03.05.2012

« Cuervos »

cuervos.jpgCuervos4.jpg« Cuervos », de Richard Marazano et Michel Durand, série complète en quatre tomes parue aux éditions Glénat (2003/2006).
 

Résumé :
Joan, âgé de quelques années à peine, erre dans un bidonville à Medellin, Colombie. Vivant de petits trafics pour pouvoir survivre, souffrant de l’absence d’une véritable famille, il est bientôt approché par un homme bien sapé qui lui propose un marché. Entre cet homme au revolver si attirant et un autre qui lui voudrait aider Joan, un choix va s’imposer. Il ne sera pas sans conséquences, et ce pour tous les protagonistes de cette histoire d’ascension et de chute. Celle d’un gosse perdu entre rêves, cauchemars et réalité. Une descente aux enfers sous acide.
 

Mon avis :
Retour momentané aux chroniques pour le poète de service. Et pour l’occasion, une bande dessinée relue le temps d’un emprunt à la bibliothèque flambant neuve du boulot.
« Cuervos », c’est un peu le croisement entre Scarface (avec Al Pacino) et tous ces films plus ou moins récents mettant en scène des cartels, barons de la drogue, etc. Bien documenté, nerveux, noir, le scénario de Richard Marazano ne laisse aucun répit.
Le tome un, « Le contrat », laisse entrevoir une mince possibilité de repentir, mais non : l’homme reste un loup (ou plutôt un « cuervo », corbeau) et c’est cet aspect qui domine tout au long du récit. A l’image de cette « montre message » offerte à Joan au tout début de son ascension et qui va lui retomber sur la figure vers la fin de sa vie...
Parce que rien ne change pour les dealers, sicaires et autres tueurs, excepté les têtes qui les gouvernent. La dure loi des cartels. Ou la dure loi tout court qui règne à Medellin !...
La lecture est donc intense, bien soutenue par Michel Durand qui possède une belle maîtrise du cadrage, limite novatrice. Son style lui me paraît assez proche du croquis : peu de détails (excepté les décors de Medellin, saisissants avec ce beau bleu nocturne !) et des visages taillés au couteau. Cuervos va vite, très vite. Malgré, il faut le noter, une petite baisse de rythme dans le troisième tome, plus « magouilles et politique », enfin c’est mon avis.
 

Ma note :
1er tome : 8/10
2ème : 7,5/10
3ème : 6/10
4ème : 8/10 (du même niveau que le 1er pour moi)
Soit 7,3 de moyenne. J’arrondis à 8 car malgré sa noirceur et son désenchantement clair cette série vaut la peine d’être lue.
Attention : certaines scènes sont très crues, très réalistes. Voir un petit enfant manier des revolvers comme des jouets est choquant, mais c’est le parti pris des auteurs de ne faire aucune concession dans leur oeuvre.
 

A noter aussi qu’une petite intégrale est sortie, mais j’en déconseillerais la lecture, sauf si vous possédez des lunettes 3D (rires) : vraiment difficile à lire et on passe à côté de plein de choses. Allez, on va demander au réal’ d’Avatar et de Titanic d’arranger çà !...
 

Nicolas

Cuervos1.jpg

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23.01.2012

« Sanctuaire » l’intégrale des 3 tomes

sanctuaire.jpgSanctuaire2p.jpg par Christophe Bec et Xavier Dorison, paru aux éditions Humanoïdes associés (2011).
 

Résumé :
 

Juin 2029, mer méditerranée, un sous-marin nucléaire américain dernière génération, le « USS Nebraska » dirigé par le commandant David Hamish, longe les côtes de la Syrie avec laquelle son propre pays est au bord de la guerre... Une situation sensible aggravée par l’état dépressif d’Hamish et la découverte d’un sanctuaire babylonien perdu dans les abysses ; et semblant receler bien des mystères...
Mystères que le commandant et son équipage devront bientôt affronter, à l’instar de leurs propres démons, car le mal qui rôde dans ces eaux troubles est séculaire et pire que la mort elle-même !...
 

Mon avis :
 

A l’occasion d’une jolie réédition de l’intégrale, commandée pour un ami, je me suis mis doucement à la relecture de ce récit, lu une première fois il y a de çà des années...
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’ambiance désespérée qui émane à la fois du scénario et du dessin. On nage en plein huis clos, en plein « délire », terrorisé à la fois par des décors sombres avec très peu de lumière, et les légendes terribles liées au fameux sanctuaire.
A ce niveau, c’est complètement réussi : l’oppression est palpable au fil des pages et on a peur car on se sent perdu, au bout du rouleau, comme les personnages du sous-marin... Mais qui dit huis clos maritime, dit aussi lenteur et manque de rythme. Une faiblesse pardonnable quand on sait que l’essentiel de l’action se passe dans une machinerie aquatique ou bien dans un temple... Je me souviens que le film « Abyss » de James Cameron (que j’adore) souffrait aussi du même problème mais compensait cette lenteur par une analyse plus fine des personnages et une ambiance de fin du monde vraiment très crédible.
Ici, on est plus proche d’une série b bourrée de testostérone (aucun personnage féminin) ; même si certaines scènes semblent fortement tirées du film que je viens de citer ! (Voir la scène avec le DSRV piloté par un militaire névrosé, à la fin du 2ème tome, par exemple).
 

Bref, un livre à lire surtout pour son ambiance torturée et ses dessins qui vous font perdre peu à peu tous vos repères. Certains critiquent d’ailleurs le fait que les visages se ressemblent assez, et c’est un peu vrai. Moi-même, en première lecture, çà m’a agacé. Mais il faut voir çà comme un « bonus », car dans l’obscurité après tout, face à un démon inquiétant qui vous en veut personnellement, ne pas savoir qui est assis à côté de soi, c’est… effrayant ! (Rires) Pour moi en tout cas çà a plutôt bien fonctionné, malgré, je le répète, une lenteur, un manque de rythme qui alourdit quelque peu la narration.
 

Ma note générale : 7/10
 

Sanctuaire-extrait-2_big.jpg


Petit cadeau : un poème, écrit par moi il y a un petit temps et publié sur le blog du dessinateur.
 

 

Sanctuaire


Malgré le manque de vivres
Qu’une fleur aussi jolie
Sur une terre aussi aride
Puisse survivre à la nuit
C’est pour moi un mystère ;

Comme de décoder les codes
D’une ogive nucléaire
Et me réveiller malgré tout
Sur terre

Après un long coma sous la mer
Tout près de ce « dieu fou »
Un temps convoité par Hitler,
Suivi de ses pairs recouverts de rouille,
Eternels prisonniers de son sanctuaire
Que pour la dernière fois des pieds
Foulent.

Car avec mon fils-ma moitié au paradis
Et non en enfer,
Cet orphelinat où tous guérissent de la vie,
Plus jamais un corps traversé par le verre
Ou le fer vous serez, mais un esprit ;

Une fleur de lys délivrée des tourments
Infinis...

Nicolas.


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09.11.2011

Under tome 2, « Goliath »

Under2.jpgUnder2p.jpg scénarisé par Christophe Bec, dessiné par Stefano Raffaele, et paru aux éditions du Lombard. Fin de diptyque (et « fin tout court »).
 
Mon résumé :
  Dans les égouts crasseux de Mégalopol,
On trouve de tout :
  Un Jéricho à la triste dégaine, ancien flic d’en haut
Chasseur d’araignées irakiennes et de leur reine
De plusieurs mètres de haut ;
  Des corps flottant sur l’eau avec de vilaines bébêtes
Sous la peau, voire complètement « carbos »,
Des crocodiles géants et des serpents super gros ;
  Ainsi que des « parias », organisés en « clans »
Dont certains pas très amicaux (même avec les rats)
Qui vous trouent la peau avant de vous laisser
Pour mort, au fond de l’eau…
  Mais certains pour votre bien vous en sortent de cette eau.
Et avec Jéricho et la « Sewer police » pour escorte
Vous débarrassent in fine les égouts des cloportes,
Ces araignées du désert aussi appelées
« Whites Ladies », dévoreuses de chairs mortes…
  Et aussi, en plus de pactiser avec un maire
Pas si débonnaire, aimant épier sous sa secrétaire,
A Mégalopol, ce qu’il ne faut surtout pas faire
C’est laisser votre fils traîner hors de l’école...
  Pour qu’il s’y rende intrigué et n’en sorte plus
De cet enfer sous coupole !...
 

Mon avis :
 
De retour après quelques mois d’abstinence (^^) et pour l’occasion, un résumé un peu poétique pour ce tome 2 dont les grosses différences avec le 1er sont une plus grande densité scénaristique et beaucoup d’action. En revanche, les fils narratifs sont ici plus nombreux et comme c’est un album qui clôt la série, même en 52 planches, on s’y sent un peu à l’étroit… Vous me direz : c’est peut-être que tout simplement les égouts m’oppressent ???… Certainement même !! Enfin voilà, j’ai trouvé ce tome un peu moins linéaire que le précédent. Par contre, niveau « explosions » et tripailles en tous genres, çà y va très sérieusement ! L’ami Bec maîtrise le genre fantastique/horreur avec brio et Stefano Raffaele, avec ses encrages hyperréalistes dignes d’un bon film style « Mimic » (qui se passait aussi dans les égouts), donne littéralement « corps » à toutes ces abominations ! L’araignée géante est à ce titre une pure merveille… et que dire de l’arrivée dans la « nurserie » des araignées ? Une belle horreur çà aussi ! Bref, on s’y sent presque comme chez soi dans cette bd ! (Rires) Comme quand on regardait un bon film de Carpenter à la TV, en plein Halloween… ça se perd de nos jours !
  Alors en fin de compte je préfère largement Bunker et Pandémonium du même Bec, plus ambitieuses à mon sens, mais Under est une digne série B qui ne démériterait pas à l’écran !
J’aurais tout de même aimé un tome en plus, histoire d’étoffer certains personnages ainsi que le background des parias, leur univers, relations, codes, etc. Mais la série se termine là et c’est ma foi pas plus mal… Marre des rallonges !
  Ma note : 8 au 1er, 7 au second, donc 7,5/10 pour la série. Une bonne note d’ensemble et un achat sans risque pour les amateurs de huis clos et d’arachnides ! Ici, des solifuges balancés dans les égouts et qui bénéficient d’un petit dossier en fin d’album, où on peut lire toutes les légendes qui courent (toujours) à leur sujet !
  Bon frisson
Nicolas
On en parle sur le forum.

Under2v.jpg



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17.08.2011

« Dors, petite fille… »

dors petite fille.jpgdorspetitefillet.jpg Une bd scénarisée/dessinée par Sergio Bleda, et parue aux éditions Erko (mars 2003).
 

Mon résumé :
  Une nuit d’orage… Une petite fille autiste prénommée Christine se réveille en sueur. Elle a peur, tremble d’effroi. Un drôle de cauchemar pense-t-elle, cet enfant au regard sombre, comme surgi de nulle part… Finalement, elle décide d’ouvrir la porte de la chambre de ses parents adoptifs, peut-être pour leur demander de l’aide, réclamer un peu de réconfort ?... Horreur ! Ils sont morts tous les deux ! Une vraie boucherie. Que s’est-il donc passé ? Serait-ce elle la responsable ? Une fillette d’à peine quinze ans, avec un retard de croissance ?...
Juan, un obscur écrivain désireux de se faire connaître d’un prestigieux magazine, décide de mener l’enquête. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit : la petite orpheline a déjà été adoptée à plusieurs reprises et tous et toutes ont subi le même sort. La même mort...
 
Mon avis :
  Autant le dire d’emblée : une sympathique petite série b sans prétention et découverte un peu par hasard. L’histoire n’est pas très originale, mais le dessinateur - Bleda, un espagnol - assure grâce à une narration dynamique tout le long et surtout via son dessin en couleurs directes, du plus bel effet. On se croirait presque dans un mauvais rêve, à chaque page tournée. Ici, il est question de revenants bien torturés et d’humains ne reculant devant rien, qu’un démon maléfique a jadis trompés. Juan et ses proches vont en prendre plein la tronche si bien qu’à la fin, on se dit « ouf ! », enfin terminé. Terminé, vraiment ? Mais il y a encore l’épilogue, comme dans tout bon film d’horreur...
Alors oui, ce n’est pas très original, mais on passe tout de même un beau moment. Juste le regret d’un mystère qui n’en est - très, trop vite ? - plus vraiment un, one-shot oblige... Mais la mise en scène est plutôt bonne (voir le passage à l’hôpital, assez flippant) et Bleda - dont je ne connaissais pas le travail avant - ne manque pas de style et de belles références (Poe, King, Lovecraft… et Graham Masterton ??? Le passage à l’hôpital, le miroir dans la maison, m’ont trop fait penser à l’un de ses diaboliques romans : « Le miroir de Satan »). Ces décors aussi sont particulièrement réussis, notamment la maison des véritables parents de la petite fille : on s’y croirait ! Un bémol cependant pour la physionomie des personnages, dont Juan et Emilio, qui se ressemblent un peu trop à mon goût, et ce dès le début. Un peu plus de distinctions physiques entre ces deux-là aurait été un plus pour ma lecture…
 
Ma note :
 
6,5/10, pas plus. Une bonne lecture, mais loin d’être un classique à mon humble avis. Une série comme « Dans la nuit » (de Callède & Denys, chez Delcourt), jouant dans le même registre et que certains critiques comparaissaient à cet album, est selon moi bien plus aboutie

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NICOLAS.

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11.08.2011

Bunker T1 à T4

Bunker4.jpgBunker41.jpgChronique de la série « Bunker » de Christophe Bec, Stéphane Betbeder et Nicola Genzianella, parue aux éditions Dupuis (quatre tomes, dont un dernier à paraître dans le courant du premier semestre 2012).
 
Mon résumé :
 
« Grand comme un cercueil, noir comme la mort ! », c’est à l’origine dans une cachette comme celle-là que la mère biologique de l’ex-soldat russe Aleksi Stassik avait décidé de le faire passer, encore bébé, du territoire Ieretik vers celui du Velikiistok, ennemi juré du premier… Une fuite en avant lui permettant ainsi d’échapper à une mort certaine.
 Sa mère disparue, alors considéré comme orphelin, Aleksi fut élevé dans un pensionnat avec d’autres enfants, puis avec amour par une famille de fermiers, pour finalement devenir soldat d’élite ; préférant servir son glorieux pays avec son fusil et ses tripes plutôt qu’avec sa pelle.
  Affecté au sortir de sa formation dans la haute montagne, sur une ligne frontalière parsemée de bunkers appelée « Demarkacia », puis aux confins d’un désert de sable où, dégoûté, il perdra la foi, Aleksi désertera pour de bon l’armée.
Une armée parasitée par des chefs soucieux de leurs seuls intérêts et qui bientôt se mettront à sa poursuite… car ils ont reconnu en lui une « nouvelle arme militaire », une arme capable de vaincre l’ennemi de toujours : les ieretiks.
  Une arme de destruction massive donc, dont la véritable origine semble remontée à un autre personnage « clé », sorte de rempart ténébreux entre les forces invisibles hantant la montagne et le monde des hommes… Un monde de plus en plus rongé par la haine que se vouent ses habitants divisés et à deux doigts de devenir un enfer pour ces derniers. Un enfer… grand comme un cercueil, noir comme la mort !
 

Mon avis :
 
Après Pandémonium, autre série phare scénarisée par Christophe Bec, voici donc « Bunker » qu’il coscénarise cette fois avec Stéphane Betbeder ; Nicola Genzianella le remplaçant au dessin à partir du tome 2…
Se déroulant dans un univers de SF/militariste où plusieurs forces en présence (terrestres ou non) sont en concurrence, le récit - très complexe, il faut s’accrocher - distille son lot de suspense, de rebondissements, d’interrogations et de réflexions avec une habileté rarement égalée.
Certains lecteurs pourront reprocher un parti pris narratif osé (comprenez, nombreux flashbacks et même flashforwards qui peuvent décontenancer), mais à force de relectures (nécessaires), la série gagne en profondeur et en intensité. En ce sens, la construction m’a parfois fait penser au film « 21 grammes », d’Alejandro Gonzalez Inarritu, certaines scènes faisant écho à d’autres, plus loin dans le film. L’ensemble reste néanmoins cohérent et surtout très convaincant. La quête d’Aleksi - de ses origines, de son identité - est même parfois très émouvante, comme lors de ce tome 3 où il revoie sa famille d’adoption, notamment son frère avec qui il était autrefois en froid… Les retrouvailles laissent libre cours à l’expression de sentiments forts et Bec prouve au passage qu’il peut scénariser autre chose que de l’horreur. Une émotion en appelant une autre…
Encore une fois, cet homme excelle dans les ambiances : Bunker est oppressant à souhait ! Et ici il est aidé par son compère Betbeder qui lui cisèle d’excellents dialogues ! Bref, on y croit à 100% et vivement le tome 5, « Le mal des montagnes » ! (coming soon 2012)
  Je n’ai pas grand-chose à dire sur le dessin, par contre. Je préférais celui de Bec (tome 1), moins figé, mais Genzianella, surtout à partir du tome 3, arrive très bien à trouver ses marques. Donc, pour moi, il n’y a pas vraiment « rupture » dans le style et c’est heureux. Du bon travail et avec des décors pas trop chargés, qui respecte la ligne de Christophe Bec. Bref, j’aime bien !
  Mais heureux plus encore je serais quand ce tome 5 sera là… Hé, Dupuis, t’as intérêt à le publier cette fois !! (rires)
  Ma note :
  9/10, une très bonne note globale. A revoir peut-être après lecture du dernier album.
Nicolas.

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09.08.2011

« Les princesses aussi vont au petit coin »

 les princesses.jpgles prindesses 1.jpgUn album one-shot en noir et blanc de Christophe Chabouté, paru aux éditions Vents d’ouest (avril 2011).
 

Résumé :
 
Marco et Suzanne ont décidé de « changer de vie », de tracer la route avec comme philosophie de ne plus se laisser bouffer par la routine d’un quotidien banal.
C’est ainsi, au fil de leur errance sur le bitume, qu’ils font la connaissance de Jorn, un homme à l’air tout sauf banal( !), complètement parano, qui semble s’être évadé d’un hôpital psychiatrique et dont certains pontes, d’après ses propres dires fortement décousus, veulent la peau !
Au début de leur rencontre, Jorn « kidnappe » le couple via la menace d’un pistolet chargé dont il sait à peine se servir, mais il n’a vraiment rien d’un guerrier…
Se noue alors entre les trois une relation surprenante. Perturbée ici et là par les aller et venues d’un gars solitaire, être littéraire plutôt froid qui semble en savoir beaucoup sur eux... Et si Jorn avait raison ? Et si un mystérieux cartel souhaitait le voir disparaître ? La fuite, toujours la fuite...
 

Mon avis :  

Grand admirateur de l’oeuvre de Chabouté, c’est pourtant avec un certain scepticisme que j’attendais de lire sa dernière production…
Autant le dire d’emblée : ce n’était pas le dessin qui clochait ; celui-ci est toujours aussi ciselé et lumineux. Non, c’était plutôt au niveau de l’intrigue.
En effet, si certains critiques semblaient assez élogieux, donnant une bonne note à l’ensemble, d’autres - et notamment chez les propres fans de l’auteur - ne l’étaient absolument pas !
A l’arrivée, je suis pourtant conquis et surtout surpris. Surpris de voir avec quelle facilité l’auteur arrive à jouer avec nos nerfs, à nous faire croire à une chose pour aussitôt nous faire douter, comme si la réalité, tout à coup, semblait quelque peu vaciller…
Je ne peux pas en dire trop au risque de déflorer, mais cet album est à mon avis l’un des meilleurs et - surtout - l’un des plus personnels de l’auteur, qui se livre ici sur son travail comme jamais. Non seulement sur ses thèmes de prédilection (la fragile naissance des rapports humains, la société qui cloisonne les choses comme les êtres, la marginalité), mais aussi sur son propre rapport avec ses histoires.
Tout au long de l’album, le lecteur aura droit à des « jeux de miroirs » jusqu’à un final émouvant, au bord de la mer. Une fin remettant tout en question, le réel comme l’imaginaire. Le titre aussi aura droit à son explication. Et au lecteur de penser que la vie, eh bien… elle n’est ni bonne ni tout à fait mauvaise !
 
Vous l’aurez compris, j’ai adoré de bout en bout. Un album non dénué d’humour également, avec des dialogues des plus réussis, mais à lire au calme, tant chaque détail compte. Et comme le dit si bien Marco, page 45 : « Au lieu d’être comme toujours pressé d’arriver, nous on essaye déjà de prendre simplement le temps d’y aller ! »
Le thème du voyage est donc très présent dans ce livre qui m’a touché… et qui touchera encore plus, je pense, les personnes qui écrivent. Un acte pas toujours facile à comprendre, à la fois pour le lecteur et l’auteur lui-même.
 
Ma note :
 
Un grand album (par la taille et le contenu), pour lequel je mets 9/10, soit une très bonne note ! A recommander. Merci à ma sœur en passant, pour me l’avoir offert ! C’était un super cadeau !
 
NICOLAS.

les prindesses 12.jpg


20.07.2011

Les âmes d’Hélios

de Philippe Saimbert et Roberto Ricci, Delcourt éditions, 4 tomes parus de 2003 à 2007(série terminée).
 
Ames d'Hélios (Les)3.jpgAmes d'Hélios (Les)3p.jpg
Résumé :
 

Sur une planète en décomposition appelée « Eridan », d’où suintent des créatures marécageuses et cauchemardesques, existe le ciboire : une sorte d’église fortifiée baptisée « Hélios » et régie par une poignée de religieux peu scrupuleux et tyranniques : les Cardibans.
A Hélios, la vie est très hiérarchisée, et la petite Ylang, dont la mère prostituée rêve de la voir un jour intégrer la caste des guerriers d’élite (les fameux « dragons »), a bien du mal à vivre son histoire d’amour avec Byrd, une guerrière noire du même sexe.
Au fil de son apprentissage, Ylang va connaître un douloureux destin, qui l’amènera aux fondements mêmes de son monde, grotesque et injuste, de plus en plus à l’agonie...
 

Mon avis :
 

A la fois gothique, fantastique et visionnaire, cette série assez récente, mettant en scène des personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, dénonce les méfaits du totalitarisme de manière fort convaincante. On sent que le scénariste s’est particulièrement documenté sur les sectes, notamment celle du temple solaire (la référence à « Hélios » n’est d'ailleurs pas due au hasard), ce qui donne un cachet très réaliste à la série.
Les références sont nombreuses (1984, Brazil, Sin city, Bilbo le hobbit de Tolkien, etc.)  et l’histoire, hormis peut-être sa fin, n’est pas toujours très surprenante. Mais bien racontée, extrêmement bien dialoguée et bénéficiant d’un casting de personnages (d) étonnants (quelle belle évolution au fil des quatre tomes !), la sauce prend. Et malgré le dessin oscillant volontairement entre beauté et laideur (Roberto Ricci a fait ici un travail remarquable qui ne plaira pas forcément au plus grand nombre), le tout n’est pas dépourvu d’un certain romantisme, voire même d’un certain lyrisme !
Pour le graphisme, j’admets tout de même avoir eu du mal avec les couleurs des deux premiers tomes. Heureusement, dans les suivants, une colorisation plus sombre a été privilégiée.
 

Ma note :
 

Une bonne note, car elle m’a bien diverti : 8/10. A conseiller à un public averti cependant : des petites scènes dénudées et gores sont au programme ! Mais bon, rien de choquant non plus…
NICOLAS.

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23.05.2011

« Phenomenum »

Phenomenum1.jpgPhenomenum3.jpgpar Jérémie Kaminka et Marc Védrines,
paru aux éditions Glénat de 2002 à 2005.
Un cycle complet de 3 tomes à ce jour.
 

Résumé :
Jeune orphelin de dix-sept ans, hébergé dans un centre social, Yann Kernan passe son temps libre entouré de ses deux potes passablement désœuvrés, à Paris. Un jour que ceux-ci l’entraînent une fois de plus vers les ennuis, Yann se retrouve sur le point de mourir, des mains d’un skinhead que l’un de ses potes a insulté ! Sur le point seulement, car in extremis, un mystérieux pouvoir se réveille en lui : en état de stress intense, Yann peut « figer » le temps ! Autrement dit, il est capable de se déplacer tellement vite que le temps tel que nous le connaissons, à ses yeux, paraît une éternité !
Tandis que ses amis, d’abord incrédules, voient en cet étrange pouvoir une possibilité de s’enrichir à peu de frais, Yann, bientôt coursé par les services secrets du monde entier, va bien vite s’apercevoir que ce don est une malédiction. Non seulement pour lui, mais aussi pour ses proches que l’avidité des uns et la peur des autres menacent également ! Yann n’a dès lors plus d’autre choix : il doit fuir ! Mais surtout : découvrir ses origines !
 

Mon avis :
Relu un peu par hasard lors d’un inventaire, parce que je ne m’en rappelais plus tellement, Phenomenum est une histoire qui démarre sur les chapeaux de roues et réserve bien des surprises ! N’allez pas croire qu’il s’agit d’une simple fuite ! C’est bien plus que çà ! Kaminka développe un récit riche de suspense, mais aussi de rapports humains, avec pas mal de réflexions sur notre société et les sentiments variés qui lient les êtres ! Au fil de son scénario, il fait de Yann - dans un premier temps - une sorte de défenseur de l’opprimé, rongé par la solitude et un don qui le condamne chaque jour un peu plus ! Dans un deuxième temps, on découvre ses origines, d’où vient son terrible pouvoir, et là le récit prend une autre dimension, faisant le lien avec des personnages historiques et d’autres plus contemporains.
On dirait presque un mix entre Highlander et Jumper, un film assez récent sur un ado capable de « sauter » d’un lieu à un autre… mais avec une histoire très bien construite, qui ne laisse rien au hasard ! Même les mythes vikings ont leur importance ici !
 

Pour le dessin, j’avoue n’être pas très client, surtout que çà tire pas mal sur le manga à mon goût, mais Védrines s’en sort plutôt bien, avec des cases assez larges, des cadrages souvent audacieux et de jolies expressions pour ses visages. Personnellement, ce n’est pas le point fort de la série, mais on s’y habitue très vite, surtout que les couleurs ajoutent beaucoup à l’ensemble !
 

Bref, une série à conseiller, peut-être pas indispensable, mais à lire tout de même, si vous aimez l’action divertissante, le romantisme avec un grand R et un peu d’histoire. Le cocktail est ma foi assez réussi !
 

Ma note (pour l’ensemble de la série) :
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Nicolas.

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08.05.2011

Pandémonium (série complète, tomes 1 à 3)

Pandemonium (Bec - Raffaele)3.jpgPandemonium (Bec - Raffaele)3p.jpgAuteurs: Christophe Bec et Stefano Raffaele
Paru aux éditions Soleil.

Résumé :

1951, Louisville, Kentucky.
Doris Greathouse, jeune femme célibataire de 28 ans, se fait engager au Waverly Hills Sanatorium afin d’y faire soigner sa petite fille Cora, qui est atteinte de la tuberculose... L’établissement est très réputé pour soigner cette maladie, dit-on…
Hélas, bientôt et grâce à la complicité d’un journaliste ayant infiltré les lieux, elle ne tardera pas à faire d’étranges découvertes, aussi improbables que sinistres : les pratiques semblent être d’un autre âge, mêlant chirurgie exploratrice (genre thoracoplastie!) et absence totale de respect pour les malades ! Les familles de ces derniers ne s’en inquiétant d’ailleurs pas, les médecins agissent en toute impunité. Mais ce n’est pas tout : Cora, peut-être plus réceptive à la souffrance qui suinte de l’endroit, semble entendre des bruits, des chuchotements. Et voir des personnes disparues. Que s’est-il donc passé dans cet hôpital maudit? Et plus important : Doris et Cora y survivront-elles ?

Mon avis :

Pandémonium… Voici une série que j’affectionne beaucoup, certainement l’une de mes préférées à ce jour. C’est pour cette raison que j’appréhendais un peu la fin, mais heureusement ce dernier tome clôt la série à merveille, sur une note triste et mélancolique, à l’image des murs de cet hôpital qu’on dit - de nos jours - toujours hanté !
Ce qui frappe d’emblée, hormis le dessin halluciné de Stefano (qui pour ce dernier tome s’est surpassé !), ce sont les détails, légendes et autres anecdotes historiques qui parsèment la série : on s’y croirait vraiment ! Tout est fait pour nous permettre de comprendre ce qui s’est (peut-être) passé là-bas : un « petit » génocide ayant fait 63.000 morts (10.000 d’après les historiens), à une époque où les antibiotiques existaient pourtant bel et bien (1944, découverte de la streptomycine), mais étaient détournés au profit du directeur de l’établissement et des médecins d’alors.
Situé dans les bois et à l’écart de la population, le Waverly Hills - avec son fameux « tunnel de la mort » - les débarrassait ainsi des malades indésirables, devenus trop encombrants pour les familles !
La manière dont Bec et Raffaele leur rendent hommage est admirable. Certes, la série comporte pas mal de séquences « difficiles », notamment une opération barbare que je ne décrirai pas ici, mais c’est toujours fait dans un souci d’authenticité, de vérité historique ! La touche fantastique de la fin, elle, renvoyant aux histoires de fantômes qui y errent toujours…


Bref, une série que je recommande aux passionnés de légendes réelles ou non ! J’aurais bien mis le maximum, dommage qu’il n’y ait pas eu un tome en plus, pour par exemple nous parler de la fermeture de l’établissement en 1961… Ici, les médecins restent impunis et les victimes, mortes ou malheureuses…


Ma note : 9,5/10

Nicolas

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25.03.2011

Quelques jours ensemble

quel.jpgquelques jours ensemble.JPGD’Alcante et Fanny Montgermont (collection Air libre des éditions Dupuis, paru fin 2008).


Xavier est un jeune trentenaire dynamique, patron d’une société d’infographie et coureur de jupons invétéré. Souvent irresponsable, voire même carrément inconscient, il n’hésite pas à rouler comme un fou sur les routes au mépris du danger (et avec amendes à la clé !), ou à imposer des délais inconcevables à ses employés ! Ceux-ci ont des petits enfants ? Ah, que des emmerdes les enfants ! Xavier, ce n’est pas son truc les enfants... jusqu’au jour où une ex-petite amie l’appelle sur son portable !… Ils se sont connus il y a bien longtemps : treize années, durant lesquelles un garçon nommé Julien a grandi à l’insu de son papa, puis vieilli... Le fils de Xavier, atteint de la progéria, une maladie génétique rare qui accélère de façon prématurée le vieillissement, la mort survenant généralement vers quinze ans... arrêt cardiaque.
Natacha, la mère de Julien, devant être hospitalisée en urgence, elle ne pourra compter que sur l’aide de Xavier. Son seul « ami ». Le père et le fils, quelques jours ensemble…


Mon avis :


Scénarisé par Alcante, cet album relu par hasard en rangeant ma bibliothèque touche Quelques-jours-ensemble-1.jpgimmédiatement son lecteur. Avec un tel sujet, vous me direz que c’est un peu normal, qu’on pourrait même y aller un peu trop facilement de sa petite larme, etc. etc. Eh bien, pas seulement : Le ton donné ici est juste, les personnages vivent et existent ! D’ailleurs, il est très peu question de la maladie tout au long de la lecture, mais davantage du jeune malade ! Tout est très bien décrit : ses envies, sa rancune, ses blessures… face à un père paradoxalement plus vieux (en âge !), mais à l’apparence bien plus jeune, moderne et libérée (quoique, çà pourrait changer à l’avenir !)… Ils finiront par se parler bien sûr, s’apprivoiser, à mieux être - enfin -, même si la vie peut s’avérer cruelle, quelque soit le chemin !
Le dessin de Fanny quant à lui, est une vraie merveille : les visages sont expressifs à souhait et les couleurs pastel donnent une jolie touche de nostalgie à l’ensemble ! Chapeau bas pour l’ambiance neigeuse de décembre, ces décors qui semblent rappeler une certaine gare belge, un certain lieu (ne serait-ce là Louvain-la-Neuve ?). Du bel ouvrage et une place méritée dans la collection Air libre.


Ma note : 8,5/10

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Nicolas.

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