21/09/2017

Jour J T29 et T30 Le prince des ténèbres

sans-titre.pngsans-titre.pngPlancheA_308002.jpgScénaristes : Duval & Pécau

Dessinateur : Kordey

Éditeur : Delcourt, Série B

Genre : Historique , Uchronie

Sortie : le 16 août 2017

 

 

Avis de l'éditeur :

 

L’histoire suit l’enquête d'un personnage ayant existé, John O'Neill, alias le ""Prince des ténèbres"", un agent du FBI ayant eu l'intuition que Ben Laden préparait une attaque d'envergure contre les USA et qui trouva la mort dans la destruction des tours du World Trade Center. Que se serait-il passé s'il avait eu l'occasion de traquer Ben Laden et s'il avait pu empêcher l'attaque du 11 septembre 2001 ?

 

Mon avis :

Voici certainement l'un des titres les plus réussis de la série Jour J, grâce à cette belle trilogie reprenant à la fois faits réels et tournures hypothétiques si le désastre du 11 septembre 2001 ne s'était pas produit.

On suit le parcours et l'enquête menés par l'Agent O'Neil, appelé le prince des ténèbres car il bosse comme un demeuré et s’habille toujours en noir, de la marque "Gucci". Suite à un attentat en Arabie Saoudite,  faisant 20 victimes américaines de l'Air Force, lui et son équipe, notons Sam Sullivan et sa coéquipière l'Agent Carter, raclent l'entièreté du territoire, tentant d'obtenir de minces indices.

Sur place, ils découvrent que Ben Laden a créé un véritable Royaume, des autoroutes, d'immense palais..., qu'il s'agit d'un entrepreneur du Yemen. Ils découvrent également qu'en 1988, il prête au trésor royal - sans intérêts ; que sa route le mènera de la Mecque à Taif, et que l'Iran utilise du matériel Russe contre le Royaume.

Les agents qualifiés analysent le terrain malgré les prérogatives des saoudiens donnant lieu à un rapport du G2 (Services secrets de l'armée) en provenance d'Allemagne qui démontre que l'attentat de Khobar provient d'Al Quaida. Al Fadl a trahi les siens tandis que les différents organismes (FBI NSA CIA) ont leur idée sur le sujet. L'analyse des experts concernant les bombes utilisées est relativement instructive ( Sentex - TNT...)

Notre équipe menée par l'agent O'Neill se retrouve à Gloucester Building Tyson Corner en Virginie, et découvrent avec stupéfaction qu'ils possèdent des dossiers sur Ben Laden depuis 1993.

La partie historique et remaniée est captivante de bout en bout.

- New York en 1993 : 6 morts et 1000 blessés

- Ethiopie en 1996 : le président égyptien est la cible d'un assassinat

Les attentats de Ben Laden se déroulent sur plusieurs continents avec des moyens de logistique surprenants. Pourtant, à ce stade, seuls l'Agent Oneil et son équipe semblent convaincus de la véritable puissance de l'organisation d'Al Quaida.

Les second tome démarre tout en force avec Obama (sénateur) qui tente de convaincre le Président sur la qualité d'O'Neill et ses arguments, bien que le prince des ténèbres soit entaché par traitrise et indiscipline.

La tournure scénaristique atteint son apogée lorsqu'il se retrouve à l'aide de l'un de ses contacts en Israël, afin de débusquer leur ennemi. 

Un scénario quasi parfait qui malheureusement est accompagné par un dessin de piètre qualité, voir maladroit dans le trait. Une qualité graphique qui frôle la décadence sauf si la volonté de caricaturer chaque personnage à l’extrême est volontaire. Franchement, même les plans rapprochés montrent le manque de netteté. Les protagonistes sont laids, quel dommage avec une trame qui excelle. Quant aux présidents et sénateurs, jugez par vous-mêmes...Fort heureusement, les couleurs nettes recadrent quelque peu la qualité graphique. On aurait pu obtenir un chef-d’œuvre, on récolte un bon album.

L'une des forces du récit se note également par la construction efficace de répliques appropriées :

" Qui veut dîner avec le Diable, doit se munir d'une longue cuillère..."

On se laisse prendre au jeu et au rythme de l'intrigue. Un bon moment de lecture avant l'attente de la fin de cette trilogie !

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Coq de Combat

 

 

 

18/09/2017

Gantz : G T1

51EqeiRnoeL__SX350_BO1,204,203,200_.jpgPlancheS_57552.jpgScénario : Hiroya Oku

Dessinateur : Keita Iikuka

Éditeur : Delcourt / Tonkam

Genre : Science-Fiction

Sortie : le 16 août 2017

 

Avis de l'éditeur :

2005, une tragédie frappe une classe entière au cours d'une sortie scolaire à bord d'un bus. Après une chute d'un pont, les passagers se réveillent dans une école abandonnée et se retrouvent obligés de suivre les ordres d'une étrange sphère noire appelée "Gantz". Ils doivent alors éliminer des visiteurs venus d'un autre monde pour gagner de précieux points qui leur permettront de retrouver leur liberté...

 

Mon avis :

L'univers de Gantz affiche des chiffres explosifs : 21 millions d’exemplaires au Japon pour les 37 tomes de la série originale, des films, une série télé d'animation comprenant 24 épisodes, un jeu Playstation, 2 romans... de nombreux produits dérivés.

Alors que la série de base ressort à raison de deux tomes en un (volume double), l'auteur travaille également sur Last Hero Inuyashiki chez Ki-oon.

Gantz G reprend pour ainsi dire les mêmes ingrédients que pour son prédécesseur. Des jeunes étudiants confrontés à gagner un maximum de points pour ressusciter, ou ressusciter un proche. Le but étant emmagasiner 100 points.

Les premières impressions sont plutôt plaisantes. De suite, on se sent propulsé dans ce monde de science-fiction où se mêlent plusieurs facteurs : oublier instantanément sa vie antérieure (certains adolescents ne comprennent pas de suite le fonctionnement des règles et en pâtissent royalement les circonstances); être vif, et ne pas hésiter à tuer l'ennemi sans concessions, se lier d'amitié avec les éléments forts du groupe, sans toutefois se montrer trop généreux.

Graphiquement, la force majeure se note au niveau des protagonistes. Traits fins (parfois trop lisses), coupes de cheveux parfaites (et ce malgré les pirouettes à 360° de certains participants, monstres réalistes (ici des animaux hybrides issus de différentes dimensions).

La dynamique est constante mais les décors n'existent pour ainsi dire pas du tout. On aimerait davantage pouvoir prétendre à un effet de profondeur de champ...il n'en est rien. On doit se contenter des protagonistes.

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Coq de Combat

12/09/2017

A coucher dehors T2

à coucher dehors.jpga coucher dehors t2.jpgDessin : AnLor
Scénario : Aurélien Ducoudray.
Éditeur : Grand angle.
Sortie : 30 aout 2017.
48 pages.
Genre : chronique sociale.

 

 

Le résumé.
Nicolas a disparu ! Amédée essaie tant bien que mal de le trouver au milieu des visiteurs du Parc de l’Espace. À la maison, Prie-Dieu a accroché sur le toit de la baraque les signes des trois religions monothéistes, provoquant un afflux des adeptes de tout poil. Ce qui n’est pas du goût d’Amédée, surtout que la priorité serait plutôt de retrouver l’apprenti cosmonaute ! Car huissiers et gendarmes attendent, montre au poignet. Si Nicolas n’est pas là rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et ce sera l’expulsion pour les trois clochards !

« Ah bon pourquoi ? On n’a pas le droit d’être cosmonaute, chez vous ? Pourtant, j’ai vu deux Charlemagne et un Pépin le Bref »

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Mon avis.
Suite et fin de cette comédie joyeuse dont le sujet aborde la déficience ou plutôt la différence mentale avec comme anti-héros des SDF. On remarque tout de suite le soin qu’a apporté Aurélien Ducoudray aux textes. On serait tenté de les rapprocher au cinéma de Lautner ou Audiard mais de l’aveu même du scénariste, c’est vers le cinéma italien avec le film d’Ettore Scola « Affreux, sales et méchants (1976) » qu’on peut trouver un véritable lien. Le langage est souvent très fleuri mais on y aborde aussi des sujets plus profonds comme la condition sociale et le handicap.
On aurait pu croire qu’Anne Laure Bizot était demandeuse de cet univers par rapport aux 21192829_10213846067485834_4402167724061427208_n.jpgambiances plus sombres de ses derniers albums (Amère Russie). Mais non, il s’agissait presque d’un défi pour elle de dessiner cet environnement urbain plus cloisonné en y ajoutant cette dose de poésie si caractéristique à son trait. Elle a donc dû jouer avec des couleurs chaudes pour créer des cocons au milieu de cette jungle urbaine. En tout cas, son graphisme reste un plaisir pour les yeux avec comme qualité première une belle expressivité et une vivacité dans les attitudes très marquée.
Personnellement, je ne serais pas surpris de voir « à coucher dehors » repris au cinéma ou au théâtre vu le caractère très  vaudevillesque de cette œuvre.
De la sensibilité, de l’humour, des situations loufoques, des dialogues à tomber par terre, voilà donc la recette réussie de cette BD.
On retrouvera prochainement une nouvelle histoire de ce duo d’auteurs dont l’osmose n’est plus à démontrer.

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Samba.
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08/09/2017

Une génération française T3/6 Ayez confiance !

une génération française.jpgScénario : Thierry Gloris
Dessin : Ana-Luiza Koehler.
Éditeur : Soleil (Quadrants)
48 pages
Date de sortie : 23 aout 2017.
Genre : récit de guerre 



Le résumé éditeur.

Fin juin 1940. Zoé Favre (la petite sœur de Martin) prend conscience du cataclysme en apercevant les longues colonnes de prisonniers français marchant vers la captivité. Spontanément, elle improvise un ravitaillement en eau potable pour les marcheurs exténués. Elle n'a alors pas conscience qu'elle est en train de prendre une lourde décision, une de celles qui font basculer votre vie.


« Ce sont eux qui ont perdu la guerre. Alors, leur orgueil et leur condescendance, ils se les gardent ! Garez-vous près de l’école. »

Mon avis.
le-henanff-une-generation-francaise-tome-3-3g6h.jpgPour rappel, pour conserver une uniformité entre les titres, c’est Fabrice le Henanff qui s’occupe des couvertures. Et pour ce 3e tome, il faut bien l’avouer, la différence est frappante avec contenu à l’intérieur. Pas que le dessin d’Ana-Luiza Koehler soit mauvais mais je dois dire que son trait est osé pour un récit de guerre. On a souvent l’impression d’être dans une joyeuse colonie de vacances au lieu d’être en 1940 sous occupation allemande. Là, franchement, je n’ai pas senti la tension inhérente aux faits de la résistance. Dommage.
Comme dit justement dans cet album, on va mettre ça sous l’insouciance de la jeunesse. Il faut savoir qu’en effet, il n’était pas nombreux en 1940 à se soulever contre l’envahisseur même les cocos s’abstenaient. Comme je l’ai déjà dit dans mes précédentes chroniques, c’est un bel instantané à l’instar d’un village français sur la vie des français sous le joug des doryphores. On aborde plus spécifiquement dans ce tome 3 d’une génération française, comment le maréchal Pétain a pris le pouvoir suite à la raclée de mai 1940. Un vieillard de 84 ans sauveur de la France, maréchal nous voilà, un joli Franco en puissance oui ! Mais bon, pour beaucoup de français la douleur se vivait en silence.
Un album très correct qui sur le fond est « on en peut plus juste » mais qui manque néanmoins d’émotion malgré des personnages fort sympathiques, trop peut-être ?

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Sambataille.

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01/09/2017

La carte du ciel

la carte du ciel.jpgla carte du ciel r.jpgDessin : Laurent Richard
Scénario : Arnaud le Gouëfflec.
Éditeur : Glénat collection 1000 feuilles
Sortie :23 août 2017
144 pages.
Genre :je ne peux pas le dire...ce serait un spoiler



Résumé.

Vallièvre, petite commune de campagne. Il ne s’y passe jamais rien, ou presque. Mais voilà qu’on prétend y avoir vu passer des OVNI ! Si tout le monde a l’air de prendre ça à la rigolade, ce n’est pas le cas de Claire, Wouki et Jules, trois potes qui se sont récemment pris de passion pour le sujet. Alors qu’ils enquêtent sur le phénomène et que l’arrivée d’une nouvelle prof fait sensation au lycée, les trois inséparables découvrent que les événements étranges se multiplient...


« Moi, si je devais faire de la philo, la première chose que je dirais c’est qu’on n’est rien d’autre que des animaux. Le premier truc c’est le ventre, pas le cerveau. Et une fois qu’on a mangé, la seule chose qui nous intéresse, c’est le cul ! »

Mon avis.

Parfois il ne faut pas aller loin pour savoir si une BD est bonne ou pas, si vous n’avez pas décollé le nez de toute la lecture, c’est que l’histoire vous a captivée et donc que c’est de la bonne !
C’est clairement le cas avec cette carte du ciel. On ne sait pas trop où on va avec le scénario de Arnaud le Gouëfflec (Soucoupes avec Obion, Topless, j’aurai ta peau, Dominique A). On y retrouve à la fois de la SF, un récit sur le premier amour, de la philosophie, etc ...
Bref, on pourrait être dérouté avec ce thriller doux-amer sur l’adolescence nimbé de surnaturel. mais la curiosité est manifestement la plus forte. J’ai aimé cette façon d’intriguer le lecteur au fil des pages avec un tempo plutôt lent.
Coté dessin, Laurent Richard, illustrateur pour la presse et d’édition jeunesse nous propose un trait particulier voire inquiétant. On est un peu hypnotisé par ses grands yeux d’extra-terrestres qui nous fixent souvent. Un trait assez anguleux aussi qui passera ou pas selon vos goûts mais qui m’a enchanté pour sa colorisation.
Sinon, j’ai trouvé l’héroïne très charismatique, un étonnant mélange d’intuition, d’attitude rebelle et de pragmatisme. Je serais vraiment ravi de la retrouver dans un rôle de flic par exemple, ça lui irait comme un gant.

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Samba.

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28/08/2017

Steamnoir T2 le cœur de cuivre.

steamnoir.jpgsteamnoir t2.jpgDessin : Felix Mertikat.
Scénario: Verena Klinke.
Éditeur: EP éditions.
Sortie : aout 2017.
63 pages.
Genre : steampunk.

 

 

Le résumé.
Des agents de l'Alliance Leonard (Leonardsbund) enquêtent sur un cas mystérieux dans la ville de Schierling : une jeune fille, qui avait été emmurée vivante dans une cheminée des années auparavant, a été kidnappée par une âme perdue de Vineta.

L'enquête entraîne le Bizarromant Heinrich Lerchenwald et ses collègues, Hirschmann l'homme machine et Madame D., la profileuse, sur la trace d'un guérisseur miracle suspect, spécialisé dans les organes artificiels


« Non, ce n’est pas ça. Là-bas, les âmes sont parfaitement inutiles, perturbées et effrayées par les mœurs de la région. »


Mon avis.
Souvent, quand on nous envoie un tome 2 non demandé sans avoir eu le tome initial, on s’en tire en allant chercher un résumé sur le net. Et là, j’ai vite senti que l’affaire ne serait pas simple. Un univers steampunk très singulier avec une multitude de protagonistes jouant avec des concepts étranges me donnaient déjà la migraine avant de commencer la lecture de cet album.
Le truc semble bien tordu mais à la guerre comme à la guerre, je me lance dans l’aventure. L’univers steampunk est bien présent, l’ambiance est prenante, lugubre et vaporeuse à souhait. On note tout de suite une très belle colorisation qui donne envie de mieux connaître Steamnoir. Par contre, je remarque assez vite aussi que les personnages ne sont pas trop son fort au dessinateur allemand. Néanmoins, si vous êtes fans du style Brienne de Torth, vous allez kifer madame D. Son point fort est indéniablement le côté « méca » et torturé de son univers.
Bref, ce n’est pas dans le dessin qu’il faut chercher la petite bête à vapeur.
Je me rends vite compte que ma lecture est poussive, je n’y comprends quasiment rien. C’est complexe, trop complexe et parfois aussi très bavard, trop bavard. Les dialogues et les transitions sont vraiment bizarres et je me pose la question si la traduction n’aurait pas « bugué ». Je m’explique, dans certaines conversations, on nous parle de « pomme » et la réponse nous parle de « poire ». Au secours ! En plus, on sent bien qu’il y a pas mal de sous-entendus mais là aussi c’est mystère et boule de gomme.
Pour être franc, j’ai rarement lu une BD aussi tarabiscotée que celle-là.
Bref, une véritable torture pour ma part.

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Samba.

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24/08/2017

Shelton & Felter - tome 1 - la mort noire

Shelton et Felter T1.jpgShelton et Felter T1_pl.jpgScénario : Jacques Lamontagne
Dessin : Jacques Lamontagne
Éditeur : Kennes Editions
56 pages
Date de sortie :  23 août 2017
Genre : policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Boston, États-Unis, 1924. Isaac Shelton est un ex-boxeur, jeune journaliste à la plume encore mal dégrossie, qui traque le fait divers à la recherche du scoop qui pourrait booster sa carrière. Thomas Felter est quant à lui un libraire d'un certain âge, vivant seul avec ses chats, grand amateur de littérature policière et qui a aiguisé à travers ses lectures un esprit analytique hors du commun. Quand Shelton rencontre Felter, le premier convainc le second de l'aider à résoudre les grands mystères de la ville, ce qui lui permettra de pondre l'article qui fera de lui un journaliste reconnu.
 

" En fait, je pense que ce respectable monsieur est décédé dans ce commerce, là-bas, au second étage."

 

Mon avis

Voilà 10 ans que le Canadien Jacques Lamontagne essaye de faire vivre ce duo de personnages aussi sympathique qu'improbable. Après plusieurs faux départs et une tentative graphique avortée, il saisi la main tendue par les Editions Kennes et se met seul au charbon. Il donne ainsi vie à ses personnages dans un style semi-réaliste et se fend même de réécrire son scénario après être tombé par hasard sur une émission relatant un épisode dramatique survenu à Boston en 1919 : la grande innondation de mélasse. Curieuse histoire que celle de cette citerne de mélasse qui explosa et répandit ses 9 000 000 de litres de sirop dans la ville et provoquant une vingtraine de morts. Ce fait divers surréaliste inspira Jacques Lamontagne qui décida de s'en servir de base pour l'intrigue du premier tome de Shelton & Felter.

 

Qui sont donc ces deux lascars ? Prenez un zeste de Sherlock Holmes, une once d'Hercule Poirot, une grosse louche de Columbo, ajoutez un duo improbable et parfaitement complémentaire, mixez le tout et vous obtenez une équipe de détectives surprenante, drôle et redoutablement efficace.

Isaac Shelton, ancien boxeur en reconversion dans le journalisme, grand gaillard costaud que rien n'effraie, et Thomas Felter, libraire de son état, amateur de romans policier, amis des chats, hypocondriaque, doté d'un sens aigu de l'observation frisant parfois l'extra lucidité. Deux personnages anonymes que tout semble opposer et qui vont se révéler au grand jour par leur complémentarité.

shelton & felter, lamontagne, kennes, policier, humour, 8/10, 08/2017

 

Jacques Lamontagne joue sur l'association de deux personnages que tout oppose. C'est classique mais ça fonctionne à merveille et très rapidement on s'attache à ces deux détectives en herbe qui réussissent à nous épater, nous charmer, nous faire rire et nous faire jouer nous-même à l'enquêteur. Car le petit Felter est très fort, et comme lorsque l'on regarde un Columbo, on se prend au jeu de chercher les indices et de les trouver avant lui. Les plus aguerris à l'exercice y arriveront sans trop de mal, mais le scénario est suffisamment bien ficelé pour maintenir le lecteur en haleine jusqu'au dénouement de l'intrigue. Les détails ne manquent pas et les surprises sont de mise.

Le dessin est tout aussi parfait et je me réjouis même de l'abandon des premiers essais réalisés par Denis Goulet, dont on a un aperçu dans le cahier graphique en fin de volume. Avec un style gros nez et un trait rond, le ton et la cible de cette histoire n'auraient assurément pas été les mêmes. Là, avec ce style semi-réaliste passe partout, Jacques Lamontagne s'adresse plus facilement à tous, tout comme avec le scénario : petits pour le côté comique du duo (aspect qui pourrait même être plus poussé à l'avenir) et grands pour le côté enquête policière et recherche des indices. On ajoute à ce dessin aux décors fouillés une mise en couleur chaleureuse très réussie, et l'on obtient un polar léger et rythmé vraiment plaisant à lire dont on a hâte de retrouver les protagonistes.

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Cette nouvelle série démarre très bien et ce premier tome très engageant et prometteur la fait rentrer directement dans la cour des grands.

 

Loubrun

 

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