26/10/2017

Là où naît la brume

là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10Scénario : Christian Perrissin
Dessin : Christophe Gaultier
Éditeur : Rue de Sèvres
72 pages
Date de sortie :  août 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Un road movie intimiste, dans lequel Josh affronte son passé et finit par se trouver lui-même. Josh, petite trentaine baroudeuse et tatoué, a récemment quitté la marine. Sac au dos, il trace sa route à travers la campagne de l’île de Terre-Neuve. Le climat y est rugueux, comme la vie sur place. Il part à la recherche de son père qui s'y est installé et a disparu, à défaut d’affronter ses fantômes. à moins que Ruthie-Jane, qui semble plus douée pour la vie que lui, ne le pousse à se rechercher lui-même. Mais les brumes sont tenaces en Terre-Neuve, et la route toujours tentante.

 

là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10

 

Mon avis

De la grisaille de Fécamp au froid glacial de Terre-neuve, le ton brumeux de ce récit intiatique crépusculaire, et un peu glauque, ne quitte pas un instant les pages et finit par nous foutre le moral à zéro !

On éprouve peu voire pas de sympathie ni empathie pour ce personnage dont on dirait qu'il se complait dans sa dérive. Pas facile il est vrai de grandir et se construire sereinement quand vous avez eu un père qui vous a appris à nager à coup de rame dans la gueule ! La poisse est tombée sur Josh quasiment dès le berceau, et même peut-être avant. Josh trouvera ce qu'il cherche, et même ce qu'il ne cherche pas. Mais au final il restera le même, enfermé dans sa tristesse et se refusant le droit d'accéder au bonheur. Enfin, c'est comme ça que j'interprète ce voyage introspectif qui laisse assez peu de place à l'espoir.

Le dessin charbonneux de Christophe Gaultier contribue a enfoncer le lecteur dans une déprimante mélancolie. Tout est triste, lourd, pesant, sombre, humide et froid. De ce point de vue, on peut dire qu'il est bien raccord avec le récit. Toujours est-il que la lumière a vraiment du mal à entrer dans cet album et l'horizon semble obstinément bouché.

 

Sinon, le scénario est bien construit, bien équilibré, les séquences s'enchainent bien, la lecture n'est pas déplaisante, bien que très rapide, mais l'invitation au voyage habituelle chez Perrissin ne donne ici qu'une envie, celle de rester chez soi et de ne voir personne.

Un conseil quand même : si vous êtes dépressifs ou d'humeur maussade, n'ouvrez pas ce livre.

 

Loubrun

 

 

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17/10/2017

Journal d'un enfant de lune

journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017Scénario : Joris Chamblain
Dessin : Anne-Lise Nalin
Éditeur : Kennes Editions
56 pages
Date de sortie :  11 octobre 2017
Genre : chronique sociale, témoignage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Avec Journal d'un enfant de lune, Joris Chamblain, le scénariste de la série best-seller Les Carnets de Cerise et de Sorcières Sorcières, propose un récit fort véhiculant des valeurs positives pour un public ado-adulte. Journal d'un enfant de lune a pour thème une maladie rare (l'hypersensibilité de la peau au soleil). Il est scénarisé par Joris Chamblain et dessiné par Anne-Lise Nalin.

 

journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017

 

Mon avis

Les parents de Morgane, une jeune ado de 16 ans, emménagent dans une nouvelle maison. Difficile pour une ado de changer de vie, de perdre ses copines et de se rerouver dans un nouveau lieu avec pour seul horizon ses parents et son petit frère. Elle râle beaucoup, elle claque les portes et envoie balader un peu tout le monde. Elle est cependant loin de se douter que ce déménagement va changer sa vie, et peut-être même lui faire mettre un premier pied dans le monde adulte.

En déballant ses cartons elle trouve un journal intime caché derrière un radiateur. C'est celui de Maxime, âgé de 17 ans. Il y raconte sa maladie, la Xeroderma Pigmentosum, une de ces maladies génétiques orphelines, appelées maladies rares, qui font doublement souffrir d'une part parce que la maladie en elle même est une souffrance et d'autre part parce que ces maladies orphelines sont difficiles à prendre en charge du fait de la rareté des cas.

Cette maladie interdit à Maxime de s'exposer au soleil sans quoi sa peau serait irrémédiablement détruite par les UVA. Il est donc obligé de se cacher des rayons du soleil en enfilant des combinaisons lourdes, incommodes et inconfortables et n'a pour seul espace de liberté totale que la nuit et lueur de la lune.

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Morgane est tout de suite bouleversée par ce journal plein de noirceur et la description touchante que Maxime fait de sa maladie. Elle veut retrouver l'auteur du journal et le lui rendre. Sa petite enquête la mènera au sein d'une association d'aide aux enfants de la lune où elle y fera du bénévolat durant un été. Cette expérience montrera à Morgane que la vie, faite de peines et de joies, réserve tous les jours son lot de surprises et que l'espoir est un formidable moteur pour avancer et franchir les obstacles.

journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017

Voilà une très belle histoire, touchante, émouvante, intelligente, sensible et utile que nous raconte le scénariste des Carnets de Cerise, Joris Chamblain. Joliment illustré et chaleureusement mis en couleur par Anne-Lise Nalin, ce récit nous fait découvrir avec simplicité cette maladie rare qui bouleverse la vie non seulement de ceux en sont atteint mais aussi de tout leur entourage. Imaginez-vous un instant sortir de chez vous affublé d'une combinaison de spationaute entièrement étanche aux UV. Imaginez les transformations à faire dans votre maison pour chasser les UV : ampoules électriques spéciales, filtres sur les vitres, hectolitres de crème solaire protectrice ... Difficile à imaginer si on y est pas confronté. Sans verser dans le pathos et la sensiblerie larmoyante, nous découvrons avec beaucoup d'émotion le quotidien de ces gens pas comme les autres qui essayent de vivre comme tout le monde.

C'est en partenariat avec l'association "Enfants de la lune" que les éditions Kennes ont mené ce projet éditorial. Plus qu'une mise en lumière – si j'ose dire – de cette maladie rare, cet album a vocation à venir en aide à l'association par le reversement d'une partie des recettes de l'album afin d'aider à la recherche mais aussi et surtout à venir en aide aux familles notamment par l'achat des coûteux équipements.

Une BD belle, intelligente, bouleversante et utile qui touchera les lecteurs de tous âges et qui devrait faire prendre un peu de recul aux ados qui pleurnichent quand ils n'ont plus de wifi...

 

Loubrun

 

le site de l'association Enfants de la Lune

 

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journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017

 

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06/10/2017

AfteRz

 Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.Après tous, la vie est plus belle avec toi

Scénario : Charles Berberian
Dessin : Charles Berberian
Éditeur : Fluide Glacial
112
pages
Date de sortie : 23/08/2017
Genre : roman graphique, chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Afterz, c'est après. Tous les après. Le temps qui passe. « Et si notre époque n'était qu'une immense after ? Et si on était tous nés après la fête ? »

 

Berberian dresse le portrait d'une génération.

 

Deux amies presque inséparables, un chat qui dort, des clubbers en grappes et des âmes solitaires, un garçon flanqué d'un chien qui n'est pas le sien... 

Ils se cherchent, se frottent, se séparent et parfois se retrouvent. Leurs afters sont plus réussies que leurs nuits. Ou pas.

Les strips verticaux de Berberian s'enchaînent comme des perles et entraînent les personnages au cœur de la nuit, jusqu'aux tréfonds d'eux-mêmes, dans ce qu'ils ont de plus secret et d'intime. La poésie calme de Berberian nous rappelle qu'après la nuit, après l'insouciance et la fête, le petit jour porteur d'espoir se lève enfin...

 

Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.

Mon avis

 

Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.« ça me déprime », « toujours aussi chiant », « j'en ai marre », « je suis en train de gâcher ma vie », ... voilà qui en dit long sur la pensée actuelle de beaucoup de monde. Tout tourne autour d'Internet, savoir qui est IN, qui est OUT, les catastrophes qui se passent dans le monde à chaque seconde et qui sont automatiquement relayées sur la toile. On obtient tout, tout de suite et finalement... c'est lassant. La vie perd son sens, le goût doux amer qui lui est propre. Dès lors, bien que ce roman graphique tourne autour de l'apathie de ses personnages, que seule la mise en page égaie un peu notre lecture : on se prend au jeu. Parce que finalement, ne nous posons-nous pas, nous aussi (ou du moins certains d'entre nous) ces questions existentielles ? Ne cherchons-nous pas l'amour ? Les émotions fortes ? L'envie de plus ?

 

Voilà ce que Charles Berberian nous dépeint au fil des pages qui se ressemblent tout en étant différentes. La façon de réagir à une idée, une décision ou une action ; la façon d'être de chacun ainsi que leurs façons de penser. Même les animaux de compagnie y vont de leurs remarques sur l'existence... comme quoi, ne dites jamais à votre chat :

 

« Tu as vraiment la belle vie, toi. Pas de problèmes d'argent, de poids, de cœur, de peau... tu vieillis sans que ça se voie. Ton but dans la vie, c'est de manger et de dormir... » (Afterz, Charles Berberian, p.9)

 

Parce que finalement, vous n'êtes pas dans sa tête, ni dans celle du chien qui ne s'y retrouve plus avec tous ces humains qui gravitent dans son cocon familiale au point de ne plus savoir qui est son maître, ni même se rendre compte que ce dernier est parti, le laissant aux soins d'un ami :

 

« Est-ce que, par hasard, cet inconnu chercherait à se faire adopter ? » (Afterz, Charles Berberian, p.71)

 

« Les humains sont compliqués. Entre eux c'est encore plus compliqué, alors ils s'attachent à nous... une laisse, c'est quand même plus simple que des liens. » (Afterz, Charles Berberian, p.85)

 

Tant de pensées et de réflexions qui se font affalés dans un canapé entre amis, les yeux rivés chacun sur leur smartphone ; en soirée, entourés de célébrités éphémères, saugrenues, m'as-tu-vu, ... ou encore dans un lit, avec un partenaire d'un soir dont on ne sait plus quoi faire.

Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.

Une invitation à la réflexion pour laquelle il faut faire attention de ne pas tomber dans le pessimisme ou la dépression. Tenter de voir plus loin que les constats de cet ouvrage pour s'ouvrir un avenir plus clément, plus radieux... et des rêves plus colorés que ceux du chat souvent représentés dans cet ouvrage. Des dessins aussi ternes que les pensées évoquées... mais un autre graphisme n'aurait-il pas dénaturé l'idée majeure de cet ouvrage ?

 

 

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Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.

 

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Afterz, Après tout la vie est pus belle avec toi, Charles Berberian, Fluide Glacial, chronique sociale, roman graphique.

À méditer.

ShayHlyn.

04/07/2017

La prof et l'arabe

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanLa prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanScénario : Dominique Laroche
Dessin : Pierre Maurel
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie : 31 mai 2017
Genre : Chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanPortrait du peuple de gauche dans la seconde moitié du XXe siècle. « Je me suis battu pour le socialisme, même si mon camp a été vaincu. J'étais pour l'indépendance de l'Algérie, mais pas comme cela s'est passé. Je voulais vivre en France, mais pas comme un étranger. J'ai vécu ma vie comme je l'entendais.

2 vies et 50 ans de luttes sociales en France.

D'après une histoire vraie.

 

Mon avis

Si vous voulez mon avis, je pense qu’il faudrait apposer sur chaque exemplaire de cet ouvrage une étiquette indiquant : « BD d’intérêt général ».

L’histoire, bien qu’officiellement celle d’un couple, se concentre principalement sur Saïd (Aziz en vrai), un algérien né en 1938 qui a traversé la deuxième moitié du XXème siècle au gré des péripéties de l’histoire, de sa condition d’« indigène » et des luttes politiques et sociales diverses. Les parties consacrées à Michelle (Danielle), notamment dans ses jeunes années (précédant sa rencontre avec Saïd), bien que très intéressantes, en particulier sur la condition féminine en milieu prolétaire, ressortent moins. Et même par la suite, à partir de leur rencontre à Prague en 68, la narration reste centrée sur Saïd avec une Michelle qui a l’air de graviter autour de lui plus que d’être son alter ego.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl faut dire qu’entre son immigration en France dès l’âge de seize ans pour rejoindre son frère ainé et trouver du boulot, son incorporation dans l’armée Française qui se bat en Algérie contre SON peuple, son affectation dans les Aurès en tant qu’infirmier, sa confrontation avec la torture, son retour en France, son militantisme de Gauche, son attachement au théâtre et à la Culture en général et ses problème pour réobtenir la nationalité française sur le tard, lorsqu’il s’agit de Saïd, il y a de la matière.

Bien sûr Michelle n’est pas en reste et possède elle aussi les caractéristiques d’un personnage de Roman, et pas uniquement parce qu’elle partage la vie de Saïd. Mais son ancrage dans la partie prolétaire de la société française, son féminisme, son ascension sociale et sa soif de culture ont un côté plus familier, moins extraordinaire.

La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, castermanIl n’en reste pas moins que l’alchimie entre les deux est touchante. Et, bien sûr, même s’il ne s’agit que d’une fiction « basée sur leur histoire », l’honnêteté qui les pousse à partager leurs hauts et leurs bas finit de nous conquérir.

Je passerai vite sur le dessin en noir et blanc que je trouve standard, pas spécialement génial mais sans être mauvais non plus. Il fait le boulot et semble plutôt adapté au sujet.

Quoiqu’il en soit, je vous conseille vivement d’acquérir cette BD qui, par les temps qui courent, permet de regarder un peu mieux l’Histoire de France en face et, espérons-le, de mieux préparer l’avenir.

 

 

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La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, casterman

 

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La prof et l'arabe, Pierre Maurel, Dominique Laroche, Chronique sociale, La Gauche, Algérie, Guerre d'Algérie, immigration, casterman

 

Odradek

23/06/2017

Le train des orphelins - tome 8 - Adieux

train des orphelins T8.jpgtrain des orphelins T8_pl.jpgScénario : Philippe Charlot
Dessin : Xavier Fourquemin
Éditeur : Bamboo
48 pages
Date de sortie :  10 mai 2017
Genre : western, Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les femmes du train prennent le pouvoir.

Lisa a été élue maire de Cowpoke Canyon par acclamation. Elle désigne la veuve Goswell comme shérif. Au grand désespoir du petit Joey, Lisa se laisse courtiser par le beau Lee, venu construire la maison des orphelins. Mais Lee imagine déjà Lisa en épouse soumise. C’est bien mal la connaître !

Soixante-dix ans plus tard, le vieux Joey a pris la route du Connemara, à la rencontre de la petite Louisa. Il est accompagné par la lumineuse Aileen, dont il continue à douter de l’existence réelle. Devant la situation préoccupante de Louisa, Joey voit un signe envoyé par Lisa et un sens à donner à son histoire.

 

 

"La maison des orphelins qu'elle appelle ça ! C'est bien une idée de femmede gaspiller de l'argent la dedans!"

 

 

Mon avis

Terminus pour ce train qui nous a fait voyager un peu dans le temps et croiser des personnages vraiment attachants. Comme je le disais dans ma chronique du tome 7, le ton de ce dernier cycle est moins enlevé et moins enjoué qu'au début de la série. C'est normal, et surtout très cohérent sur le plan du scénario puisque sur ces huit albums, les personnages ont évolué, grandi et vieilli. Le récit est toujours divisé en deux : d'un côté le petit Joey facétieux et plein d'entrain évoluant aux côtés de la généreuse Lisa et de l'impétueuse Mme Goswel, et d'un autre côté le vieux Joey, seul avec sa mélancolie et ses souvenirs. Ces passages Irlandais contrastent à tout point de vue avec la jeunesse de Joey dans la poussière et la chaleur de Cowpoke Canyon. Le temps ne semble pas se dérouler à la même vitesse, mais qu'importe, puisque Joey a trouvé dans ce pays pluvieux et verdoyant de quoi lui redonner le sourire et la joie de vivre. Comme quand il était petit.

Très belle fin pour cette série d'aventure dont les auteurs ont su maintenir une qualité égale durant huit albums. Qualité que l'on doit à cette belle galerie de personnages attachants et hauts en couleur, aux dialogues enlevés et percutants, à ce savant équilibre entre humour et émotion, à ce dessin semi-réaliste efficace tant dans les mises en scène que dans l'expression des personnages, et à ce sens de la narration qui fait que chaque album nous offre de vrais moment d'évasion.

A l'issu de cet ultime tome, souhaitons un bon repos à Joey, ainsi qu'a ses auteurs. Mais pas trop longtemps hein, parce que si vous avez en tête d'autres belles histoires comme ça, ne trainez pas trop pour nous les faire lire :-)

Loubrun

 

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 Les autres tomes de la série

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710

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28/02/2017

La cire moderne

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, Scénario : Vincent Cuvellier
Dessin : Max de Radiguès
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

 

Résumé

 

Sam et Manu sont des jeunes qui ne semblent ni inquiets ni préoccupés de leur avenir. En pleine campagne, ils vivent au jour le jour, d'amour, de baise et de beuh fraiche. Le facteur va mettre un terme à cette palpitante existance en apprenant à Manu que son oncle vient de mourrir. Le passage chez le notaire lui apprend qu'il hérite d'une usine de cierge, du stock qui reste et d'un vieux combi Volkswagen. Les deux tourtereaux ont bien une idée de quoi faire du combi, mais pour le reste ... c'est une autre histoire. Heureusement, Jordan, le frère de Sam qui pense parfois à autre chose qu'au cul, utilise son savoir acquis à son bac pro force de vente et va les aider à mettre sur pied un business plan du feu de Dieu pour écouler le stock. Et voilà les 3 glandeurs partis faire la tournée des monastères pour vendre du cierge et financer leur vacances.

Ce road trip estival et commercial ne les portera pas dans les coulisses du CAC 40, mais offrira à Manu de nouveaux horizons l'amenant à revoir sa conception de l'existence.

 

 

 

«Arrêtez, j’ai des techniques de vente trop mortelles. Je vais te les embrouiller moi les curés»

 

 

Mon avis

 

Drôle de titre, drôle d'histoire et drôle d'héritage ! Vincent Cuvellier nous présente une jeunesse en totale déshérence qui semble à priori perdue pour elle-même et pour la société. Mais c'est compter sans les voies du seigneur qui, comme chacun sait, sont impénétrables. Les trois lascars qui n'y entendent rien à la religion (comme à tout un tas d'autres choses par ailleurs), et sont gavés comme un grand nombre de leur semblables, de clichés et autres stéréotypes à son encontre, ne sont pas de mauvais bougres et acceptent cet héritage en le prenant simplement comme une occupation passagère et momentanée. Cette occupation leur fait lever le nez de leur nombril et de leur petits plaisirs et conduit Manu vers forme de spiritualité dont il sera le premier surpris.

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C'est avec beaucoup d'humour, de légèreté et de réalisme que Vincent Cuvellier nous parle de religion. Mais bien plus que de religion, il est ici question de foi et de quête de spiritualité. Sans faire de prosélytisme ni avoir de discours moralisateur ou incantatoire, l'auteur nous met en position de témoin d'une conversion.

C'est drôle, léger, parfois un peu vulgaire mais c'est pour donner du réalisme aux personnages. Les personnages sont par ailleurs assez attachants, même Jordan à qui on a souvent envie de foutre des claques.

Max de Radiguès donne à cette histoire originale une tonalité très épurée grâce a un dessin simple voire simpliste. Le trait un peu naïf donne l'impression d'avoir à faire à une histoire pour enfants. Mais avec quelques traits bien placés il arrive à rendre expressifs et vivants ses personnages.

Pour son premier scénario de BD, Vincent Cuvellier a eu raison de se battre* pour se faire publier et réussit plutôt bien à faire ce qu'il voulait faire, c'est à dire de "parler de foi, et de religion, de façon décomplexée, décontractée, sans faire de prosélytisme, enchainer une scène de cul et les vêpres du matin en deux pages, sans que personne ne soit ni choqué, ni pas choqué. Bref, parler de religion comme d'un sujet normal."

Une façon aussi de montrer que la religion et la foi ne font pas que porter le glaive et l'épée et peuvent être compatibles avec le monde moderne. Et l'on comprend alors la symbolique du titre.

 

Loubrun

 

 

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 * La cire moderne c'est aussi une drôle d'aventure éditoriale, comme nous le raconte ici Vincent Cuvellier : https://www.facebook.com/vincent.cuvellier/posts/10211900...

 

 

15/02/2017

Le train des orphelins - tome 7 - racines

le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710le train des orphelins,racines,charlot,fourquemin,bamboo,grand angle,western,histoire,chronique sociale,012017,710Scénario : Philippe Charlot
Dessin : Xavier Fourquemin
Éditeur : Bamboo édition
48 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : western, Histoire

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

À la fin des années 1920, à Cowpoke Canyon, Lisa est entrée en résistance suite au véto que les employeurs d’orphelins de la ville ont mis à son projet d’école du soir. De son côté, la veuve Goswell a décidé que Coleman, son fiancé, serait le prochain maire. Mais Coleman, est poltron, misogyne et sans aucun sens politique. Pour la veuve c’en est trop, elle se rallie à l’avis de Lisa : les femmes doivent prendre les choses en mains. Soixante dix ans plus tard – depuis le décès de Lisa, le vieux Joey broie du noir et souffre de la solitude. Son radio émetteur reste son seul lien avec le monde et c’est grâce à lui qu’il fait la connaissance de la jeune Louisa qui vit esseulée sur une petite ile d’Irlande.

 

 "Je veux que ces enfants soient traités comme des enfants et non pas comme de la simple main d’œuvre."

 

Mon avis

Le train fait du surplace dans cette bonne ville de Cowpoke Canyon où les petits orphelins se débrouillent comme ils peuvent. Heureusement qu'il y a cette bonne âme de Lisa pour tenter de les tirer vers le haut et les sortir des griffes de leurs "parents adoptifs" qui ressemblent plus à des exploiteurs et profiteurs qu'a autre chose. Ce surplace n'est pas pour autant synonyme d'ennui, bien au contraire, et comme le rythme régulier des vieilles locomotives à vapeur, le récit avance à coup de cycles de deux albums dont voilà l'amorce du quatrième. Il n'y a plus la fougue et l'énergie des premiers cycles de la série générés par les stratagèmes de Harvey, mais le ton ici fait la bascule entre comédie et mélancolie donnant un air de saga familiale et de chronique sociale. L'intéret et l'empathie pour les personnages ne se tarissent pas et Philippe Charlot réussit à garder le lecteur avec la double intrigue qui mène le récit. Toutes les deux ou trois pages, on bascule d'une époque à l'autre pour suivre en parallèle l'évolution du Joey petit dans les années 20 et du Joey vieux.

 

Dans un parfait équilibre entre les deux intrigues, le récit va bon train et de nombreux thèmes sont abordés avec légèreté, sensibilité et humour : l'éducation, la place des femmes dans la société, la solitude, la vieillesse.

Voilà une série qui, depuis 7 albums, tient très bien le cap et réussit à distraire, émouvoir et qui offre au plus jeune lectorat quelques pistes de réflexion intéressantes.

 

 

Loubrun

 

 

 

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 Les autres tomes de la série

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21/12/2016

L'invitation

l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,710,112016l'invitation,jim,mermoux,vents d'ouest,chronique sociale,roman graphique,amitié,relations humaines,710,112016Scénario : Jim

Dessin : Dominique Mermoux

Éditeur : Vents D'ouest

date de sortie : novembre 2016 (réédition)

156 pages

genre : roman graphique, chronique sociale

 

 

Présentation de l'éditeur

Un téléphone sonne en pleine nuit dans un appartement parisien. Raphaël se lève et décroche. À l’autre bout du fil, c’est son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d’une heure de route et demande à son ami s’il peut venir le dépanner. En réalité, Léo a appelé plusieurs de ses proches, curieux de savoir lesquels prendraient la peine de se déplacer pour lui. Un test à l’amitié, ni plus, ni moins. Raphaël est furieux d’avoir été ainsi testé ; ça ne se teste pas, l’amitié ! Mais un soir, Raphaël est chez lui, seul, il s’ennuie... Et si lui aussi il appelait ses amis, prétextant une panne de voiture ? Sur qui peut-il vraiment compter ? L’idée est tellement tentante... Rapidement, Raphaël lance les invitations déguisées...

Publié pour la première fois en 2010, cet album est réédité avec une nouvelle couverture à l'occasion de son adaptation au cinéma.

 

"... Moi le mec qui me fait ça, juste pour se marrer, ça me fait marrer. Par contre, s'il fait vraiment ça pour tester mon amitié...là, il la perd, c'est sûr !"

 

mon avis

Savez-vous qui sont vos vrais amis ? Vous savez, ceux sur qui on peut théoriquement compter à toute heure du jour et de la nuit. En vérité, il se dit que des vrais amis, ça se compte sur les doigts d'une main. Ça c'est la théorie, passons à la pratique en compagnie de Léo et Raphael. Les deux sont amis de longue date et arrivent à un âge où certaines questions existentielles émergent. Ils sont aussi à un âge où souvent les couples se font et se défont, ce qui justifie parfois ces questions. Ils ont en tout cas un besoin irrépressible de se prouver quelque chose. Quoi précisément, ils ne le savent pas pour l"instant et le découvriront au gré de cette expérience déconcertante mais néanmoins amusante.

 

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C'est du Jim tout craché, comme on l'aime ou le déteste, parcequ'il nous fait à la fois rire et réfléchir. Il nous fait rire de nous-même ou des autres et réfléchir sur nous-même et sur nos rapports aux autres en nous renvoyant une part de notre propre image. Et puis comme souvent dans les histoires de Jim, plusieurs thèmes se chevauchent. Derrière le sujet principal qu'est l'amitié, se devinent ici les thématiques du couple, de la fidélité et du passage à l'âge adulte.

C'est vraiment très bien écrit, et la pagination conséquente (156 pages) permet aux auteurs de prendre le temps d'installer les ambiances menant à la réflexion des personnages et du même coup, du lecteur. Le découpage, comme les dialogues, sont taillés pour le cinéma et donnent au récit cette dimension vivante et crédible qui vous font tourner les pages avec bonheur et envie.

 

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Le dessin et la mise en couleur de Dominique Mermoux sont d'une sobriété et d'une efficacité redoutable. Sans fioriture, avec un trait fin et limpide, il va tout de suite à l'essentiel dans sa mise en scène et ses cadrages. Ceci allié à l'écriture fluide et les dialogues qui sonnent juste de Jim, l'album se lit d'une traite, comme on écouterai un bon raconteur d'histoires.

Voilà un bel album, à l'ambiance douce-amère et aux personnages attachants qui vous feront vivre une bien drôle histoire et vous donneront une bonne petite leçon sur ce qu'est l'amitié.

 

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Loubrun

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/10/2016

The Long and Winding Road

The Long and Winding Road, Christopher, Pellejero, Kennes Editions, rock, rock'n roll, hippies, beat génération, combi volkswagen, seventies, 70', île de wight, wight, concert, road movie, road trip, chronique sociale, roman graphique, 10/2016,9/10The Long and Winding Road, Christopher, Pellejero, Kennes Editions, rock, rock'n roll, hippies, beat génération, combi volkswagen, seventies, 70', île de wight, wight, concert, road movie, road trip, chronique sociale, roman graphique, 10/2016,9/10Scénario : Christopher

Dessin : Ruben Pellejero

Éditeur :  Kennes Editions

184 pages

date de sortie : 6 octobre 2016

genre : roman graphique, chronique sociale, Rock'n Roll

 

 

"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage " disait le poète. C'est pourtant sans joie que notre Ulysse entreprend le voyage posthume que lui propose son père, Lucien. En guise de dernière volonté, celui-ci l'invite à répandre ses cendres sur l'île de Wight, en Angleterre, en suivant le même périple que lui lorsqu'il s'était rendu au mythique concert de 1970. Une odyssée rock qui avait changé le cours de sa vie. Et qui pourrait bien changer la sienne... Sur une bande-son d'époque, au volant d'un combi Volkswagen hors d'âge et flanqué des trois compagnons de jeunesse de son père, tous plus barges les uns que les autres, Ulysse empruntera donc la route longue et sinueuse qu'ils avaient suivie quelques années plus tôt. Au-delà de la ligne blanche, Ulysse découvrira que son père n'était pas ce petit bourgeois étriqué pour qui il n'avait jamais eu grande estime. Et à travers lui, il comprendra mieux d'où il vient et qui il est vraiment. Un voyage intérieur d'une rare intensité !

 

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Quel drôle de titre improbable, à rallonge et aussi difficile à retenir qu'à prononcer pour nous pauvres français nuls dans la langue de Shakespeare ! Si le grand William ne vous inspire pas, qu'a cela ne tienne, tournez-vous plutôt vers d'autres sources d'inspiration, musicales et so British par exemple, ou bien vers un autre William, américain lui, S. Burrough de son nom et chantre de la Beat Generation. Quant à ce titre qui claque comme une douce mélopée Rock, ça tombe bien, il sort tout droit du dernier album qu'ont produit les Beatles, Let it Be, en mai 1970.

1970, année du deuxième plus grand concert Rock de tous les temps, le Woodstock Européen, qui eut lieu au mois d'août sur l'île de Wight en Angleterre et qui rassembla entre 600.000 et 700.000 spectateurs.

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Christopher (Love Song, Les Filles, Les colocataires) nous fait vivre ce concert par procuration en nous plongeant au cœur d'un road trip intimiste, bercé par une anthologie de la musique rock de l'âge d'or des années hippies. En accomplissant les dernières volontés de son père, Ulysse vit une odyssée qui le mène face à sa propre histoire et se transforme en voyage initiatique et introspectif. Durant ce long périple, il ira à sa propre rencontre et découvrira un père radicalement différent de celui qu'il a connu, levant le voile sur la face cachée de sa personnalité.

Flanqué de Alain, Jacques et William, les trois anciens compagnons de route de Lucien toujours animés par la rock attitude, le voyage devient une véritable aventure teintée de nostalgie pour les uns, de découvertes et d'expérimentations pour les autres. C'est un vrai régal que de suivre ce voyage aux accents psychédéliques et on a qu'une envie c'est de prendre place à bord du Commodore, le combi Volkswagen personnage à part entière de l'histoire, aux côtés de ces trois papys du rock, roublards et irrévérencieux, mais vachement sympathiques et ayant le cœur sur la main.

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D'ailleurs, Christopher nous fait quasiment monter à bord grâce à une narration découpée en chapitres courts arborant chacun un titre emblématique des années 70. 180 pages divisées en 45 chapitres, et autant de titres composant la playlist. Et quelle Play list ! Les K7 audio défilent les unes après les autres dans le vieil autoradio du Combi. Que des grands noms de l'époque, The Rolling Stones, Procol Harum, Jethro Tull, Ten years after, Grateful Dead, Neil Young, Bowie, et j'en passe ... Une playlist composée avec minutie et précision (excepté Hotel California toutes les musiques sont antérieures au concert de Wight de 1970) où chaque titre fait écho à l'action et au nouveau regard sur le monde que porte Ulysse. On commence avec You Can't Always Get What You Want des Stones quand Ulysse part à l’enterrement de son père en maugréant contre lui et ses dernières volontés ; puis The Dead Man's Dream de Procol Harum pendant les obsèques ; ou encore Lay Lady Lay de Bob Dylan, quand on fait la connaissance de l'amour de jeunesse de Lucien ... chaque morceau est en symbiose parfaite avec l'histoire.

 

"- Putain, c'est les Deads ! Vous ne connaissez pas les Deads, petits merdeux ?

- les Deads ?

- Les Grateful Deads !

- Alain, monte le son et fait passer les buvards ! "

 

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Mais revenons sur les trois personnages truculents qui donnent cette dimension très Rock'n roll au récit. Évidemment, le lecteur averti aura vite fait la comparaison avec les trois vieux anar de la série Les Vieux Fourneaux de Wilfried Lupano. N'y voyez pas là de plagiat ou d'influence pour surfer sur le succès – mérité – de cette série. Comme me l'a révélé Christopher, The Long and Winding Road est l'aboutissement de 4 ans de travail et les planches étaient en cours de réalisation quand les Vieux Fourneaux sont sortis.

Ces trois papys du rock, piliers du récit et guides spirituel d'Ulysse, font référence aux trois piliers de la Beat Generation que furent Allen Ginsgerg, Jack Kerouac et William S. Burrough. Petit clin d’œil invisible parmi d'autres que l'auteur a glissé dans son histoire.

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La mise en image de cette folle équipée, on la doit au renommé Ruben Pellejero. Connu du grand public depuis sa reprise de Corto Maltese en 2015, Ruben noircit des planches de Bd depuis le début de années 80. Dessinateur accompli au style reconnaissable avec un trait souple et expressif, marqué par un encrage prononcé, il n'a collaboré qu'avec peu de scénaristes dont le principal est l'argentin Jorge Zentner. C'est donc un immense privilège pour Christopher que d'avoir pu bénéficier du talent de Ruben Pellejero pour animer cette histoire. Car Christopher dessine aussi, et il aurait très bien pu mettre lui-même son histoire en image, ce qui était d'ailleurs son intention première. Mais, comme il le dit lui-même : " on ne peut pas refuser les services de Ruben s'il est disponible et s'il dit oui au projet". Évidemment ...

Pellejero nous livre une mise en scène classique et ne cède pas à la tentation d'une surenchère d'imagerie psychédélique qui aurait pu rendre les planches indigestes, ou trop caricaturales. Là, c'est simple, expressif, aéré ou détaillé quand il le faut et redoutablement efficace. Comme le Rock'n Roll !

Sans tomber dans la démesure, dans l'outrance ou la caricature, on retrouve l'ambiance sex, drugs and Rock'n roll propre à cette époque musicale et un vent de liberté et d'insouciance qui font un bien fou en ce début de 21ème siècle tourmenté.

Avec The Long and Winding Road, jamais le terme d'album, désignant aussi bien une BD qu'un disque, n'aura été aussi bien porté.

Voilà donc un album à lire et a écouter, à relire et ré-écouter, sans limites et sans modération, et c'est un sacré coup de cœur !

 

 

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Loubrun

 

 

 

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La BO de la BD sur Spotify ou sur Deezer

    

06/10/2016

Au fil de l'eau

au fil de l'eau, juan diaz canalès, rue de sèvres, chronique sociale, polar, 8/10,09/2016au fil de l'eau, juan diaz canalès, rue de sèvres, chronique sociale, polar, 8/10,09/2016Scénario et dessin : Juan Diaz Canalès

Éditeur : Rue de Sèvres

90 pages

date de sortie : septembre 2016

genre : polar, chronique sociale

 

 

 

Madrid, aujourd’hui. Niceto octogénaire passe sa retraite entouré de sa bande de vieux copains, de son fils Roman et de son petit-fils Alvaro. Dans l’Espagne marquée par la crise, le quotidien n’est pas simple. Il devient réellement inquiétant lorsque les amis de Niceto commencent à mourir les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes… Quand Niceto disparaît à son tour, c’est une véritable course contre la montre qui démarre pour Roman et Alvaro.

 

"- Quel âge as-tu Niceto ? Quatre-vingt ...

- ... trois.

- Tu crois que c'est un âge pour commencer une carrière de délinquant ?"

 

Juan Diaz Canalès, vous le connaissez en tant que scénariste du célèbre polar animalier Blacksad et plus récemment pour la poursuite des aventures de Corto Maltese. Ce que l'on ignorait de lui, c'est qu'il était également très habile à tenir le pinceau. Il nous dévoile dans ce one shot tout son talent de dessinateur avec des planches qui sentent bon l'influence des écoles Argentine et Italienne du vrai et pur noir et blanc entièrement réalisé à l'encre de chine.

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Dans ce polar social noir et sur fond de crise économique en Espagne, il mène une réflexion sur la vieillesse et le sens de la vie. On a affaire à une bande de petits vieux qui, pour boucler les fins de mois, se voient contraints de se livrer à des petits trafic de recel. Personne n'a envie de condamner ces pauvres bougres surtout quand par dessus le marché on les voit se faire trucider les uns après les autres.

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L'auteur pose ici des questions sans chercher véritablement à y apporter des réponses et sans non plus donner de leçons. Il dresse un constat simple, sombre, triste et pathétique d'une société qui oublie ses anciens et les laisse souvent dans une solitude effrayante.

Cette chronique sociale noire est parfaitement mise en scène avec une narration linéaire et un dessin somme toute assez simple mais très expressif, qui restitue habilement toutes les ambiances de l'histoire.

Un polar intelligent, émouvant et distrayant à la fois, qui révèle les talents de dessinateur de Canalès. Monsieur Canalès, c'est quand vous voulez pour renouveler l'expérience !

 

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Loubrun