24.11.2010
Mattéo T2:deuxième époque (1917-1918)

Auteur : Jean-Pierre Gibrat.
Editeur :Futuropolis.
Sortie :31/10/2010
La révolution.
Toujours déserteur, revenu clandestinement d'Espagne où il s'était réfugié, Mattéo passe à Collioure embrasser sa mère. Nous sommes le 1er août, jour anniversaire de la mort de son père. Le soir même, il revoit Juliette, qu'il tente en vain d'emmener avec lui. Tendre soirée désespérante sur la plage.
Le lendemain, Mattéo, accompagné de Gervasio, l'ami de son père, embarquent pour Petrograd.
La gibrationale.
Debout ! les damnés de la BD !
Debout ! les forçats de la lecture !
La bulle tonne en son phylactère,
C’est l’édition de Futuropolis.
Du tome1 faisons table rase,
Amis bédéphiles, debout ! Debout !
Le monde du 9e art va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !
C’est la BD finale
Groupons-nous, et demain,
Gibrat,
Sera le dessinateur ultime.
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Lénine, ni Léa, ni Juliette,
Mattéo sauves toi de tes idéaux !
Décrétons le bagne commun !
Pour que la vodka rende gorge,
Pour tirer l’anarchiste du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre frénésie libertaire,
Battons la révolution tant qu'elle est chaude(comme Léa) !
Le tome 2 comprime son abattement,
Le désabusement saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose à lui maintenant,
La rhétorique est un mot chantant .
C’est assez languir de sa Juliette,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de tomes sans bataille, dit-il,
Cinq, pas moins sans galère ! »
C’est la BD ultime….
Enfin presque, un album à l’image de son héros, frénétique au début, traumatisé ensuite et enfin complètement désabusé .Mais le tout admirablement dessiné par Gibrat au sommet de son art.
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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (2) | Tags : mattéo, gibrat, futuropolis, historique, 810, révolution |
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23.10.2008
Mattéo,Première époque (1914-1915)

Auteur :Gibrat.
Editeur :Futuropolis.
Le résumé.
Près de Collioure, tout appartient aux de Brignac : « les vignes, les maisons, les gens, enfin leur travail ». Mattéo et son ami Paulin « en savaient quelque chose, ils y bossaient, et dur encore ! Le pressoir n’était pas que dans les chaix ». Quant à Juliette, l’amour de Mattéo, recueillie par les de Brignac à l’âge de trois ans, elle est considérée par « eux » comme un membre de la famille. Mattéo, qui « n’avait pas envie d’être charitable » pensait qu’elle « faisait juste partie des meubles ».
En août 1914, quand éclate la guerre, cette « saleté de chien d’aveugle qui nous tirait dans la merde et bouffait nos gosses », le destin de Mattéo bascule. Fils d’un anarchiste espagnol, disparu à jamais en mer, Mattéo, parce qu’il est étranger, échappe à la mobilisation générale.
Première contradiction : alors que son ami Paulin et les garçons de son âge partent à la guerre en braillant, le jeune homme, élevé par sa mère au biberon du pacifisme, ressent confusément la honte de rester à l’arrière, avec les femmes et les vieux.
Paradoxe encore, plus insupportable celui-ci, Mattéo côtoie quotidiennement Juliette, quand celle-ci tremble pour Guillaume de Brignac, engagé dans l’aviation.
Absurdité toujours : quand, taraudé par le remords de n’être pas au front aux côtés de son ami, et meurtri par la belle indifférence de sa Juliette, Mattéo se décide enfin à rejoindre les tranchées, Paulin, lui, est définitivement renvoyé dans ses foyers…
Mon avis.
Tous aux abris, voilà le nouveau Gibrat. Je plaisante bien sûr car cette BD était attendue ardemment par les amateurs de BD car JPG est devenu une référence depuis son « sursis ».On se dit en voyant le contexte et l’amourette au début du tome, que l’auteur allait faire du « Gibrat ». Mais, en sortant nos jumelles, on s’aperçoit que le dessin est plus direct, plus crayonné, avec aussi une recherche pour des nouveaux visages. Il évolue en somme comme Mattéo au fil de l’album. Normal, à force de recevoir des coups, des obus, des claques, on n’en sort pas indemne moralement. Je me suis dit à la fin de ma lecture, voilà bien une histoire que je vais retenir longtemps, elle ne disparaitra pas de ma mémoire en un coup de fusée éclairante. Car ce récit est poignant, terriblement humain et fatalement touchant. Une rafale de métaphores fleurit aussi les dialogues qui sonnent comme une douce mélodie pour les lecteurs au garde à vous devant tant de talent.
Nous voilà donc parti pour la révolution russe pour le tome 2, un sursis pour notre Mattéo ?
Un -1 néanmoins pour le prix, 16 Euro pour une BD, ça commence à faire beaucoup.
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