22/06/2017

Le lendemain du monde

cov.jpg1.jpgScénario : Olivier Cotte

Dessin : Xavier Coste

Editeur : Casterman

152 pages – cartonné

Parution : 07 juin 2017

Anticipation

 

Présentation de l’éditeur :

Le monde a bien changé. La civilisation est revenue à l’âge de la vapeur. Suite à un bug planétaire, tous les appareils électriques ont été infectés, y compris les indispensables implants neuronaux. Qui en est l’instigateur ? Un cyber pirate mégalomane ? Un groupe de terroristes ? Un État voyou ? Les pistes qui mènent à l’origine de cette attaque informatique convergent au fin fond d’une jungle épaisse et reculée. Tout a été tenté, en vain, pour atteindre et réduire à néant le lieu en question. En dernier recours l’armée envoie un vétéran, vierge de tout implant, mener à bien une opération « à l’ancienne ». Son nom : James Graham Keran. Sa mission va se révéler bien plus compliquée que prévu…

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Mon avis :

Tout de suite, ce sont le roman Au cœur des ténèbres et le film Apocalypse now qui surgissent comme références dans l’esprit du lecteur. En effet, la base du scénario, la lente remontée d’un fleuve par un tueur qui a accepté une mission suicide pour affronter et éradiquer la source du mal, constitue un voyage intime et envoutant à la manière de Conrad ou de Coppola. Ce récit que l’on pourrait qualifier d’ésotérique est aussi une variation philosophique sur divers sujets comme l’art, la musique, la place de l’humanité, …

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Le dessin, magnifique, proche de la peinture, s’épanouit dans des cases pleines pages ou dans de longues suites de planches oniriques. L’aquarelle donne cet aspect irréel à certaines scènes contemplatives.

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Par contre, les dérives verbales et les côtés obscurs de l’intrigue font de Le lendemain du monde une œuvre forte, mais cependant difficile à interpréter. A bon lecteur, salut !

 

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Skippy

18/06/2017

Les chroniques courtes (134): Trump de A à Z, Le livre noir, Vertical T18,Môeuh ! T.1

trump de A à Z.jpgtrump de A à Z r.jpgScénario : Hervé Bourhis, Collectif
Dessin : Hervé Bourhis, Collectif
Editeur: Casterman.
Sortie: 24 mai 2017.
Genre:Humour.

 

 

Un seul organisme de sondage sur 19 pensait que le clown de la TV milliardaire irait au bureau ovale.
Mais qui est donc cet énergumène ? Hervé Bourhis se lance sur tous les sujets« alphabétiquement » de cet individu Anti système, en passant par Ivanka, mais aussi Golden shower. Quand on dresse le portrait de l’impertinent 45ème président, il faut quelques potes dessinateurs pour saisir l’ensemble des bêtises et une dose d’impertinence pour décrire ce blondinet couleur Marilyn adorant les fesses et la gaudriole. 
Un divertissement pour le lecteur sensible à la politique, à l’actualité et qui possède une longue vue au second degré avec un doigt de cynisme.
Sympa avec des sujets sérieux évoqués comme le KKK ou la vision de la vieille Europe, le programme de santé de son prédécesseur… Lisez le donc avant qu’il ne soit démis. J’arrête d’en parler sinon Washington va twitter : « Samba BD je ne vous envoie pas Ivanka mais des agents de la CIA ».
Robsy

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 Le Livre Noir

trump de a à z,bourhis,humour,politique,castermantrump de a à z,bourhis,humour,politique,castermanAuteur: Lefred-Thouron.
Editeur: Fluide glacial.
Sortie:17 mai 2017.
Genre: Humour noir?

 

 

 

En regardant la couverture,on pourrait penser à un manuel occulte, mais le nom de l’éditeur rassure Fluide Glacial : cela va délirer…
Tout est parti d’un poisson d’avril (dans la revue du même nom) qui annonçait la sortie d’un album du dessinateur de presse engagé Lefred –Thouron. Les messages arrivant à la rédaction à ce sujet, il a été décidé de donner vie à cette blague.
C’est plus proche du travail d’artiste conceptuel que de la BD. Si Delphine Boel (respect) dit blabla en boucle, l’auteur c’est noir noir, on est en mode catalogue d’une exposition.
Une page noire et sur l’autre un cadre noir avec des variantes de tailles ou de polices de caractères pour en tirer un gag. Le point faible c’est que l’humour est souvent décalé (ou absent) et c’est difficile d’apprécier le travail qui est derrière.
Un concept un peu délirant comme ce double code barre sur la quatrième page pour troubler le vendeur. On est loin des « idées noires », mais pour offrir à votre beau-frère que vous soupçonnez d’avoir crevé vos pneus la nuit (donc dans le noir) c’est le cadeau idéal.
La démarche artistique c’est bien, mais parfois un peu inutile.

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Robsy.

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Éditeur : Glénat Manga.
212 pages.
Sortie : 19 avril 2017.
Genre : Seinen.





Népal, Amérique du Nord et du Sud, Europe... Sanpo Shimazaki a conquis les plus hauts sommets du monde. Il connaît les techniques d'alpinisme, la splendeur des montagnes, mais aussi les tragédies qui s'y produisent. De retour dans les Alpes japonaises qui l'on vu naître, il croise la route de victimes, souvent impliquées dans d'horribles accidents.

Sanpo Shimazaki a été chef d'une équipe de secouristes aux États-Unis. Une fois au Népal, il a rencontré par hasard une expédition pour l'Everest menée par son ami de toujours : Oscar. Il a fait une partie de la route avec ce groupe dont il avait autrefois secouru un des membres, Sosuke Oda, prisonnier d'une crevasse dans les montagnes du Japon.

Ce manga m'a automatiquement fait penser au film Cliffhanger de Renny Harlin, avec "l'éminent" Sylvester Stallone. À la différence, c'est qu'il y a plus de personnes prisonnières dans des précipices, aucun crash d'avion et aucune prise d'otage. Cela étant dit, ce dix-huitième volet ne manque ni d'action, ni de suspense et Sanpo est un individu ahurissant puisqu'il tient bon là où tout le monde lâche prise ! En effet, c'est un demi-dieu avéré qui, EN PLUS, ne manque pas d'humour et de grivoiserie là où il est presque difficile d'en avoir. Pourtant, il ne se drogue pas (rires).

Hélas, seules les quatre dernière pages nous honorent d'un dessin en couleur. Quant aux autres, elles sont certes animées de résurrections mais les visages des protagonistes ravagés par des rafales enneigées sont inexpressifs. Laconiquement, à l'approche de l'été, cette lecture ne fera pas grimper le mercure mais plutôt baisser la température.

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Mister Med.

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Môeuh ! T.1

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Scénario : Wil Raymakers.
Éditeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 29 mars 2017.
Genre : Humour, jeunesse.




Bienvenue dans le parc animalier le plus délirant de la BD ! Son propriétaire, un bœuf en salopette, a fort à faire avec toute une ménagerie qu'il doit gérer sans ménagement. Car de la girafe à la tortue, du kangourou au gorille, les animaux sont prêts à toutes les facéties pour une franche rigolade.

J'ai trois choses à écrire à propos de l'humour de cet album : efficace, intelligent, universel. Connaissez-vous « Le Cri de l'Autruche » ou bien « Le Fond du Bocal » de Nicolas Poupon ? J'ai la nette impression que les deux hommes à qui on doit cette réalisation s'en sont inspirés ainsi que des tôliers comme Gary Larson et Walt Disney. En fait, les deux néerlandais Wilms et Raymakers en sont les méritoires héritiers. Vous cherchez les bulles ? Vous n'en trouverez pas. Les scénettes n'en ont nullement besoin sinon, ce ne serait pas aussi délassant. Le dessinateur nous a déroulé un dessin très suggestif qui accentue bien les cambrures des bestioles. Il y a juste un moment où la répétition s'incruste mais après, c'est reparti pour un humour bien calibré. Ceci pour la modique somme de 3 € ! Un prix de lancement formellement dû à la durée de la crise. Les trois tomes suivants sont déjà en vente (le n°2 est aussi à 3 €) et le cinquième sera "dévorable" à compter du 28 juin 2017. Minh De Van disait "pour être heureux, inspire-toi de la conduite des animaux". Mais pour s'amuser un peu, imagine ce que ce bœuf peut faire dans cet impayable zoo !

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Mister Med.

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17/06/2017

Bâtard

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Max de Radiguès

Editeur : Casterman

192 pages – broché

Parution : 07 juin 2017

Thriller

 

Présentation de l’éditeur :

May et son fils Eugène tracent la route, le coffre de leur voiture rempli de sacs de billets de banque. Ils viennent juste de participer à un " coup " exceptionnel : 52 hold-ups simultanés à la même heure, dans la même ville. La police n'a rien pu faire !

Commence alors la cavale musclée d'un surprenant duo de braqueurs.

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Mon avis :

Entre avril 2014 et janvier 2016, Max de Radiguès a auto-publié un fanzine baptisé Bâtard, en version papier et sur son blog, www.maxderadigues.com. Le petit album au format 15x19cm, mais bien épais, contient les 16 épisodes d’un thriller qui se lit d’une traite : pas de pause, pas d’ennui, juste le plaisir de tourner les pages. L’essentiel du récit est d’abord de nous raconter une cavale aussi tendue que classique, c’est un polar américain, mais aussi de développer les relations bien tourmentées entre les différents protagonistes.

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Le dessin, très simple et très fluide, au trait fin, donne du rythme et de la nervosité à ce road-trip jalonné de découvertes et de rencontres.

Une belle aventure pleine de bruit de de fureur !

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Skippy

06/06/2017

Le Club des prédateurs

cov.jpg2.jpgTome 2 – The Party

Scénario : Valérie Mangin

Dessin : Steven Dupré

Casterman

48 pages – cartonné

Sortie : 24 mai 2017

Thriller horrifique

 

Présentation :

Ainsi donc, le Bogeyman, l’ogre mangeur d’enfants, existe bel et bien dans les bas-fonds de Londres. Ce cuisinier de l’épouvante est au service de gentlemen réunis dans le très select Club des prédateurs où chacun se pare d’effroyables masques d’animaux : loup, ours, rapace …

Liz sait que son père dirige ce Club, Jack doit sauver ses amis retenus prisonniers par le Bogeyman, et les membres du Club ne peuvent courir le risque de se faire prendre.

Un drame se prépare et pour chacun, la vie ne sera jamais plus la même.

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Mon avis :

 

Suite et fin ce diptyque, l’album nous livre un récit dont le scénario reste essentiellement orienté vers la précipitation macabre des événements. Liz et Jack vont y affronter des adversaires hors-normes en essayant de tirer des griffes des monstres nantis les enfants kidnappés à des fins anthropophagiques et gastronomiques. On bascule alors dans la violence, l’horreur, voire la terreur à l’état pur. Ames sensibles s’abstenir !

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La couverture est énigmatique : Liz, la petite fille innocente du premier tome apparaît, la bouche et les mains en sang, installée sur un lit au pied duquel un homme git dans son sang. Elle ne paraît pourtant pas vraiment effrayée.

Le lecteur retrouve ici le dessin semi-réaliste de Steven Dupré, magnifique faire-valoir de l’histoire concoctée par Valérie Mangin, avec ses décors soignés, ses vêtements somptueux et sa pagination originale : des cases superposées sur un décor pleine page ou sur un fond noir.

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Le capitalisme immoral de la révolution industrielle et la misère sociale en toile de fond, les contes de fées dans leurs aspects terrifiants, voilà ce qui permettait un excellent défi narratif. L’image de la petite fille emmenée par son père portant un masque de loup vers ce Club de l’abomination a, par ailleurs, un côté très dérangeant qui renforce un climat d’angoisse. Sensations fortes au rendez-vous!

 
 

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 Skippy

 

03/06/2017

Ornithomaniacs

 

Ornithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporainOrnithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporainScénario : Daria Schmitt
Dessin : Daria Schmitt
Éditeur : Casterman
104
pages
Date de sortie : 10/05/2017
Genre : Fantastique, intimiste, fable, contemporain

 

 

Présentation de l'éditeur

Une fable légère et drôle, aux références gothiques, à mi-chemin entre La Famille Adams et les films de Tim Burton.

Niniche est une jeune fille comme les autres, accro au portable, avec une mère insupportable, une copine très bavarde et... des ailes !


Une toute petite paire d'ailes dans le dos, dont elle ne sait comment se servir et qui l'encombrent plus qu'autre chose. Mutation génétique, simple difformité, ou signe évident d'une double nature...
Ses ailes lui ouvrent pourtant les portes d'un monde inattendu, lorsqu'elle rejoint une mystérieuse école et son curieux professeur.

Ornithomaniacs, Daria Schmitt, Casterman, Fantastique, intimiste, fable, contemporain

Mon avis

 

Voici un bouquin qui sort de mes sentiers battus. Un univers sombre, émo, gothique et pourtant captivant. L'histoire d'une jeune fille – Niniche – sur le dos de qui pousse une paire d'ailes. Sa mère, bien trop occupée à accuser le monde moderne de cette excroissance (parce que, malgré toutes vraisemblances, l'histoire est contemporaine avec Internet, téléphones mobiles et malbouffe) ne fait pas attention à sa fille qui est totalement perdue ! On le serrait à moins en même temps. Imaginez vous, jeune ado sans histoire avec soudain deux ailes dans le dos qui semblent ne vous servir à rien si ce n'est faire de vous la risée de votre entourage.

 

C'est ainsi que, guidée par les conseils de sa meilleure amie, Niniche va s'en aller au « château » où elle va être accueillie par le professeur Balaeniceps Rex (plus communément appelé « le bec-en-sabot du Nil » dans la classification ornithologique) et ce qu'il reste d' Icare (oui, oui, celui de la mythologie qui s'est brûlé les ailes) à savoir un squelette aux airs mexicains avec qui elle va tenter de voler, mais aussi d'assumer qui elle est.

 

Autant vous dire que ce fut toute une aventure. Au fil des pages, le saugrenu rencontre la réalité sans le moindre problème apparent. Une sorte de nouvelle version d' « Alice au pays des merveilles » mais sans le pays des merveilles et sans Alice. Mais Niniche, une jeune fille complètement paumée parce que l'Homme, sachez-le, aime mettre tout dans des cases, classifier, cataloguer... or : dans quelle catégorie mettre une jeune fille qui n'a pas d'apparentée avec les anges du Seigneur et aucun lien de sang avec oiseau ?

 

Une chouette introspection de la vie, de réflexion sur le comportement humain et sur le monde qui nous entoure.

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Quant au dessin, quel style ! C'est à la fois sombre et pourtant tellement vivant ! Cette technique de « dessins aux traits » permet toutes les accentuations, tantôt fourni, sombre, opaque... des traits serrés, tantôt légers pour rendre les personnages plus clairs et les visages remplis d'espoir. Mais ce n'est pas tout ! Daria Schmitt a également joué avec les ombres, parfois noires, parfois blanches pour contraster avec le décor hachuré et pesant. Le tout pour rendre une œuvre unique en son genre, entre « La famille Adams et les films de Tim Burton » comme on peut le lire en 4e de couverture.

 

Une (més)aventure fantastique dans ce monde obscur et décadent.

 

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Je ne peux que vous le conseiller, au moins à lire une fois, feuilleter ces pages si artistiques où on apprend deux ou trois trucs sur les oiseaux, quelques allusions aux rêves humains de voler (comme la machine de De Vinci suspendue dans une pièce ou tout simplement Icare), les créatures fantastiques comme Lapsus le bébé Griffon. Et tant d'autres aspects tantôt graphiques, tantôt scénaristiques, voire juste Humains. Le tout réuni dans ce superbe ouvrage.

 

 

ShayHlyn.

30/05/2017

Libertalia - tome 1 - Le triomphe ou la mort

libertalia, Grella, Miel, Pigière, casterman, pirates, aventure, politique, société, 04/2017, 7/10libertalia, Grella, Miel, Pigière, casterman, pirates, aventure, politique, société, 04/2017, 7/10Scénario : Rudi Miel, Fabienne Pigière
Dessin : Paolo Grella
Éditeur : Casterman
48 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : aventures, pirates

 

 

 

Résumé

1697, Olivier Misson se fait présenter au comte de Saint-Jean par sa fiancée pour que cet homme d'influence l'appuie pour un poste au ministère. L'affaire tourne mal, car Misson découvre, horrifié, que le comte se livre à l'esclavagisme malgré l'interdiction dans la France métropolitaine, et s'apprête à assasssiner 5 de ses esclaves qui avaient tenté de fuir. Saint-Jean cherche à impliquer Misson dans son activité criminelle, mais ce dernier, tout noble qu'il est, n'en est pas moins libertaire dans l'âme et mène une expédition pour libérer les esclaves de Monsieur de Saint-Jean. A la suite de cette expédition, Misson est obligé de fuir le pays, croyant avoir tué le comte. Il s'embarque alors sur un navire en tant que sous-officier. Son tempérament libertaire se révèlera à plein, et sa rencontre avec un prêtre italien partageant les mêmes idées et menant les mêmes combats pour défendre les opprimés, le mènera à Madagascar ou il créera une cité libre : Libertalia, la cité de toutes les utopies.

 

 

 "- Les esclaves sont une vraie rente. Mais c'est aussi une source d'ennuis. Ces hommes ont tenté à trois reprises de s'évader."

 

Mon avis

Réalité ou fiction ? Nul ne le sait, pas même les auteurs qui en profitent pour s'engouffrer dans la brêche du doute pour nous concocter cette histoire où se mêlent piraterie, politique, humanisme et chronique du XVIIIème siècle.

Dans une note en préambule, les auteurs nous font part d'une Histoire générale des plus fameux pyrates publiée en 1726 et signée d'un certain Captain Johnson. En fait, l'auteur de cette histoire ne serait autre que Daniel Defoe, l'auteur de Robinson Crusoe. Des personnages évoqués dans la BD, Misson, le prêtre Carracioli et le capitaine Tew, seul le dernier aurait eu une existence avérée, les deux autres demeurant encore à ce jour une énigme. Alors, réalité ou fiction ? Peu importe en fait, car voilà exactement le type de matériel qui permet à un scénariste de laisser libre court à son imagination. La base est donc solide pour faire une histoire au souffle épique ancrée sur des bribes de faits historiques.

Malheureusement, le souffle aventureux a du mal à entrer dans cet album. La faute sans doute à une narration trop rapide et trop hachée entre les différentes scènes d'action, ainsi qu'a un dessin et une mise en couleur un peu vieillotte, donnant des planches pas très attirantes.

Ceci étant, on sent bien que les auteurs posent dans ce premier tome les bases de leur récit pour en définir les limites historiques afin de mieux ouvrir les portes de la fiction dans les volumes à venir. On sent aussi tout le potentiel de cette nouvelle série porteuse de thèmes multiples – l'humanisme, les lumières, le racisme, l'idéal, la lutte contre toute forme d'oppression – et animée par des personnages au tempérament affirmé, tiraillés entre ombres et lumières.

Cette série a cet avantage pour elle de présenter la piraterie sous un angle assez réaliste : celui de la violence omniprésente, compagne quotidienne des acteurs de cette utopie, révélant que le combat des idées passe fatalement par l'épée.

Un premier tome qui souffre d'une narration un peu confuse et d'un dessin réaliste aux allures trop vieillottes, mais qui reste prometteur malgré tout, par son approche originale et sans manichéisme du sujet abordé.

Loubrun

 

 

 

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libertalia, Grella, Miel, Pigière, casterman, pirates, aventure, politique, société, 04/2017, 7/10

 

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20/05/2017

Pierre de cristal

cov.jpg5.jpgScénario et dessin : Frantz Duchazeau

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

152 pages – broché

Parution 10 mai 2017

Roman graphique – autofiction

 

Présentation :

Pierre, une dizaine d’années, vit tranquillement dans une bourgade avec ses parents et son grand frère. Le couple parental vacille. Le monde change autour de lui… Pierre s’interroge sur le passé de sa mère, la méchanceté de ses camarades, son premier grand père disparu. La vie en somme…

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- Je sais aussi que je serai triste de ne plus être un enfant.
- Alors je repenserai à ces moments...
- Quand la lumière était belle.

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Mon avis :

Plongée dans l’enfance, histoire intime et autofiction : Frantz Duchazeau nous invite à revivre les sensations du gamin qu’il a été et dont il garde une nostalgie poignante. Curieusement construit autour des réminiscences de « L’âge de cristal », film de science-fiction puis série télévisée de la deuxième moitié des 70’s, le récit dévoile une vision tantôt naïve, tantôt grave mais toujours empreinte d’une grande sensibilité. 

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Le trait vise l’épure et la simplicité, la ligne devient parfois si légère et si fragile qu’elle semble vouloir s’effacer. A l’image de la mémoire. A la lecture, on reste ravi par l’intensité des sensations que l’auteur arrive à communiquer avec une économie de moyens qui laisse une place importante à l’imagination.

 

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 Skippy

17/05/2017

Duel

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Renaud Farace

D’après la nouvelle de Joseph Conrad

Editeur : Casterman

192 pages – cartonné

Aventures historiques

 

Présentation de l’éditeur :

L'affrontement homérique de deux hussards de la Grande Armée.

Alors que Napoléon affronte l'Europe entière dans un bras de fer impitoyable, il veille à préserver toutes ses forces en interdisant les duels qui saignent à blanc sa Grand Armée. Mais deux hussards, pour une obscure affaire d'honneur, s'entête à se défier...
De duel en duel, les frères d'armes devenus ennemis scellent leurs destins et entrent dans la légende.
La haine rendrait-elle immortel ?

Librement adapté du récit de Joseph Conrad, et inspiré de personnages historiques.

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Mon avis :

Tout d’abord, une petite précision : cette longue nouvelle (novella pour les anglo-saxons) d’une cinquantaine de pages avait déjà inspiré le scénario du 1er film de Ridley Scott en 1977 (Les Duellistes). Si Renaud Farace se l'approprie aujourd'hui, en prenant quelques libertés, c’est pour en faire un album aussi magistral que surprenant qui vibre d’un souffle épique et terriblement humain.

Chef d’œuvre ! Réussite totale !

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Démonstration.

Au niveau graphique, par exemple, chaque duel est parfaitement chorégraphié et réalisé avec une arme différente. On y sent, lors de chaque rencontre, la maîtrise parfaite de l’action violente, le respect des codes des arts du combat et le respect teinté d’un curieux mélange d’admiration et de haine que se vouent les deux protagonistes. Toutes ces scènes de duel sont en bichromie noir/rouge alors que le reste de l’album est en noir et blanc. Le trait est, quant à lui, nerveux, tantôt brouillon, tantôt détaillé, toujours plein d’expressivité. Le rythme du découpage donne un souffle narratif particulièrement efficace au point qu’il s’avère impossible d’interrompre la lecture une fois celle-ci commencée.

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Au-delà d’un récit des temps napoléoniens bien documenté et d’une bouillonnante aventure, Duel nuance de façon très intuitive l’approche psychologique de deux monstres représentant la valeur militaire dans toute sa gloire, sa splendeur mais aussi sa déchéance pathétique. Officiers d’Empire, les deux caractères hors-normes qui s’affrontent au gré des évolutions géopolitiques nous font participer à une épopée dont les accents vont continuer longtemps de résonner en nous. Brillant et talentueux, cet album est plus que l’adaptation d’une œuvre littéraire, plus qu’un hommage, c’est un travail qui transcende véritablement son modèle et qui nous donne ce que la BD nous réserve de meilleur : une émotion pure !  

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

 

 

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Skippy

 

13/05/2017

Résilience

cov.jpg1.jpgTome1/2 – Les terres mortes

Scénario et dessin : Augustin Lebon

Editeur : Casterman

64 pages – cartonné

Parution : 03 mai 2017

Anticipation écologique

 

Présentation de l’éditeur :

Récit d'anticipation écologique, Résilience est au monde des O.G.M. ce que Mad Max est à celui du pétrole.

Septembre 2068, l'Europe est devenue un vaste désert agricole. La puissante multinationale Diosynta exploite 90% des terres et son armée, les F.S.I. (Forces de Sécurité Intérieure), fait implacablement respecter ses droits de propriété. Pour lutter contre la famine et cette hégémonie totalitaire, un vaste réseau clandestin baptisé la Résilience diffuse des semences et des idées libres...

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Mon avis :

Sur fond de message écologique dénonçant l’irresponsabilité consumériste actuelle qui va mener au désastre, Résilience nous livre un récit certes bien ficelé mais qui peine à convaincre. Tout semble aller trop vite, en trop peu de pages. Si le travail graphique est précis, le trait enlevé, les détails soignés et la colorisation impeccable, c’est le scénario qui me semble poser problème. Il y a sans doute, de la part de l’auteur, la volonté de dépasser les clichés du genre, de poser les termes d’un débat intéressant, tout en livrant un récit d’action musclé. L’impression à la lecture laisse pourtant un arrière-goût d’inabouti. Diosynta caricature Monsanto à outrance, les pesticides utilisés provoquent des maladies effrayantes, l’hyper exploitation outrancière génère un fascisme violent, la résistance s’organise en ordres dispersés, … autant de situations qui me paraissent avoir déjà été exploitées. Une bonne surprise reste possible pour le tome 2, compte tenu de la possibilité narrative ouverte par la fin provisoire. Espérons …

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Skippy

11/05/2017

Une soeur

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Bastien Vivès

Editeur : Casterman

Parution : 03 mai 2017

216 pages – cartonné

Roman graphique intimiste

 

Présentation :

Antoine, 13 ans, passe, comme chaque été, ses vacances sur une île en Bretagne. Il y accompagne ses parents et son jeune frère. Hélène, 16 ans, et sa mère (qui vient de faire une fausse couche) viennent les rejoindre. Entre Antoine et Hélène va naître lentement une amitié complice qui laissera place à des sentiments amoureux et des attirances sexuelles. Antoine va vivre l’intensité douloureuse d’une première histoire d’amour.

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Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !

 « – Y a beau avoir plein de monde, j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
– Même quand t'es avec nous ?
– Non, avec vous c'est chouette. »

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Mon avis :

Entre deux épisodes de Lastman, son manga à la française, en quatre mois, l’été 2016, Bastien Vivès a réussi un tour de force exceptionnel : un roman graphique épuré, littéralement en apesanteur. Ma première impression à la lecture de cet album fut tout d’abord une lointaine réminiscence cinématographique des années 70. Ce sont des images de « Pauline à la plage » d’Eric Rohmer avec ses variations sur les émois des amours adolescentes qui se sont imposées à mon esprit. Et ensuite, je me suis rappelé avoir admiré l’auteur en dédicace au dernier festival de Bruxelles, sur le stand des éditions Casterman. Il se dégageait alors de sa personne une sérénité grave, une concentration tendue qui abolissait le bruit et la foule qui se pressait dans le chapiteau. Son style reconnaissable au premier coup d’œil (les visages sans yeux) s’imposait sur la page dans un calme quasi surnaturel.

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D’une maîtrise absolue tant de de la simplicité graphique que du rythme narratif, alternant de grands moments d’émotions avec une évidence psychologique imparable, Une sœur touche au plus intime de nos sensations. On y sent tout l’apport personnel de l’auteur, tout son univers, au point de ne plus faire la différence entre autobiographie et autofiction. Impossible de ne pas sentir cette atmosphère tourmentée et ambigüe, de ne pas succomber au charme de ces cases panoramiques et de ces cadrages variés. Bastien Vivès raconte souvent qu’il a passé son enfance à dessiner avec son petit frère, en recopiant des Tortues Ninja, comme sur la planche ci-dessous.

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Une sœur est de ces ouvrages qui continuent de hanter le lecteur longtemps après avoir fermé l’album. C’est un moment magique de lecture, précieux et rare.

 

 

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 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

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