22/04/2016

Le voyage improbable - seconde partie

le voyage improbable,turf,delcourt,humour,fantastique,8.510,022016le voyage improbable,turf,delcourt,humour,fantastique,8.510,022016Scénario et dessin : Turf

Éditeur : Delcourt

57 pages

date de sortie : février 2016

genre : humour, fantastique

 

 

 

 

Les professeurs Fruchttück et Noodles, les sœurs Alisée et Élisa ainsi que le gardien du phare errent dans l'espace en compagnie de l'infâme et pâlot professeur Kurt. Quand on sait qu'ils n'ont que des petits pois pour seule nourriture et qu'un unique grand lit à partager dans l'espace confiné du phare, chacun prie pour qu'aucun n'ait de problème gastrique ! Entre autres.

 

"Dites donc, Frumflunch, mettez-la en sourdine ! Faites-vous oubloier ! Estimez-vous heureux que nous ne vous enfermions pas dans la cave après votre tentative de mutinerie !"

 

Amis cartésiens, passez votre chemin ! Cette BD n'est résolument pas pour vous. Turf, l'auteur de la Nef des Fous, nous embarque dans un voyage spatial totalement déjanté où l'absurde règne en maitre. Imaginez un peu la chose : un phare à été accidentellement propulsé dans l'espace suite à une malencontreuse explosion de gaz. A son bord, 6 personnages aux tempéraments et aspirations totalement différents vont devoir cohabiter durant ce vol particulier, donnant lieu à des situations des plus cocasses et farfelues pimentées de dialogues incisifs et truculents.

On se régale de faire partie de ce voyage improbable durant lequel on ne s'étonne même pas de pouvoir respirer librement dans l'espace, et où finalement les seules préoccupations sont celles de la gestion du quotidien. Il n'y a pas de quête, pas de but précis, pas de contrôle ; les protagonistes sont dans un phare en partance pour la lune ?! et après ! comme dirait Monsieur Barthélémy dans Philémon. C'est vrai quoi, pourquoi se poser tant de questions existentielles ? Vivons l'instant présent, organisons-nous pour que tout le monde puisse vivre ensemble, et advienne que pourra.

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Turf est un auteur complet qui maitrise autant le dessin que le scénario et dont l'univers teinté de folie et d'élégance est reconnaissable au premier coup d’œil. Qu'il remplisse ses planches de toutes petites cases ou de grands espaces interstellaires, elles sont toutes un régal pour les yeux et l'on s'amuse à chaque page de ses cadrages et découpages audacieux.

 

Ce voyage est déjanté, loufoque, improbable, mais il est aussi délicieusement poétique. C'est rafraîchissant, dans un monde qui se pose beaucoup de questions, qui attend beaucoup de réponses et surtout qui tente de tout expliquer.

Cette lecture est un pur moment de bonheur pour qui saura mettre momentanément ses neurones sur OFF.

 

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Loubrun

 

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10/08/2015

L'ARABE DU FUTUR - Tome 2: Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 - 1985).

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015Dessin & scénario: Riad Sattouf

Sortie: 11/06/2015

Editions Allary

160 pages – Broché

Syrie, jeunesse, école.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L’Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie.

Dans ce second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.

 

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

 

«Ce livre raconte l’histoire vraie d’un écolier blond dans la Syrie d’Hafez Al-Assad. ».

 

 

Mon avis : Je ne vais pas reprendre de A jusqu’à Z la chronique que j’avais faite pour le tome 1, sorti il y a un an. Ce premier tome s’est vendu au moment de la sortie du tome 2 à plus de 600.000 exemplaires ! Un vrai phénomène de l’édition et en plus chez un éditeur qui n’est pas spécialisé en bande dessinée ! Je vous renvoie vers ce premier tome via le lien placé en fin de la présente chronique.600.000 exemplaires par les temps qui courent, c’est exceptionnel, rarement vu ces dernières années. Les gens lisent de moins en moins mais le talent de Riad Sattouf, via son dessin et sa façon de se raconter, a emporté les derniers points de résistance.

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

Il suffit de voir la vie de Riad Sattouf pour comprendre. Né de mère bretonne et de père syrien, le voilà tout petit en Syrie avec son papa et sa maman. Il va aller à l’école pour apprendre l’arabe, apprendre à lire et à compter. Lui, le petit franco-syrien aux cheveux blonds. Tout le monde à l’école le prend pour un étranger, un type spécial voire suspect à un tel point que certains le traitent de juif, une grosse injure dans ce pays atypique, ce qu’il n’est pas !

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

Riad Sattouf continue sur sa lancée au niveau graphique. C’est dans la parfaite continuité du premier tome. Pourquoi changer quand on voit le nombre d’albums vendus en librairie pour le premier tome ? Au niveau du scénario, l’histoire est tellement hors du commun, et vraie en plus, que l’auteur ne doit probablement pas trop se creuser les méninges pour avancer dans son récit. Pour couronner le tout, c’est bien raconté, fluide, drôle, hors des sentiers battus.

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

J’attendais ce deuxième tome avec impatience et je n’ai nullement été déçu. Le tome 2 est au niveau du premier et j’ai retrouvé le même plaisir de lecture. A peine ai-je fermé cet album, que j’attends avec impatience le suivant…Cet album fera probablement partie du top 10 de l’année 2015. A noter pour la petite histoire que Riad Sattouf n’a plus de cheveux blonds… Et oui, toutes les bonnes choses se perdent. C’est un chroniqueur aux cheveux châtains qui vous le dit !

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

 

a08-3e78906.gifDessin

 

a09-3e78912.gifScénario

 

a09-3e78912.gifMoyenne

 

 

Liens vers la fiche technique de l’album  tome 2 chez Allary : ICI.

Lien vers la chronique du tome 1 sur samba BD : ICI.

 

 

Capitol.

 

L'arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 8.5/10, Syrie, Jeunesse, école, 06/2015

 

27/11/2014

LES CHEMINS DE COMPOSTELLE - Tome 1: Petite licorne.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014Dessin & scénario : Jean-Claude Servais

Editions Dupuis

Sortie : 17/10/2014

80 pages – cartonné

Prix conseillé : 16,50 €

ISBN : 9782800161242

Aventure, Compostelle, Bruxelles, Mont Saint-Michel, alchimie, bière.

 

Résumé (de l’éditeur) : Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l'Europe. Blanche, Céline et Alexandre vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d'un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l'a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu'il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle. Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c'est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses. Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d'histoire et de mystères.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

« Beaucoup de gens passent leur vie non pas à chercher la lumière, mais à l’empêcher d’entrer. »

 

Mon avis : Pour la genèse et le concept de la série, je vous renvoie vers ma chronique du 16 septembre 2014 lorsque Samba BD avait reçu le magnifique dossier de presse des éditions Dupuis. C’est ce qu’on appelle dans le jargon « appâter le client ». Pour relire mon entrée en matière, voir ICI.

N’ayant pas reçu l’album, je me suis mis en route pour aller chez mon libraire bien aimé et acheter cet album (mon Graal du moment) que toute la planète BD attend avec impatience. La sortie d’un album de Servais est toujours un petit événement en soi. Après nous avoir conté chaque fois en deux tomes l’histoire de l’abbaye d’Orval (avec sa bière et son fromage) et de Godefroid de Bouillon (la mise en bière du mythe), Servais s’est ainsi constitué une base supplémentaire appréciable de lecteurs potentiels. Ils ne connaissent peut-être pas son travail mais ils ne rateront pas l’occasion de rentrer chez eux avec un ou deux « beaux livres » traitant d’Orval ou du château de Bouillon, destinations de leur promenades dominicales. Maintenant, Servais se lance dans sa « Grande Œuvre » comme disent les alchimistes, une série en sept volumes sur les chemins de Compostelle, encore un mythe qui est revenu à la mode ces dernières décennies avec ce retour de la spiritualité et la recherche du « soi ». La visite du Pape à Compostelle n’est pas étrangère à ce regain de popularité pour ce qui reste pour moi une performance sportive et spirituelle.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Et « notre Jean-Claude », comment s’en est-il tiré pour ce premier tome ? Plutôt bien, très bien même, avec la grande distinction en plus! Il prend des personnages radicalement différents, d’horizons et d’origines différentes, ayant des motivations bien personnelles. Il les met sur la route sans oublier de nous décrire leur vécu et les endroits où ils vivent et par où ils vont passer. Le terrain de jeu est donc très vaste et permet un large spectre de variation. Connaissant l’apôtre, il va nous sortir une documentation considérable et il va faire beaucoup de repérages pour coller le mieux possible à la réalité.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Le premier tome est déjà révélateur de la manière de procéder de Servais dont l’expérience et la patte ne sont plus à détailler tellement son savoir-faire est connu et reconnu. On découvre d’abord en Belgique une fille prénommée Blanche. C’est le personnage central de ce premier tome. Elle a un grand-père atypique qui lui enseigne l’alchimie des alchimistes mais qui pratique aussi l’alchimie des brasseurs puisqu’il produit des bières dites artisanales. Avec son grand-père toujours, elle découvre Bruxelles et sa Grand place, joyau architectural qui se confond avec les principes de l’alchimie. Les façades sont remplies de messages alchimistes. C’est sous cet angle que Servais va envoyer Blanche sur les routes de Compostelle. On retrouve également trois autres personnages mais de façon plus succincte, le développement de ces personnages sera certainement pour les prochains albums de la série.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Le dessin de Servais est toujours aussi précis. Son travail sur la Grand place de Bruxelles est exceptionnel de précision. N’est pas n’importe qui celui qui se lance ainsi dans un des plus beaux décors du monde…Dans son style qui lui est propre, il assure du côté graphique. Peu ou rien à redire…Pour le scénario, Servais a trouvé un sujet porteur mais surtout a trouvé un point d’attaque (l’alchimie au sens large) qui met déjà du rythme à son récit alors que les personnages sont à peine sur le départ. En plus, il raconte par le détail la vie de Blanche, de son grand-père atypique, de sa famille qui se déchire sur l’avenir de la brasserie. C’est à la fois très proche des contingences matérielles et pas loin d’une quête spirituelle. Cet amalgame nous donne un scénario qui tient la route et nous laisse espérer le meilleur pour les prochains tomes de la série. A noter également les très belles couleurs de Raives, lui aussi une pointure.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

En conclusion, C’est un excellent album de Servais que voilà. On est parti pour sept tomes. Le premier est plus qu’une mise en bouche et augure du meilleur. J’espère que l’on est parti pour sept ans de bonheur sur les chemins de Compostelle

 

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a08-3e78906.gifDessin

a08-3e78906.gifMoyenne

 

Lien vers le site de Dupuis : ICI.

 

Capitol.

 

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

 

05/11/2014

JOHN TIFFANY: Tome 2: Le désir du désir.

John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014Dessin : Panosian

Scénario : Desberg

Edition : Le Lombard

Sortie prévue le 23 octobre 2014

56 pages - cartonné

Prix conseillé : 12 euros

Isbn :2803634031

Genre : Thriller

 

Résumé de l'éditeur : John Tiffany a maintenant identifié le véritable danger derrière O'Animal : Mehmet Bahrat, un professeur d'université aux thèses un peu trop radicales et au réseau un peu trop dangereux. Malgré cela, l'ambassadeur américain du Pakistan ne veut plus entendre parler de lui, et préfère confier la traque à un florilège de ses concurrents. Tiffany le sait depuis son premier jour dans la profession : c'est un métier de con ! Mais il tient à demeurer le meilleur...

 

Mon avis : Avec le secret du bonheur, le 1er tome de la série, nous avions droit à  un héros immoral, un caïd bourlingueur, imbu de lui-même, sans réel état d'âme, préférant s'adonner à la luxure et aux vices plutôt que de s'intéresser un peu tant soit-il à son prochain. Car pour profiter de cette vie idyllique et égocentrique,  cela nécessite un sacré compte en banque dont le commun des mortels ne pourrait qu'entrevoir l'ombre.

Chasseur de primes, c'est son taf, son destin … et pourtant John se cherche, se questionne, car au-delà des drogues et des poules de luxe, le gaillard semble rechercher la quintessence.

 

Les amateurs de polar bien ficelés mêlant espionnage, règlements de comptes et action tonitruante seront certainement comblés par la richesse scénaristique qu'apporte Desberg. Il maitrise son sujet et apporte même une plus value par rapport aux intrigues traditionnelles. Le scénario ne bascule pas vers un quelconque chasseur de primes qui traquent des bandits et qui accumule les nymphettes aux courbes gracieuses , bien au contraire, chaque protagoniste affiche une personnalité bien distincte et grâce à un fil conducteur attrayant, le résultat s'avère plutôt réussi.

 

Deux forces sont à souligner pour cette nouvelle série de Desberg : les dialogues excentriques  nous rappellent ceux d'Enrique Sanchez Abuli dans Torpedo, cette série espagnole des années quatre-vingt caricaturant le monde mafieux de manière burlesque et réaliste. John Tiffany a la parole facile… presque autant que la gâchette.  Ses nombreux monologues le mènent là où il le désire, car à chaque fois, il tente d'avoir un coup d'avance sur le destin... un destin qui d'ailleurs se joue de lui, le teste et le pousse vers les derniers retranchements de son âme.

 

 Second élément pertinent à souligner se constate au niveau de la touche graphique, et plus particulièrement aux intempéries des nuances de couleurs. Le désir du désir affiche des encrages plus sombres, la luminosité omniprésente du 1er opus se retrouve remplacée par un trait plus agressif, davantage archaïque.

Les inconditionnels de la 1ère heure peuvent se sentir offusqués par ce changement brutal malgré  que les deux tendances se savourent à part entière. Panosian crée un style qui se démarque du classique : ses protagonistes affichent fière allure et ses femmes fatales aguicheuses et révoltées alternent entre James Bond Girls ainsi qu'héroïnes  gracieuses comme le montrerait Franck Miller dans Sin City. Notons également la qualité des 1er plats de couverture réalistes à souhait et harmonieux pour leur qualité d'encrage.

 

En deux albums seulement, John Tiffany se savoure à sa juste valeur et parvient sans difficulté à se placer à valeurs égales par rapport aux séries emblématiques que sont Alpha ou Niklos Koda.

Les auteurs tiennent le bon bout et espérons vivement qu'ils perdurent vers cette même continuité.

 

Scénario :                  8,5 / 10

Dessin    :                   8,5 / 10

Moyenne générale : 8,5 / 10

 

Lien vers le site du Lombard 3ème vague : ICI.

 

Coq de combat.

 

John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014

 

16/09/2014

LEFRANC -tome 25: Cuba libre.

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.LEFRANC – Tome 25 : Cuba libre

Dessin : Regric  - Scénario : Roger Seiter

Editions Casterman

Sortie 10/09/2014

48 pages –Cartonné- couleurs

Prix conseillé : 10,40 €

ISBN : 9782203078574

Aventure, Thriller.

 

Résumé (de l’éditeur) : Octobre 1958. Invité par l’écrivain américain Ernest Hemingway à venir l’interviewer à Cuba où il possède une villa, Guy Lefranc débarque à La Havane après avoir rencontré, à bord du ferry en provenance de Key West, une jeune femme séduisante en cheville avec la CIA, Ellen Cook. Dans la capitale cubaine, la situation politique est très instable et le contexte insurrectionnel. Voilà des mois que les combats font rage entre les révolutionnaires emmenés par Fidel Castro et les troupes gouvernementales restées fidèles au dictateur Batista, et l’affrontement paraît nettement tourner au désavantage de ce dernier. L’inquiétude est vive chez tous ceux qui ont des intérêts à Cuba, en particulier les grands trusts internationaux et la mafia américaine, fortement implantée dans l’île.

 

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.

 

Mon avis : « Cinquième aventure inédite de Lefranc depuis la disparition de Jacques Martin : cap sur Cuba à l’automne 1958, en pleine insurrection castriste ». C’est ainsi que l’éditeur introduit cet album dans sa communication à la presse et au public. Le premier élément d’importance à souligner, c’est le nouveau tandem d’auteurs pour ce 25e tome.

 

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.

 

Regric donne l’impression de s’installer de façon durable au dessin. Celui-ci est vraiment la copie parfaite du dessin de Jacques Martin, c’est incontestable. C’est de la bonne ligne claire et nette ! La composition des planches est dans le classicisme. Les cases sont dépouillées au niveau du trait mais précises au niveau des décors. Les couleurs de Bruno Wesel sont dans le même ton avec des couleurs vives et donnent  une couleur locale à Cuba.

 

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.

 

Roger Seiter est au scénario. C’est son baptême du feu dans cette série. Je dois dire que j’ai été directement conquis par son avoir faire, sa façon de mener son récit, d’adjoindre dans l’histoire les différents éléments qui vont faire prendre la sauce. J’ai vraiment été emballé par l’histoire. C’est un mixte de tout ce que le lecteur de la série attend : des  personnages historiques (Fidel Castro, Che Guevara, Ernest Hemingway,…), la révolution castriste, un complot nucléaire, la Cia, le FBI, la dictature de Batista et ses sbires, la mafia cubaine, l’affairisme américain,…Ajoutez-y la découverte d’un site archéologique sous-marin (un vestige de l’Atlantide ?). Mélangez avec de l’action, un dessin précis, le cadre historique de 1958, et vous aurez un album captivant. De plus, les dialogues ne sont pas à rallonges. Juste ce qu’il faut !

 

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.

 

 Ce duo inédit nous vaut un des meilleurs « Lefranc » de la série, période « post Jacques Martin au dessin ». C’est un très bon signe pour l’avenir. Espérons que le duo sera reconduit.

 

 

Dessin :               8,0/10

Scénario :           9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

 

Capitol.

 

Lefranc, Cuba libre, Regric, Seiter, Jacques Martin, Casterman, 09/2014.

 

06/09/2014

CEUX QUI ME RESTENT...

Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014Dessin : Laurent Bonneau - Scénario : Damien Marie

Editions Grand angle

Sortie 27/08/2014

152 pages -Cartonné

Prix conseillé : 21,90 €

ISBN : 9782818931882

Alzheimer, maladie, société, famille.

 

Résumé (de l’éditeur) : Un voyage en Alzheimer. Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus. La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs…

 

Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014

 

 

Mon avis : Samba vient me rendre visite avec quelques albums sous le bras. « -Je t’amène tes lectures ! » Il me tend cet album de chez Grand Angle, un album imposant, à la couverture épaisse, de 152 pages. « -Cela parle de la maladie d’Alzheimer. Ce n’est pas joyeux-joyeux !» Merci pour l’info ! Je feuillette rapidement. Première réaction : « Pas grave, ce sera vite lu ! »

Des grandes cases, peu de dialogues ou alors relativement court. Un graphisme oscillant entre un dessin hyperréaliste et des esquisses parfois inachevées comme si on avait gommé une partie du dessin comme la maladie d’Alzheimer gomme les souvenirs…Cela ressemble par moment à un chantier mais dans le sens positif du terme. Il y a une logique dans le travail mais les auteurs ont laissé tomber par moment la finition. Ce chantier, c’est le cerveau de Florent qui a 70 ans et souffre de cette maladie qui progresse de jour en jour. Il a une fille, appelée Lilie, qu’il a perdue de vue. Il se remémore un incident qu’il a réellement vécu sur une malle qui relie la France à l’Angleterre alors que celle-ci n’avait que 5 ans. Il l’avait perdue de vue un court instant  avec toute l’angoisse qui l’a tenaillé, craignant le pire. Plus tard, Lilie, il ne la verra plus depuis qu’elle a 20 ans. C’est le clash, elle s’en va vivre avec son copain. Le père et sa fille ne se parleront plus.

Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014

 

Depuis que Florent est malade, Lilie s’occupe de son père, essaye de renouer les liens mais Florent est déjà gravement atteint par la maladie et ne la reconnait plus. Il essaye pourtant de remettre en place les bribes de ses souvenirs qui s’effacent un à un.

L’histoire est pathétique. Le nombre de gens touchés de loin ou de près par la maladie d’Alzheimer ne fait qu’augmenter. Les familles et les proches trinquent aussi. C’est l’histoire de cette lente déchéance de tous les jours qui est racontée…

Laurent Bonneau est au dessin (il a réalisé Métropolitan chez Dargaud). Certaines planches sont superbes, surtout celles qui décrivent cet étrange voyage maritime en pleine tempête. Le dessin et les couleurs ont été adaptés aux périodes du récit mais cela reste dans les teintes claires. C’est remarquable.

Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014

 

Le scénario de Damien Marie (Back to perdition, Parce que le paradis n’existe pas, etc…) n’est pas des plus joyeux et portant, en fin d’album, le lecteur va quand même trouver une petite lumière dans cette grisaille qui fait que l’histoire n’est pas uniquement tragique, noire. Cette petite touche qui donne une fin positive à un récit difficile mais combien poignant.

C’est le genre d’album que vous allez détester ou aimer. A vous de choisir… Moi, j’ai choisi. J’ai aimé cet album qui a le mérite de bien parler d’un sujet sensible.

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Ceux qui me restent..., Marie, Bonneau, Grand Angle, 08/2014

 

04/09/2014

JEROME K. JEROME BLOCHE - Tome 24:L'ermite.

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014Dessin & scénario : Dodier

Editions Dupuis

Sortie 22/08/2014

56 pages -Cartonné

Prix conseillé : 12,00 €

ISBN : 9782800157580

Polar, Thriller, Drame.

 

Résumé (de l’éditeur) : Mandaté par un notaire pour remettre une lettre à un vieil homme domicilié dans un village officiellement disparu, du côté de Grenoble, Jérôme va devenir, sans le vouloir, le messager d'un drame intime et familial encore à vif. Ancien détenu, condamné pour un double meurtre, Antoine Oliveira vit en ermite dans les ruines d'un village rayé des cartes administratives trente ans auparavant, avec son chien comme seul compagnon. Dans cette fameuse lettre, écrite par un mourant, réside une vérité que le vieil homme devra affronter.

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014

 

Mon avis : Je vais encore me répéter mais il y a des répétitions qui font un bien fou ! Le dernier Jérôme K Jérôme Bloche est épatant comme à l’accoutumé…

Heureusement,  Dodier a le chic pour se renouveler au niveau du scénario et pour varier les plaisirs. Cette fois-ci, notre personnage principal quitte son quartier et son petit bureau de détective pour se rendre dans le sud de la France et mener à bien une mission  qui s’avèrera délicate. Mais rien n’arrête Jérôme K Jérôme, même prendre l’avion, lui qui déteste cela…

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014

 

Le voilà mêlé à une sombre histoire d’erreur judiciaire qui date des années ’60 et dont il sera sans le vouloir le messager, le détenteur de la vérité. Une histoire de famille, un secret bien gardé, qui a perduré pendant de trop longues années. Il s’agit ici d’une histoire digne des tragédies antiques mais traitée avec tact par l’auteur, tout en finesse.

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014

 

L’histoire se déroule sur deux plans qui progressent de façon parallèle. Les années ’60 à l’origine du drame et dans des couleurs sombres d’une part, la période actuelle pendant l’enquête de Bloche avec des couleurs vives. Le lecteur peut ainsi s’y retrouver sans problème dans la progression de l’intrigue à travers ces deux époques. Dodier a donc résolu son espace « temps » par les couleurs. Le dessin est dans la tradition de ce que nous livre, album après album, Dodier : maîtrisé, dépouillé, précis. Bref, c’est du franco-belge dans toute sa splendeur avec toutes les informations délivrées au bon moment, dans un découpage bien pensé. Au final, un plaisir de lecture renouvelé. Dès que je suis entré dans l’histoire, c’est vraiment difficile de lâcher l’album avant la fin.

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014

 

Il s’agit probablement d’une des séries les plus abouties du journal de Spirou, grand public, sans violence gratuite et dans un bon goût de bon aloi. Vous avez compris, j’ai bien aimé !

 

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Jerôme K. Jérôme Bloche, L'ermite, Dodier, Dupuis, 08/2014

 

31/07/2014

Amère Russie - tome 1 - Les Amazones de Bassaiev

amère russie,amazones de bassaiev,ducoudray,anlor,bamboo,grand angle,guerre,tchétchénie,russie,femmesamère russie,amazones de bassaiev,ducoudray,anlor,bamboo,grand angle,guerre,tchétchénie,russie,femmesScénario : Aurélien Ducoudray

Dessin : Anlor

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

date de sortie : juin 2014

48 pages + 8 pages de dossier

 

 

Résumé (éditeur)

Au milieu des années 1990, une mère russe tente de survivre en vendant des DVD pirates dans le métro de Moscou. Elle est sans nouvelles de son fils militaire en opération en Tchétchénie. Un jour, elle lit le nom de Volodia sur une liste de prisonniers. Il est aux mains des Tchétchènes. Au même moment, Bassaiev, le général ennemi, annonce par voie de presse qu’il relâchera ses prisonniers si leurs mères russes viennent les chercher. Sans moyens, n’écoutant que son courage, son petit chien fantasque sous le bras, elle prend la route vers cette région en guerre pour aller chercher son fils...

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Au milieu des années 90, la Russie d'Eltsine ne s'est pas encore totalement émancipée du Soviétisme et a besoin de se prouver qu'elle est encore forte et puissante. La Tchétchénie, comme de nombreuses républiques de l'ancienne URSS, a soif d'indépendance. Ajoutons à cela la situation géographique plaçant le pays sur la voie des oléoducs, source de luttes d'influences entre Américains et Russes, et nous avons tous les ingrédients pour faire un conflit des plus sanglants. C'est la première guerre de Tchétchénie, de 1994 à 1995.

Qui se souvient 20 ans après de cette guerre qui n'a eu lieu qu'à un jet de pierre de l'Europe ? Une guerre courte mais très violente et très meurtrière pour les populations civiles, dans laquelle la Russie s'est embourbée et a laissé aussi quelques plumes.

Il y aura une deuxième guerre en 1999-2000, encore plus radicale, avec Poutine côté Russe et quelques chefs comme Bassaïev se revendiquant djihadiste côté Tchétchène.

 

Aurélien Ducoudray (Békame, Clichés de Bosnie, the Grocery) nous rafraichit la mémoire en nous présentant ce conflit à travers le regard de femmes : celui d'une mère prête à tout pour sauver son fils, et celui d'une combattante Tchétchène prête à tout pour la liberté de son peuple. Mais tout n'est pas si simple ou si manichéen dans ces guerres. Il n'y a pas véritablement de "bons" ou de "méchants" ; tous les belligérants peuvent faire partie des deux catégories et sont capables de barbarie faisant dans tous les cas payer aux civils le prix le plus fort des dommages collatéraux.

C'est ce que découvrira cette mère-courage, qui sera plongée au cœur du conflit et fera des rencontres aussi fortuites qu'improbables pour arriver à ses fins.

 

 

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Aurélien Ducoudray réussit l'exploit de nous immerger dans le chaos Tchétchène en nous arrachant quelques sourires et parfois même quelques rires, sans pour autant édulcorer les horreurs du conflit. En créant ce personnage un peu candide mais déterminé accompagné de Milyi, ce petit chien savant, il apporte une vraie touche d'humanité et d'espoir au récit même si celui-ci s'assombrit au fil des pages.

Le dessin semi-réaliste d'Anlor renforce cette dimension dédramatisante du propos sans tomber toutefois dans le piège de la caricature. Les visages expressifs, les décors fouillés et la mise en scène précise s'accordent parfaitement au rythme de la narration, elle-même ponctuée de dialogues percutants faisant mouche à tous les coups.

"Les Amazones de Bassaiev" mêle habilement fiction et réalité en donnant la part belle à l'humanité au sein d'un conflit trop vite oublié et en donnant le premier rôle aux femmes, qu'elles en furent victimes ou actrices.

Suite et fin dans le tome 2, attendu avec impatience.



amère russie,amazones de bassaiev,ducoudray,anlor,bamboo,grand angle,guerre,tchétchénie,russie,femmesMa note : 8,5/10

Loubrun

03/07/2014

XIII MYSTERY - Tome 7: Betty Barnowsky.

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014Dessin : Sylvain Vallée  - Scénario : Callède

D’après la série XIII de Jean Van Hamme et William Vance

Editions Dargaud

Sortie 13/06/2014

56 pages

Prix conseillé : 11,90 €

ISBN : 9782505061236

Aventure, polar, thriller

 

Résumé (de l’éditeur) : Obligée de retourner dans l'enfer de la jungle du San Miguel en compagnie de Carrington, Betty tombe aux mains de SPADS déserteurs, restés fidèles à Mac Call. Dans cette nouvelle épreuve, Betty retrouve ses réflexes de femme d'action, mais doit aussi faire face à un enjeu bien plus dramatique, car elle cache au fond d'elle un lourd secret qui la lie pour toujours à... XIII !

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

Mon avis : Retour sur la série spin-off de XIII. Fort décriée par certains, encensée par d’autres, je suis plutôt d’avis de dire que la qualité est parfois inégale d’un tome à l’autre. Il faut bien dire que le concept de la série est de reprendre un personnage de la série principale (autre que XIII) et d’approfondir sa vie, son œuvre pour donner un autre éclairage au personnage et éventuellement à la série. Certains personnages sont anecdotiques dans la saga et n’amène rien ou pas grand-chose. D’autres, par contre, sont beaucoup plus intéressants et amènent un éclairage différent à l’intrigue, à la problématique de XIII. C’est ici que l’on peut mesurer le talent des auteurs qui se lancent dans ce défi car cela reste un défi de se frotter aux personnages de Jean Van Hamme et William Vance et d’amener quelque chose d’inédit, de nouveau.

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

Callède au scénario et  Sylvain Vallée (Il était une fois en France) se sont lancé sur la piste de Betty Barnowsky, qui n’est pas un personnage anecdotique de la série. L’action se passe après le tome 5 de la série XIII, intitulé « Rouge total », dans le premier cycle de XIII.

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

On retrouve dans le récit quelques  personnages principaux de la série. Certains sont en arrière fond et suivent à distance. D’autres sont impliqués directement dans l’action. Carrington réussit à faire reprendre du service à Barnowsky dans le but de liquider les SPADS déserteurs qui se sont réfugiés dans la jungle du San Miguel. Mais pas de chance, ils vont se faire piéger et tomber entre les mains des fourbes. Ils vont passer un très mauvais moment qui est raconté dans cette histoire. Le lecteur va découvrir en même temps un secret personnel que garde pour elle Betty Barnowsky…

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

Cet album nous vaut un vrai récit d’action où l’enfer vert est très bien rendu. Avec des personnages bien typés, où les salauds sont de vrais salauds, les rebondissements sont légions, la mécanique est fine et bien huilée. Je dois dire que je me suis vraiment bien amusé à lire ce 7eme tome et que je le recommande à la lecture. En plus, les couleurs de Marie Marquebreucq (quel talent !) sont extraordinaires et rendent bien l’ambiance de la jungle et de l’action qui ne manque pas tout au long des planches de Vallée.

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

Bref, le duo Vallée-Callède s’en sort avec les honneurs. Epatant !

 

Dessin :             8,5/10

Scénario :          8,5/10

Moyenne :          8,5/10

 

Capitol

 

XIII mystery, Vallée, Callède, Van Hamme, Vance, Dargaud, 06/2014

 

28/05/2014

L'AVIATRICE - Tome 1: Nora.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.Dessin : François Walthery & Bruno Di Sano - Scénario : Etienne Borgers

Editions Paquet

Collection cockpit

Sortie 28/05/2014

48 pages

Prix conseillé : 13,50 €

ISBN : 9782888905691

Aventure, aviation.

Résumé (de l’éditeur) : 1935. Nora Stalle, pilote intrépide et expérimentée, est employée par Air Zénith sur ses liaisons postales aériennes. La compagnie veut frapper un grand coup publicitaire : un raid aérien vers l’Extrême-Orient, et choisi Nora pour être la pilote du Caudron Simoun spécialement équipé pour cette aventure. Un nouveau mécanicien lui est assigné comme compagnon dans le raid, Théo Norville. Un mécano doué qui se révèle vite avoir du tempérament, une grande gueule, libertaire, avec un penchant marqué pour la bouteille...

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Mon avis : Nous avions eu l’information à  titre confidentielle depuis de nombreux mois mais il y avait embargo sur l’information : « François Walthery travaille sur un projet pour la collection Cockpit de l’éditeur Paquet ». Natacha, l’hôtesse de l’air, continue sa vie chez Dupuis mais voici maintenant une jeune aviatrice, Nora Stalle, qui va sévir chez Paquet. François Walthery, un monument de l’école de Marcinelle, multiplie les collaborations avec différents éditeurs. Pour ce projet, il s’est adjoint la collaboration de Bruno Di Sano, qui a déjà collaboré avec lui sur « Rubine ». Les dessinateurs liégeois se sont mis au travail. Le café Braham à Cheratte-Hauteurs, près de Liège, le quartier général de Walthéry, bruisse de rumeurs, des croquis apparaissent,…Bref, la « Walthéry connection » s’est mise à l’œuvre avec cette décontraction bien liégeoise…

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Il parait qu’ils ont beaucoup transpiré pour réaliser les avions. Il faut préciser que leur travail est supervisé par le directeur de la collection Cockpit, à savoir Romain Hugault, grand spécialiste des avions. Le scénario a été concocté  par Etienne Borgers. Walthery et lui se sont connus pendant leur service militaire. Ils ont déjà collaboré sur Natacha avec plusieurs histoires dont « La mémoire de métal » mais aussi le diptyque « Instantanés pour Caltech » suivi de  «  Les machines incertaines ». Nous avons donc une équipe rompue à ce genre de travail, très professionnel.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

L’histoire se passe en 1935, période pendant laquelle « Air France » se développe. « Air Zénith » qui emploie Nora Stalle, décide de faire un raid aérien vers l’Extrême-Orient (Paris-Moscou-Shanghai) pour se faire de la publicité et contrer l’hégémonie de son concurrent. Vient se greffer sur l’histoire le contexte politique de l’époque avec l’Allemagne d’Hitler et la Russie soviétique. Cela nous vaut bien des péripéties bien avant le départ réel du Raid…On y retrouve bien entendu des personnages bien typés, un humour toujours présent, une petite touche bien liégeoise avec un détour vers l’aérodrome de Bierset-Liège. Des petits détails bien en rapport avec l’esprit qui anime les créations de Walthery. Une bonne histoire, de la grande aventure, bref, une histoire qui va intéresser et passionner le grand public.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Il semblerait que Walthery a fait le découpage et le premier crayonné et que Di Sano a fignolé le tout. Au niveau graphique, cela ressemble fort aux derniers « Rubine » dont les collectionneurs s’arrachent maintenant les albums qu’on trouve difficilement en librairie. A noter également qu’il existe une version limitée à 1450 exemplaires contenant les planches crayonnées et noir et blanc (96 pages – 25,00€).

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Au final, je me suis bien amusé à lire ce premier album. Nora est en route pour Shanghai mais il faudra attendre le prochain tome pour connaître la suite. Une nouvelle série de Walthéry, c’est toujours un événement que je vous conseille de découvrir illico presto !

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

Le site internet de Paquet : ICI.

 

Capitol

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.