07/02/2017

Alena

alena,kim w andersson,andersson,glénat,fantastique,roman graphique,horreur,harcèlement,homosexualité,différence,510,012017alena,kim w andersson,andersson,glénat,fantastique,roman graphique,horreur,harcèlement,homosexualité,différence,510,012017Scénario : Kim W. Andersson
Dessin : Kim W. Andersson
Éditeur : Glénat
138 pages
Date de sortie : janvier 2017
Genre : horreur, fantastique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La vie d’Alena est un enfer. Depuis qu’elle est entrée à l’internat, elle se fait harceler tous les jours par Filippa et les filles de sa bande. Mais Joséphin, sa seule amie, n’a pas l’intention de la laisser subir ce calvaire plus longtemps. Puisqu’Alena ne rend pas les coups, puisqu’elle ne peut pas compter sur l’aide du conseiller d'orientation ou du directeur de cette maudite école, Joséphin va devoir prendre les choses en main elle-même. Mais il y a un problème : ça fait un an que Joséphin est morte.

 

 "Parfois la meilleure défense, c'est l'attaque, Alena. Faut pas que tu les laisses te faire chier"

 

Mon avis

Récompensé en 2012 par le plus prestigieux prix de bande dessinée Suédois, le Adamson Award, Alena est une fausse BD horrifique. Derrière cette couverture sanguinolente aux accents inquiétants, se cache une histoire d'adolescente déboussolée, sans repères et en quête d'une identité propre, se débattant tant bien que mal au milieu d'une basse-cour de donzelles écervelées et pourries par un milieu social plus qu'aisé.

Le point de départ de ce chamboulement hormonal et psychologique chez la jeune Alena, c'est la mort sous ses yeux de sa meilleure amie et sans doute amante, Joséphin. Joséphin, c'était la forte en gueule, celle qui s'affirme, qui n'a pas peur de montrer ses différences et de donner du coup de poing pour se défendre. Sa disparition laisse donc un grand vide autour d'Alena qui subira un harcèlement terrible. Cette dernière trouve la force de se défendre en invoquant Joséphin, invocations qui iront au delà de ses espérances et la dépasseront complètement.

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Ayant pour thématiques le harcèlement, l'homosexualité, le rejet de la différence et la quête d'identité, ce récit est malheureusement plus énervant que dérangeant. Hésitant entre drame psychologique et social, conte fantastique et récit horrifique, l'auteur nous donne le sentiment de ne jamais aller au bout des choses. Au final, on retient davantage les séquences de harcèlement bêtes et méchantes que l'aspect intimiste du récit, qui à mon sens aurait dû prendre le dessus. A la lecture, on a juste envie de donner une bonne paire de claques à toutes ces pouffiasses, et on en oublie les vrais problèmes graves aux quels se confronte Alena.

Au dessin, Kim W. Andersson est dans la veine du comics US : gros plans et plans serrés, peu de décors, un découpage fluide et efficace. Par contre, son trait expressif est parfois exagéré dans certaines attitudes qui en deviennent un peu ridicules. Sans grande surprise ni grands effets, le dessin reste néanmoins correct et en adéquation avec le récit.

Ce roman graphique ne restera pas dans les annales de la BD horrifique ; gageons que son adaptation au cinéma soit plus réussie et plus efficace.

 

Loubrun

 

 

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 le trailer du film sorti en 2015 - VO

 

 

 

 

 

 


 

15/04/2016

Le bâtard des étoiles - Tome 1 - Le regard des autres

Couv_271801.jpgalbum-page-large-28881.jpgScénario : Raoul Cauvin
Dessin : Curd Ridel
Éditeur : Sandawe.com
48 pages

Sortie : 2 mars 2016
Genre : Humour

 

 

 " - Vous êtes cons, les Terriens.

- Pour une fois, je suis tout à fait d'accord avec vous !"

 

On ne présente plus le papa de Natacha, de Cédric, de Pierre Tombal, de L'agent 212, des Psys, des Femmes en blanc et des Tuniques bleues. Il devait s'ennuyer, car pour ses 77 ans il agrandit encore la famille, et cette fois c'est un Bâtard...

C'est-à-dire que Bernadette Collins, avec son petit nez retroussé, ses grands yeux verts et sa coiffure blonde d'un autre temps, dès qu'elle roule la nuit dans la campagne, un de ses pneus éclate. Et dès qu'elle change une roue, il lui arrive un truc hors du commun.

La première fois, c'est un extra-terrestre qui la met enceinte (allez raconter ça aux flics du coin, ils vont vous croire !) ; la deuxième fois elle rencontre le père et se fait enlever le fils, "crénomdîdjî" (en français dans le texte) !

Entretemps elle incarne l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant et se confronte au regard des autres, l'éternel problème...

Le voyeurisme de la télé-réalité, la course à l'audimat, la cupidité de scientifiques en mal de reconnaissance (pour ne citer qu'eux) et la dictature de la normalité sont allègrement taclés au long de cette aventure rebondissante, menée tambour battant, animée de dialogues et de gags savoureux, et habillée d'un dessin tonique et expressif qui lui va comme un gant à trois doigts !

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La question subsidiaire est : Pourquoi Raoul Cauvin a-t-il eu recours au financement participatif pour faire éditer cette série ? Peut-être pour le plaisir de vivre une expérience du troisième type ?

 

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Virgule

23/04/2010

Interview de Julie Maroh.

dyn008_original_350_498_jpeg_2551150_a067b74459de1702c149dd7cfa6c0ce2Suite à mon coup de cœur  pour le bleu est une couleur chaude , j'ai pris contact avec Julie Maroh pour une petite interview.
Et voici le résultat .Bonne lecture .



1-J’ai lu sur ton blog que  Le bleu est une couleur chaude, c’était 5 ans de ta vie .Un parcours du combattant pour pouvoir éditer ta première BD ou un esprit perfectionniste ?
En fait, j'ai commencé ce projet quand j'étais encore en études et je ne pouvais qu'y consacrer mon temps libre entre les cours. Il a donc fallu plus de trois ans pour l'écriture et le découpage du récit, lentement mais sûrement, et puis ensuite le temps de réalisation de l'album. Je ne pense pas que ce soit une question de perfectionnisme, mais juste les circonstances. Et puis j'ai eu pas mal de périodes de creux où je n'arrivais rien à produire.

2- N’as-tu pas eu des craintes par rapport au thème de ta BD qui parle de l’homosexualité féminine ?
Non, pas du tout. J'espère juste qu'on ne croira pas que l'histoire vise un lectorat bien défini, je n'ai pas créé ce discours pour un public lesbien.


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3- Penses tu que ta BD apportera une petite brique au regard que portent les gens sur l’homosexualité ?
Justement, c'est plutôt pour cela que je l'ai écrite, et donc pour tous ceux que j'aimerais convaincre. Je n'ai aucune certitude sur le poids qu'aura l'album publiquement mais quand je reçois des commentaires ou des mails de lecteurs qui me rapportent l'effet qu'a eu la BD sur eux et/ou sur d'autres personnes, je suis rassérénée.

4-Beaucoup d’émotions passent par des regards ou de petits gestes .C’est cet échange d’émotion que tu voulais partager avec le lecteur ?
Quand j'écris je ne pense pas au lecteur. Ça m'influencerait beaucoup trop, je crois! Pour ce qui est de la retranscription des émotions, j'avoue que c'est une des choses que je préfère travailler en BD. L'avantage de la jonction entre textes, images, blancs. Et pour ce récit en particulier, la découverte de ses propres sentiments et la connection qu'on éprouve vis-à-vis de l'autre sont un pilier de l'album. Regards, gestes et subtilités en sont donc une réalité à traiter.

5- ça fait quoi de lire autant de louanges et d’avis positifs ?
Plaisir, bien sûr! Les seuls avis que je reçois sont ceux des lecteurs qui postent des commentaires sur le blog, ou m'écrivent par email. Et puis évidemment mon entourage, certains libraires... Mais au-delà je ne sais pas quel accueil reçoit le livre à grande échelle, et je ne lis pas les critiques en ligne. J'espère juste qu'il puisse toucher un large public, j'entends: un public varié.



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6- Quelle est la part d’autobiographie pour ce Bleu est une couleur chaude ? Je parie que c’est une question qu’on te pose souvent (désolé) ?
On me pose souvent la question oui. J’ai l’habitude de répondre que la première source d'inspiration d'un auteur c'est soi-même, mais que ça ne veut pas dire qu'on parle de ce qu'on a vécu. On est obligé de se transposer dans la narration, de ressentir, de réfléchir à ce que pensent et décident nos personnages, et pourquoi. En fait c'est un boulot de schizophrène!
On est donc obligé de pouvoir se projeter, ça demande un peu de vécu mais surtout de l'imagination je pense.
Donc la part d'autobio' de l'album... elle est inexistante dans la forme, mais présente évidemment dans le message que je veux faire passer, dans ce que je pense de l'amour, et le pouvoir que j'y attribue.


7- Que peut-on te souhaiter pour le futur?

Continuer à me goinfrer de chocolat sans chop
Cper de caries.

Un grand merci à Julie Maroh pour avoir accepter cette interview.

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16/04/2010

Le bleu est une couleur chaude.

bleu11Auteure : Julie Maroh.
Editeur : Glénat.



Cheveux au vent.
La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres.

Mon coup de cœur.
Voilà bien une BD que j’aurais « oubliée » sans le coup de cœur de BDgest pour cet album. Comme le dessin  tout en douceur et expressif me plaisait bien, j’ai tenté l’aventure bleutée .Je dois avouer que mon choix  a aussi  été facilité par le coté assez sulfureux de certaines scènes. Je commence donc ma lecture et je me dis tout de suite qu’on ne va pas rigoler beaucoup .Mais bien vite, je suis ravi par la sensibilité du scénario et du dessin, quelle osmose d’ailleurs entre les deux. Les moments où les regards se croisent, où les mains se frôlent sont d’une justesse rarement vu dans le monde du 9 ème art. Et puis sans jamais tomber dans la caricature, on suit les difficultés de Clémence à accepter sa différence, à la faire accepter aussi, à combattre ses démons intérieurs et à réaliser ses rêves. Malgré la fin assez tragique mais ça on le sait tout de suite en début d’album, c’est presque en paix et surtout ému qu’on ferme cet album d’exception. Une parenthèse de fragilité, de douceur qui contraste avec le tourbillon des premières passions amoureuses.
Pour un premier album, Julie Maroh nous gratifie d’un coup de maître.
surprises.smileysmiley.com.9

On en parle sur le forum.

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