20/03/2017

Les solitaires

cov.jpg4.jpgScénario et dessin : Tim Lane

Editeur : Delcourt

Collection : Outsider

296 pages – broché

Sortie : 1er mars 2017

Nouvelles graphiques

 

Présentation de l’éditeur :

Tim Lane revient avec des histoires toujours aussi sombres, qui revisitent les grands mythes contemporains de la culture populaire américaine. De la beat generation au punk rock en passant par les gangs de motards.

Après "Noir c'est noir", paru en 2009, Tim Lane poursuit son panorama de l'Amérique des sans-grade, motards rebelles et autres clochards célestes.

Un fan de punk s'enivre dans son pick-up, un gars quitte sa famille et roule jusqu'à un parc d'attractions abandonné, un jeune fugueur se retrouve dans un train de marchandises avec un vieux hobo...

Une quarantaine d’histoires qui se répondent entre elles, dans la lignée d’un Charles Burns.

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Mon avis :

Cet album, pavé de près de 300 pages bien tassées, mérite plusieurs niveaux de lecture. En le parcourant, on sent tout de suite qu’on a affaire à une compilation d’histoires courtes qui ont toutes leurs particularités narratives. Des strips « classiques » alternent avec de longs blocs de textes, des photos, des illustrations pleine page, des figurines en papier à découper, coller et monter, des pages dépliables, des paroles de chansons, des extraits de pseudo vieux fanzines, des fiches techniques, des croquis, … Au total, cela donne un objet à vocation esthétique dont la cohérence s’impose au fil de la lecture.

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Les références à Burns ou Eisner sont évidentes et l’usage des noirs et blancs parfaitement maîtrisé. Il se dégage de l’ensemble une impression de violence vaine et désespérée, parfaite image de dérives dans une médiocrité sombre et mélancolique. De cette noirceur naît une vision poétique de celui qu’on peut qualifier de grand auteur. La fascination du lecteur s’opère progressivement et une inquiétude quasi-philosophique s’installe.

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Skippy

21/12/2015

J'avais 7 ans en 75

Couv_257426.jpgPlancheA_257426.jpgScénario : Ellen Forney

Dessins : Ellen Forney

Éditeur : Delcourt

Collection : Outsider

Date de Sortie : Septembre 2015

142 pages

 

 Résumé :

Des souvenirs d'enfance aux Etats Unis dans les années 70. Entre la guerre du Viet Nam et le disco.

Psychédélique ? à peine... surtout très fumeux et très colorés. Stéréo et liberté sexuelle au top, et les enfants dans tout ça ? Ils squattent la télévision et vident les plats... tant que ce ne sont pas les verres !

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Mon avis :

Matt et Ellen sont des enfants "Penis/Vagin" comme dans "un flic à la maternelle"... ça m'a toujours fait rire, moi qui stationne à "zizi et zézette"... attention pas de sexisme... les garçons ont aussi une zézette !

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J'ai l'impression qu'on pourrait lire cet album avec l'accent québécois, qui donne un goût sucré à chaque parole, pour le FUN ! Ce livre est un pêle-mêle de différentes anecdotes d'une vie de famille que je qualifierais de "Hippie".

On ne ressent pas de jugement de la part des enfants, et surtout de l'auteure, juste un constat sur une vie de famille qui pense différemment et qui assume... si on omet de diffuser l'info aux parents conservateurs. Ces chroniques témoignent d'une vie heureuse et épanouie, et sont peu différentes d'une vie de français à la même époque ; ma sœur avait 7 ans en 75...

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On y trouve pleins de petits moments de bonheur qui se rappellent à nos bons souvenirs. Les relations avec nos frères et sœurs, les parents moralisateurs ou pas du tout.

Les musiques, les séries TV, les comics,  les pubs devenues mythiques depuis les années 2000 ; tout un univers finalement assez peu éloignés du notre. Malgré les événements de mais 68, en province, aucun remous, juste le picotement des pop rocks, et les souvenirs de la petite sœur qui agace....

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Une question me taraude, comment Ellen Forney fait elle ses blages en anglais qui fonctionnent aussi bien en français ??? 

Ils ont aussi une chanson sur les prépositions : "Adam part pour Anvers avec cent sous, entre derrière chez Decontre".... dingue... je ne me rappelle que du début : "à de pour par sans avec....." de ma leçon.

Sont-ce les mêmes prépositions in English ? ça m'épate.

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 Les dessins en noirs et blancs correspondent vraiment à l'idée que je me fais de l'accompagnement d'une autobiographie,

c'est bien illustré, et facilement compréhensible.

Ma note :

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ravive tellement de bons souvenirs

Sophie

03/03/2012

LE PAUVRE TYPE

Capitol, Joe Matt, Delcourt, Outsider, Le pauvre type, Humour, biographie, société, comicsCapitol, Joe Matt, Delcourt, Outsider, Le pauvre type, Humour, biographie, société, comicsDessin et scénario : Joe Matt 

Editions Delcourt

Collection outsider

Sortie : 24/09/2008

168 pages

Prix conseillé : 16,50 €

ISBN : 978-2-7560-1447-0

Humour, biographie, société

 

Résumé (de l’éditeur: Obsédé sexuel, dur au mal, âpre au gain, pingre et jaloux... voici Joe Matt ! Dans Le Pauvre Type, Joe a une copine, Trish, mais il fantasme sur une copine à elle et poursuit sans vergogne ses pratiques masturbatoires. Comme d'habitude, Joe fait part à ses amis Seth et Chester Brown de ses délires égocentriques lors de longues discussions au café, devenues l'une de ses marques de fabrique.

 

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Mon avis : Je vous ai déjà parlé de Joe Matt lors d’une chronique de l’album « épuisé ». J’avais trouvé cet album « gonflé » mais un peu inégal. Je continue dans la découverte de cet auteur américain qu’on peut classer dans la catégorie « auteur de comics indépendant ». Ce n’est donc pas un auteur d’écuries de type « Marvel » avec des histoires de « super héros ». Non, rien de cela…

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Joe Matt met en scène sa propre vie et quelle vie ! Sans grande retenue, il nous décrit ses penchants, ses travers, pas toujours sublimes, loin de là…C’est là que je dis qu’il est gonflé car après il faut assumer…Sa vie sentimentale est mise en vitrine avec ses manies, ses blocages psychologiques, ses préjugés…Bref, Joe Matt est « un cas » et c’est très drôle à lire. Ce «pauvre type » est nettement supérieur à « épuisé » car plus direct, plus varié. L’auteur ne tourne pas en rond comme j’en ai eu l’impression dans son autre ouvrage « épuisé ». Le scénario est donc bien bâti et c’est la force de ce livre. L’humour y est présent et décapant. Le graphisme est d’une qualité moyenne mais constante.

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Ce livre est sorti en 2008 chez Delcourt et je pense que vous aurez peut-être des difficultés de le trouver en librairie. Vous devrez probablement un peu chercher ou le commander. J’ai noté en intro le numéro d’ISBN pour une recherche plus facile.

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Bref, cet album en vaut la peine. Rires assurés…

 

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Graphisme :   6,5/10

Scénario :     8,5/10

Moyenne :     7,5/10

 

Capitol.

 


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16/01/2012

EPUISE

114404_c.jpgepuisePL.jpgDessin & Scénario: Joe Matt

Delcourt

Collection outsider

Sortie : 22/09/2010

120 pages

Prix conseillé : 16,95 €

Biographie, société

 

Résumé (de l’éditeur: Joe Matt touche le fond de son addiction aux vidéos porno. Il passe des heures à remonter des scènes de cul en ôtant tout ce qui le dégoûte : visages, poils et fesses masculines... Du coup, ses amis Seth et Chester Brown proposent qu'il se présente aux Eisner Awards en qualité de meilleur monteur vidéo ! À rester obsédé, uriner dans un bocal et collectionner des BD, il y a peu de chance qu'il trouve une copine.

 

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Mon avis : Encore un album recommandé par une connaissance, amateur d’auteurs anglo-saxons. Il s’agit en réalité d’une réédition en langue française d’un livre paru quelques années plus tôt aux éditions du Seuil. La réédition à lieu dans le cadre de la collection Outsider qui reprend le meilleur de la bande dessinée américaine indépendante. Dans la même catégorie on peut y classer des gens comme Adrian Tomine (déjà chroniqué sur SambaBD), Chester Brown, James Sturm, Seth,…

 

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Joe Matt, l’auteur, y raconte sa vie de dessinateur avec ses nombreuses turpitudes. Il n’avance pas ou peu dans son travail car il est obsédé par ses lubies qu’il raconte dans le détail sans pudeur et sans retenue. Si c’est réellement sa vie que Joe Matt raconte, il est franchement gonflé et n’a pas peur du ridicule !…Toutes ses petites manies qui lui pompent son énergie, son temps, son équilibre, sont mises sur la place publique et largement commentées par l’auteur et par ses amis dessinateurs qu’il rencontre régulièrement. Beaucoup de dialogues donc, cela parle beaucoup, même quand il est seul. A la longue, le lecteur qui n’accroche pas au sujet risque vite d’en avoir une overdose…Pour les autres, ils se délecteront de différentes séquences qui en disent plus sur Joe Matt et son environnement. Le remontage des séquences « top » de cassettes pornos, sa voisine de palier Meredith avec qui il partage la salle de bain et le WC, la stupide chatte Maude qui pisse partout, sa vie sexuelle qui est un désert, sa radinerie chronique dans le seul but d’épargner afin de vivre de ses rentes et de ne plus travailler,les discussions avec ses amis dessinateurs à propos de leur travail, sa collection de comics d’avant les années ’40,…Des scènes de la vie quotidienne d’un dessinateur qui tourne en rond et n’avance pas beaucoup sur ses travaux au grand désespoir de son éditeur. Une tranche de vie et quelle tranche de vie !…Dans le plus pur style de la BD américaine indépendante. Pas un super héros en collant mais « pauvre » type, dessinateur de son état, complètement à la masse, qui rêve un jour de devenir riche et célèbre…mais ce n’est pas gagné…

 

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Si le scénario part d’une idée originale et est assez bien traité, le dessin est correct mais est loin d’atteindre les sommets. C’est une vraie enquête sociologique qui ravira certains et horripilera d’autres…Pour moi, le curseur se situe entre les deux, certaines scènes étant plus réussies que d’autres…Enfin, pour votre gouverne, cet ouvrage a été nominé à Angoulème en 2008.

 

 

Graphisme :   6,5/10

Scénario :     7,5/10

Moyenne :     7,0/10

 

 

Capitol.

 

 

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