24/01/2018

S.O.S. Bonheur saison2 - Volume 1

sos bonheur, griffo, desberg, van hamme, dupuis, aire libre, anticipation, dictature, dystopie, 4/10, 11/2017sos bonheur, griffo, desberg, van hamme, dupuis, aire libre, anticipation, dictature, dystopie, 4/10, 11/2017Scénario : Stephen Desberg
Dessin : Griffo
Éditeur : Dupuis
108 pages
Date de sortie :  novembre 2017
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

En 1988 paraissait le premier tome de "S.O.S. bonheur", suite de fables dystopiques qui mettaient à nu les angoisses de la société d'alors. Presque trente ans plus tard, nos craintes ont-elles changé ? C'est la question que pose aujourd'hui Stephen Desberg avec cette nouvelle saison, à la fois hommage et mise à jour de l’œuvre initiale de Jean Van Hamme. Pour y répondre, il dessine les contours d'une société conçue autour de valeurs réactionnaires extrêmes, dans un premier tome glaçant de justesse.

 

sos bonheur, griffo, desberg, van hamme, dupuis, aire libre, anticipation, dictature, dystopie, 4/10, 11/2017

 

Mon avis

Voilà donc déjà 30 ans que Jean Van Hamme et Griffo ont sorti ce chef d’œuvre de la BD d'anticipation. Ils décrivaient une société future assez angoissante où les libertés étaient sacrifiées sur l'autel du bien-être individuel et surtout collectif par un État omniprésent dans le quotidien des gens. L’État décidait de tout et se préoccupait de tout dans une forme d’ingérence exacerbée de la sphère privée.

Curieusement, 30 ans plus tard, on voit émerger de-ci de-là certaines choses imaginées par Van Hamme dans les années 80. Dans des proportions moindres, certes, mais quand même. Quand j'entends tourner en boucle les mises en gardes et mentions obligatoires à caractère moral dans la publicité ("Pour votre santé évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé", "Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour", "Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière", "Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas", "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération" , "L’énergie est notre avenir, économisons-la !" ... ), je ne peux m'empêcher de penser au chapitre "A votre santé !" dans le S.O.S. Bonheur de Van Hamme, où la police médicale contrôle tout, où le sport est obligatoire, où les médecins sont tous affiliés à l’État, où il est obligatoire de suivre les bulletins météo, où les gens possèdent des cartes de régime qui conditionnent leur menu au restaurant, où les voitures sont limitées à 50km/h et où les slogans "préventifs" et moralisateurs envahissent le quotidien : "la santé est votre bien le plus précieux, aidez-nous à préserver la vôtre", "avez-vous pensé à prendre votre température ce matin ?", "muscle qui crie chasse la maladie", "un baiser=un millions de germes. Songez-y...".

Bref, quand la réalité rattrape la fiction, il y a parfois de quoi s'inquiéter. Surtout après la lecture de cette saison 2 imaginée par Desberg et dessinée par Griffo, en souhaitant qu'ils ne soient pas aussi visionnaires que le fut Jean Van Hamme.

 

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Plus un remake ou reboot qu'une suite, cette saison 2 est construite sur le même principe narratif que la version de Van Hamme. Une suite d'histoires courtes mettant en scène des gens ordinaires en prise avec les règles absurdes de la société et d'un État totalitaire qui ne veut que notre bien. Soit-disant. Sauf que... Là où Van Hamme voyait un avenir assez pessimiste de la société, Desberg ne fait qu’exacerber des peurs actuelles en pointant du doigt la montée réelle des extrêmes et des communautarismes et en imaginant comme réponse une société ultra réactionnaire mettant en avant des valeurs morales rétrogrades. Là où Van Hamme avait ficelé un récit subtil, Desberg arrive avec ses gros sabots et nous sert un récit beaucoup plus politisé, tout en exagération et donnant l'impression d'enfoncer des portes déjà ouvertes.

6 chapitres qui traitent de la famille et de valeurs moralisatrices d'un autre temps, de l'immigration et de la préférence nationale, du libéralisme à outrance, de la sécurité et des statistiques de délinquance truquées, du révisionnisme avec la tentative de faire tomber dans l'oubli la Shoah, et de l'image des personnalités politiques avec la mise en scène d'un faux attentat sur la personne du Président, ou quand la forme est plus importante que le fond.

6 thématiques intéressantes, mais qui sont mises en avant dans des saynètes cousues de gros fil blanc, jouées par des personnages manquant cruellement de relief et d'épaisseur et finalement assez peu crédibles. En gros, il manque clairement une pointe de subtilité pour qu'on arrive à y croire vraiment, même si, c'est vrai, nos cousins outre-atlantique ont placé dans le bureau ovale un personnage qui ne renierait sans doute pas ces scénarios.

Mais là, les ficelles sont décidément trop grosses et qui plus est, les décors ne facilitent pas la projection. Pourquoi avoir utilisé ce décorum vintage, pour les véhicules notamment !? Griffo dit qu'il voulait "donner l'impression au lecteur que l'action est totalement intemporelle et pourrait se dérouler n'importe où". C'est raté. Voir dans un récit qui se veut futuriste des gens évoluer dans des DS, véhicules de 60 ans d'âge emblématiques de l'industrie automobile française, n'aide pas franchement à se projeter dans l'avenir et à s'imaginer ailleurs qu'en France.

Mis à part ce choix graphique malheureux, le dessin de Griffo est excellent. Radicalement différent de son style d'il y a 30 ans, il gagne en sobriété et fluidité, mais perd un peu en spontanéité. En revanche il bénéficie d'une belle mise en couleur appropriée au récit, dans des tons ternes et tristes, bien mieux réussie que sur les trois premiers volumes des années 80.

Mais le dessin ne sauve pas cet album qui m'a déçu. Considérant la trilogie de Van Hamme comme un chef d’œuvre, j'attendais beaucoup plus de cette saison 2. Sans doute un peu trop, et c'est pourquoi ma déception est à la hauteur de mon attente.

 

Loubrun

 

 

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sos bonheur, griffo, desberg, van hamme, dupuis, aire libre, anticipation, dictature, dystopie, 4/10, 11/2017

 

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S.O.S. Bonheur Saison 2 par Desberg Griffo © Dupuis 2018

 

04/01/2018

Serum

serum.jpgserum_pl.jpgScénario : Cyril Pedrosa
Dessin : Nicolas Gaignard
Éditeur : Delcourt
150 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Paris, 2050. Depuis les purges qui ont suivi le changement de régime, les tensions sont loin d’être apaisées. Une organisation clandestine semble préparer une action spectaculaire. Reclus dans son minuscule appartement, Kader vit seul. Il ne parle à personne. Une injection de « Sérum », un produit psychoactif, l’empêche de mentir. Qu’il le veuille ou non, il ne peut dire que la vérité. Rien que la vérité. Toute la vérité. Cette malédiction fait de sa vie un enfer.

 

"- Madame la Présidente, est-ce que vous dites la vérité aux Français ?

- Non, bien sûr que non."

 

Mon avis

Voilà bien un livre à ne pas mettre entre les mains de nos dirigeants. Ca pourrait leur donner des idées ! Qu'il soit démocratique, autoritaire, ou dictatorial, c'est le voeux, secret ou avoué, de tout Etat que de vouloir tout contrôler. C'est ce qu'imagine ici Cyril Pedrosa, dans ce récit d'anticipation politique où le contrôle étatique s'immisce jusque dans l'esprit des gens grâce à un puissant sérum de vérité. C'est le programme "Vérité-Sécurité", dont le but est de faire ingérer une potion de vérité à tous les citoyens justiciables en le diluant à l'eau potable. Le truc est vraiment terrible puisqu'il interdit toute forme de mensonge aussi bénin soit-il. Finis les prétextes bidons pour éviter d'aller boire un verre avec ses collègues ! Terminées, les petites cachotteries faites à sa hiérarchie ou pire, aux flics. On suit alors Kader, personnage taciturne, solitaire à la mine triste et qui semble soumis à ce pouvoir omnipotent. Il finira pourtant par s'affranchir de ce contrôle et par rejoindre une forme de rébellion qui mettra un terme d'une façon radicale à ce programme.

Tout est gris, terne et manque d'envergure dans ce récit. Les personnages, la société imaginée par Pedrosa, le pouvoir en place, mais aussi la rébellion qui manque d'éclat. C'est dommage, parce qu'il y a une bonne idée de départ mais on a l'impression que l'histoire ne décolle pas et que cette bonne idée n'est pas exploitée à fond. Le récit se déroule pourtant sur 150 pages, qui se lisent très vite tant les silences sont nombreux. Au vu de la thématique, j'attendais un récit beaucoup plus percutant et remuant.

La lecture arrive quand même à nous arracher quelques frissons et quelques pistes de réflexions, notamment quand le pouvoir en place devient victime de sa propre folie. On se plaint souvent des mensonges de nos dirigeants, mais qu'adviendrait-il s'ils ne pouvaient nous dire que la vérité ? Pourraient-ils réellement rester en place ? Pas sûr !

Nicolas Gaignard dont c'est le premier album s'en sort honorablement, dans un registre semi-réaliste au trait tendu et assez anguleux renforçant l'atmosphère pesante du récit.

Sérum se pose en récit d'anticipation intrigant auquel il manque cependant une petite étincelle pour le rendre captivant.

Loubrun

 

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sérum, pedrosa, gaignard, delcourt, anticipation, politique fiction, dictature, vérité, autoritarisme, 10/2017,

 

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01/12/2017

Bug

1.jpg2.jpgScénario et dessin : Enki Bilal

Editeur : Casterman

88 pages – cartonné

Parution : 22 novembre 2017

Anticipation

 

Présentation :

Dans un avenir proche, en une fraction de seconde, le monde numérique disparaît, comme aspiré par une force indicible. Un homme, seul, malgré lui, se retrouve dans une tourmente planétaire.

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Bug définition

   En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

   En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est confrontée brutalement et simultanément aux deux. Un homme, seul, se retrouve dans la tourmente, convoité par tous les autres…

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Mon avis :

Vendredi 24 novembre 2017, 17h30, locaux des Editions Casterman.

Je fais face à un Enki Bilal en pleine forme, il vient pourtant d’enchaîner une longue série d’interviews et l’enregistrement d’une émission à la RTBF radio. Le personnel quitte les bureaux, c’est la fin de la semaine. La nuit tombe sur Bruxelles. Je me dis que je vais lui poser les mêmes questions que tous les journalistes qui ont défilé toute la journée pour le rencontrer, que je suis en fin de parcours et qu’il doit être lassé. Alors nous laissons dériver la discussion et nous échangeons des propos décousus sur son parcours artistique depuis une bonne quarantaine d’années, sa méthode de travail et sa dernière production.

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Il me dit qu’il se sent avant tout un narrateur BD et que c’est cela qu’il aime faire. Avec cet album, il signe donc son retour à une forme de narration plus classique, plus littéraire. Il voit la BD comme un art plutôt conservateur qui prend le lecteur par la main et le guide dans sa lecture. Le thème abordé cette fois-ci demande une certaine maturation et, à ce stade, il ne sait pas encore sur combien d’épisodes l’histoire se développer.

Le thème de ce polar contemporain est percutant : la paralysie numérique dans un monde qui n’existe que par et pour cela, notre monde dans un futur de plus en plus proche. Il y a presque un petit côté jubilatoire dans cette mise en scène de la disparition brutale des archives, de la paralysie des transports, de la disparition des moyens de communication, de la désactivation des protections, de la propagation du chaos. Les journalistes ne savent pratiquement plus écrire, leurs articles sur papier sont remplis de fautes, d’orthographe, de syntaxe, de vocabulaire. Là-dessus vient se greffer une intrigue bien ficelée, un suspense addictif.

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Bilal, c’est avant tout un style graphique très personnel que l’amateur de BD identifie au premier coup d’œil. Depuis Le cycle du Monstre, sa méthode n’a pas changé : des croquis, un découpage, puis le dessin case par case en petits formats. Chaque case est ensuite scannée, agrandie et imprimée sur papier avant d’être peinte à l’acrylique et au crayon pastel gras. Les pages sont montées à l’ordinateur et les textes sont ajoutés. Il travaille comme un peintre, avec un geste plus libre, plus jeté, plus brut. Le résultat est superbe !

 

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Skippy

17/11/2017

La belle mort

la belle mort, bablet, ankama, anticipation, fable, science-fiction, 9/2017, 5/10la belle mort, bablet, ankama, anticipation, fable, science-fiction, 9/2017, 5/10Scénario : Mathieu Bablet
Dessin : Mathieu Bablet
Éditeur : Ankama
160 pages
Date de sortie :  septembre 2017 (réédition)
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Entrez dans un monde où des insectes venus de l'espace infini sont maintenant les maîtres de la Terre. Découvrez ce one-shot post-apocalyptique signé Mathieu Bablet (Adrastée et Shangri-la).

A quoi bon résister ? Voilà ce que se répètent jour après jour Wayne, Jeremiah et Scham, uniques survivants de l'invasion dévastatrices d'insectes extra-terrestres. La fin de l'humanité a eu lieu. Cherchant un but, une destinée justifiant leur futile présence dans un monde en ruine, ils ne se doutent pas qu'ils font partie d'un plan bien plus vaste, de quelque chose qui les dépasse complètement et qui implique un autre survivant...

 

Mon avis

Surfant sur le succès de Shangri-la sorti l'an dernier, les éditions Ankama rééditent le premier album de Mathieu Bablet, La belle Mort, paru initialement en 2011.

Récit d'anticipation post apocalyptique, cet album au rythme lent et poétique nous propose une incursion métaphorique sur une planète détruite et en proie à une colonie d'insectes venus de l'espace. Le sujet pourrait prêter à rire, mais Mathieu Bablet engage dans son récit une vraie réflexion sur la survie de l'espèce humaine. Trois personnages errent dans une ville en décomposition sans autre but que de survivre. Et quand ils rencontrent un autre survivant, l'instinct primaire prend souvent le dessus sur le bon sens. Sommes-nous irrémédiablement condamnés à redevenir des bêtes ? En creusant un peu, on peut voir dans cette errance un message plus subtile. L'Homme ne serait-il que de passage sur terre, locataire provisoire d'une planète qu'il aurait été incapable d'entretenir et de préserver ?

On pourrait sans doute trouver tout un tas d'autres métaphores dans cette histoire où finalement il ne se passe pas grand chose. Mais on s'intéresse davantage à cette ville en décrépitude dans la quelle on se sent littéralement aspiré. Personnage à part entière, elle semble vivante, peut-être endormie ou sous le contrôle d'une puissance invisible. Elle est à la fois fascinante par les décors grandioses, et terriblement anxiogène par cette absence d'humain, ce silence assourdissant et cette présence grandissante d'insectes.

Le final est surprenant, déroutant, et nous ramène à nos questions existentielles du début.

Ayant lu cet album après Shangri-la, j'avoue avoir eu un peu plus de mal à accrocher à cet univers. Néanmoins, l'album reste plaisant à lire, chacun pouvant s'y projeter selon ses propres sensibilités et mener ses propres réflexions sur l'existence.

la belle mort, bablet, ankama, anticipation, fable, science-fiction, 9/2017, 5/10

Les décors urbains de Mathieu Bablet forcent l'admiration. Quel travail ! On imagine le travail monacal du dessinateur qui, avec une précision chirurgicale, entasse des immeubles dans des perspectives ahurissantes, dessine des intérieurs où pas un détail ne manque. C'est proprement hallucinant et vertigineux. En revanche, les personnages laissent vraiment à désirer. Ils sont laids, pas expressifs et sans relief. C'était le défaut relevé sur Shangri-la, mais là, c'est pire.

La belle mort reste un album atypique dans le genre, qui a permis de révéler un auteur complet et talentueux. A découvrir, mais à lire avant Shangri-la.

 

Loubrun

 

 

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la belle mort, bablet, ankama, anticipation, fable, science-fiction, 9/2017, 5/10

 

la belle mort, bablet, ankama, anticipation, fable, science-fiction, 9/2017, 5/10

 

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07/10/2017

Bitch Planet

cov (2).jpgPlancheA_298975.jpgTome 02 – President Bitch

Scénario : Kelly Sue Deconnick

Dessin : Valentine De Landro

Glénat Comics

144 pages – cartonné

Parution : 31 mai 2017

Anticipation – SF engagée et féministe

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Tu es non-conforme ?

Tu ne rentres dans aucune case ?

Tu es trop grosse, trop maigre, trop effrontée, trop timide, trop croyante ou pas assez, trop prude, trop sexy, trop noire, pas assez blonde ou trop ce-qu’ils-ont-décidé-de-te-reprocher aujourd’hui ?

Tu pourrais bien finir sur … Bitch Planet !

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Enchaînée par la loi. Tombée pour la Justice.

Dans le futur, le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté sont envoyées manu-militari dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison spatiale tournant en orbite autour de la Terre et répondant au doux nom de… BITCH PLANET ! Alors que les « bitches » doivent tout juste se remettre de la mort de Meiko, leur arme secrète lors du match de Mégaton, une enquête est lancée pour élucider son passé. Comment cette jeune ingénieure prometteuse a-t-elle pu basculer et devenir une véritable tueuse ?

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Cette aussi brillante que dystopique série (nominée à San Diego comme à Angoulême) continue de nous plonger dans un futur terrifiant.  Cet « Orange is the New Black » dans l’espace, mais sans humour, questionne les dérives du monde contemporain et s’interroge sur le rôle des femmes dans la société. Ce n’est pas un comics facile à lire et à décoder car le traitement graphique force à ralentir le rythme de lecture pour analyser toutes les cases, dont celles tramées, qui me rappellent certains univers psychédéliques des années 70.

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Ce volume regroupe les chapitres 6 à 10 parus aux Etats-Unis. Nous sommes donc au tiers d’un premier arc narratif qui devrait en compter 30. Les fausses propagandes pour le “Protectorat” et toutes les couvertures des magazines US viennent renforcer le ton dérangeant de cet univers à nul autre pareil. Par contre les bonus de l’édition américaine ne sont pas repris. C’est dommage car dans le 1er volume , ils apportaient un éclairage intéressant sur l’originalité de la démarche des auteurs.

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les ailes du singe, willem, paquet, policier, aventure, animalier, 7/10, 06/2017

 

le couvent des damnées,minoru takeyoshi,glénat,seinen,historique,intrigues,sorcellerie,religion

 

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Skippy

04/10/2017

Epiphania

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Ludovic Debeurme

Editeur : Casterman

Parution :13 septembre 2017

104 pages – cartonné

Anticipation

 

Un récit fantastique sur fond de réflexion humaniste.

Avec Epiphania, Ludovic Debeurme nous confronte à une invasion « hyper terrestre ». Comme si la Terre usée par des siècles de conflits, de pollution, de surexploitation avait décidé de faire place nette. C’est La Grande Vague, un tsunami global et dévastateur …Après la disparition des eaux, l’apparition d’étranges demi-sphères sombres dans la terre des jardins, des parcs, des forêts. En tentant de les en extraire, on découvre qu’il s’agit de fœtus en gestation. Ce sont les Mixbodies : mi-hommes, mi bêtes et ils sont des millions à voir le jour. Les gouvernements sont très vite dépassés par l’ampleur du phénomène et la cohabitation se met en place de manière anarchique.

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L’auteur, après deux albums, Trois fils et Un père vertueux, parus chez Cornélius, continue d’explorer une thématique très personnelle. Troubles affectifs et sociaux, angoisses de la paternité et de la famille, altérité difficile, autant de sujets qui reviennent ici alimenter sa vision d’un monde mutant. Le graphisme, assez déroutant, voire déstabilisant, rappelle le travail d’un Charles Burns au dessin, agrémenté de couleurs pop, limite psychédéliques, chères à certains comics. La simplicité du style et de la mise en image viennent renforcer sa réflexion sur l’empathie « humanité /animalité » qui apparaît déjà sur les 1ère et 4ème de couverture.

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Epiphania demande une lecture attentive pour en apprécier toutes les nuances philosophiques et poétiques. Une fois passé le cap de l’aspect étrange du dessin, le lecteur peut apprécier l’exigence narrative d’un récit visionnaire et toute ses implications contemporaines. Du grand art !

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les ailes du singe, willem, paquet, policier, aventure, animalier, 7/10, 06/2017

 

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Skippy

22/06/2017

Le lendemain du monde

cov.jpg1.jpgScénario : Olivier Cotte

Dessin : Xavier Coste

Editeur : Casterman

152 pages – cartonné

Parution : 07 juin 2017

Anticipation

 

Présentation de l’éditeur :

Le monde a bien changé. La civilisation est revenue à l’âge de la vapeur. Suite à un bug planétaire, tous les appareils électriques ont été infectés, y compris les indispensables implants neuronaux. Qui en est l’instigateur ? Un cyber pirate mégalomane ? Un groupe de terroristes ? Un État voyou ? Les pistes qui mènent à l’origine de cette attaque informatique convergent au fin fond d’une jungle épaisse et reculée. Tout a été tenté, en vain, pour atteindre et réduire à néant le lieu en question. En dernier recours l’armée envoie un vétéran, vierge de tout implant, mener à bien une opération « à l’ancienne ». Son nom : James Graham Keran. Sa mission va se révéler bien plus compliquée que prévu…

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Mon avis :

Tout de suite, ce sont le roman Au cœur des ténèbres et le film Apocalypse now qui surgissent comme références dans l’esprit du lecteur. En effet, la base du scénario, la lente remontée d’un fleuve par un tueur qui a accepté une mission suicide pour affronter et éradiquer la source du mal, constitue un voyage intime et envoutant à la manière de Conrad ou de Coppola. Ce récit que l’on pourrait qualifier d’ésotérique est aussi une variation philosophique sur divers sujets comme l’art, la musique, la place de l’humanité, …

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Le dessin, magnifique, proche de la peinture, s’épanouit dans des cases pleines pages ou dans de longues suites de planches oniriques. L’aquarelle donne cet aspect irréel à certaines scènes contemplatives.

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Par contre, les dérives verbales et les côtés obscurs de l’intrigue font de Le lendemain du monde une œuvre forte, mais cependant difficile à interpréter. A bon lecteur, salut !

 

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 le couvent des damnées,minoru takeyoshi,glénat,seinen,historique,intrigues,sorcellerie,religion

 

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Skippy

13/06/2017

Lazarus -tome 5 - génocide programmé

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017Scénario : Greg Rucka
Dessin : Michael Lark
Éditeur : Glénat comics
124 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : thriller, anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

Quinze familles contrôlent le monde. Ça fait quatorze de trop.

 

Alors qu’elle a pris le contrôle de la Famille depuis la maladie de son père, Johanna Carlyle cherche à contre-attaquer Hock en Amérique du Nord. Il lui manque son arme la plus redoutable, sa sœur, le Lazare de sa famille : Forever. Mais il existe une autre Forever Carlyle. Elle a onze ans et a été fabriquée pour remplacer l’ancien modèle. Elle n’est pas encore prête. Pire encore, le secret sur son existence a été compromis. Le Lazare Sonja Bittner sait et compte bien remédier au problème. Un génocide est programmé...

 

 

 

"Puis informez le général Valeri que nous avons retiré le premier Lazare et que l'invasion alliée de l'Europe peut commencer"

 

 

Mon avis

Ce thriller d'anticipation sorti de l'imagination de Greg Rucka et de Michael Lark est toujours, au bout de 5 volumes, aussi passionnant, éprouvant, bluffant et anxiogène.

L'arme ultime de la famille Carlyle, le lazare Forever, est sérieusement amoché et momentanément hors d'état de nuire à quiconque. Le problème c'est que la guerre est totale entre les différentes familles, et il est inenvisageable pour les Carlyle de se passer de Forever. Elle sera retapée, c'est sûr, mais en combien de temps ?

Ce cinquième opus un peu moins enlevé que les précédents n'en demeure pas moins fascinant par son lot de révélations sur les personnages notamment. Le bras armé, qui semblait indestructible grâce à une technologie bio-médicale avancée, se révèle faillible et en proie au doute. Des révélations sur ses origines en sont la cause et pourraient bien à l'avenir bouleverser la donne dans la guerre de pouvoir que se livrent les familles. Les cartes pourraient également être rebattues au sein même de la famille Carlyle grâce, où à cause de Johanna qui assure l'intérim de son père et prend des décisions pour le moins surprenantes. Mais avec Greg Rucka aux manettes, on ne sait jamais jusqu'à quel niveau de manipulation il peut mener ses personnages. Je pense que l'on n'est pas au bout de nos surprises et que l'on peut s'attendre à de multiples rebondissements à venir. Le suspens et la tension restent entiers, et les secrets révélés sur Forever ne font que renforcer la curiosité du lecteur et l'envie de poursuivre cette intrigue au plus vite.

Un des meilleurs thriller d'anticipation du moment, animé par une intrigue complexe et fascinante par sa dimension politico-sociale digne des plus belles œuvres anticipation.

Loubrun

 

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lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

 

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

 

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

 

les autres tomes

lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017lazarus, rucka, lark, arcas, glénat, comics, anticipation, thriller, 9/10, 04/2017

05/06/2017

LA PEUR GEANTE L'intégrale

la peur géante,stefan wul,ankama,denis lapière,mathieu reynèsla peur géante,stefan wul,ankama,denis lapière,mathieu reynèsScénario : Denis Lapière
Dessin : Mathieu Reynès, Raúl Arnàiz
Éditeur : Ankama Editions
152 pages
Date de sortie : mai 2017 
Genre : Science - Fiction

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

An 2157. Les villes englouties se comptent par milliers, le climat est totalement perturbé, un tiers des terres habitées sont ravagées. Comment la structure moléculaire de l'eau a-t-elle pu se trouver modifiée aussi soudainement ? Quelle intelligence mystérieuse est à l'origine de ces cataclysmes menaçant l'Homme ? Car d'étranges créatures font leur apparition dans les zones submergées... Bruno Daix, nageur de combat, sera le premier à devoir combattre l'indicible ennemi venu des profondeurs. 

la peur géante,stefan wul,ankama,denis lapière,mathieu reynèsMon avis:

 Après l'édition en trois volumes du roman culte de Stefan Wul (paru en 1957 chez Fleuve Noir dans la collection "Anticipation"), l'éditeur Ankama nous propose donc cette intégrale augmentée d'un cahier bonus dans lequel le scénariste Denis Lapière nous explique comment il a abordé l'adaptation du roman et complété par des superbes croquis de recherches de dessin des personnages.

Une belle adaptation de cette œuvre culte de la S.F française, un récit bien mené avec une intrigue culminant jusqu'au final qui pourra décevoir certains des humains que nous sommes lorsqu'ils sont confrontés à un ennemi dangereux et belliqueux à l'extrême ! Certains passages nous rappellent des films de S.F célèbres (les Torpèdes prisonniers dans des cylindres font penser aux aliens de "Independence day", des scènes sous-marines rappellent le très beau "Abyss", etc.). Les deux premiers tomes sont bien dessinés par Mathieu Reynès et le dernier par Raúl Arnàiz qui arrive assez bien à suivre l'univers imaginé par son prédécesseur ! 

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JR

Voir également les chroniques des 3 tomes qui composent cette intégrale:

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13/05/2017

Résilience

cov.jpg1.jpgTome1/2 – Les terres mortes

Scénario et dessin : Augustin Lebon

Editeur : Casterman

64 pages – cartonné

Parution : 03 mai 2017

Anticipation écologique

 

Présentation de l’éditeur :

Récit d'anticipation écologique, Résilience est au monde des O.G.M. ce que Mad Max est à celui du pétrole.

Septembre 2068, l'Europe est devenue un vaste désert agricole. La puissante multinationale Diosynta exploite 90% des terres et son armée, les F.S.I. (Forces de Sécurité Intérieure), fait implacablement respecter ses droits de propriété. Pour lutter contre la famine et cette hégémonie totalitaire, un vaste réseau clandestin baptisé la Résilience diffuse des semences et des idées libres...

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Mon avis :

Sur fond de message écologique dénonçant l’irresponsabilité consumériste actuelle qui va mener au désastre, Résilience nous livre un récit certes bien ficelé mais qui peine à convaincre. Tout semble aller trop vite, en trop peu de pages. Si le travail graphique est précis, le trait enlevé, les détails soignés et la colorisation impeccable, c’est le scénario qui me semble poser problème. Il y a sans doute, de la part de l’auteur, la volonté de dépasser les clichés du genre, de poser les termes d’un débat intéressant, tout en livrant un récit d’action musclé. L’impression à la lecture laisse pourtant un arrière-goût d’inabouti. Diosynta caricature Monsanto à outrance, les pesticides utilisés provoquent des maladies effrayantes, l’hyper exploitation outrancière génère un fascisme violent, la résistance s’organise en ordres dispersés, … autant de situations qui me paraissent avoir déjà été exploitées. Une bonne surprise reste possible pour le tome 2, compte tenu de la possibilité narrative ouverte par la fin provisoire. Espérons …

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