26/12/2016

RUMIC WORLD 1 or W

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Dessin : TAKAHASHI Rumiko
Éditions : DELCOURT
Collection : TONKAM SEINEN
Genres : tranches de vie, histoires courtes, romance, sport
256 pages
Parution le 30 novembre 2016

 Résumé :

1 or W est un recueil d’histoires courtes de Rumiko Takahashi. Il contient 9 récits inédits mettant en scène des personnes qui doivent se sortir d’une situation délicate dans laquelle elles se sont mises de leur plein gré...

Neuf histoires cyniques et drôles sur la société japonaise. On suit par exemple Shoko, une fille qui, afin de pouvoir mettre une somptueuse robe pour danser avec le garçon qu’elle aime, s’embarque dans un stage d’amincissement intensif. Ou encore un garçon qui se transforme en chien à chaque fois qu’il saigne du nez. Un jour, il tombe amoureux de la chef des clubs de sport du lycée et décide de faire de la boxe pour lui plaire…

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Mon avis :

Rumic World ou comment retrouver l'engouement des œuvres de Rumiko Takahashi en l'espace de quelques histoires courtes ! Un délice pour les amateurs de Ranma 1/2 ou encore Juliette, je t'aime !, qui reconnaîtront sans peine la patte de l'artiste : les nez mutins des personnages, leurs grands yeux, leurs coupes de cheveux assez typiques et généralement une personne âgée pour semer le trouble.

C'est le cas de la mamy décédée dans la 3e histoire, qui ne cesse de hanter l'héroïne ou encore le grand père, don Juan du troisième âge, qui roule régulièrement son petit fils afin de pouvoir courtiser de gentes dames encore coquettes passées la soixantaine.

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Une propension, tout au long de ces pages, pour les revenants et autres esprits. La déesse de la beauté, des mamies fantomatiques, des jeunes filles ayant quitté leurs corps trop tôt, ... le tout pour dénoncer subtilement des problèmes de société. C'est le cas du culte de la beauté dans l'histoire « la divinité du régime », ou encore l'endettement et la tentation pour l'argent facile. Il est même question de la famine ou encore des séquelles psychologiques qui peuvent survenir chez les enfants et qui les suivront toute leur vie.

Le tout, bien évidemment, interprété de main de maître par la grande Rumiko dont il est difficile de se lasser. Même s'il ne s'agit que de petites histoires, elles apportent juste ce qu'il faut pour nous laisser réfléchir ; ni trop, ni trop peu. Un juste dosage qui se retrouve également dans l'humour de la mangaka qui fait de RUMIC WORLD 1 or W, un sympathique petit ouvrage pour les nostalgiques de cette artiste.

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ShayHlyn

 

31/10/2016

Emerald et autres récits.

 

Couv_290014.jpgemerald.jpgAuteur :Hiroaki Samura.
Editeur : Casterman -Sakka.
208 planches.
Sortie:12 octobre 2016.
Genre: Seinen.

 

Ce recueil initialement appelé Sister Génerator regroupe des histoires courtes avec comme fil conducteur, des filles comme personnages principaux.

Comme souvent dans ce genre de compilation, le niveau des histoires est très variable. Du très bon avec le western Emerald et le festin de Brigitte mais aussi du magnifiquement ennuyant comme les bavardages de lycéennes avec cet uniforme qui nous colle à la peau. On a même droit à un récit étonnant sur la soumission. Cet album a au moins le mérite de mettre en exergue le talent de dessinateur de Hiroaki. On constate vite la force de son trait (notamment les regards) et sa grande maîtrise du noir et blanc. On passe clairement dans la catégorie « dessinateur doué ». Par contre, autant le découvrir par sa série majeure « l’habitant de l’infini » que par ces petites histoires sans grande envergure.

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a03-3e788b8.gifScénario 

a08-3e78906.gifDessin 

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Samba

 

01/09/2014

MONSIEUR BERMUTIER.

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014Dessin & scénario : Maarten Vande Wiele

D’après Guy de Maupassant

Editions Casterman

Sortie 20/08/2014

96 pages -Broché

Prix conseillé : 18,00 €

ISBN : 9782203078642

Histoires courtes, Guy de Maupassant, polar, société.

 

Résumé (de l’éditeur) : Monsieur Bermutier, figure principale et récurrente de ces courts récits, est un personnage de juge qui évoque ses souvenirs au fil des histoires qui composent le recueil. Des souvenirs criminels pour l’essentiel, qui le conduisent, sur un mode distant et parfois presque badin, à rappeler différentes affaires rencontrées au cours de sa carrière. Racontée à la manière d’enquêtes policières, cette suite de portraits plutôt accablants donne de l’humanité un triste reflet. Mais au fait, qui est Bermutier lui-même, auquel son parcours professionnel a conféré une expertise inégalée en matière de psychoses, vices, déviances et dissimulations en tout genre ?

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014

 

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014Mon avis : Samba BD vous a déjà parlé de ce talentueux dessinateur et scénariste flamand, Maarten Vande Wiele, que nous avons découvert grâce à un album  remarquable intitulé : « I fucking love Paris ». Nous avions surtout souligné un dessin très graphique extraordinaire, dans le style « Atome-Atomium ». Le scénario était assez corrosif. C’est une critique du monde de la « jet set » et du milieu de la mode à Paris.

Août 2014.Changement de décor ! Maarten Vande Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014Wiele nous revient avec une adaptation de nouvelles de Guy de Maupassant. Ce n’est pas son œuvre la plus connue mais Maarten Vande Wiele s’en est saisi et l’a adapté à sa sauce et quelle sauce ! On peut d’abord se demander pourquoi un auteur flamand, qui ne pratique pas la langue française régulièrement, s’intéresse à une œuvre littéraire d’Outre-Quiévrain et en plus pas spécialement très connue. Il faudrait lui poser la question. Mais cela fait drôle de lire en début d’album que Maupassant a été traduit du néerlandais et que la publication est publiée avec le concours du « Fonds flamand des Lettres ». Comme quoi, tout n’est pas perdu dans notre chère Belgique !

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014

 

Monsieur Bermutier est un juge d’instruction à la retraite, bien de sa personne, qui évoque ses souvenirs professionnels et criminels pour l’essentiel. Son ton est détaché, un peu british sur les bords, sérieux, voire distant. On lui donne le bon dieu sans confession. Bref, un type bien, droit, maniant la balance de la Justice avec doigté et de façon irréprochable. Et pourtant, au fil de la narration, le lecteur découvre des détails qui étonnent, font un peu tâche,  un peu de surnaturel aussi… Le lecteur va finir par se poser des questions et découvrir des comportements inattendus, qui laissent perplexe. Je laisse au lecteur la surprise de la fin du récit.

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014

 

Au niveau du graphisme, c’est vraiment différent par rapport à son premier album paru chez Casterman. On oublie le style  « atome » et on glisse vers un graphisme plus rond, moins anguleux, moins « ligne claire » . Il s’appuie plus sur les couleurs « aquarelles », plus douces mais aussi parfois plus sombres, plus noires en fonction du récit. La note destinée à la presse fait référence à Loustal, une pointure dans le genre.Ca y ressemble en effet même si Loustal est plus caricatural, plus typé et donc plus reconnaissable. Maarten Vande Wiele a ses spécificités même s’il y a des similitudes et des inspirations.

Au final, Casterman nous laisse découvrir une autre facette du talent de l’auteur mais il, est toujours aussi efficace, convainquant et corrosif. Un album qui semble bien gentil au premier abord mais qui garde tout son potentiel détonnant et va encore vous surprendre. A découvrir !

 

Dessin :             7,0/10

Scénario :          8,0/10

Moyenne :          7,5/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

Pour rappel, l'interview de Maarten Vande Wiele à Samba BD: ICI.

 

Capitol.

 

Monsieur Bermutier, Casterman, Maarten Vande Wiele, 08/2014

 

28/08/2014

LES CONTREES SAUVAGES -Tome 1.

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014.Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014.Dessin & scénario : Jirô Taniguchi

Editions Sakka (Casterman)

Sortie 03/09/2014

232 pages -Broché

Prix conseillé : 13,95 €

ISBN : 9782203084438

Histoires courtes, aventure, western, nature.

 

Résumé (de l’éditeur) : L’auteur de Quartier lointain nous propose un périple à travers les grands espaces au milieu d’une nature cruelle et ses créatures hostiles, l’homme est la proie de tout, et surtout de lui-même. Dans cette anthologie en deux tomes, nous découvrons une facette encore méconnue en France de l’œuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.

 

Mon avis : Casterman via sa filiale Sakka, spécialisée dans le manga, continue à publier les premiers travaux de Jirô Taniguchi, le mangaka préféré des européens. L’éditeur nous propose un nouveau diptyque (deux albums) intitulé « Les contrées sauvages » dont le premier tome sort en ce début du mois de septembre 2014.Il s’agit en réalité de 8 histoires courtes sorties dans la presse japonaise entre 1975 et 1986.

 La préface de l’album, écrite par Wladimir Labaere, donne un éclairage particulier sur l’œuvre et je vais en faire un rapide résumé.

Cette série a pour thèmes ce qui est à l’origine du talent de Taniguchi. Tout d’abord, une ouverture sur le monde qui s’est développée grâce à la lecture de la BD franco-belge, peu disponible à l’époque dans son pays. Il en retient la richesse des décors et la multiplicité d’informations contenues dans chaque case. De la BD japonaise, il gardera la priorité accordée au mouvement. Il a aussi certains sujets de prédilection comme la Nature (avec un grand N) implacable vis-à-vis d’une humanité orgueilleuse et présomptueuse. Cette Nature, c’est les éléments et le règne animal. Non seulement, il s’adresse à la jeunesse mais apprend aussi à dessiner pour un public adulte. Pendant cette période de sa vie, il doit travailler beaucoup pour pouvoir vivre de son art. Avec quelques assistants, il va produire jusqu’à 120 planches par mois, aux dépens parfois de sa santé ! Taniguchi se nourrit de tout ce qu’il lit, découvre, visionne (films, télévision,…), d’anecdotes pour se lancer dans un récit. Il est boulimique, une vraie éponge. Le premier tome s’intéresse surtout aux « légendes de l’Ouest ». Taniguchi est probablement un des rares mangakas capable d’entrer dans ce monde particulier du western.

Au fil des histoires courtes et des années de « production », le lecteur va voir évoluer le graphisme de l’auteur, un dessin qui va petit à petit prendre de l’ampleur, se simplifier et devenir de plus en plus abouti.

Au niveau de la narration et du découpage, Taniguchi excelle et la progression est également remarquable. Son travail d’adaptation  et sa progression sont  remarquables. L’auteur japonais élague ses textes, fait passer mieux ses idées en moins de mots, se fait plus précis et plus concis.

Pour conclure, Taniguchi nous charme encore, même avec des travaux qui datent de ses débuts. On le voit grandir. Le jeune espoir du manga devient progressivement un des maîtres de la discipline mais aussi proche de la BD européenne. Le résultat est séduisant.

 

Dessin :             7,5/10

Scénario :          7,5/10

Moyenne :          7,5/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014

 

07/07/2014

ABOMINABLE.

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014Dessin : Hermann - Scénario : Hermann, Delporte, Godard

Editions Glénat

Sortie 18/06/2014

64 pages

Prix conseillé : 14,95 €

ISBN : 9782344001097

Horreur, Fantastique, histoires courtes.

 

Résumé (de l’éditeur) : Dans un univers où la peur et l'inquiétude perlent à la surface de toutes les choses, Hermann, d'un coup de scalpel ébouriffant, révèle les tréfonds de l'humanité. En une suite de courts récits vénéneux, Abominable nous offre une plongée au cœur du fantastique le plus pur. Frissons graphiques et violence narrative garantis, quelque part entre les angoisses d'Hitchcock et de Dario Argento.

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014

 

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014Mon avis : Glénat réédite un album sorti en octobre 1988 dans une version augmentée. Hermann a dessiné pour l’occasion une nouvelle couverture et une histoire scénarisée par Christian Godard, d’une dizaine de planches, intitulée « une histoire d’ange ». C’est une bonne opportunité pour toute une catégorie de lecteur de se procurer cet album, qui en son temps détonnait dans la production d’Hermann.

Ce « one shot », Hermann en fera beaucoup d’autres par la suite, est pour lui très important. C’est une des respirations importantes qu’il va s’octroyer à juste titre pour casser la monotonie des séries. C’est une façon pour lui d’explorer d’autres projets, de faire des essais graphiques et scénaristiques novateurs.

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014

 

Ce livre regroupe 6 chapitres, soit 6 histoires différentes réalisées entre 1976 et 2013. On peut y voir l’évolution du dessin et de la colorisation d’Hermann. Il a muri, il a évolué, son dessin s’est dépouillé. Il va de plus en plus à l’essentiel. C’est une évolution rectiligne. Au niveau des couleurs par contre, c’est plus marqué et contrasté. On part au départ de couleurs sombres, dans des tons en correspondance avec le type de récits abordés, puis on passe à une histoire d’une page en noir et blanc. Vient ensuite une période où les couleurs sont plus appuyées, plus audacieuses. Enfin, dans la dernière histoire, Hermann revient vers des couleurs qui correspondent plus à ce qu’il fait actuellement dans ses one-shots. Des couleurs qui tendent vers les teintes de gris, des couleurs plus anémiques…

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014

 

Au niveau du scénario, ce n’est pas un livre à mettre dans toutes les mains. C’est plutôt pour un public adulte. C’est un album teinté d’horreur et de fantastique et bien dans les codes de ce genre d’album. La violence, le sexe, les croyances mystiques, les personnages fantastiques sont le moteur des récits qui sont proposés.

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014

 

Les amateurs du genre aimeront et pourront découvrir un album difficile à trouver en librairie dans sa version originale. Glénat a décidé de faire du neuf avec du vieux, avec un upgrade grâce à l’ajout d’une histoire d’une dizaine de pages. Pas vraiment une nouveauté. C’est bien dans l’air du temps. Cela plaira aux inconditionnels d’Hermann et il y en a beaucoup…

 

Dessin :             7,5/10

Scénario :          7,5/10

Moyenne :          7,5/10

 

Liens vers le site des éditions Glénat : ICI.

 

Capitol

 

Abominable, Hermann, delporte, Godard, Glénat, 06/2014

 

30/06/2014

L'ILE CARREMENT PERDUE - tome 1

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014Dessin : Luc Cromheecke - Scénario : Sti

Editions Kramiek (distribution Paquet)

Sortie 18/06/2014

48 pages

Prix conseillé : 10,50 €

ISBN : 97828893300010

Humour, Histoires courtes.

 

Résumé (de l’éditeur) : Faites donc escale sur l’Ile Carrément Perdue ! De l’Aventure avec un grand A vous y attend ! Des pirates sanguinaires, des indigènes sanguinaires aussi, mais qui essaient de se civiliser, des pingouins qui parlent, des phacochères au QI surnaturel, des visiteurs du futur, des animaux à longue queue jaune à pois noirs ! Vous frissonnerez pour notre naufragé et son acolyte le capitaine Mac Intosh, mais vous rirez surtout à leur dépens.

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

 

Mon avis : Luc Cromheecke, le dessinateur déjanté de Tom Carbone et de Plunk, s’associe au scénariste Sti (Ze jacky touch,…) pour nous faire découvrir une nouvelle série du même tonneau que Tom Carbone. Je ne dirai pas qu’en apprenant la nouvelle je me suis suspendu au  lustre du salon mais ma joie était très grande car j’adore Luc Cromheecke et son univers improbable. Il a remplacé au scénario son comparse Laurent Letzer par Sti mais l’ambiance générale et l’esprit sont restés les mêmes.

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

 

Le parcours éditorial de Luc Cromheecke n’est pas banal. Il collabore régulièrement avec le journal de Spirou où il joue le rabatteur pour trouver de nouveaux abonnés en illustrant le bon de commande par des gags très drôles. Il illustre aussi par des histoires courtes le journal de Marcinelle. Tom Carbone est sorti chez Dupuis mais la maison d’édition a arrêté les frais après 4 tomes. Déception chez les afficionados… Heureusement, Glénat sort l’intégrale et par la même le tome 5 qui n’était sorti qu’en néerlandais…Plunk a suivi son parcours également. Maintenant, est mis sur les fonts baptismaux la maison d’édition Kramiek (Le kramiek ou cramique en français, c’est une spécialité belge, un petit pain brioché aux raisins secs). Spécialisée dans la bande dessinée humoristique, elle est une filiale de l’éditeur Paquet qui s’occupe de sa promotion. Cet album en est le premier album en français, alors que le tome 2 de la série vient de sortir en néerlandais sous le titre de « De Godvrrgeten eiland » qu’on pourrait traduire littéralement par : « Cette nom de Dieu ile perdue ».

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

 

Ce recueil est constitué d’histoires courtes mais qui se tiennent, qui ont une certaine logique, de 2 à 6 pages, qui ont été publiées dans le journal Spirou depuis mars 2011.On y retrouve un univers déjanté proche de celui de Tom Carbone. Certains ont fait référence aux « Monty Python », un certain humour décalé, un humour que je qualifierai aussi de flamand, avec de la gouaille, teinté d’un peu de poésie. C’est une sorte de Tijl Uilenspeigel (appelé aussi Till l’espiègle, figure de la résistance flamande à l’occupant espagnol au XVIe siècle) à l’envers. Car ici, ce n’est pas le héros qui fait de l’humour aux dépens des autres mais c’est lui qui subit les turpitudes des autres habitants de l’ile, alors que celle-ci est censée être déserte. Vous l’aurez compris, il faut prendre le concept de l’ile perdue et déserte complètement à l’envers et c’est de là que découle le côté humoristique de l’histoire. On y rencontre une foule de gens et d’animaux aussi éclectiques qu’originaux qui ne font rien comme les autres. Cela nous vaut des scènes très drôles et « carrément » à l’Ouest ! Le dessin de Cromheecke est très expressif. On est dans le comique débridé qui va droit au but. Tous les publics se retrouvent dans ce dessin facile et agréable.

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

 

On en est même à se demander comment Sti a pu s’intégrer dans cet univers particulier de Cromheecke. Sti, scénariste Français du Nord de la France, a beau habiter à deux minutes de la frontière belge, j’en reste pantois. Cela a dû demander une complicité, un apprivoisement de tous les instants. D’autant plus, que Cromheecke sort d’abord ses livres en néerlandais et que Sti ne parle pas la langue néerlandaise ou flamande. Il y a donc à faire en plus un travail d’adaptation au niveau de la langue de Vondel.

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

 

Au final, cela nous donne un excellent album d’humour comme je les aime et que je vous recommande pour passer du bon temps chez vous ou à la plage…On pourrait même s’inspirer à l’envers de la chanson « Jamais content » d’Alain Souchon : « J'y ai carrément mis le feu : bien fait pour eux ! »…  « Carrément débile, j’trouve pas mon style… »

Oui, C’est carrément bien et parfaitement dans le style de Cromheecke et Sti.  Bravo ! J’en redemande…

 

 Dessin :            8,0/10

Scénario :          8,0/10

Moyenne :          8,0/10

 

Lien vers la page Facebook de Luc Cromheecke : ICI.

 

Capitol

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 06/2014

 

03/02/2014

HISTOIRES INAVOUABLES

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Dessin : Jérôme D’Aviau - Scénario : Ovidie

Editions Delcourt

Collection Erotix

Sortie : 06/11/2013

104 pages

Prix conseillé : 7,90 €

ISBN : 9782756040554

Sexe, adulte, Erotisme, histoires courtes, société.

 

Résumé (de l’éditeur) :Ils ne se connaissent pas et se donnent rendez-vous dans un train pour s'adonner à des jeux sexuels ; un serial dragueur emmène deux filles chez lui en pensant que la nuit sera chaude ; une étudiante américaine se procure du plaisir en se frottant contre tout ce qu'elle trouve dans la rame du métro jusqu'au jour où... Certaines histoires ont été vécues par Ovidie elle-même. À vous de deviner lesquelles... 

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Mon avis :   Attention, cette chronique n’est pas réservée pour les âmes chastes mais plutôt pour les « décontractés du sexe » comme on dirait du côté de la rue du cirque à Paris. Un bandeau rouge de l’éditeur annonce d’ailleurs sur la couverture : « Une BD signée Ovidie réservée aux adultes ». Certains la qualifient d’intello du sexe. L’origine du pseudo « Ovidie » vient d’une bande dessinée de Ptiluc. Il s’agit d’une petite ratte.

En page 4 de couverture, on peut lire une déclaration d’Ovidie qui cadre bien l’album : « Les dix histoires que vous allez découvrir sont toutes inspirées de faits réels, seuls les noms ont été modifiés. Trop croustillantes pour être avouées, elles m’ont été confiées dans le plus grand secret. J’ai moi-même vécu certaines d’entre elles et je n’avais jamais osé en parler jusqu’à ce jour. J’ai laissé quelques indices, je vous laisse deviner lesquels… »

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Au niveau du scénario, nous avons donc 10 histoires courtes. On dit que ce sont les meilleures…C’est vrai que cela donne du rythme au livre d’autant plus qu’elles racontent des histoires liées au sexe mais diamétralement opposées. Il y en a pour tous les styles, pour tous les genres si vous voyez ce que je veux dire…En plus de cela, c’est bien raconté, bien écrit. Ce n’est pas trop « verbeux », ce n’est pas non plus sans dialogue, sans fond. Ovidie qui a déjà quelques ouvrages en librairie, a aussi une jolie plume …

Le dessin est la vraie révélation de cet album. Jérome d’Aviau a déjà publié plusieurs albums en majorité chez des petits éditeurs. Son dessin est superbe, dépouillé (comme ses héroïnes dans cet album), mais aussi précis et maîtrisé. Ce n’est pas chirurgical et fait dans une optique d’un certain esthétisme de bon aloi. Bien évidemment, cet album n’est pas à laisser dans toutes les mains malgré la qualité graphique et scénaristique.

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Excellent album dans ce genre particulier qui se démarque par rapport à la production générale. Ce n’est pas le bas de gamme de la grande majorité des albums du genre. Il ne reste plus qu’aux découvreurs de talent de se lancer à la recherche de ce petit bijou dans un genre très marqué et à la marge de la bande dessinée classique. Il faudra peut-être chercher quelque peu, demander à votre libraire l’album, regarder dans les étagères du dessus, dans l’enfer des bibliothèques. Vous pouvez encore le commander sur un site de vente en ligne si vous avez peur d’essuyer les sarcasmes de votre libraire. Elle est dure la vie…

 

Lien vers le site de l’éditeur : ICI.

Lien vers le site internet d’Ovidie : ICI.

Lien vers le site internet de Jérôme D’Aviau : ICI.

 

Dessin :             9,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           8,5/10

 

Capitol

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

18/11/2013

GOGGLES

Couv_199393.jpgPlancheS_40312.jpgDessin & scénario : Tetsuya Toyoda

Editions Ki-oon

Collection Latitudes

Seinen -One shot

Sortie : 10/10/2013

230 pages

Prix conseillé : 14,00 €

ISBN : 9782355925825

Manga, Seinen,Histoires courtes, société, Japon.

 

Résumé (de l’éditeur): Élevée par un père absent et une mère violente, la jeune Hiroko a fini, petit à petit, par se renfermer complètement sur elle-même et se mure désormais dans un silence total. Son seul lien avec le monde extérieur : une paire de lunettes de motard ayant appartenu à son grand-père, qu’elle porte jour et nuit et refuse obstinément d’ôter.
Recueillie provisoirement par une connaissance de ses parents, Hiroko cohabite dans son nouveau foyer avec Kôichi, un jeune chômeur nonchalant qui va devoir s’occuper d’elle…

 

 

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Mon avis : Il s’agit d’un recueil unique (pas une série) qui contient six histoires courtes qui se déroulent dans le Japon actuel. Des petites histoires qui dévoilent la vie quotidienne de personnes fragiles et délicates, entre rire et pleurs. Ce sont des petites tranches de vie décrites avec pudeur par Tetsuya Toyoda, auteur d’Undercurrent (sélection officiel à Angoulème en 2009). Même Jirô Taniguchi a aimé puisqu’il déclare « Goggles est une œuvre proche de la perfection dont la lecture m’a bouleversé ». L’album sort chez Ki-oon dans la collection Latitudes. Il s’agit donc d’un manga édité dans un format plus grand que la normale pour une meilleure mise en lumière.

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A la lecture, c’est vrai qu’il s’agit d’un album de très grande qualité et d’une sensibilité extraordinaire. L’auteur nous parle de gens qui ont l’air à première vue soit quelconques, soit mal barrés, ou les deux. On raconte par bribes courtes une partie de leur histoire. Mais c’est suffisant pour nous en dire assez et pour accrocher notre intérêt ou notre sympathie. Le dessin est bien maîtrisé, la narration est un petit bijou.

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J’ai refermé l’album avec un sentiment de plénitude, d’avoir lu un beau livre, des belles histoires, parfois disparates, mais qui au final forme un bel ensemble cohérent. Une petite pépite à découvrir de toute urgence !

 

Graphisme :      8/10

Scénario :        8/10

Moyenne :        8/10

 

Capitol.

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11/11/2007

Sorcières, par Chabouté


Sorcières

Synopsis de l'éditeur :

Atmosphères sombres, campagnes perdues, entre sortilèges, philtres et envoutements, quelques vieilles mènent la danse.
Avec ces histoires de chats noirs, de curés pas très catholiques, de pactes douteux, de poupées épinglées, et de divinations approximatives, il ne fait décidement pas toujours bon vivre dans nos campagnes.

Christophe Chabouté
met en image avec talent ces vieilles femmes jeteuses de sorts.

Un humour noir, très noir, servi par un trait tout aussi noir où la chute de chaque histoire tombe comme un couperet.
Un recueil de quinze histoires courtes où se cotoient bêtise et méchanceté ordinaires, sinistres farces et règlements de compte.
En bref, 136 pages de pur bonheur...


Mon avis :

Hum hum... '136 pages de pur bonheur', je dirais que c'est tout relatif. Oui, j'ai beaucoup apprécié le dessin en noir et blanc, où le style minimaliste de Chabouté rend à merveille l'ambiance glauque qu'il cherche à entretenir. L'image frappe, tranche, fait mouche.

Le scénario m'a laissé tout aussi pantois, mais dans l'autre sens. 15 histoires extrêmement courtes mais qui s'apparentent parfois à la grosse blague de potache, aux poncifs sur les sorcières, et ont souvent une conclusion prévisible dès les toutes premières cases. Comme elles sont très courtes, il est difficile de se plonger dans une quelconque histoire. Je n'ai pas trouvé cela très imaginatif. C'est un peu comme si je vous disais : 'C'est l'histoire d'un homme qui fait appel à une sorcière pour tuer son patron. Elle lui demande un objet du patron et il ramène un stylo. Seulement, le patron avait emprunté le stylo dans le bureau du type et quand la sorcière lance le sort, c'est son client qui meurt. Voilà, c'est fini, passons à une autre.'

Je n'ai quasi jamais été surpris et je suis heureux de l'avoir emprunté à la bibliothèque sans l'acheter.

Ceci dit, chacun ses goûts et les inconditionnels trouveront une intégrale chez Vents d'Ouest.

Chabouté-intégrale


Ma cote : 5/10