18/05/2017

L'homme invisible T1

9782344011850-L.jpgPlancheA_301798.jpgScénario : Dobbs

Dessin    : Regnault Christophe

Adapté de H. G. Wells

Éditeur : Glénat

Sortie : le 29 mars 2017

Genre : Fantastique

 

 

Avis de l'éditeur :

Un étranger décide de poser ses valises dans un hôtel situé dans le tranquille et petit village d'Ipen. Les habitants sont très vite perturbés par la venue de ce mystérieux scientifique qui cache sans arrêt son visage et préfère la solitude. Et lorsqu'ils découvrent que sous ses innombrables bandages se cache en réalité un homme invisible, ils prennent peur et décident de le chasser. Mais il reviendra pour se venger... Le paisible village ne va pas tarder A se retrouver hanté par un esprit rempli de haine.

 

Mon avis :

Encore un bel ouvrage consacré aux œuvres de H.G.Wells, cette fois ci dédié au célèbre "Homme invisible". Ce premier volet (d'une série en deux tomes), s'ouvre sur l'arrivée d'un homme mystérieux, dans une petite ville perdue au fin fond de l'Angleterre victorienne. Son style vestimentaire et surtout ses lunettes lui donnent un air "steampunk" qui n'est pas mal venu pour une histoire se déroulant à cette époque.

 En effet, le "steampunk" est associé à l'ère des machines à vapeur (=steam), un côté post-apocalyptique qui décrit assez bien l'état d'esprit de notre homme invisible!

Pourquoi? Parce qu’il est invisible justement et impossible pour lui de changer cet état de fait! Cela le rend dingue, violent, méchant et même sournois. C'est donc un homme bougon qui se présente dans une petite auberge, dans l'espoir d'y poursuivre ses recherches sur "comment  redevenir visible" Une étape dans les mésaventures de cet anti- héros, qui vous l'aurez compris, survient bien après le début original de l'histoire.

 H.G.Wells dépeignait, en effet, la transformation du visible vers la transparence.

Comment ce professeur un peu fou avait d'abord rendu son chat invisible pour ensuite tenter l'expérience sur lui-même.

Un petit bémol dans ce volume que j'aurais préféré voir débuter avec le commencement des expériences. Pour le contenu, toutefois : c'est plutôt cohérent.On perçoit cette folie grandissante, le côté malsain du personnage qui joue de son statut pour commettre divers larcins, passant du voyeurisme au vol...souvent avec violence (ce qui prouve encore davantage la folie qui le gagne à rester dans cet état)

Quand au dessin : rien à redire. Il colle avec l'époque ainsi qu'avec le style. Les traits des personnages sont excessivement détaillés - un peu trop même parfois - au point de se demander si Regnault Christophe n'a pas oublié une ride quelque part en chemin.

 

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Coq de Combat

 

 

16/05/2017

GERONIMO

geronimo.jpggeronimo jatz.jpgScénario : Matz
Dessin et Couleurs : Jef
Editeur : Rue de Sèvres
Sortie : 15 mars 2017

120 pages
Catégorie : One shot Figure historique

  

 

Le résumé
Sur leurs terres ancestrales du Mexique en 1850, le chef de Mangas Coloradas et ses frères se rendent à Janos effectuer du troc. Sur place, l’atmosphère est tendue, le chaman Goyahkla (l’homme médecine des apaches Bedonkhe) parle à Usen la divinité qui lui dicte de rentrer au camp sans attendre. En effet, l’armée mexicaine avait massacré sans raison les habitants. Le chaman a perdu sa femme, sa mère et ses trois enfants, ivre de colère et profondément silencieux, avec les douze guerriers valides la tribu, il remonte vers le Nord pour tenir un conseil avec d’autres nomades apaches. Le calumet déclenche la guerre sans pitié, l’alliance des tribus se forme avec les Chokonen, et d’autres chefs comme Juh de la tribu Nedni. L’homme blanc trace la frontière mais n’est pas encore hostile, c’est en fuyant qu’un soldat mexicain évoque Saint Jérôme de là naîtra le nouveau nom de Guerre Geronimo. Peu à peu le conflit se déplace vers l’homme blanc.
Les troupes régulières et les chercheurs d’or brûlent les terres pour leur conquête de l’ouest. Lorsque les apaches perdaient des guerriers ils n’étaient pas remplacés à l’inverse des troupes américaines.
En 1871 une centaine d’apaches furent massacrés à Fort Grant et en 1872 épuisé Géronimo se rendit au Général Howard. Dans la réserve, les apaches ne furent pas traités correctement et la révolte éclata. Géronimo a tenu tête avec 38 apaches dans les montagnes contre 5000 soldats dans les plaines jusqu’à sa reddition en 1886 devant le général Miles. Ils furent déportés loin de leurs terres et Géronimo fût le dernier apache sauvage.

 

Mon avis


Après deux collaborations chez rue de Sèvres avec Balles Perdues (une histoire de magot de braquage non partagé à Chicago) en 2015 et Corps et Âmes (où un tueur à gages bascule non pas dans le droit chemin mais dans l’autre sexe sur un San Francisco glauque), un Western c’était une surprise.
Le scénario est particulièrement bien articulé en quatre opus et sans s’embarrasser des détails inutiles : un vrai apache qui tient à l’ocre de sa terre pour y survivre. Les soldats sont des envahisseurs et leurs intentions sont claires. C’est une excellente biographie.

 

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Les dessins sont magistraux lors des scènes de combats, on ressent la rage, la lutte, le sang colle presque aux doigts en tournant les pages. Les pensées de vengeance sont pleinement présentes avec un lancer de couteau digne d’un manga, ou des rythmes. Les paysages sont magnifiques.

 

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Robsy

12/05/2017

Jour J T27 : Les ombres de Constantinople

sans-titre.pngPlancheA_296136.jpgScénaristes : Duval & Pécau

Dessinateur : Yana, assisté d'Igor Kordey

Éditeur : Delcourt Série B

56 pages - Historique

Sortie : le 8 mars 2017

 

Avis de l'éditeur :

 1453. Les Turcs assiègent Constantinople, jamais conquise, qui se prépare pour son ultime combat. Cette fois seule une intervention des armées chrétiennes pourrait renverser la situation... Iskander, janissaire déserteur albanais, se lie d'amitié avec Vlad Basarab de la dynastie des Draculea, dit Vlad l Empaleur. Ensemble, ils livrent un combat sans merci pour défendre la Ville. Mais à force de combattre le tigre ne devient on pas tigre soi-même ?

Mon avis :

 Comme énuméré lors des précédentes chroniques de Jour J, il est monnaie courante de se retrouver à moyenne d'une fois sur trois, face à un album de médiocre qualité. Cela se note essentiellement sur la qualité graphique qui pour ce titre détruit littéralement l’œuvre.

Et c'est d'autant dommage de savoir que le récit, quant à lui, tient toutes ses promesses sur un mélange politico-religieux. Vlad 3 (l'empaleur) défend le belle Constantinople des guerriers ottomans, un affrontement de taille entre l'Orient et l'Occident. La lecture est fluide, les dialogues vont de suite à l'essentiel (fort heureusement d'ailleurs, car ces 56 pages se lisent 15 minutes montre en main, dû notamment aux nombreuses planches sans bulles de lectures)

Ce 27ème opus aurait pu être plus que correct, sans ces dessins plus qu'approximatifs, qui déforment les traits des protagonistes. Des visages odieux, ovales, déformés d'une case à l'autre, et que dire du regard des personnages, qui expriment de l'exagération ou de la désinvolture par rapport aux situations.

Notons entre autres les pages 11,13 et 25 qui condamnent cet album. Fort heureusement, soulignons que la seconde partie du récit relève tout de même le niveau graphique; les scènes de guerre parviennent à tenir la cadence, ainsi qu'un final qui laisse planer une suite de meilleur acabit.

 

Loin d'être le meilleur album de la série. Laissons place à une éventuelle surprise quant au 28ème opus.

 

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Coq de Combat

09/05/2017

BREIZH - Histoire de la Bretagne - 1 - Le Peuple indomptable

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sbreizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sScénario : Nicolas Jarry / Thierry Jigourel
Dessin : Daniel Brecht
Éditeur : Soleil
60 pages
Date de sortie : 22 mars 2017
Genre : Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sIl y a 2500 ans, les peuples celtiques occupaient les deux tiers de l’Europe. Certains d’entre eux passèrent du continent à la grande île à qui ils donnèrent leur nom : la Bretagne. Les Bretons y vécurent libres jusqu’à l’arrivée des Romains. Malgré la résistance de grandes figures, telles Boudicca, la reine des Icènes, tout le sud de l’île fut assujetti à Rome. Mais à la faveur du morcellement de l’Empire, les Bretons reprennent leur indépendance. Certains d’entre eux sont alors appelés en Armorique pour combattre les pirates saxons. C’est le début des grandes migrations...

 

 

 

Mon avis

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sJe vous préviens, je ne suis pas très porté sur les régionalismes. Ce serait même plutôt le contraire. Cette petite précision faites, je vais essayer de vous parler de ce premier tome de la Série Breizh – Histoire de la Bretagne avec le plus d’objectivité possible.

L’impression générale est globalement positive, avec pourtant quelques bémols. Deux choses sont néanmoins certaines : d’une part les auteurs ont bossé dur, et, d’autre part, ils maîtrisent leur sujet.

Cet ouvrage est donc une narration illustrée de type chronologique et événementiel sur une période d’environ un demi millénaire entre JC (Jules César) et le Vème siècle après JC (l’autre…). C’est d’ailleurs parfaitement assumé et précisé par Thierry Jigourel dans le texte d’introduction. En quelque sorte, on retourne en classe pour réapprendre l’histoire de France… Oups, my (jacobine) mistake… L’histoire de la Bretagne.

L’on y apprend que le fier et courageux peuple Breton s’est globalement toujours fait agressé par les autres, notamment les romains (puis les saxons), mais que eux, pacifistes et sympas comme tout, bien que vaillants guerriers, se sont régulièrement fait battre et n’ont jamais commencé la bagarre. On apprend également qu’ils ne formaient originellement qu’un seul peuple avec nos voisins d’Outre-Manche et qu’ils se sont réunis et retrouvés plusieurs fois au fil de l’Histoire (cette partie est d’ailleurs très intéressante).

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Sans être extraordinaire, le dessin est plutôt pas mal, même si je ne suis pas un fan absolu des ciels « photos » sur lesquels sont « collés » les dessins. Que ce soit pour le scénario comme pour le graphisme, c’est très dense. Beaucoup de cases se superposent mais ce n’est pas gênant. En même temps, on ne raconte pas 5 siècles en 60 pages comme çaLe recours à des cases allongées, panoramiques, est peut-être un peu trop systématique mais correspond au type de récit (narratif et chronologique) utilisé par les auteurs.

Concernant la forme, on peut dire que les éditions Soleil se sont appliqués avec une belle charte graphique, un vernis sélectif pour la couverture et un très beau dos toilé. Une intro et un lexique très fourni encadrent également le récit. Un dernier point : je trouve vraiment dommage que la couverture soit réalisée par un autre dessinateur que celui qui œuvre à l’intérieur, ça fait un peu publicité mensongère, surtout quand on a un superbe visuel à la Rosinski en couverture et un dessin à la « pas Rosinski » à l’intérieur... Accessoirement, la jolie guerrière rousse représentée en couverture (Boudicca) est un personnage d’une importance relative qui n’apparait que sur trois pages et demi quand la BD en compte 60… Une illustration de Conan Meriadeg eût été, à mon sens, plus logique… Moins sexy, certes, mais plus logique… Bref…

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Au final, si vous aviez piscine le jour où votre prof a fait un cours d’histoire sur la Bretagne, si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette belle région ou encore parfaire votre argumentaire autonomiste cette série est probablement pour vous.

 

 

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Odradek

08/05/2017

Infinity 8 - tome 3 - l'évangile selon Emma

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scénario : Lewis Trondheim ; Fabien Vehlmann
Dessin : Olivier Balez
Éditeur : Rue de Sèvres
90 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : science-fiction, space-opéra

 

 

Cette série suit un fil conducteur unique et chaque album est une ramification émanant de ce fil conducteur. Les histoires de chaque tome n'ont pas de lien direct entre elles et peuvent se lire indépendamment les unes des autres. Toutefois, vous trouverez à la fin de cette chronique les résumés des tomes 1 et 2.

 

Présentation de l'éditeur

Reboot à bord de l’Infinity 8 ! Détournées de leur mission pour sauver le vaisseau au bord de la destruction, Yoko Keren et Stella Moonkicker ont malgré tout rapporté de leur exploration des informations cruciales : Kornaliens nécrophages et aspirants nazis sont désormais neutralisés ; le champ est libre pour activer une nouvelle trame temporelle et un nouvel agent.
Ce sera le Marshall Emma O’Mara : pacifiste, pieuse, respectueuse de la hiérarchie et des traditions, cette véritable légende des forces de l’ordre puise sa détermination et sa redoutable efficacité dans sa foi. Mais les convictions les plus sincères sont parfois les plus dangereuses…

Sous sa couverture d’agent irréprochable, Emma attend son heure : à la 3e boucle, elle le sait, le Capitaine la choisira pour la procédure 8. Alors elle fera ce qu’elle doit pour empêcher le prochain reboot. Car cette trame temporelle doit rester la dernière : quelque part parmi les sépultures se trouve le dernier évangile de Tholman, le fragment manquant d’écriture sacrée qui unira enfin les adeptes du prophète et mettra fin à la Guerre Sainte.
Mais la nécropole regorge de trésors, et les pilleurs de tombes auxquels Emma s’est associée pour financer son expédition ont leurs propres motivations…

 

 

 "- Vous faites quoi Marshall ? C'est la trappe aquatique pour que le capitaine regagne ses quartiers.

- Je la scelle."

 

Mon avis

Série concept par excellence dans la forme et dans le fond, Infinity 8 est une série SF conçue par Lewis Trondheim côté scénario et Olivier Vatine pour la direction artistique. Sans chercher à renouveler le genre, ils ont voulu a travers ce projet insuffler un air de fraicheur et de légèreté au genre SF en donnant à ce space-opéra un air résolument pulp et kitsh. L'esprit pulp de ces récits, c'est de privilégier le fun et l'action et de ne pas se prendre trop au sérieux. Dans la forme, le côté pulp est marqué par la publication des deux premiers tomes en fascicules de 32 pages distribués en librairie sous forme de feuilleton à la façon des comics américains. La série comptera 8 albums, avec 8 dessinateurs différents à chaque fois et parfois l'adjonction de quelques scénaristes.

 

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Le concept du récit est très simple et suit un fil conducteur unique : l'Infinity 8 est un vaisseau spatial qui voyage en direction de la galaxie d'Andromède. Ce voyage est brutalement interrompu par un amas d'artefacts de la taille d'un système solaire, constitué de nécropoles en tout genre et de toutes époques. Le capitaine doit alors envoyer des agents hors du vaisseau pour examiner la situation. Ce capitaine à une particularité, et c'est là tout l'intérêt du récit : il a la capacité d'ouvrir une fenêtre temporelle et d'y explorer pendant 8 heures ce qu'elle recèle. A l'issu du délai, deux options s'offrent à lui. Soit il fait un reboot général le ramenant à la configuration de départ, soit il continue l'exploration de la trame temporelle. Il peut répéter ce processus jusqu'à huit fois.

Reboot, ou restauration système, les informaticiens connaissent bien le principe et en apprécient les avantages quand après avoir testé un scénario qui ne fonctionne pas, ils s'aperçoivent qu'il vaut mieux revenir à la version précédente et repartir de zéro.

 

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Nous en sommes ici au deuxième reboot ouvrant la troisième trame temporelle, scénarisé par Fabien Vehlman aux côtés de Trondheim, et mis en image par Olivier Balez. Ce troisième volume marque déjà une rupture par rapport aux deux précédents qui sont là pour mettre en place le concept et bien faire comprendre le processus (à chaque reboot sa nouvelle mission, sa nouvelle héroïne, ses nouveaux enjeux). Là, la routine est perturbée par l'agent Emma O’Mara qui semble obéir à d'autres intérêts que ceux du capitaine. Elle n'apparait pas si pieuse et pacifiste qu'elle n'en a lair, et fera tout pour que cette boucle temporelle soit la dernière.

Tout en gardant l'esprit pulp et déjanté du récit, Fabien Vehlmann apporte un peu de fond à l'histoire en introduisant la religion et les dérives extrémistes qui y sont liées. Il aborde quelques thèmes qui font écho à l'actualité comme les manipulations de masse, le fanatisme religieux, le complot, et même l'intelligence artificielle à travers le personnage d'un robot amené à prendre des décisions en fonction exclusivement de critères statistiques qu'il doit analyser. Tout cela dans un rythme endiablé, sans une seconde de temps mort, ponctué de multiples rebondissements et retournement de situations.

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De côté du dessin, après Domique Bertail pour le tome 1 et Olivier Vatine pour le tome 2, c'est olivier Balez qui s'y colle. Comme ses prédécesseurs, mais dans un autre registre graphique, il donne au récit son identité visuelle kitsh et pulp saupoudrée de quelques notes psychédéliques, en employant un trait épais, des couleurs franches, des décors simples, des costumes originaux (et il y en a des costumes !) et des personnages aux traits facilement reconnaissables. Il se fend même d'un petit clin d’œil aux deux agents spatio-temporels les plus célèbres de la BD. Visuellement, le tout m'a fait penser à une certaine SF des années 60 et 70 comme la Barbarella de Jean-Claude Forest.

Il semble que la SF ait à nouveau le vent en poupe ces temps-ci. Cette nouvelle série est assurément à suivre par les adeptes du genre. Pour l'instant, les trois tomes parus sont d'un niveau égal, avec un petit plus pour ce troisième opus qui offre un scénario un peu plus riche.

Loubrun

 

 

 

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les autres tomes parus

le tome 1

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scannant sans vergogne les mâles de toutes espèces à la recherche du géniteur qui lui offrira descendance de compétition et retraite anticipée, Yoko Keren prend son travail d’agent un peu par-dessus la jambe. C’est pourtant sur elle que tombe l’honneur de se voir confier par le Capitaine de l’Infinity une mission qui initiera la mythique procédure 8 : un amas d’artefacts de type inconnu bloque l’avancée du vaisseau ; l’agent Keren dispose de 8 heures pour en découvrir la source. À l’extérieur, sarcophages éventrés, mausolées géants, morceaux de planètes mortes… une véritable décharge pour Yoko, mais un extraordinaire garde-manger pour la seule espèce nécrophage de l’Infinity ! Surexcités par les milliers de cadavres flottants qui entourent le vaisseau, un groupe de Kornaliens échappe à tout contrôle et s’élance dans l’espace, condamnant derrière eux tous les sas de sortie…

 

le tome 2

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Premier reboot à bord de l’Infinity 8 ! Les informations cruciales transmises par Yoko Keren (T1) au QG ont décidé le Capitaine à lancer une nouvelle trame temporelle et activer un second agent : l’impulsive Stella Moonkicker, qui ne disposera à son tour que de 8 heures pour réunir un maximum de renseignements. Flanquée de Bobbie, son assommant robot de probation, elle est assignée à la sécurité d’un groupe de nostalgiques du nazisme, dont ils ne comprennent pas les dangers. Mais quand ils retrouvent dans le mystérieux mausolée la tête cryogénisée d’Hitler et réussissent à la réactiver, la menace d’un IVe Reich imposé à l’Infinity 8 se fait très sérieuse. Stella et Bobby vont affronter le Führer, car si le Capitaine est tué, aucun reboot ne pourra avoir lieu, et l’avènement du IVe Reich deviendra la seule trame temporelle à avoir jamais existé…

 

 

04/05/2017

Guy de Maupassant - Une vie

guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017Scénario : Variety Art Work
Dessin : Variety Art Work
Éditeur : Soleil Manga
192 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : adaptation littéraire

 sens de lecture : français

 

 

Présentation de l'éditeur

La France au XIXe siècle. Jeanne, fille unique d’un baron, vient d’avoir 20 ans et sort du couvent pour aller vivre avec ses parents dans leur demeure des Peuples. Là, on lui présente un jeune vicomte qu’elle épouse, et elle semble continuer de vivre dans un conte de fée ; mais la réalité ne cesse de la rattraper dans toute sa cruauté… Ce mariage était-il une erreur ? Un chef-d’œuvre de la littérature naturaliste, exposant une vérité sans fard.

 

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Mon avis

Écrivain français de la fin du XIXe siècle, Guy de Maupassant est surtout connu pour ses nouvelles, notamment le Horla ou Boule de suif. Une vie, est le premier des 6 romans qu'il a écrit entre 1883 et 1890. Son œuvre se caractérise par deux registres récurrents : le réalisme dans la description de la vie quotidienne et le fantastique qui lui permet d'aborder le thème de la folie, folie dans laquelle il sombrera à la fin de sa courte vie. Ces deux registres entrent parfois en résonance et donnent à l'ensemble de l’œuvre de Maupassant une dimension dramatique et assez pessimiste de la société et du genre humain.

 

Une vie est une peinture naturaliste décrivant les désillusions d'une jeune femme issue de la bourgeoisie de cette fin de XIXe siècle. Cette jeune femme naïve et rêveuse qui croira découvrir l'amour dans son mariage avec un beau Vicomte, découvrira finalement la méchanceté humaine et passera une grande partie de sa vie à subir la violence d'un mari égoïste, vénal et brutal, ainsi que l'hypocrisie d'une société fermée ayant peu de considération à l'égard des femmes.

Cette histoire est dure, cruelle, injuste, violente .... comme parfois l'est la vie.

Derrière cette romance dramatique, Maupassant aborde de nombreux thèmes comme entre autres l'adultère, l'éducation, la religion, la famille, l'amour, la mort.

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L'adaptation en bande dessinée d'une œuvre littéraire classique est un exercice périlleux. Comment restituer la puissance et la force du texte original tout en conservant les spécificités du support bande dessinée que sont les ellipses et la dynamique du récit animé par le dessin ? Comment éviter le simple copier coller du texte original couplé à des images illustrant ce texte, sans risquer de dénaturer le travail de l'écrivain, ou comment réécrire l’œuvre ... sans la réécrire !

Bref, ça passe ou ça casse et sans doute que certaines œuvres s'y prêtent plus ou moins que d'autres. (cf. Les misérables).

Là, l'histoire est assez fidèlement restituée dans l'esprit du roman. On y retrouve bien tous les personnages principaux et leur caractéristiques, ainsi que l'inexorable détresse et l'insupportable soumission de Jeanne. Il y manque toutefois quelques scènes emblématiques du roman, comme la mort du deuxième enfant de Jeanne le jour où son mari se fait tuer, les ennuis de santé de son fils et la scène très violente où le curé tue, devant des enfants, une chienne en train de mettre bas. On peut comprendre auteurs et éditeurs qui auront voulu préserver un jeune lectorat. Mais moi j'y vois plutôt une forme et de dénaturation de l’œuvre et d'aseptisation des propos de l'écrivain.

Au final, si ce manga se lit bien, j'ai du mal à voir quel public sera séduit. Les amateurs de Maupassant ne retrouveront évidemment pas sa plume ; ceux qui ont lu le roman trouveront le manga un peu léger ne faisant qu'effleurer les thématiques et proposant des dialogues simplistes (peut-être encore une fois pour ne pas effrayer le lecteur) ; quant aux amateurs de manga, ils ne trouveront rien de transcendant dans le dessin qui nous propose le minimum syndical.

Bref, je ne suis pas du tout convaincu que ce genre d'ouvrage puisse pousser les jeunes lecteurs de BD vers le roman, et inversement attirer les lecteurs de roman vers la richesse que peut proposer par ailleurs le média bande dessinée.

 

 

Loubrun

 

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26/04/2017

Sacha et Tomcrouz T.1 : Les Vikings

sachaEtTomcrouzT1.jpgsachaEtTomcrouzT1-2.jpgDessin : Bastien Quignon.
Scénario : Anaïs Halard.
Éditeur : Soleil.
88 pages.
Sortie : 22 mars 2017.
Genre : Fantastique, jeunesse.

 


Résumé :

Sacha Bazarec vit dans une maison remplie d'objets chinés. Pour ses dix ans, elle rêvait d'un rat méga intelligent mais elle a reçu un chihuahua. C'est un chien et, pourtant, il n'obéit à rien du tout ! Elle l'a appelé Tomcrouz, comme l'idole de sa maman. Elle a eu beau lui demander de ne pas mettre le boxon, elle l'a retrouvé, un matin, couvert de gelée incandescente. Depuis, il se produit un phénomène étrange et ils se retrouvent transportés dans des endroits bizarres à travers le temps.


Mon avis :

Mes impressions sont positives. Cette Bédé est originale et fait partie de ces albums qui plaisent à toutes sortes de personnes. Comme quoi, on peut réaliser une bande dessiné qui vise un public de gosses sans que ce ne soit ringard. Normalement, dans ce genre d'histoire, on nous montre un galopin déconnecté, méprisé à l'école par ses camarades, ses professeurs et donc, avec un quotidien qui ne fait pas rêver mais là, on casse VRAIMENT bien les codes. Le niston est plutôt très populaire, au point même de rendre jaloux un des personnage. Le hic, c'est que les choses s'inverseront lors de son premier voyage temporel.

Pour proroger, dommage que le dessin ne suive pas. Je ne le trouve pas affriandant, sans vouloir mettre en cause le travail de celui à qui on doit les dessins de Sixteen Kennedy Express, El Paso et Sweet Rosetta. Néanmoins, un deuxième volet ne serait pas de refus. J'espère que l'auteure nous fera toujours autant voyager en re-servant un tranche de ludisme et de pédagogie. Si vous êtes un amateur ou une amatrice de BD et, surtout, si vous voulez initier vos enfants à ça, ce titre pourrait faire l'affaire, pourrait être une bien bonne idée de cadeau. Une grande première pour Anaïs Halard qui n'a pas fait honte au neuvième art !

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Mister Med.

 

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24/04/2017

Les grandes batailles navales - tome 1 - Trafalgar

les grandes batailles navales, trafalgar, delitte, béchu, glénat, musée national de la marine, marine, voile, mer, guerre, Histoire, napoléon, 6/10, 03/2017les grandes batailles navales, trafalgar, delitte, béchu, glénat, musée national de la marine, marine, voile, mer, guerre, Histoire, napoléon, 6/10, 03/2017Scénario : Jean-Yves Delitte
Dessin : Denis Béchu
Éditeur : Glénat / Musée National de la Marine
48 pages + 8 pages de dossier
Date de sortie :  mars 2017
Genre : histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur
1805. Napoléon Ier a le projet de mener la guerre sur les terres mêmes de son éternel ennemi. Un plan audacieux pour l’empereur, car s’il lui est simple de rassembler des troupes en nombre sur les côtes de la Manche, faut-il encore réussir débarrasser les eaux de cette dernière de toute présence de vaisseaux anglais, au risque sinon de voir son projet prendre l’eau. C’est au vice-amiral de Villeneuve que revient la tâche ardue d’attirer la Royal Navy loin de ses côtes pour libérer le passage. Malheureusement pour l’empereur, son plan échoue. Il doit faire lever le camp à ses troupes pour les envoyer à l’est de son empire où la guerre menace et la Royal Navy n’a pas été abusé. Pis, la flotte franco-espagnole commandée par de Villeneuve, pourchassée par Horatio Nelson, s’est réfugiée à Cadix. La confrontation semble inévitable car l’amiral français reçoit l’ordre d’appareiller, de forcer le blocus anglais et se rendre au large de l’Italie pour soutenir les troupes de l’Empereur. S’il ne s’exécute pas, c’est le limogeage et le déshonneur. Après bien des hésitations, le vice-amiral de Villeneuve ira à la rencontre de son destin, persuadé qu’il peut vaincre. Il connaît tout de Nelson, sa flotte est supérieure en nombre et ses vaisseaux n’ont rien à envier aux Anglais. Mais l’amiral français a oublié que la puissance d’une flotte ne se trouve pas que dans les canons et le gréement des vaisseaux...

 

 

 

 

"Monsieur de Villeneuve... Amiral, je vous en conjure, nous ne pouvons éternellement rester ici..."

 

 

Mon avis

Trafalgar ! La bataille navale peut-être la plus connue de l'ère Napoléonienne. Encore une fois, selon le camp ou l'on se trouve, l'histoire aura eu un retentissement différent. La plus humiliante défaite pour la marine française et l'une des plus grandes victoires de la Royal Navy et de l'amiral Nelson qui y trouva pourtant la mort.

Ce volume constitue le premier tome de la série Les grandes batailles navales initiée par Jean-yves Delitte. Sur ce tome 1, Jean-yves Delitte ne s'occupe que du scénario et laisse les pinceaux à Denis Béchu qui n'a que peu d'albums à son actif (In Nomine, L'Abbaye de Clairvaux, le corps et l'âme). Dans un style un peu plus grossier et moins élégant que celui de Delitte, il s'en tire néanmoins avec les honneurs et propose des planches construites avec dynamisme servant parfaitement le récit.

 

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Côté scénario, comme il en a été fait mention dans les chroniques des tomes 2 et 3, le parti pris de la série est de raconter ces grandes batailles à hauteur d'hommes, qu'ils soient simples marins ou officiers, et d'immerger le lecteur dans ces combats et leur préparation. Ainsi, parallèlement aux échanges tendus entre les officiers sur les choix tactiques, l'on suit un jeune gabier plein de fougue qui influera un peu malgré lui sur le cours de l'Histoire. Quand la fiction est habilement mise au service de l'histoire, le récit prend alors une dimension à la fois épique et pédagogique. Une recette pour plaire au plus grand nombre ?

 

Loubrun

 

 

 

 

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Les autres tomes parus

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10/04/2017

Henriquet, l'homme-reine

henriquet l'homme-reine,guerineau,delcourt,histoire,henri  iii,guerre de religions,valois,catherine de medicis,032017,810henriquet l'homme-reine,guerineau,delcourt,histoire,henri  iii,guerre de religions,valois,catherine de medicis,032017,810Scénario : Richard Guérineau
Dessin : Richard Guérineau
Éditeur : Delcourt
187 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Mai 1574. Charles IX meurt, laissant son royaume déchiré par les guerres de Religion et toujours sous le choc du massacre de la Saint- Barthélemy. Catherine de Médicis rappelle son fils cadet Henri, alors roi de Pologne… Henri III aura surtout marqué l’Histoire par ses moeurs et ses frasques, avérées, qui auront masqué l’incroyable complexité politique à laquelle a dû faire face ce monarque atypique.

 

 

"On m'apprend, mon frère, qu'encore et toujours vous complotez contre votre roi."

 

Mon avis

Dernier de la dynastie des Valois, Henri III hérite d'un royaume de France se trouvant dans une situation pour le moins chaotique. Les caisses de l’État sont vides et le pays est déchiré par les guerres de religions. Ce roi qui n'était pas destiné à régner, devra durant son court règne naviguer en eaux troubles. Homme de contrastes détestant la violence, il n'arrivera pas à mettre un terme aux terribles guerres de religions, malgré la signature de l'édit de Beaulieu, reconnaissant le culte Protestant. Entre les complots ourdis par ses proches et les rivalités entre les différentes factions religieuses - Malcontents,  Huguenots  protestants et Ligue catholique - Henri III a dû faire face à une situation politique et économique extrêmement complexe et violente.

 

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C'est lors de l'adaptation du roman de Jean Teulé, Charly 9, que Richard Guérineau a eu l'idée et l'envie de continuer l'aventure. Il a découvert alors que le frère de Charles IX, Henri III donc, offrait un réel potentiel pour faire une suite à l'Histoire visitée par Jean Teulé. Mais à la différence de Charly 9 où le ton était délibérément à la démesure dans la réécriture historique, on est ici en présence d'un ouvrage plus sérieux présentant l'Histoire de manière assez factuelle mais néanmoins vivante. Du récit historique avéré marqué de faits précis et détaillés, aux anecdotes croustillantes de la petite histoire, l'auteur livre là un récit touffu servi par des dialogues pointus et d'une densité rare dans ce type d'album. On sent que Richard Guérineau à dû passer de longues heures à se documenter, et encore de nombreuses heures pour rendre accessible et vivant ce récit d'une complexité certaine. Cette densité peut d'ailleurs s'avérer à double tranchant. Si la précision qu'elle apporte aux faits évoqués ravira les férus d'Histoire, elle pourra tout autant rebuter les moins férus qui risquent de ne voir là qu'un cours d'histoire théâtralisé et trop bavard.

 

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La partie graphique est tout simplement exceptionnelle. Dans un style moins réaliste que sur la série Le Chant des Stryges, il fait ici le choix d'un style semi réaliste offrant toutefois un trait tout autant précis et expressif. Mais ce que l'on retiendra le plus, c'est sa capacité à varier les styles en nous proposant à 3 ou 4 reprises une rupture graphique, comme il l'avait fait dans Charly 9. D'abord avec deux planches en début d'ouvrage qui imitent la collection L'histoire de France en bande dessinées des éditions Larousse des années 70, et qui illustrent de façon limpide les bases du récit qui va suivre : la succession de Charles IX, la fuite de Pologne d'Henri III, les différentes factions en lice dans les guerres de religions. Ensuite, et pour illustrer une anecdote plus légère, l'auteur signe deux planches de l'avatar Dick Gerwin dessinant à la façon de Dik Brown l'auteur des strips de Hägar Dünor. Enfin, ultime imitation et hommage où sur 6 pages l'auteur nous narre la bataille de Coutras à la façon de Tardi dans ses nombreux albums sur la guerre de 14-18 : larges cases panoramiques sur fond rouge et violence explicite des combats. Autant de pauses graphiques et narratives qui permettent de prendre un peu de recul ou de hauteur sur les évènements racontés.

 

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Henriquet, l'homme-reine intrigue et éveille la curiosité tant ce roi reste méconnu et sujet à de nombreuses controverses chez beaucoup d'historiens, sur sa sexualité et ses mœurs notamment.

Un album à découvrir sur lequel il sera nécessaire de passer un peu de temps pour en apprécier toute la richesse.

 

Loubrun

 

 

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07/04/2017

The Ghost in the shell - Perfect Edition

6184mbY2AxL__SX368_BO1,204,203,200_.jpg9782723497039-26163-big-the-ghost-in-the-shell-perfect-edition-tome-1-volume-1.jpgAuteur : Shirow Masamune

Éditeur : Glénat

Genre : Science-Fiction

352 pages

Sortie : le 15 mars 2017

 

 

Avis de l'éditeur :

Après Akira et Gunnm, découvrez l'une des œuvres fondatrices du manga en France dans sa forme la plus complète. Une version française supervisée par l auteur !

La trilogie de Masamune Shirow, Ghost in the Shell, Ghost in the Shell 2: Man-Machine Interface et Ghost in the Shell 1.5: Human Error Processor, popularisée par le film d'animation de Mamoru Oshii, a toujours été disponible en France dans un format cartonné, sens de lecture inversé, basé sur l'édition américaine. Le monde redécouvre aujourd'hui le major Kusanagi sous les traits de Scarlett Johansson, et il nous était indispensable de proposer l' œuvre d'origine, dans une édition revue par l'auteur : sens de lecture japonais, onomatopées sous-titrées, écritures de l'auteur respectées... A lire absolument avant de passer au cinéma !

 

Mon avis :


Considéré comme l'une des œuvres phares du catalogue manga des années nonante, à l'instar du phénomène Akira de Katsuhiro Ôtomo, baignant le lecteur par une atmosphère alliant la science à la machine, post-apocalyptique pour certains, précurseur pour d'autres, Ghost in the shell arpente de nouveau les kiosques, pour booster un maximum de lecteurs, avant son long-métrage, prévu au cinéma.

Il va sans dire, que pour un classique du genre, tout lecteur aguerri de l’œuvre de Shirow Masamune s'attendait à une version prestigieuse...or certains bémols justifient que l'on se sent tout de même arnaqué par cette édition.

Décrit comme Perfect Edition, on s'interroge comment et surtout pour quel motif certaines séquences n'apparaissent pas au cours des 352 pages du recueil : le passage de l'amputation ainsi que de nudité ont disparues, comme si elles n'avaient jamais existées... un constat identique à la version proposée chez le même éditeur il y a plus de 20 ans... Bref, une incompréhension totale, lorsqu'on sait qu'à l'heure actuelle des mangas Seinen affichent des abominations en tout genre. Pourquoi rogner une telle œuvre... en 2017? Ou justement, une œuvre intégrale est synonyme de respect, et qui plus est, recherchée par de nombreux fans!

Une fois cette tragédie digérée (ou pas), l'ouvrage proposé possède bien évidemment des arguments de taille, par rapport à sa version antérieure. Respectant son sens de lecture original, il s'avère être bien plus agréable de savourer un manga, dans son sens de lecture original,  de droite à gauche.

La qualité du papier, synonyme de netteté, surclasse le papier "glacé", et permet de savourer dans toute sa dimension, autant les pages coloriées, que la majorité d'entres elles, en noir et blanc.

Une postface de Shirow Masamune permet de s’imprégner plus en profondeur de sa vision personnelle de Ghost in the Shell.

Ce manga s'adresse à un public mature. Pas évident de pénétrer cet univers tellement il est complexe. Certes, on y a affaire à des robots, à un style cyber punk, il n'empêche, les détails ont leur importance, et ce récit en est truffé! Ainsi, l'auteur explique avec minutie ses choix (de nombreuses notes sont présentes en bas de pages)

 

Maintenant, concernant le film prévu prochainement, on se questionne pourquoi une actrice américaine interprète le rôle principal.... une asiatique aurait nettement collé pour une œuvre atypique japonaise. C'est presque un scandale d'en arriver à ce stade!

Scarlett Johansson est une actrice remarquable, bourré de talents, mais c'est comme demander à Leonardo Di Caprio de jouer le rôle de Goku dans Dragon Ball... Bref, laissons la peine et la joie aux chroniqueurs de cinéma de s'attarder sur le sujet ( chacun son domaine...)

Quoi qu'il en soit, malgré les éléments majeurs positifs de cette version de Ghost in the shell, on ne peut que s'alarmer sur le label "Perfect Edition", qui saigne, uniquement pour quelques pages manquantes... mais qui prouvent que la censure est encore malheureusement bien présente.

 

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 Coq de Combat