09/11/2017

Ar-Men : L'enfer des enfers

ar-men,l'enfer des enfers,futuropolis,phares,bretagne,Îie de seinar-men,l'enfer des enfers,futuropolis,phares,bretagne,Îie de seinScénario : Emmanuel Lepage
Dessin : Emmanuel Lepage
Éditeur : Futuropolis
96 pages
Date de sortie : 16 novembre 2017 
Genre : Roman Graphique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Au large de l’île de Sein, à la pointe Finistère, Ar-Men émerge des flots. Construit en 1867 on surnomme ce phare mythique « L’enfer des enfers ».

Sa lumière veille les navires, et les protège des récifs menaçants. Les hommes se sont succédés pour l’entretenir, sentinelles d’une côte déchiquetée que les marins redoutent.

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Germain, dans les années 1960, est l’un de ces gardiens téméraires et solitaires. Dans l’édifice isolé, contre vents et marées, il a trouvé son exacte place, emportant là ses blessures et son abandon d’une vie sur terre, avec les autres hommes.

 

Mon avis

Emmanuel Lepage est un génie ! Oui, je sais, ce terme est sur-utilisé et, par le fait, généralement galvaudé. Mais je vous assure qu’en ce qui concerne la Bande Dessinée avec un grand « B » et un grand « D », Emmanuel Lepage est un GENIE ! Qu’il nous embarque pour les mers australes et le Pôle Sud (Voyage aux îles de la Désolation, La lune est blanche), qu’il nous entraîne en Amérique Centrale, en Argentine ou à la Réunion (Muchacho, Névé) ou bien encore qu’il nous ramène en Bretagne, ses livres sont tous d’extraordinaires invitations au voyage. Et comme graphiquement ça frôle la perfection…

Une fois encore, l’auteur costarmoricain nous livre une BD sublime tant par son scénario que par la beauté du dessin.

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La voix off de Germain nous accompagne tout au long de cette histoire pour essayer de nous décrire Ar-Men « l’enfer des enfers », mais elle n’est pas seule. S’y joignent celles de personnages secondaires comme Louis, son collègue bourru et obstiné par le maintien du « feu », comme le jeune Fouquet Moïzez (celui qui ouvre la mer et qui mène les hommes hors de danger ?) le premier gardien du phare, ou encore comme certains fantômes à la vie dure… Bref, le récit n’est pas totalement linéaire et l’alternance entre les flashbacks, la réalité et l’onirisme allège le tout et confère une parfaite fluidité à sa lecture. L’émotion est également au rendez-vous, notamment dans la relation de Germain avec sa fille. Car même si on sent venir l’explication de sa présence dans le phare, cet épisode reste bouleversant. Il nous permet de comprendre l’allégorie sur la ville d’Ys présente un peu plus tôt dans le livre.

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Bon, et puis le dessin… Qu’en dire ? C’est magnifique. Non seulement Lepage maîtrise parfaitement le dessin classique et la mise en page d’une BD, mais sa technique et ses choix de couleurs et de teintes sont toujours merveilleusement adaptés à son propos. Les proportions, les perspectives, les détails, sa palette est immense et chaque case un pur bonheur. Un génie je vous dis !

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Vous comprendrez donc que je vous recommande très très vivement cet achat que vous ne saurez regretter. En tout cas, je remercie Futuropolis et Emmanuel Lepage de m’avoir donné une idée cadeau pour Noël et les anniversaires à venir d'une bonne partie de mon entourage...

 

 

 

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Ar-Men, L'enfer des enfers, Futuropolis, Phares, Bretagne, ÎIe de Sein

 

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Odradek.

 

Et pour une petite présentation par l'auteur lui-même :




06/10/2017

La dame de fer

cov.jpg4.jpgScénario et dessin : Michel Constant

Editeur : Futuropolis

72 pages – cartonné

Parution : 26 août 2017

Buddy BD

 

 

Présentation :

Il pleut sur Kingsdown, le 8 avril 2013. Comme souvent, sur cette petite ville côtière proche de Douvres. Et pourtant c’est un jour gai. Miss Maggy est morte, vive la dame de fer !

A cette annonce, Donald offre une tournée générale aux habitués de son bar et se souvient des années de galère quand il était jeune ; cette région du Kent a été durement touchée par la politique de la Première ministre britannique. A l’époque, il usait le pavé et trompait l’ennui avec Abby et Owen, tous deux désormais exilés à Londres en quête de jours meilleurs.

Que sont-ils devenus ? Sont-ils devenus les rois du monde ? Sont-ils toujours chaussés de leurs Doc Martens et écoutent-ils toujours les Clash ?

Donald élabore un stratagème pour faire revenir ses deux amis. Sa ruse va bouleverser sa vie et celle de la petite ville du bord de mer !

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Mon avis :

Qui est la dame de fer ?

Miss Maggy Tatcher ou Miss Maggy, la Norton Manx, moto de légende aussi belle que difficile à conduire, une « garce qui tire à droite » ?

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Avec un dessin semi-réaliste, tendance ligne claire, l’auteur tisse les fils d’un récit intimiste légèrement teinté d’amertume mais qui conserve malgré tout un réel optimisme. C’est que la camaraderie unissant les protagonistes de l’histoire finit par devenir communicative au fur et à mesure des pages tournées.

Le ciel est gris, l’atmosphère plombée, l’économie paralysée, au point qu’on se croirait dans les décors d’un réalisme sociologique cher à Ken Loach ou Mike Leigh. Ce menu « sweet and sour » nous est heureusement servi avec quelques pintes de références musicales et de petits détails dans les décors qui permettent de se replonger dans les ambiances d’une époque à la fois révolue et encore si proche.

Véritable ode à l’amitié qui transcende le temps et ses déboires, La dame de fer est un album de bonne facture qui fait passer d’agréables moments de lecture tout en donnant envie d’aller retrouver les Clash ou les Smiths sur Youtube, faute de mieux.

M’en vais me reverser une petite mousse tempérée la-dessus !

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Skippy

24/07/2017

Urban T4 : Enquête immobile.

urban t4.jpgurban.jpgDessin : Roberto Ricci
Scénario : Luc Brunschwig.
Editeur : Futuropolis.
Sortie : juin 2017
62 pages.
Genre : anticipation.


Résumé.

Après l’attaque terroriste qui a plongée la ville de Monplaisir dans le noir, Springy Fool trouve des boucs émissaires à sacrifier pour calme la foule des plaisanciers. Zacchary est mis à pied pour n’avoir pas tué Ronald, le magicien, coupable idéal du meurtre du petit Neil. Chez lui, grâce à son accès à A.L.I.C.E ,le système d’exploitation de Monplaisir, il mène l’enquête qui l’amène à la naissance même du parc d’attraction…

 

« Dorénavant, les robots devront arborer des signes qui les distinguent des humains !»

Mon avis.

Vous allez me prendre pour un fou, mais pour moi Urban, c’est le game of thrones version anticipation. Plusieurs éléments m’ont fait penser à ce rapprochement osé. Il faut dire que j’avais les batteries cérébrales plutôt vides lors de ma lecture.
La violence d’abords, on ne compte plus les scènes où les morts se ramassent à la pelle. Pour info, mangez léger avant la lecture de ce tome 4. Le sexe ensuite est pour le moins explicite, on ne compte plus les belles poitrines exposées. Certains personnages sont plus que détestables, on ne compte plus les bons névropathes qui jalonnent cet album. On est vite pris d’empathie pour les autres, on ne compte plus les « allez buzz » qu’on a assené pendant la lecture. Notre bon Buzz assigné à résidence, ce qui va lui permettre de lever un coin du voile sur pas mal d’informations statistiquement improbables mais oh combien sensibles.
On reconnait vite la touche Luc Brunschwig qui aime tisser sa toile scénaristique méticuleusement vers l’ultime tome 5 et son dénouement de nœuds gordiens.
Mais que serait Urban sans le dessin du talentueux Roberto Ricci ? Pas grand-chose car c’est lui qui a su installer cet ambiance si caractéristique dans cette ville « divertissement » à la fois resplendissante et crasseuse. Sans oublier un décorum soigné et des personnages très typés, on y voit même des super-héros, c’est vous dire !
Bon pour ma part, il est grand temps que je prenne des vacances pour mon plus grand plaisir.

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Samba.

 

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Les Tomes 1-2 et 3 ICI.

Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : urban, brunschwig, ricci, futuropolis, 062017, 810 |  Facebook | |

19/06/2017

La mémoire dans les poches Troisième partie.

la memoire dans les poches.jpgmemoire dans les poches t3.jpgScénario : Luc Brunschwig.
Dessin : Etienne Le Roux.
Editeur : Futuropolis.
Sortie : 18 mai 2017.
74 pages.
Genre : Saga familiale,drame.

 

 

Le résumé.
Une famille française, apparemment sans histoire. Le père, la mère, le fils aimé. Construit à travers le regard de chacun des trois personnages, La Mémoire dans les poches raconte des vies ordinaires, des choix, des fragilités, des fuites, des impasses. Petits mensonges, discrets arrangements, et autres secrets … Un récit intimiste pour dire aussi les tourments de l’Histoire du XXe siècle.

Un autre regard !

Le scénariste français Luc Brunschwig, auteur de séries à succès a mis le point final à La Mémoire dans les poches, fiction intimiste inspirée de son propre patrimoine familial, une grande histoire d’amour filial forte, et certainement une des histoires les plus personnelles de l’auteur. Il aura fallu 10 ans pour clore ce singulier triptyque. Certainement parce qu’il aura été le texte le plus sensible et le plus difficile à écrire pour lui. Les personnages n’en sont que plus incarnés, singuliers et bouleversants. Il aura fallu passer le temps du deuil. Brunschwig aura dû laisser reposer ses mots, afin de choisir les plus justes, et les plus fidèles à son idée, au croisement de la nostalgie et de la mélancolie.


« Ce livre a failli avoir ma peau ! ». A ces mots lourds de sens, je m’interroge et je comprends vite que le scénario de la mémoire dans les poches est fortement inspiré par la propre vie du scénariste. C’est avec cette idée que je reprends ma relecture (à coup de pied dans le cul) des 2 premiers tomes de ce triptyque. Car il ne s’agit pas d’une lecture détente mais d’une lecture « émotionnelle » et qui selon votre vécu vous parlera à un moment ou à un autre. Bref, il faut se mettre en condition pour aborder les chemins sinueux de la famille Letignal.
Hormis quelques petites longueurs (Luc B. aime bien poser ses caractères et présenter ses personnages), j’arrive à ce fameux tome 3. Je suis agréablement surpris par la colorisation proposée. Un peu plus lumineuse que les précédentes, je trouve ce choix vraiment adéquat. On contrebalance ainsi le drame qui s’y joue. Un peu comme la présence du petit Tarik qui égaye un peu les pages.
Je suis aussi assez bluffé par les transitions qui se font vraiment dans une harmonie presque symphonique. Bref, le dessin d'Etienne Le Roux est à la hauteur de nos espérances.
L’histoire elle aussi va vous émouvoir par sa justesse et sa sensibilité. Elle traverse aussi la grande fracture du 20e siècle et son corollaire de drames. Pas mal de tristesse, de regrets ou de résilience dans cet ultime tome qui comme je l’ai dit plus haut fera écho à votre vécu. Vous verrez qu’une fois cette BD déposée, vos pensées iront au pays de la nostalgie et des fractures de la vie.
Merci aux auteurs pour ce moment d’émotion !

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Samba.

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Liens vers les anciennes chroniques de cette série.Pour le tome 1, on remonte à la genèse du blog !
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05/05/2017

ONE, TWO, THREE, FOUR, RAMONES!

COUVE_ONE-TWO…RAMONES_WEB.jpgScénario : Xavier Bétaucourt,Bruno Cadène et

Eric Cartier
Dessin : Eric Cartier
Éditeur : FUTUROPOLIS
96 pages
Date de sortie :  8 juin 2017
Genre : Biographie

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

En 1976, le rock s'ennuie. Quatre jeunes paumés New Yorkais, vont le réveiller à coups de trois accords bien envoyés. Quarante ans plus tard, les Ramones sont considérés comme les fondateurs du mouvement punk. Les auteurs ont voulu raconter le passage de cette météorite rock à travers le regard du plus emblématique de ses membres, de l'âme du groupe, le bassiste Dee Dee Ramone... 

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Mon avis:

Il y avait Douglas Colvin (Dee Dee Ramone) qui avait connu la morphine très tôt ! Faut dire que son militaire de père savait y faire pour donner des beignes à longueur de journée, alors la drogue ça aide... Jeffrey Hyman (Joey Ramone), bipolaire avec trouble obsessionnel compulsif, juif et habitué des hôpitaux psychiatriques, John Cummings (Johnny Ramone), fils de catholiques irlandais il connait la discipline et appliquera ses volontés au groupe au point de semer la haine et la discorde et se facher à mort avec Joey et, pour finir,  Thomas Erdelyi (Tommy Ramone), juif hongrois émigré aux Etats Unis et un peu marqué par l'holocauste. Ces quatre là vont fonder à New York le groupe des Ramones qui sera, malgré des succès très limités, l'un des groupes les plus influents du mouvement punk !

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Dans les années 70 mes influences musicales se nommaient Elvis, Jimmy Hendrix et James Brown ! Le punk viendra une décennie plus tard et pas pour la musique, surtout pour l'apparence vestimentaire et le dégoût de l'autorité paternelle (merci Johnny Rotten et Sid Vicious). Avec la maturité je viendrai à connaître les Ramones qui me marqueront bien plus que les Sex Pistols.

ramones,punk,futuropolis,biographie,john cummings,jeffrey hyman,rock,tamás erdélyl,douglas colvinCet album nous raconte la formation et le parcours du groupe sans condescendance ! Un groupe formé de paumés marqués dès l'enfance par des pères violents et alcooliques, sévères, rescapés des camps de la mort où absents ! Des paumés réfugiés dans l'alcool et la drogue, inaptes à réussir dans la vie si ce n'est en faisant la seule chose qui leur plaît: de la musique. Le scénario part de l'enfance de Dee Dee Ramone, le membre le plus emblématique (et torturé) du groupe, auteur de la plupart des chansons, et, à travers sa vie, nous raconte la création du groupe, sa montée au succès et son déclin. Au dessin, Eric Cartier a choisi le noir et blanc qui correspond parfaitement à cette histoire finalement triste, très triste. Mais n'oublions jamais que... 

Rock'n Roll is here to stay !

JR 

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02/05/2017

PLUTONA

Couv_302879.jpgScénario : Emi Lenox, Jeff Lemire
Dessin : Emi Lenox, Jeff Lemire

Couleurs : Jordi Bellaire
Éditeur : FUTUROPOLIS
152 pages
Date de sortie : 8 juin 2017 
Genre : Super-Héros, drame

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

Cinq adolescents du Midwest américain découvrent au cœur d’une forêt le cadavre d’une super héroïne. Face à cet événement insolite, les caractères de chacun se révèlent, pour le meilleur et pour le pire.

 

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Mon avis:

En constatant les errances des adolescents actuels je me suis toujours demandé si nous étions pareils à leur âge ? La réponse est catégorique, non ! Dans un monde peuplé de super-héros cinq gamins trouvent le cadavre de Plutona, une héroïne masquée apparemment  tuée au combat. Ils décident d'abord de ne rien dire (sic) et de se donner rendez-vous le lendemain après les cours (sic encore) afin d'enterrer le cadavre ! Mais l'un des mioches, fervent admirateur des costumés, décide d'agir seul et revient durant la nuit afin de... mener à bien l'idée saugrenue qui a germé dans son esprit malade.

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Un scénario intéressant mettant en scène des adolescents paumés bien en phase avec le monde sordide dans lequel nous pataugeons et un dessin moderne presque "juvénile" qui correspond aux personnages décrits. Bref, une bon comics qui plaira à tous les fans de super-héros américains et aux autres aussi. Et si le scénario vous rappelle une nouvelle de Stephen King vous avez raison ( "the body", adapté au cinéma sous le titre "Stand by me", raconte une histoire similaire mais sans costumés).

JR

 

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29/03/2017

Geisha ou le jeu de shamisen. T1

geisha-ou-le-jeu-du-shamisen.jpggeisha-ou-le-jeu-du-shamisen t1.jpgScénario : Christian Perrisin
Dessin : Christian Durieux.
Éditeur : Futuropolis.
Sortie : avril 2017.
88 pages.
Genre : tranche de vie historique.



Le résumé.
Japon, aux alentours de 1912. Setsuko Tsuda a 8 ans quand ses parents quittent leur village pour la grande ville côtière, dernier espoir d'une vie meilleure. Son père, vieillissant, est un ancien samouraï qui boit trop pour oublier la dissolution de sa caste au début de l'ère Meiji. Sa mère, qui était sa jeune servante avant de l'épouser, en veut terriblement à ce raté qui lui promettait monts et merveilles et qui lui mène une vie pire que celle de boniche. Les premiers mois sont prometteurs jusqu'à ce que son père se fasse renverser par un tramway, perde une jambe et toute chance de retrouver du travail. Un soir, il prend la décision de vendre Setsuko à une maison de geisha réputée, l'okiya Tsushima. L'argent reçu en échange de l'enfant aidera la famille, et Setsuko pourra espérer un avenir meilleur. 

«  Mon père avait toujours tenu à ce que j’aille à l’école. Sa devise : sans instruction, point de salut. »

Mon avis.

Je débute avec une drôle d’impression. Le noir et blanc m’oppresse, je trouve ce choix assez lugubre et repoussant. Pourtant le début de cette tranche de vie japonaise se veut plutôt serein et lent avec un bel hymne à la beauté de la nature. Mais cette approche est trompeuse car la destinée de Kitsune, la renarde, sera jalonnée de malheurs. Bref, ce choix du noir et blanc est assez judicieux. On a aussi pas mal d’attitudes figées avec des visages souvent très fermés ou placides. Là aussi, une posture qui correspond bien à cet univers clos et strict des geishas.
Le dessin sera comme souvent une histoire de goût et de couleur. Je vous laisse faire votre propre opinion mais si ce trait de Christian Durieux (Avel) vous convient, je vous conseille vivement cette lecture car on finit par vite s’attacher à cette apprentie geisha. En plus, c’est une véritable découverte d’un univers très mystérieux qui s’ouvre à vous. Vous apprendrez à connaître les règles d’une okiya, le jeu d’un Shamisen, les liens entre les geishas et les prostituées, la condition féminine de cette époque (1912-1926) etc. Un bon petit mélange de curiosité et d’empathie qui rendent ce récit initiatique réellement captivant. En tout cas, j’attends le tome 2 avec impatience car ce conte qui tourne en tragédie humaine est très intéressant à lire.

 

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Samba.
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14/10/2016

Notre Amérique T1 : premier mouvement, quitter l’hiver.

notre amérique.jpgnotre amérique t1.jpgDessin : Maël
Scénario : Kris
Editeur : Futuropolis.
Sortie : 4 octobre 2016.
64 pages.
Genre : aventure révolutionnaire !

Le résumé.
12 novembre 1918. Premier jour de paix. Dans la morne cour d’une caserne, Max Brunner, alsacien, soldat défait, lève un poing rageur tandis que le drapeau allemand est abaissé. Julien Varin, soldat vainqueur, le regarde, intrigué. C’est peut-être bien ce jour-là, sur les cendres de l’Europe, qu’est apparue à Max et Julien, l’un avec l’autre, l’un malgré l’autre, l’idée même d’un monde nouveau. Tout s’enchaîne très vite. 

« C’était un 12 novembre. Le premier jour de paix d’une ultime année de guerre. »

Mon avis.


Ce tome 1 de Notre Amérique assure parfaitement la transition avec la série précédente de Maël et Kris, Notre mère la guerre. On se retrouve le jour d’après l’armistice, le 12 novembre 1918 avec 2 soldats prêts à continuer le combat mais pour une autre cause. On oublie donc le coté polar de notre mère la guerre et on se retrouve plus dans l’esprit de « l’or et le sang » avec une bonne dose d’action et d’aventure.
Là, je vous conseille la BO d’Ennio Morricone de "Il était une fois la révolution" (Sergio Leone) pour vous immerger le plus possible dans cette aventure épique ! D’ ailleurs la mise en page de Maël est très « cinématographique » (cfr l’arrivée du colonel). La colorisation très réussie joue un rôle essentiel dans le rendu de cette ambiance si particulière.
Tout est donc en place pour la grande pétarade mexicaine à venir.
Une BD comme je les aime, divertissante, percutante (grâce à des dialogues bien sentis) et follement passionnante.
Allez vive le nouveau monde
Pour info, il existe un tirage de luxe tiré à 1200 exemplaires chez Canal BD éditions.

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a08-3e78906.gifDessin

a06-3e788fc.gifScénario

 a07-3e78901.gifGlobal.

SAMBA

 

14/09/2016

Winter road

cov (2).jpglem2.jpgScénario et dessin : Jeff Lemire

Editeur : Futuropolis

280 pages – cartonné

Sortie : 15 septembre 2016

Roman graphique

 

L’auteur :

Lemire est né en 1979 à Essex County au Canada. Il vit à Toronto. Sa langue maternelle est l’anglais. Il a grandi dans une petite ferme de l’Ontario. Il débute sa carrière de dessinateur en 2003 en autoéditant quelques comics. Il se fait remarquer en 2007 avec Essex County, fresque familiale et chant d’amour pour son territoire de naissance. Il partage maintenant son œuvre entre travaux intimistes et séries fantastiques. Il a pu s’imposer d’albums en albums parmi les signatures les plus importantes de la scène alternative et les auteurs les plus doués de comics anglophones.

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L’histoire :n cours

Pimitamon, petite ville canadienne au nord de l’Ontario.

Derek, ancien joueur de hockey sur glace, vit là entre dépression, alcoolisme et bagarres.

Sa vie s’est brisée quelques années auparavant quand un brutal incident l’a contraint à arrêter net sa carrière. Pour gagner sa vie, il a repris le restaurant de sa mère, décédée.

Il n’attend plus rien des jours qui passent jusqu’à ce que sa sœur lui revienne, fuyant la violence conjugale, la drogue et la vie de misère dans les rues de Toronto.

Ensemble, pour échapper à la spirale infernale de l’ennui et de la pauvreté, ils partent vivre en forêt, renouant avec leurs origines indiennes, et se débattant encore contre de farouches démons…

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Mon avis :

Jeff Lemire met ici son talent de scénariste et de dessinateur au service d’un one shot, récit à la fois intimiste et crépusculaire, portrait réaliste de paumés du Nord-Canada qui peinent à trouver une place dans la société et à s’adapter à la complexité du monde contemporain. Reprenant la veine du roman graphique introspectif, il nous livre un travail au graphisme abrupt qui sublime un récit tout en nuances, il reprend ses thèmes de prédilection : la violence familiale, la soif de revanche, le mal-être identitaire et la possibilité de rédemption.

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La lente construction narrative, les regards des protagonistes et les rares paroles qu’ils échangent génèrent une atmosphère lourde de tension. A la lecture, on sent monter ce paroxysme qui ne peut que déboucher que sur de la violence incontrôlée. Les grandes et larges cases, à la froideur bleutée ou aux couleurs de la mémoire des faits passés, provoquent une sensation d’immersion dans un univers quasi-cinématographique. On tourne les pages, crispé par la rudesse des visages, mais parfois transporté dans un climat de contemplation à la limite de l’onirisme. Autant dire que l’effet sur le lecteur est d’une puissance rarement atteinte et que la notion de roman graphique prend, avec cette évocation parfois saisissante de réalisme, tout son sens.

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Anecdote :

Les lecteurs européens francophones sont privilégiés. Dès demain, grâces soit rendues à l'éditeur Futuropolis, ils pourront se procurer et lire Winter road alors que le titre original anglais, Roughneck, ne sera publié qu’en avril 2017 par Simon & Schuster (G13) au Canada pour inaugurer une nouvelle collection.

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http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Dessin

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Scénario

http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.

10/09/2016

Mort aux vaches!

cov.jpgmv1.jpgScénario : Aurélien Ducoudray

Dessin : François Ravard

Editeur : Futuropolis

112 pages – cartonné

Parution : 15 septembre 2016

Polar agricole nostalgique

 

Présentation de l’éditeur :

1996. Un quatuor de truands cambriolent l’agence du Crédit Agricole de Clermont l’Abbaye. Parvenant à échapper à la Police, les voyous se mettent au vert en attendant que les choses se tassent, en attendant d’être oubliés. Mais c’était sans prévoir la crise de la vache folle. La contamination de l’épizootie est à son plus haut pic, et les gendarmes sont très nombreux à battre la campagne. Coincés dans leur planque, ils vont devoir se supporter les uns les autres. Pour le meilleur et pour le pire…

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Mon avis :

Le scénario de ce polar franchouillard se délecte de références cinématographiques et littéraires, revisitant la veine du récit policier en milieu rural. Tous les poncifs et clichés du genre sont recyclés pour un hommage bien agréable à la lecture. Des dialogues à la Michel Audiard, des situations à la Georges Lautner, en passant par les personnages atypiques façon Jean Vautrin ou des délires à la Charles Williams, c’est toute une spécificité du thriller bouseux qui est revue sans être nécessairement corrigée. La crise de la vache folle des années 90 permet par ailleurs un développement narratif astucieux et crédible.

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Le tandem Docoudray-Ravard fonctionne parfaitement dans cette histoire nostalgique, sorte de comédie policière revisitée et bien servie par un dessin juste, ni trop caricatural ni trop réaliste. De quoi passer un bon moment sans se prendre la tête.

 

   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.