04/07/2017

La prof et l'arabe

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanLa prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanScénario : Dominique Laroche
Dessin : Pierre Maurel
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie : 31 mai 2017
Genre : Chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanPortrait du peuple de gauche dans la seconde moitié du XXe siècle. « Je me suis battu pour le socialisme, même si mon camp a été vaincu. J'étais pour l'indépendance de l'Algérie, mais pas comme cela s'est passé. Je voulais vivre en France, mais pas comme un étranger. J'ai vécu ma vie comme je l'entendais.

2 vies et 50 ans de luttes sociales en France.

D'après une histoire vraie.

 

Mon avis

Si vous voulez mon avis, je pense qu’il faudrait apposer sur chaque exemplaire de cet ouvrage une étiquette indiquant : « BD d’intérêt général ».

L’histoire, bien qu’officiellement celle d’un couple, se concentre principalement sur Saïd (Aziz en vrai), un algérien né en 1938 qui a traversé la deuxième moitié du XXème siècle au gré des péripéties de l’histoire, de sa condition d’« indigène » et des luttes politiques et sociales diverses. Les parties consacrées à Michelle (Danielle), notamment dans ses jeunes années (précédant sa rencontre avec Saïd), bien que très intéressantes, en particulier sur la condition féminine en milieu prolétaire, ressortent moins. Et même par la suite, à partir de leur rencontre à Prague en 68, la narration reste centrée sur Saïd avec une Michelle qui a l’air de graviter autour de lui plus que d’être son alter ego.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl faut dire qu’entre son immigration en France dès l’âge de seize ans pour rejoindre son frère ainé et trouver du boulot, son incorporation dans l’armée Française qui se bat en Algérie contre SON peuple, son affectation dans les Aurès en tant qu’infirmier, sa confrontation avec la torture, son retour en France, son militantisme de Gauche, son attachement au théâtre et à la Culture en général et ses problème pour réobtenir la nationalité française sur le tard, lorsqu’il s’agit de Saïd, il y a de la matière.

Bien sûr Michelle n’est pas en reste et possède elle aussi les caractéristiques d’un personnage de Roman, et pas uniquement parce qu’elle partage la vie de Saïd. Mais son ancrage dans la partie prolétaire de la société française, son féminisme, son ascension sociale et sa soif de culture ont un côté plus familier, moins extraordinaire.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl n’en reste pas moins que l’alchimie entre les deux est touchante. Et, bien sûr, même s’il ne s’agit que d’une fiction « basée sur leur histoire », l’honnêteté qui les pousse à partager leurs hauts et leurs bas finit de nous conquérir.

Je passerai vite sur le dessin en noir et blanc que je trouve standard, pas spécialement génial mais sans être mauvais non plus. Il fait le boulot et semble plutôt adapté au sujet.

Quoiqu’il en soit, je vous conseille vivement d’acquérir cette BD qui, par les temps qui courent, permet de regarder un peu mieux l’Histoire de France en face et, espérons-le, de mieux préparer l’avenir.

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, casterman

 

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, casterman

 

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, casterman

 

Odradek

23/06/2017

Le train des orphelins - tome 8 - Adieux

train des orphelins T8.jpgtrain des orphelins T8_pl.jpgScénario : Philippe Charlot
Dessin : Xavier Fourquemin
Éditeur : Bamboo
48 pages
Date de sortie :  10 mai 2017
Genre : western, Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les femmes du train prennent le pouvoir.

Lisa a été élue maire de Cowpoke Canyon par acclamation. Elle désigne la veuve Goswell comme shérif. Au grand désespoir du petit Joey, Lisa se laisse courtiser par le beau Lee, venu construire la maison des orphelins. Mais Lee imagine déjà Lisa en épouse soumise. C’est bien mal la connaître !

Soixante-dix ans plus tard, le vieux Joey a pris la route du Connemara, à la rencontre de la petite Louisa. Il est accompagné par la lumineuse Aileen, dont il continue à douter de l’existence réelle. Devant la situation préoccupante de Louisa, Joey voit un signe envoyé par Lisa et un sens à donner à son histoire.

 

 

"La maison des orphelins qu'elle appelle ça ! C'est bien une idée de femmede gaspiller de l'argent la dedans!"

 

 

Mon avis

Terminus pour ce train qui nous a fait voyager un peu dans le temps et croiser des personnages vraiment attachants. Comme je le disais dans ma chronique du tome 7, le ton de ce dernier cycle est moins enlevé et moins enjoué qu'au début de la série. C'est normal, et surtout très cohérent sur le plan du scénario puisque sur ces huit albums, les personnages ont évolué, grandi et vieilli. Le récit est toujours divisé en deux : d'un côté le petit Joey facétieux et plein d'entrain évoluant aux côtés de la généreuse Lisa et de l'impétueuse Mme Goswel, et d'un autre côté le vieux Joey, seul avec sa mélancolie et ses souvenirs. Ces passages Irlandais contrastent à tout point de vue avec la jeunesse de Joey dans la poussière et la chaleur de Cowpoke Canyon. Le temps ne semble pas se dérouler à la même vitesse, mais qu'importe, puisque Joey a trouvé dans ce pays pluvieux et verdoyant de quoi lui redonner le sourire et la joie de vivre. Comme quand il était petit.

Très belle fin pour cette série d'aventure dont les auteurs ont su maintenir une qualité égale durant huit albums. Qualité que l'on doit à cette belle galerie de personnages attachants et hauts en couleur, aux dialogues enlevés et percutants, à ce savant équilibre entre humour et émotion, à ce dessin semi-réaliste efficace tant dans les mises en scène que dans l'expression des personnages, et à ce sens de la narration qui fait que chaque album nous offre de vrais moment d'évasion.

A l'issu de cet ultime tome, souhaitons un bon repos à Joey, ainsi qu'a ses auteurs. Mais pas trop longtemps hein, parce que si vous avez en tête d'autres belles histoires comme ça, ne trainez pas trop pour nous les faire lire :-)

Loubrun

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

a08-3e78906.png

 

a08-3e78906.png

 

a08-3e78906.png

 

 Les autres tomes de la série

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

 le train des orphelins T7.jpg

28/02/2017

La cire moderne

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, Scénario : Vincent Cuvellier
Dessin : Max de Radiguès
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

 

Résumé

 

Sam et Manu sont des jeunes qui ne semblent ni inquiets ni préoccupés de leur avenir. En pleine campagne, ils vivent au jour le jour, d'amour, de baise et de beuh fraiche. Le facteur va mettre un terme à cette palpitante existance en apprenant à Manu que son oncle vient de mourrir. Le passage chez le notaire lui apprend qu'il hérite d'une usine de cierge, du stock qui reste et d'un vieux combi Volkswagen. Les deux tourtereaux ont bien une idée de quoi faire du combi, mais pour le reste ... c'est une autre histoire. Heureusement, Jordan, le frère de Sam qui pense parfois à autre chose qu'au cul, utilise son savoir acquis à son bac pro force de vente et va les aider à mettre sur pied un business plan du feu de Dieu pour écouler le stock. Et voilà les 3 glandeurs partis faire la tournée des monastères pour vendre du cierge et financer leur vacances.

Ce road trip estival et commercial ne les portera pas dans les coulisses du CAC 40, mais offrira à Manu de nouveaux horizons l'amenant à revoir sa conception de l'existence.

 

 

 

«Arrêtez, j’ai des techniques de vente trop mortelles. Je vais te les embrouiller moi les curés»

 

 

Mon avis

 

Drôle de titre, drôle d'histoire et drôle d'héritage ! Vincent Cuvellier nous présente une jeunesse en totale déshérence qui semble à priori perdue pour elle-même et pour la société. Mais c'est compter sans les voies du seigneur qui, comme chacun sait, sont impénétrables. Les trois lascars qui n'y entendent rien à la religion (comme à tout un tas d'autres choses par ailleurs), et sont gavés comme un grand nombre de leur semblables, de clichés et autres stéréotypes à son encontre, ne sont pas de mauvais bougres et acceptent cet héritage en le prenant simplement comme une occupation passagère et momentanée. Cette occupation leur fait lever le nez de leur nombril et de leur petits plaisirs et conduit Manu vers forme de spiritualité dont il sera le premier surpris.

la cire moderne,de radiguès,cuvellier,casterman,religion,foi

C'est avec beaucoup d'humour, de légèreté et de réalisme que Vincent Cuvellier nous parle de religion. Mais bien plus que de religion, il est ici question de foi et de quête de spiritualité. Sans faire de prosélytisme ni avoir de discours moralisateur ou incantatoire, l'auteur nous met en position de témoin d'une conversion.

C'est drôle, léger, parfois un peu vulgaire mais c'est pour donner du réalisme aux personnages. Les personnages sont par ailleurs assez attachants, même Jordan à qui on a souvent envie de foutre des claques.

Max de Radiguès donne à cette histoire originale une tonalité très épurée grâce a un dessin simple voire simpliste. Le trait un peu naïf donne l'impression d'avoir à faire à une histoire pour enfants. Mais avec quelques traits bien placés il arrive à rendre expressifs et vivants ses personnages.

Pour son premier scénario de BD, Vincent Cuvellier a eu raison de se battre* pour se faire publier et réussit plutôt bien à faire ce qu'il voulait faire, c'est à dire de "parler de foi, et de religion, de façon décomplexée, décontractée, sans faire de prosélytisme, enchainer une scène de cul et les vêpres du matin en deux pages, sans que personne ne soit ni choqué, ni pas choqué. Bref, parler de religion comme d'un sujet normal."

Une façon aussi de montrer que la religion et la foi ne font pas que porter le glaive et l'épée et peuvent être compatibles avec le monde moderne. Et l'on comprend alors la symbolique du titre.

 

Loubrun

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi,

 

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi,

 

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi,

 

 

 * La cire moderne c'est aussi une drôle d'aventure éditoriale, comme nous le raconte ici Vincent Cuvellier : https://www.facebook.com/vincent.cuvellier/posts/10211900...

 

 

15/02/2017

Le train des orphelins - tome 7 - racines

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710Scénario : Philippe Charlot
Dessin : Xavier Fourquemin
Éditeur : Bamboo édition
48 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : western, Histoire

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

À la fin des années 1920, à Cowpoke Canyon, Lisa est entrée en résistance suite au véto que les employeurs d’orphelins de la ville ont mis à son projet d’école du soir. De son côté, la veuve Goswell a décidé que Coleman, son fiancé, serait le prochain maire. Mais Coleman, est poltron, misogyne et sans aucun sens politique. Pour la veuve c’en est trop, elle se rallie à l’avis de Lisa : les femmes doivent prendre les choses en mains. Soixante dix ans plus tard – depuis le décès de Lisa, le vieux Joey broie du noir et souffre de la solitude. Son radio émetteur reste son seul lien avec le monde et c’est grâce à lui qu’il fait la connaissance de la jeune Louisa qui vit esseulée sur une petite ile d’Irlande.

 

 "Je veux que ces enfants soient traités comme des enfants et non pas comme de la simple main d’œuvre."

 

Mon avis

Le train fait du surplace dans cette bonne ville de Cowpoke Canyon où les petits orphelins se débrouillent comme ils peuvent. Heureusement qu'il y a cette bonne âme de Lisa pour tenter de les tirer vers le haut et les sortir des griffes de leurs "parents adoptifs" qui ressemblent plus à des exploiteurs et profiteurs qu'a autre chose. Ce surplace n'est pas pour autant synonyme d'ennui, bien au contraire, et comme le rythme régulier des vieilles locomotives à vapeur, le récit avance à coup de cycles de deux albums dont voilà l'amorce du quatrième. Il n'y a plus la fougue et l'énergie des premiers cycles de la série générés par les stratagèmes de Harvey, mais le ton ici fait la bascule entre comédie et mélancolie donnant un air de saga familiale et de chronique sociale. L'intéret et l'empathie pour les personnages ne se tarissent pas et Philippe Charlot réussit à garder le lecteur avec la double intrigue qui mène le récit. Toutes les deux ou trois pages, on bascule d'une époque à l'autre pour suivre en parallèle l'évolution du Joey petit dans les années 20 et du Joey vieux.

 

Dans un parfait équilibre entre les deux intrigues, le récit va bon train et de nombreux thèmes sont abordés avec légèreté, sensibilité et humour : l'éducation, la place des femmes dans la société, la solitude, la vieillesse.

Voilà une série qui, depuis 7 albums, tient très bien le cap et réussit à distraire, émouvoir et qui offre au plus jeune lectorat quelques pistes de réflexion intéressantes.

 

 

Loubrun

 

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

 

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

 

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

 

 

 Les autres tomes de la série

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

 

 

 

 

 

 


 

21/12/2016

L'invitation

l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,710,112016l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,710,112016Scénario : Jim

Dessin : Dominique Mermoux

Éditeur : Vents D'ouest

date de sortie : novembre 2016 (réédition)

156 pages

genre : roman graphique, chronique sociale

 

 

Présentation de l'éditeur

Un téléphone sonne en pleine nuit dans un appartement parisien. Raphaël se lève et décroche. À l’autre bout du fil, c’est son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d’une heure de route et demande à son ami s’il peut venir le dépanner. En réalité, Léo a appelé plusieurs de ses proches, curieux de savoir lesquels prendraient la peine de se déplacer pour lui. Un test à l’amitié, ni plus, ni moins. Raphaël est furieux d’avoir été ainsi testé ; ça ne se teste pas, l’amitié ! Mais un soir, Raphaël est chez lui, seul, il s’ennuie... Et si lui aussi il appelait ses amis, prétextant une panne de voiture ? Sur qui peut-il vraiment compter ? L’idée est tellement tentante... Rapidement, Raphaël lance les invitations déguisées...

Publié pour la première fois en 2010, cet album est réédité avec une nouvelle couverture à l'occasion de son adaptation au cinéma.

 

"... Moi le mec qui me fait ça, juste pour se marrer, ça me fait marrer. Par contre, s'il fait vraiment ça pour tester mon amitié...là, il la perd, c'est sûr !"

 

mon avis

Savez-vous qui sont vos vrais amis ? Vous savez, ceux sur qui on peut théoriquement compter à toute heure du jour et de la nuit. En vérité, il se dit que des vrais amis, ça se compte sur les doigts d'une main. Ça c'est la théorie, passons à la pratique en compagnie de Léo et Raphael. Les deux sont amis de longue date et arrivent à un âge où certaines questions existentielles émergent. Ils sont aussi à un âge où souvent les couples se font et se défont, ce qui justifie parfois ces questions. Ils ont en tout cas un besoin irrépressible de se prouver quelque chose. Quoi précisément, ils ne le savent pas pour l"instant et le découvriront au gré de cette expérience déconcertante mais néanmoins amusante.

 

l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,810,112016

 

C'est du Jim tout craché, comme on l'aime ou le déteste, parcequ'il nous fait à la fois rire et réfléchir. Il nous fait rire de nous-même ou des autres et réfléchir sur nous-même et sur nos rapports aux autres en nous renvoyant une part de notre propre image. Et puis comme souvent dans les histoires de Jim, plusieurs thèmes se chevauchent. Derrière le sujet principal qu'est l'amitié, se devinent ici les thématiques du couple, de la fidélité et du passage à l'âge adulte.

C'est vraiment très bien écrit, et la pagination conséquente (156 pages) permet aux auteurs de prendre le temps d'installer les ambiances menant à la réflexion des personnages et du même coup, du lecteur. Le découpage, comme les dialogues, sont taillés pour le cinéma et donnent au récit cette dimension vivante et crédible qui vous font tourner les pages avec bonheur et envie.

 

l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,810,112016

 

Le dessin et la mise en couleur de Dominique Mermoux sont d'une sobriété et d'une efficacité redoutable. Sans fioriture, avec un trait fin et limpide, il va tout de suite à l'essentiel dans sa mise en scène et ses cadrages. Ceci allié à l'écriture fluide et les dialogues qui sonnent juste de Jim, l'album se lit d'une traite, comme on écouterai un bon raconteur d'histoires.

Voilà un bel album, à l'ambiance douce-amère et aux personnages attachants qui vous feront vivre une bien drôle histoire et vous donneront une bonne petite leçon sur ce qu'est l'amitié.

 

a08-3e78906.gif

 

 

Loubrun

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/10/2016

The Long and Winding Road

The Long and Winding Road, Christopher, Pellejero, Kennes Editions, rock, rock'n roll, hippies, beat génération, combi volkswagen, seventies, 70', île de wight, wight, concert, road movie, road trip, chronique sociale, roman graphique, 10/2016,9/10The Long and Winding Road, Christopher, Pellejero, Kennes Editions, rock, rock'n roll, hippies, beat génération, combi volkswagen, seventies, 70', île de wight, wight, concert, road movie, road trip, chronique sociale, roman graphique, 10/2016,9/10Scénario : Christopher

Dessin : Ruben Pellejero

Éditeur :  Kennes Editions

184 pages

date de sortie : 6 octobre 2016

genre : roman graphique, chronique sociale, Rock'n Roll

 

 

"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage " disait le poète. C'est pourtant sans joie que notre Ulysse entreprend le voyage posthume que lui propose son père, Lucien. En guise de dernière volonté, celui-ci l'invite à répandre ses cendres sur l'île de Wight, en Angleterre, en suivant le même périple que lui lorsqu'il s'était rendu au mythique concert de 1970. Une odyssée rock qui avait changé le cours de sa vie. Et qui pourrait bien changer la sienne... Sur une bande-son d'époque, au volant d'un combi Volkswagen hors d'âge et flanqué des trois compagnons de jeunesse de son père, tous plus barges les uns que les autres, Ulysse empruntera donc la route longue et sinueuse qu'ils avaient suivie quelques années plus tôt. Au-delà de la ligne blanche, Ulysse découvrira que son père n'était pas ce petit bourgeois étriqué pour qui il n'avait jamais eu grande estime. Et à travers lui, il comprendra mieux d'où il vient et qui il est vraiment. Un voyage intérieur d'une rare intensité !

 

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

 

 

Quel drôle de titre improbable, à rallonge et aussi difficile à retenir qu'à prononcer pour nous pauvres français nuls dans la langue de Shakespeare ! Si le grand William ne vous inspire pas, qu'a cela ne tienne, tournez-vous plutôt vers d'autres sources d'inspiration, musicales et so British par exemple, ou bien vers un autre William, américain lui, S. Burrough de son nom et chantre de la Beat Generation. Quant à ce titre qui claque comme une douce mélopée Rock, ça tombe bien, il sort tout droit du dernier album qu'ont produit les Beatles, Let it Be, en mai 1970.

1970, année du deuxième plus grand concert Rock de tous les temps, le Woodstock Européen, qui eut lieu au mois d'août sur l'île de Wight en Angleterre et qui rassembla entre 600.000 et 700.000 spectateurs.

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

Christopher (Love Song, Les Filles, Les colocataires) nous fait vivre ce concert par procuration en nous plongeant au cœur d'un road trip intimiste, bercé par une anthologie de la musique rock de l'âge d'or des années hippies. En accomplissant les dernières volontés de son père, Ulysse vit une odyssée qui le mène face à sa propre histoire et se transforme en voyage initiatique et introspectif. Durant ce long périple, il ira à sa propre rencontre et découvrira un père radicalement différent de celui qu'il a connu, levant le voile sur la face cachée de sa personnalité.

Flanqué de Alain, Jacques et William, les trois anciens compagnons de route de Lucien toujours animés par la rock attitude, le voyage devient une véritable aventure teintée de nostalgie pour les uns, de découvertes et d'expérimentations pour les autres. C'est un vrai régal que de suivre ce voyage aux accents psychédéliques et on a qu'une envie c'est de prendre place à bord du Commodore, le combi Volkswagen personnage à part entière de l'histoire, aux côtés de ces trois papys du rock, roublards et irrévérencieux, mais vachement sympathiques et ayant le cœur sur la main.

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

D'ailleurs, Christopher nous fait quasiment monter à bord grâce à une narration découpée en chapitres courts arborant chacun un titre emblématique des années 70. 180 pages divisées en 45 chapitres, et autant de titres composant la playlist. Et quelle Play list ! Les K7 audio défilent les unes après les autres dans le vieil autoradio du Combi. Que des grands noms de l'époque, The Rolling Stones, Procol Harum, Jethro Tull, Ten years after, Grateful Dead, Neil Young, Bowie, et j'en passe ... Une playlist composée avec minutie et précision (excepté Hotel California toutes les musiques sont antérieures au concert de Wight de 1970) où chaque titre fait écho à l'action et au nouveau regard sur le monde que porte Ulysse. On commence avec You Can't Always Get What You Want des Stones quand Ulysse part à l’enterrement de son père en maugréant contre lui et ses dernières volontés ; puis The Dead Man's Dream de Procol Harum pendant les obsèques ; ou encore Lay Lady Lay de Bob Dylan, quand on fait la connaissance de l'amour de jeunesse de Lucien ... chaque morceau est en symbiose parfaite avec l'histoire.

 

"- Putain, c'est les Deads ! Vous ne connaissez pas les Deads, petits merdeux ?

- les Deads ?

- Les Grateful Deads !

- Alain, monte le son et fait passer les buvards ! "

 

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

Mais revenons sur les trois personnages truculents qui donnent cette dimension très Rock'n roll au récit. Évidemment, le lecteur averti aura vite fait la comparaison avec les trois vieux anar de la série Les Vieux Fourneaux de Wilfried Lupano. N'y voyez pas là de plagiat ou d'influence pour surfer sur le succès – mérité – de cette série. Comme me l'a révélé Christopher, The Long and Winding Road est l'aboutissement de 4 ans de travail et les planches étaient en cours de réalisation quand les Vieux Fourneaux sont sortis.

Ces trois papys du rock, piliers du récit et guides spirituel d'Ulysse, font référence aux trois piliers de la Beat Generation que furent Allen Ginsgerg, Jack Kerouac et William S. Burrough. Petit clin d’œil invisible parmi d'autres que l'auteur a glissé dans son histoire.

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

La mise en image de cette folle équipée, on la doit au renommé Ruben Pellejero. Connu du grand public depuis sa reprise de Corto Maltese en 2015, Ruben noircit des planches de Bd depuis le début de années 80. Dessinateur accompli au style reconnaissable avec un trait souple et expressif, marqué par un encrage prononcé, il n'a collaboré qu'avec peu de scénaristes dont le principal est l'argentin Jorge Zentner. C'est donc un immense privilège pour Christopher que d'avoir pu bénéficier du talent de Ruben Pellejero pour animer cette histoire. Car Christopher dessine aussi, et il aurait très bien pu mettre lui-même son histoire en image, ce qui était d'ailleurs son intention première. Mais, comme il le dit lui-même : " on ne peut pas refuser les services de Ruben s'il est disponible et s'il dit oui au projet". Évidemment ...

Pellejero nous livre une mise en scène classique et ne cède pas à la tentation d'une surenchère d'imagerie psychédélique qui aurait pu rendre les planches indigestes, ou trop caricaturales. Là, c'est simple, expressif, aéré ou détaillé quand il le faut et redoutablement efficace. Comme le Rock'n Roll !

Sans tomber dans la démesure, dans l'outrance ou la caricature, on retrouve l'ambiance sex, drugs and Rock'n roll propre à cette époque musicale et un vent de liberté et d'insouciance qui font un bien fou en ce début de 21ème siècle tourmenté.

Avec The Long and Winding Road, jamais le terme d'album, désignant aussi bien une BD qu'un disque, n'aura été aussi bien porté.

Voilà donc un album à lire et a écouter, à relire et ré-écouter, sans limites et sans modération, et c'est un sacré coup de cœur !

 

 

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

 

a09-3e78912.gif

 

 

Loubrun

 

 

 

the long and winding road,christopher,pellejero,kennes editions,rock,rock'n roll,hippies,beat génération,combi volkswagen,seventies,70',île de wight,wight,concert,road movie,road trip,chronique sociale,roman graphique,102016,910

La BO de la BD sur Spotify ou sur Deezer

    

06/10/2016

Au fil de l'eau

au fil de l'eau, juan diaz canalès, rue de sèvres, chronique sociale, polar, 8/10,09/2016au fil de l'eau, juan diaz canalès, rue de sèvres, chronique sociale, polar, 8/10,09/2016Scénario et dessin : Juan Diaz Canalès

Éditeur : Rue de Sèvres

90 pages

date de sortie : septembre 2016

genre : polar, chronique sociale

 

 

 

Madrid, aujourd’hui. Niceto octogénaire passe sa retraite entouré de sa bande de vieux copains, de son fils Roman et de son petit-fils Alvaro. Dans l’Espagne marquée par la crise, le quotidien n’est pas simple. Il devient réellement inquiétant lorsque les amis de Niceto commencent à mourir les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes… Quand Niceto disparaît à son tour, c’est une véritable course contre la montre qui démarre pour Roman et Alvaro.

 

"- Quel âge as-tu Niceto ? Quatre-vingt ...

- ... trois.

- Tu crois que c'est un âge pour commencer une carrière de délinquant ?"

 

Juan Diaz Canalès, vous le connaissez en tant que scénariste du célèbre polar animalier Blacksad et plus récemment pour la poursuite des aventures de Corto Maltese. Ce que l'on ignorait de lui, c'est qu'il était également très habile à tenir le pinceau. Il nous dévoile dans ce one shot tout son talent de dessinateur avec des planches qui sentent bon l'influence des écoles Argentine et Italienne du vrai et pur noir et blanc entièrement réalisé à l'encre de chine.

au fil de l'eau,juan diaz canalès,rue de sèvres,chronique sociale,polar,810,092016

Dans ce polar social noir et sur fond de crise économique en Espagne, il mène une réflexion sur la vieillesse et le sens de la vie. On a affaire à une bande de petits vieux qui, pour boucler les fins de mois, se voient contraints de se livrer à des petits trafic de recel. Personne n'a envie de condamner ces pauvres bougres surtout quand par dessus le marché on les voit se faire trucider les uns après les autres.

au fil de l'eau,juan diaz canalès,rue de sèvres,chronique sociale,polar,810,092016

L'auteur pose ici des questions sans chercher véritablement à y apporter des réponses et sans non plus donner de leçons. Il dresse un constat simple, sombre, triste et pathétique d'une société qui oublie ses anciens et les laisse souvent dans une solitude effrayante.

Cette chronique sociale noire est parfaitement mise en scène avec une narration linéaire et un dessin somme toute assez simple mais très expressif, qui restitue habilement toutes les ambiances de l'histoire.

Un polar intelligent, émouvant et distrayant à la fois, qui révèle les talents de dessinateur de Canalès. Monsieur Canalès, c'est quand vous voulez pour renouveler l'expérience !

 

a07-3e78901.gif

 

 

Loubrun

 

 

 

 

23/03/2016

La ville copiée

La ville copiée.jpgLa ville copiée_pl2.jpgScénario et dessin : Matthias Gnehm
Éditeur : Urban China
60 pages
sortie : 18 mars 2016
genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Leo Lander mène une vie très calme. Peut-être même un peu trop : sa carrière d’architecte est au point mort et sa femme ne manque pas de le lui reprocher. Alors quand un de ses anciens camarades, devenu un véritable magnat de l’immobilier en Chine, lui propose de venir l’aider à construire une copie exacte de la ville de Zurich à Kunming, il saute sur l’occasion. Mais cet environnement inconnu lui réserve bien des surprises…

 

"Si ça continue, Xiao et Hans vont recouvrir toute la Chine de villes Suisse."

 

Mon avis

 

Parallèlement à sa carrière d'architecte, Matthias Gnehm se livre de temps à autre à la réalisation d'albums de bande dessinée. Après Bouffe et Châtiment, Mort d'un banquier et La Conversion, La ville copiée est son quatrième album. Il prend ici l'architecture comme toile de fond à un récit intimiste où se mêlent business et magouilles immobilières.

Durant les 60 pages, on suit les déconvenues d'un homme prêt à tout pour mener la carrière d'architecte qu'il rêvait d'avoir. Il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui dans un univers complètement déshumanisé et pourtant familier. Il retrouve en effet à Kunming tout son environnement familier de Zurich puisqu'il est chargé de participer à la construction de la copie exacte de la ville Suisse. D'ailleurs, le logement qu'il occupe est la copie conforme de celui qu'il a laissé en Suisse.

Dans un découpage strict et sans surprise, Matthias Gnehm tente de nous montrer la place qu'occupent la ville et l'urbanisme dans nos quotidiens en plaçant son histoire au cœur des projets architecturaux délirant des Chinois. On les savait champions du monde de la contrefaçon et de la copie, mais pas au point de reproduire des villes européennes entières !

Le dessin, réalisé vraisemblablement aux pastels gras, est morose et angoissant, comme le sont l'histoire et le personnage principal. Néanmoins, l'histoire reste intrigante même s'il manque un de peu de peps pour la rendre fascinante.

 

a06-3e788fc.gif

 

 

Loubrun

 

 
Des reproductions de villes européennes au milieu de la Chine

 

24/02/2016

Sorties de secours

sorties de secours,joyce farmer,delcourt,vieillesse,troisième âge,fin de vie,roman graphique,états unis,chronique socialesorties de secours,joyce farmer,delcourt,vieillesse,troisième âge,fin de vie,roman graphique,états unis,chronique socialeAuteure : Joyce Farmer
Éditeur : Delcourt
208 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : chronique sociale, roman graphique

 

 

Présentation de l'éditeur

Devenus vieux, Lars et Rachel sont contraints de quitter leur appartement de Los Angeles, dans lequel les plus infimes objets du quotidien s'entassaient depuis des années, pour intégrer une institution. Avec tendresse et affection, Joyce Farmer parvient à transmettre toutes ces petites choses qui reliaient ses parents. Comment ils se taquinaient, comment ils s'aimaient, et comment ils sont partis.

 

Mon avis

Un sujet difficile, rarement traité en BD. Des situations qui nous touchent et nous toucheront tous, fatalement, pour nos proches, puis pour nous mêmes.

En vérité Lars et Rachel s'obstinent à ne surtout pas la quitter, leur maison de la banlieue de Los Angeles, car pour rien au monde ils n'iraient dégénérer dans une institution. Ils préfèrent le faire chez eux, entourés de leur univers familier fourmillant de petits riens, de choses inutiles qui leur sont indispensables, d'objets du quotidien qui deviennent de plus en plus lourds, hauts, bas... Et avec Ching, le chat irascible et adoré.
Il faudra pour cela tout l'amour, le dévouement et la patience de Laura, la fille unique de Lars, qui se fait de plus en plus présente auprès d'eux pour pallier leurs absences ; et qui redécouvre, voire découvre son père et sa compagne, aussi agaçants qu'attachants.
Quand on prend de l'âge et que le corps nous trahit, les masques tombent et cela peut être aussi dur d'un côté du masque que de l'autre.

Les cases toutes de la même taille s'enchaînent comme les journées du couple englué dans ses habitudes. Le dessin n'est pas beau. Noir et blanc, hachuré (ridé ?), un peu "branlant", surchargé de détails (à l'image de l'encombrement poussiéreux, voire crasseux, de la maison des protagonistes), il ne cherche pas à enjoliver, à éluder ce qui pourrait paraitre gênant, il est modeste, humble, comme on doit accepter (et non choisir) de l'être lorsqu'on en est réduit à exposer sa nudité flétrie aux bons soins d'une tierce personne...
Il est en cohérence avec le propos.

Clairement autobiographique, cette peinture sans concession de la vieillesse, de la dépendance, de la diminution des êtres jusqu'à la bien nommée "sortie de secours", reste un hommage au courage et à la vie longue et bien remplie des parents de Joyce Farmer.

Bon, les amis, en attendant, CARPE DIEM !

 

 

 

 

 

a08-3e78906.gif

12/01/2016

De beaux moments

de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015Scénario et dessin : Jim

Éditeur : Bamboo (Grand Angle)

134 pages

date de sortie : 28 octobre 2015

genre : chroniques sociales, roman graphique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Des histoires courtes. Des regards tendres et justes sur l’essence de nos vies. Des histoires de temps qui passe, d’amour, d’amitié, de corps ou de souvenirs que l’on farde pour s’arranger un peu avec la réalité. Des histoires simples qui n’ont d’autre point commun que leur profonde humanité et leur capacité à nous faire prendre conscience des beaux moments…

 

de beaux moments,jim,bamboo,grand angle,société,roman graphique,chronique sociale,710,102015

 

Mon avis

Où sont passés les grands jours, Une nuit à Rome, Héléna, Un petit livre oublié sur un banc * ... on commence à connaître par cœur le répertoire de prédilection de Jim, l'auteur incontournable des comédies romantiques et historiettes sentimentales. D'aucuns pourraient trouver cela répétitif, mais Jim a ce petit truc en plus dans sa façon d'écrire qui fait que ça marche à tous les coups. Il arrive avec douceur, tendresse et poésie à aborder des sujets qui préoccupent chacun de nous à un moment de sa vie et à les transformer en beaux moments, ou du moins en moments mémorables. Il semble avoir un sens inné de l'observation et une acuité surdéveloppés donnant à chaque fois une justesse de ton dans son propos.

Le temps qui passe, le vieillissement, la solitude, les souvenirs, la nostalgie, la communication intergénérationnelle, voilà autant de thèmes abordés en 12 histoires courtes.

Dans un style graphique toujours aussi léché, doux et chaleureux, il nous présente ici des tranches de vie dont la seule prétention est de nous rappeler que la vie est faite aussi, et peut-être surtout, de petits moments plus ou moins anodins qui s'ancrent à tout jamais dans nos souvenirs.

Pas de leçons de morale, pas de conseils, pas de réflexion métaphysique sur le sens de la vie, mais juste des "moments" racontés en 5 ou 6 pages dans lesquelles tout un chacun pourra se retrouver.

L'ensemble peut paraître assez inégal, mais chaque histoire trouvera sa cible et chaque lecteur sera touché par l'une ou l'autre de ces histoires selon sa sensibilité.

Voilà une lecture reposante qui pourra en plus mener à une petite introspection tranquille.

 

a07-3e78901.gif

 

 

Loubrun

 

*

Ou sont passés les grands jours

Une nuit à Rome : tome 1 tome 2

Héléna : tome 1 tome 2

Un petit livre oublié sur un banc : tome 1 tome 2