26.01.2012
A.D. La Nouvelle-Orléans après le déluge

Au cinéma, en télé et en BD, les œuvres post-Katrina sont déjà présentes depuis quelques temps. A.D. fait partie de celles-là.
29 aout 2005, l’ouragan Katrina frappe la Louisiane. A.D. retrace cette catastrophe via les témoignages de sept habitants de La Nouvelle-Orléans, Denise, Leo, Michelle, Kwame, le docteur Brobson, Abbas et Darnell. Voici donc une histoire chorale sur fond de drame humain et de catastrophe naturelle.

« Il m’a semblé important de raconter l’histoire du point de vue d’un panel de personnes réelles ayant vécu l’ouragan, aux profils variés : riches ou pauvres, noires ou blanches, jeunes ou vieilles, gays ou hétéros, hommes ou femmes. »
Extrait de la postface de Josh Neufeld
L’Amérique panse encore les plaies d’un des drames les plus profonds de son histoire. C’est dans ce contexte de mécanisme de deuil bien entamé mais pas encore terminé qu’A.D. La Nouvelle-Orléans après le déluge sort dans une version traduite de l’anglais aux éditions La boîte à bulles. L’auteur américain Josh Neufeld nous fait partager ces sept destins qu’il a rassemblés grâce à son intervention comme volontaire de la Croix-Rouge sur les lieux de cette catastrophe.
A.D. débute sur un véritable scénario catastrophe annoncé sur différents médias. Le timing des évènements et des images d’apocalypse crée une réelle tension. Malheureusement, l’auteur n’a pu la conserver jusqu’à la fin de son album. Le point de vue bascule en plein récit, ce qui était une catastrophe naturelle devient un drame humain. On passe des éléments qui se déchainent à une foule de personnes qui attendent dans un stade que les autorités les prennent en charge. Soit Josh Neufeld nous fait vivre les événements vu de l’extérieur jusqu’au bout (double page de l’ouragan, des rues entières qui se font dévaster, des maisons qui se font emporter,…), soit il nous propose une histoire humaine à vivre de l’intérieur qui suit ces sept témoins privilégiés mais il choisit de ne pas trancher entre les deux. On peut regretter ce choix (ou ce non choix) car le récit perd en rythme et en intensité.

Au delà de la catastrophe naturelle et du drame humain, Josh Neufeld dénonce l’incompétence des autorités face aux évènements.
La réussite d’A.D. réside dans son dessin et son choix de couleurs. Un dessin très plat et figé qui contraste très bien avec la profondeur du drame qui se joue. Les couleurs, quant à elles, sont réduites à différentes bichromies qui ont une dominante jaune, verte, bleue,… Ce n’est pas sans rappeler ces films du début de l’histoire du cinéma dont les pellicules noir et blanc étaient teintées de différentes couleurs selon les différentes séquences. Cela donnait des ambiances très différentes suivant les couleurs.
Le + : Un album qui nous fait découvrir certains éléments qu’on ignorait peut-être encore sur Katrina. Le dessin et les couleurs de Josh Neufeld sont une belle surprise et créent un objet très graphique.
Le- : Le point du vue hésitant de l’auteur fait retomber une tension qu’il avait rapidement et très habilement mise en place.
Infos en vrac:
One-shoot
Dessin et scénario : Josh Neufeld
Editions : La boite à bulles
Prix : 18 euros
Parution : décembre 2011
Cette critique est également présente sur le site Myboox
Monsieur William
Écrit par William dans Les chroniques de monsieur William. | Commentaires (5) | Tags : a.d. la nouvelle-orléans après le déluge, josh neufeld, la boite à bulles, ouragan katrina |
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22.08.2010
L'immeuble d'en face T1-3.

Auteur:Vanyda.
Editeur: La boite à bulles (contre jour).
Résumé de l’éditeur :
Au 1er étage de L'Immeuble d'en face réside une mère célibataire et enceinte. Au second, un couple entre deux âges. Et au troisième un couple de jeunes amoureux, Claire et Louis. Un immeuble comme tant d'autres avec ses croisements dans l'escalier, sa solidarité et ses petites histoires, amoureuses ou douloureuses. Des tranches de vie pleines de justesse et de fraîcheur.
Mon avis :
Oui, c’est un immeuble comme les autres, oui les habitants sont comme beaucoup d’autres. Les couples sont comme ceux que l’on croise tous les jours sans lever la tête et Béatrice, la mère célibataire du 1er est une mère comme beaucoup d’autres. Que tout cela est banal me direz-vous !
Et bien détrompez-vous.
Vanyda, jeune auteur prodige, nous conte la vie quotidienne de ces habitants avec un talent incroyable. Sous sa plume, les personnages prennent une dimension savoureuse, les histoires sont bourrées de tendresse et de délicatesse, et on se surprend à se passionner pour leurs amours, leurs envies et leurs emmerdes. L’auteur semble s’amuser à faire évoluer les rapports entre les personnages tout au long de la série et cela se sent. Ils sont d’abord indifférents mais les aléas de la vie font qu’ils vont apprendre à s’entraider et nous voyons leurs relations nettement évoluer.
Aidée par des dessins dynamiques et expressifs au style manga et une narration parfaitement maitrisée, les 3 tomes se dévorent avec délectation. Vanyda utilise toute une palette de cadrages et de découpages démontrant sa dextérité également dans ce domaine.
Vous l‘aurez compris, c’est mon coup de coeur du moment et j’espère une chose : C’est que Vanyda nous concocte un nouveau chapitre. Sais-t-on jamais.... En attendant, retenez bien son prénom car cette fille à quelque chose de rare.
On en parle sur le forum.
DIGNUS.
Écrit par Samba dans Le billet d'humeur de Dignus | Commentaires (2) | Tags : l'immeuble d'en face, vanyda, la boite à bulles, 910, dignus, chronique sociale |
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19.03.2010
Interview de....
Benjamin Fisher a eu la gentillesse de répondre à quelques questions sur son premier ouvrage que je vous recommande chaudement « Braquages et bras cassés » .Cette BD vient de sortir , courez vite l'acheter.
1- Comme il s'agit de ta première BD en tant que scénariste, peux-tu nous dire comment tu en es arrivé à écrire une histoire avec des bulles?
La BD a toujours été une passion pour moi, tout comme le cinéma et l’écriture. Du coup, j’ai rapidement commencé à écrire des bribes d’histoire, des sketches pour ami comédien ou encore des articles pour mon plaisir. Puis, j’ai eu envie de travailler sur un projet de BD, car il s’agit du support que je connais le mieux. En plus, j’avais réalisé mon mémoire sur le western en BD à l’université et ça me frustrait un peu de décortiquer le travail des autres sans créer moi-même des histoires.
J’avais donc proposé un premier projet à Georges qui avait fait quelques planches d’essai. C’était un recueil d’histoires courtes sur un groupe de jeunes, mais cela n’avait pas abouti. Un an plus tard, j’ai récidivé avec un scénario de polar qui se déroule en Belgique et qui est devenu « Braquages & Bras Cassés ».

2- Cette BD, on peut dire que c'est une histoire de famille ?
En effet, pour ceux qui nous ont rencontré, il est difficile de cacher le lien familial qui existe entre le dessinateur et moi… Georges est mon père et ce fut un vrai plaisir de travailler ensemble sur cet album. Si j’ai choisi le pseudo de Benjamin Fischer, c’est tout d’abord pour ne pas être directement assimilé à mon père qui a déjà une belle carrière et de nombreux albums derrière lui, mais c’est aussi pour le clin d’œil à ma mère dont Fischer est le nom de jeune fille.

3- Comment t'est venue l'idée d'écrire un scénario sur un braquage à la « liégeoise »?
Liège et sa banlieue me semblait tout à fait propice comme décor à la BD. J’ai toujours vécu dans ce coin (j’ai habité à Cheratte, puis à Liège) et l’ambiance qui règne dans certains quartiers collait parfaitement avec ce que j’avais envie de raconter. Et puis cela me permettait de faire du repérage dans la région et d’ancrer le récit dans le réel, grâce aux photos de documentation. On n’a pas toujours besoin de situer son histoire à Los Angeles, Paris ou New-York pour avoir une atmosphère de polar…
4-Ça a dû être un fameux brainstorming pour rendre cette histoire cohérente avec ces 3 angles de vue différents?
En effet, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai dû réécrire certaines scènes ou certains dialogues pour que tout reste logique. On a d’ailleurs explosé la facture téléphonique suite à de longues discussions avec Georges, sur des détails du scénario. Je lui avais rendu le scénario entièrement découpé quand il a commencé le dessin. Mais très vite, j’ai commencé à retravailler certains passages. De son côté, au fur et à mesure qu’il avançait dans le dessin, Georges, en tant que premier lecteur, soulevait aussi de nombreuses questions qui amenaient parfois à de longs débats sur nos visions de l’histoire.
5- Comment le choix du noir et blanc s'est il imposé?
C’est plutôt une question pour Georges, ça… Le choix du noir et blanc s’est imposé par rapport à l’ambiance générale du scénario et parce que Georges voulait utiliser la technique du lavis qu’il avait déjà employé dans « Sur les quais », album scénarisé par Rodolphe et paru en 2008 dans la collection Rivages Noirs des éditions Casterman.
On pourrait croire que le noir et blanc permet de gagner beaucoup de temps, mais la technique utilisée ici est une véritable mise en couleurs, il serait d’ailleurs plus correct de parler de niveaux de gris, plutôt que de noir et blanc.

6- Y a-t-il des situations vécues réellement dans « Braquages & Bras Cassés »?
Pas vraiment… Cependant, je me suis inspiré d’un faits divers connu à Liège, l’affaire Delaire, pour la scène finale où un homme tombe du toit d’un immeuble, emportant dans sa chute des billets de banque qui pleuvent sur tout le quartier. Pour le reste, mis à part quelques visages empruntés à des amis (Gaz, Eddy, Christian, …), tout est pure fiction… Mais il est certain que la région de Liège regorge de « Pieds Nickelés » tels qu’il y en a dans l’album et que cela m’a fortement influencé dans l’écriture du scénario et la création des personnages.
Ah, si, je dois quand même signaler cette anecdote. Mes parents ont été pris dans un braquage à Herstal, à quelques mètres de là où Manu et Vito sont censés car-jacker Eddy. Mais cet incident est arrivé après l’écriture du scénario.
7- Pourquoi d'ailleurs ce titre?
Pour la sonorité, déjà… Puis, c’est une sorte d’ « hommage » à tous ces mecs dont on entend parler dans la rubrique « faits divers » et qui font les beaux jours des scénaristes de polars.

8- La musique a une place importante dans cette BD, une passion pour toi ?
Après la BD et le cinéma, la musique est ma troisième passion. Je collectionne les 33 tours et j’écoute de tout, d’Elvis à Cypress Hill, en passant par Brassens, mais ce que j’apprécie le plus, ce sont les vieux briscards du rock de l’époque Woodstock.
Dans « Braquages & Bras Cassés », j’ai placé pas mal de citations de chansons (Neil Young, dEUS, Sex Pistols, Creedence Clearwater, …) que le lecteur pourra aller rechercher. Au départ, j’ai choisi ces morceaux pour l’ambiance qu’ils véhiculaient. Malheureusement, contrairement au cinéma, il est difficile, en BD, de transmettre l’atmosphère d’une chanson. J’ai donc aussi cherché à ce que les paroles collent aux scènes dans lesquelles elles apparaissent. Par exemple, « Goin’ Up The Country » de Canned Heat à la fin de l’album.
9- Quel style de BD voudrais-tu réaliser dans l'avenir ?
Je suis ouvert à tout et mes tiroirs regorgent de projets qui partent dans tous les sens : polar, humour, récit historique ou d’anticipation, etc. J’adorerais retravailler avec mon père, mais ce ne sera pour tout de suite, car il travaille déjà sur plusieurs albums pour l’instant. Peut-être se retrouvera-t-on pour une suite de « Braquages & Bras Cassés », voire pour une histoire connexe où l’on retrouverait un personnage ou l’autre. On a aussi déjà cogité sur des projets très différents de « Braquages & Bras Cassés ». On verra bien…
En attendant, j’espère pouvoir aussi collaborer avec d’autres dessinateurs. Deux, trois projets sont d’ailleurs déjà en cours, mais, par superstition, je n’en dis pas plus pour l’instant…
10- Quelles sont tes BD de prédilections sinon?
Vaste question… Si je devais sortir un genre, c’est le western, mais j’ai des tendances à la collectionnite et, comme pour la musique, je suis très éclectique. Je suis un grand fan de Goscinny, surtout de la série Lucky Luke. Arriver comme lui à marier humour, rythme et références historiques, c’est le rêve de tout scénariste, je crois.
À part ça, plus jeune, j’ai lu tous les « classiques » qui étaient dans la bibliothèque de mon père comme Spirou, Michel Vaillant, Les Schtroumpfs, Tintin, Chlorophylle, Gil Jourdan, Alix, Jerry Spring, Chick Bill, etc. Plus tard, j’ai accroché à Jeremiah, Blueberry et aux bandes du Fluide Glacial, avec une prédilection pour Binet, Larcenet et Goossens.
Aujourd’hui, je recherche des BD qui me surprennent et je me tourne souvent vers les petits formats, style romans-BD. Dernièrement, j’ai par exemple découvert le travail de Brüno, avec « Inner City Blues » (où l’on retrouve une structure de scénario proche de celle de « Braquages & Bras Cassés »). J’aime aussi beaucoup l’Italien Gipi.
Bon, je vais stopper là parce qu’une fois lancé, je risque de ne plus m’arrêter…
Merci à Benjamin et à la prochaine ..BD.
Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : liege, interview, polar, contre jour, 8 10, braquages et bras casses, la boite a bulles, van linthout, fischer |
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09.02.2010
Braquages et bras cassés.

Auteurs: Van Linthout et Fischer.
Éditeur:La boite à bulles.( contre -jour).
Et bardaf ....
Eddy, flic en fin de carrière, avait minutieusement mis au point un vol d’objets d’art religieux. Le plan parfait. Malheureusement, le hasard de la vie et des rencontres va compliquer les choses…
Qué'n affair à liedje.
Braquages et bras cassés est d'abord un polar mais cette histoire a comme spécificité d'être accompagnée à la sauce liégeoise . Et je dois l'avouer , c'est tout aussi bon que les boulets sauce lapin. Cette touche de terroir assez unique donne vraiment un plus à l'atmosphère qui s'échappe de cette BD . Vous y découvrirez un récit coupé en 3 chapitres. Chaque partie raconte un angle de vue différent et au fil de la lecture sans pecket de préférence, le puzzle se complète et une moralité s'impose: ne roulez pas en BM à Seraing .Bref, je me suis assez bien amusé en lisant cette BD car j'y ai cru . Le milieu, les petites frappes, les arnaques sont tellement encrés dans notre surréalisme belge que j'arrivais à entendre leur accent à travers les bulles ( Eh Vito tu viens!); J'ai bien aimé aussi les petits détails ( musique, manies etc)qui renforcent la cohésion de l'ensemble .
Coté dessin, vous aurez droit à un noir et blanc très vivant et très typé pour les personnages . Du bien bel ouvrage en définitive .
On en parle sur le forum .

Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (6) | Tags : liege, polar, contre jour, 8 10, braquages et bras casses, la boite a bulles, van linthout, fischer |
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