18/04/2016

Les poilus - tome 1 - frisent le burn out

les poilus, bouzard, fluide glacial, humour, guerre, 14-18, 6.5/10, 02/2016les poilus, bouzard, fluide glacial, humour, guerre, 14-18, 6.5/10, 02/2016Auteur : Bouzard

Éditeur : Fluide Glacial

48 pages

date de sortie : février 2016

genre : humour

 

 

 

 

Début août 1914, c'est la mobilisation générale et la plupart des hommes du village de Pierre Fardin ont hâte de botter les fesses des fridolins. Seul Pierre semble lucide sur les évènements qui se préparent et ne trépigne pas d'impatience d'aller au feu. Il ira finalement comme tout le monde, pour creuser les tranchées, tirer sur les boches, obéir aux ordres absurdes, vivre les pieds dans la merde, et écrire de temps en temps à sa chérie, Suzanne. Il sera, comme tous ses compagnons d'infortune témoin et acteur de cette vie délirante qui s'est organisée dans ces conduits boueux durant 4 années et où l'impensable est possible.

 

"- qu'est-ce que c'est que ça ?!!!

- c'est un Mexicain mon lieutenant !

- Mais je vois bien que c'est un Mexicain !!! Mais qu'est-ce que fout un Mexicain dans nos tranchées ?!!!

- Bah on sait pas trop ... Les Frisés l'ont ramené en même temps que nos cinq gars ... ils ont dû croire qu'il était à nous ... "

 

Bouzard commémore le centenaire de Verdun à sa manière, par le petit bout de la lorgnette. En une dizaine d'histoires courtes aux dialogues croustillants à souhait, il raconte avec un humour déconcertant le quotidien ordinaire des soldats embarqués dans la boucherie de 14-18. L'humour caricatural n'est ni moqueur ni irrévérencieux, il est parfois grinçant parce qu'il évoque des situations émouvantes, parfois cynique, parfois absurde, souvent simpliste, mais toujours drôle et touchant comme cette lettre maladroitement terminée par les collègues d'un soldat tué en l'écrivant.

On ne rit jamais aux éclats, mais on rit souvent à tous ces bons gags quels qu'ils soient. On rit avec respect pour les poilus qui eux n'ont sûrement pas rigolé tous les jours, à l'instar de Pierre Fardin dont les lettres qu'il écrit à Suzanne servent de fil rouge à l'album et nous empêchent définitivement de nous éloigner de cette affreuse réalité que fut la guerre de 14-18.

Voilà donc une pochade originale qui invite avec beaucoup d'humour au Souvenir en apportant malgré tout sa petite dose d'émotion.

 

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Loubrun

 

 

 

04/11/2014

Sam speed - tome 4 - poule position

sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014Scénario : Eric Maltaite et Stéphane Colman

Dessin : Batem

Éditeur : Hugo BD

48 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : humour motard

 

 

 "Ratomoto, le seul journal des tarmos"

 

Sam speed fait partie de la rédaction du magazine moto Ratomoto. Entouré de quelques personnages haut en couleur, il y est journaliste et essayeur. Le boulot de rêve de tout passionné de moto. Être payé pour sillonner les routes au guidon des dernières nouveautés ! Le pied !

 

Tous les motards amateurs de BD ne jurent que par le Joe Bar Team. C'est donc très difficile de rivaliser avec cette série devenue culte (mais a y regarder de près, tout les JBT ne sont pas si bon que ça). Pourtant, Sam Speed sans être un chef d’œuvre, n'a pas à rougir de la comparaison. Bien qu'ils soient pour la plupart éculés, les gags fonctionnent et s'ils ne font pas rire aux éclats, ils arracheront tout au moins un sourire. Sur 32 pages de gags où caricatures et exagérations sont de mise, on apprécie la précision du trait de Batem qui permet – aux connaisseurs – d'identifier à coup sûr toutes les motos représentées.

 

"Évidemment que ça passe à fond à la ferme blanche... Vous me faites pitié, les dinosaures !"

 

L'album se termine par un "petit guide des tarmos" présentant les différentes espèces de motard avec une bonne dose d'autodérision : le sportif et ses dents de requin prêtes à rayer l'asphalte ; le routard et sa vieille BM qui pisse de l'huile ; le biker au gros bide et tatouages flétris, qui ne sait même pas qu'il roule sur un tas de ferraille américain fabriqué en Inde ; le néo-rétro-vintage, espèce de bobo en voie d'apparition qui a maintenant les moyens de se payer des jouets grandeur nature.

Et puis, sur un ton toujours humoristique, nous avons droit à un petit panel des courses de motos mythiques : le Tourist Trophy** de l'île de Man, la course la plus dingue de tous les temps – et la plus meurtrière aussi - ; le bol d'or ; le Paris Dakar et les Motos GP...

Bref, sans être révolutionnaire, Sam Speed tient plutôt bien la route et peut côtoyer sans rougir les JBT et la série Même pas peur de Satô.

 

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

** Venez vous faire une petite frayeur pour voir à quoi ressemble le Tourist Trophy  :


 


 

 

 

 

29/10/2014

La chute d'un ange

la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : Casterman

80 pages

date de sortie : août 2014

genre : polar noir

 

 

Printemps 1948 à Gagny en grande banlieue parisienne, Patronage de l’enfance orpheline. Le cadavre d’un enfant fugueur d’une douzaine d’années est retrouvé dans une carrière qui jouxte le parc de l’établissement. En apparence, une chute accidentelle est à l’origine du décès. Mais les marques d’une sévère correction sur le corps du gamin posent question…
Peu de temps après, à Paris, Philippe Crélard, patron de l’un des plus grands quotidiens du pays, est assassiné chez lui. Tout indique un crime de rôdeur. La pompe de ses funérailles, en présence de la quasi-totalité du gouvernement, souligne l’influence exceptionnelle du défunt, homme de pouvoir et de réseaux. « Enseveli avec son cortège de qualités et pas le poids d’un défaut dans le cercueil : un ange », comme le fait remarquer un peu cyniquement un policier.
Personnellement prise en main par le commissaire Pasquet, l’enquête de routine sur la mort de Crélard laisse néanmoins entrevoir l’envers de ce portrait flatteur : un passé pour le moins trouble durant la période pas si lointaine de l’Occupation et des questions troublantes dans le domaine des mœurs… Alors qu’on s’arrange pour faire endosser la responsabilité du crime à un lampiste, bon pour la guillotine, on s’apercevra presque par hasard que les deux décès que rien ne semble relier, celui de Gagny et celui de Paris, entretiennent en fait bien des correspondances.

 

Voilà le romancier Daeninckx et le dessinateur Mako de nouveau réunis pour un polar sombre aux relents pour le moins nauséabonds. Le climat de l'immédiat après guerre est encore lourd des ombres de l'occupation. Certains aimeraient bien effacer rapidement de la mémoire collective quelques actes qui pourraient bien entacher leur histoire personnelle.

Mêlant intrigue politique, affaire de mœurs et règlement de compte post occupation, Didier Daeninckx nous concocte là un récit où l'ambiance est divinement pesante. La narration volontairement lente, les dialogues percutants mis en scène par un dessin réaliste charbonneux confèrent à ce polar un côté sordide qui plaira certainement aux amateurs du genre.

Pour ma part, même si je me suis laissé surprendre par le dénouement, je n'y vois là rien de plus qu'un bon roman noir somme toute assez classique.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

15/10/2014

Le cadavre et le sofa

le cadavre et le sofa,tony sandoval,paquet,fable,fantastique,initiation,adolescence,6.510le cadavre et le sofa,tony sandoval,paquet,fable,fantastique,initiation,adolescence,6.510Scénario et Dessin : Tony Sandoval

Editeur : Paquet

date de sortie : août 2014 (réédition)

92 pages

fable fantastique

 

 

 

"Les défauts rendent les choses plus intéressantes"

 

Par une belle journée d'été, Polo erre tout seul dans la campagne. Pour passer l'ennui, il observe les choses qui l'entoure. Il croise alors Sophie, belle comme une nuit ténébreuse, avec qui il va partager des moments intenses, notamment la découverte du corps de Christian, disparu depuis quelques jours. Ils passeront l'été ensemble à observer la décomposition du cadavre depuis un vieux sofa trouvé dans la campagne.

A cette contemplation et autour de la mort mystérieuse de Christian, se mêleront des cauchemars effrayants, un étrange voisin, puis de drôles d'histoires de loups garous ...

 

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Les éditions Paquet rééditent le one-shot de l'auteur mexicain Tony Sandoval (le serpent d'eau), paru initialement en 2007 dans la collection Discover.

Cet auteur autodidacte fait parti de ces artistes atypiques qui développent leur propre univers tant graphique que scénaristique. Mêlant le fantastique, la poésie et l'onirisme, ses histoires ont souvent un relent de conte psychanalytique aux ambiances un peu lugubres.

 

Les 92 pages se lisent assez rapidement, et c'est quelque peu déconcerté que l'on referme ce livre.

Hésitant entre univers enfantin et adulte, le lecteur ne sait plus ou situer le récit ni les personnages. Avec un physique de 12 ans et des comportements d'adolescents de 16 – 17 ans, certaines scènes laissent perplexe et sont parfois dérangeantes.

On se laisse néanmoins prendre au jeu de cette fable initiatique mise en relief par une pointe de fantastique.

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Le traitement graphique se rapproche davantage de l'illustration que du dessin BD traditionnel, donnant l'impression d'un décalage entre le propos et sa mise en image. L'auteur use de procédés colorés pour retranscrire les émotions des personnages permettant de les rendre presque palpables. Il change de style aussi, en alternant les planches colorées au trait souple assez épuré et les planches en bichromie au trait plus strict, hachuré, renforçant par là l'ambivalence du récit.

 

Entre conte fantastique et fable sociale, cet album hors normes se lit avec intérêt mais  laisse à la fin un goût amer suscité par tant de sentiments contradictoires parsemant le récit.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

voir le blog de l'auteur

08/10/2014

Edwin, le voyage aux origines

edwin, le voyage aux origines, lambert,textoris, lombard, quête, fantastique,edwin, le voyage aux origines, lambert,textoris, lombard, quête, fantastique,Scénario : Manon Textoris

Dessin : Julien Lambert

Éditeur : Le Lombard

72 pages

date de sortie : 26 septembre 2014

genre : fantastique,

 

Quand la réalité devient fiction...

 

Dans un XIXe siècle en pleine mutation, alors que les hommes repoussent les frontières du savoir, Edwin, gentleman passionné de sciences, cherche les origines de son espèce. Accompagné de son majordome et de son chien Floch, Edwin s'embarque pour une incroyable aventure, qui le conduira bien au-delà de ce qu'il espérait... Il découvrira un monde où se mélangent réalité et fiction et prendra alors conscience que les origines de l'homme ne sont peut-être pas là où il pensait les trouver.

 

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Lauréats du prix Raymond Leblanc en 2013, Manon Textoris et Julien Lambert se sont vu offrir comme récompense la publication de leur premier album aux éditions du Lombard.

Ils nous offrent ici une drôle d'histoire où la frontière entre la réalité et la fiction est des plus ténue.

Avec humour, tendresse et poésie, cette quête des origines se transformera en une mise en abime quelque peu déconcertante, transformant le récit en histoire fantastique. Edwin et son chien (ce dernier a son importance) se retrouveront plongés dans un monde onirique, tantôt inquiétant, souvent amusant. Se laissant guidés par les évènements, le héros ira de surprise en surprise remettant en cause ses convictions, l'objectif scientifique du périple se muant en voyage introspectif.

 

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Comme le héros, le lecteur se laisse perdre avec délice dans cet univers surréaliste un brin confus. Le rythme soutenu de la narration nous empêche néanmoins de lâcher prise. Et puis finalement, ça n'est pas si désagréable de temps en temps de ne pas trop savoir ou on met les pieds. En tout cas, les auteurs savent ou il vont et bouclent ce périple de façon surprenante.

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Côté dessin, on notera un trait un peu trop raide que l'on pardonnera bien vite tant le style et la patte de Julien Lambert semblent déjà s'affirmer. Son trait est d'ailleurs plus lâché sur les décors de faune et de flore que sur les paysages urbains et les personnages humains.

Un premier album d'un duo d'auteur prometteur, invitant à l'évasion et à la rêverie philosophique.

 

Ma note : 7/10

Loubrun

 

Le site de la fondation Raymond Leblanc

Le blog de Julien Lambert

Le blog de Manon Textoris

 

 

 

25/09/2014

Je veux une Harley - tome 3 - la conquête de l'ouest

je veux une harley,la conquête de l'ouest,cuadrado,margerin,dargaud,humour,moto,route 66,bikers,092014,6.510je veux une harley,la conquête de l'ouest,cuadrado,margerin,dargaud,humour,moto,route 66,bikers,092014,6.510Scénario : Marc Cuadrado

Dessin : Frank Margerin

Editeur : Dargaud

48 pages

Date de sortie : septembre 2014

 

 

 

Viva Las Vegas !

Biker un jour, biker toujours ! Comme tous les soirs, Marc lit une revue de moto avant de s'endormir. On ne se refait pas ! Cette petite manie exaspère sérieusement sa femme qui est dans sa période bouddhiste, et elle voudrait bien que son chéri l'emmène faire un trek au Tibet. Bon, autant le dire tout de suite, la Harley n'est pas franchement taillée pour le Tibet. Marc et ses potes mettent alors au point un habile stratagème pour convaincre Madame de faire plutôt une virée dans l'ouest américain : Marc propose à sa femme de célébrer leur 28 ans de mariage en se remariant à Las Végas.

 

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Des préparatifs jusqu'au périple, nous suivons cette joyeuse bande et toutes leur mésaventures sur la mythique route 66. Nous avons droit à peu près à tous les clichés du touriste beauf Français en vacances, ce qui - à défaut de faire rire aux éclats – nous fait parfois sourire. Les américains en prennent un peu pour leur grade aussi, notamment dans cette réserve indienne où le business est roi.

Évidemment, les garçons sont intenables et leur soirée entre mecs tourne vite au "very bad trip".

Dans la lignée du tome 2, Je veux une Harley se moque gentiment des bikers, des touristes, des français moyens. C'est drôle et divertissant. A noter que les auteurs ont fait le voyage sur cette fameuse Mother Road "pour accumuler du vécu". Cet album est quasiment un documentaire !

Un album sympathique, qui n'est pas du tout réservé aux bikers.

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Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

Lire la chronique du tome 2

 

 

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02/06/2014

Ad Astra - volume 1

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Éditeur : Ki-oon

212 pages

date  de sortie : mars 2013

sens de lecture japonais

genre : Seinen, manga historique

 

 

Alors que Rome est toute puissante et s'impose dans toute la région méditerranéenne, le jeune Hannibal assiste impuissant à la défaite de son père Hamilcar Barca et à la chute de sa ville natale, Carthage. Les Carthaginois doivent un lourd tribut aux vainqueurs et sont humiliés par les Romains. Hannibal grandit alors dans la haine de Rome et vouera son existence entière à sa destruction.

Quand vient son heure de commander l'armée Carthaginoise, il ne tarde pas à partir affronter l'ennemi de toujours. Il se trouve opposé à Scipion l'Africain, aussi bon génie militaire et tacticien que lui.

 

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Après Cesare, l'excellente série Historique narrant un pan de l'histoire des Borgia sous la Renaissance, les éditions Ki-oon lancent une nouvelle série Historique se déroulant cette fois à l'époque Romaine, avec une des figures les plus emblématiques de cette époque : Hannibal Barca. Considéré comme un des meilleurs tacticiens militaire, Hannibal a fait trembler la toute puissante Rome en s'opposant à l'un de ses meilleurs stratège, Scipion l'Africain.

Si Hannibal a bel et bien existé, il fait partie de l'imaginaire collectif à tel point qu'il est impossible de ne pas l'associer à la traversée des Alpes avec sa troupe d'éléphants. Mais entre légendes et réalité la frontière est parfois ténue, et certains exploits ont certainement été enjolivés, ce qui de toute façon n'enlève rien à la grandeur du génie tactique du Carthaginois.

Dans ce premier volume, de l'enfance aux premiers combats menés par Hannibal, Mihachi KAGANO plante le décor et met en place les éléments qui opposeront par la suite les deux stratèges. Scipion occupe peu de place pour l'instant, mais l'on voit déjà que c'est le seul a comprendre les tactiques de son adversaire et à le prendre au sérieux. On assiste à l'opposition entre un jeune génie militaire lucide et de vieux généraux et sénateurs orgueilleux et suffisants.

 

Si l'essentiel de l'ouvrage se focalise sur Hannibal et son ascension, l'auteur nous précise à la fin que le vrai personnage principal de sa série sera plutôt le Romain, qui, en combattant un ennemi aussi redoutable aura permit à Rome de s'ouvrir la route vers la gloire. D'ou le titre quelque peu énigmatique, Ad Astra, qui vient d'une locution latine "ad astra per aspera" (par des sentiers ardus jusqu'aux étoiles). En effet, Hannibal sera longtemps considéré par Rome comme la plus grande menace qu'elle ait eu à affronter.

 

Malgré une mise en place un peu longue ne permettant pas pour l'instant de s'attacher aux personnages, le récit est dense et détaillé laissant augurer d'une série épique où bravoure, complots et stratégie seront de mise.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

19/05/2014

Le gouffre de Padirac - Edouard Alfred Martel et l'incroyable découverte

le gouffre de padirac,edourad alfred martel,bidot,rollin,glénat,aventure,spéléologie,grottes,cavernes,rivière,souterrain,exploration,découverte,6.510,052014Sle gouffre de padirac,edourad alfred martel,bidot,rollin,glénat,aventure,spéléologie,grottes,cavernes,rivière,souterrain,exploration,découverte,6.510,052014cénario : Laurent Bidot

Dessin : Lucien Rollin

Editeur : Glénat

48 pages

date de sortie : avril 2014

genre : documentaire, aventure historique

 

 

 

Exploré en 1889 par Édouard Alfred Martel, le gouffre de Padirac est le site souterrain le plus célèbre d'Europe. Situé dans le département du Lot, le site est caractérisé par un immense puits de 75 mètres de profondeur et 35 mètres de diamètre au fond du quel se trouve l'entrée des galeries souterraines. A 103 mètres de profondeur, ces galeries abritent un réseau de rivières souterraines long de 40 km.

Aujourd'hui, le gouffre accueille 400.000 visiteurs par an qui viennent admirer les 2,5 km de galeries ouvertes au public.

 

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Nourrit des lectures de Jules Verne, Édouard Alfred Martel trouva vite sa vocation. Outre la rivière qui coule au fond du gouffre de Padirac, il à découvert au cours de sa vie quelques 1500 grottes, abîmes et autres cavités. Il a par ailleurs rendu possible l'ouverture du site au public et est considéré comme un des pères de la spéléologie moderne.

Cet album lui rend hommage en racontant les différentes explorations qu'il a menées sur Padirac, avec opiniâtreté et passion.

 

Le lecteur y découvrira les techniques et les moyens - rudimentaires mais astucieux -  employés à l'époque en spéléologie, ainsi que les obstacles auxquels Martel fut confronté. De la méfiance des paysans locaux qui pensaient que l'explorateur venait chercher le trésor abandonné par les Anglais à l'issue de la guerre de cent ans, au combat mené pour convaincre banquiers et politiques afin de trouver les financements nécessaires à l'aménagement du site, Martel a finalement plus bataillé sur terre que sous terre.

 

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Laurent Bidot n'est pas novice en matière d'histoire documentaire. Il était aux manettes de l'histoire de la grande Chartreuse, du Mont st Michel, de Carnac, et tenait les pinceaux de Mont-blanc racontant la première ascension du Mont.

 

 

Ici, il nous livre une histoire bien documentée et évite le récit trop linéaire en démarrant l'histoire à la fin de la vie du personnage principal. L'interview d'un jeune journaliste passionné de spéléologie, donne lieu à des aller retours entre les époques permettant de dynamiser un tant soit peu le récit qui manque de souffle épique. Mais le but de l'album n'est pas de créer une fiction ayant comme toile de fond un exploit scientifique, mais bien de raconter l'histoire de la découverte du site à travers les yeux de son découvreur.

 

Lucien Rollin illustre le récit d'un dessin aux traits classiques et efficaces, mais la mise en scène peine à restituer la beauté et la grandeur du site ainsi que l'oppression et l'angoisse que devaient vivre les explorateurs sous terre, avec pour seul éclairage des bougies.

 

Néanmoins, la lecture n'est pas ennuyeuse mais plutôt agréable. Cette BD documentaire permet de découvrir les prémices de la spéléologie moderne à travers les yeux d'une personnalité hors du commun.

 

Ma note : 6,5 /10

Loubrun

 

Petite visite virtuelle du gouffre par ici : http://www.gouffre-de-padirac.com/

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27/04/2014

BAD BARTJE - Tome 1: Acta est fabula.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014Dessin : Marco Paulo - Scénario : Falzar

Editions Kennes

Sortie : 23/04/2014

49 pages

Prix conseillé : 13,50 €

ISBN : 9782875800237

Belgique, politique, humour, De Wever.

 

Résumé (de l’éditeur) : Fin des années 70. Bartje est un petit belge comme les autres.
Enfin presque…Il ne peut pas s’amuser tout à fait comme les autres car il a une mission.
Un Destin. Il le sent, il le sait. C’est lui qui va écrire l’Histoire. Et ce n’est pas une histoire belge. Ni une histoire drôle.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014


Mon avis : « Bien entendu, toute ressemblance avec des personnes existante ou ayant existé serait pure coïncidence… » C’est la phrase d’entrée que l’on peut lire sur le site des Editions Kennes qui publie cet album. Dimitri Kennes, un ancien de chez Dupuis, a lancé sa propre maison d’édition et maintenant se lance dans la publication de bandes dessinées. Nous avons donc reçu en primeur cet album belgo-belge, un peu un ovni dans le paysage belge de la bande dessinée où les albums à connotation politique sont peu nombreux, à la différence de la France où les albums ont fleuri sur Nicolas Sarkozy ou autre François Hollande.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

NDLR:"Momaaaaan, je n'sais pu djazer!":C'est du wallon. Cela veut dire: "Maman, je ne sais plus parler(wallon)".

D’abord parlons du titre. « Bad Bartje ». Une locution anglo-flamande qui veut dire en français « Le méchant petit Bart ». Pour nos amis francophones, ignorant de la politique belge, je dois maintenant passer par un plantage de décor, une explication du phénomène « Bart De Wever » car c’est de lui qu’il s’agit ici, le cauchemar de tous les partis politiques en Belgique en vue des élections qui se pointent pour le 25 mai 2014 (européenne, fédérale et régionale). On annonce un raz-de-marée en Flandres du parti de Bart De Wever, la NVA.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014Lors de la crise politique de 2010-2011 qui a duré 541 jours, où la Belgique a vécu de façon surréaliste sans gouvernement, un personnage très controversé est apparu comme le personnage central de la pièce qui se jouait au niveau politique. Il s’agit de Bart De Wever (De Wever veut dire « Le tisserand » en français). Avec son parti, la NVA, il réclame l’indépendance de la Flandre qui en a marre de subsidier la Wallonie et sa cohorte de « fainéants ». La NVA est aussi à la droite de la droite. Elle appelle au renvoi des étrangers non désirés, l’arrêt de nombreux programmes sociaux, la réduction du budget de l’Etat de 10% tout de suite, la réduction des prérogatives de l’Etat Fédéral au profit des régions et plus particulièrement la région flamande, demande la fin de la Royauté, etc…La direction de la NVA a des connections avec le FN en France, même s’il haïssent les francophones… Je vous passe les détails. Entre-temps, Bart De Wever est devenu le bourgmestre d’Anvers. Anvers est devenu le laboratoire de De Wever et de la NVA, avec des fortunes très diverses. C’est l’homme le plus populaire en Flandres et est crédité d’après les sondages à plus de 30% des voix en Flandres des intentions de vote de l’électeur flamand. Mais dans ce même sondage, 75% des électeurs de la NVA ne veulent pas entendre parler de la scission de la Belgique…Bonjour le surréalisme à la belge!

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014L’histoire personnelle de Bart De Wever vaut aussi le détour…Issu d’une famille de nationalistes flamands dont le grand-père, avait été secrétaire du Vlaams Nationaal Verbond, un parti flamand d'extrême droite de l'entre-deux-guerres, reconnu parti unique par l'occupant nazi. Son grand-père a été condamné après la guerre de 1940-1945 à la prison et à la déchéance de ses droits politiques pour collaboration avec l’occupant (les anciens parlent des « inciviques »). Cette famille a toujours milité pour l’indépendance de la Flandre et « vomit » la Belgique

Bart de Wever en 2008 et actuellement.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014(« Belgie barst ! »: Que la Belgique crève !).Bart De Wever est historien de formation et féru de l’antiquité et de l’époque romaine. Jules César, il adore. Lors de ses interventions, il agrémente celles-ci de citations latines (d’où le titre de l’album : acta est fabula).Au départ, il était obèse, une obésité presque morbide à tel point que ses médecins lui ont dit qu’il devait de toute urgence se reprendre en main. Lors de la crise des 541 jours, les négociateurs pour la formation du nouveau gouvernement

ont révélé que De Wever se goinfrait de nombreuses gaufres de Liège pendant les réunions. D’ou son surnom de l’époque. De Wever était devenu « De Wafel » (la gaufre en flamand) ce qui justifie une série de gags dans l’album. Il a médiatisé le régime draconien qu’il a suivi et il a perdu pas loin de 40 kilos en peu de mois grâce à une méthode de régime mystérieuse, pas très naturelle. On le voit courir en jogging, participer à des courses populaires…Le rondouillard De Wever se transforme radicalement pour devenir un homme mince, sec et cassant.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014Pendant les négociations politiques, il joue systématiquement la montre, critique tout, refuse les discussions à plus de deux personnes, privilégie les discussions en tête à tête, et enfin de compte enlise la situation politique de la Belgique. Bref, il sabote le fonctionnement de la Belgique, jusqu’à ce que les autres partis flamands prennent enfin leurs responsabilités et forment un gouvernement sans De Wever. La Belgique devenait petit à petit un bateau ivre, il fallait faire preuve de courage politique après 541 jours d’enlisement. Il a une science incroyable de la communication et rejette la faute sur les autres alors qu’il a tout fait pour que la Belgique ne fonctionne plus. A l’heure actuelle, il n’a rien perdu de son potentiel politique et de sa capacité de nuire à la Belgique. L’avenir nous dira la suite de son histoire après les élections du 25 mai 2014.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Dernière péripétie en date, c’est l’affaire des pandas ! Le très dynamique parc à thème « Pairi Daiza », situé en Wallonie, a négocié avec la Chine l’arrivée d’un couple de Pandas. La Chine accepte. C’est pour la Belgique un signe de confiance immense de la part de Chine qui pratique la politique des pandas comme un outil marketing de première force. Le premier ministre Elio Di Rupo en remet une couche. Il est sur le tarmac de l’aéroport à l’arrivée des deux sympathiques animaux pour les accueillir en grande pompe. Ils sont reçus comme on reçoit des hommes d’état. L’avion qui les transporte est peint spécialement pour la circonstance aux couleurs du transporteur (DHL) et du parc. Bref, grosse publicité pour Pairi Daiza qui voit ainsi récompenser son travail énorme et efficace dans l’ombre. Bart De Wever, bourgmestre d’Anvers, se réveille et apparaît dans une émission de télévision « people » déguisé en panda. Sur le ton de l’humour, il s’attaque à Pairi Daiza qui bénéficie d’un paquet de subsides wallons, de la bienveillance du premier ministre wallon qui favorise la Wallonie. Le « pauvre » mais réputé zoo d’Anvers méritait bien plus que les wallons la présence sur son territoire des deux illustres plantigrades. Bref, la Wallonie a encore une fois grugé la Flandre…De Wever crie au scandale ! La réponse de Pairi Daiza ne va pas tarder… Non, Pairi Daiza n’a reçu aucun subside et c’est le résultat de leur expertise, leurs contacts directs en Chine, de leur travail de longue haleine, leur sérieux. Le Zoo d’Anvers n’a jamais fait la moindre demande à la Chine pour avoir les pandas et en plus il bénéficie de subsides illégaux de la région flamande. Pairi Daiza donc réclame le remboursement de ses subsides par le zoo D’Anvers mais invite Bart De Wever a faire une visite en Wallonie pour rendre visite aux pandas. Il est le bienvenu ainsi que le public flamand. Voilà Bart De Wever pris au piège de sa propre rhétorique et remis à sa place. (Le communiqué de presse humoristique de Pairi Daiza : ICI).Voilà pourquoi vous trouverez des pandas dans l’album…

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Les auteurs sont Marco Paulo au dessin et Falzar au scénario. Paulo a déjà pas mal de références et de parutions dans le monde de la bande dessinée. Il a sorti la bande dessinée sur Rachida Dati en 2013 (Au nom du père) qui lui a valu un retentissement médiatique en France suite à une tentative avortée d’interdiction de sa parution. Falzar est un scénariste qui a travaillé chez Dupuis et le journal de Spirou. En 2013, il publie chez Sandawé l’album « zozoland » (chronique sur Samba BD : ICI) et « Plus belge la vie » publié à la renaissance du livre.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

L’album a été imprimé chez Lesaffre en Belgique et est très bien réalisé. La couverture est aux couleurs du drapeau national belge : noir, jaune, rouge. Il représente un Bart De Wever jeune avec un sourire sardonique, une boite d’allumette qui sort de sa poche, et la Belgique et Bruxelles en feu dans l’arrière plan. Il s’agit d’un livre d’humour. Nous sommes dans la caricature, une entreprise de dénigrement systématique qui ne va pas plaire à tout le monde. Certains parlent de « De Wever bashing ». Le principe de l’album est de raconter l’enfance du petit Bartje. Tout au long des planches, Bartje cherche une victime, rejette la faute sur l’autre, passe pour un monstre sans cœur qui a une destinée bien tracée. La série est actuellement en prépublication dans les journaux du groupe Sud presse, le plus important groupe de presse belge en francophonie. La presse flamande en a fait écho et reste à ma grande surprise sur la réserve, restant très zen et polie envers l’album. Mais à ce jour, l’éditeur n’a pas trouvé d’éditeur flamand d’accord de publier l’album en néerlandais. Certains disent qu’en Flandres, De Wever fait peur et que certains libraires et commerciaux craignent des vitrines brisées si l’album est exposé.

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Le dessin est dans le plus pur style franco-belge. C’est classique. Le personnage est bien croqué. On peut y voir d’autres politiques flamands (Wout, Kris, Flupke,…). J’ai d’abord lu planche par planche l’album via le journal « La Meuse ». Je n’ai pas trouvé l’album très top. Des gags répétitifs, un peu basiques parfois, très « premier degré ». Par la suite, après avoir reçu l’album à la maison, j’ai relu les gags dans leur continuité et je dois reconnaître que cela forme ainsi un album plus compact, plus cohérent. Certains gags m’ont bien plu mais ce n’est pas non plus la 7e merveille du monde. C’est un très bel objet « marketing » qui sort à un moment bien choisi, un mois avant les élections, qui sera en librairies et en grandes surfaces du coté francophone sous les feux de l’actualité. Les Editions Kennes y ont vu un excellent coup, ils savent y faire…

Bad Bartje, Paulo, Falzar, Kennes, 04/2014

Vous aurez compris que, pour moi, ce n’est pas un album qui « déchire » mais il s’agit d’un produit dans l’air du temps. Je ne vais pas parler d’un album « gentil » mais plutôt « vénéneux ». Le journal flamand «De Standaard » parle d’un petit Nicolas en négatif. C’est flatteur mais avec la poésie en moins et cela fait une grosse différence. Je pense que l’album va fonctionner mais quand je vois la mention « tome 1 », je me pose quand même des questions…J’ai même vu un site en faire un « coup de cœur » mais il s’agit probablement aussi d’un effet marketing…Certains sites spécialisés en bande dessinée trouvent tous les albums qui sortent extraordinaires, ce n’est pas le cas sur Samba BD…A livre atypique, chronique fleuve, voilà le résultat de mes cogitations…Chacun se fera son avis. Je me demande si l’album sort en France…Il faudra poser la question à l’éditeur…

 

Dessin :            7,0/10

Scénario :          6,0/10

Moyenne :          6,5/10

 

Liens vers le site de l’éditeur Kennes : ICI.

Liens vers Wikipédia sur Bart De Wever : ICI.

Liens vers Wikipédia sur la crise politique belge de 541 jours : ICI.

Bart De Wever déguisé en panda : ICI.

Lien vers le site de Pairi Daiza : ICI.

 

Capitol

 

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23/04/2014

Un petit livre oublié sur un banc

un petit livre oublié sur un banc,jim,mig,bamboo,grand angle,comédie romantique,bookcrossingun petit livre oublié sur un banc,jim,mig,bamboo,grand angle,comédie romantique,bookcrossingScénario : Jim

Dessin : Mig

Couelurs : Delphine

Editeur : Bamboo

Collection : Grand angle

date de sortie : mars 2014

48 pages

genre : comédie romantique

 

Vous avez un message

 

Camélia est une jeune femme qui voit la routine s'installer tout doucement dans sa vie. Son compagnon est plus préoccupé par les nouvelles technologies que par son couple et ses collègues de boulot sont superficielles et sans grand intérêt. Sa vie va changer le jour ou elle trouve un livre abandonné sur un banc. Elle y découvre une dédicace invitant à le prendre, le lire et le déposer ensuite dans un lieu public pour un prochain lecteur. Elle découvre aussi que certains mots sont entourés et forment un message, éveillant sa curiosité ...

Camélia se prend au jeu et suit les consignes. Cette expérience anodine la mènera plus loin qu'elle n'aurait pensé, et elle mettra tout en œuvre pour retrouver l'auteur des messages qui parsèment le livre.

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Jim (Une nuit à Rome, Une petite tentation) est en passe de devenir l'auteur spécialiste d'histoires contemporaines mettant en scènes de jeunes adultes en proie à l'ennui ou la routine. Avec un petit livre oublié sur un banc, il surfe sur le phénomène du bookcrossing qui consiste à partager les livres en les abandonnant dans des lieux publics pour leur donner une seconde vie. Certains livres auraient ainsi fait le tour du monde ...

 

A travers une intrigue toute simple, Jim nous propose une comédie romantique des plus sympathiques pleine de tendresse. A l'heure du tout connecté, l'histoire de Camélia nous rappelle qu'il n'y a pas que le numérique dans la vie et qu'il est possible de communiquer autrement qu'avec des machines, qui plus est de manière ludique, voire enivrante. C'est ce qu'il se passe pour la pimpante Camélia qui trouve là matière à mettre un peu de piment dans sa vie en transformant cette expérience en véritable enquête.

 

Mais que cette enquête est lente ! L'histoire est plaisante, le personnage attachant, on sourit des maladresses de l'enquêtrice en herbe, on la suit volontiers dans sa quête, notre curiosité est titillée par cet énigmatique messager, mais l'ennui s'installe vite au cours de la lecture. Le tout manque de relief et ce premier tome donne l'impression de n'être qu'une mise en place. Prendre 48 pages pour faire une mise en place sur une histoire prévue en deux volumes, c'est un peu du gâchis. Ce genre d'histoire gagnerai vraiment à être publiée en un seul volume.

 

Mais Jim sait y faire et, comme un écolier du fond de la classe se réveille au son de la cloche sonnant la récréation, il nous réveille sur la fin avec un rebondissement salvateur qui nous fait remettre les pieds dans ce jeu de piste.

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Mig (Sam Lawry, Le messager) aux crayons et Delphine aux pinceaux sauvent les meubles en donnant à l'ensemble un ton léger et aéré. Dans un style épuré et simple, les personnages sont très réussit et les expressions et attitudes très vivantes. Les couleurs douces et chaleureuses de Delphine apportent à l'ensemble un ton élégant et apaisant.

 

En arrière plan de l'intrigue, le lecteur pourra réfléchir sur l’intérêt de conserver des livres dans sa bibliothèque. Est-ce bien raisonnable d'entasser sur des étagères des centaines de livres qu'on ne relira pour la plupart jamais ? J'écris ces lignes entouré d'étagères croulant sous les BD, et je me pose de temps en temps cette question ...

 

Cette forme de partage du livre est intéressante, et l'idée me plait de savoir qu'un livre vit en circulant de mains en mains au lieu de s'éteindre sur une étagère.

 

J'attends une suite un peu plus dynamique qui me permettra de rehausser la moyenne de cette histoire sympathique.

 

Ma note : 6,5 /10

Loubrun

 

 

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