22/04/2014

INOXYDABLE

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionSébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionScénario : Floc'h, Sébastien
Dessin / Couleurs : Baker, Steve
Dépôt légal : 03/2014
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Pages : 100

De nature plutôt taciturne, Harry Rockwell purge sa peine au centre carcéral 103 en compagnie d’un étrange robot à la langue bien pendue, Zip. Au cours d’une tentative d’évasion ratée, le duo se voit dans l’obligation de retrouver le major Pulsor, chevalier du maintien de l’ordre. Mais qui est ce héros télégénique, enlevé par de mystérieux inconnus ? Les masques tomberont et la vérité ne sera pas forcement très belle…

 

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , Action

 

Page 102. Fin de l’album. C’est avec une sensation bizarre, un gout pâteux dans la bouche et des interrogations que le lecteur referme cet album de chez Casterman. Pourtant, tout démarre très bien. Une couverture rouge pétante avec une caricature de « captain america » et un titre écrit en lettre capitale métallique : superbe ! Le genre de BD qui attire l’œil dans les bacs avec un label KSTR : c’est du tout cuit ! Un excellent moment en perspective !
Et là, une mauvaise surprise attend le lecteur. En premier lieu le scénario interpelle. Une des ficelles du scénario est l’association de deux héros antinomiques. Ce n’est pas une nouveauté  mais l’utilisation d’un robot est plutôt originale. Cela donne de l’envergure à l’action. Et de l’action y en a. Elle est présente à chaque page sans reprise de souffle. Les cavalcades succèdent aux explosions à un rythme effréné. Trop même ! Doit on rechercher des messages dans ce monde futuriste ? A peine a-t-on le temps de relever une dénonciation du pouvoir des médias, de la propagande ou de la technologie soit disant au service de tous que déjà s’enchainent les rebondissements. Ou finalement cela est-il juste une BD action ?  Tout cela est un peu fouillis et manque d’éclaircissements.

Sébastien Floc’h, Steve Baker, KSTR, Casterman , ActionLes dessins de Steve Baker sont à l’avenant du scénario : surprenants ! Il met en image un monde futur avec tout un bestiaire de créatures extra-terrestres, de véhicules originaux. Le tout est croqué avec un trait vif donnant une sensation de vitesse bien rendue. Le lecteur perçoit une influence des mangas mais aussi des comics. Les couleurs sont chaudes et rendent du volume aux dessins. Malheureusement, le trait ne rend pas assez les émotions avec notamment des yeux vides d’expressions gênant la lecture. Les visages sont ramassés, fermés rendant la distinction entre les différents protagonistes peu aisés.

Tout va vite dans cet album. Trop vite sans doute. Il en résulte une sensation finale d’inachevé pas vraiment aidée par des dessins amoindris dans leurs cases. Si l’objectif des auteurs était de faire passer un ou des messages, ce n’est pas une franche réussite. Si par contre le seul but est de divertir alors le résultat n’est qu’à moitié atteint. Sébastien Floc’h et Steve Baker sont clairement à l’étroit dans ce format et leurs talents ne peut pas pleinement s’exprimer.

Scénario : 5.5/10
Dessins : 5.5/10
Total 5.5/10
Tigrevolant

21/01/2014

Succombe qui doit

succombe.jpgsucombe 1.jpgAuteurs : Ozanam et Rica.

Editeur : Casterman (KSTR)

Sortie :01/2014.

 

Coup foireux.

Sale temps sur la casse auto Marchado. Quatre jeunes malfrats en fuite après un braquage qui a dégénéré, dont l’un grièvement blessé, s’y sont réfugiés lors d’une nuit de déluge. Depuis, ils y séquestrent José, le patron des lieux, un costaud taciturne, misanthrope et revenu de tout.

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Des clous dans la tête.

 

Ce que j’aime souvent dans la collection KSTR, c’est qu’on sort du BDphilement correct. Déjà, la couverture annonce l’uppercut que vous allez prendre dans la gueule. Une histoire franche du collier qui commence par une putain de scène hallucinatoire. Ensuite, on fait connaissance avec une bande de braqueurs complètement barges et du propriétaire des lieux, Laser Joe. Bienvenue en enfer  ha ha  ha !

Ce polar à la française (s’il vous plait)  est brut de décoffrage, violent, sale  mais aussi et surtout efficace. En plus, la surprise finale est à la hauteur de nos espérances.  On peut dire que ce huis clos d’Ozanam est au plus haut des cieux.

Le dessin de Rica est au diapason du récit, il fait même crever ce con de Tintin ! C’est du lourd, du gras, du percutant avec des cadrages de fou. Le nec, ce sont les tronches de cake qu'il ose mettre en avant.

Une fucking bonne giclée d’hémoglobine n’a jamais fait de mal à personne  non ?

Allez, à la prochaine chronique bande de p’tits branleurs !

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a07-3e78901.gif Dessin

a07-3e78901.gif global.

Samba.

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01/10/2013

Je n'ai jamais connu la guerre

9782203047013.jpg9782203047013_pb2.jpgRésumé de l'éditeur: Hâbleur, séducteur, brillant, Darius est un quadragénaire épanoui et conquérant qui a fait fortune dans un créneau innovant en pleine expansion : la création de souvenirs factices, vendus sous forme injectable à des clients en mal de sensations fortes. Mais le parcours gagnant de Darius, que ses racines libanaises rattachent à d’anciens souvenirs de violence, dissimule une fêlure intime : lui même est hanté par sa propre mémoire demeurée douloureuse, qu’il s’agisse de ses racines familiales ou de sa vie sentimentale agitée.

 

Derrière cette couverture maladroite (lourde et surchargée) et ce titre qui induit en erreur, se cache en réalité une histoire qui lorgne du coté de la SF. En effet, le personnage principal, Darius, vend du rêve sur mesure en seringue.  L'occasion de développer la thématique du rêve et du faux-semblant si chère à la science-fiction mais qui s'est déjà vu traiter un nombre incalculable de fois et sous différentes formes depuis les grandes heures de Philip K. Dick (c'est dire comme ça remonte!).

 

Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, c'est devenu un thème dangereux où seul un scénario d'une grande originalité peut sortir du lot. Et pour Je n'ai jamais connu la guerre (ne tournons pas autour du pot) ce n'est pas le cas. Le scénario de Joseph Safieddine laisse le sentiment d'une histoire décousue. On ne cerne pas l'intérêt entre la dimension dramatique et la SF, ils sont rarement au service l'un de l'autre et s'accordent, dans le cas présent, aussi bien que deux aimants qui s'opposent. Le coup du rêve artificiel ressemble furieusement à de l'esbroufe scénaristique.  

 

"Aie, c'est mal parti! Mais le graphisme peut-il sauver tout ça?!" nous direz-vous. Pas pour cette fois. Tout comme le scénario, le dessin de Maud Begon souffre d'un pesant sentiment de vieux, de moderne pas (plus) moderne, ... et surtout de pâle copie du trait, si identifiable, de Manu Larcenet. Les connaisseurs auront beaucoup de mal à ne pas avoir à l'esprit le Larcenet des grandes heures ( vous savez, celui qui broie du noir et qui a du mal à décoller son crayon de sa feuille).

 

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Le +: Grâce à son format si particulier KSTR, il est parfait pour ajuster une armoire qui ne serait plus de niveau.

 

Le -: Un thème usé et un dessin volé enfoncent encore un peu cet album qui semble paraître avec 20 ans de retard.


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KSTR

08/09/2013

Les Petites Chroniques (28) In the name of...

In the name of...

 

in the name of,argunas,012012,7510,kstr,polar,thriller,pape,religion,complot,usa,dieu,vaticanin the name of,argunas,012012,7510,kstr,polar,thriller,pape,religion,complot,usa,dieu,vaticanScénario : Argunas, Will
Dessin : Argunas, Will
Couleurs : Argunas, Will
Dépôt légal : 01/2012  
Éditeur : Kstr
ISBN : 978-2-203-03270-5
Planches :116


Juin 2013, festival de Beire le Chatel, je fais un tour pour regarder les auteurs en dédicaces. Là, je vois un auteur avec un superbe sweat du Motocultor Fest !!!! Pas de doutes, c’est un fan de Metal !!!! J’engage la conversation. Nous parlons principalement musique et surtout du Hellfest.

 

Après ces échanges fort sympathiques, je vais acheter un ouvrage de cet auteur que je viens de découvrir. Je jette mon dévolu sur In the name of …  La couv’ m’a fait de l’œil avec son ecclésiastique. Je ne regrette absolument pas mon achat !!!!

 

Will Argunas a construit un scénario fort intéressant !! L’histoire de ce premier Pape noir, originaire d’Afrique qui va être assassiné lors de sa visite aux USA. Suite à ce tragique événement, le FBI va rechercher un de ses agents sur la touche, l’Agent Jackson. S’en suit une enquête qui n’est pas sans rappeler l’assassinat de JF Kennedy à Dallas en 1963.

 

Le scénario est bien construit, mélangeant faits réels et imaginaire de l’auteur.  Le travail graphique de Will Argunas est plaisant. Un bon polar a recommander aux fans du genre.


Ma note : 7,5/10


Revedefer

26/07/2013

Bag Men

bag men,amazing améziane,kstr,polar,mafia,comicsbag men,amazing améziane,kstr,polar,mafia,comicsScénario et dessin : Amazing Améziane

Editeur : Casterman

Collection : KSTR

date de sortie : mars 2013

170 planches

genre : polar

 

 

 

Résumé (éditeur)

Alice, star de la télé réalité et fille du parrain de la mafia de Las Vegas Victor Torrio, a été kidnappée par les zétas, des narcos mexicains. Bronson « Bag Man », le porteur de valises, et Richard « Iceberg » Kowalski, le tueur à gages, ont pour mission de ramener la jeune femme… sans oublier la rançon : deux millions de dollars. Et si pour cela, de l’Arizona à Tijuana, il leur faut jouer de la gâchette un peu ou même beaucoup, eh bien… ainsi va la vie, non ?

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Un mélange de Tarentino et de Scorcèse. Voilà l’œuvre que nous livre Ameziane avec ce one shot. Ce polar noir et sanguinolent où l’on défouraille comme on respire, nous invite au plus près du système mafieux qui fait tourner Las Vegas. Les gangsters d’aujourd’hui ne se cachent plus. Leurs proches sont des stars, Ils ont pignon sur rue, et sont vraiment tout puissants. Pas de « code de l’honneur » ici. Seuls comptent le business et le fric servis par une violence et une noirceur qui rythme la vie des Bag Men, les portes flingues, les hommes de mains, les garants du bon fonctionnement de ce système économique si particulier.

L’histoire concoctée par Améziane est somme toute assez simple et sans réelle surprise. Un kidnapping, une rançon, des jalousies, des rancoeurs tenaces, des narco trafiquants impitoyables, bref rien de très original pour ce genre d’histoire. En revanche, ce qui rend cette BD captivante, c’est son style. Améziane use (d’aucuns diront qu’il en abuse) habilement de flash-back et de flash forwards pour présenter au lecteur tous les rouages de son histoire. Avec cette narration complexe, il prend toutefois le risque de le perdre dans les bas fonds de Vegas. Mais le dynamisme créé par un découpage recherché, enrichi de dialogues incisifs, nous empêche de boire la tasse et nous tient en haleine jusqu'à la fin. A ceci s’ajoute un graphisme tout en bichromie(s) aux nombreux aplats noirs, plaqué sur des planches aux contours noirs comme s’il fallait enfermer un peu plus les protagonistes dans leur sombre univers. 

Pour résumer, Bag Men, c’est du glauque avec style, au format comics assumé, maîtrisé et revendiqué et qui n’a rien a envié à ses confrères US du même genre.

Dépressifs s'abstenir, car tout ceci est vraiment très noir ...

 

Ma note : 7,5/10

Loubrun

 

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31/05/2013

Hoodoo darlin'

9782203047037.jpgPlancheS_37889.jpgRésumé de l'éditeur: Dans le bayou, Adèle est de longue date l’élève de Simeon, le vieux maître vaudou. Et s’impatiente, ne voyant toujours pas se concrétiser sa succession. Mais un événement tragique – une enfant disparue et le cadavre d’une femme retrouvé tout près – va tout faire basculer.
Désobéissant à Simeon, Adèle le suit, à son insu, jusqu’au coeur du monde surnaturel, y introduisant du même coup de graves déséquilibres. Les grands esprits vaudous sont furieux. Pour les apaiser, et espérer pouvoir reprendre un jour à son compte la charge de Siméon, Adèle doit réussir une épreuve : retrouver cinq esprits fugitifs qui se cachent sous forme humaine, quelque part en Louisiane…

 

La Louisiane est un état du sud des Etats-unis qui est souvent mis en avant par le drame social qui s'y joue. Régulièrement illustré de façon très sombre, il affiche un grand écart social et culturel entre la communauté afro-américaine qui y vit et le reste du pays. Hoodoo darlin' entend casser cette image et propose une Louisiane pleine de couleurs, de magies et de légendes sans pour autant effacer le cadre social spécifique de cette région. Léonie Bischoff, l'auteur, présente un bayou qui devient un personnage à part entière de l'histoire. On entend presque un petit air de blues en arrière fond pendant la lecture de cet album.

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Le trait souple et généreux de Hoodoo darlin' s'associe à un scénario prenant qui nous embarque dans un thriller fantastique à la sauce vaudou. Une réussite qui se voit malgré tout alourdie par quelques moments creux... rapidement comblés par l'atmosphère générale de l'ouvrage. 

 

Le +: Une vraie bouffée de fraîcheur, de par l'angle d'attaque de l'auteur, sur un état des Etats-unis qui a, plus que jamais, besoin d'un peu de couleurs. Une approche graphique qui procure aux lieux de l'action une présence palpable.

 

Le -: Le scénario est prenant mais s'efface parfois trop devant les enjeux graphiques de l'album. 

 

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KSTR

 

Léonie Bischoff

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William

30/05/2013

Brune Platine - Tome 1 : Mon sang est plus noir que le vôtre

Titre : Couv_185929.jpgVerso_185929.jpgPlancheA_185929.jpgTome 1 : Mon sang est plus noir que le vôtre
Scénario : Lisa Mandel
Dessins : Marion Mousse
Couleurs : Hélène Georges
Dépot légal : Mars 2013
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Format : Autre Format
ISBN : 978-2-203-04359-6
Nombre de planches : 58

Résumé :


"BRUNE PLATINE ENQUÊTES EN TOUT GENRE" telle est la plaque figurant à l'entrée du bureau de Platine, blonde gironde et fumeuse invétérée, et de son associée, Brune, brune lesbienne et efflanquée. Elles s'adorent ces deux là !

 

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Un vrai chat de gouttière cette Brune, qui ne fait confiance qu'à Platine, surtout quand l'affaire ne lui plaît pas. La jeune femme qui cherche à retrouver son père disparu depuis son enfance ne lui inspire rien qui vaille. Trop de fric, trop de zones d'ombres.


Après une chute dans les escaliers alors qu'elle n'était qu'une enfant, la blessure de Claire Gayrault, guérie depuis des années vient de se réouvrir, sa psychiatre en a conclu que c'était lié à la disparition de son père.

 

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Depuis, elle le recherche et trouve de l'aide auprès de l'agence "Brune Platine" moyennant finances. Pourtant, Brune ne se laisse pas convaincre si facilement, cette fille a dans les yeux un abîme dévorant, qui hante les cauchemars de Brune.


Pourtant, les filles, elle les aime, rousses, blondes, jumelles ou hôtesse de l'air... et n' hésite pas à explorer leurs formes sous toutes les coutures...


Cette affaire va entraîner Brune en Herzéguie, où les stigmates du conflit armé des années 70 sont encore bien visibles. Auprès d'un héros national aux yeux bleus comme ceux de Claire Gayrault...

 

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Mon avis :

Un vrai roman noir, qui donne le ton d'entrée, couverture noire, titre rouge sang, plus noir ou plus rouge que le vôtre.


Une histoire de filles, racontée par des filles... elle est pas belle la vie ?


Une histoire sombre, très sombre, trop sombre ? c'est ce que j'ai cru à la première lecture. Le langage est cru, les filles sont délurées, l'amour est libre. Croyant naïvement que c'était un one-shot, la fin m'a parue dure et froide. Et puis quoi ! c'est un polar noir, en plusieurs tomes, la touche pessimiste de la page 6 préfigure la violence du reste de l'album. Une plongée dans toutes les sociétés corrompues ayant subit les atrocité d'une guerre civile.

 

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 Les sentiments de Claire Gayrault naviguent entre déprime et solitude. La vie en Herzéguie n'est pas réjouissante pour les enfants des rues. Et ce héros national, pourquoi a-t-il abandonné sa fille chérie pour s'occuper des orphelins de guerre ?


Les seules lueurs d'espoir viennent de Brune et Platine soudées par une amitié indéfectible, et une efficacité redoutable.

 

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Ces filles sont "terribles" dans leur attitude et leur liberté d'expression. Des gavroches délurées et bien dans leur peau.  

 

Hélas, la dernière page de ce premier opus refroidit l'atmosphère très rapidement.

 

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J'attends déjà avec impatience le second tome pour que ce poids qui m'oppresse le coeur se dissipe rapidement dans les boucles de Brune ou les généreuses rondeurs de Platine.


Ma note :

Scénario : 9

Dessin : 8

Moyenne : 8,5/10

 

Sophie

16/05/2013

Rocher rouge

  

rocher rouge,kstr,2009,thriller,poncifs,borg,sanlaville,tigrevolantrocher rouge,kstr,2009,thriller,poncifs,borg,sanlaville,tigrevolantScénario : Borg, Éric
Dessin : Sanlaville, Michaël
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Dépot légal : 01/2009
Pages : 117

Rocher Rouge est une île paradisiaque quelque part dans des eaux tropicales, l’un de ces lieux où l’on rêverait de passer ses prochaines vacances …. C’est justement là qu’une bande de copains et copines choisissent de passer trois jours façon « opération survie ». Ce qu'ils ignorent, hélas, c’est que l’île est réputée abriter le terrible Maboukou, une créature légendaire connue dans la région pour décapiter ses proies et leur dévorer la tête…

Du sexe, des pulsions connues et/ou inconnues, des corps parfaits… vous êtes dans « l’ile des cocus » euh non « l’ile de la tentation » ! Un ilot paradisiaque, coupé du monde des tensions dans le groupe, pas d’hésitation c’est « Lost » ! Du gore, du sang, de la tension du rythme, une vieille légende, un monstre « Konguien », c’est du « scream » mâtiné de «l’affaire blairwitch » ! Mélanger le tout à la cuillère (pas au shaker), servir frais avec une rondelle de citron et vous voilà plongés dans l’univers de Rocher Rouge. Autant vous le dire immédiatement, Eric Borg assume ces références cinématographiques et télévisuelles. Il ne se prive pas d’utiliser les poncifs des séries princeps : les rebondissements téléphonés (au propre comme au figuré), la plastique de ces personnages, l’insularité, la tension…. Mais Eric Borg n’en oublie pas pour autant ces classiques : la fable utilise l’unité de temps, de lieu et d’action. Tout cela est habilement utilisé dans un rythme crescendo. Pas le temps de souffler. Le récit est vitaminé et haletant. Les dialogues minimalistes font la part belle à l’action. Enfin des touches d’humour et d’absurde couronnent le tout. Ouf !

 

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Que serait un scénariste sans un bon dessinateur ? Dans le monde de la bande dessinée, sans nul doute pas grand-chose. Le casting ici fait bien les choses. Salanville exhibe un graphisme épuré (qui pourrait se rapprocher de celui de son ami Bastien Vives), expressif et surtout débordant d’énergie. Il choisi des plans rapprochés et accentue ainsi le rythme de la narration et du gore ! Dernière corde à son arc : les couleurs. Il accorde le récit avec un panel différent, passant du vert et jaune pâle pour les scènes de plage au brun, rouge et orange pétant au plus fort des scènes chocs au cœur de la forêt sinistre. Un petit peu plus de clinquant dans les couleurs n’aurait pas dépareillé avec les clichés dont ce réclame cette BD !

Dans ce huis clos tout est en place pour que le rêve vire au cauchemar. "Du koh lanta poussé à l'extreme" selon Eric Borg. Cela va vite ! Peut être trop vite. Avec ce choix de récit, cela permet, sans nul doute, d’éviter les écueils du déjà vu et de s’échouer au milieu du récit. Ces 117 pages vous laisseront un bon souvenir !

 

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Note : 7.5 / 10

Tigrevolant

10/05/2013

MADIE

Couv_187079.jpgPlancheA_187079.jpgRésumé de l’éditeur : De nos jours, à Lunéville dans l’est de la France, Madie jouit d’une existence apparemment satisfaisante et épanouie, entre son métier de médecin généraliste, le couple qu’elle forme depuis sept ans avec son compagnon Édouard et les amis qui les côtoient depuis de nombreuses années.

Mais lorsqu’elle apprend que son ancien amour de jeunesse, Frédéric, que tout le monde pensait mort, est en fait bien vivant, Madie se laisse submerger par une crise existentielle comme elle n’en avait encore jamais connue… Rattrapée par le sentiment de l’ennui, rongée par l’indécision, hantée par l’idée de n’avoir fait que des mauvais choix, Madie « décroche » et laisse soudain tout en plan, direction Bruxelles où elle espère retrouver la trace de Frédéric…

 

Voici une bande dessinée d’aujourd’hui. Madie est un album qui relate la crise existentielle de son personnage principal mais il propose surtout une vision très actuelle du couple dans notre société.  On assiste au questionnement de cette femme active sans enfant face à l’amour et à son couple.

 

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Le ton et le dessin sont volontairement déprimants, on retrouve beaucoup de non-dits lourds de sens et le choix des couleurs très automnales vous plombe le moral d’emblée. Seul le trait moderne et épuré, très en phase avec le sujet, sauve quelque peu le tout. Car le scénario cabotine, tarde cruellement à se mettre en place et repousse sa conclusion jusqu’à faire retomber le peu de tension qu’il avait réussit à créer. Quelques moments de légèreté pointent mais peinent à réussir la véritable envolée existentielle à laquelle ils prétendent.  116 pages pour si peu… ça laisse un goût amer.

 

Le + : Le point fort de MADIE est son dessin moderne et léger.

 

Le - : Une crise existentielle (qui enfonce des portes ouvertes) très féminine qui ne plaira probablement qu’aux femmes trentenaires actives en couple (moderne) qui se posent des questions…, bref ça réduit très fortement le public.  


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Casterman/ KSTR



William

03/05/2013

RETROPOLIS

Retropolis.jpgBL000.jpgScénario : ElDiablo et To, Anne-Laure
Dessin :To, Anne-Laure
Dépôt légal : 11/2012
Editeur : Casterman
Collection : KSTR
Planches :120

 

Après avoir perdu ses deux mains lors des combats de 14-18, Otto se reconvertit en entrepreneur de spectacles nocturnes à Rétropolis, avec la complicité d'Oedipia, une sorte de cyclope féminin. Il n'hésite pas à vendre certaines de ses filles à un politicien inquiétant. A l’occasion d’un « recrutement », Otto fait la connaissance de Polly, une héritière délurée qui vient d'échapper à la surveillance toute militaire de son chaperon. Faisant chavirer son cœur de maquereau Otto accompagné de Polly déjoueront un complot de manipulation des masses par la boisson …

Les éditions KSTR, émanation des éditions Casterman, continuent de nous éblouir. Ils se veulent résolument découvreur de talent et n’hésitent pas à publier des jeunes auteurs : une véritable pépinière ! Et du talent Anne-Laure To (aux pinceaux) et ElDiablo (au scénario) n’en manquent pas.

 

retropolis,anne laure to,eldiablo,kstr,policier,810,fascisme,animalierPour commencer, la couverture est toute particulière : un gros plan sur un inquiétant crochet et une attirante demoiselle à tête de chatte aux courbes parfaites, outrageusement maquillée, attifée comme une danseuse de cabare. Le tout est couronné d’un un titre rouge vif en relief. Efficace ! Cela a le mérite d’attirer l’œil, notre attention. Car ici, c’est le dessin qui a la part belle. Une mise en couleur acidulée, et expressive, un univers animalier avec des travers très humains, pour ne pas dire des tares, Anne Laure nous régale de son coup de pinceau. Certains trouveront brouillon et parfois foutraque la mise en page ou le dessin mais c’est une première incursion de mademoiselle To dans la BD : c’est très prometteur.

Continuons avec le scénario. ElDiablo choisi l’humour pour aborder des sujets graves : le vivre ensemble, accepter les différences, le fascisme. Juger plutôt : il est question d’ondes manipulatrices pour quiconque a consommé du lait aux hormones féminines ! La farce ne s’arrête pas là. Les dialogues sont pleins d’humour comme par exemple l’incursion de proverbes Turcs ( ??) ou autres propos pinces sans rires ! Enfin, l’œuvre est truffée de références cinématographiques, cela vous saute au visage : Métropolis, Cabaret, l’Ange Bleu …. On regrettera les quelques raccourcis. Ils auraient mérité quelques pages d’explications supplémentaires

 

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Vous avez compris, votre serviteur s’est épris de ce one-shot. Les dessins originaux, les références au cinéma engagé, la mise en avant des faiblesses humaines le tout teinté d’humour sont autant d’atouts de cette BD. Bravo à la collection KSTR de nous enchanter avec des œuvres originales !

Note : 8 / 10
Tigrevolant

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