05/01/2018

Solo T3 : Le monde cannibale

516nMHBgvOL__SX373_BO1,204,203,200_.jpgPlancheA_308011.jpgAuteur : Oscar Martin

Éditeur : Delcourt

128 pages

Genre : Survival Animalier

Sortie : le 18 octobre 2017

 

 

Avis de l'éditeur :

 

Revenant d'une chasse peu fructueuse, Solo rentre dans son camp pour découvrir que Lyra a été enlevée par les humains. N'écoutant que son courage, le héros va alors s'embarquer dans une course désespérée et suicidaire pour sauver celle qu'il aime. En chemin, il affrontera de nombreux adversaires mais se découvrira également un précieux allié, un disciple...

Mon avis :

Vous aimez les personnages torturés, à qui ils arrivent mille et une contrariétés? Vous aimez les héros animaliers, genre des "Toons" qui bondissent et tournent à cent à l'heure? Vous aimez les scénarios post-apocalyptiques, où règnent le chaos et le désordre? Alors la trilogie Solo est faite pour votre plus grand plaisir!

Ici, vous rencontrerez des héros animaliers torturés dans un monde à la Mad Max, autant vous l'annoncez d'entrée de jeu, on adore ou on passe à autre chose. Après quelques pages seulement, le ton est donné, et on se retrouve collé à un aimant, ou non.

Bref, pour les amateurs du genre, vous allez vous régaler, autant par la richesse scénaristique que par l'envoutement des couleurs présentes. La qualité graphique n'est pas en reste, avec de longs panoramas de déserts arides, et des plans rapprochés, montrant les gueules patibulaires franchement réussies.

Son auteur Oscar Martin a travaillé sur le célèbre dessin animé Tom & Jerry ainsi que pour le journal de Mickey. On comprend dés lors son attrait pour des protagonistes animaliers. Sauf que pour le coup, Solo s'adresse à un public plus mature, par son contenu plus ravageur. Boyaux et tripes sont nettement mis en valeur, biceps et adrénaline font des dégâts à quasi chaque page. La trame de ce troisième opus montre le héros Solo, en quête de lui même, tentant de libérer sa compagne, prise par des humains.

Une pépite dans son style, car au-delà de la baston, l'auteur nous mène vers une introspection de son héros, sur le sens de l'existence.

 

soloT3-2.jpg

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

solo,oscar martin,delcourt,910,survival,102017

 

solo,oscar martin,delcourt,910,survival,102017

 

solo,oscar martin,delcourt,910,survival,102017

Coq de Combat

04/01/2018

Serum

serum.jpgserum_pl.jpgScénario : Cyril Pedrosa
Dessin : Nicolas Gaignard
Éditeur : Delcourt
150 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Paris, 2050. Depuis les purges qui ont suivi le changement de régime, les tensions sont loin d’être apaisées. Une organisation clandestine semble préparer une action spectaculaire. Reclus dans son minuscule appartement, Kader vit seul. Il ne parle à personne. Une injection de « Sérum », un produit psychoactif, l’empêche de mentir. Qu’il le veuille ou non, il ne peut dire que la vérité. Rien que la vérité. Toute la vérité. Cette malédiction fait de sa vie un enfer.

 

"- Madame la Présidente, est-ce que vous dites la vérité aux Français ?

- Non, bien sûr que non."

 

Mon avis

Voilà bien un livre à ne pas mettre entre les mains de nos dirigeants. Ca pourrait leur donner des idées ! Qu'il soit démocratique, autoritaire, ou dictatorial, c'est le voeux, secret ou avoué, de tout Etat que de vouloir tout contrôler. C'est ce qu'imagine ici Cyril Pedrosa, dans ce récit d'anticipation politique où le contrôle étatique s'immisce jusque dans l'esprit des gens grâce à un puissant sérum de vérité. C'est le programme "Vérité-Sécurité", dont le but est de faire ingérer une potion de vérité à tous les citoyens justiciables en le diluant à l'eau potable. Le truc est vraiment terrible puisqu'il interdit toute forme de mensonge aussi bénin soit-il. Finis les prétextes bidons pour éviter d'aller boire un verre avec ses collègues ! Terminées, les petites cachotteries faites à sa hiérarchie ou pire, aux flics. On suit alors Kader, personnage taciturne, solitaire à la mine triste et qui semble soumis à ce pouvoir omnipotent. Il finira pourtant par s'affranchir de ce contrôle et par rejoindre une forme de rébellion qui mettra un terme d'une façon radicale à ce programme.

Tout est gris, terne et manque d'envergure dans ce récit. Les personnages, la société imaginée par Pedrosa, le pouvoir en place, mais aussi la rébellion qui manque d'éclat. C'est dommage, parce qu'il y a une bonne idée de départ mais on a l'impression que l'histoire ne décolle pas et que cette bonne idée n'est pas exploitée à fond. Le récit se déroule pourtant sur 150 pages, qui se lisent très vite tant les silences sont nombreux. Au vu de la thématique, j'attendais un récit beaucoup plus percutant et remuant.

La lecture arrive quand même à nous arracher quelques frissons et quelques pistes de réflexions, notamment quand le pouvoir en place devient victime de sa propre folie. On se plaint souvent des mensonges de nos dirigeants, mais qu'adviendrait-il s'ils ne pouvaient nous dire que la vérité ? Pourraient-ils réellement rester en place ? Pas sûr !

Nicolas Gaignard dont c'est le premier album s'en sort honorablement, dans un registre semi-réaliste au trait tendu et assez anguleux renforçant l'atmosphère pesante du récit.

Sérum se pose en récit d'anticipation intrigant auquel il manque cependant une petite étincelle pour le rendre captivant.

Loubrun

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

a05-3e788c9.png

 

sérum, pedrosa, gaignard, delcourt, anticipation, politique fiction, dictature, vérité, autoritarisme, 10/2017,

 

a05-3e788c9.png

 

21/12/2017

Intégrale Caroline Baldwin T3 & T4

sans-titre.png41NL22rtYlL__SX371_BO1,204,203,200_.jpg71HmsMZYfwL.jpgAuteur : André Taymans

Éditeur : Paquet

208 pages / Intégrale

Policier

Sortie 25 septembre et 27 octobre 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

Depuis sa première apparition en 1996 dans les pages du magazine (A suivre), Caroline Baldwin a parcouru un sacré bout de chemin. Avec déjà 16 albums traduits dans plusieurs langues dont l'allemand, l'italien, l'espagnol ou le portugais, les aventures trépidantes de la belle enquêtrice imaginée par André Taymans sont aujourd'hui devenues un classique du genre. Dans ce troisième volume, après l'annonce de sa séropositivité, Caroline réapprend à vivre au rythme des thérapies expérimentales qui parfois peuvent s'avérer... mortelles !

 

Mon avis :

 

Intégrale 3 :

En fin de l'année 2001, André et son épouse font un périple au Népal, une expédition en solitaires, seulement accompagnés d'un guide et d'un porteur. Un voyage hardi car le conflit opposant les troupes royalistes et les guérillas maoïstes font rage. Mais leur guide ne semble pas rassuré, c'est une première pour lui de s'aventurer dans le "Gamesh Himal". Finalement, des ennemis atteignent le village où André se trouve et ni le porteur ni le guide ne comprennent le dialecte de ces gens. Fort heureusement, André parvient à calmer la situation en donnant au chef un peu d'argent. André est convié par le chef ennemi de se rendre dans une petite maison où il recevra un reçu "Social service from Gutland", portant le numéro 001. Ils partent libres, mais apprennent qu'en fin fin novembre, de nombreux massacres ont lieu, du coup, ils décident de quitter Katmandou pour rejoindre Bruxelles.

 

Taymans aime surprendre son lecteur. Dans le 9ème tome de Caroline, il insert le thème des ovnis de Roswell. Il associe cela avec le contexte des montagnes népalaises. Il relance une autre héroïne, Roxanne, la blonde qui devient "la guest star" de rendez-vous à Katmandou. Avec son nouveau label, l'album inaugure la collection Polar Ligne rouge chez Casterman.

Taymans retourne ensuite au Québec lors d'une tournée de promotion avec Albert Weinberg, Jean-Pierre Talbot et Jean Roba, il profite une fois encore d'animer la Belle Provence au centre des récits. L’héroïne Hélène, dans la série Bleu Lézard chez Glénat croise le chemin de Caroline un bref instant, à la demande de Benoît Roels. L'album est une belle réussite, riche en émotions.

Au Québec, Taymans peut compter sur un réseau d'amis impressionnant. Des auteurs, des libraires, des journalistes ainsi qu'un agent des services secrets qui va l'inspirer pour sa future histoire. Un scénario qui traite des révoltes indiennes. Notons qu'un incident de parcours apparaît lors de la fin de son album "Maison D’État" et la suite de ce diptyque "Le roi du nord" : la vue d'André baisse considérablement.

Sa santé finit par s'améliorer et il travaille avec cet agent spécial, notamment en s'entourant d'agents de la répression des fraudes. Quelques mois après la sortie de son album, il est invité au Liban pour la promotion de sa série. On y relate sa forte amitié avec Albert Weinberg. Les deux hommes ont créé un héros canadien, fortement influencés par Blake et Mortimer. Ils adorent développer le côté humain chez leurs personnages.

Intégrale 4 :

 En 2006, Taymans entreprend un album de Lefranc, donnant lieu à une véritable consécration. Le titre avoisine les 100000 exemplaires, dépassant le dernier Alix. Une première chez Casterman! Du coup, il délaisse temporairement Caroline, e se lance dans un second titre de Lefranc : Après Le Maitre de l'atome, voici Londres en péril.

Après le roi du nord, Taymans se rend chez un spécialiste de la vue et devra porter des lunettes. Son 13ème titre (la nuit du grand marcheur) sera pour lui un véritable supplice. Mais sa vue finira par se stabiliser.  Par contre, dû au succès de Lefranc, Caroline est reléguée au second plan. Le succès de Lefranc a brulé les ailes de Caroline Baldwin!

Avec les jeux olympiques en Chine, et son nouvel album Free Tibet, il tente de relancer son héroïne fétiche, notamment avec des séance de dédicaces et une version limitée de ce titre à 1000 exemplaires (crayonné + cd)

L'ombre de la chouette sort en 2011 mais les fans de la 1ère heure sont déçus par le changement radical (format et modifications éditoriales) Une adaptation d'Angel Rock devait paraitre au grand écran, mais le projet s'enlise, sans résultat. Avec son titre la conjuration de Bohème, cela indique la fin d'une époque de plus de 15 ans avec le même éditeur.

Ils ne fonctionnent plus du tout en cohérence. Mais André se relève et se souvient d'une phrase de Jacques Martin : Les éditeurs passent, les auteurs restent.

Il fait ensuite la connaissance de Jean-Pierre Bertin, directeur d'Universal Pictures en Belgique. Ils tente de transporter Caroline à l'écran. Il écrit deux synopsis : Half Blood et Narco Tango. Mais de nouveau le projet part complètement à la dérive...

Taymans essaye d'encaisser le coup et retourne au Népal pour méditer. Il faut patienter jusqu’à cette année 2017 où il trouvera un compromis et obtiendra les droits complets de sa série Caroline. Il travaille désormais avec Paquet et se lance sur deux récits précédemment écrits pour le cinéma (Narco Tango et Half Blood)

Voici le renouveau de Caroline !

71svtCb5AqL.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

caroline baldwin,taymans,paquet,810,102017

Coq de Combat

 

 

19/12/2017

L'esprit de Lewis - acte 1

l'esprit de lewis, santini, richerand, hubert, soleil, métamorphose, fantastique, fantasmagorique, fantôme, revenant, 10/2017,08/10l'esprit de lewis, santini, richerand, hubert, soleil, métamorphose, fantastique, fantasmagorique, fantôme, revenant, 10/2017,08/10Scénario : Bertrand Santini
Dessin : Lionel Richerand
Éditeur : Soleil - Métamorphose
72 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : fantastique, fantasmagorie

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Lewis Pharamond est un jeune écrivain en plein deuil. Bouleversé par la mort récente de sa mère, il traverse l’Angleterre pour s’installer à Childwickbury, le

 manoir de son enfance où il espère pouvoir écrire son premier roman d’inspiration gothique.
Mais hanté par le chagrin, il n’arrive pas à écrire une ligne...

Bientôt, des phénomènes étranges se produisent... et une nuit, la responsable de ces événements apparaît. Elle se nomme Sarah, fantôme d’une Française à la beauté remarquable. Au fil des jours, Lewis et Sarah apprennent à se connaître, et en échange d’une promesse d’amour éternel, le fantôme offre au jeune homme le don de l’écriture.

Un acte qui ne sera pas sans conséquences pour Lewis...

 

 "Tous les beaux souvenirs qui hantent cette maison... ne vont-ils pas aggraver votre peine ?"

 

Mon avis

Quand les thèmes de l'inspiration littéraire et de la muse rencontrent celui du spiritisme dans une Angleterre Victorienne, cela donne une œuvre forte et chargée d'émotions, aux relents à la fois gothiques et romantiques très marqués. Le décorum est planté d'entrée avec un de ces manoirs Britanniques digne des plus belles histoires de fantômes et qui se pose en personnage à part entière. Un manoir sombre, immense, isolé du monde, pas totalement abandonné mais presque, rempli d'animaux empaillés et de vieux livres à reliures de cuir, aux murs recouverts de tableaux de portraits de famille.... Tout ceci associé à la solitude, c'est pile poil l'ambiance que recherche le jeune Lewis pour trouver l'inspiration. Il la trouvera finalement en la présence du fantôme d'une belle jeune femme dont il sera vite épris. S'ensuit alors une drôle de relation où l'écrivain en herbe tente d'identifier la nature de ce fantôme. Est-ce un revenant, un ectoplasme, une apparition, une âme en peine ou un poltergeist ?

l'esprit de lewis,santini,richerand,hubert,soleil,métamorphose,fantastique,fantasmagorique,fantôme,revenant,102017,0810

Bien que le décorum soit froid et peu avenant, on suit cette enquête avec amusement et un attachement grandissant aux personnages pourtant empreints d'un romantisme bien morbide. Mais cette légèreté va tourner court dans le dernier tiers du livre. Le ton change, et l'on voit brusquement basculer l'histoire dans le drame. Les nombreuses questions soulevées dans ce premier acte trouveront alors leur réponse dans une deuxième partie à venir où l'intensité dramatique, voire horrifique, s'annonce d'ores et déjà des plus captivante.

Le scénario très fluide animé par des dialogues exquis est parfaitement servi par un dessin flamboyant et une mise en couleur très subtile. Lionel Richerand voit son trait magnifié par la mise en couleur d'Hubert. Ils réussissent à eux deux à créer les ambiances parfaites entre froideur du décorum et impression de chaleur dans la relation entre les personnages.

Voilà une belle surprise pour cette fin d'année, qui vient enrichir la très belle collection Métamorphose des éditions Soleil.

 

Loubrun

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

l'esprit de lewis,santini,richerand,hubert,soleil,métamorphose,fantastique,fantasmagorique,fantôme,revenant,102017,0810

 

l'esprit de lewis,santini,richerand,hubert,soleil,métamorphose,fantastique,fantasmagorique,fantôme,revenant,102017,0810

 

l'esprit de lewis,santini,richerand,hubert,soleil,métamorphose,fantastique,fantasmagorique,fantôme,revenant,102017,0810

 

Du même dessinateur

l'esprit de lewis,santini,richerand,hubert,soleil,métamorphose,fantastique,fantasmagorique,fantôme,revenant,102017,0810

Buck Danny - Les oiseaux noirs tome 2/2

buck danny, le bras, buendia, zumbiehl, dupuis, bergèse, charlier, aviation, espionnage, u2, blackbirds, urss, guerre froide,10/2017, 6/10buck danny, le bras, buendia, zumbiehl, dupuis, bergèse, charlier, aviation, espionnage, u2, blackbirds, urss, guerre froide,10/2017, 6/10Scénario : Frédéric Zumbiehl ; Patrice Buendia
Dessin : André Le Bras
Éditeur : Dupuis
48 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : aventure, aviation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Suite à l'échec de la première mission de Buck, Tumb et Sonny, racontée dans le tome précédent, l'état-major décide d'en lancer une deuxième, avec cette fois, Tumbler aux commandes d'un Blackbird spécialement équipé. Sauf que les Soviétiques ont été prévenus et abattent l'appareil de Tumb. Pour Buck et ses amis, c'est un coup de tonnerre. D'autant plus qu'ils reçoivent une information ahurissante : les Russes ont un système de combat spatial dorénavant parfaitement opérationnel et s'apprêtent à détruire tous les satellites militaires américains. Buck imagine alors un plan d'une audace incroyable, basé sur le jeu d'échecs, afin de contrer la menace soviétique...

 

Mon avis

Dans la famille Buck Danny je voudrais le "one shot". Ou le "hors série" (sur le site de Dupuis c'est classé en hors-série et sur la 4ème couv c'est répertorié en Série One-shot...). Bref, après la série "Classic" démarrée en 2014 avec des aventures inédites se déroulant dans des contextes historiques marquant comme la seconde guerre mondiale, la guerre de Corée ou la guerre froide, Dupuis lance cette nouvelle franchise nommée "One-shot". C'est un peu l'occasion qui fait le larron, puisque Dupuis profite des 70 ans de la série pour faire ce coup éditorial. Car c'en est un.

En effet, voici un album sorti d'outre tombe puisqu'il s'agit d'un scénario écrit en 1988 par Jean-Michel Charlier et inachevé. Les oiseaux noirs devait être le 45ème album de la série, mais Charlier n'a eu le temps d'écrire que la première partie du premier tome. Dupuis a voulu célébrer les 70 ans du pilote en proposant une suite à cette histoire se déroulant en pleine guerre froide où l'on voit les trois compères aux commandes des célèbres avions espions U2 et Blackbird.

C'est Patrice Buendia (scénariste sur Tanguy et Laverdure Classic) et Frédéric Zumbiehl (scénariste sur Buck Danny et Buck Danny Classic) qui ont eu la responsabilité d'imaginer cette suite, avec André Le Bras au dessin pour le tome 2.

Il n'y a pas grand chose à dire sur cette histoire très classique et parfaitement dans le moule de la série mère, si ce n'est que c'est du solide au niveau scénario et au niveau graphique, même si les puristes préfèreront sans doute le trait plus dynamique de Bergèse qui avait commencé à l'époque le tome 1 et l'a terminé pour sa sortie au début de cette année.

C'est une bonne BD d'aventure sans surprise, faite "à la façon de" pour coller au style de Charlier, qui devrait séduire les amateurs.

 

Loubrun

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

buck danny, le bras, buendia, zumbiehl, dupuis, bergèse, charlier, aviation, espionnage, u2, blackbirds, urss, guerre froide,10/2017, 6/10

 

buck danny, le bras, buendia, zumbiehl, dupuis, bergèse, charlier, aviation, espionnage, u2, blackbirds, urss, guerre froide,10/2017, 6/10

 

buck danny, le bras, buendia, zumbiehl, dupuis, bergèse, charlier, aviation, espionnage, u2, blackbirds, urss, guerre froide,10/2017, 6/10

 

15/12/2017

Millenium T 2/3 : Les nouveaux Spartiates

51b454gmSeL__SX371_BO1,204,203,200_.jpgPlancheA_312268.jpgScénariste : Sylvain Runberg

Dessinateur : Belen Ortega

Éditeur : Dupuis

60 pages

Sortie : le 27 octobre 2017

Genre : Polar

 

Avis de l'éditeur :

 

Livrée à elle-même après les enlèvements ayant touché les membres de son groupe de hackeurs, Lisbeth Salander se lance sur les traces des responsables, un obscur groupuscule aux méthodes radicales nommé "Sparta". Cependant, elle n'est pas seule : Mickael Blomkvist, journaliste controversé de "Millénium", est déterminé à lui venir en aide en échange d'informations sur un candidat électoral aux dangereuses influences. Alors que les deux domaines semblent ne rien partager (entre l'espionnage et le piratage numériques d'un côté, l'extrémisme politique de l'autre), le duo de choc prendra bien vite conscience des liens qui unissent leurs affaires respectives... Jusqu'à révéler de sombres machinations.

 

Mon avis :

 

"Plague", l'un des meilleurs hackers mondiaux se fait kidnapper par un groupe extrémiste. Ils tentent de l'utiliser pour leurs basses besognes.  L’enquête de Lisbeth la mène en terrain miné, chemin qui s'enlise toujours plus en profondeur. Elle découvre qu'un certain "Mark Borrow", soit-disant coach en séduction moderne, utilise des messages de propagande, au travers des réseaux du monde entier. Bien loin de prôner le désir des femmes, il exprime ses idées antiféministes , devenu pour lui une réelle obsession.

Quand au post-it repris dans ce bouquin, il s'agit d'un célèbre hacker qui s'est mis en étroite collaboration avec Plague, sous le pseudo "Télècle", roi grec qui a dirigé la cité spartiate durant l'antiquité. Malheureusement, Lisbeth et le journaliste "Mikael Blonkvist" sont accusés à tord et tentent de démanteler le groupe d'assassins.

 

Graphiquement, on n'est vraiment pas gâté par le travail d'Ortega! Franchement, cela ne fait pas du tout rêver, non seulement la colorisation dégage de manière omniprésente un étalage de nuances exagérée, qui, certes, permet à la qualité graphique d'émerger, de donner du relief...mais malheureusement, la touche graphique explose dans le mauvais sens, ce qui double les dégâts!

Néanmoins, quelques planches plus ordonnées remontent nettement le niveau global : la poursuite à moto dans la pénombre, ainsi que pour la majorité des plans où l’héroïne Lisbeth est mise en valeur, sans oublier quelques décors qui se respectent.  Sinon, le reste du temps, c'est de mauvais goût ou plutôt fade. Les planches 30 et 31 sont particulièrement grotesques, où chaque plan où l'on voit Erika, une protagoniste secondaire du récit, tirer des tronches inacceptables.

On se retrouve avec un scénario plaisant qui intercale des faits de société tels que le "Brexit" ou l'élection de "Donald Trump" avec une intrigue policière comme les scandinaves savent si bien les créer.

 

millenium saga,ortega,runberg,dupuis,610,polar,102017

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

millenium saga,ortega,runberg,dupuis,610,polar,102017

 

millenium saga,ortega,runberg,dupuis,610,polar,102017

 

millenium saga,ortega,runberg,dupuis,610,polar,102017

Coq de Combat

Écrit par capitolbelgium dans Chroniques de Coq de combat. | Commentaires (0) | Tags : ortega, runberg, dupuis, 610, polar, 102017, millenium |  Facebook | |

30/11/2017

Litteul Kevin - Intégrale ultime édition - volume 1

litteul kenvin,coyotte,fluide glacial,humour,moto,harley davidson,intégrale,810,102017litteul kenvin,coyotte,fluide glacial,humour,moto,harley davidson,intégrale,810,102017Scénario : Coyotte
Dessin : Coyotte
Éditeur : Fluide Glacial
208 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : humour

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Qui ne connait pas Litteul Kevin, le petit garçon à la Harley Davidson, personnage fétiche de Coyotte ? Apparu en 1993 dans les pages de Fluide Glacial, Litteul Kevin est un jenu biker drôle et espiègle, très rock'n roll qui chevauche une Harley à sa taille. Il n'a pas vraiment d'âge si ce n'est celui de taquiner ses parents, Chacal et Sophie, membres d'un club de motards.

 

Mon avis

Ah ! Ce brave et sympathique Litteul Kevin ! C'est toujours une joie de le retrouver entouré de sa mère au physique de pin-up et de son père à la mauvaise foi assumée. Cette intégrale regroupe les 4 premiers tomes de la série (qui en compte 10) dans une version colorisée. Cette mise en couleur séduira sans doute de nouveaux lecteurs, mais pour ma part j'ai un faible pour les versions originales en noir et blanc où le trait souple et énergique de Coyote était bien mis en valeur. Je trouve ici que les couleurs sont un peu ternes et mangent le dessin.

Il n'empêche, les gags font toujours autant sourire et on reste toujours attaché à cette famille hors normes et à ce petit mec qui roule en Harley au lieu de rouler en skate et partage les mêmes passions que son père.

Le petit plus sur cette intégrale, mis a part la couleur (qui pour moi est un moins), c'est la petite dizaine de pages de bonus à la fin. J'en aurai aimé un peu plus, mais c'est mieux que rien. Ceux qui découvrent Coyote avec cette intégrale apprendront pas mal de choses intéressantes sur son parcours et ses passions que furent la moto et la BD dans une interview réalisée en février 2015. On y retrouve aussi deux histoires inédites réalisées pour un hors série de Fluide Glacial "spécial moto" et le hors série spécial 20 ans de Fluide Glacial.

Coyote, ce motard au grand cœur et dessinateur hors pair influencé par Uderzo et Gotlib, est parti bien trop tôt. En août 2015 il laisse le petit Kevin orphelin, mais son œuvre reste intacte et pourrait bien traverser le temps sans prendre trop de rides. Et puis, Coyote est toujours un peu là, tellement il a mis de lui dans ses personnages.

Loubrun

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

litteul kevin,coyotte,fluide glacial,humour,moto,harley davidson,intégrale,810,102017

 

litteul kevin,coyotte,fluide glacial,humour,moto,harley davidson,intégrale,810,102017 

 

litteul kevin,coyotte,fluide glacial,humour,moto,harley davidson,intégrale,810,102017

28/11/2017

Weavers

weavers, spurrier, burnett, ankama, mafia, gangs, fantastique, supers pouvoirs, 10/2017, 7/10weavers, spurrier, burnett, ankama, mafia, gangs, fantastique, supers pouvoirs, 10/2017, 7/10Scénario : Simon Spurrier
Dessin : Dylan Burnett
Éditeur : Ankama
158 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : polar, fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Seul survivant d’une attaque à la bombe, Sid Thyme intègre malgré lui les Weavers, une famille du crime organisé de la côte Est. Ses membres ne doivent leur loyauté qu’à des araignées vivant en eux, leur conférant des pouvoirs puissants et extraordinaires. Contre la volonté du groupe, Sid décide de mettre à profit ses nouvelles aptitudes pour lever le voile sur la mystérieuse bombe qui a tué son oncle. Mais il n’a pas beaucoup de temps : plus l’araignée grandit en lui, plus la dangereuse toile des Weavers se referme sur Sid…

 

"Chez les weavers, la loyauté est la seule récompense"

 

Mon avis

Weavers est un comics qui sort vraiment du lot. Simon Spurrier réussi à faire un récit d'une banalité affligeante et en même temps très atypique. Jugez un peu : une histoire de groupes mafieux qui se tirent la bourre pour contrôler le crime, un pauvre type qui se trouve mêlé malgré lui à l'un des groupes, un meurtre perpétré sur la femme d'un caïd, une enquête pour savoir qui a fait le coup et lui régler son compte. S'il n'y avait que ça, l'histoire n'aurait pas grand intérêt et aurait un bon relent de déjà vu.

Mais là, il y a un petit truc en plus. Les membres du gang ont tous un pouvoir particulier, surpuissant et dévastateur, qui leur est conféré par une étrange araignée qui prend le contrôle de leur esprit et de leur corps. Ces araignées font le lien entre les différents individus du clan, forçant ceux-ci à une solidarité obligatoire et bridant les initiatives individuelles, comme si tous ne faisaient qu'un. C'est presque la matérialisation physique du système mafieux où tout tourne autour d'un chef unique, à ceci près qu'ici, la moindre tentative de trahison est vite décelée sur la toile.

Les pouvoirs dont bénéficient les membres du gang sont étranges et ne donnent pas vraiment envie d'y être confronté ! Ainsi, Sid peut faire sortir de sa main des tentacules et des bouches monstrueuses pour terrasser ses ennemis. Effets visuels garantis !

Serait-ce là la monstruosité de l'âme de ces criminels incarnée dans un pouvoir monstrueux au sens propre comme au sens figuré ?

Simon Spurrier mêle dans son récit plusieurs thématiques et plusieurs genres. Entre polar, récit fantastique et récit d'horreur il y est question d'addiction (la drogue est présente à plusieurs niveaux de lectures), de pouvoir, d'influence, d'asservissement.

Sans véritablement surprendre, le récit prend le lecteur aux tripes en le plongeant dans des ambiances de plus en plus violentes et glauques dessinées par Dylan Burnett. Son trait moderne, rugueux, vif et très anguleux pourrait en dérouter plus d'un. Mais il est très efficace pour ce genre de récit et reste très expressif et lisible.

Weavers devrait plaire aux amateurs de la littérature Lovecaftienne, de drame mafieux et de bon polar bien ciselés.

 

Loubrun

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

weavers, spurrier, burnett, ankama, mafia, gangs, fantastique, supers pouvoirs, 10/2017, 7/10

 

weavers, spurrier, burnett, ankama, mafia, gangs, fantastique, supers pouvoirs, 10/2017, 7/10

 

weavers, spurrier, burnett, ankama, mafia, gangs, fantastique, supers pouvoirs, 10/2017, 7/10

 

25/11/2017

Dans l'antre de la pénitence

Couv_312628.jpgPlancheA_312628.jpgScénariste : Peter J.Tomasi

Dessinateur : Ian Bertram

Coloriste : Dave Stewart

Éditeur : Glénat Comics - 192 pages

Genre :Western - Drame

Sortie : le 25 octobre 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels...

 

Mon avis :

Vous tenez en vos mains un titre susceptible de se classer parmi les meilleurs albums de cette année 2017. Dans l'antre de la pénitence vous plonge vers les tréfonds de l'âme, de manière subtile et sans retour possible. Ici, tout se résume à la folie, forme de voyage psychédélique, se déroulant essentiellement en huis-clos. Toutefois sachez que les premières pages, voire le premier chapitre, risquent fort d'en décevoir plus d'un...laissez donc sa chance à ce titre qui se veut progressif, pour atteindre un point culminant, pour lequel bien des auteurs devraient s'inspirer.

Deux personnages se rencontrent, chacun au passé douloureux. D'une part, Warren Peck, forme de mercenaire pour l'état qui compte à son actif des dizaines de victimes hommes - femmes et enfants. Il tente néanmoins de trouver refuge pour se remettre d'une sale blessure, suite avec un  duel avec un indien. D'autre part, une femme aussi originale que troublante, qui se nomme Sarah Winchester, figure centrale de ce récit, est l'une des filles du richissime vendeur d'armes, portant le nom célèbre. Bien qu'ayant une fortune colossale, elle ne peut que verser des torrents de larmes sur son sort : une petite fille morte de maladie et son pauvre mari quelques mois plus tard dans des circonstances bouleversantes. Cette veuve vit avec l'espoir de conjurer les mauvais sorts : son défunt mari, certes homme protecteur et richissime gagnait son pain par le sang. Le sang appelle le sang, et Miss Winchester décide non seulement de rénover son château fort dans lequel elle vit, mais est bien décidée à y mettre le prix fort.

La chambre de ses défunts est pour elle symbolique. Elle leur parle de vive voix, perd la raison, obligeant ses ouvriers de construire des couloirs ne menant nulle part, et des portes face aux murs. Les ouvriers, sans trop se poser de questions obéissent, ils sont logés, nourris et travaillent à coup de marteau qui résonnent en permanence.

Le bruit sec de ces outils de travail reflète l'ambiance glauque de cet ouvrage. 24 heures sur 24, des relèves viennent remplacer les équipes en place pour travailler en ces lieux. Les ouvriers, pour la plupart ont de sacrés antécédents - criminels - voleurs - violeurs, qu'importe, la dame qui les engage ne prête qu'une seule considération : s'atteler à leur tâche, et abandonner à l'instant de leur entrée en ces lieux toutes armes à feu. Miss Winchester se sent responsable des armes utilisées par sa famille, de la richesse acquise, et trouve un nouvel itinéraire dans sa réalité, réalité que n'accepte pas sa sœur, qui tente de l'amadouer...en vain.

Peter Tomasi livre avec "Dans l'antre de la pénitence, une offrande pour nous spectateurs, qui une fois pris au piège de cette lecture carnivore, s’illustre de manière brillante. Le scénariste revient sur une période de la vie de son héroïne, ou celle-ci perd complètement le sens des réalités. Avouons-le, c'est du très grand travail d'auteur même si à plus d'un moment, on perd pied, sans trop comprendre le sens précis requis...force est de constater que le lecteur retrouve son sens d'équilibre et continue la partie dans un dédale parapsychologique, style Hunter S Thompson.

Graphiquement, c'est peut-être là ou le bas blesse le plus. Ina Bertram se cherche, et crée un style proche d'auteurs de la gamme de poissons pilotes. Déstructuré, anarchique, envoutant également, on a l'impression que les protagonistes ont été propulsé d'une balançoire et atterrissent des kilomètres plus en avant. Et que dire de ce sang qui se répand de page en page : chimères de l'esprit torturé, visions d'esprit qui hantent les occupants, ou tout simplement réalité d'un passé tragique. A vous de voir! Quoi qu'il en soit, voici une BD dont des génies comme Fritz Lang, de son vivant ou Jodorowsky pourraient se réjouir.

 

1_egbw-OPI6UClaAyD3gcDyA.jpg

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

dans l'antre de la pénitence,tomasi,bertram,glénat comics,western drame,910,102017

 

dans l'antre de la pénitence,tomasi,bertram,glénat comics,western drame,910,102017

 

dans l'antre de la pénitence,tomasi,bertram,glénat comics,western drame,910,102017

Coq de Combat

 

24/11/2017

Maria et Salazar

maria et salazar, robin wlater, des ronds dans l'o, roman graphique, immigration, portugal, portugais, dictature, salazar, années 60, 10/2017,8/10maria et salazar, robin wlater, des ronds dans l'o, roman graphique, immigration, portugal, portugais, dictature, salazar, années 60, 10/2017,8/10Scénario : Robin Walter
Dessin : Robin Walter
Éditeur : Des ronds dans l'O
130 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : Histoire, roman graphique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Alors que les parents de Robin Walter revendent leur maison familiale de Champigny-sur-Marne, vient le moment pour tous de dire au revoir à Maria, leur femme de ménage et bien plus depuis plus de trente ans. Que va-t-elle faire, elle qui est venue du Portugal avec son mari comme des milliers de ses compatriotes, quelques décennies auparavant, fuyant ainsi la dictature de Salazar ?
Au travers de leurs souvenirs, le récit dépeint ce que fut la plus longue dictature de l'histoire moderne de l'Europe occidentale et l'immigration portugaise de masse qui en a découlé.

 

"On pouvait laisser sa voiture ouverte, laisser ses vélos, on ne risquait pas de se faire voler. Aujourd'hui, ça ne ferait pas de mal qu'il revienne... pour ça c'était bien.

Par contre, on n'avait aucune liberté"

 

Mon avis

Sur 130 pages de beaux lavis tout en nuances de gris, Robin Walter nous offre un beau et touchant roman graphique dans lequel il nous raconte, à travers son histoire familiale, l'immigration portugaise en France, liée directement à l'Histoire du Portugal et la dictature sous le régime de l'Estado Novo de Salazar, qui dura de 1933 à 1974.

En mettant en lumière son histoire familiale, Robin Walter rend hommage à ces centaines de milliers de Portugais qui sont arrivés en France dans les années 60 en quête d'une vie meilleure. En effet, le régime autoritaire de Salazar a plongé la plupart des portugais dans une misère économique poussant nombre d'entre eux à fuir leur pays. La dictature de Salazar, moins connue que celles des fascistes et des nazis, a traversé les décennies en se faisant discrète et s'est faite oublier durant la seconde guerre mondiale en se mettant sous le drapeau de la neutralité. Cette politique lui a fait rater le train de la modernité et a placé le pays à la traine de ses voisins européens.

maria et salazar,robin wlater,des ronds dans l'o,roman graphique,immigration,portugal,portugais,dictature,salazar,années 60,102017,810

La vie de Maria et de son époux ressemble sans doute beaucoup à celle de ses compatriotes immigrés : des débuts très difficiles dans un pays ou l'on ne connait rien et où l'étranger est regardé de travers, et une volonté farouche de s'intégrer au plus vite dans la discrétion. Le meilleur moyen, c'est le travail, qui ne manque pas à l'époque : Les femmes font des ménages, les hommes sont dans le BTP et personne ne rechigne à la tâche.

Cette histoire familiale somme toute assez banale, Robin Walter la rend passionnante, émouvante et très instructive. D'abord parce que l'on se projette facilement dans le récit de cette famille unie aux souvenirs heureux autour de Maria, et ensuite parce que la trame historique de la vie de Maria est racontée de manière très factuelle, avec simplicité et beaucoup d'humanité. En complément des témoignages de Maria, Robin Walter s'est fait rat de bibliothèque pour se documenter sur cette période historique que l'on ne connait pas en France. Il arrive alors à mêler naturellement la petite et la grande histoire, et à montrer que la seconde n'est rien sans la première.

Robin Walter nous offre là un beau récit biographique, autobiographique et historique qui permet d'avoir un autre regard sur l'histoire du Portugal, l'histoire de France et l'histoire de l'immigration. A découvrir.

Loubrun

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

maria et salazar,robin wlater,des ronds dans l'o,roman graphique,immigration,portugal,portugais,dictature,salazar,années 60,102017,810

 

maria et salazar,robin wlater,des ronds dans l'o,roman graphique,immigration,portugal,portugais,dictature,salazar,années 60,102017,810

 

maria et salazar,robin wlater,des ronds dans l'o,roman graphique,immigration,portugal,portugais,dictature,salazar,années 60,102017,810