13/03/2012

SHRIMP, tome 1, Le grand large

album-cover-large-15704.jpgshrimp-planche.jpg

Albert, la quarantaine, tient un petit resto dans la capitale belge. Sa spécialité, qui fait son succès auprès des clients, c’est la croquette à la crevette.


Il est secrètement amoureux de Mia, une cliente habituée des lieux. Un soir, en nettoyant son restaurant, il met la main sur un mystérieux billet de voyage et trouve par là l’occasion de suivre secrètement Mia à Las Palmas, du moins c’est ce que pense Albert, car l’aventure ne fait que commencer.

 


Un savoureux mélange de crevette, de Belgique, d’humour, de vaisseau spatial, de chinois et de Mao. Une nouvelle version du cocktail de crevettes !

 


Le pitch de Shrimp attire volontiers l’attention des bédéphiles que nous sommes par son originalité. Dargaud joue sur cet aspect et fait bien, car c’est là le point fort de cet album. La trame principale de cette œuvre My Major Company BD est assez surprenante ; on passe sans concession d’un cadre familier à un dépaysement total. Les scénaristes, Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust, ont sûrement fumé de la crevette périmée pour imaginer un tel délire plein de fraicheur et d’originalité. Néanmoins, une fois passée cette trame principale inédite, l’histoire souffre de quelques aspects décousus. Cela ne suffit pas à gâcher un plaisir bien réel à la lecture (trop rapide, 48 pages) de ce qu’on peut appeler une réussite. Maintenant, une petite phrase d’une banalité affligeante s’impose : « Il faut voir la suite ! ».   

 

« - Parce que en fait, moi je devais embarquer pour une petite semaine à la mer et…

 

- Hin hin hin. Le vrai voyage n’a pas de destination. De toute façon, Las Palmas est très surfait. Vous auriez été déçu.

 

-          Hein ? Quoi ? »

 

Extrait de Shrimp 1- Le grand large

 

 

Si le scénario fait preuve d’un certain cachet et d’une singularité indiscutable, le dessin apporte d’avantage d’humour que d’originalité. Le fait est que l’humour qui se dégage de Shrimp vient essentiellement du trait et du découpage du dessinateur Mathieu Burniat. Le dessin est vif, léger, tout en mouvement et souplesse mais ressemble un peu trop au dessin de Manu Larcenet. Toutefois, quand on aime ce dernier, on cède volontiers cette ressemblance.

 

Pour la petite histoire, Shrimp bénéficie du soutien du journal  le soir. En effet, il est publié à raison d’une planche par jour dans le cahier culture  du journal. Et ce fameux coup de pub a démarré avant même que l’album n’ai franchit les 10000 euros, objectif minimum à atteindre sur My Major Company BD pour être publié. Shrimp a fini sa course à 25000 euros, la limite maximum. 

shrimp2.jpg


 

Le + : Shrimp est un beau cocktail d’originalité et de fraicheur. Ca fait du bien par où ça passe !

 

Le - : Une fois la trame principale percée à jour, le reste du scénario est un peu décousu. Les 48 pages font de cet album une expérience trop courte.

 

Infos en vrac

Série belgo-spatio-crevettière romantico-délirante.

Parution: mars 2012

48 pages

Prix : 11,99 euros

Dessin : Mathieu Burniat

Scénario : Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust

Editeur : Dargaud, My Major Company BD

 

 

Monsieur William