11/01/2018

Le pays des purs

le pays des purs, caron, maury, la boite à bulles, pakistan, documentaire, reportage, benzir bhutto, 05/2017, 8/10le pays des purs, caron, maury, la boite à bulles, pakistan, documentaire, reportage, benzir bhutto, 05/2017, 8/10Scénario : Sarah Caron ; Hubert Maury
Dessin : Hubert Maury
Éditeur : La boîte à bulles
176 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : roman graphique, reportage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le 27 décembre 2007, la ville de Rawalpindi, au Pakistan, est la proie de violentes émeutes, suite à l’assassinat de Benazir Bhutto, principale opposante au régime en place.
Dans la foule, Sarah Caron, photographe française, saisit avec son appareil les moindres détails de la scène. Mais très vite, la jeune femme est repérée et se retrouve poursuivie, craignant pour sa vie.
Un mois plus tôt, Sarah rencontrait Benazir Bhutto afin de réaliser une série de portraits commandée par le magazine Time. Une entrevue difficilement décrochée et qui, par un pur hasard, survenait le jour même de l’assignation à résidence de l’opposante. Une aubaine pour Sarah : pendant 4 jours, elle se retrouvait aux premières loges de l’actualité ! De jour, elle mitraillait les lieux, de nuit, elle transférait ses clichés.
En immersion totale et au gré des commandes, la jeune femme passe cette année-là du monde de l’élite pakistanaise à celui des talibans, avec l’aide d’un fier guerrier pachtoune. Son objectif est une arme dont elle se sert pour frapper les esprits et franchir les frontières, qu’elles soient physiques ou culturelles, et ce malgré le danger des lieux et des situations.

 

"Tout est question d'arrangements politiques... Avec Musharraf... Avec mon ancienne complice Benazir Bhutto... A propos, j'ai appris qu'elle allait organiser un dernier meeting dans quelques jours à Rawalpindi. Intéressant ... Mais dangereux ! Qu'en penseront mes amis Talibans ?"

 

Mon avis

Sarah Caron est photo-reportrice et parcourt le monde pour les plus grands magazines français et étrangers. C'est lors d'une mission au Pakistan en 2007 qu'elle rencontre le dessinateur Hubert Maury, alors en poste à l'ambassade de France. Sarah revient du Pakistan avec de quoi publier un livre de photos, Pakistan, Land of the pure et avec une expérience forte et très marquante puisqu'elle s'est retrouvée au cœur du chaos lors de l'assassinat de Bénazir Bhutto. Elle en a fait un récit intime, Le Pakistan à vif, qui a inspiré cet album "Le pays des purs" à Hubert Maury.

Hubert Maury nous plonge en immersion totale dans cet État islamiste de 193 millions d'âmes plus grand que la France et la Belgique réunis. C'est avec une narration très rythmée et qui donne parfois l'impression d'être légèrement et peut-être volontairement chaotique, à l'image de la situation du pays en 2007, qu'il nous met sur les pas de Sarah dont on suit les aventures et mésaventures comme on suivrait celles d'une héroïne de BD dans une fiction. On est pourtant bien loin d'une fiction, les 14 pages de photos légendées ouvrant le livre sont là pour nous le rappeler.

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Le sujet du photoreportage, tout comme celui de ce livre, n'est pas de faire une analyse de la situation géopolitique des lieux, mais bien de montrer les faits et d'être si possible au cœur des évènement et au plus près de ceux qui les font. Ainsi, l'on suit la photographe toujours en quête, non pas du scoop (ça c'est plutôt l'affaire des rédactions occidentales), mais des images au plus près de la vérité. Toutes ses rencontres, de Benazir Buttho au Mollah islamiste en passant par les chauffeurs de taxi, intermédiaires et facilitateurs, permettent de mieux appréhender la complexité de ce pays à la culture si différente de la nôtre.

En juxtaposant les anecdotes (la quête de sous-vêtements suite à la perte des bagages à l'aéroport ; le besoin constant d'une connexion internet pour transférer les photos ...) à des situations graves, dramatiques ou terrifiantes (poursuite par une foule enragée après l'assassinat ; rencontre avec une jeune fille mariée de force à 12 ans puis répudiée ; incursion dans un village transformée en usine d'armement et tombée aux mains des talibans ; ...), le récit est mis à hauteur d'homme et permet de prendre la mesure de tous ces faits qui paraissent parfois surréalistes. Comme l'est cette rencontre avec un guerrier Pachtoune qui cite Victor Hugo et prend pour modèle Napoléon.

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Ce sont eux les héros de ce récit et ils nous font comprendre, avec un coup de pouce de l'auteur, le sens de ce titre énigmatique pour une contrée où règnent violence et conflits depuis des décennies. Pakistan signifie Pays des purs en ourdou, la langue officielle du pays. Les purs, ce sont ces guerriers Pachtounes qui vivent avec le chaos, armes à la main protégeant village, maison, famille avec cet espoir toujours chevillé au corps et une certitude inébranlable que la paix reviendra un jour. Sarah Caron en a rencontré un, et l'on devine que c'est peut-être la rencontre qui l'aura le plus marquée.

 

Le dessin léger de Hubert Maury contraste avec la tension permanente du récit. A mi-chemin entre le semi-réalisme et la caricature, les traits sont posés avec précision et beaucoup d'expressivité. Ce style confère aussi au récit un ton volontairement épique et le sort du registre des documentaires didactiques au ton trop dramatique, et permet de prendre un peu de distance avec la réalité des faits. Comme le fait Sarah avec ses photos, Hubert montre les faits le plus simplement possible. L'alternance entre bichromie et noir et blanc profond crée un jeu subtile entre ombre et lumière mettant en évidence les nombreux contrastes de ce pays.

 

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Le Pays des purs, je vous en recommande vivement la lecture, car c'est le genre de livre qui aide à comprendre des évènements qui souvent nous échappent, noyés que nous sommes par des flots d'informations sélectionnées souvent superficielles.

C'est aussi un bel hommage rendu aux journalistes, ceux qui vont au front chercher l'info, en permanence pris en tenaille entre la tension du terrain et la pression exercée par leurs rédactions.

Loubrun

 

 

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Le site de Sarah Caron

26/06/2015

Vin gloire et bonté

vin gloire et bonté .jpgvin gloire et bonté,bunisset,liotti,glénat,reportage,bordeaux,viticole,vin,510,062015Scénariste : Isabelle Bunisset

Dessinateur : Giuseppe Liotti

Éditeur : Glénat

136 pages

date de sortie : juin 2015

genre : satire sociale, reportage

 

 Des médocs dans le Médoc

 

Annabelle de la Poisse est une jeune, riche et jolie journaliste Parisienne dont la vie n'est pas qu'un long fleuve tranquille. En instance de divorce, et en proie à deux adolescents épousant parfaitement les formes du canapé, elle est un brin névrosée, accro à la psychanalyse et tient le coup grâce aux médocs. A propos de médoc, son père qui est à la tête d'un gros hebdomadaire et se trouve être son patron, l'envoi dans le vignoble Bordelais afin de réaliser un dossier de 50 pages. Annabelle n'y connait rien, mais ça n'est pas grave car le dossier portera non pas sur le vin, mais sur le milieu viticole. La voilà partie en immersion dans un milieu assez particulier.

 

 

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Bienvenue dans le monde merveilleux de la vinocratie Bordelaise ! Isabelle Bunisset est critique littéraire au journal Sud ouest et chroniqueuse viticole au Figaro magazine. Elle a écrit quelques ouvrages sur le vin et semble avoir ses entrées dans le milieu assez fermé du vin et particulièrement du côté de Bordeaux.

 

Elle nous invite à la suivre dans son reportage immersif sur la bourgeoisie viticole Bordelaise et nous livre sur un plateau une satire sociale parfois drôle et souvent acide sur un milieu qui, d'après ce qu'on en voit dans cet ouvrage, ne gagne pas trop à être connu ! Dans toutes ces grandes familles de propriétaires viticoles, l'hypocrisie et le paraitre sont des valeurs sûres dont il vaut mieux maitriser les règles si l'ont veut avoir sa place. Chaussée de ses Louboutins, la jeune journaliste Parisienne débarque la dedans un peu comme un chien dans un jeu de quille et n'a pas l'air très en phase avec ce milieu. Quoique. Faussement candide, elle en comprend vite les règles, et prend plaisir à jouer. Les journalistes en prennent d'ailleurs aussi pour leur grade. Ils jouent le jeu de cette aristocratie vieillotte et hypocrite, et profitent du système à coup de flatteries et cirage de pompes. Finalement personne n'est dupe, tout le monde accepte ces règles du jeu absurdes et l'on en vient à plaindre ceux qui travaillent vraiment la terre et font le vin, si proches et si loin de ce monde factice et superficiel.

 

 

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J'ignore jusqu'à quel degré de caricature Isabelle Bunisset pousse sa critique, mais la satire est plutôt bien vue et sent le vécu, permettant d'y accorder un crédit certain. Y compris le personnage d'Annabelle, parisienne un peu bobo, surbookée et surlookée, dont les traits proposés par Giuseppe Liotti ne sont pas sans évoquer le physique de l'auteure.

 

J'émettrai toutefois quelques réserve à propos de la narration. Trimballé entre château , expos vinicoles et mondanités, le lecteur ne fait qu'assister aux sarcasmes des protagonistes et doit supporter les multiples réflexions pensées de la journaliste. L'effet de ces bulles de pensées omniprésentes rend la lecture pesante, et la mignonne Annabelle un brin agaçante ... Au final, je ne me suis pris de sympathie pour aucun des personnages et me suis demandé si tout ce barnum n'est pas mis en place uniquement pour servir de toile de fond à une banale histoire d'une névrosée parisienne.

On sent bien qu'Isabelle Bunisset fait là ses premiers pas en BD et qu'elle n'en maitrise pas tous les codes. A mi chemin entre le reportage satirique et la fiction documentée humoristique, ce livre à du mal à se situer, et le lecteur finit par s'ennuyer ferme. Les ficelles sont un peu grosses, comme tous ces noms qui se veulent drôles : de la Poisse, de la Taigne, château Lafoire, château Sournois ...

 

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Vin gloire et bonté ne vous apprendra rien sur le vin, et pas grand chose d'intéressant sur un milieu ou l'argent occupe un peu trop les esprits. A moins d'être de la caste de la vinocratie Bordelaise, ou de la bobocratie Parisienne, et d'avoir un minimum le sens de l'autodérision, je ne vois pas trop à qui cette BD peut s'adresser.

 

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Loubrun

 

 

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09/02/2015

I comb Jesus et autres reportages africains

i comb jesus,stassen,futuropolis,afrique,rwanda,congo,afrique deu sud,maroc,migrations,immigration,guerre,génocide,témoignage,reportage,810,012015i comb jesus,stassen,futuropolis,afrique,rwanda,congo,afrique deu sud,maroc,migrations,immigration,guerre,génocide,témoignage,reportage,810,012015Scénario et dessin : Jean-Philippe Stassen

Éditeur : Futuropolis

158 pages

date de sortie : janvier 2015

genre : reportage, témoignage

 

 

 

 

" On sait que ça s'est passé, mais on ne peut pas l'imaginer "

 

Stassen nous raconte l’Afrique. Pas celle des touristes en short ni celle des safaris photos, mais celle des africains et plus particulièrement des africains qui furent confrontés aux guerres et aux migrations qui y en découlent. Intimement lié au Rwanda, il avait déjà raconté en 3 albums (Deogratias, Pawa, et les Enfants) le génocide qui eut lieu en 1994.

 

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De juillet 2007 à septembre 2013, il a réalisé 5 reportages publiés dans les revues XXI et La revue dessinée. Entre le Rwanda, le Congo, la Belgique, L'Espagne, la France, le Maroc et l'Afrique du Sud, ses voyages l'ont mené à la rencontre de populations qui ont vécu au mieux la misère, au pire le génocide. Sans tabous, sans donner de leçons mais sans non plus cacher ses convictions, Stassen nous restitue ses dialogues d'avec des migrants candidats à l'exil en Europe, des anciens enfants-soldats du génocide Rwandais, des rescapés du génocide, un artiste sud-africain. C'est dense, difficile, parfois insoutenable. Mais c'est riche d'enseignements tant l'histoire de ces régions est complexe et habitée par la violence et l'espérance, et à mille lieues de nos vies bien rangées d'Européens nantis.

 

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Le style narratif du dialogue raconté entre l'auteur et les personnages, nous plonge de suite dans l'ambiance. Le politiquement correct et la langue de bois n'ont pas leur place dans ces récits et le lecteur n'en sortira pas indemne.

Le fait d'être face à des témoignages d'anciens enfants-soldats ou de survivants nous ouvre les portes de l'enfer. On découvre avec terreur ce qu'ont pu vivre et commettre des enfants enrôlés dans les milices ou même dans les armées "régulières". Le plus effroyable c'est de voir que certains témoignages sont racontés de manière hyper simple, sans haine, comme s'il s'agissait juste d'une expérience. Ils ont vécu des choses absolument inimaginables, et ensuite ils passent à autre chose, presque comme si de rien n'était.Les gens ont cette faculté à se détacher des évènements passés ce qui leur donne la force nécessaire à se reconstruire malgré les rancœurs encore tenaces et le racisme entre les ethnies quasi omniprésent.

 

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Nous pauvres européens aux existences confortables, qui crions à la catastrophe dès qu'un train est immobilisé en rase campagne, ne supporterions pas le centième de ce que tous ces gens ont vécus et devrions relativiser tous nos petits malheurs. Quelles que soient les horreurs qu'ils ont vécues ou commises, ces témoins restent dignes et se racontent sans pudeur en nous faisant part de tous leurs sentiments. La guerre les a détruits, mais ils sont encore capable de vous parler d'amour, de tendresse et des petites choses de la vie.

 

I comb Jesus demande de l'investissement de la part du lecteur et ne laisse pas indemne. Le politiquement correct n'a pas sa place ici et les témoignages sont loin du voyeurisme aseptisé ou des sensibleries de mise dans les JT. Malgré la complexité de certains récits – notamment les rivalités entre Congo et Rwanda – rendant la lecture encore plus ardue, le lecteur appréciera la grande acuité dont fait preuve l'auteur dans cet album.

 

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Avec son style graphique qui lui est propre – un trait épais, lourd et sombre – Jean-Philippe Stassen nous fait part avec force et émotion de ses expériences africaines et de la vraie vie des africains.

 

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Loubrun

 

 

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25/11/2014

LA LUNE EST BLANCHE.

Le lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014.La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014Dessin, couleurs & scénario : Emmanuel Lepage

Lettre à Marité & photographies : François Lepage

Editions Futuropolis

Sortie : 16/10/2014

256 pages –cartonné

Prix conseillé : 29,00 €

ISBN : 9782754810289

Aventure, Antarctique, reportage, voyage.

 

Résumé (de l’éditeur) : « L’Antarctique. Le sixième continent. 14 millions de kilomètres carrés. Un dôme de glace enchâssé dans un socle rocheux. Le continent le plus sec, le plus froid, le plus difficile d’accès. Le continent des superlatifs. Le monde des extrêmes. »En 2011, Yves Frenot, directeur de l’Institut polaire français, invite Emmanuel Lepage et son frère François, photographe, à intégrer une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d’Urville, en Terre-Adélie. Le but ? Réaliser un livre qui témoignerait du travail des savants. Yves Frenot leur propose, en outre, de participer, comme chauffeurs, au raid de ravitaillement de la station Concordia, située au cœur du continent de glace à 1 200 km de Dumont d’Urville. Le Raid, comme on l’appelle, c’est LA grande aventure polaire ! Pour les deux frères, ce serait l’aventure de leur vie, mais rien ne se passera comme prévu !

 

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« Nous ne sommes pas seulement témoins mais devenons partie prenante d’une mission polaire. »

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014Mon avis : Emmanuel Lepage est connu de tous les amateurs « éclairés » de la bande dessinée. Il s’est spécialisé depuis quelques années sur la BD reportage. Un style de bande dessinée qui demande de la précision dans le dessin et de la rigueur, mais aussi de l’investissement personnel en allant vivre l’aventure directement sur le terrain. Il aime raconter ses voyages, ses aventures mais ses terrains de jeu ne sont pas communs. Ces deux derniers albums en date sont « Voyage aux îles de la Désolation » paru en 2011 chez Futuropolis et «Un printemps à Tchernobyl » paru chez le même éditeur en 2012. Ces albums ont remportés de nombreux prix. Ils sont exceptionnels. Si vous ne les avez pas lus et que vous aimez la BD reportage, il est temps de combler vos grosses lacunes…A noter également qu’un coffret intitulé « Australes » réunit « Voyage aux îles de la Désolation » et « La Lune est blanche », deux récits du monde au bout du monde. Le coffret est vendu à 59€, prix officiel. Mais celui qui aime, ne compte pas,  surtout en période de fin d’année et des cadeaux !

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

Avec ce nouvel album, Emmanuel Lepage, en collaboration avec son frère François, photographe, s’embarque pour un raid en Antarctique. Le volumineux album dont il est question ici est le récit de leur aventure, depuis les préparatifs jusqu’au raid en lui-même dans les grandes étendues polaires. L’histoire de la conquête de l’Antarctique est également contée par le détail. Les frères Lepage nous raconte un long voyage, très loin de nos contrées, mais il s’agit aussi d’une sorte de voyage immobile, un cheminement mental où les deux hommes ont eu le temps de réfléchir, de penser, d’échanger leurs impressions tout en retenue. Dans un milieu hostile avec le froid polaire, ils vont devoir se fondre dans une équipe, respecter des règles de vie et de sécurité, éviter les dangers de l’isolement, la mort dans le silence des glaces. Je vais citer ici ce que François Lepage écrit à sa femme : « Nous glissons sans bruit sur le miroir d’une autre réalité, accrochés au bastingage comme à un rêve, sidérés, immobiles dans la beauté des choses. Les icebergs sont comme les dômes d’une ville engloutie. On vient de nous tendre la clé d’un monde inaccessible et lointain. D’une nature gigantesque et confidentielle. »

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

L’album de 256 pages est une vraie brique qu’on ne lit pas en 10 minutes. Cet album vaut son prix car il est volumineux et très bien réalisé. Il mêle le dessin agréablement réalisé d’Emmanuel Lepage et les photos de François Lepage. Le dessin bénéficie de la place prépondérante mais j’ai apprécié ce mélange intelligent entre le dessin et la photo. L’un ne phagocyte pas l’autre. Par moment, il se mélange de façon harmonieuse. Parfois, la frontière est ténue, tellement le réalisme est surprenant, tellement les couleurs, quand il y en a, sont proches voire identiques. A un moment donné, je me suis dit : photo ou dessin ? Le travail des couleurs est essentiel. la majorité est en monochrome, tendance sépia. Emmanuel Lepage distille les couleurs de page en page, parcimonieusement comme si celles-ci étaient essentielles dans un univers principalement dominé par le blanc.

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

Le scénario raconte par le détail toutes les péripéties de ce voyage. On y découvre les préparatifs, le report du départ, l’attente, le confinement sur le bateau, le blocage dans les glaces à 100 kilomètres de la base, les programmes qui doivent être revus suite aux retards subis, la remise en cause du raid en lui-même, le voyage initiatique vers Concordia,…Pas mal de séquences où il ne se passe rien mais où le mental fonctionne à plein. Des séquences historiques permettent très judicieusement de rythmer le récit. De la haute voltige et une leçon de scénario.

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

A noter  qu’un concours, sans obligation d’achat, est organisé par l’éditeur Futuropolis dans le cadre de la sortie du livre. Ce concours se termine le 31 décembre 2014. Vous pouvez gagner un séjour de 17 jours en Patagonie (lien vers le concours : ICI).

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

Avec cet album, les frères Lepage (et surtout Emmanuel) ont encore visé juste. Il s’agit vraiment d’un témoignage de première main sur une expérience hors norme que peu de gens ont la joie de vivre. C’est également le résultat d’une complicité de tous les instants entre deux frères. Si vous aimez la bande dessinée tirée de la réalité, vous ne pouvez pas passer à côté de cet album incontournable qui va encore truster des prix à la pelle et sera dans le classement des meilleures Bds de 2014 !

 

La lune est blanche, Lepage, Futuropolis, 10/2014

 

 

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a09-3e78912.gifDessin

a09-3e78912.gifMoyenne

 

 

Lien vers le site de Futuropolis : ICI.

Lien vers notre chronique de  « Voyage aux îles de la Désolation » : ICI.

Lien vers notre chronique de  «Un printemps à Tchernobyl »: ICI.

 

 

Capitol

 

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26/06/2014

Les larmes du seigneur afghan

Larmes du seigneur afghan (Les)1.jpgLarmes du seigneur afghan (Les)1s.jpgAuteur : Campi-Zabus-Bourgaux.

Editeur :Aire Libre

Sortie :05/2014

 

Mars 2010, 

la grand reporter Pascale Bourgaux part réaliser un documentaire sur un seigneur de guerre, dans un village du nord de l'Afghanistan où elle se rend régulièrement depuis dix ans. Compagnon d'armes de Massoud à l'orée de ce siècle, farouche adversaire des talibans et chef respecté, Mamour Hasan n'a pourtant pas connu de fonction gouvernementale à la hauteur de son engagement.

 

Contre toute attente, elle découvre que nombre de jeunes, notamment le fils du chef de la tribu, sont sur le point de basculer dans le camp taliban. Alors que le pays se débat dans une situation des plus confuses, entre guerre, luttes d'influence et corruption galopante, comment, dans ce bastion de la résistance anti-talibane, en est-on arrivé là ?

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Envoyée spéciale

Loin des clichés et des discours politiques, cette bande dessinée nous fait découvrir la situation complexe d'un petit village afghan. Mais aussi le quotidien d'une grand reporter en pleine action, la façon dont le documentaire se construit de jour en jour, dans un pays où être une journaliste occidentale n'est pas sans danger.

campi,zabus,bourgaux,les larmes du seigneur afghan,aire libre, dupuis,7/10,05/2014,reportage,Pascale Bourgaux devrait vous dire quelque chose si vous suiviez les journaux télévisés de la RTBF lors de la guerre en Irak ou en Afghanistan. C’est en effet elle qu’on envoie pour couvrir les conflits les plus chauds. Une vraie envoyée spéciale et pas ceux d’opérette qu’on envoie pour faire du sensationnalisme. On ne peut qu’être admiratif devant un tel courage pour nous informer en toute objectivité. En plus, allez en Afghanistan en tant que femme, il faut en avoir !

Alors quelle bonne idée de choisir cette journaliste comme personnage centrale de cette BD  pour mieux nous faire comprendre la complexité de ce pays.

L’amateurisme de l’ONU, la corruption généralisée, le délabrement, la misère, les bavures sont au programme de ce one-shot . Et on n’est pas sorti de l’auberge mes amis !

C’est d’ailleurs ce qui a failli arriver à la journaliste qui, l’air de rien, a pris beaucoup decampi,zabus,bourgaux,les larmes du seigneur afghan,aire libre, dupuis,7/10,05/2014,reportage, risque pour ce périple.

Le dessin est plaisant à suivre, c’est surtout une belle invitation au voyage (par procuration bien entendu), l’immersion est convaincante. Un petit reproche néanmoins, la mise en page est un peu trop classique ou trop sage (souvent 8 cases identiques par page).On y aurait certainement gagné en dynamisme dans l’histoire.

 

Une BD qui aborde un sujet qui ne passionne pas les foules (on peut même parler d’indifférence)  mais qui en devient intéressante car bien expliquée et sans parti-pris.

 

Une BD bien dans l’air du temps où le 9e art se tourne de plus en plus vers des sujets de société ou de documentaire.

 

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a07-3e78901.gif Global 

Samba

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06/06/2014

Magnum photos - Omaha beach, 6 juin 1944

omaha beach 6 juin 1944,magnum photos,capa,morvan,bertail,dupuis,aire libre,histoire,débarquement,guerre,reportage,photo,témoignageomaha beach 6 juin 1944,magnum photos,capa,morvan,bertail,dupuis,aire libre,histoire,débarquement,guerre,reportage,photo,témoignageScénario : Jean-david Morvan

Dessin : Dominique Bertail

Editeur : Dupuis / Magnum

Collection : Magnum Photos-Aire libre

 

date de sortie : 30 mai 2014

54 pages + 40 pages de suppléments (photos et biographie de Robert Capa)

genre : Historique, reportage

 

Le 6 juin 1944, Robert Capa, photo-reporter pour le magazine Life, est le seul photographe présent lors du débarquement à fouler le sable d'Omaha Beach. Participant aux opérations (il a lui même choisi de faire partie de la première vague d'assaut) il témoigne des faits au cœur de l'action.

C'est à lui que l'on doit cette photo un peu floue représentant un soldat allongé dans l'eau. Cette image mondialement connue nommée "the face in the surf" est devenue l'icône du débarquement. Ce soldat reflète à lui seul toute la détresse qu'ont dû ressentir les milliers d'hommes qui se sont lancés à l'assaut de la forteresse Europe sous un déluge de feu. Le ciel et la mer se confondent, tout n'est que chaos autour de lui, il est seul face à la mort.

Si cette photo raconte l'effroyable horreur de cette journée historique, elle ne nous dit rien du photographe plongé au cœur de l'enfer, de son histoire au moment précis où il a appuyé sur le déclencheur de son appareil. Et ce soldat allongé dans l'eau avec tout son barda, qu'est-il devenu ? Qui est-il ? S'en est-il sorti ? Que s'est-il dit quand il a vu ce type en face de lui, tournant le dos à la mitraille en train de le prendre en photo !

 omaha beach 6 juin 1944,magnum photos,capa,morvan,bertail,dupuis,aire libre,histoire,débarquement,guerre,reportage,photo,témoignage

 

Jean-David Morvan et Dominique Bertail répondent à toutes ces questions dans cette histoire saisissante. S'appuyant sur l'autobiographie de Robert Capa, Slighty out of focus, ils nous racontent à travers la genèse de la photo la plus emblématique de cette journée, le débarquement et les évènements qui le précèdent et le suivent.

On suit donc tout le cheminement du photographe, de sa photo et du sujet de la photo. Mais on suit aussi le cheminement de la centaine de photos prises par Capa pendant les combats jusqu'à leur développement dans les studios de Life. Ainsi, on y apprend comment, suite à un incident de séchage lors du développement, il ne restera que 11 photos exploitables, bien qu'un peu floues. On les appellera les "Magnificent Eleven", les 11 magnifiques. Sur ces 11 clichés, un négatif sera perdu immédiatement, laissant 10 images témoignant pour la postérité de cette première vague sanglante.

 

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Cette histoire intense, réalisée en noir gris blanc dans un format à l'italienne rappelant le format des photos de Capa, rend un vibrant hommage au photo-reporter qui au péril de sa vie a témoigné des faits, immortalisant le courage de ces milliers de GI morts au nom de la liberté. Le dessin très évocateur de Dominique Bertail rend également un bel hommage aux immenses dessinateurs Américains des années 40 et 50 que furent Milton Caniff, Jack Davis ou Alex Toth, pour ne citer que les plus connus.

Coédité par Dupuis et l'agence Magnum - dont Robert Capa fut un des fondateurs – cet album inaugure la collection Magnum Photos-Aire Libre qui sera dédiée aux photos iconiques et aux grands reportages de la célèbre agence.

A l'occasion du 70ème anniversaire du débarquement, cet album offre un témoignage poignant et original où dessins et photos se côtoient de manière émouvante, nous livrant un autre regard sur cet évènement historique en particulier et sur le photojournalisme en général.

 

Ma note : 8,5/10

Loubrun

 

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10/07/2013

Clichés de Bosnie

clichés de Bosnie,Ducoudray,Ravard,futuropolis,témoignage,reportage,documentaire,humanitaireclichés de Bosnie,Ducoudray,Ravard,futuropolis,témoignage,reportage,documentaire,humanitaireScénario : Aurélien Ducoudray

Dessin : François Ravard

Editeur : Futuropolis

date de sortie : juin 2013

232 pages

genre : documentaire

 

 

 Des clichés contre les clichés

 

CLICHÉ : n.m. 1- image négative d'une photographie - Par Ext. Photo. 2- fig. et péj. Idée ou expression toute faite trop souvent utilisée => poncif, banalité, stéréotype

 

En 2004, Aurélien Ducoudray est photographe de presse dans un petit quotidien de province. Lorsqu’il apprend dans son propre journal qu’un convoi humanitaire va se rendre prochainement en Bosnie, il veut en faire partie pour rompre la monotonie de son quotidien et pour avoir une autre vision de la situation en ex-Yougoslavie que celle donnée par les médias. Malgré le désintérêt que porte son patron à cette affaire, il obtient l’autorisation de partir à condition qu'il prenne des congés.

Il rejoint donc l’association qui s’apprête à envoyer un seul et unique camion en Bosnie. On est loin des grandes missions humanitaires diligentées par les ONG. Ici, nous avons à faire à Arlette, ancienne prof de collège qui a mené pendant 6 ans de suite un projet pédagogique avec ses élèves pour venir en aide aux Bosniaques. Elle poursuit son oeuvre entourée de bénévoles ayant chacun une spécialité utile pour la mission.

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L’amateurisme de cette joyeuse bande donne le ton de la mission et de l’ouvrage : enjouée et cocasse. La naïveté de Ducoudray qui finalement, comme l’immense majorité des riches Européens, ne connaît rien du conflit qui a fait rage en ex Yougoslavie, est touchante. Mais attention, l’affaire est sérieuse. Arlette est de ces femmes de caractère à qui rien n’est impossible et qui ne renonce jamais. C’est avec fermeté qu’elle mène sa barque dans le seul et unique but d’apporter tendresse et réconfort autant affectif que matériel.

Le rythme enlevé et le ton léger nous font littéralement avaler les 210 pages de ce livre. Aurélien Ducoudray et François Ravard nous font passer en un clin d’œil du rire aux larmes, de la blague de potache au drame humain. Ce témoignage est une tranche de vie(s) sans fioritures et sans tricheries nous présentant avec humilité les conséquences dramatiques d’un conflit difficile à comprendre qui pourtant s’est déroulé à nos portes. Mais ce qui compte le plus pour Arlette, n’est pas tant de comprendre que d’aider.

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Si l’essentiel de l’ouvrage se concentre sur le séjour humanitaire en Bosnie, l’auteur nous glisse quelques résumés historiques sur le conflit permettant de mieux comprendre ce qu’ont enduré les populations.

Le dessin en noir et blanc, sans cases délimitées relève de prime abord davantage du crayonné et du carnet de voyage. Qu’on ne s’y trompe pas ! Le trait est expressif et très vivant. L’absence de contour aux cases donne une vivacité et une énergie au récit qui colle parfaitement au dynamisme de l’équipe humanitaire. Comme pour marquer la rigueur et la dureté de l'Histoire, seuls les faits historiques sont encadrés.

Ce témoignage est beau et sincère. Il montre qu’avec trois fois rien et une bonne dose de volonté et d’abnégation, il est possible de réaliser de grandes œuvres. Mais il montre également que la paix peut aussi tuer à petit feu ...

 

Ma note : 8.5/10

Loubrun

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le blog de François Ravard : http://francoisravard.canalblog.com/

le blog de Aurélien Ducoudray : http://boulamatari.blogspot.fr/

24/05/2013

QUI A COULE LE LUSITANIA?

Je vous invite à regarder ce reportage sur le célèbre paquebot Lusitania en echo à la BD chroniquée ce matin .
 

Écrit par Samba dans Vidéo | Commentaires (1) | Tags : sos lusitania, lusitania, reportage |  Facebook | |

19/04/2007

Le pouvoir des Innocents "Joshua".

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Le résumé.

"New York, fin du XXème siècle.
En pleine campagne électorale, une flambée de violence embrase la ville, depuis le fond du Bronx jusqu´aux cimes de Manhattan. Sous ses fenêtres Joshua Logan, ex-sergent des sections spéciales, voit naître un nouveau Viêt-nam...
À qui profitent les crimes de ces gangs sanguinaires ? Comment de simples citoyens peuvent-ils se muer en vigiles meurtriers ? Qui manipule qui ?
A l´heure où la sécurité devient la clé du pouvoir, New York tout entier peut basculer. Pour Logan comme pour des millions d´Américains, la plongée de l´angoisse commence..."

Mon Avis.

Comme j’ai raté le train Brunschwig, j’essaye de le rattraper en achetant ces albums en occasion. Et dans mes recherches, je suis tombé sur le premier tome du Pouvoir des Innocents. Et pendant la lecture, on reconnaît vite la touche du scénariste. Un héros atypique dans une histoire haletante rempli de situations parfois imprévisibles. On nous plonge dans un New York très violent au bord du gouffre au milieu d’une élection pour la mairie. Un petit tour dans le passé au Vietnam vous fera comprendre les séquelles psychologies de Joshua, le « héros » de cet BD. Un très bon thriller dramatique donc.

Par contre, je suis moins enthousiaste pour le dessin de Hirn. Un peu trop « classique » à mon goût  mais pas mauvais non plus. Mais le hic pour moi, c’est la couleur. Un ton vraiment terne qui vieillit l’ensemble, assez regrettable.

La suite une fois que je trouverais le tome 2 en occasion. Une semaine ? Un mois ? Une année ? Plus ? Un pronostic pour un point bonus pour le JDLP.

surprises.smileysmiley.com.7

 

Le lien, la bio de Laurent Hirn.

Le lien vidéo, un reportage en 3 parties sur la guerre Vietnam par Daniel Costelle. Un très intéressant reportage comme le fait toujours ce grand journaliste.

 

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09/02/2007

Angoulême comme si vous étiez.

Écrit par Samba dans Vidéo | Commentaires (0) | Tags : angouleme, video, bd, reportage |  Facebook | |