05/12/2017

Ces jours qui disparaissent

ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10Scénario : Timothé Le Boucher
Dessin : Timothé Le Boucher
Éditeur : Glénat
192 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : roman graphique, fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

"Sérieux ? tu serais assez vicieux pour trafiquer la date partout juste pour gagner ton pari ?"

 

Mon avis

Entre récit fantastique et chronique sociale psychanalytique, ce roman graphique de 192 pages se pose comme un ovni dans les rayonnages des librairies.

Lubin, jeune artiste de cirque s'aperçoit un beau jour qu'il ne vit qu'un jour sur deux. Pourtant, ses amis le voient les jours où il n'est pas là. Ils le voient mais ça n'est pas lui, même si c'est le même corps et s'il habite au même endroit. Cet autre Lubin ne reconnait pas ses amis, n'est pas artiste de cirque et se demande même au début ce qu'il fait là.

S'instaure alors un dialogue entre les deux Lubin via une webcam. Les deux se découvrent, apprennent à se connaitre, à cohabiter. Ils s'organisent. Tout va bien jusqu'au jour où l'autre Lubin prend de plus en plus de place et de jours au vrai Lubin. Mais finalement, qui est le vrai Lubin ?

La frontière entre le fantastique et la schizophrénie s'étiole au fil des pages et de l'histoire. Timothé Le Boucher lance une foule de questions existentielles en décrivant par le détail le quotidien de ses personnages, les ancrant avec force dans la vie réelle. On voit naitre alors le conflit entre les deux Lubin qui ont des personnalités radicalement différentes et opposées. Les contraires souvent s'attirent et parfois s'opposent et se repoussent.

Le malaise est grandissant au fil des pages, pour les personnages et pour le lecteur qui finissent par se demander qui est le vrai Lubin.

L'auteur n'apporte pas vraiment de réponse, c'est là tout l'intérêt et l'essence même de ce livre. Les questionnements sur l'identité, la place dans la société, l'aliénation du travail et l'ambition, le regard des autres et l'utilité que la société veut bien accorder à l'un ou à l'autre, la culpabilité, occupent de plus en plus d'espace dans le récit et dans la tête du lecteur.

Sommes-nous bien à notre place dans la société, et sommes-nous vraiment ce que nous voulons être ? La société n'exerce-t-elle pas trop de pression sur chacun d'entre nous pour nous mettre dans des cases des quelles ont n'aurait pas trop intérêt à sortir ? Avons-nous tous la même utilité dans la société ? A chacun de trouver sa réponse...

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Les 200 pages s'avalent d'un coup. Timothé le Boucher a trouvé le truc pour simplifier la narration : on ne voit jamais l'autre Lubin, si ce n'est dans les échanges vidéos. Si ce parti pris permet de simplifier la lecture, il permet aussi de semer le doute auprès du lecteur sur la dualité et la vraie personnalité du personnage. C'est très fort, et jusqu'à la dernière case le doute subsiste. L'autre point fort est l'art de l'ellipse poussé à son paroxysme. J'ai rarement vu dans une BD les blancs entre les cases avoir autant d'importance et prendre autant de place dans le récit. L'ellipse est un élément majeur de la narration en BD, et elle est ici maitrisée à la perfection.

C'est d'un trait léger, fin et aéré que Timothée Le Boucher met son histoire en images. Sans fioritures il décrit un univers précis donnant à son récit une dimension très réaliste. Avec ce style, il installe une autre dualité dans la lecture : un dessin léger et épuré pour une histoire complexe et grave.

Avec Ces jours qui disparaissent , Timothé Le Boucher nous offre l'un des plus intrigants albums de cette année, mais aussi l'un des plus réussit.

 

 Loubrun

 

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25/11/2017

Dans l'antre de la pénitence

Couv_312628.jpgPlancheA_312628.jpgScénariste : Peter J.Tomasi

Dessinateur : Ian Bertram

Coloriste : Dave Stewart

Éditeur : Glénat Comics - 192 pages

Genre :Western - Drame

Sortie : le 25 octobre 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels...

 

Mon avis :

Vous tenez en vos mains un titre susceptible de se classer parmi les meilleurs albums de cette année 2017. Dans l'antre de la pénitence vous plonge vers les tréfonds de l'âme, de manière subtile et sans retour possible. Ici, tout se résume à la folie, forme de voyage psychédélique, se déroulant essentiellement en huis-clos. Toutefois sachez que les premières pages, voire le premier chapitre, risquent fort d'en décevoir plus d'un...laissez donc sa chance à ce titre qui se veut progressif, pour atteindre un point culminant, pour lequel bien des auteurs devraient s'inspirer.

Deux personnages se rencontrent, chacun au passé douloureux. D'une part, Warren Peck, forme de mercenaire pour l'état qui compte à son actif des dizaines de victimes hommes - femmes et enfants. Il tente néanmoins de trouver refuge pour se remettre d'une sale blessure, suite avec un  duel avec un indien. D'autre part, une femme aussi originale que troublante, qui se nomme Sarah Winchester, figure centrale de ce récit, est l'une des filles du richissime vendeur d'armes, portant le nom célèbre. Bien qu'ayant une fortune colossale, elle ne peut que verser des torrents de larmes sur son sort : une petite fille morte de maladie et son pauvre mari quelques mois plus tard dans des circonstances bouleversantes. Cette veuve vit avec l'espoir de conjurer les mauvais sorts : son défunt mari, certes homme protecteur et richissime gagnait son pain par le sang. Le sang appelle le sang, et Miss Winchester décide non seulement de rénover son château fort dans lequel elle vit, mais est bien décidée à y mettre le prix fort.

La chambre de ses défunts est pour elle symbolique. Elle leur parle de vive voix, perd la raison, obligeant ses ouvriers de construire des couloirs ne menant nulle part, et des portes face aux murs. Les ouvriers, sans trop se poser de questions obéissent, ils sont logés, nourris et travaillent à coup de marteau qui résonnent en permanence.

Le bruit sec de ces outils de travail reflète l'ambiance glauque de cet ouvrage. 24 heures sur 24, des relèves viennent remplacer les équipes en place pour travailler en ces lieux. Les ouvriers, pour la plupart ont de sacrés antécédents - criminels - voleurs - violeurs, qu'importe, la dame qui les engage ne prête qu'une seule considération : s'atteler à leur tâche, et abandonner à l'instant de leur entrée en ces lieux toutes armes à feu. Miss Winchester se sent responsable des armes utilisées par sa famille, de la richesse acquise, et trouve un nouvel itinéraire dans sa réalité, réalité que n'accepte pas sa sœur, qui tente de l'amadouer...en vain.

Peter Tomasi livre avec "Dans l'antre de la pénitence, une offrande pour nous spectateurs, qui une fois pris au piège de cette lecture carnivore, s’illustre de manière brillante. Le scénariste revient sur une période de la vie de son héroïne, ou celle-ci perd complètement le sens des réalités. Avouons-le, c'est du très grand travail d'auteur même si à plus d'un moment, on perd pied, sans trop comprendre le sens précis requis...force est de constater que le lecteur retrouve son sens d'équilibre et continue la partie dans un dédale parapsychologique, style Hunter S Thompson.

Graphiquement, c'est peut-être là ou le bas blesse le plus. Ina Bertram se cherche, et crée un style proche d'auteurs de la gamme de poissons pilotes. Déstructuré, anarchique, envoutant également, on a l'impression que les protagonistes ont été propulsé d'une balançoire et atterrissent des kilomètres plus en avant. Et que dire de ce sang qui se répand de page en page : chimères de l'esprit torturé, visions d'esprit qui hantent les occupants, ou tout simplement réalité d'un passé tragique. A vous de voir! Quoi qu'il en soit, voici une BD dont des génies comme Fritz Lang, de son vivant ou Jodorowsky pourraient se réjouir.

 

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Coq de Combat

 

17/10/2017

Corto Maltese - tome 14 - Equatoria

corto maltese t14.jpgcorto maltese t14_pl.jpgScénario : Juan Diaz Canalès
Dessin : Ruben Pellejero
Éditeur : Casterman
76 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

1911, entre Venise et les jungles d'Afrique équatoriale, Corto recherche le « miroir du prêtre Jean », un mystérieux objet rapporté des croisades. Sur sa route, il croise trois jeunes femmes aux destins étrangement complémentaires : Aïda, journaliste entreprenante, Ferida, exploratrice en quête de son père disparu, et Afra, ancienne esclave.

 

"- Je ne vois aucun intérêt à devenir un héros de papier!

- Pauvre Corto ! Comme si on pouvait choisir ... "

 

 

Mon avis

Juan Diaz Canalès et Ruben Pellejero remettent le couvert deux ans après la reprise des aventures de Corto Maltese et leur beau premier album Sous le soleil de Minuit.

S'attaquer à ce mythe de la BD et prendre la succession d'Hugo Pratt n'est pas une chose facile tant le personnage de Corto est devenu une icône même au delà du monde de la BD. Le succès du premier album des deux auteurs Espagnols montre qu'ils ont abordé avec une grande intelligence ce défi éditorial. On peut aussi toutefois relativiser ce succès en le mettant sur le compte de la curiosité. Bah oui ! Un nouveau Corto écrit et dessiné 20 ans après la mort de Pratt, forcément ça suscite la curiosité. On pourrait donc penser que ce premier tome a bénéficié d'un engouement hors norme dû au statut particulier de Corto et de Pratt dans l'univers de la BD.

C'est donc sur le deuxième tome de la reprise – le quatorzième de la série – que l'on va commencer à pouvoir juger du succès ou non de la poursuite des aventures de Corto Maltese par le duo espagnol.

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Prenant le parti dès le départ de la continuité du style originel de la série, autant dans la narration que dans les histoires racontées et dans le graphisme, l'éditeur et les auteurs n'ont pas forcément choisi la voie la plus facile.

Pourtant, avec ce volume ils transforment l'essai de fort belle manière en apportant leur patte personnelle tout en mettant encore un peu plus leurs pas dans ceux du Maître. Dans ce récit d'aventures nonchalantes (il n'y a pas de grandes scènes d'actions ni de grand souffle épique, juste un héros flegmatique qui va où le porte son aventure) on retrouve le ton des premiers albums de la série, notamment La ballade de la mer salée ou Les Ethiopiques.

Il y a de l'aventure bien sûr, mais aussi de la poésie, une once de fantastique et de mystique, des drames humains, quelques bastons avec coups de feu, le tout sur une toile de fond historique puisque Corto Maltese se retrouve ici au centre de tous les trafics du colonialisme et de l'esclavagisme et qu'il va croiser la route d'éminents personnages tels que le jeune politicien Winston Churchill, le trafiquant Henry de Monfreid, ou encore l'esclavagiste Tippo Tip.

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Comme toujours Corto a son idée en tête : la quête d'un trésor improbable (pour Corto la quête est plus importante que le trésor). Quête qui le mène de Venise à Zanzibar et sur le lac Victoria en passant par l’Égypte après avoir frôlé son île natale de Malte. Et Comme souvent, ses plans seront modifiés, contrariés, et il se retrouvera mêlé à des histoires qui à priori ne le concerne pas.

Aventurier, séducteur, pirate, trafiquant, Corto peut tout être tant que c'est lui qui décide de se laisser porter par un vent de liberté qu'il chéri plus que tout.

 

Cet album est une réussite, dans la veine des plus beaux albums de Pratt. Il y aura bien des esprits chagrins pour n'y voir là qu'une bonne mais pâle copie cherchant à appliquer soigneusement une recette ou a suivre un cahier des charges, comme dans la reprise de Blake et Mortimer. Un cahier des charges, il n'y en a pas, comme le révèle le directeur éditorial de Casterman Benoit Mouchart dans le tout nouveau numéro des Cahiers de la BD : "Ni l'ayant droit ni Casterman n'a souhaité imposer un style graphique ou une chronologie dans laquelle l'action doit se dérouler." J'y vois moi en effet un des plus beaux hommages qui soit, en continuant à faire vivre ce héros de papier en l'intégrant de plain pied dans l'univers créé par Hugo Pratt et dont on finit par se demander s'il n'est pas finalement fait aussi d'un peu de chair et de sang.

 

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Ruben Pellejero, qui était déjà bon sur l'album précédent, donne l'impression ici de se glisser dans la peau de Pratt. On n'est pas dans la copie du style – il suffit pour s'en convaincre d'ouvrir en parallèle les premiers albums de Pratt – mais plus dans la reproduction et la réinterprétation d'une ambiance. Il y a bien sûr des attitudes du marin ou des profils qui donnent une impression de "à la manière de", mais à y regarder de près et notamment dans les décors, on s'aperçoit que Pellejero fait bien du Pellejero et ne cherche pas à imiter Pratt. Cet habile mélange de précision et d'épure donne aux planches de Ruben Pellejero une puissance évocatrice assez proche de ce que l'on ressent à la lecture des planches d'Hugo Pratt.

Les puristes préfèreront sûrement la version noir et blanc qui délivre encore plus de force. Ceci étant, la version colorisée ne démérite pas. Les couleurs sont douces, chaleureuses et lumineuses et ne mangent jamais le trait permettant d'en apprécier quand même la puissance évocatrice.

Voilà donc une relance de série très réussie et dont je risque d'attendre avec frénésie chaque nouveau tome.

 

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la version noir et blanc

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30/09/2017

Etienne Willem - art book

etienne willem, art book, illustration, dessin, croquis, 07/2017,9/10etienne willem, art book, illustration, dessin, croquis, 07/2017,9/10
Dessin : Etienne Willem
Éditeur : Paquet
96 pages
Date de sortie :  juillet 2017
Genre : art book

 

 

 

Mon avis

Connu et reconnu pour sa série L'Epée d'Ardennois, le travail d’Étienne Willem gagne à être encore plus connu, comme en témoigne sa nouvelle série, les Ailes du Singe. Particulièrement talentueux dans le registre animalier et dans la caricature, ce qui souvent va de pair, il est aussi amateur de pin-up, de Steampunk et du XVIIIè siècle.

En plus de nous dévoiler pléthore de dessins préparatoires, de croquis, d’illustrations, de recherches et de dessins faits juste pour le plaisir, cet art book nous révèle un auteur complet, c'est à dire capable d'écrire des histoires aussi bien qu'il les dessine. En témoignent ces quelques projets inachevés comme "l'Apothicaire de Hollowpitt", une histoire se déroulant au XVIIIè siècle et dont nous découvrons ici 8 pages de crayonnés très aboutis d'une qualité remarquable. Des crayonnés, on en voit pleins dans ce beau livre. C'est à mon sens la partie la plus intéressante, car c'est dans cette étape du dessin que se révèle tout le talent de l'artiste. On y voit tout. Les traits de construction du dessin, les lignes de fuite, les proportions, les essais, les ratages, les premiers traits jetés pour créer les formes, puis le crayonné final qui n'attend plus que l'encrage. Un vrai régal pour les yeux !

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Cet art book nous révèle un auteur aux talents multiples, et il permet de prendre la mesure du travail accompli par les dessinateurs en jetant un œil dans les coulisses de leur atelier et parfois dans les profondeurs de leurs tiroirs. Une question m'est venue à l'esprit en refermant ce livre : combien de projets restent dans le noir des cartons à dessins pour un qui est mis en lumière ?

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Si ce genre de livre permet de faire tourner un peu les projecteurs, alors ils valent vraiment le coup d'être publiés et qu'on s'y attarde, car, comme les écrivains écrivent pour être lus, les dessinateurs, eux,  dessinent pour être vus.

Loubrun

 

 

 

 

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19/07/2017

Le Troisième Gédéon T2

sans-titre.pngPlancheA_305699.jpgAuteur : Taro Nogizaka

Éditeur : Glénat

Manga Seinen

208 pages - Historique

Sortie : le 7 juin 2017

 

 Avis de l'éditeur :

 

Pour rentrer auprès de sa fille, Gédéon est prêt à subir les pires tortures. Et pour venir au secours de celui-ci, Georges est prêt à défier la famille royale elle-même. Mais le passé qui lie ces deux hommes recèle encore de nombreux secrets. Pour Georges, qui a renoncé à être aimé, Gédéon est un être à part, un autre lui-même qui vit une vie qu'il ne connaîtra jamais…

 

Mon avis :

Quelle maîtrise! C'est tout bonnement jouissif de constater l'aisance et la fluidité avec lesquelles Taro Nogizaka démontre l'étendue de son talent!

D'un point de vue scénaristique, non seulement nous avons droit à une trame ô combien prenante, mais à d'incessants retournements de situations totalement fascinants.

Finalement, certains nobles pourraient provenir de la plèbe dés leur naissance, et vice versa...afin de leur donner une chance de salut, pour métamorphoser une France en décomposition.

Gédéon Aymé et le Duc de Loire ont chacun un passé qui dépasse le simple fait d'amitié, l'un a été recueilli orphelin, l'autre issu de famille noble, mais qu'en serait-il si les rôles venaient à s'inverser?!

Ce second tome révèle le potentiel déjà présent dés le début de série, tout comme pour La Tour Fantôme, on ne peut qu'être totalement aspiré d'intérêt par un tel phénomène.

D'un point de vue graphique, peu à redire, si ce n'est un encrage épais mettant en relief des protagonistes tâchés de violence, de colère et de fourberie, ainsi qu'un découpage altérant entre scènes figées et gros plans.

Tout simplement brillant, l'une des séries phares du catalogue mangas de chez Glénat.

 

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Coq de Combat

 

08/07/2017

Samurai T11 : le Sabre et le Lotus

51J9LomG+bL__SX357_BO1,204,203,200_.jpg01.jpgScénariste : Jean-François Di Giorgio

Dessinatrice : Christina Mormile

Éditeur : Soleil

48 pages - sabre et épée

Sortie : le 7 juin 2017

 

 

Avis de l'éditeur :

 

La vie de Takeo va être bouleversée. Il rencontre la belle Sekiyo, son amour de jeunesse. Mise en confiance par leur histoire commune, elle lui demande de l'aider à retrouver Kozaemon, son fiancé, disparu depuis peu. Takeo, en souvenir d'une romance passée, accepte et se lance à la recherche de l'être cher. Takeo ne réalise pas encore combien sa vie va bientôt être bouleversée...

Mon avis :

 3 lignées majeures de clans se déchirent le territoire : les Abe; les Haji et les Kusakabe.

Jiro Kusakabe, l'un des plus influents shogun du pays mariait son fils à la princesse Omi.

Les festivités allaient bon train, jusqu'à ce que des tueurs du clan Haji tentèrent d'assassiner la princesse. Fort heureusement, la fine lame de Takeo ne tremble pas face à l'adversité et réduit l'ennemi en bouillie.

Du coup, son excellence Jiro Kusakabe permet au samurai de travailler pour lui, en lui proposant le poste de maitre d'armes.

Cherchant à marier son fils quoi qu'il advienne, il informe Takeo d'un conclave des familles nobles, rien ne doit bouleverser l'équilibre des 3 familles.

Sa mission consiste à exterminer ces ninjas, déjà prêts à renouveller des offensives.

Travaillant en solitaire, il abandonnera temporairement sa bien-aimée, Sayuri. Cette dernière, méfiante qu'il s'agisse d'une autre femme le prend en filature jusqu'à ce que tous deux soient pris en tenaille par des ninjas...

La série Samurai s'impose comme une des meilleures séries du genre, du moins par des auteurs de chez nous.

Fidèle en tous points au style "sabre et épées", on retrouve les éléments qui contribuent à la réussite de cette saga :

Palanquins, geishas, duels sanguinaires, clans cherchant à gagner la moindre parcelle de territoire, saké, lotus, divinités bouddhiques...

Jean-François Di Giorgio relate une époque qui fascine notre mode de vide occidental. Proche du cinéma nippon, on ressent son influence tirée des maîtres du genre tels que Akira Kurosawa (Ran, les 7 samouraïs...); Takashi Miike ( Hara-Kiri...); ou encore proche d'un cinéma HK comme Tsui Hark, pour ne citer que lui.

Quant à Christina Mormile, on ne peut que longuement s’attarder sur ses dessins, tout simplement magistraux!

Quelle artiste de prestige! C'est bien simple, chacune de ses planches sont synonymes de pur chefs-d’œuvre!

Elle peint la misère et le crime avec une telle présence, donnant à ces situations délicates une âme à part. Une poésie extrême proche de la quintessence.

Et ses protagonistes rayonnent qu'ils soient du côté de la justice ou non. Petit clin d’œil pour ses geishas (qui d'après Takeo semblent être de bas étage mais qui donnent plus qu'envie...)

 

La saga Samurai est un Must dans son genre! A lire, à conseiller et à collectionner!

 

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Coq de Combat

 

13/06/2017

Lazarus -tome 5 - génocide programmé

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017Scénario : Greg Rucka
Dessin : Michael Lark
Éditeur : Glénat comics
124 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : thriller, anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

Quinze familles contrôlent le monde. Ça fait quatorze de trop.

 

Alors qu’elle a pris le contrôle de la Famille depuis la maladie de son père, Johanna Carlyle cherche à contre-attaquer Hock en Amérique du Nord. Il lui manque son arme la plus redoutable, sa sœur, le Lazare de sa famille : Forever. Mais il existe une autre Forever Carlyle. Elle a onze ans et a été fabriquée pour remplacer l’ancien modèle. Elle n’est pas encore prête. Pire encore, le secret sur son existence a été compromis. Le Lazare Sonja Bittner sait et compte bien remédier au problème. Un génocide est programmé...

 

 

 

"Puis informez le général Valeri que nous avons retiré le premier Lazare et que l'invasion alliée de l'Europe peut commencer"

 

 

Mon avis

Ce thriller d'anticipation sorti de l'imagination de Greg Rucka et de Michael Lark est toujours, au bout de 5 volumes, aussi passionnant, éprouvant, bluffant et anxiogène.

L'arme ultime de la famille Carlyle, le lazare Forever, est sérieusement amoché et momentanément hors d'état de nuire à quiconque. Le problème c'est que la guerre est totale entre les différentes familles, et il est inenvisageable pour les Carlyle de se passer de Forever. Elle sera retapée, c'est sûr, mais en combien de temps ?

Ce cinquième opus un peu moins enlevé que les précédents n'en demeure pas moins fascinant par son lot de révélations sur les personnages notamment. Le bras armé, qui semblait indestructible grâce à une technologie bio-médicale avancée, se révèle faillible et en proie au doute. Des révélations sur ses origines en sont la cause et pourraient bien à l'avenir bouleverser la donne dans la guerre de pouvoir que se livrent les familles. Les cartes pourraient également être rebattues au sein même de la famille Carlyle grâce, où à cause de Johanna qui assure l'intérim de son père et prend des décisions pour le moins surprenantes. Mais avec Greg Rucka aux manettes, on ne sait jamais jusqu'à quel niveau de manipulation il peut mener ses personnages. Je pense que l'on n'est pas au bout de nos surprises et que l'on peut s'attendre à de multiples rebondissements à venir. Le suspens et la tension restent entiers, et les secrets révélés sur Forever ne font que renforcer la curiosité du lecteur et l'envie de poursuivre cette intrigue au plus vite.

Un des meilleurs thriller d'anticipation du moment, animé par une intrigue complexe et fascinante par sa dimension politico-sociale digne des plus belles œuvres anticipation.

Loubrun

 

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lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

 

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

 

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les autres tomes

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30/03/2017

amour, passion et CX diesel - Intégrale

amour passion et cx diesel.jpgamour passion et cx diesel_pl.jpgScénario : Fabcaro
Dessin : James
Éditeur : Fluide Glacial
287 pages
Date de sortie :  15 février 2017
Genre : humour

 

 

Présentation de l'éditeur

Quand Cynthia a annoncé que Harold, son mari, était souffrant, le sujet de la succession a aussitôt agité leurs quatre enfants et conjoints, Brandon (et son épouse Jessifer), Bill, Pamela (et son mari Tony), et Jean-Mortens. Et notamment la question qui brûle toutes les lèvres : qui va hériter de la CX diesel que tous convoitent ? À partir de ce pré-supposé, Fabcaro (Les Nouvelles Aventures de Gai-Luron, Zaï Zaï Zaï Zaï...) et James (Dans mon open space, À la folie, Comme un lundi, Hipster than ever...) s'en donnent à coeur joie : alliances, retournements de situations, émotions, coups bas ...

 

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Mon avis

Éteignez la télé, et bannissez a tout jamais de vos programmes favoris Sitcoms et autres soap opéra inter-minables qui racontent les affres et déconvenues de familles improbables. Finis aussi les rires en boites ponctuant les saynètes de ses séries sketch et kitsch qui auront fait rire (ou pleurer) des générations.

Fabcarro est passé dans le coin et vous garanti au volant d'une bonne vieille CX Diesel, de francs et revigorants éclats de rire, des vrais, qui vous appartiennent et que vous partagerez forcément avec votre entourage.

 

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Il faut dire que la famille Gonzalès dont il est question ici, vaut son pesant d'or au royaume de la beaufitude, de l'absurde et de la crétinerie. Les personnages sont tous magnifiquement plantés et il n'y en a pas un pour rattraper l'autre : Cynthia, la mère idiote qui ne comprend rien à rien ; Brandon, patron abruti et égocentrique d'une boîte de nuit d'un autre âge ; sa femme Jessifer, nymphomane à ses heures ; Bill, prétentieux inculte ; Pamela, un brin égoïste et son mari Tony, crétin alcoolique et chômeur mythomane. Et puis il y a Jean-Mortens, franchement moins con que les autres, métisse homosexuel qui à l'air d'être dans cette famille comme un chien dans un jeu de quilles. Sa situation sera sujette à des gags désopilants et affligeants devant les réactions des siens, plus bêtes que méchantes, lors de son coming out et lors de sa quête d'identité. Enfin Harold, le père, point de convergence de toutes les attentions, dont on se demande finalement s'il a vraiment Alzheimer tant c'est le seul à avoir de temps en temps des propos censés. Ce qui ne l'empêche pas, ceci étant, de lancer aussi quelques vacheries bien placées. Bref, nous avons là un bel aréopage d'abrutis à côté des quels les Bidochons font figure d'érudits.

 

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Fabcarro est un brillant conteur et il met en scène tout ce petit monde comme s'il mettait en scène une pièce de théâtre, où s'il réalisait une série télé. Le titre est d'ailleurs suffisamment évocateur pour comprendre de quoi il retourne. Construit comme les séries télé, avec plusieurs fils conducteurs sur lesquels la caméra se pose tour à tour, Fabcarro met en scène la vie courante et les relations familiales en créant plusieurs petites intrigues autour du principal sujet : l'héritage de la CX.

Ainsi, derrière la façade de ces gags en 6 cases d'un humour débridé aux dialogues finement ciselés et délicieusement acerbes, se terminant systématiquement par une chute ou le non-sens est la règle absolue, se cachent des sujets sensibles et réels comme les relations de famille, l'adoption, le rapport à l'argent, la chirurgie esthétique, le racisme, l'homosexualité, le machisme, la maladie, l'alcoolisme, le chômage, la dépression, et j'en passe des graves et des cocasses…

Cette famille insupportable dans son univers (im)pitoyable, James réussit à nous la rendre sympathique en dessinant des personnages anthropomorphes. Ce style, combiné à des couleurs douces et chaleureuses, apporte une forme de tendresse dans la violence qui anime les protagonistes. Et puis cela permet de rester dans l'humour décalé sans tomber dans le mépris. La simplicité du dessin et la mise en scène épurée sont totalement au service du texte. Faisant l'économie de décors, les personnages occupent tout l'espace et sont représentés en pied avec juste deux ou trois accessoires afin de «toujours mettre en avant les dialogues ciselés écrits par Fabrice» comme le fait remarquer James dans le making-of qui termine cette intégrale.

Amour, passion & CX diesel, c'est la série qui vous fera aimer les Sitcoms et Citroën ! Ou pas ...

 

Loubrun

 

 

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17/03/2017

LaoWai T1-La guerre de l’opium.

lao wai.jpg02.jpgScénario : Alcante et LF Bollée.
Dessin : Xavier Besse.
Éditeur : Glénat.
48 pages.
Sortie : 4 janvier 2017
Genre : aventure historique.

 

 

 

Le résumé éditeur.
1859. L’Empereur Napoléon III et le royaume d’Angleterre préparent une nouvelle campagne contre la Chine. François Montagne et Jacques Jardin, soldats et amis de longue date, veulent à tout prix en faire partie. Mais les places sont chères. Seuls les meilleurs seront choisis... Deux mois plus tard, après une sélection et un entrainement draconiens, ils embarquent finalement pour l’Empire du milieu. 

«Ah oui ! Vous ne vous seriez pas plutôt aéré les couilles ? Vous êtes la honte de l’armée française, soldat Montagne ! »

 

Mon avis.

Je vous propose comme guise de chronique, un résumé de la conversation que j’ai eue avec Didier Swysen (Alcante) et Xavier Besse lors de la foire du livre de Bruxelles 2017.

La genèse de cette BD prend forme lors d’un voyage en Chine d’Alcante en 2011. Entre la grande muraille et la cité interdite, il entend parler de la présence de soldats français lors de la 2e guerre de l’opium. Assurément une partie méconnue de notre histoire et un sujet en or pour une aventure historique romancée. Ensuite, une partie de ping pong scénaristique s’engage avec Alcante et LFB. L’un s’occupe des consonnes et l’autre des voyelles. Plus sérieusement, le scénario prend forme et il ne reste plus qu’à trouver un dessinateur. Glénat leur présente donc Xavier Besse, sinologue de formation et passionné de la Chine. Bref, on ne pouvait rêver mieux pour illustrer avec justesse l’esthétisme chinois. Lors de mon interview, il m’a avoué avoir eu des difficultés, non pas à faire des fresques grandioses (voir page 21), mais à dessiner des scènes d’amour. Car notre héros, le soldat Montagne, est un fameux coureur de jupons. Par contre, c’est avec envie qu’il a réalisé les grands palais chinois, les paysages grandioses, l’univers marin etc.
Il s’est aussi renseigné auprès des spécialistes (la collection Osprey) pour trouver les uniformes adéquats à cette épopée. Bref, ici on ne triche pas avec les faits historiques et l’authenticité est de mise. Seule la partie avec le soldat Montagne est romancée.
3 tomes sont prévus et le second album devrait sortie en janvier prochain.
La suite va se révéler explosive car la partie diplomatique s’achève et va faire place à une guerre ouverte entre les différentes puissances.
J’en profite aussi pour demander à Didier S son actualité.
Ars Magna dont une intégrale vient de sortir. Starfuckers chez Kennes 39282640.2.jpget enfin avec Gihef et Perger , le 1er tome d’une nouvelle série concept ,Dark Muséum chez Delcourt dont le tome 1 American Gothic vient de sortir.
Je vous invite aussi à rejoindre la page Facebook de LaoWai pour avoir les dernières infos ICI.

En tout cas, une série qui commence excellemment, un pan d’histoire méconnu accompagné d’aventures hautes en couleur, j’ai adoré .

 

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Samba

Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : laowai, alcante, besse, bollee, guerre, histoire, 012017, 910, glénat |  Facebook | |

20/02/2017

Berserk T38 - Par Kentaro Miura

Berserk.pngBerserk 38.jpgAuteur : Kentaro Miura

Éditeur : Glénat

212 pages

Sortie : le 18 janvier 2017

Genre : Heroic Fantasy

 

 

Avis de l'éditeur :

Rickert et Erika arrivent à Falconia, la cité où règne Griffith. Pendant ce temps, Guts et son équipage atteignent enfin l île des elfes...

 

Mon avis :


De la patience, il en nécessite un maximum concernant le temps d'attente entre deux albums de Berserk. Lorsqu'on sait que le précédent tome datait de mi 2014... 2 ans et demi qui paraissent interminables aux yeux des nombreux adeptes de l'une des séries les plus prometteuses de tous les temps.

Créé par Kentaro Miura, la série Berserk atteindra prochainement ses 3 décennies d'existence. Disons, que les premiers volumes connaissaient une publication plus vivace, ce qui laisse un énorme point d'interrogation quant à la conclusion de la série.

L'univers de Berserk affiche des membranes multiples, variant selon l'évolution de la série. Bien qu'atteignant son 38ème opus, on se demande quand arrivera son dénouement, et si d'ailleurs, nous pourrons un jour lire sa finalité.

Ceci dit, depuis plusieurs tomes déjà, Kentaro Miura embarque le lecteur, contre toute attente, vers des contrées insolites de son univers. Son échiquier semble sans fin. Systématiquement, à chaque fois que l'on se braque sur une situation, un lieu, ou un moment clé, il possède ce don pour nous propulser ailleurs, un ailleurs fort lointain, comparable aux ailes du faucon, la troupe de Guts ou encore ce personnage emblématique qu'incarne Griffith.

 

Mélange de styles absolus, la série se démarque par une avalanche d'éléments, qui une fois superposés ou alignés les uns à la suite des autres, mettent en scène une fiction hors normes!

Notons entre autres la magie, l'univers médiéval, la sorcellerie, les champs de bataille, l'inceste, le viol, la religion, les désirs sexuels, la violence, la pureté, la rédemption ainsi qu'un immense combat du "bien" et du "mal" émergent en permanence à la lecture de Berserk.

Côté protagonistes, une flopée d'individus se remarquent : des démons, des païens, des esclaves, des fermiers, des princesses, des filles de joie, mais nous retiendrons essentiellement 3 héros : Guts, chevalier noir, charismatique, borgne, guerrier fou, fougueux, à la lame surdimensionnée, capable de foudroyer n'importe quel ennemi. Casca, faisant partie de la troupe des Faucons, amnésique depuis son viol ainsi que Griffith, comparable à un messager libérateur de paix, mais totalement affamé de puissance et de gloire.

 

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Graphiquement, difficile de faire mieux! La touche graphique de Kentaro Miura excelle dans bien des domaines. Il s’illustre brillamment et cela depuis les premiers volumes.

Œuvre d'art à parts entières, chaque plan, chaque recoin est affiné dans la perfection même. L'ambiance noirâtre du sujet s'acclimate à l'unisson avec son contexte. Récit et graphisme se marient aisément.

Les couvertures et la qualité du papier ressortent également. Le seul bémol de ce tome (hormis son délai d'attente impensable) consiste à la quasi absence de Guts. On ne suit l'évolution de notre héros que sur quelques pages. Faudra encore attendre pour le contempler en pleine action. Espérons que cela se produise avant 2020!

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Coq de Combat