18/01/2018

Merdre - Jarry, le père d'Ubu

1.jpg2.jpgScénario : Rodolphe

Dessin : Daniel Casanave

Editeur : Casterman

Collection : écritures

200 pages - broché

Parution : 17 janvier 2018

Biographie littéraire

 

Présentation :

– Vous êtes donc le fameux Jarry ?
– Bouffre ! On le dit.
– Dieu sait qu'on parle de vous...
– ... de vous et de votre père Ubu, bien sûr !

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Figure des cercles littéraires, intime du Douanier Rousseau, ami d'Apollinaire et inventeur de la pataphysique, Alfred Jarry a créé un mythe littéraire unique, un monstre omniprésent dont le nom est entré dans le langage courant.
Sa vie fut à l'image de son œuvre : intense... et ubuesque !

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« Merdre » : c’est le mot d’ouverture de la pièce Ubu Roi qui, jouée pour la première fois en décembre 1896, scandalise le tout Paris. Son auteur, Alfred Jarry ne déteste pas le scandale. Parfois même, il s’en délecte !

Perpétuel chassé-croisé entre la vie et l’œuvre, tout particulièrement avec Ubu auquel il finit par s’identifier, la vie de Jarry fut brève : il meurt à 34 ans, ruiné, en suçant un cure-dent.

Entretemps, il aura posé en salle le sabre en main, ou en ville brandissant le révolver, éclusé moult absinthes (« l’herbe aux saintes ») aux comptoirs des tripots avant d’enjamber sa bicyclette, un « Clément Luxe 96 » pour repartir vers de nouvelles aventures… Il aura surtout dynamité la littérature, créé la noble science de la pataphysique et largement participé -bien qu’à titre posthume- à la définition de ce XXème siècle qui babillait encore. Jarry créa Ubu, la suite en devint ubuesque. 

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Mon avis :

Après un Nerval l’inconsolé de très belle facture, Casanave nous livre un Jarry tout à fait honorable. Pratiquant une biographie dessinée mêlant les vies de l’auteur et de son personnage emblématique, Ubu, le scénariste Rodolphe arrive à capturer l’essence de l’œuvre littéraire et de son créateur. Etonnements saugrenus, confusions inspirées et potacheries érudites viennent ainsi émouvoir la sensibilité du lecteur dans un récit tourbillonnant, aux envolées parfois lyriques.  

 

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vers l'ouest,zheng jianhe,deng zhihui,urban china,légende,conte,batailles

 

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Skippy

20/05/2017

Pierre de cristal

cov.jpg5.jpgScénario et dessin : Frantz Duchazeau

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

152 pages – broché

Parution 10 mai 2017

Roman graphique – autofiction

 

Présentation :

Pierre, une dizaine d’années, vit tranquillement dans une bourgade avec ses parents et son grand frère. Le couple parental vacille. Le monde change autour de lui… Pierre s’interroge sur le passé de sa mère, la méchanceté de ses camarades, son premier grand père disparu. La vie en somme…

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- Je sais aussi que je serai triste de ne plus être un enfant.
- Alors je repenserai à ces moments...
- Quand la lumière était belle.

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Mon avis :

Plongée dans l’enfance, histoire intime et autofiction : Frantz Duchazeau nous invite à revivre les sensations du gamin qu’il a été et dont il garde une nostalgie poignante. Curieusement construit autour des réminiscences de « L’âge de cristal », film de science-fiction puis série télévisée de la deuxième moitié des 70’s, le récit dévoile une vision tantôt naïve, tantôt grave mais toujours empreinte d’une grande sensibilité. 

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Le trait vise l’épure et la simplicité, la ligne devient parfois si légère et si fragile qu’elle semble vouloir s’effacer. A l’image de la mémoire. A la lecture, on reste ravi par l’intensité des sensations que l’auteur arrive à communiquer avec une économie de moyens qui laisse une place importante à l’imagination.

 

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 Skippy

20/09/2016

Je viens de m'échapper du ciel

je viens de m'échapper du ciel, mattiussi, casterman, écritures, carlos salem, polar, adpatation, 5/10,08/2016je viens de m'échapper du ciel, mattiussi, casterman, écritures, carlos salem, polar, adpatation, 5/10,08/2016Scénario et dessin : Laureline Mattiussi

d'après Carlos Salem

Éditeur : Casterman

date de sortie : août 2016

genre : polar onirique

 

 

 

Poe, loser magnifique, trimballe son désœuvrement et sa mélancolie de bars enfumés en salles des coffres, de plages interlopes en ruelles malfamées. Il joue son existence au gré du nombre d’allumettes qu'il pioche au hasard dans la poche de son veston, en ne pensant qu'à une chose. À Lola. Incapable de se déclarer à cette femme quand la réalité autour de lui ne cesse de s'effriter, il s'égare dans des aventures hallucinées : des braquages grotesques, de longues errances en compagnie de fantômes ou encore une étreinte avec un ange fantasque...

 

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Loser certainement, magnifique, c'est à voir... je laisse ce qualificatif à l'appréciation de chacun. Poe est plutôt un loser mélancolique qui se laisse trainer par son spleen et préfère s'en remettre au hasard plutôt que d'affronter la réalité. S'il tire un nombre pair d'allumettes dans sa poche il suit son acolyte Harly, si c'est impair, il ne suit pas.

Laureline Mattiussi adapte ici des nouvelles de l'écrivain argentin Carlos Salem, connu pour ses romans policiers jeunesse de la série du Tigre blanc. Là, c'est plutôt la noirceur qui prédomine. D'abord par le beau dessin en noir et blanc de Laureline qui n'est pas sans évoquer, toutes proportions gardées, certains grands maitres du noir et blanc comme José Munoz, Alberto Breccia ou Comès. Ses planches dégagent une espèce de puissance poétique et créent une atmosphère étrange qui laisse place à la flânerie et à la rêverie. Sensation curieuse pour un polar même si l'on comprend rapidement que les deux braqueurs ne sont pas si dangereux que ça et que leur naïveté et leur bêtise finit par les rendre presque sympathiques. L'un s'obstinant à monter des coups foireux et l'autre à rêver sa relation avec la barmaid.

Tout cela est bien joli, mais manque malheureusement cruellement de liant et de cohérence. Le récit est construit sur un jeu entre réalisme et surréalisme et se perd en circonvolutions des quelles il est difficile de percevoir les axes. Le tout donne un récit hermétique dont on n'aperçoit pas la finalité. On finit donc par se détacher complètement de la narration pour finalement n'admirer que les beaux noirs profonds qui habillent ce récit. Malheureusement, le dessin est assez peu mit en valeur à cause d'un choix de papier trop fin qui laisse parfois paraitre en transparence les pages suivantes.

Un polar onirique assez hermétique qui pourra néanmoins charmer les amateurs de vrais dessins en noir et blanc.

 

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Loubrun

29/04/2016

Contrecoups

Contrecoups, Malik Oussekine, Bollée, Puchol, Casterman, Ecritures, 16 mars 2016, roman graphiqueContrecoups, Malik Oussekine, Bollée, Puchol, Casterman, Ecritures, 16 mars 2016, roman graphiqueMalik Oussekine
Scénario : Laurent-Frédéric Bollée
Dessin : Jeanne Puchol
Éditeur : Casterman
Collection : Écritures
208 pages- broché
Sortie : 16 mars 2016
Roman graphique

 

Présentation de l’éditeur :

30 ans après, le récit d'un drame qui secoua la société française.

Cela faisait plusieurs semaines que les étudiants manifestaient dans Paris et que les face-à-face avec la police se durcissaient.
Mais pour Olivier, Estelle, Martin, Oscar, Jean-Luc, Alain, Lise, Hassin et Francky, la vie continuait et la soirée du 5 décembre 1986 aurait pu être comme toutes les autres...
Sauf qu'ils se sont retrouvés en plein cœur de « l'affaire Malik Oussekine ».

Contrecoups, Malik Oussekine, Bollée, Puchol, Casterman, Ecritures, 16 mars 2016, roman graphique

Paris, le 6 décembre 1986. Suite à une manifestation estudiantine contre le projet de réforme universitaire du ministre délégué Alain Devaquet, une tragique bavure policière entraîne la mort de Malik Oussekine, jeune étudiant de 22 ans. A la suite de cette tragédie, Devaquet présente sa démission. 30 ans après, Jeanne Puchol et Laurent-Frédéric Bollée ravivent notre attention sur cet événement très médiatisé, qui aujourd'hui encore trouve des retentissements dans une France en proie à de nombreux troubles sociaux.

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Mon avis :

Laurent-Frédéric Bollée, journaliste à France 2 et Jeanne Puchol, auteure d’une vingtaine d’albums, reviennent 30 ans plus tard sur l’affaire “Malik Oussekine”. Ils abordent indirectement le sujet en racontant la manière dont toute une série de personnes ont vécu ce drame : la famille des voisins de la victime, deux jeunes étudiants qui tombent amoureux dans les manifestations, un des CRS rongé par la culpabilité, les médecins légistes, un jeune urgentiste... autant de personnages que de perceptions différentes.

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Cette construction narrative très dynamique et particulièrement prenante entraîne le lecteur dans un récit à lire comme une sorte de thriller. Impossible de rester insensible face à l’histoire poignante d’un véritable assassinat perpétré par les voltigeurs – la police mobile à moto destinée à réprimer les manifestations étudiantes.

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Le dessin réaliste, au trait acéré, au cadrage précis, soutient un scénario impeccable dans sa construction. Cela donne un ensemble dont la réussite est indéniable. L’émotion est palpable dès les premières pages qui montrent des portraits de Malik Oussekine tel qu’il pourrait être aujourd’hui s’il était encore vivant.

contrecoups,malik oussekine,bollée,puchol,casterman,ecritures,16 mars 2016,roman graphique

Un formidable album, une émotion inoubliable.

 

a08-3e78906.gif Dessin

a08-3e78906.gif Scénario

a08-3e78906.gif Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

 Skippy.

30/01/2015

Angoulême reçoit Jirô Taniguchi.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015

La 42e édition du Festival d’Angoulême reçoit Jirô Taniguchi et lui consacre une grande exposition. Il s’agit d’une consécration pour le mangaka préféré de la francophonie.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Il est né en 1947 et débute dans la bande dessinée en 1970 avec « Un été desséché ». L’intérêt de Taniguchi pour la bande dessinée européenne date de la fin des années ’70. Il découvre dans une librairie de Tokyo de livres importés les travaux de Bilal, Giraud, Micheluzzi, Crepax, Giardino,…

 La première visite de Taniguchi date de 1991 au sein d’une délégation d’auteurs et d’éditeurs japonais invitée par le festival. Il a été prix du meilleur scénario en 2003 pour « Quartier Lointain ». En 2015, les éditions Casterman profitent de l’occasion pour célébrer le vingtième anniversaire de la parution de « L’Homme qui marche », premier ouvrage de l’auteur paru en langue française. Cet album est  maintenant proposé dans une nouvelle édition, largement enrichie.

Suivra ensuite le « Chien Blanco » et « Le journal de mon père ». Il est reconnu par les auteurs de bandes dessinées et par un public limité de connaisseurs. La reconnaissance du grand public se fait attendre.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Au début des années 2000, Casterman publie les deux tomes de « Quartier Lointain » dans la nouvelle collection « Ecritures ».Cet album est transposé en sens de lecture occidental, un travail colossal. C’est l’album de Taniguchi le plus lu en langue française. « Quartier Lointain » est adapté au cinéma par Sam Gabarski. Cet album a été vendu à ce jour à plus de 300.000 exemplaires. C’est la reconnaissance du grand public.

Casterman publie l’œuvre de Taniguchi dans toute sa diversité. La collection Sakka, créée en 2004, accueille les mangas de l’auteur qui font la part belle aux grands espaces, à l’aventure, à l’action (Sky Hawk, Les enquêtes du Limier, Les contrées sauvages,…) La collection « Ecritures » publie ses récits plus intimistes et familiaux (Les années douces, Un zoo en hiver, Furari,…). Ce sont ces derniers avec « Quartier Lointain » qui ont apportés la notoriété à l’auteur. Mais Taniguchi fait preuve d’une richesse et d’une générosité authentique. Du western au polar,  de l’ode à la nature de Jack London à l’hommage aux grands maîtres de la bande dessinée franco-belge, ces récits témoignent de la richesse de sa carrière, d’une curiosité insatiable et d’un immense talent de dessinateur et de raconteur d’histoires.

 

Traduit en de nombreuses langues, il reste cependant un paradoxe. Il est aujourd’hui moins célèbre au Japon que dans le monde francophone. Son style a un côté « ligne claire » qui le rend immédiatement  familier pour nous.

Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, Samba BD  vous conseille un livre intitulé « L’homme qui dessine » ( paru en 2012), un livre d’entretiens avec Benoît Peeters.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015

 

 

05/09/2014

Au temps de Botchan Tome 4

au temps de botchan.jpgautempsdesbotchanp.jpgAuteurs : Taniguchi et Sekikawa.

Éditeur : Casterman (écritures)

Sortie : 3/9/2014

Après avoir évoqué le destin des écrivains Natsume Saseki, Futabatei Shimei et celui du poète Takuboku, ce quatrième volume de Au Temps de Botchan s’attache à  la trajectoire de jeunes militants politiques, au moment où les idées socialistes se propagent en Occident. Publiée au Japon à  compter de 1987, et traduite une première fois en français à  partir de 2002 aux éditions du Seuil, la vaste fresque de Jirô Taniguchi et Natsuo Sekikawa est ici proposée dans le sens de lecture occidental, dans le cadre de la collection écritures.

Déjà en temps normal, la société japonaise peut paraître étrange pour un occidental, mais s’attaquer à un récit  politique et sociétal fin 19e , début 20e  au pays du soleil levant , c’est presque mission impossible pour le commun des mortels .

Mais, rencontrer un anarchiste japonais m’a titillé l’esprit .On a du mal à croire que ce genre d’individu puisse exister au pays de l’organisation et de la rigueur.

Si l’envie vous en prend néanmoins, il vous faudra aborder la lecture avec pugnacité pour bien  tout comprendre  car ce récit historique est complexe.

Vu aussi « la brique », je vous conseille de la lire par morceau pour éviter l’indigestion, ça vous permettra de digérer toutes les informations.

Un récit aux antipodes des mangas « classiques » qui mérite une lecture approfondie pour l’apprécier.

Vous l’aurez compris, à réserver à une certaine « élite ».

a04-3e788e4.gifScénario 

a08-3e78906.gifDessin 

a05-3e788c9.gif Global.

Samba.

 

 

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27/01/2014

Le muret.

muret.jpgmuret 2.jpgAuteur : Céline Fraipont et Pierre Bailly.

Editeur : Casterman (écritures)

Sortie : 01/2014

 

J&B

 

Par deux auteurs nouveaux venus chez Casterman, un portrait d’adolescence sensible et touchant, aux accents mélancoliques et universels.

A treize ans, Rosie vit une situation peu commune : ses deux parents durablement éloignés à  l’étranger et ne s’occupant d’elle qu’épisodiquement, elle doit se débrouiller au quotidien presque entièrement seule. Son seul point d’ancrage est son amie d’enfance Nath, avec qui elle entretient une relation presque fusionnelle. Mais les amitiés sont aléatoires et fluctuantes à  cet âge. 

Progressivement mise à distance par Nath, Rosie, de plus en plus isolée, se réfugie dans l’alcool et l’absentéisme scolaire.

 

Les cellules des chroniques combattantes.

 

le muret.jpgLe terme universel que l’on trouve dans le résumé est pour moi, « on ne peut plus juste ». Car cette histoire d’une adolescente en pleine délinquance a fait écho en moi à pas mal de mes  propres souvenirs. Je serai donc pas très objectif sur ce coup là car les  images du passé sont propres à chacun d’entre nous. 

Déjà l’époque et lieu, la Belgique en 1988, correspondent aux miens. Il y a des détails qui ne trompent pas : les CCC, les slugs ou bien  le bus de la médiathèque, ce sont vraiment des « marqueurs» d’une époque. Comme l’héroïne Rosie, le brossage scolaire fut un temps ma spécialité tout comme les faux mots d’excuse, les premiers concerts, la solitude … bref, j’ai été envahi pas une vague d’émotion, un rien de nostalgie aussi pendant ma lecture. Ah, l’adolescence, ce passage obligé vers l’âge adulte. 

Le point fort de cette œuvre, c’est la justesse des propos, j’ai rarement lu une description aussi pertinente de la solitude et des angoisses qui l’accompagnent.

Elle va descendre très profondément dans l’ abîme la petite Rosie, Il vous sera impossible de ne pas avoir d’empathie pour cette âme en détresse. Et c’est avec un certain bonheur qu’on aperçoit une petite lueur au bout du tunnel pour elle. Vu la justesse de l’histoire, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit d’une autobiographie. Il faudrait demander à l’auteure pour en savoir plus.

Le dessin de Pierre Bailly pourrait paraître assez simple au premier regard mais il arrive à jouer habilement avec le noir et blanc  pour nous permettre de rentrer dans la vie de Rosie d’une façon très intime et percutante. On va plus loin d’une simple description, on EST dans la tête de Rosie. 

J’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette tranche de vie entre désarroi et espoir.

 

a07-3e78901.gif dessin.

a09-3e78912.gif Scénario

a09-3e78912.gif Global.

 

Samba.

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22/01/2014

GOODBYE BUKOWSKI.

1401191230200001.JPG1401191201240001.JPGDessin & scénario : Flavio Montelli

Editions Casterman

Collection  « écritures »

Sortie 22/01/2014

160 pages

Prix conseillé : 15,00 €

ISBN : 9782203070783

Biographie, Histoire, écrivain, Charles Bukowski.

 

Résumé (de l’éditeur): Le portrait touchant et subtil d’une légende de la littérature américaine moderne. À cinquante ans passés, l’américain Charles Bukowski est un écrivain célèbre, autant par ses frasques que par son oeuvre. À la première personne et en noir et blanc, d’un trait à la fois léger et très personnel, Flavio Montelli tient la chronique de ce parcours et de ce destin littéraires hors norme, porté par une personnalité profonde, complexe : provocateur, jaloux, excessif, désaxé, alcoolique, mais aussi désemparé et touchant, Bukowski aujourd’hui comme hier irrite autant qu’il séduit.

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Mon avis : Les biographies m’ont toujours intéressées et surtout celles d’écrivains car elles sont parfois aussi de vrais romans. Lorsque j’ai reçu la liste des prochaines parutions chez Casterman, j’ai donc de suite pointé l’ouvrage, d’autant plus qu’il est publié dans la collection « écritures », un gage de qualité. Et de me souvenir de la fameuse émission d’Apostrophe de Bernard Pivot en 1978 où Charles Bukowski était complètement ivre, tenant des propos décousus et incohérents. François Cavanna, autre invité de l’émission et pourtant admirateur de l’œuvre, lancera : « Bukowski, ta gueule ! ». En fin de compte, Bukowski partira avant la fin de l’émission. Pivot lancera à l’occasion : « Il ne tient pas tellement la bouteille cet écrivain américain…  ». La vidéo de l’émission fait le tour du monde. Il devient un écrivain culte. La presse a titré : « Un poivrot chez Pivot ». Le buzz fonctionne à fond, le succès éditorial est phénoménal. « Les contes de la folie ordinaire » sera adapté au cinéma par Marco Ferreri alors que « Barfly » deviendra un film en 1988 sous la direction de Barbet Schroeder avec Mickey Rourke dans le rôle principal. Voilà pour « cadrer » le personnage.

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Voyons maintenant l’album en lui-même. Flavio Montelli est un jeune auteur montant de la bande dessinée italienne. Goodbye Bukowski est son premier roman graphique et a été publié en 2012 en Italie. Casterman en fait donc la traduction française.

L’histoire en elle-même est simple. Je dirais même plus, d’une platitude sans fin. On retrouve Bukowski alors qu’il a 56 ans. Il est un poète et écrivain, tantôt adulé, tantôt contesté par la critique. Il vient de quitter son boulot de postier et vit de sa littérature, surtout de ses lectures publiques à travers les Etats-Unis. Il a déjà beaucoup tâté de la dive bouteille, il est usé par la vie, par son errance. Sa seule fierté, c’est sa fille Marina qui a six ans. Bukowski écrit la nuit en buvant. Il n’est pas très causant, sort peu. Montelli nous raconte donc l’automne de la vie de Bukowski via les femmes qui ont croisé son existence.

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Au niveau du dessin, cela tient la route, Bukowski est ressemblant mais on n’atteint pas les sommets graphiques. Dans la collection « écritures », on parle plutôt d’un style graphique. Ici, c’est le cas. Montelli a son style mais ne casse pas autant la baraque.

 

Reste le scénario, qui souvent sauve l’album, est le moteur du récit et rend le dessin secondaire, accessoire. A la lecture de cet ouvrage, je dois déplorer que le scénario ne réponde pas du tout à mes attentes. On reste dans le vague, on décrit une vie qui semble presque immobile, sans grands reliefs. Ce scénario est une sorte de « bateau ivre » (au sens premier, pas au sens poétique), sans cap, sans capitaine, sans boussole, qui se laisse porter par les vents, les courants, les fortunes de mer…Je n’irai pas jusqu’à dire que le passager du bateau que je suis, a attrapé le mal de mer et  a remis son dernier repas par-dessus le bastingage…Mais franchement, je me suis ennuyé et j’attendais beaucoup plus de cet album.Le scénario aurait du être plus structuré pour être crédible et plus abordable aux lecteurs.

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C’est pour moi une déception. Ce genre de bouquin avec beaucoup d’attentes et d’espoirs mais un ratage complet à l’arrivée. Dommage…

 

Graphisme :      6,0/10

Scénario :        6,0/10

Moyenne :        6,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Casterman : ICI.

Lien vers la vidéo de l’émission « Apostrophe » avec Bukowski : ICI.

 

Capitol.

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27/11/2013

Les gens normaux

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Dessin : Martin, Freddy
Dépôt légal : 10/2013
Éditeur : Casterman
Collection : écritures
ISBN : 978-2-203-07724-9
Planches : 198


Les gens normaux qui sont ces personnes ? Qu'est-ce que la normalité ? La normalité varie en fonction du ressenti de tout un chacun. Vaste sujet qui ferait un très bon sujet de psychologie pour le bac. Cette bande dessinée est un recueil qui met en avant le vécu de « gens normaux » gays, lesbiennes ou transgenres.

 

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Les gens normaux est un collectif initié par l’association BD BOUM, organisatrice du festival de Blois, et édité par Casterman dans sa collection Écritures.  Ce collectif est dirigé par Hubert. Les dix histoires présentées dans ce recueil sont des histoires vraies. Elles mettent en avant le quotidien des ces « gens normaux ». Point de militantisme à outrance ou de jugement dans cette bande dessinée documentaire. Juste le ressenti des interviewés par rapport à ce que chacun d’entre eux à vécus, le sida, l’hépatite C, le regard des autres, la famille, les amis,  la vie professionnelle, la bisexualité, l’homoparentalité … tout ce qui fait leur quotidien.


Les récits sont entrecoupés de textes  écrits par des historiens, des sociologues qui nous donnent un autre regard sur l’homosexualité. Ces textes complètent parfaitement les récits dessinés. C’est vraiment un plus indéniable !!!

 

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Ce collectif est à lire absolument pour vous éclairer sur ce que les gays, lesbiennes ou transgenres peuvent vivre et ressentir au quotidien. Personnellement, la lecture de « Les gens normaux » m’a profondément remué. Je n’ai pas pu lire cette bande dessinée d’une seule traite. J’étais trop « remué », « choqué », « abasourdi » par ces témoignages et par la bêtise, la haine que m’a renvoyé le vécu des ces personnes. Les gens normaux fait écho à ce que nous venons de vivre en France avec le mariage pour tous et les ignominies entendues ou vues dans les médias concernant la communauté homosexuelle. 

 

Ma note : 10/10


Revedefer

13/11/2013

Le Gourmet Solitaire

gourmet,solitaire,taniguchi,kusumi,casterman,écrituresgourmet,solitaire,taniguchi,kusumi,casterman,écrituresgourmet,solitaire,taniguchi,kusumi,casterman,écrituresScénario : Masayuki Kusumi

Dessins : Jiro Taniguchi

 Dépôt Légal : avril 2013

Editeur : Casterman

Collection : écritures

Petit Format

Planches : 179

200 pages, sens de lecture occidental.

avec une postface de Masayuki Kusumi : Le cerisier Fend-la -Roche de Kamaïshi

préface de Patrick Honnoré : traducteur

Ce récit a été publié pour la première fois en France chez Sakka (Casterman) en 2005

 

Résumé :

Un promeneur solitaire se retrouve à chaque fois obligé de trouver un endroit ou apaiser son estomac affamé, soit parce qu'il est en voyage d'affaire, soit parce qu'il est déjà tard pour déjeuner, en tous cas toujours prêt à satisfaire son appétit. Appétit qui s'aiguise souvent à la vue de tout ce qui lui est proposé.

 

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Dans des lieux toujours différents, nous découvrons les spécialités culinaires japonaises ainsi que leur tarif, souvent raisonnable, au dire du narrateur. Dans des endroits qui ne payent pas de mine, l'homme semble apprécier la nourriture, ainsi que les souvenirs et les émotions qu'elle développe en lui à chaque repas.

Une madeleine de Proust japonisante.

 

 

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Mon avis :

L'équivalent de ce périple en France, serait une tournée des divers "routiers" qui jalonnent les parcours des voyageurs de commerce, ou celui des vacanciers.

Nous avons tous connu ce petit resto, ou cette gargote, qui ne paye pas de mine, et qui reste souvent la seule ouverte au moment ou la faim commence à se faire sentir ; mais qu'est ce qu'on fait là ? et que choisir pour ne pas être déçu ? On peut se rabattre sur le banal steack/frites... mais quelquefois, l'andouillette ou le jambonneau nous tendent les bras. Ainsi que les plats en sauce, ou les spécialités de la région.

 

 

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Dans ce récit le japon n'a pas l'air en reste pour proposer des menus très divers et si variés, même si les ingrédients qui les composent nous sont certaines fois complétement inconnus... les haricots noirs sucrés en gelée, sauce au miel ; Algues nori ; Manjû grillés.

 

 

gourmet,solitaire,taniguchi,kusumi,casterman,écrituresA travers ce périple, l'auteur nous fais apprécier la culture asiatique ; certains aliments ne se consomment qu'avec de l'alcool, Le fonctionnement des boites repas (que j'ai découvert en déjeunant avec une collègue qui l'utilisait), les sushi tournants et les happy hours pour le thon ôtoro.

 les fast food japonais qui changent un peu des hamburgers traditionnels U.S. et du jambon beurre SNCF...

 

 

 

 Promeneur épicurien, le héros de cette histoire arrête le temps afin de profiter pleinement de son repas. Pareil au héros de "quartier lointain", on retrouve un état de stupeur émerveillée dans ses pérégrinations, comme s'il se détachait de son personnage pour apprécier encore plus ces moments de plaisirs simples qui n'appartiennent qu'à lui.

 

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Un album au charme discret, un voyageur pensif et rêveur dans l'agitation des métropoles. Un recueillement atteignant à la dévotion devant les nourritures terrestres menant peut-être à l'extase et à la plénitude des sens ?

 

ma note :  8,5/10

mais je suis une inconditionnelle de Jiro Taniguchi...

 

Sophie