25/03/2017

L'érection

cov.jpg2.jpgLivre 2/2

Scénario : Jim

Dessin : Lounis Chabane

Editeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

72 pages – cartonné

Parution : 08 mars 2017

Théâtre graphique

 

Présentation de l’éditeur :

Jim explore une nouvelle fois le couple à travers l’érosion du désir et le besoin, parfois, de se rassurer.

Léa vient de découvrir que son mari Florent prend du stimulant en cachette pour lui offrir, en cadeau d’anniversaire, une nuit de sexe mémorable. Une bonne surprise pour elle ? Pas si sûr. Florent a-t-il besoin de ça pour lui faire l’amour ? Lorsque la sexy Alexandra s’invite la nuit en pleine crise de couple, que les verres de shots s’enchainent et que Léa, ivre, veut se prouver chez les voisins qu’elle peut encore plaire naturellement, Florent réalise combien la prise d’une petite pilule bleue peut avoir des conséquences insoupçonnables !

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Mon avis :

A la fin de l’acte 3 du Livre 1, en pleine nuit, l’arrivée de la pulpeuse Alexandra en pleine rupture amoureuse et en larmes vient relancer le vaudeville. Et c’est reparti pour quatre actes de théâtre dessiné, avec des dialogues percutants et intimistes, des situations désopilantes mais non dénuées de tendresse. Du pur Jim au scénario donc ! Pas étonnant que plusieurs de ses romans graphiques soient en cours d’adaptation cinématographique. C’est le cas de Une nuit à Rome, mais aussi de L’invitation et de Petites éclipses. Voilà une belle reconnaissance du talent d’un auteur qui ne se lasse pas d’explorer, avec un réel talent, les états des âmes et des corps d’une génération.

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Les dessins et les couleurs sont toujours aussi lumineux et plaisants à l’œil. Les cadrages aussi réussis qu’étudiés, les très beaux décors de Paris sous la neige ainsi que les courbes féminines sensuelles donnent à l’album un charme indéniable. Cette dérive sentimentale, parfois douce-amère,  aborde subtilement les difficultés des couples vieillissants dans leur intimité et leur sexualité tout en gardant un ton léger mais juste.

 

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 le couvent des damnées,minoru takeyoshi,glénat,seinen,historique,intrigues,sorcellerie,religion

 

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Skippy

20/03/2017

Les solitaires

cov.jpg4.jpgScénario et dessin : Tim Lane

Editeur : Delcourt

Collection : Outsider

296 pages – broché

Sortie : 1er mars 2017

Nouvelles graphiques

 

Présentation de l’éditeur :

Tim Lane revient avec des histoires toujours aussi sombres, qui revisitent les grands mythes contemporains de la culture populaire américaine. De la beat generation au punk rock en passant par les gangs de motards.

Après "Noir c'est noir", paru en 2009, Tim Lane poursuit son panorama de l'Amérique des sans-grade, motards rebelles et autres clochards célestes.

Un fan de punk s'enivre dans son pick-up, un gars quitte sa famille et roule jusqu'à un parc d'attractions abandonné, un jeune fugueur se retrouve dans un train de marchandises avec un vieux hobo...

Une quarantaine d’histoires qui se répondent entre elles, dans la lignée d’un Charles Burns.

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Mon avis :

Cet album, pavé de près de 300 pages bien tassées, mérite plusieurs niveaux de lecture. En le parcourant, on sent tout de suite qu’on a affaire à une compilation d’histoires courtes qui ont toutes leurs particularités narratives. Des strips « classiques » alternent avec de longs blocs de textes, des photos, des illustrations pleine page, des figurines en papier à découper, coller et monter, des pages dépliables, des paroles de chansons, des extraits de pseudo vieux fanzines, des fiches techniques, des croquis, … Au total, cela donne un objet à vocation esthétique dont la cohérence s’impose au fil de la lecture.

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Les références à Burns ou Eisner sont évidentes et l’usage des noirs et blancs parfaitement maîtrisé. Il se dégage de l’ensemble une impression de violence vaine et désespérée, parfaite image de dérives dans une médiocrité sombre et mélancolique. De cette noirceur naît une vision poétique de celui qu’on peut qualifier de grand auteur. La fascination du lecteur s’opère progressivement et une inquiétude quasi-philosophique s’installe.

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Skippy

18/03/2017

Alicia

cov.jpg2.jpgAuteur : Juan d’Oultremont

Editeur : Les Editions du Caïd

80 pages – cartonné

Sortie : 19 mars 2017

Roman graphique

 

C’est absolument un roman
C’est totalement une BD
C’est sans doute pour ça que c’est si particulier

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« Alicia » de Juan d’Outremont aux Editions du Caid
A découvrir le dimanche 19 mars 2017.

Deux séances de dédicaces : de 13h à 15h et de 17h à 19h30
chez Cook and Book : Place du Temps Libre 1, 1200 Bruxelles

Dédicaces, performances, ex-libris, polaroïds et Ford Mustang, voilà les ingrédients qui présideront au lancement d’Alicia.

Alicia est une (expérience de) bande dessinée de 64 pages réalisée au moyen de pictogrammes découpés dans les manuels de photographie amateur. Des vignettes qui glissés dans un album pour collection de timbres, finissent par perdre leur abstraction graphique pour se charger d’une épaisseur psychologique.

Le scénario se présente comme un triller métaphysique. Un jeune homme équilibré et promis comme le prétend son père à une brillante carrière dans le difficile secteur de l’outillage se retrouve « irradié » par Alicia. Un prénom de 6 lettres qui recouvre la personnalité fantomatique. Des quelques semaines que dure leur relation, le narrateur garde le souvenir d’un secret lentement dévoilé. Par couches quasi sédimentaires, la véritable personnalité d’Alicia va se préciser, dessinant progressivement les contours d’un être aussi sulfureux que séraphique. Et si cette ex-miss Chypre était la propre fille de…

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Mon avis :

Artiste offrant une certaine résistance à la classification, Juan d’Oultremont nous donne, avec Alicia, un peu de fil à retordre les poncifs de la narrativité romanesque illustrée. C’est que ce collectionneur à la compulsion modérée cherche surtout à nous passionner et nous surprendre. Objectif atteint avec ce phantasme introspectif, aux rares dialogues, sous emballage imitation cuir bleu, skaï de noble facture. Au propre comme au figuré, comme il est possible d’entrer littéralement dans cette histoire et de poser dans une planche géante (à la librairie  Cook and Book), tout lecteur averti ne pourra échapper à l’étrange pouvoir d’attraction de cette nébuleuse expérimentation narrative. Espérons qu’il n’en sorte pas indemne, mais régénéré par ce qui est finalement un exercice de style réussi.

 

Skippy

16/03/2017

Les cent nuits de Hero

cov.jpg2.jpgScénario et dessin : Isabel Greenberg

Editeur : Casterman

232 pages – cartonné

Sortie : 22 février 2017

Conte graphique

 

 

Présentation de l’éditeur :

Après les mythes universels, Isabel Greenberg revisite le grand récit fondateur : Les mille et une nuits.

Après l’Encyclopédie des Débuts de la Terre, Isabel Greenberg revient avec une nouvelle épopée emplie de bravoure et d’exploits. Préparez-vous à être une fois de plus éblouis par la puissance phénoménale des contes et à assister au triomphe de l’amour sur la plus terrible des adversités !

Vous découvrirez la trahison, la loyauté, la folie, de mauvais maris, des amants fidèles et infidèles, de sages veilles biques, des lunes qui descendent du ciel, des instruments de musique au franc-parler, des amis, des frères, des pères, des mères et par-dessus tout, beaucoup, beaucoup de sœurs.

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Résumé :

Comme dans Les mille et une nuits, il s’agit de sauver une jeune femme, celle-ci s’appelle Cherry. Son époux l’a pariée, elle et sa vertu, contre un nouveau château. Chaque nuit, elle doit tenir bon et repousser les redoutables avances d’un châtelain particulièrement libidineux et brutal.

Elle peut heureusement compter sur sa servante et véritable amoureuse, Hero. Soir après soir, la conteuse arrive à protéger l’honneur de Cherry en détournant l’attention du prétendant avec ses passionnants récits. Hero fait partie de la ligue secrète des conteuses et le pouvoir de son verbe est hypnotique.

Comme dans le classique de la littérature Arabo-Persane, le procédé narratif se reproduit nuit après nuit.

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Mon avis :

Isabel Greenberg nous livre une bande dessinée dont l’apparente simplicité du dessin sert merveilleusement bien un scénario d’une grande complexité. L’histoire présente une densité extraordinaire : les contes s’imbriquent et s’interpénètrent pour nous faire entrer dans la mythologie d’un monde imaginaire.

Un trait épais allant directement à l’essentiel, des noirs et hachures évoquant la gravure, un aspect charbonneux : le graphisme atteint ici un niveau atemporel dans son minimalisme.

Un ton humoristique, résolument féministe, agrémente le message d’espoir d’une auteure dont le talent nous mène dans des contées d’une fascinante étrangeté. Ce livre est une invitation à la tragédie et au triomphe de l’intelligence amoureuse. Laissez-vous séduire !

 

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

Skippy

07/03/2017

Un bruit étrange et beau

Couv_287738.jpgScénario :zep
Dessin : zep
Éditeur : Rue de Sèvres
84 pages
Date de sortie :  5 octobre 2016
Genre : drame romantique

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

William a choisi la solitude et le silence, il y a 25 ans, en intégrant l'ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c'est tout un monde nouveau qu'il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu'il va retrouver...

 

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Mon avis:

Une belle histoire, des personnages humains très purs. Comment ne pas s'émouvoir en suivant la vie de ce moine chartreux qui a choisi l'isolement et qui va retrouver, l'espace de quelques jours, l'existence "normale" que nous avons, nous autres, avec nos smartphones, notre course perpétuelle pour le travail, les magasins, l'argent... Pendant ces quelques jours dans la capitale, William goûte à tout ce qu'il n'a pas connu ou oublié: les femmes, les repas riches, la violence, l'amour et l'amitié, les femmes (Ah ! je l'ai déjà dit)... Le moine va alors peser le pour et le contre et la décision qu'il prendra ne sera, peut-être, pas si surprenante que cela.

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Bref ! un album tendre, reposant, aux couleurs pastels qui nous fait réfléchir aux vraies valeurs des choses; un album à lire et relire car il nous fait rire (le lot obtenu par William en héritage), nous émeut (le beau personnage de Méry) et nous rend la vie plus agréable à vivre par les temps qui courent.

JR

 

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01/03/2017

LE PERROQUET

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.Scénario : Espé
Dessin : Espé
Éditeur : Glénat 
160
pages
Date de sortie : 15 février 2017
Genre : Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.



Présentation de l'éditeur

Une autofiction poignante

Bastien a 8 ans. Et sa maman est malade. Souvent, elle fait ce que son papa et ses grands-parents appellent des « crises ». D’après les médecins, elle souffrirait de « troubles bipolaires à tendance schizophrénique ». c’est pour ça qu’il faut régulièrement l’emmener à l’hôpital, dans des établissements spécialisés, pour prendre des médicaments. Bastien n’aime pas trop ça car quand elle revient, elle ne réagit plus à rien. elle n’a plus aucun sentiment. Plus aucune envie.

S’inspirant de son propre vécu, Espé livre un récit aussi personnel qu’universel, celui d’un enfant perdu dans une réalité où l’imaginaire est le seul refuge ; dans son regard, on ne lit qu’incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Mon avis

Tout est dit dans la présentation de l'éditeur. J'ai été émue par ce roman graphique. Ce petit garçon a su toucher mon cœur au fil des pages multicolores. J'ai pu ressentir, au travers de ses yeux d'enfant, toute la détresse éprouvée par cette famille. Car la maladie mentale, ce mal invisible qui fait pourtant des ravages, est aussi douloureuse que tous autres invalidités. Tant pour la personne atteinte que pour ses proches.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Espé le décrit superbement au travers de chaque phylactère, mais peut-être encore plus quand le petit Bastien la compare à une héroïne célèbre :

« Tous les gens qu'on croise pensent que maman est comme eux, elle ressemble à tout le monde. Elle n'a pas de bras en moins, elle n'est pas en fauteuil roulant, elle n'est pas branchée à une machine avec des tuyaux pour respirer, elle n'a pas de canne blanche, elle n'a pas de cancer avec de la chimio qui rend tout maigre et sans cheveux, pas de prothèse, pas de malformation bizarre, ... Quand on se promène dans la rue, personne ne se rend compte que maman est malade depuis longtemps. Sa maladie est invisible, silencieuse, honteuse alors qu'elle est toujours là dans son dos. Maman, elle est comme Jean Grey dans les X-Men, elle peut exploser à tout moment ! Mais personne ne le sait... sauf moi... »

Un dessin simple, avec un certain charme, un petit gamin aux traits attachants : Espé dépeint avec expérience – SON expérience personnelle – ce qu'on peut ressentir quand on a que 8 ans et une maman malade. À qui connait un être cher qui éprouve ce genre de difficultés, que ce soit la dépression, la schizophrénie, Alzheimer, ... ce bouquin est un coup de poignard au cœur. Je crois même que sans connaître un de ces maux, l'intensité mise dans « le perroquet » fera son effet et une certaine envie de se remettre en question face aux troubles invisibles de beaucoup de personnes... bien plus qu'on ne le croit.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Ce bouquin, je vous le conseille. Il m'a chamboulée... il est beau, simple et pourtant complexe comme la vie. Avec ses jours sombres et ses jours où le monde nous parait multicolores comme les pages de cette œuvre.

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Je clôturerais cette chronique avec une pensée pour tous ceux qui souffrent en silence, tous ceux qui connaissent ces maladies de près ou de loin : courage.

ShayHlyn

 

27/02/2017

Les jolies filles

 

Les jolies filles, FLIX, Glénat, roman graphique, tranche de vie, drame socialLes jolies filles, FLIX, Glénat, roman graphique, tranche de vie, drame socialScénario : FLIX
Dessin : FLIX
Éditeur : Glénat
128
pages
Date de sortie : 22 février 2017
Genre : roman graphique, tranche de vie, drame social

 

Présentation de l'éditeur

Chroniques amères de la vie amoureuse

Les Jolies filles (Schöne Töchter en langue originale) est un comic strip de Flix publié entre 2010 et 2015 dans le quotidien berlinois Berliner Tagesspiegel. Décrivant des histoires d’amour en tous genres, des chroniques d’une page, douces et cocasses, l’auteur se joue des codes graphiques imposés par le format « carré » du journal et réinvente constamment sa narration dans le découpage, l’agencement des cases, le sens de lecture ou la mise en scène.

Grâce à la collection 1000 Feuilles, ce joyau de la bande dessinée d’outre-Rhin est aujourd’hui publié en France ! Un bel ouvrage infiniment graphique qui parle d’amour dans le monde d’aujourd’hui, dont la tendresse et l’humour absurde émanent de chaque page. Pour toutes ses qualités, Les Jolies filles a remporté en 2012 le prix Max & Moritz du meilleur comic strip allemand et en 2016 un Rudolph-Dirks Award (le plus prestigieux prix de bande dessinée allemande), dans la catégorie "Drame social/tranche de vie".

Les jolies filles, FLIX, Glénat, roman graphique, tranche de vie, drame social

Mon avis

Les jolies filles, ça racole quand même mieux que « la vie de couple », non ?

Ne réfléchissez pas trop, la réponse est « oui ». Surtout quand on les voit ainsi, sur la couverture, en petite tenue sur la plage... sous le regard étonné de l'Homme. Oui, oui, avec un grand H car c'est bien connu : « l'Homme vient de Mars et la Femme de Vénus » et donc ne se comprennent pas.

 

Mais ce n'est pas tout ce que cette couverture jaune flash a à nous raconter. Le positionnement de ces dames nous laisse présager du « chaos » savamment orchestré par FLIX au fil des pages. L'une se lit dans un sens, la suivante se lit de bas en haut... autant dire qu'il faut suivre les flèches... J'adore ! C'est aussi « bordélique » que la vie de couple, ça part dans toutes les directions et niveau histoire : on voit que notre bonhomme aux commandes en sait assez long sur les femmes, mais surtout sur la vie de couple qui est le thème majeur de ce recueil de petites chroniques.

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Les caprices féminins, le milieu du travail un peu trop misogyne, les films que se font les dragueurs du dimanche en abordant une femme... les pensées vengeresses des femmes quand on ose manger le sacro-saint dernier morceau de gâteau (non mais messieurs : ça ne se fait pas, on le laisse à madame. Même si elle rechigne à l'avouer : elle veut le manger ce fichu morceau et tant pis pour les kilos dans les fesses après!) et encore bien d'autres mésaventures tellement vraies qu'on en redemande.



Le dessin, simple de prime abord, se montre à la hauteur des anecdotes. Alors on s'en fout un peu de savoir que Monsieur de la page x ressemble à celui de la page y ou encore celui de la page z. De même que nos « jolies filles » qui peuvent bien avoir les mêmes traits, mais avec différentes couleurs de cheveux.

 

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Je salue donc l'ingéniosité de FLIX pour les mises en page qui bouleversent les idées préconçues et son don d'observation de la vie de tous les jours. 

 

 

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Les jolies filles, FLIX, Glénat, roman graphique, tranche de vie, drame social

 

Les jolies filles, FLIX, Glénat, roman graphique, tranche de vie, drame social

 

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 J'ai bien ri et entre nous : « ça nous ressemble bien non, ces petites histoires ?! »

ShayHlyn

07/02/2017

Alena

alena,kim w andersson,andersson,glénat,fantastique,roman graphique,horreur,harcèlement,homosexualité,différence,510,012017alena,kim w andersson,andersson,glénat,fantastique,roman graphique,horreur,harcèlement,homosexualité,différence,510,012017Scénario : Kim W. Andersson
Dessin : Kim W. Andersson
Éditeur : Glénat
138 pages
Date de sortie : janvier 2017
Genre : horreur, fantastique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La vie d’Alena est un enfer. Depuis qu’elle est entrée à l’internat, elle se fait harceler tous les jours par Filippa et les filles de sa bande. Mais Joséphin, sa seule amie, n’a pas l’intention de la laisser subir ce calvaire plus longtemps. Puisqu’Alena ne rend pas les coups, puisqu’elle ne peut pas compter sur l’aide du conseiller d'orientation ou du directeur de cette maudite école, Joséphin va devoir prendre les choses en main elle-même. Mais il y a un problème : ça fait un an que Joséphin est morte.

 

 "Parfois la meilleure défense, c'est l'attaque, Alena. Faut pas que tu les laisses te faire chier"

 

Mon avis

Récompensé en 2012 par le plus prestigieux prix de bande dessinée Suédois, le Adamson Award, Alena est une fausse BD horrifique. Derrière cette couverture sanguinolente aux accents inquiétants, se cache une histoire d'adolescente déboussolée, sans repères et en quête d'une identité propre, se débattant tant bien que mal au milieu d'une basse-cour de donzelles écervelées et pourries par un milieu social plus qu'aisé.

Le point de départ de ce chamboulement hormonal et psychologique chez la jeune Alena, c'est la mort sous ses yeux de sa meilleure amie et sans doute amante, Joséphin. Joséphin, c'était la forte en gueule, celle qui s'affirme, qui n'a pas peur de montrer ses différences et de donner du coup de poing pour se défendre. Sa disparition laisse donc un grand vide autour d'Alena qui subira un harcèlement terrible. Cette dernière trouve la force de se défendre en invoquant Joséphin, invocations qui iront au delà de ses espérances et la dépasseront complètement.

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Ayant pour thématiques le harcèlement, l'homosexualité, le rejet de la différence et la quête d'identité, ce récit est malheureusement plus énervant que dérangeant. Hésitant entre drame psychologique et social, conte fantastique et récit horrifique, l'auteur nous donne le sentiment de ne jamais aller au bout des choses. Au final, on retient davantage les séquences de harcèlement bêtes et méchantes que l'aspect intimiste du récit, qui à mon sens aurait dû prendre le dessus. A la lecture, on a juste envie de donner une bonne paire de claques à toutes ces pouffiasses, et on en oublie les vrais problèmes graves aux quels se confronte Alena.

Au dessin, Kim W. Andersson est dans la veine du comics US : gros plans et plans serrés, peu de décors, un découpage fluide et efficace. Par contre, son trait expressif est parfois exagéré dans certaines attitudes qui en deviennent un peu ridicules. Sans grande surprise ni grands effets, le dessin reste néanmoins correct et en adéquation avec le récit.

Ce roman graphique ne restera pas dans les annales de la BD horrifique ; gageons que son adaptation au cinéma soit plus réussie et plus efficace.

 

Loubrun

 

 

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 le trailer du film sorti en 2015 - VO

 

 

 

 

 

 


 

24/01/2017

Puppy

 

couverture.jpg001.jpgSouvenirs d’outre-tombe

Auteur : Luz
Éditeur : Glénat BD
160 pages
Date de sortie : 18/01/2017
Genre : Graphisme, Audace du dessin, Roman Graphique, Animaux.

 

Présentation de l'éditeur :

Au cœur d’un cimetière pour animaux de compagnie, une patte émerge des profondeurs : Puppy se réveille, revenu d’entre les morts. Débarrassé de son enveloppe de chair, désormais à l’état de mort-vivant, le petit chien jovial arpente avec maladresse les allées lugubres, sautillant, claudiquant, tombant parfois sur un os. Rex, Vicky, Fritz, Cindy, Charlie... les sépultures qu’il croise sont tout autant des souvenirs qui résonnent dans sa mémoire qu'un terrain de jeu illimité. Jusqu'au moment, où le chiot se retrouve malgré lui projeté dans le monde étrange que les humains ont laissés derrière eux...

Dans un exercice de style sans parole rappelant autant l’esprit des comic strips américains des années 1930 que l’esthétique burtonien de L’Étrange noël de Monsieur Jack, Luz nous embarque dans un univers sombre, dystopique, poétique, absurde et émouvant, où il laisse exploser son trait expressif et virtuose.

Puppy, Luz, Glénat, Graphisme, Audace du dessin, Roman Graphique, Animaux.

Mon avis :

Voilà un défi qu'il fallait oser. Un pavé de 160 pages sans le moindre mot, entièrement en noir et blanc... oui, vraiment ! Il fallait oser. Surtout quand le thème est la mort d'un chien qui se retrouve, tel un zombie, à arpenter le cimetière où il est enterré ainsi qu'un monde d'humains étrange et souvent inquiétant.

Défi relevé ? J'hésite à dire oui. Je tends à dire non... ce qui n'aide pas évidemment. Disons que le côté poétique de cette œuvre, avec ce petit chien cheminant au gré des balles de tennis, de son nez qui se carapate ou encore ces os qu'il propulse de-ci, de-là, ... m'empêche de dire que c'est trop bizarre pour être bien. Respirez-donc maître Luz, vous n'aurez pas un zéro pointé !

Puppy, Luz, Glénat, Graphisme, Audace du dessin, Roman Graphique, Animaux.

Qui plus est, comme l'éditeur, j'ai aussi pensé au petit chien fantôme dans « L'étrange Noël de Mr Jack » de Tim Burton. Le côté macabre sans aucun doute, paradoxal avec la couverture rose. Et puis tout cet univers vu au travers du regard d'un petit chien malicieux, joueur... un peu cabot sur les bords, avec même un petit côté matou face aux jouets de fortunes qu'il rencontre.

C'est donc malgré tout un peu trop bizarre pour moi, surtout quand Puppy se retrouve dans un monde indéniablement humain et pourtant sans le moindre visage, juste des vêtements qui avancent, perdent leur pantoufle ou leurs médicaments pour pimenter la croisade du petit chien fait de lambeaux de chair et d'os. Mais j'applaudis l'audace – car ça n'a pas du être facile – et la poésie qui transparaît au fil des pages. Peut-être pas assez rose à mon goût ? Qui sait... Moi-même je garde un goût mêlant désintérêt et sourire nostalgique en pensant à mes propres animaux perdus.

En résumé, malgré la poésie palpable et qui redore le blason de cette BD, seuls les amateurs du genre et les inconditionnels de Luz y trouveront leur compte...

 

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N/A

 

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ShayHlyn

09/01/2017

Corps sonores

coprs sonores.jpgcoprs sonores julie maroh.jpgScénario : Julie Maroh
Dessin : Julie MAroh
Éditeur : Glénat
304 pages
Date de sortie :4 janvier 2017
Genre : roman graphique.
 

 


Présentation de l'éditeur
 À Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s’entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l’amour.
 
 
Mon avis
 Julie Maroh a commencé ce recueil de nouvelles amoureuses pendant qu'elle finissait le bleu est une couleur chaude. La forme finale et la technique ont mis des années à émerger, au bon vouloir de son inspiration. On retrouve donc Julie Maroh dans un univers qu'on attend venant d'elle, les relations amoureuses sortant des normes et des stéréotypes. Les 21 nouvelles résolument contemporaines se déroulent à Montréal car cette ville est une véritable fourmilière qui grouille de relations, d’enchevêtrement, de stratégies de rencontres, de schémas multiples ...
 Bref, attendez-vous à entendre l'accent québécois à toutes les pages. Perso, j'ai trouvé ça assez compliqué à suivre surtout qu'on y rajoute une flopée d’anglicismes.
Pour le dessin, Julie Maroh s'est essayée à plusieurs techniques pour opter pour celle du papier bristol accompagné d'huile de lin et d'un crayon gras. Je vous laisse juge du résultat mais perso j'ai trouvé ce style très peu attrayant.
Mais bon le principal n’est pas là, c’est l'émotion qui compte dans ce genre de récit. Le verdict : un encéphalogramme complètement plat et un ennui abyssal.

Samba.

 

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