07/05/2010

Majipoor, T2:L'ile du sommeil.

Majipoor2MajipoorAuteurs : Jouvray et Ratte.
Editeurs : Soleil (cherche futurs).

Le périple continue.
Les uns après les autres, les compagnons de Valentin comprennent qu’il est le véritable Coronal de Majipoor. Ils réalisent surtout qu’un usurpateur a pris le trône et que l’avenir de la planète est en danger. Pour retrouver son identité et reprendre ce qui lui appartient, Valentin va devoir trouver du soutien auprès de la Dame de l’île du sommeil, sa mère, celle que tous les habitants de Majipoor vénèrent telle une déesse. Pour l’approcher, il faudra à Valentin de la patience, de la persévérance et surtout, il devra prouver qu’il a l’étoffe d’un prince.

Dragons droit devant.
Monsieur  Ratte, tout d’abord vous venez de vous faire un très grand fan. Déjà que je trouvais le monde  de Majippor très richement illustré avec des personnages très originaux et des décors somptueux mais  nous dessiner Carabella en vahiné, j’ai la langue jusqu’à terre. Ma qué bella !!!
Avant de débuter ce tome 2, j’ai relu avec plaisir le tome initial ce qui est toujours bon signe. Et  cette « ile du réveil » se révèle encore meilleure aussi bien au niveau du dessin que de l’histoire .Au début, on est secoué par les nombreuses scènes d’action, on peut dire que ça barde. Vous serez même invité à faire de la biologie sur une espèce assez rare et de l’intérieur de surcroit. Ensuite, on monte, on effectue une ascension plus spirituelle.  Par rapport à un Lanfeust , Majipoor est nettement plus « adulte » malgré qu’on y trouve aussi quelques touches d’humour.
Bref, j’ai passé un très agréable moment avec Valentin et ses « jongleurs ».Une série que je recommande chaudement pour tout amateur d’HF.

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23/04/2010

Interview de Julie Maroh.

dyn008_original_350_498_jpeg_2551150_a067b74459de1702c149dd7cfa6c0ce2Suite à mon coup de cœur  pour le bleu est une couleur chaude , j'ai pris contact avec Julie Maroh pour une petite interview.
Et voici le résultat .Bonne lecture .



1-J’ai lu sur ton blog que  Le bleu est une couleur chaude, c’était 5 ans de ta vie .Un parcours du combattant pour pouvoir éditer ta première BD ou un esprit perfectionniste ?
En fait, j'ai commencé ce projet quand j'étais encore en études et je ne pouvais qu'y consacrer mon temps libre entre les cours. Il a donc fallu plus de trois ans pour l'écriture et le découpage du récit, lentement mais sûrement, et puis ensuite le temps de réalisation de l'album. Je ne pense pas que ce soit une question de perfectionnisme, mais juste les circonstances. Et puis j'ai eu pas mal de périodes de creux où je n'arrivais rien à produire.

2- N’as-tu pas eu des craintes par rapport au thème de ta BD qui parle de l’homosexualité féminine ?
Non, pas du tout. J'espère juste qu'on ne croira pas que l'histoire vise un lectorat bien défini, je n'ai pas créé ce discours pour un public lesbien.


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3- Penses tu que ta BD apportera une petite brique au regard que portent les gens sur l’homosexualité ?
Justement, c'est plutôt pour cela que je l'ai écrite, et donc pour tous ceux que j'aimerais convaincre. Je n'ai aucune certitude sur le poids qu'aura l'album publiquement mais quand je reçois des commentaires ou des mails de lecteurs qui me rapportent l'effet qu'a eu la BD sur eux et/ou sur d'autres personnes, je suis rassérénée.

4-Beaucoup d’émotions passent par des regards ou de petits gestes .C’est cet échange d’émotion que tu voulais partager avec le lecteur ?
Quand j'écris je ne pense pas au lecteur. Ça m'influencerait beaucoup trop, je crois! Pour ce qui est de la retranscription des émotions, j'avoue que c'est une des choses que je préfère travailler en BD. L'avantage de la jonction entre textes, images, blancs. Et pour ce récit en particulier, la découverte de ses propres sentiments et la connection qu'on éprouve vis-à-vis de l'autre sont un pilier de l'album. Regards, gestes et subtilités en sont donc une réalité à traiter.

5- ça fait quoi de lire autant de louanges et d’avis positifs ?
Plaisir, bien sûr! Les seuls avis que je reçois sont ceux des lecteurs qui postent des commentaires sur le blog, ou m'écrivent par email. Et puis évidemment mon entourage, certains libraires... Mais au-delà je ne sais pas quel accueil reçoit le livre à grande échelle, et je ne lis pas les critiques en ligne. J'espère juste qu'il puisse toucher un large public, j'entends: un public varié.



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6- Quelle est la part d’autobiographie pour ce Bleu est une couleur chaude ? Je parie que c’est une question qu’on te pose souvent (désolé) ?
On me pose souvent la question oui. J’ai l’habitude de répondre que la première source d'inspiration d'un auteur c'est soi-même, mais que ça ne veut pas dire qu'on parle de ce qu'on a vécu. On est obligé de se transposer dans la narration, de ressentir, de réfléchir à ce que pensent et décident nos personnages, et pourquoi. En fait c'est un boulot de schizophrène!
On est donc obligé de pouvoir se projeter, ça demande un peu de vécu mais surtout de l'imagination je pense.
Donc la part d'autobio' de l'album... elle est inexistante dans la forme, mais présente évidemment dans le message que je veux faire passer, dans ce que je pense de l'amour, et le pouvoir que j'y attribue.


7- Que peut-on te souhaiter pour le futur?

Continuer à me goinfrer de chocolat sans chop
Cper de caries.

Un grand merci à Julie Maroh pour avoir accepter cette interview.

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16/04/2010

Le bleu est une couleur chaude.

bleu11Auteure : Julie Maroh.
Editeur : Glénat.



Cheveux au vent.
La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres.

Mon coup de cœur.
Voilà bien une BD que j’aurais « oubliée » sans le coup de cœur de BDgest pour cet album. Comme le dessin  tout en douceur et expressif me plaisait bien, j’ai tenté l’aventure bleutée .Je dois avouer que mon choix  a aussi  été facilité par le coté assez sulfureux de certaines scènes. Je commence donc ma lecture et je me dis tout de suite qu’on ne va pas rigoler beaucoup .Mais bien vite, je suis ravi par la sensibilité du scénario et du dessin, quelle osmose d’ailleurs entre les deux. Les moments où les regards se croisent, où les mains se frôlent sont d’une justesse rarement vu dans le monde du 9 ème art. Et puis sans jamais tomber dans la caricature, on suit les difficultés de Clémence à accepter sa différence, à la faire accepter aussi, à combattre ses démons intérieurs et à réaliser ses rêves. Malgré la fin assez tragique mais ça on le sait tout de suite en début d’album, c’est presque en paix et surtout ému qu’on ferme cet album d’exception. Une parenthèse de fragilité, de douceur qui contraste avec le tourbillon des premières passions amoureuses.
Pour un premier album, Julie Maroh nous gratifie d’un coup de maître.
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23/11/2009

Murena, T7 :Vie des feux.

murena7murena7.1Auteurs : Dufaux et Delaby.
Editeur : Dargaud.

L’étincelle.
Rome, en juin 63 après J.-C., Néron vient de perdre sa fille Claudia Augusta, à l'âge de 4 mois. Pendant ce temps, aux marches de l'Empire, des Juifs défient Rome et l'empereur s'interroge sur Pierre, leur maître.

1, 2,3 feux !
Pas besoin de tourner autour d’un feu de joie pour constater que Philippe Delaby embrase toujours les pages avec à son dessin flamboyant .Il nous a concocté une nouvelle flambée grâce à l’excellence de ses fourneaux. A coté du chef, Jérémy Petiqueux entretien la fournaise avec ses couleurs chaudes comme la braise. C’est au milieu de ce foyer d’artificiers que Jean Dufaux enflamme son scénario avec une ardeur incandescente. Brulée notre morale moderne sur l’autodafé des mœurs romaines. Le tisonnier de la bestialité est agité dans ce brasier où l’empereur Néron sort de notre imaginaire collectif pour se présenter sous un couché de soleil nettement plus complexe que nos idées reçues.
Il vous reste à allumer le feu pour incendier positivement ce 7 ème opus de Murena pour mieux comprendre toute la beauté de cette machination antique.
Allez tous avec Johnny …allumez le feu…..
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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (5) | Tags : bd, neron, dargaud, dufaux, murena, delaby, 9 10, vie des feux, t7 |  Facebook | |

18/10/2009

Les ensembles contraires, 2ème partie.

EnsembleContraires2ensemblescontrairesles2_plaAuteurs : Kris, Eric T. et Nicoby.
Editeur :Futuropolis.

Le noir
Hôpital de Brest 1994. Christophe retrouve son ami Éric, en séjour psychiatrique, suite à sa tentative de suicide. Il essaie de comprendre les motifs qui ont poussé son ami à commettre ce geste. Des raisons, Éric en a beaucoup : une mère alcoolique, un problème d'illettrisme, qui le met en marge de la société. Rien de bien réjouissant dans tout cela. Dans le même temps, Christophe est entré à la fac. Il s'est plongé à corps perdu dans les études et a perdu un peu le contact avec son ami. Jusqu'à cette tentative...Dès lors, Christophe et Éric se retrouvent. La famille de Christophe prend Éric sous son aile et la vie reprend peu à peu son cours normal... c'est le temps des filles et des premiers amours. Et c'est au tour de Christophe de plonger dans une histoire compliquée... et c'est au tour d'Éric d'épauler, à son tour, son ami...
Mon blanc.
Le sujet de cette BD peut sembler banal : l’amitié .Mais voilà, c’est écrit et dessiné avec tellement de cœur et de sentiment qu’il est quasi impossible de rester de marbre face à ce petit bijou d’émotion. Cette autobiographie des 2 scénaristes vous rappellera certainement à un moment votre propre jeunesse, le temps des sorties, des premiers amours, vos espoirs, vos peurs ou vos premiers pas dans la vie d’adulte. Au final, une lecture avec une qualité narrative indéniable accompagnée d’un dessin  percutant. On peut discuter sur son coté esthétique mais il faut l’avouer, le trait de Nicoby est en parfaite symbiose avec le récit. Grace à une colorisation et un cadrage adéquats, on suit parfaitement les états d’âmes de nos deux amis. Pour faciliter votre lecture, il vous faudra simplement être attentif aux dates au début des chapitres.
Bref, encore une belle réussite de la part de Kris et de Futoropolis qui enchaine les excellences. Bravo à eux et vive le 1er février.
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04/08/2009

La memoire dans les poches, 2 ème partie.

memoireanslespochest2Auteurs : Le Roux et Brunschwig.
Editeur :Futuropolis.

Souvenirs.
Voilà plus de trois ans maintenant que Sidoine Letignal a disparu, emportant avec lui l’enfant abandonné par Malika, la jeune sans papier.
Malika, que la police française a expulsée, a dû repartir en Algérie.
Pourquoi Sidoine a-t-il agit ainsi ?
Pourquoi a t-il abandonné sa femme et son fils ?
Où est-il donc allé avec le nourrisson?
Autant de questions restées sans réponse durant toutes ces années.
De son côté, Laurent est retourné vivre chez sa mère, Rosalie. Celle-ci a sombré dans la dépression. Le jeune homme timide est devenu un jeune romancier en vue. Son dernier polar est salué par la critique. Il a même droit à sa première émission littéraire à la télévision. C’est pour lui une occasion inespérée de lancer un appel à d’éventuels témoins, afin de découvrir ce qu’est devenu son père.
Débute alors un voyage qui va conduire Laurent sur les traces du disparu et qui va lever le voile sur bien des mensonges et des oublis faits au sein de sa famille.

Mes notes.
Cet album a été élu meilleure BD du mois  de juin sur ce blog, ça devait suffire à vous convaincre non ? Vous vous attendez que Samba  aie à contre courant comme d’habitude? Et bien, c’est raté, j’ai comme souvent avec les albums de Brunschwig apprécié la justesse des émotions qui jaillissent de cette BD.C’est terriblement humain, touchant par moment, sans oublier la touche social  qui amplifie encore les propos. Dans le premier tome, on suivait Sidoine, on sortait des clichés des cités à problèmes avec une touche d’espoir. Pour le tome 2, on est maintenant dans les pas de Laurent, notre anti héros, plus mature et pragmatique. Pour le dernier tome, on suivra peut être la quête de Rosalie ? On verra, mais ce qui est sûr c’est qu’on retrouvera  les flashbacks qui sont la marque de fabrique de Brunschwig.
J’ai aussi apprécié la grande fluidité du récit aussi bien du point vue de la narration que pour la mise en page. De ce coté, Le Roux nous livre un dessin en harmonie avec l’histoire, tout en nuance et en subtilité. J’ai aussi apprécié de voir des personnages réels avec de vrais gueules. Et oui, le monde n’est pas peuplé que de bimbos blondes à fortes poitrines mes amis !
J’ai néanmoins noté une inflation incroyable en trois ans, le tome un 15.9 Euro pour 88 pages et ce tome deux, 16 Euro pour 71 pages. Par les temps actuels, ce n’est pas un détail.
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23/07/2009

Oh les filles, deuxième partie.

OhLesFilles2_19062009_125747ohlesfilles2_plaAuteurs : Lepage et Sophie Michel.
Editeur : Futuropolis.


Les tumultes.
Chloé, Agnès et Leila ont grandi. Leila a perdu sa mère, et l’arrivée dans le foyer familial de Soraya, la deuxième épouse de son père, perturbe ses sentiments. Agnès, en butte à l’indifférence de ses parents, se réfugie peu à peu dans la révolte et la fugue. Chloé, en revanche, s’épanouit un peu plus chaque jour dans la danse et le bonheur d’une mère aimante.
Les premières règles, les premiers émois, les premiers rapports sexuels, les premiers chagrins : la vie chahutée de trois amies qui s’éveillent à l’amour…
Ma lecture.
A la lecture du résumé, on pourrait croire à une histoire nunuche digne des pires séries telle que Hélène et les garçons. Mais non, on en est franchement très loin, c’est sensible, touchant et passionnant à lire. Cette chronique sociale nous narre le quotidien de 3 destins de jeunes femmes : Agnès la rebelle (j’ai failli mettre Gnès , une habitude certainement Clin d'oeil) , Chloé la passionnée et Leila la réfléchie .Je pense que beaucoup d’entrevous trouveront un intérêt à suivre ce dytique car il vous parlera . C’est loin d’être toujours rose mais c’est ça la vie, il faut parfois surmonter les obstacles.
Sur mon premier avis, je disais qu’il était parfois difficile de discerner deux des héroïnes. Franchement avec un peu de concentration, elles sont facilement identifiables. Il suffit d’ouvrir un peu nos yeux  pour remarquer l’excellent travail de Lepage .Il arrive à retranscrire les émotions d’une très belle façon. Un dessin bien en osmose avec le récit. Je n’oublie pas la colorisation toujours aussi inspirée et nous avons là une BD qui j’ai lue avec envie.
Voilà, je classe bien vite « oh les filles » au panthéon de mes meilleures BD surtout qu'elle est dédicacée..
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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : 1, michel, 9 10, sociale, oh les filles, lepage, futurolopis |  Facebook | |

16/06/2009

Un Zoo en hiver, Taniguchi.

UnZooEnHiver_29052009_161425zoo en hiverAuteur :Jirô Taniguchi.
Editeur :Casterman (écrtitures)


Son inspiration.
Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi, employé d’une société de textile en gros, n’a pas la fibre de la plupart des gens de son âge. Plutôt que de fréquenter les clubs de sport, il préfère assouvir sa passion du dessin en allant croquer sur le vif les animaux du zoo de la ville. Mais même ce dérivatif ne suffit pas à combattre l’ennui qu’il ressent. Dès l’année suivante, sollicité par un ami de lycée, Hamaguchi part pour la capitale, Tôkyô. C’est là, un peu par hasard, que sa route croise celle d’une communauté professionnelle un peu particulière: celle des auteurs de bande dessinée, les mangakas…


Mon cœur bat.

C’est un peu comme le Beaujolais, on a droit à un millésime Taniguchi chaque année. Fini le contemplatif(le promeneur), le mangaka favori de Casterman nous livre ici son récit le plus personnel mais sans être totalement une biographie. Vous suivez les débuts dans le monde des adultes de Hamaguchi , un jeune assistant d’un célèbre Mangaka. C’est comme à chaque fois avec cet auteur japonais, subtil, nostalgique et tout en douceur. Vous ne trouverez pas dans cette histoire du sang et des tripes mais seulement les doutes, les espérances et les habitudes d’un jeune japonais voulant trouver son chemin vers son idéal. Bienvenue au pays des sentiments et des émotions .Ca peut paraitre un peu paradoxale dans un pays où tout est souvent caché mais connaissons nous réellement les mœurs du soleil levant ? C’est certainement aussi pour cette raison que cette lecture nous apporte ce dépaysement, cette déconnection car  ce pays reste intrigant pour les occidentaux que nous sommes.
Je me suis dit à la fin de ce manga, que la vie est la plus belle des histoires. Dire qu’il va falloir attendre un an pour avoir ma dose de Taniguchi si salutaire pour mon bonheur.
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SAMBA

Mon avis de Capitol: Nouvel ouvrage du plus européen des Mangakas, Jirô Taniguchi. Ce récit, en partie autobiographique, raconte les débuts d’un jeune homme qui monte à Tokyo pour embrasser la profession de ses rêves, dessiner des mangas. Rapidement engagé dans un studio réputé, il se retrouve plongé dans un univers qui ressemble plus à l’usine, avec ces échéances à respecter coûte que coûte, avec les nuits blanches et tout le toutim…L’enrichissement personnel fait vite place à la frustration des cadences soutenues et l’impossibilité de se concentrer sur son projet personnel. C’est donc toute cette industrie qui nous est décrite par le détail. Mais Taniguchi ce n’est pas uniquement un témoin d’une époque et d’une profession. C’est aussi un maître dans l’art de raconter une histoire par les petits détails qui semblent de premier abord anodins mais qui donnent au final un éclairage tout à fait différent de l’univers manga. Le vécu du héros principal est analysé tant au niveau psychologique qu’au niveau sentimental. La motivation et le comportement de chacun est bien développé, ce qui donne une proximité du lecteur avec les personnages mais aussi une fluidité dans la lecture déconcertante. C’est là qu’est tout le talent de l’auteur…Rendre une histoire simple mais profonde. Je retrouve ici, mais à un autre niveau, l’étude psychologique des personnages que j’avais déjà trouvée dans «  le sommet des Dieux », une histoire d’alpinisme où la montée de l’Everest n’était qu’un prétexte à un autre défi, le dépassement de soi. J’ai retrouvé ici les mêmes valeurs…Le dessin est toujours du même niveau, très lisible mais aussi  européanisé. On n’y retrouve pas les poncifs graphiques bien connus du style « mangas ».
J’ai dévoré ce livre en moins d’une soirée et je voudrais en savoir plus sur ces personnages très attachants. Ce n’est donc pas une japoniaiserie (sic !) de plus mais un chef d’œuvre de Taniguchi. Ce livre mériterait une suite, c’est certain. Reste à voir si le grand maître mangaka accèdera à la demande de ses nombreux et humbles lecteurs… 
9/10

Capitol.
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22/05/2009

LES AVENTURES DE SPIROU ET FANTASIO- T5/ Le Groom vert-de-gris.

spirouetfantasiouneaventurespirouetfantasiouneaventure05Dessin : Schwartz - Scénario : Yann
Editions Dupuis.

Résumé (de l’éditeur) : 1942. Bruxelles est occupé. Spirou, groom au Moustic Hôtel qui a été réquisitionné par les Allemands, et Fantasio, journaliste au quotidien LE SOIR "volé", se reprochent mutuellement leur trop grande proximité avec l'Occupant.
Mais ce que Fantasio ignore, c'est que Spirou, sous le nom de code d'écureuil wallon, est en fait un membre très actif de la Résistance.
Le colonel Von Knochen, principal locataire du Moustic Hôtel, s'apprête justement à piéger un des plus importants réseaux de la résistance belge.
Spirou parviendra-t-il à empêcher ce diabolique coup de filet ? Et réussira-t-il à échapper aux soupçons du colonel et aux griffes des Nazis ?

Mon avis : Attention, chef d’œuvre ! Cette série « les aventures de Spirou et Fantasio » permet à certains auteurs de bandes dessinées de réaliser un rêve le temps d’un album, « leur » Spirou. C'est le tour de Schwartz et Yann de s'y coller…avec succès.
Olivier Schwartz est un dessinateur français autodidacte qu’on peut classer dans un dessin type « ligne claire ».Quand on voit son graphisme, on pense directement à Yves Chaland et plus particulièrement au « Petit Albert », un album truculent qui raconte la vie d’un ketje des marolles…La filiation est évidente d’autant plus que Chaland avait des projets avortés de reprise de Spirou avec un certain scénariste du nom de… Yann. Or, Yann est le scénariste de cet album. Il est Français et installé en Belgique, belgolâtre et Brusseleer d’adoption, grand admirateur de la bande dessinée belgo-belge. Son scénario date en réalité d’il y a plus de 20 ans. L’éditeur n’en voulant pas à l’époque, il est resté dans un tiroir dans l’attente d’un moment plus propice. Avec la surproduction éditoriale actuelle, le principe de la série a pu voir le jour et a permis de ressortir le projet…Comme quoi, il n’y a pas que du négatif à la surproduction…On fera également le parallèle avec le « Spirou, journal d’un ingénu » d’Emile Bravo, sortit il y a peu de temps et dont l’action se passe à l’époque très proche de l’avant-guerre. Spirou et Fantasio ressemblent à la période Rob-Vel. Mais, les éditeurs jurent qu’il n’y a pas eu préméditation et que ces similitudes sont le fruit d’un pur hasard.
Le graphisme est un vrai régal pour les yeux…Dans chaque case, attardez-vous sur les détails…Cela vaut son pesant d’or…Vous y trouverez pleins de clins d’œil aux anciens de la bandes dessinées, héros et dessinateurs, des détails belgo-belge (par exemple, le boucher qui fait du marché noir a les traits de Paul Vanden Boeynants, l’ancien boucher et ministre, aujourd’hui décédé), des références à des films tel que « la traversée de Paris » avec Bourvil et Gabin, Cela fourmille à toutes les pages…
Yann s’est surpassé…Les dialogues sont savoureux, teintés de bruxellois, de jeux de mots,…
En plus, il a intégré dans sa narration des détails historiques véridiques comme l’attaque de l’immeuble de la gestapo, avenue louise à Bruxelles, par un pilote belge de la RAF, Jean de Selys Longchamps. Ou encore, le débat qui a suivi à la libération pour savoir si Hergé avait collaboré en publiant Tintin pendant l’occupation dans « Le Soir » volé…
C’est vif, c’est intelligent, c’est bien torché, c’est instructif, c’est amusant…Vous pouvez vous y plonger sans retenue, ce serait vraiment dommage de passer à côté d’un tel opus !…
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Capitol.

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19/04/2009

Le cycle d'Ostruce , Désillusion.

CycleDostruceLe3_21032009_082523Planche_bd_11630_CYCLE D'OSTRUCE (LE)Auteurs : Dubois et Pona.
Editeur : Le Lombard.

La guérison.
Gravement blessée, Ajjer doit être soignée de toute urgence. Entre la vie et la mort, son esprit erre dans les limbes du souvenir. Souvenir d’une époque où sa foi en l’Empereur Dragon était absolue, au point de lui sacrifier les siens sans hésiter. Hospitalisée au cœur d’un sanatorium dont les profondeurs recèlent les pires égarements de l’Ancien Régime, la dormeuse ne va pas tarder à ouvrir les yeux. Et une femme trompée ne pardonne jamais…

Mon electro-choc.
Voilà donc le 3 ème épisode des aventures d’Ajjer, l’amazone Drak, et de la un peu et parfois beaucoup sorcière Tatiana. Cette série mélange uchronie (la Russie tsariste) et le fantastique avec un brio certain. C’est très plaisant à lire, parfois un peu alambiqué (il faut savoir lire entre les cases) mais l’univers crée est envoutant à souhait et on garde un sentiment très positif quand on ferme son album. Que vous ouvrirez quasiment immédiatement pour admirer l’évolution graphique du suisse Christophe Dubois tellement son trait est agréable à contempler. En plus, la mise en page et les couleurs (ah ces mélanges de gris et de rouge) sont au diapason du dessin .Bref, c’est du tout bon et pour moi, Dubois vient de faire son entrée chez les tous grands.
Alors amateurs de fantastique, il est grand temps de ne plus snober le cycle d’Ostruce et de mettre cette BD en première sur votre liste d’achat.
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