15/01/2018

Bleu amer.

bleu amer t.jpgbleu amer planche.jpgDessin : Sophie Ladame
Scénario : Sylvère Denné.
Éditeur : La boite à bulles.
Sortie : janvier 2017.
130 pages.
Genre : roman graphique.

 


Le résumé.

Printemps 44, îles Chausey, Suzanne profite des grandes marées pour pêcher à pied. Ses marches contemplatives constituent ses instants d'évasion dans une existence morne, marquée par des rapports distants avec son mari Pierre.
Lui, de son côté, s’oublie à bord de son bateau et dans le café de l’île avec l’alcool pour échappatoire.
Un jour de pêche, il trouve un soldat américain gisant sur la grève, et décide, contre l’avis de certains îliens, de le cacher aux
allemands.

Mon avis.

Je pense que le pari graphique de ce bleu amer en fera fuir plus d’un. Il restera donc les curieux et les téméraires pour séjourner quelques jours sur l’île de Chausey. Le trait de cet album fait la part belle aux grands croquis crayonnés accompagnés d’une trichromie de bleu, de beige et de blanc. Pour une fois, la couverture ne ment nullement sur son contenu et sur son style, c’est exactement ça. C’est assurément osé et audacieux pour une première œuvre. Je dois bien avouer que je m’en suite vite lassé sauf quand les corps s’entremêlent avec une sensualité bien présente (perso, un filon sans Pénélope à creuser pour les prochaines réalisations). Le scénario est lui assez simple et joue sur l’amertume, la lassitude et sur la méfiance dans ce lieu isolé de tout. Par contre, ce sera l’occasion de taquiner le homard ou les écrevisses avec une petite absolution de meneumeneu. Ne cherchez pas de l’action en corrélation avec l’époque (1944), c’est assez anecdotique. Au final, une sorte de voyage philosophique assez éthérique mais heureusement peu bavard.
Bon maintenant, allons voir un peu où se situe cet archipel de Chausey !

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Samba.
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12/12/2017

Les étoiles du temps

les étoiles du temps, hussenot, gallimard, philosophie, réflexion, roman graphique, documentaire, 09/2017,8/10les étoiles du temps, hussenot, gallimard, philosophie, réflexion, roman graphique, documentaire, 09/2017,8/10Scénario : Victor Hussenot
Dessin : Victor Hussenot
Éditeur : Gallimard
90 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : documentaire, philosophie

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le temps est mathématique mais aussi aléatoire, subjectif... insaisissable. Pour preuve, plus on vieillit et plus il semble s'accélérer. De raisonnements logiques en déambulations imaginaires, le personnage principal de cette enquête singulière s'interroge sur notre perception du temps et ses représentations. Une quête qui le mène de l'enfance aux divers âges de la vie. Mêlant intime et universel, Victor Hussenot poursuit ici avec brio sa réflexion graphique et poétique sur l'existence humaine.

 

"Je m'apercevais aussi que chacun d'entre nous possède une idée précise du temps... "une" définition personnelle, qu'on invente ! et à laquelle on se réfère comme s'il s'agissait d'une vérité."

 

Mon avis

Plus je vieillis, plus j'ai le sentiment que le temps passe vite ! Je constatais l'autre jour qu'on était déjà début décembre et que je n'avais pas vu passer cette année. Vous n'avez pas cette impression vous, que le temps vous échappe ? En tout cas, Victor Hussenot a lui aussi cette impression du temps qui file. C'est ce qu'il nous explique en se posant en narrateur dans cet album très singulier, tant dans la forme que dans le fond.

 

les étoiles du temps, hussenot, gallimard, philosophie, réflexion, roman graphique, documentaire, 09/2017,8/10

 

Avec un dessin tout en aquarelles, il nous invite à un voyage temporel et une réflexion philosophique et métaphysique sur le temps qui passe. Partant du constat que le temps est insaisissable, L'auteur/narrateur s'interroge sur ce temps qui nous file entre les doigts et sur la perception que chacun en a. Il nous propose alors ses réponses et ses raisonnements que l'on suit avec amusement, étonnement et émerveillement. Même si ses propositions sont parfois un peu complexes à suivre, le dessin est là en support et complément narratif pour offrir au lecteur perdu une branche à laquelle se raccrocher. C'est là aussi la force de cet album qui déroutera sans doute les amateurs de dessin classique (je les invite quand même à sortir des sentiers battus) et qui ravira les adeptes de trouvailles et d'audace graphique. De ce point de vue, on ne peut être qu'admiratif du travail de Victor Hussenot qui joue avec les cases et les pages, démolit les cadres, se joue des codes narratifs et nous fait littéralement voyager au gré de son temps qui passe sur l'océan des souvenirs, le continent révolu, la plaine des commémorations, la chaine des derniers instants, les terres prémonitoires, comme en témoignent sa carte du temps "personnel", construite comme un mind mapping poussé à l'extrême.

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C'est donc avec douceur et volupté qu'on se laisse emporter dans ce va-et-vient entre logique, poésie et onirisme jusqu'à en perdre totalement la notion du temps. Pour preuve, j'ai entamé cette lecture tard le soir et suis arrivé très en retard le lendemain au boulot ...

Voilà donc un magnifique petit précis de philosophie à savourer tranquillement, à l'usage – entre autre - de ceux qui courent toujours partout et n'ont jamais le temps de rien.

 

Loubrun

  

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05/12/2017

Ces jours qui disparaissent

ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10ces jour qui disparaissent, timothé le boucher, glénat, fantastique, roman graphique, 09/2017, 9/10Scénario : Timothé Le Boucher
Dessin : Timothé Le Boucher
Éditeur : Glénat
192 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : roman graphique, fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

"Sérieux ? tu serais assez vicieux pour trafiquer la date partout juste pour gagner ton pari ?"

 

Mon avis

Entre récit fantastique et chronique sociale psychanalytique, ce roman graphique de 192 pages se pose comme un ovni dans les rayonnages des librairies.

Lubin, jeune artiste de cirque s'aperçoit un beau jour qu'il ne vit qu'un jour sur deux. Pourtant, ses amis le voient les jours où il n'est pas là. Ils le voient mais ça n'est pas lui, même si c'est le même corps et s'il habite au même endroit. Cet autre Lubin ne reconnait pas ses amis, n'est pas artiste de cirque et se demande même au début ce qu'il fait là.

S'instaure alors un dialogue entre les deux Lubin via une webcam. Les deux se découvrent, apprennent à se connaitre, à cohabiter. Ils s'organisent. Tout va bien jusqu'au jour où l'autre Lubin prend de plus en plus de place et de jours au vrai Lubin. Mais finalement, qui est le vrai Lubin ?

La frontière entre le fantastique et la schizophrénie s'étiole au fil des pages et de l'histoire. Timothé Le Boucher lance une foule de questions existentielles en décrivant par le détail le quotidien de ses personnages, les ancrant avec force dans la vie réelle. On voit naitre alors le conflit entre les deux Lubin qui ont des personnalités radicalement différentes et opposées. Les contraires souvent s'attirent et parfois s'opposent et se repoussent.

Le malaise est grandissant au fil des pages, pour les personnages et pour le lecteur qui finissent par se demander qui est le vrai Lubin.

L'auteur n'apporte pas vraiment de réponse, c'est là tout l'intérêt et l'essence même de ce livre. Les questionnements sur l'identité, la place dans la société, l'aliénation du travail et l'ambition, le regard des autres et l'utilité que la société veut bien accorder à l'un ou à l'autre, la culpabilité, occupent de plus en plus d'espace dans le récit et dans la tête du lecteur.

Sommes-nous bien à notre place dans la société, et sommes-nous vraiment ce que nous voulons être ? La société n'exerce-t-elle pas trop de pression sur chacun d'entre nous pour nous mettre dans des cases des quelles ont n'aurait pas trop intérêt à sortir ? Avons-nous tous la même utilité dans la société ? A chacun de trouver sa réponse...

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Les 200 pages s'avalent d'un coup. Timothé le Boucher a trouvé le truc pour simplifier la narration : on ne voit jamais l'autre Lubin, si ce n'est dans les échanges vidéos. Si ce parti pris permet de simplifier la lecture, il permet aussi de semer le doute auprès du lecteur sur la dualité et la vraie personnalité du personnage. C'est très fort, et jusqu'à la dernière case le doute subsiste. L'autre point fort est l'art de l'ellipse poussé à son paroxysme. J'ai rarement vu dans une BD les blancs entre les cases avoir autant d'importance et prendre autant de place dans le récit. L'ellipse est un élément majeur de la narration en BD, et elle est ici maitrisée à la perfection.

C'est d'un trait léger, fin et aéré que Timothée Le Boucher met son histoire en images. Sans fioritures il décrit un univers précis donnant à son récit une dimension très réaliste. Avec ce style, il installe une autre dualité dans la lecture : un dessin léger et épuré pour une histoire complexe et grave.

Avec Ces jours qui disparaissent , Timothé Le Boucher nous offre l'un des plus intrigants albums de cette année, mais aussi l'un des plus réussit.

 

 Loubrun

 

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24/11/2017

Maria et Salazar

maria et salazar, robin wlater, des ronds dans l'o, roman graphique, immigration, portugal, portugais, dictature, salazar, années 60, 10/2017,8/10maria et salazar, robin wlater, des ronds dans l'o, roman graphique, immigration, portugal, portugais, dictature, salazar, années 60, 10/2017,8/10Scénario : Robin Walter
Dessin : Robin Walter
Éditeur : Des ronds dans l'O
130 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : Histoire, roman graphique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Alors que les parents de Robin Walter revendent leur maison familiale de Champigny-sur-Marne, vient le moment pour tous de dire au revoir à Maria, leur femme de ménage et bien plus depuis plus de trente ans. Que va-t-elle faire, elle qui est venue du Portugal avec son mari comme des milliers de ses compatriotes, quelques décennies auparavant, fuyant ainsi la dictature de Salazar ?
Au travers de leurs souvenirs, le récit dépeint ce que fut la plus longue dictature de l'histoire moderne de l'Europe occidentale et l'immigration portugaise de masse qui en a découlé.

 

"On pouvait laisser sa voiture ouverte, laisser ses vélos, on ne risquait pas de se faire voler. Aujourd'hui, ça ne ferait pas de mal qu'il revienne... pour ça c'était bien.

Par contre, on n'avait aucune liberté"

 

Mon avis

Sur 130 pages de beaux lavis tout en nuances de gris, Robin Walter nous offre un beau et touchant roman graphique dans lequel il nous raconte, à travers son histoire familiale, l'immigration portugaise en France, liée directement à l'Histoire du Portugal et la dictature sous le régime de l'Estado Novo de Salazar, qui dura de 1933 à 1974.

En mettant en lumière son histoire familiale, Robin Walter rend hommage à ces centaines de milliers de Portugais qui sont arrivés en France dans les années 60 en quête d'une vie meilleure. En effet, le régime autoritaire de Salazar a plongé la plupart des portugais dans une misère économique poussant nombre d'entre eux à fuir leur pays. La dictature de Salazar, moins connue que celles des fascistes et des nazis, a traversé les décennies en se faisant discrète et s'est faite oublier durant la seconde guerre mondiale en se mettant sous le drapeau de la neutralité. Cette politique lui a fait rater le train de la modernité et a placé le pays à la traine de ses voisins européens.

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La vie de Maria et de son époux ressemble sans doute beaucoup à celle de ses compatriotes immigrés : des débuts très difficiles dans un pays ou l'on ne connait rien et où l'étranger est regardé de travers, et une volonté farouche de s'intégrer au plus vite dans la discrétion. Le meilleur moyen, c'est le travail, qui ne manque pas à l'époque : Les femmes font des ménages, les hommes sont dans le BTP et personne ne rechigne à la tâche.

Cette histoire familiale somme toute assez banale, Robin Walter la rend passionnante, émouvante et très instructive. D'abord parce que l'on se projette facilement dans le récit de cette famille unie aux souvenirs heureux autour de Maria, et ensuite parce que la trame historique de la vie de Maria est racontée de manière très factuelle, avec simplicité et beaucoup d'humanité. En complément des témoignages de Maria, Robin Walter s'est fait rat de bibliothèque pour se documenter sur cette période historique que l'on ne connait pas en France. Il arrive alors à mêler naturellement la petite et la grande histoire, et à montrer que la seconde n'est rien sans la première.

Robin Walter nous offre là un beau récit biographique, autobiographique et historique qui permet d'avoir un autre regard sur l'histoire du Portugal, l'histoire de France et l'histoire de l'immigration. A découvrir.

Loubrun

 

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21/11/2017

La grande ourse

La grande ourse, Bordier Elsa, Sanoe, Soleil, roman graphique, initiatique, fééerique, introspection.La grande ourse, Bordier Elsa, Sanoe, Soleil, roman graphique, initiatique, fééerique, introspection.Scénario : Elsa BORDIER
Dessin : SANOE
Éditeur : SOLEIL
Date de sortie : 13/09/2017
Genre : roman graphique, initiatique, introspection, féerique.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Un beau récit introspectif qui se mue en un conte fantastique, sublimé par un univers graphique envoûtant.

 

Louise, une jeune femme d’une vingtaine d’années, peine à oublier ses proches disparus. Elle vit depuis en leur compagnie, au point même de se couper des vivants de peur de les perdre à leur tour...

 Sourire, profiter de la vie sont des choses qu’elle semble ne plus savoir faire.

 

Soudain, l’étrange Phekda – une étoile, l’une de la Grande Ourse – fait irruption... et l’entraîne dans une immersion au plus profond d’elle même. Une immersion qui passe par une virée sur la plage de son enfance, par une nuit dans une petite maison biscornue, par une forêt labyrinthique qui oscille entre réel et fantastique jusqu’à la montée de cet incroyable escalier sorti des nuages… Mais où la mènerat-elle ? Et quelles en seront les conséquences ?…

La grande ourse, Bordier Elsa, Sanoe, Soleil, roman graphique, initiatique, fééerique, introspection.

Mon avis

Au royaume des enfants, l'étoile du soir est la reine de la nuit. Chaque contrée, chaque payé, chaque civilisation ont une légende concernant une de ces astres : la première qu'on voit briller dans le ciel, l'histoire d'amour entre Altaïr et et Véga (célébrée notamment le septembre au Japon sous le nom de « fête de Tanabata »), j'en passe et des meilleurs...

 

Dans ce livre plein de poésie, Louise nous explique que depuis l'enfance, elle se confie à la grande ourse, cette constellation en forme de chariot (ou de poêlon si vous voulez mon avis) où brille, entre autres, l'étoile Phekda. Cette dernière que est interpellée par cette jeune femme qui se terre encore dans le rêve et l'illusion de l'enfance. Par peur d'être blessée, d'être délaissée, ... Louise s'est isolée jusqu'à en perdre le sourire.

 

C'est sans compter la malicieuse étoile descendue sur Terre pour lui faire découvrir son moi intérieur. C'est le début d'un voyage initiatique parmi ses souvenirs, ses rêves et ses plus grandes peurs. Autant dire qu'encore une fois, la collection Métamorphose aux éditions Soleil a fait mouche ! Après la lecture enchanteresse de « Alice de l'autre côté du miroir » superbement illustré par Benjamin Lacombe ou encore « Les fées de Cottingley » retraçant la rencontre, peut-être véridique, avec le petit peuple : j'ai été touchée par le chemin parcouru par Louise dans les méandres de son subconscient.

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Un dessin à mi-chemin entre l'occident et l'orient, aux couleurs blêmes et pourtant chaleureuses et une imagination époustouflante ; avec des créatures à la frontière de l'irréel, rappelant différentes légendes et cultures pour nous prouver que tous, un jour ou l'autre, nous avons à faire se parcours intérieur pour grandir sans pour autant (et je vous le souhaite de tout cœur) ne pas perdre son âme d'enfant.

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La grande ourse, Bordier Elsa, Sanoe, Soleil, roman graphique, initiatique, fééerique, introspection.

Un petit bonheur en papier, à l'instar de la jolie frimousse de l'étoile Phedka.

ShayHlyn.

18/11/2017

Le chasseur de sourires

Le chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphiqueLe chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphiqueScénario : A. Ferrer
Dessin : A. Ferrer
Éditeur : Ep Éditions
120
pages
Date de sortie : 27/09/2017
Genre : roman graphique, policier

 

 

Présentation de l'éditeur

Pensez-vous connaître votre dentiste ? Les patients de Herbert F. Dunne, eux, en sont persuadés.

Ils le considèrent comme un excellent odontologiste, recommandable et attentionné. Un professionnel qui est aussi un véritable ami, selon son infirmière. Un invité idéal pour un barbecue dans le jardin, selon ses voisins. Un adorable époux dont elle ne se séparerait pour rien au monde malgré ses défauts, selon sa femme. Un client un peu tordu, selon cette prostituée qu'il appelle occasionnellement, mais à qui il ne fait rien de plus que l'attacher au fauteuil de consultation pour faire quelques photos...
Seule la timide Alice Edwards, nouvelle patiente dont le sourire est affublé d'un appareil dentaire, découvre la spirale des obsessions, drogues et violences dont le docteur Dunne tente de se racheter. à moins que tout ceci soit loin d'être la vérité ?

Le chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphique

Mon avis

Et si la BD se comparait au storyboard d'un film ? Voilà l'impression que j'ai eu en lisant « Le chasseur de sourires ». Des plans larges pour installer le décor, des détails qui nous situent dans le temps et une ambiance conviviale pour entamer la narration d'une légende urbaine, propre à la petite ville de Oceanside.

 

L'histoire se déroule dans les années soixantes. La guerre de Corée est encore encrée dans certaines mémoires, notamment celle du personnage principal qui fut un terrible « arracheur d'aveux » et la majeure partie des publicités sont des dessins mettant en valeur la qualité de tel ou tel produit. Pas d'acteur donc pour dire combien la machine à lessiver « machin-chose » fera votre linge en un temps record. Non, des dessins réalistes de monsieur et madame tout le monde... je suis sûre qu'en pensant « Sixteen et publicités » vous voyez déjà quelques images exprimant mon propos.

 

C'est donc sans aucune surprise que le dessin de « Le chasseur de sourires » s'apparente à ces illustrations. Tantôt des pin-up, tantôt de fière maîtresse de maison, des hommes aimant boire un coup entre amis : le tout dans un cadre aisé, avec maison, piscine et belle décapotable devant le garage (Hélas que ce soit un peu brouillon et gribouillé à mon goût). Herbert F. Dunne est ce genre d'homme. Odontologiste brillant, personne ne pourrait se douter que dans l'isolement de son cabinet médical, il abuse de ses patientes et se drogue au LCD pour planer au milieu de ses fantasmes BDSM.

Le chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphiqueLe chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphique

Tout aurait pu passer incognito s'il n'avait pas eu le coup de foudre pour une nouvelle patiente. Alice est une adolescente qui porte un appareil dentaire peu gracieux. Du moins pour le commun des mortels, car Herbert la trouve magnifique ainsi parée de telle sorte qu'elle envahit ses délires...

 

Une fois tous les protagonistes mis en place, allant du don Juan de l'école au père militaire violent, en passant par l'épouse dévouée et la prostituée soumise : reste à mettre l'intrigue. Un dangereux criminel s'en prend à des hommes assez violemment, allant jusqu'au meurtre de l'un d'entre eux. Pourquoi ?

 

Dans ce décor rétro, au dessin semblant être sorti tout droit d'un tiroir temporel et mis en couleur aux crayons, l'aventure avance et s’essouffle. Trop court peut-être, trop vite fini... bâclé peut-être ? J'ai envie de dire oui. Alors que l'auteur a soigneusement tout orchestré, l'histoire s'achève bien trop vite. À peine le temps de se demander où il nous emmène que la fin sonne déjà le glas.

 

C'est donc en restant sur ma fin que j'ai achevé ma lecture. Certes, il y a le début brillamment mis en scène, un milieu rebondissant qui sème le trouble et une fin, claire et précise... quoique... tel un film ou une série comme on en voit tant ces temps ci, on aurait pu espérer plus : plus de pages, plus de crimes, plus d'intrigues.

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Le chasseur de sourires, A. Ferrer, EP EDITIONS, policier, roman graphique

Idée à creuser Mister Ferrer, non ?

ShayHlyn.

04/11/2017

Le petit vagabond

Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.Scénario : -
Dessin : Crystal KUNG
Éditeur : Ep éditions
176
pages
Date de sortie : 27/09/2017
Genre : roman graphique, voyage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’errance est une activité ancienne. Du mythe à l’histoire, des Saints aux mortels, de l’Est à l’Ouest, cette pratique a toujours tenté les jeunes gens et les passionnés, de génération en génération. Parfois pour trouver un sens à la vie, parfois pour l’accomplissement de soi, ou simplement pour prendre le temps de méditer, de s’arrêter, de se transformer. Au fil du temps, l’errance est devenu un acte romantique, et ce depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui.

Crystal Kung pose son jeune regard sur toutes les villes et les lieux qu’elle a visités, où des étrangers vont et viennent pour des raisons diverses et variées. Leurs histoires sont comme des spectacles de mimes qui nous invitent silencieusement à observer l’errance.

Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.

Mon avis

Il y a de ces imprévus qui vous surprennent, vous emportent loin, très loin sur d'autres continents, mais aussi au pays des rêves et de la poésie. Tout en douceur, délicatesse et en silence. « Le petit Vagabond » est de ce genre là. Il n'y a pas de mots pour vraiment le décrire, car pas de mot pour le lire. 176 pages d'enchantement qui nous emmène au gré de notre imagination et de celle de l'auteure. La vie des uns, le temps des autres, les sentiments, les états d'âme, ... il vous suffit d'ouvrir ce bouquin et de vous laisser bercer, tendrement, calmement dans les méandres de notre esprit ou de nos souvenirs.

 

Il n'y a pas de mots, mais des images. Simples. Pures. Énigmatiques et pourtant claires, sans équivoque. Un dessin qui relève de la poésie. Tous ces gens réunis par le voyage, que ce soit pour aller au travail, à la boulangerie ou au bout du monde et qui rencontrent ce petit bonhomme souriant. Ce petit mime en couleurs qui vous rappelle que partout on peut être chez soi. Il suffit de laisser aller son cœur et de s'abandonner au bien-être réconfortant de se savoir à la maison où qu'on soit.

Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.

Un texte aurait gâché ce message qui ne doit venir que du coeur et de notre propre imaginaire. C'est fantastique qu'une jeune artiste aie songé à cette simplicité pour toucher les gens, parfois profondément. C'est un conte de fée, une balade, une romance, un rêve...

 

Quant à son dessin, il est à la fois unique et emprunt de diverses inspirations. L'Asie sans aucun doute, mais aussi une touche anglaise dans ces grands nez au bout rouge de froid à cause de la brume londonienne, impersonnel comme les grandes mégalopoles occidentales ou tout le monde se ressemble et se fond dans le décor, français dans ce charme romantique qu'on attribue à nos voisins européens, ... l'art de Crystal KUNG est international, comme son message. Et c'est juste attendrissant de bien-être quand on referme ce bouquin pour songer à nos propres voyages.

 

 

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Le petit vagabond, Crystal Kung, ep éditions, roman graphique, voyage.

Du coup, je ne sais comment noter ce petit bonheur en papier. Comprenez donc que c'est totalement subjectif cette fois ci (mais ne l'est-ce pas un peu à chaque fois). Bon voyage à tous ceux qui rêvent de rencontrer ce petit bonhomme en couverture, afin qu'il vous emmène au-delà de vos rêves, de vous même et de vos idéaux. Qu'il vous mène là où votre cœur souhaite se poser.

 

ShayHlyn.

02/10/2017

Lady Di & Me T.1

Lady Di & Me, Jean-CLaude Bartoll, Yishan Lee, Glénat, roman graphique, biographieLady Di & Me, Jean-CLaude Bartoll, Yishan Lee, Glénat, roman graphique, biographieScénario : Jean-Claude Bartoll
Dessin : Yishan Lee
Éditeur : Glénat
104
pages
Date de sortie : 23/08/2017
Genre : roman graphique, biographie

 

 

 

Présentation de l'éditeur

30 août 1997. Une foule de paparazzi s’amasse devant l’hôtel du Ritz à Paris. Tous espèrent obtenir une photo de l’une des plus grandes stars de son époque : Lady Diana. Parmi eux, Marie-Linh, journaliste franco-vietnamienne, suit les faits et gestes de la princesse de Galles depuis le milieu des années 1980. Avec le temps, elle est même devenue sa confidente. Plus que de simples clichés, Lady Di lui a livré ses états d’âmes jusque dans les détails les plus intimes. Mais ce soir, Marie-Linh n’arrive pas à la joindre au téléphone. Elle le sent, quelque chose ne tourne pas rond...

À travers les yeux de cette journaliste fictive et grâce au dessin délicat de Yishan Li, Jean-Claude Bartoll trouve le ton juste pour retracer le destin romanesque de Lady Diana, probablement l’une des plus grandes icônes « people » de son temps. L’auteur – qui avait couvert le drame à l’époque – se permet même une interprétation toute personnelle des circonstances de sa disparition tragique, qui reste dans toutes les mémoires.

Lady Di & Me, Jean-CLaude Bartoll, Yishan Lee, Glénat, roman graphique, biographie

Mon avis

20 ans déjà que Lady Di, la reine des cœurs, nous a quitté. Impossible donc de passer à côté de cette grande dame, tant dans les médias que dans les écrits. Une raison, sans doute parmi tant d'autres de faire une bande dessinée sur sa vie. C'est ainsi que nous rencontrons Marie-Linh, personnage fictif mais qui nous servira de guide et de personnage principal dans ce roman graphique.

 

Par le biais de cette jeune journaliste, nous découvrons le récit d'une vie, narré par l'ancienne princesse de Galles elle-même. Une histoire bouleversante dans laquelle la princesse ne rencontre pas vraiment le prince charmant, mais un homme déjà amoureux d'une autre et loin de cacher qu'il aime encore sa maîtresse.

 

Avec « Lady Di & moi » nous plongeons dans les coulisses d'une vie de couple tragique. À ce jour, nous connaissons tous les grandes lignes du mariage à trois de Diana, le prince Charles et Camilla. Mais imaginez-vous un instant à la place de cette jeune institutrice fiancée au futur roi d'Angleterre. Vous êtes belle, innocente, fragile... Tout semble trop beau pour être vrai. Et c'est le cas ! Charles ne l'aime pas, il aime Camilla. Maîtresse dont il a des photos dans son agenda. Amante dont il porte les boutons de manchettes aux initiales C&C... ne deviendriez-vous pas stressée, boulimique, malade ?

Lady Di & Me, Jean-CLaude Bartoll, Yishan Lee, Glénat, roman graphique, biographie

Voilà l'histoire de la reine des cœurs, somptueusement mis en valeur par un dessin réaliste et délicat, comme l'était Lady Di.

 

La narration personnelle permet à chacun de, non pas s'identifier aux personnages, mais à les comprendre, les aimer ou les haïr. Ces moments de vie choisis qui rendent le conte de fées moins rose, comme cette lune de miel loin d'être idyllique. J'en aurai vomi avec Diana en lisant ces quelques pages. Alors imaginez le reste, imaginez la suite... cette autre femme toujours présente entre le couple princier, ce sentiment de solitude, d'impuissance.

 

Le contexte, les personnages, les répliques qu'on peut supposer avoir été réellement dites, ... ce roman graphique est comme un film qui se dévoile devant nos yeux. Ici, pas d'acteurs qui ressemblent plus ou moins aux protagonistes : non, les dessins sont réalistes, comme une multitude de portraits en action, des photos recopiées à la plume pour lui donner une autre dimension. C'est à mon sens, un bel hommage rendu à Lady Di qui nous a quitté trop vite, et une subtile enquête sur sa vie et ce qui aura causé sa mort.

 

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Lady Di & Me, Jean-CLaude Bartoll, Yishan Lee, Glénat, roman graphique, biographie

 

J'ai véritablement hâte de lire la suite, parce que même si les tabloïds en ont fait leur chou gras pendant des années, je trouve cette façon de revisiter la vie de Lady Di plus humble, subtile et touchante. 

ShayHlyn.

 

01/09/2017

La carte du ciel

la carte du ciel.jpgla carte du ciel r.jpgDessin : Laurent Richard
Scénario : Arnaud le Gouëfflec.
Éditeur : Glénat collection 1000 feuilles
Sortie :23 août 2017
144 pages.
Genre :je ne peux pas le dire...ce serait un spoiler



Résumé.

Vallièvre, petite commune de campagne. Il ne s’y passe jamais rien, ou presque. Mais voilà qu’on prétend y avoir vu passer des OVNI ! Si tout le monde a l’air de prendre ça à la rigolade, ce n’est pas le cas de Claire, Wouki et Jules, trois potes qui se sont récemment pris de passion pour le sujet. Alors qu’ils enquêtent sur le phénomène et que l’arrivée d’une nouvelle prof fait sensation au lycée, les trois inséparables découvrent que les événements étranges se multiplient...


« Moi, si je devais faire de la philo, la première chose que je dirais c’est qu’on n’est rien d’autre que des animaux. Le premier truc c’est le ventre, pas le cerveau. Et une fois qu’on a mangé, la seule chose qui nous intéresse, c’est le cul ! »

Mon avis.

Parfois il ne faut pas aller loin pour savoir si une BD est bonne ou pas, si vous n’avez pas décollé le nez de toute la lecture, c’est que l’histoire vous a captivée et donc que c’est de la bonne !
C’est clairement le cas avec cette carte du ciel. On ne sait pas trop où on va avec le scénario de Arnaud le Gouëfflec (Soucoupes avec Obion, Topless, j’aurai ta peau, Dominique A). On y retrouve à la fois de la SF, un récit sur le premier amour, de la philosophie, etc ...
Bref, on pourrait être dérouté avec ce thriller doux-amer sur l’adolescence nimbé de surnaturel. mais la curiosité est manifestement la plus forte. J’ai aimé cette façon d’intriguer le lecteur au fil des pages avec un tempo plutôt lent.
Coté dessin, Laurent Richard, illustrateur pour la presse et d’édition jeunesse nous propose un trait particulier voire inquiétant. On est un peu hypnotisé par ses grands yeux d’extra-terrestres qui nous fixent souvent. Un trait assez anguleux aussi qui passera ou pas selon vos goûts mais qui m’a enchanté pour sa colorisation.
Sinon, j’ai trouvé l’héroïne très charismatique, un étonnant mélange d’intuition, d’attitude rebelle et de pragmatisme. Je serais vraiment ravi de la retrouver dans un rôle de flic par exemple, ça lui irait comme un gant.

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Samba.

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14/06/2017

Au pied de la falaise

cov (2).jpg2.jpgScénario et dessin : ByMöko

Editeur : Soleil

Collection : Noctambule

150 pages – cartonné

Parution : 31 mai 2017

Conte graphique

 

Présentation de l’éditeur :

Au pied de la falaise, c’est l’histoire initiatique d’un jeune garçon, Akou, en plein coeur de l’Afrique.

À travers un véritable cycle de vie, Akou n’a de cesse d’apprendre : apprendre l’étroitesse du lien qui unit la vie à la mort lors de la perte de son grand-père ; apprendre aux côtés de son père, chef de village ; apprendre le pouvoir de l’ombre et de la lumière ; apprendre à travers un rituel initiatique à devenir un Homme ; apprendre l’amour, la vie de famille, l’entraide… et apprendre à nouveau à perdre...

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Mon avis :

La version BD de ce projet transmédia, http://aupieddelafalaise.com/, convainc dès les premières pages. Les tons lumineux et un dessin soigné, au service d’un scénario linéaire, donnent immédiatement au lecteur un sentiment de bien-être. Les courtes scènes de cette histoire se parcourent donc au fil du plaisir de la lecture.

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Il s’agit d’une invitation à pénétrer dans un univers, d’y prendre place et de contribuer à l’enrichir. A la fois étranges et familières, les impressions ressenties baignent alors dans un climat dont l’harmonie qui s’en dégage fait tout le charme de cette aventure. Cette vision d’une Afrique traditionnelle a le mérite de jouer d’abord la carte de la séduction et de la culture au travers d’un récit initiatique qui mêle sagesse, humour et dépassement de soi. Clip vidéo, photos et bande sonore viennent compléter avec bonheur cette possibilité d’immersion dans un monde qui n'a peut-être pas totalement disparu.

Bon voyage!

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