les séries télé.

Pour m’inspirer pour « Curiosity » qui demandait un travail de fou pour la recherche en document, j’ai passé beaucoup de temps en essayant d’apprendre sur la période historique, en cherchant des beaux endroits de l’époque pour situer les actions, des événements intéressants autour desquels je voulais construire le récit. J’ai plongé dans les archives photographiques d’internet, les hémérothèques, les livres anciens, les romans des auteurs du dernier siècle, essais historiques sur la première guerre mondiale ou la situation politique pour laquelle l’Espagne est devenue neutre, j’ai aussi vu plusieurs documentaires… ce n’est pas les matériaux pour l’inspiration qui nous manquent de nos jours !


Voilà, j’espère que vous  en savez un peu plus sur le travail de Téresa Valero. L’air de rien, on découvre que ce n’est pas une mince affaire de faire une bonne histoire.

avec un ex-libris.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : interview, curiosity shop, téresa, valero, montse, le réveil 1914, glénat, madrid | | |

12.12.2010

Interview de Béatrice Tillier.

Après Jérémy, Philippe Xavier, c’est au tour de Béatrice Tillier pour une petite interview. Le bois des vierges est donc à l’honneur pour mon plus grand bonheur.

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•Je suppose que tu es ravie de voir enfin ce tome 2 chez les libraires, le chemin de l’édition du bois des vierges n’a pas été toujours un long fleuve tranquille ?

Bois des vierges (Le)1.jpgEffectivement !! Beaucoup de rebondissement à cause du rachat du catalogue Laffont. 1 an de perdu pour le Bois des Vierges et ses lecteurs. Du coté des auteurs par contre, les idées ont fusé, je me suis remis à écrire et nous avons réfléchi avec Jean à des projets futurs.




•Comme je viens de relire les 2 tomes du bois des vierges, je me suis demandé surtout en voyant le tome 1, si tu avais travaillé le comportement  de certains animaux comme les loups pour les retranscrire dans ton dessin ?


Pour qu'ils ne paraissent pas incongrus au milieu de l'histoire, il fallait les penser comme les autres protagonistes : des hommes, mais en plus poilus !!! Jean tenait à ce qu'ils conservent une noblesse dans leur stature et pas le coté "rampant" d'un animal à quatre pattes. Il suffisait de garder à l'esprit que les animaux avaient un comportement  humain et les humains un comportement bestial.

•Pour le tome 2, on est plus dans les mythes et légendes. Quels sont les êtres imaginaires que tu as aimé dessiner et  inversement  et tes sources d’inspirations pour les retranscrire?

Tous !!! Je crois que la majorité des dessinateurs rêvent tous un jour de donner leur tillier3.jpginterprétation des créatures mythologiques !!! Pour me les approprier, je les ai pensés comme des hybrides, un mélange des deux corps plutôt qu'une simple superposition. Je partais de l'animal de base (bouc, cheval, aigle...) en lui donnant des traits humains. J'ai un peu compulsé tout ce qui avait été déjà fait pour ne pas refaire la même chose !!




•T’attendais tu à revisiter autant des légendes au début du BDV ? Tu ne te demandes pas parfois ce que Jean Dufaux va encore inventer pour la suite ?

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Oui, je savais que j'aurai un sacré bestiaire. Je reste d'ailleurs un peu frustrée, car nous n'avons pas eu la place de tous les montrer !! Il manque par exemple les sirènes qui sont juste citées. On se demande toujours ce que Jean va inventer !! D’autant plus quand on n'a pas tout le scénario sous  les yeux !!

•ET si on inversait les rôles…Quel animal serait pour toi
 tillier2.jpgAube ? Surement pas une jeune biche !! Plutôt un félin, car son haut rang dans la société lui confère une certaine prestance. On la voit comme un petit chat apeuré mais elle n'hésite pas à sortir les griffes !! Une panthère des neiges ?






•Hugo ? Un bon gros toutou, fidèle, droit, travailleur. Un chien de chasse obéissant, un tillier1.jpgpeu cabot parfois. Un griffon ?





•Arcan ?
Un Lion sans hésiter !! Il veut tout diriger, rester maitre de sa progéniture.



•Et aussi quel homme serait 
Loup Gris ? Un vétéran qui a trouvé l'amour chez son ennemi. Un soldat américain qui aurait épousé une vietnamienne et aurait embrassé sa cause.

•Griffe tout ? Un bel arnaqueur à la petite semaine. Un Arsène Lupin.

•Et Dame Goupil ? Une femme forte et digne malgré la conscience qu'elle a de sa condition sociale.

•Pour terminer, que nous réserve l’ultime tome 3 ?

Je ne le sais pas encore... Beaucoup de rebondissements au début de l'histoire, mais j'en ignore encore le dénouement.

As-tu déjà un projet pour l’après BDV ?

Oui, toujours en collaboration avec Jean, car le tandem fonctionne à merveille et les histoires sont toujours sur mesure !!


Mon petit doigt me dit qu’il s’agirait d’une complainte mais chuuutttt.
Un grand merci à Dame Béatrice pour cette belle interview.
Et vive le bois des vierges.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (4) | Tags : le bois des vierges, tillier, dufaux, delcourt, interview, bd | | |

25.11.2010

Interview de Philippe Xavier( Nomade).

Après la chronqiue de l'album, Nomade , voilà une interview de son illustre desinateur, Philippe Xavier . On savoure donc.....

 

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1 : En lisant la préface de Jean Dufaux, je me suis posé la question de savoir si Nomade sera chaque fois basé sur un personnage différent ou Gauthier des Flandres est il le fil conducteur de cette série ?
xavier5.jpgPour l’ instant nous travaillons sur nomade tome 2, je viens de terminer la planche 25,  suite et fin de ce "  dyptique  " sur Gauthier de Flandres .......pour la suite on verra, j aimerais rester un peu avec notre preux chevalier il a encore de belles aventures à vivre,  après ? La piste est longue, j’adorerais développer les origines du maitres des machines ...par exemple,  ou faire un saut  du coté de Jérusalem pour y découvrir les amours de Syria  ...L’univers de Croisade  que nous avons créé est tellement vaste et riche  que nous avons l’embarra du  choix malheureusement ....je ne dessine pas  avec mes 2 mains et les années passent vite ...nous verrons bien ...Cool


2 : Dans ce premier tome de Nomade, c’est un peu les 1001 nuits version apocalypse. Où as-tu trouvé l’inspiration pour créer ce décorum très spécifique (Décors, ville, vêtements) de cet opus ?
 
xavier4.jpgComme sur  croisade , j ai  besoin de m’ investir totalement dans ce que je dessine , au fil des albums ( 5 en 3 ans ...)  je commence à avoir une belle bibliothèque  remplie de livres sur l’ art et  l’ architecture islamique , de peintures orientalistes  .(  il y a quelques semaines  après une séance de  dédicaces  sur Paris  j’ ai pu prendre le temps d’ aller admirer l’ exposition de Jean Léon Gerome au musée d Orsay ....Que dire?  C’est  un voyage au plus profond de l’orient.En quelques heures, on se retrouve dans ces ambiances qui m’ont toujours fait  rêver .Cette recherche d’exotisme est quotidiennement présente dans mon univers, j’en ai besoin, j’ai besoin de m’évader  de sortir de ces murs qui m’entourent.  Les  livres  sont là  sur ma table   ou par terre,  ouverts,   me permettant en  un clin d’ œil de m’y  plonger,  de voyager. Le fait de reproduire un palais, une église   un minaret  tel quel ne m’intéresse pas. Par contre donner une ambiance , une émotion à travers mes dessins,  faire voyager les lecteurs avec moi,  les transporter  dans un orient entre réalité et imaginaire ...alors là je suis partant et c’est ce que nous essayons de faire avec Jean Dufaux ....une croisade bien différente des autres  une croisade personnelle  bercée par les contes des 1001 nuits

3 : J’ai l’impression que tu as vu beaucoup de pays ces derniers temps, Istanbul, Paris, USA, expos …Tu es sûr qu’il n’existe pas un 2e Philippe Xavier quelque part que s’occupe du tome 2 ?
 Si j’ai l opportunité de voyager, de découvrir  de nouvelles régions  je ne m en prive pas,  mon métier m' offre parfois de belles surprises, de belles rencontres. cette année j’ai rencontré des personnes attachantes, respectueuses   avec la tête remplie de rêves, des  étudiants marocains  à Tetouan , Casablanca  Rabat ....ainsi que  des enfants de 9-10 ans à Istanbul........ J’en profite aussi pour visiter, prendre des photos, m' asseoir et regarder ....  Un 2eme Xavier? Si seulement vous saviez la vérité Langue tirée .Tu as déjà vu le film avec Michael Keaton dans "mes doubles ma femme et moi ?? Et bien c est un peu  la même chose   :Clin d'œil

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4 : Est-ce que tu envisages d'exporter à nouveau tes talents vers les USA un jour - même pour un projet ponctuel - ou est-ce une période définitivement révolue (question de JMC).
 
Je mentirais si je disais que je n’y pense pas ....j’ai effectivement commencé  ma carrière en 1996   aux States  en dessinant pour les comics,  ....C’est là où j’ ai fait mes premières "armes ", 55 comics en 6 ans mais il me manque encore ce projet "mainstream" qui cartonnerait dans les chaumières  franco américaines !!   Un bon Wolverine ou Thor par exemple  ... si l’occasion se représente  why not? J’ai toujours des copains scénaristes ou éditeurs  qui bossent là bas, si le bon scénario me tombe dessus, je ne le refuserais pas  mais encore faut il avoir le temps   de le faire car ma priorité aujourd’hui est le  franco belge  ou je jouis d' une  plus  plus grande liberté graphique et narrative en ayant un contrôle absolu sur mes personnages

5 : Est ce que Jean Dufaux arrive encore à t’étonner avec ses scénarios?

xavier3.jpgAvec Jean nous travaillons  scène par scène ...1 ou 2 à la fois....donc je découvre l’histoire au moment où je la dessine  (je serais incapable de lire un scénario en une seule fois...Criant et  oui il continue de  me surprendre.  Bien sûr nous discutons du scénario, on se voit régulièrement ,  souvent   avec Philippe Delaby et Jeremy , mes 2 compères  et là nous discutons , nous échangeons ... , Je lui fais part de mes envies, de la direction que j’ aimerais  suivre et pourtant à chaque fois  je me retrouve dans  mes petits souliers de lecteurs de BD et je savoure chaque page .

Un grand merci à Philippe Xavier pour ses réponses à cœur ouvert .Une interview à l’image de Philippe Xavier : chaleureuse, passionnée et  entière.

 

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26.10.2010

Interview de Jéremy(Barracuda)

barracuda.pngVendredi 29 octobre, sortira dans toutes les bonnes librairies, le 1er tome de Barracuda.Une BD de Dufaux et de Jéremy.
Pour le bon Jean, il s'agit de sa...on ne les compte plus mais pour Jéremy, c'est un grand moment puisque c'est sa première BD .
L'occasion pour moi de lui poser 5 questions sur cette BD très attendue.

 

Comment te sens tu à quelques jours de la sortie de ta première BD , Barracuda, pas trop nerveux?
652petiqueux.jpgExcité que la bd sorte! Je l'ai terminée depuis fin 2009, j'avais hâte de la voir arriver...
J'ai déjà eu quelques retours, suite à la lecture par quelques professionnels, dont l'avis enthousiaste m'a tout de même rassuré.
Bon, je ne me fais pas trop d'illusions non plus, car ce serait le meilleur moyen d'être déçu...
Tout ce que j'espère, ce que ça marche suffisamment pour que je puisse perdurer dans le milieu, ahah.



Peux tu nous expliquer comment est né ce projet avec comme thème une BD sur la piraterie?
La piraterie est un genre qui reste souvent bien traité dans la bd.
Loin de Jean l'idée d'avoir voulu suivre cet effet de mode, il avait ce projet dans ses cartons depuis longtemps déjà; une histoire en écho à tous ces films qui l'ont passionné dans sa jeunesse (ce qu'il raconte dans la préface de l'album).
Barracuda est réellement né il y a quelques années.
En tant que jeune artiste désireux de rentrer dans le milieu de la bd (je l'étais déjà un peu, comme coloriste de Murena), j'ai voulu montrer mes planches à Dufaux. Je ne risquais rien, au pire, je partais avec une critique constructive de mon travail.
Et si mon dessin lui plaisait, l'univers médiéval-fantastique dans lequel j'évoluais à l'époque le rebutait, car il se rapprochait trop dangereusement de ce que Delaby a pu faire sur complainte.
Ce n'était pas la bonne piste à prendre.
Il a fallu que, par hasard, traîne dans ma farde à dessin une planche. Une histoire en une page, qui se déroulait sur mer.
Là, Jean a repéré quelque chose que l'on pouvait exploiter. Il n'a finalement rien dit sur mes planches et est parti. J'avoue, je ne savais pas quoi en penser.
Quelques instants plus tard, il revient vers moi en m'annonçant qu'il a un projet pour moi, et qu'il sait que ça me plaira (il connaissait déjà mes goûts en matière de films...).
Il avait déjà les grandes idées de la bd en tête puisqu'il me parlait déjà des 3 personnages principaux, ces ados livrés à eux-même sur une île de pirate...
Quelques mois plus tard, fin novembre 2007, je recevais les 13 premières pages du scénario.


Barracuda, c'est trois destins. Comment as tu travaillé ces trois personnages aux caractères différents ? Ont il un modèle ou une inspiration dans la cinéma ou la littérature par exemple?
Raffy; fils de Blackdog, le capitaine du Barracuda, Maria; fille de nobles espagnols et Emilio; jeune page au service d'une famille espagnole.
Tous les trois se retrouvent sur Puerto Blanco, l'île de pirates, et vont y évoluer chacun à leur manière.

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Raffy, est quelqu'un d'assez fougueux, tête brûlée. Il était important pour moi de toujours l'avoir en "mouvement", notablement grâce à ce bandeau rouge dans les cheveux (rappelant aussi celui de son père). Je voulais malgré tout qu'il soit assez beau... Je me suis inspiré de DiCaprio pour lui, dans sa forme de visage et dans son regard fin.

Maria, elle, se rapproche de Raffy, non pas dans les actes, mais par sa force de caractère. C'est bien grâce à cela qu'elle pourra survivre sur l'île...
Son vêtement rouge rappelant son tempérament enflammé, son regard d'un vert sauvage prêt à tenir tête à n'importe quel pirate. Elle n'a pas de modèle particulier.

Emilio, ou Emilia, garçon ou fille? Si c'est bien dit dans l'histoire, l'ambiguïté doit rester présente dans le dessin. Il représente pour moi le côté le plus délicat, fragile dans cet univers cruel. Ce qui devait être traduit en dessin par des traits de visage plus fins, par ses cheveux bouclés d'un blond vénitien. Mon inspiration pour ce design vient d'une artiste japonaise, Ayami Kojima (illustratrice principalement pour le jeu vidéo), par ses vampires au visage androgyne pour la série Castlevania.


Quels sont tes modèles comme dessinateur ....Delaby vas tu me dire mais tu en as peut être des autres? Au fait que t'as apporter ta collaboration avec le dessinateur de Murena?
Delaby a été -est toujours- une sacrée influence sur moi. D'ailleurs, je lui ai dédié cet album (Dufaux aussi lui a dédié, on ne s'était même pas concerté auparavant!)
Forcément, à passer des années à ses côtés, ça laisse des traces.
Mais il n'a pas été le seul. Marini, Guarnido et Rosinski ont eux aussi fortement bousculé ma manière de percevoir la BD.
Je crois que le style de dessin que j'ai aujourd'hui est le résultat de l'observation de tous ces artistes que j'apprécie énormément, des réflexions que j'ai pu en tirer, tout en trouvant le moyen de m'écarter de ces maîtres... en y ajoutant ma passion pour le cinéma, et sans rejeter cette période manga que j'ai pu avoir durant mon adolescence.
Le style d'un dessinateur se définit au final par ce qu'il a traversé dans sa vie, par ce qui est assimilé, compris... On s'en écarte, on l'adapte à sa sauce, on ajoute de nouvelles choses, mais on n'oublie pas.

Sinon as tu d'autres passions dans la vie ou c'est 100 % BD ?
Le cinéma, le jeu vidéo, la lecture... Ainsi que la bonne table avec un bon vin!
Je n'oublie pas l'écriture. J'ai pris cette bonne habitude de toujours noter les idées qui me passent par la tête.
Je ne compte pas me lancer comme auteur complet à l'heure actuelle, ce serait trop tôt, trop immature, mais qui sait, dans une dizaine d'année...

 



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Un grand merci à Jéremy pour avoir répondu à ces 5 questions et longue vie à Barracuda!

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (3) | Tags : barracuda, jéremy, dufaux, dargaud, interview, pirates | | |

23.04.2010

Interview de Julie Maroh.

dyn008_original_350_498_jpeg_2551150_a067b74459de1702c149dd7cfa6c0ce2Suite à mon coup de cœur  pour le bleu est une couleur chaude , j'ai pris contact avec Julie Maroh pour une petite interview.
Et voici le résultat .Bonne lecture .



1-J’ai lu sur ton blog que  Le bleu est une couleur chaude, c’était 5 ans de ta vie .Un parcours du combattant pour pouvoir éditer ta première BD ou un esprit perfectionniste ?
En fait, j'ai commencé ce projet quand j'étais encore en études et je ne pouvais qu'y consacrer mon temps libre entre les cours. Il a donc fallu plus de trois ans pour l'écriture et le découpage du récit, lentement mais sûrement, et puis ensuite le temps de réalisation de l'album. Je ne pense pas que ce soit une question de perfectionnisme, mais juste les circonstances. Et puis j'ai eu pas mal de périodes de creux où je n'arrivais rien à produire.

2- N’as-tu pas eu des craintes par rapport au thème de ta BD qui parle de l’homosexualité féminine ?
Non, pas du tout. J'espère juste qu'on ne croira pas que l'histoire vise un lectorat bien défini, je n'ai pas créé ce discours pour un public lesbien.


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3- Penses tu que ta BD apportera une petite brique au regard que portent les gens sur l’homosexualité ?
Justement, c'est plutôt pour cela que je l'ai écrite, et donc pour tous ceux que j'aimerais convaincre. Je n'ai aucune certitude sur le poids qu'aura l'album publiquement mais quand je reçois des commentaires ou des mails de lecteurs qui me rapportent l'effet qu'a eu la BD sur eux et/ou sur d'autres personnes, je suis rassérénée.

4-Beaucoup d’émotions passent par des regards ou de petits gestes .C’est cet échange d’émotion que tu voulais partager avec le lecteur ?
Quand j'écris je ne pense pas au lecteur. Ça m'influencerait beaucoup trop, je crois! Pour ce qui est de la retranscription des émotions, j'avoue que c'est une des choses que je préfère travailler en BD. L'avantage de la jonction entre textes, images, blancs. Et pour ce récit en particulier, la découverte de ses propres sentiments et la connection qu'on éprouve vis-à-vis de l'autre sont un pilier de l'album. Regards, gestes et subtilités en sont donc une réalité à traiter.

5- ça fait quoi de lire autant de louanges et d’avis positifs ?
Plaisir, bien sûr! Les seuls avis que je reçois sont ceux des lecteurs qui postent des commentaires sur le blog, ou m'écrivent par email. Et puis évidemment mon entourage, certains libraires... Mais au-delà je ne sais pas quel accueil reçoit le livre à grande échelle, et je ne lis pas les critiques en ligne. J'espère juste qu'il puisse toucher un large public, j'entends: un public varié.



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6- Quelle est la part d’autobiographie pour ce Bleu est une couleur chaude ? Je parie que c’est une question qu’on te pose souvent (désolé) ?
On me pose souvent la question oui. J’ai l’habitude de répondre que la première source d'inspiration d'un auteur c'est soi-même, mais que ça ne veut pas dire qu'on parle de ce qu'on a vécu. On est obligé de se transposer dans la narration, de ressentir, de réfléchir à ce que pensent et décident nos personnages, et pourquoi. En fait c'est un boulot de schizophrène!
On est donc obligé de pouvoir se projeter, ça demande un peu de vécu mais surtout de l'imagination je pense.
Donc la part d'autobio' de l'album... elle est inexistante dans la forme, mais présente évidemment dans le message que je veux faire passer, dans ce que je pense de l'amour, et le pouvoir que j'y attribue.


7- Que peut-on te souhaiter pour le futur?

Continuer à me goinfrer de chocolat sans chop
Cper de caries.

Un grand merci à Julie Maroh pour avoir accepter cette interview.

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Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (1) | Tags : vie, difference, interview, homosexualite, julie, glenat, 9 10, le bleu est une couleur chaude, maroh, roman graphique | | |

03.04.2010

Les rencontres de Dolhain.

On continue avec « mes » rencontres du festival BD de Dolhain.
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Je vous propose d’aller faire un tour chez Maïkeul Marminn .En plus d’être très sympathique, cet artiste réalise de très belles dédicaces .

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Il prépare une BD qui sera assez déjantée. Pour plus d’info, RDV sur son blog. http://lantredumaitre.blogspot.com/

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Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : bd, rencontre, blog, dedicaces, dolhain, maikeul marminn | | |

31.03.2010

Le festival BD de Dolhain

Ce dimanche 28 mars, je suis allé faire un tour du coté de Dolhain pour son festival BD .Vu l’affiche des auteurs présents, je m’attendais à un passage éclair .J’avais comme simple objectif une dédicace de René Hausman(Dédicaces pour Frédéric)
hausman

et un petit tour chez les bouquinistes. J’étais tellement cool que j’ai laissé mon tour à une jeune maman  pour la dédicace de Hausman .Je m’apprêtais à partir quand je suis passé à coté de la vente du porte folio spécialement édité pour l’occasion pour 25 Euro. Ce n’était pas donné donc il fallait le valoriser en allant le compléter de dédicaces. 9 dessins ont donc complété mon porte folio.
capia

C’est la première fois que je procédais de la sorte et j’ai vraiment bien aimé, ça m’a permis d’aller trouver les auteurs plus facilement grâce à mon petit livret. On se retrouve au final avec un porte folio totalement unique. Il n’empêche que ce genre de démarche ne peut que fonctionner que si les auteurs sont facilement accessibles et pas accaparer par un troupeau d’amateur de dédicaces.
Toute cette semaine, je vais vous faire découvrir les jeunes auteurs que j’ai rencontrés lors de ce festival.
J’ouvre le bal par ….Capia.
tinkerbelfeuille-copyright
Une bestiole étrange qui tente d'exprimer ses passions quotidiennes au profit de la bande dessinée et de l’illustration.Enfin, ça c'est elle qui le dit.
Une petite visite sur son site http://capia.e-monsite.com/

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (2) | Tags : bd, porte folio, decouverte, dedicaces, festival bd, dolhain, capia | | |