29.08.2011
L’exode selon Yona T2 : Turbulences.

Auteur : David Ratte.
Editeur : Paquet.
Sortie : 08/2011
Le rêve du Vlaams Blok.
Depuis que Moïse traîne dans les parages, rien ne va plus! L’une après l’autre, les plaies s’abattent sur la pauvre Égypte. Yona, riche conseiller de Pharaon, n’en croit pas ses yeux. Comment la première puissance mondiale peut-elle se laisser malmener ainsi par ce misérable juif, armé de son seul bâton? Mais une autre menace plane sur la petite vie tranquille de Yona… Une menace bien plus terrible que toutes les plaies de l’Égypte réunies… Cette menace s’appelle Libi.
Les dix commandements selon Yona.
1-Tu feras du boudin enfin si tu as un teckel sous la main.
2-Tu te retrouveras sur la paille si tu fabriques de la brique.
3-Tu créeras une cellule de crise si tu es une divinité sur le déclin ou alors prends du viagra.
4-Tu éviteras de glisser sur les grenouilles si tu veux manger leurs cuisses.
5- Tu resserreras les vis pour assoir ton autorité …mais ne te trompes pas de sens.
6- Si la situation est préoccupante, dis-toi bien qu’elle pourrait être pire.
7-Tu écouteras la vox populi surtout si tu envisages de travailler pour RTL.
8- Tu mettras un superlatif à ton pharaon bien aimé et pas un laxatif.
9- Si tu croises Moïse, dis lui qu’il exagère !
10-Tu liras la suite si tu veux connaitre mes origines.
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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (4) | Tags : l'exode selon yona, le voyage des peres, turbulences, david ratte, ratte, paquet, 082011, 810, humour, paradie |
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09.12.2009
L'interview de David Ratte.
David Ratte (Auteur du Voyage des pères, Toxic planet et Majipoor)a eu la gentillesse de bien répondre à quelques questions de votre serviteur.

1. Comment t'es venu l'idée de raconter une histoire sur les pères des apôtres ?
Par une belle nuit de pleine lune, le ciel s’est ouvert et j’ai reçu une vision divine. A moins que ce ne soit lors d’une promenade en forêt quand un buisson en flammes m’a parlé ! Non je plaisante !
J’ai eu cette idée un beau jour sous la douche. Bien sûr elle était le fruit de choses plus ou moins conscientes que j’avais emmagasiné dans un coin de mon cerveau : lectures, films, réflexions, associations d’idées ... Toujours est-il que l’ensemble s’est mis en place dans ma tête sous la douche (comme quoi il est bon d’avoir de bonnes habitudes d’hygiène !). En sortant de ma salle de bain, j’ai sauté sur mon ordinateur pour proposer l’idée à Pierre Paquet, mon éditeur. Je lui ai fait un premier mail avec juste le titre, puis un second avec 5 lignes de pitch. Il m’a dit « banco » et m’a immédiatement envoyé un contrat. Le voyage des pères était né !
2. Un sujet qui aurait pu être casse gueule, tu n'as pas eu des craintes vis-à-vis de réactions des « religieux » ?
Même si j’ai essayé de rester le plus neutre et le plus respectueux possible par rapport à la question de la foi, j’avoue qu’après avoir fini la réalisation du tome 1, j’ai eu une sorte de frayeur ... J’ai craint que l’album ne trouve pas son public, ni du côté croyant ni du côté athée ... Finalement j’ai été rassuré assez vite, chaque type de lecteur pouvant s’identifier à l’un des 3 pères de l’histoire. Les « religieux » m’ont même décerné le prix de la BD chrétienne !
3. Le VDP est une série avec énormément d'humour, c'est un moyen pour faire passer un message qui lui serait plus sérieux ?
Je ne sais pas s’il y a vraiment un message dans le VDP. Il y a surtout une réflexion sur certains grands thèmes : La foi, la tolérance, la relation père-fils ... Ce qui m’intéresse ce n’est pas de donner des réponses ou d’exprimer des opinions personnelles, mais plutôt de me poser des questions et d’essayer de comprendre les opinions des autres.
4. Jonas ne ressemble t'il pas à notre société actuelle?
Il me ressemble surtout à moi ! Le côté râleur, la mauvaise foi, le cynisme ... Bon, attention ! Je ne suis pas toujours comme ça ! Mais ce sont quelques-uns de mes défauts ... et quand on y réfléchit, ce sont aussi quelques-uns des défauts de la société actuelle.
5. Les percepteurs d'impôt sont ils réellement la plaie de l'humanité ?
Oulala ! Attention ! Je n’ai jamais dis ça ! Soyons clairs ! J’aime les percepteurs d’impôts ! Les percepteurs d’impôts sont mes amis !
Par contre, au 1er siècle, ils étaient plutôt mal vus. C’était souvent des Juifs qui trahissaient leur peuple en travaillant pour les Romains. Et en plus ils trahissaient aussi les Romains en détournant l’argent. Bref ils étaient considérés comme des pêcheurs irrécupérables.
6 Le tome 3 des VDP sera il l'épilogue de cette série et pour quand peut-on l'attendre dans les librairies ?
En effet, le VDP se terminera avec le tome 3. Si tout va bien, il devrait paraître au printemps ou à l’été 2010.

7. L'humour dans le VDP est vraiment excellent, est ce facile de la retranscrire dans une BD ?
En fait, je ne me pose pas vraiment la question dans ces termes. Je ne suis pas un auteur besogneux qui réfléchit pendant des heures à un bon mot ou une mise en scène.
Je travaille beaucoup à l’instinct. Les idées drôles (en tout cas, les idées qui me font rire) me viennent assez naturellement au fur et à mesure que je dessine. Je les écris rarement d’avance. J’ai besoin de voir mes personnages en situation. À ce stade, je ne me pose pas beaucoup de question. Si l’idée me fait rire ... alors je l’utilise, quitte à dévier un peu de mon canevas originel.
Ce mode de fonctionnement comporte certains risques en terme d’homogénéité ... mais je l’avoue, je ne sais pas faire autrement.
8. Pour faire la transition vers Majipoor, j'ai remarqué que c'est deux fois des femmes qui s'occupent de la colorisation, c'est un hasard ou alors recherchais-tu une sensibilité toute féminine pour réaliser la colorisation ou bien es tu un grand séducteur?
C’est un pur hasard. Sylvie Sabater m’a été présentée par Pierre Paquet, et Myriam Lavialle par Olivier Jouvray. Mais je dois reconnaître que j’apprécie de travailler avec des femmes. Et ça n’a rien à voir avec la séduction ! C’est juste que j’ai grandi entouré de femmes. Ensuite en entreprise j’ai toujours travaillé avec des femmes. Et aujourd’hui, que ce soit chez Paquet ou chez Soleil, mes interlocuteurs sont presque exclusivement des interlocutrices.
En fait, Olivier Jouvray est une sorte d’exception dans mon paysage professionnel !
9. Dans Majipoor , on découvre réellement une autre facette de David Ratte avec un dessin nettement plus réaliste, imaginatif avec tout un monde à créer de toute pièce, ça dû être un fameux challenge à relever ?
Et c’est l’une des choses qui m’a motivé à accepter ce projet. Je voulais m’ouvrir de nouveaux horizons graphiques. Au début ça a été un peu compliqué. Je n’arrivais pas à m’affranchir du style du VDP. Les premiers croquis que j’ai faits pour Majipoor étaient catastrophiques. Et puis j’ai eu une sorte de déclic. J’ai changé d’outils (j’ai abandonné le feutre au profit du pinceau japonais), j’ai changé de format de travail, j’ai arrêté de faire des croquis et je me suis lancé directement sur une planche test ... et là, ça a fonctionné !
Je ne suis pas forcément satisfait de tout ce que j’ai dessiné dans le 1er tome. Je suis très loin de maîtriser le style réaliste, mais j’apprends au fur et à mesure. Majipoor est pour moi une sorte de laboratoire dans lequel j’expérimente de nouvelles techniques graphiques et narratives.
10. Les regards de tes personnages sont remplis d'émotions, c'est un point que tu juges important pour faire passer un sentiment vers le lecteur ?
Absolument ! Pour moi l’émotion est capitale.
J’aime faire passer des choses à travers le regard de mes personnages ... alors dès que le scénario s’y prête, je me lâche !
11A. Carabella est vraiment trop mignonne, a elle un modèle dans la vraie vie ?
Hé ! Hé ! Joker !

11. Un Majipoor te prend il plus de temps qu'un VDP à réaliser ?
Oui ! Tout simplement parce que je travaille à un format 2 fois plus grand et qu’il y a 2 fois plus de cases par planche. Les planches du VDP sont au format A3 tandis que celles de Majipoor sont en A2.
12. Peux-tu nous dire comment tu travailles pour réaliser une planche ?
Je travaille à l’ancienne. Papier, crayon bleu, encrage. Rien de très original.
En dernier recours je me sers de photoshop pour quelques corrections mais ça reste assez léger. C’est un outil que je ne maîtrise pas assez pour en faire un usage intense.
Et puis, j’aime le contact du papier ...
Mon travail est bien sûr différent sur le VDP et sur Majipoor.
Pour le VDP j’écris mon scénario scène par scène en notant tout un tas de dialogues dans lesquels je pioche au moment de la réalisation finale. Je ne fais pratiquement pas de story board. Je gribouille directement sur la planche et je me lance.
Pour Majipoor je me base sur le scénario d’Olivier. Là je fais un petit story-board format post-it pour voir comment je vais tout faire rentrer. En général je travaille sur plusieurs planches en même temps et je me concentre d’abord sur les cases qui me semblent les plus importantes ou qui m’inspirent le plus. Si je bute sur une case, je la laisse de côté jusqu’à ce que je trouve la bonne idée ou le bon angle de vue. Une case crayonnée est immédiatement encrée. Par contre, en général je fais d’abord tous les premiers plans et je travaille sur les arrières plans par la suite. Cette méthode de travail peut sembler assez décousue et ferait certainement hurler la plupart des auteurs, mais c’est celle qui me réussit le plus tout en préservant au maximum la spontanéité.
13. Comment se passe la collaboration avec Olivier Jouvray ?
Très bien ! Olivier a compris que je suis moi-même scénariste donc il me laisse beaucoup de liberté au niveau de la mise en scène. Il me fournit un scénario ou chaque planche est écrite comme un roman avec dialogues et descriptifs de l’action. Mais il me laisse décider du nombre de cases, de leur forme, du rythme, etc ... et ça me convient très bien.
Pour moi la mise en scène est la partie la plus enthousiasmante du travail d’auteur, alors j’aurais du mal à collaborer avec un scénariste qui m’imposerait le nombre de cases, leur contenu exact, etc ... Je sais que beaucoup de scénaristes travaillent de cette façon, mais pour moi, c’est cantonner le dessinateur à un rôle de simple exécutant. Très peu pour moi.
Du coup, je dessine chaque planche et je ne la soumets à Olivier qu’une fois qu’elle est entièrement terminée. Je ne lui propose pas de story-board, mais un produit fini dans lequel j’ai le sentiment d’avoir tout donné. Et si ça ne lui convient pas, je recommence, je modifie, je m’adapte.
Encore une façon de faire qui peut sembler peu cohérente, mais il n’y a que comme ça que je m’éclate !

14. Connaissais-tu l'oeuvre de Silverberg avant de la mettre en BD ?
Oui ! J’ai découvert l’univers de Majipoor à l’age de 16 ans. Et depuis je suis un fan inconditionnel de Silverberg. Il fait partie de mes 2 écrivains préférés (l’autre étant Emile Zola). J’achète tout ce qu’il écrit. Chaque fois que j’entre dans une librairie, je regarde s’ils n’ont pas un Silverberg qui me manque ! Et si j’en trouve un, c’est la fête !
J’ai relu la plupart de ses romans plusieurs fois et en particulier « Le château de Lord Valentin » qui sert de base à notre adaptation BD.
Alors autant dire que quand Olivier m’a appelé pour me proposer de travailler sur cette adaptation ... là aussi c’était la fête !
15. Qui sont tes premiers lecteurs ?
Ma femme ... mes enfants.
16 Vu tes 3 séries actuelles, j'ai l'impression que tu n'aimerais pas être enfermé dans un style bien défini, vers quoi voudrais-tu ensuite te diriger ?
Un jour, un célèbre scénariste m’a dit que je devais choisir au maximum 2 styles et ne plus en sortir pour ne pas dérouter le lecteur.
Raisonner de cette façon est au-dessus de mes forces ! J’aime trop la BD pour me restreindre à un ou deux genres.
J’ai actuellement une dizaine de projets en tête et chacun correspond à un univers différent.
Malheureusement, je n’ai pas le temps de tout faire et j’en éprouve une immense frustration. Sans compter que je n’ai pas l’intention de laisser tomber pour autant les style du VDP et de Majipoor.
Bref, tout ça est bien compliqué !
Mes envies du moment vont plutôt vers le roman graphique. Je prépare actuellement 2 projets qui je l’espère séduiront un éditeur.
17 .Ton coup de coeur BD du moment irait pour ?
Pico Bogue chez Dargaud.
C’est drôle et en plus c’est joli !
Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : bd, portrait, interview, jouvray, dessinateur, majipoor, david ratte, le voyage des peres |
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06.09.2009
Toxic planet, tomes 1 et 2
L'histoire (scénario et dessin : David Ratte, couleurs : Sylvie Sabater)
56 pages de petits strips nous présentant Sam, un personnage qui comme le reste des habitants de notre bonne vieille Terre, porte un masque à gaz tellement celle-ci est polluée.
Sam, vit avec sa femme dont il n'a pas vu le visage depuis de nombreuses années à cause du masque à gaz qu'ils ne peuvent jamais retirer.
Mais c'est sans compter sur Tran, un des tout derniers écolos... qui lui y croit encore.
Tome 1 : Milieu naturel
Tome 2 : Espèce menacée
L'avis de Gnès
Le sujet est donc l'écologie, l'environnement de notre belle planète Terre... sujet traité avec beaucoup d'humour noir et malheureusement très réaliste (enfin, je n'espère pas prémonitoire tout de même !).
Je ne m'attendais pas à ce que cela soit transmis sous forme de "minis-sketchs", mais pourquoi pas...
Finalement dans cette série, nous sommes soit dans un monde parallèle, soit plusieurs générations dans le futur, à nous de choisir, dans un monde qui ne connaît pas l'air pur, les arbres, les oiseaux et qui pense même cela très dangereux pour la planète... alors que ces personnages vivent dans la pollution au point qu'ils ne peuvent pas enlever leur masque à gaz, c'est risible (un rire jaune bien sûr). Heureusement, il y a les marginaux, les écolos, qui vont essayer de se révolter ! ![]()
Dans le tome 2, les "minis-sketchs" sont un peu plus longs, on peut parler de "minis-histoires". J'ai préféré les couleurs de ce tome, c'est moins "embrumé", moins sombre, plus agréable.
En ce qui concerne le dessin, j'adhère complètement au graphisme de David Ratte.
Pour conclure
Traiter du sujet de l'écologie en montrant un monde qui prône la pollution car la population ne connaît que ça et que le "vert" leur fait peur est d'autant plus percutant que bien des discours "moralisateurs" sur l'écologie du moment.
Même si ces discours sont bien sûr indispensables pour ne pas, justement, que la fiction dépasse la réalité !! Mais aborder ce thème autrement, ça change.
Les éditions Paquet ont utilisé du papier provenant de forêts aménagées de façon durable, pour cette série. J'ai vérifié tout de suite après ma lecture... c'est la moindre des choses je trouve quand on parle de ce sujet ![]()
Ma note
8/10
Extrait planche, tome 1 :
Écrit par gnes dans La chronique de Gnès. | Commentaires (0) | Tags : paquet, milieu naturel, david ratte, sylvie sabater, toxic planet, espece menacee |
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09.07.2009
Le voyage des pères, tome 1
L’histoire (scénario, dessin : David Ratte, couleurs : Sylvie Sabater)
1er siècle de notre ère. L’arrivée d’un homme, prénommé Jésus, en Galilée va bouleverser la vie de trois vieillards. En effet, leurs fils vont suivre l’homme providentiel et devenir ses apôtres. Pensant que leur progéniture reviendra bien vite, fort est de constater qu’après plusieurs jours d’attente ce n’est pas le cas, les trois pères décident donc de partir à leur recherche. Leur tâche n’est pas simple, il faudra parcourir la Galilée et la Judée tout en restant le plus discret possible, la popularité de Jésus n’étant pas du goût de tout le monde.
L'avis de Gnès
Trois pères partent à la recherche de leurs fils, devenus apôtres de Jésus (ce sont Matthieu, Judas, Pierre et André).
Les miracles de Jésus nous sont contés rapidement, mais la véritable histoire concerne la recherche de ces fils, laissant des pères inquiets. Original.
J'ai trouvé cette BD très drôle. Ecrite dans un style contemporain, avec des mots de "djeuns" (pourtant les pères ne sont pas tout jeunes justement), cela donne un décalage sympa.
Ce n'est certes pas une BD historique classique, et je pense que c'est ce que l'auteur a voulu rendre ! C'est réussi.
Dans ce premier tome, il est surtout question du père de Pierre et André, qui se nomme Jonas, nom du tome d'ailleurs.
Pour conclure
J'espère que les prochains tomes seront à la hauteur et dans la même lignée humoristique. Une manière comme une autre de traiter ce sujet, pas toujours simple, qu'est la religion.
Ma note
8/10
Écrit par gnes dans La chronique de Gnès. | Commentaires (3) | Tags : jonas, paquet, david ratte, le voyage des peres, sylvie sabater |
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