12/10/2017

Ernesto

ernesto,delcourt,guerre d'espagne,immigrés,retirada,frontière espagnole,camps d'internement,francoernesto,delcourt,guerre d'espagne,immigrés,retirada,frontière espagnole,camps d'internement,francoScénario : Marion Duclos
Dessin : Marion Duclos
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie :  23 août 2017
Genre : Société, histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

Ernesto est un grand-père pas très bavard. Il vit à Tours, mais son accent ne trompe pas : on sait bien qu'il vient de l'autre côté des Pyrénées. Le franquisme lui a volé sa jeunesse... Ernesto tait ses blessures. Et la vie file à toute allure. L'Espagne, les oranges grosses comme des melons, les melons doux comme du miel... Un matin, tout l'appelle. Et, avec son vieux copain Thomas, le combattant pour la République prend la route. 

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Mon avis:

Je voulais lire cet album car étant moi-même fils d'immigrés espagnols - mon père, communiste, s'est retrouvé faisant son service militaire dans un bataillon rallié à Franco au début de la guerre et deux de mes oncles, condamnés à mort par contumace, s'expatrièrent en Hollande et en France -  je voulais confronter ce que je savais avec le vécu du héros Ernesto.

J'avoue avoir été un peu déçu ! Ce vieil homme qui a perdu son épouse, morte de maladie dans un camp d'internement français, vit dans des souvenirs qu'il ne raconte pas (je connais ça aussi). Les jours de sa vie s'écoulent dans un pays qui ne l'a pas voulu au début mais où il a trouvé refuge et stabilité pour sa descendance. Il décide de partir avec son meilleur ami sur la route pour revoir l'Espagne avant qu'il ne soit trop tard. En chemin il va rencontrer d'autres familles d'immigrés et chacun va parler de ses souvenirs et donner ses idées sur le pourquoi et le comment de cette horreur que fut la guerre civile espagnole. 

Le récit est plutôt chaotique et, bien que certains personnages soient assez émouvants dans leurs souvenirs d'un pays perdu, manque de précisions, comporte des erreurs de grammaire espagnole et ne fait pas assez ressentir la douleur de ces êtres. C'est un parti pris de l'auteur qui a voulu, en faisant raconter ces événements autour d'une table où se retrouvent dans des débats passionnés Ernesto et les autres protagonistes, adoucir un peu l'histoire.

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Reste la description du crépuscule de la vie de ce vieil homme, sa joie à la vue de sa gracieuse petite fille, Lucia, dont la jeunesse et la vitalité lui font occulter dans un voile grisâtre ses souvenirs douloureux. 

Le graphisme "puéril" de l'auteur, les teintes pastel choisies pour la couleur, finissent de placer l'histoire dans un contexte volontaire de réconciliation et d'oubli du passé malheureux.

 JR

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19/08/2016

Nuit noire sur Brest.

13567256_10154259...113864_n-500f40c.jpgnuit noire à Brest.jpgScénario : Kris et Bertrand Galic. 
Dessin : Damien Cuvillier.
Editeur : Futuropolis.
Sortie : 15 septembre 2016.
80 pages.
Genre : espionnage, historique.
D’après l’essai de l’historien Patrick Gourlay : nuit franquiste sur Brest.


Résumé
Dimanche 29 août 1937, à Brest. Un sous-marin républicain espagnol fait surface au milieu des eaux brumeuses, en rade du port militaire. Des réparations sur l’engin sont nécessaires. Sous la houlette de l’affreux Troncoso, un commando franquiste s’organise à toute allure dans le but de conquérir le navire. Proches des phalangistes, ils savent pouvoir s’appuyer sur les fascistes locaux. La belle Mingua leur est associée. Collaboratrice de charme, elle est prête à tout pour optimiser la réussite de l’entreprise nationaliste. Mais les forces de gauche, communistes et anarchistes en tête, sont décidées à faire front et résister. « No pasaràn ! Mort au fascisme ! »

« Que voulez-vous : quelqu’un à la conversation rare, autant qu’elle ait de la gueule ».

Mon avis.
Ce roman graphique d’espionnage s’inspire d’un fait réel assez méconnu qui a vu la guerre d’Espagne s’inviter en Bretagne avec l’apparition d’un mystérieux sous-marin dans le port de Brest.
L’immersion au niveau documentaire est une réelle réussite. Le lâché des ballasts pour coller au plus près de la vérité est digne d’une plongée rapide. Le sonar, lui, nous fait entendre des dialogues fleuris, intelligents et bien sentis. Mais ce qui est digne d’un bon Schnorchel, c’est la baignade dans le Brest des années 30 avec ses trams, ses bistrots, son port et ses habitants.
La vision périscopique confirme tout le talent de Damien Cuvillier (Les souliers rouges), une aquarelle délicate rehaussée par une colorisation qui m’a enchantée.
Si je devais lancer une torpille, je dirais que le récit manque un peu de passion, c’est avant tout une œuvre dont le cap est basé sur la vérité historique, fatalement on y joue moins des sentiments (seule Mingua arrive un peu à nous émouvoir).
Une BD qu’on trouvera donc dans tous les bons kiosques et dont la bordée touchera les lecteurs férus d’histoire(s) étonnante(s).
Tonnerre de Brest !

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Samba.

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