20/05/2017

Pierre de cristal

cov.jpg5.jpgScénario et dessin : Frantz Duchazeau

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

152 pages – broché

Parution 10 mai 2017

Roman graphique – autofiction

 

Présentation :

Pierre, une dizaine d’années, vit tranquillement dans une bourgade avec ses parents et son grand frère. Le couple parental vacille. Le monde change autour de lui… Pierre s’interroge sur le passé de sa mère, la méchanceté de ses camarades, son premier grand père disparu. La vie en somme…

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- Je sais aussi que je serai triste de ne plus être un enfant.
- Alors je repenserai à ces moments...
- Quand la lumière était belle.

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Mon avis :

Plongée dans l’enfance, histoire intime et autofiction : Frantz Duchazeau nous invite à revivre les sensations du gamin qu’il a été et dont il garde une nostalgie poignante. Curieusement construit autour des réminiscences de « L’âge de cristal », film de science-fiction puis série télévisée de la deuxième moitié des 70’s, le récit dévoile une vision tantôt naïve, tantôt grave mais toujours empreinte d’une grande sensibilité. 

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Le trait vise l’épure et la simplicité, la ligne devient parfois si légère et si fragile qu’elle semble vouloir s’effacer. A l’image de la mémoire. A la lecture, on reste ravi par l’intensité des sensations que l’auteur arrive à communiquer avec une économie de moyens qui laisse une place importante à l’imagination.

 

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 Skippy

11/05/2017

Une soeur

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Bastien Vivès

Editeur : Casterman

Parution : 03 mai 2017

216 pages – cartonné

Roman graphique intimiste

 

Présentation :

Antoine, 13 ans, passe, comme chaque été, ses vacances sur une île en Bretagne. Il y accompagne ses parents et son jeune frère. Hélène, 16 ans, et sa mère (qui vient de faire une fausse couche) viennent les rejoindre. Entre Antoine et Hélène va naître lentement une amitié complice qui laissera place à des sentiments amoureux et des attirances sexuelles. Antoine va vivre l’intensité douloureuse d’une première histoire d’amour.

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Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !

 « – Y a beau avoir plein de monde, j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
– Même quand t'es avec nous ?
– Non, avec vous c'est chouette. »

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Mon avis :

Entre deux épisodes de Lastman, son manga à la française, en quatre mois, l’été 2016, Bastien Vivès a réussi un tour de force exceptionnel : un roman graphique épuré, littéralement en apesanteur. Ma première impression à la lecture de cet album fut tout d’abord une lointaine réminiscence cinématographique des années 70. Ce sont des images de « Pauline à la plage » d’Eric Rohmer avec ses variations sur les émois des amours adolescentes qui se sont imposées à mon esprit. Et ensuite, je me suis rappelé avoir admiré l’auteur en dédicace au dernier festival de Bruxelles, sur le stand des éditions Casterman. Il se dégageait alors de sa personne une sérénité grave, une concentration tendue qui abolissait le bruit et la foule qui se pressait dans le chapiteau. Son style reconnaissable au premier coup d’œil (les visages sans yeux) s’imposait sur la page dans un calme quasi surnaturel.

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D’une maîtrise absolue tant de de la simplicité graphique que du rythme narratif, alternant de grands moments d’émotions avec une évidence psychologique imparable, Une sœur touche au plus intime de nos sensations. On y sent tout l’apport personnel de l’auteur, tout son univers, au point de ne plus faire la différence entre autobiographie et autofiction. Impossible de ne pas sentir cette atmosphère tourmentée et ambigüe, de ne pas succomber au charme de ces cases panoramiques et de ces cadrages variés. Bastien Vivès raconte souvent qu’il a passé son enfance à dessiner avec son petit frère, en recopiant des Tortues Ninja, comme sur la planche ci-dessous.

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Une sœur est de ces ouvrages qui continuent de hanter le lecteur longtemps après avoir fermé l’album. C’est un moment magique de lecture, précieux et rare.

 

 

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 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

Skippy

18/04/2017

America

america,antico,glénat,1000 feuilles,29 mars 2017,roman graphiqueamerica,antico,glénat,1000 feuilles,29 mars 2017,roman graphiqueAuteure : Nine Antico

Editeur : Glénat

Collection : 1000 Feuilles

64 pages – cartonné

Roman graphique

 

Présentation :

Nouvelle vie au Nouveau Monde

Ça y est, Pauline fait officiellement partie de la catégorie « larguée. » Seulement, la fameuse dépression post-rupture qu’on lui a promis tarde à arriver. En attendant, Pauline s’ennuie ferme. D’autant que c’est le mois d’août à Paris. Tous les bons copains sont partis, il ne reste plus que ceux de seconde zone avec qui partager son malheur. Pauline en a marre, elle a besoin de changer d’air. Sur un coup de tête, elle décide de partir pour les États-Unis. Entre fantasmes et réalité, de New York à San Francisco, Pauline voyage dans les villes qu’elle a rêvées, s’ouvre au monde... mais continue de se faire des films.

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Mon avis :

America est le huitième album de bande dessinée de Nine Antico et le troisième tome des mésaventures de Pauline. Son anti-héroïne voyage aux States et évolue cette fois dans un univers kitsch et pop peuplé de personnages à la superficialité insondable. Les dialogues d’une vacuité qui se pense sans doute humoristique restent autant d’opportunités d’évoquer des sujets fondamentaux comme les filles, les garçons, les boites, le sexe, … De la vulgarité la plus consternante à l’analyse anthropologique la plus basique, rien n’est épargné au lecteur. Cette vision du monde, peinture sidérante d'un microcosme suffisant et contemporain, est évidemment à prendre au deuxième voire au troisième degré sous peine de fracture de neurone. A consommer avec prudence donc …

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Skippy

 

10/04/2017

La trilogie de la Citadelle

cov.jpg2.jpgLivre 1 – L’escalier vers les nuages bleus

Scénario : Anne Opotowsky

Dessin : Aya Morton

Editeur : Urban China

304 pages – cartonné

Parution : 23 septembre 2016

Roman graphique

 

Présentation :

Fonctionnaire à la Poste de Hong-Kong, Song Lu est chargé de trier les lettres mortes qui n’ont pas trouvé de destinataire. Décidé à résoudre ces énigmes, il entreprend de livrer un maximum de courrier. Sur son vélo, il parcourt la ville, ses ruelles, les étalages des marchands, les spectacles de rue, … Son enquête le mène à la Citadelle, une indiquée sur aucune carte, refuge des pauvres, criminels et marginaux. Un monde de non-droit où Song Lu rencontre une fabricante de jouets, un facteur de piano, l’homme aux œufs, habitants de maisons égayées par la musique et les lumières, parfois construites dans des arbres, mais dans des conditions difficiles, ignorées des lois chinoises et des colons britanniques.

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Mon avis :

Ce qui frappe à la première lecture, c’est la profonde originalité du contexte historique choisi et les codes graphiques utilisés. L’objet est imposant, une brique de plus de 300 pages. Les dessins sont simples et partiellement colorés par des aplats d’aquarelle. Il s’en dégage une poésie esthétique évidente dont l’accessibilité demande un certain effort d’adaptation au lecteur.

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Production anglo-saxonne sous influence asiatique, le chaos maîtrisé de L’escalier vers les nuages bleus pourra séduire par la densité envoûtante et étrange d’un long récit mystérieux. La phrase en exergue à la fin de l’ouvrage est un avertissement au lecteur ainsi qu’une invitation :  "Être clair n'est pas une vertu, la beauté réside dans les mystères." Il faudra donc se laisser bercer au rythme improbable d’une quête onirique pour apprécier toute la saveur exotique de cet univers.

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 le couvent des damnées,minoru takeyoshi,glénat,seinen,historique,intrigues,sorcellerie,religion

 

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Skippy

06/04/2017

Guirlanda

cov.jpg3.jpgScénario : Jerry Kramsky

Dessin : Lorenzo Mattotti

Editeur : Casterman

392 pages – cartonné

Parution : 08 mars 2017

Conte graphique

 

Présentation :

Un conte initiatique à la fois drôle et poignant.

Sur les pas d’Hyppolite, un peu comme dans un rêve, nous pénétrons au Pays de Guirlanda. C’est une contrée paisible, où les habitants coulent des jours heureux en parfaite harmonie avec la nature. Mais depuis quelques jours Hyppolite est soucieux : sa femme qui doit donner naissance à leur premier enfant a disparu. Après avoir interrogé les Esprits des fumées, il part à sa recherche en suivant le trop fougueux Museau Fripé. En coupant par La Gorge du Mont Rauque, le chemin interdit, il déclenche le courroux du Dieu de la Montagne. Après le déferlement de violence et l’avènement du chaos, l’espoir finira quand même par renaître avec l’arrivée de sa fille.

Un récit flamboyant qui se dévore d’une traite.

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Mon avis :

Guirlanda, c’est d’abord un objet, un pavé de près de 400 pages de papier offset 120g avec une couverture de carton brut imprimé et un dos toilé noir, les deux marqués au rouge pour le titre. Une esthétique sobre et raffinée à la fois, organique, qui conditionne directement l’approche que le lecteur va pouvoir faire de ce long récit. Sa gestation a pris 14 ans !

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Guirlanda, c’est ensuite une sorte de conte onirique et fantastique, une quête envoûtante pleine de rebondissements. Le texte s’y fait rare, laissant la place à de longues improvisations qui sont autant d’invitations à un calme méditatif. On retrouve alors le concept de ligne fragile par opposition à une ligne claire solidement ancrée (encrée ?) dans la planche. La ligne fragile est un dessin émotionnel. C’est un style qui permet de retranscrire sur le papier l’état dans lequel on se trouve.

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Guirlanda, c’est aussi un étrange effet produit par la lecture, proche de la sidération si on a le bonheur de pénétrer sans a priori dans cet univers qui revisite les mythes et légendes selon une partition extrêmement originale et personnelle. C’est une respiration aux rythmes variés dont se dégage une musicalité complexe, mais accessible.

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Guirlanda, c’est finalement une merveilleuse interrogation face à notre rapport au temps de la lecture, au décodage graphique, à notre capacité de compréhension et d’acceptation d’une œuvre labyrinthique. Le rêve d’un rêve.

 

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Nous avons rencontré les auteurs à la foire du livre de Bruxelles lors d’un déjeuner organisé par l’éditeur Casterman, le vendredi 10 mars. Ils nous ont fait partagé leur vision, toute en épure et en légèreté, qui vise à l’essentiel dans le rythme narratif. Ce fut une très agréable et très belle rencontre.

Skippy et Samba

25/03/2017

L'érection

cov.jpg2.jpgLivre 2/2

Scénario : Jim

Dessin : Lounis Chabane

Editeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

72 pages – cartonné

Parution : 08 mars 2017

Théâtre graphique

 

Présentation de l’éditeur :

Jim explore une nouvelle fois le couple à travers l’érosion du désir et le besoin, parfois, de se rassurer.

Léa vient de découvrir que son mari Florent prend du stimulant en cachette pour lui offrir, en cadeau d’anniversaire, une nuit de sexe mémorable. Une bonne surprise pour elle ? Pas si sûr. Florent a-t-il besoin de ça pour lui faire l’amour ? Lorsque la sexy Alexandra s’invite la nuit en pleine crise de couple, que les verres de shots s’enchainent et que Léa, ivre, veut se prouver chez les voisins qu’elle peut encore plaire naturellement, Florent réalise combien la prise d’une petite pilule bleue peut avoir des conséquences insoupçonnables !

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Mon avis :

A la fin de l’acte 3 du Livre 1, en pleine nuit, l’arrivée de la pulpeuse Alexandra en pleine rupture amoureuse et en larmes vient relancer le vaudeville. Et c’est reparti pour quatre actes de théâtre dessiné, avec des dialogues percutants et intimistes, des situations désopilantes mais non dénuées de tendresse. Du pur Jim au scénario donc ! Pas étonnant que plusieurs de ses romans graphiques soient en cours d’adaptation cinématographique. C’est le cas de Une nuit à Rome, mais aussi de L’invitation et de Petites éclipses. Voilà une belle reconnaissance du talent d’un auteur qui ne se lasse pas d’explorer, avec un réel talent, les états des âmes et des corps d’une génération.

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Les dessins et les couleurs sont toujours aussi lumineux et plaisants à l’œil. Les cadrages aussi réussis qu’étudiés, les très beaux décors de Paris sous la neige ainsi que les courbes féminines sensuelles donnent à l’album un charme indéniable. Cette dérive sentimentale, parfois douce-amère,  aborde subtilement les difficultés des couples vieillissants dans leur intimité et leur sexualité tout en gardant un ton léger mais juste.

 

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Skippy

20/03/2017

Les solitaires

cov.jpg4.jpgScénario et dessin : Tim Lane

Editeur : Delcourt

Collection : Outsider

296 pages – broché

Sortie : 1er mars 2017

Nouvelles graphiques

 

Présentation de l’éditeur :

Tim Lane revient avec des histoires toujours aussi sombres, qui revisitent les grands mythes contemporains de la culture populaire américaine. De la beat generation au punk rock en passant par les gangs de motards.

Après "Noir c'est noir", paru en 2009, Tim Lane poursuit son panorama de l'Amérique des sans-grade, motards rebelles et autres clochards célestes.

Un fan de punk s'enivre dans son pick-up, un gars quitte sa famille et roule jusqu'à un parc d'attractions abandonné, un jeune fugueur se retrouve dans un train de marchandises avec un vieux hobo...

Une quarantaine d’histoires qui se répondent entre elles, dans la lignée d’un Charles Burns.

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Mon avis :

Cet album, pavé de près de 300 pages bien tassées, mérite plusieurs niveaux de lecture. En le parcourant, on sent tout de suite qu’on a affaire à une compilation d’histoires courtes qui ont toutes leurs particularités narratives. Des strips « classiques » alternent avec de longs blocs de textes, des photos, des illustrations pleine page, des figurines en papier à découper, coller et monter, des pages dépliables, des paroles de chansons, des extraits de pseudo vieux fanzines, des fiches techniques, des croquis, … Au total, cela donne un objet à vocation esthétique dont la cohérence s’impose au fil de la lecture.

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Les références à Burns ou Eisner sont évidentes et l’usage des noirs et blancs parfaitement maîtrisé. Il se dégage de l’ensemble une impression de violence vaine et désespérée, parfaite image de dérives dans une médiocrité sombre et mélancolique. De cette noirceur naît une vision poétique de celui qu’on peut qualifier de grand auteur. La fascination du lecteur s’opère progressivement et une inquiétude quasi-philosophique s’installe.

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Skippy

18/03/2017

Alicia

cov.jpg2.jpgAuteur : Juan d’Oultremont

Editeur : Les Editions du Caïd

80 pages – cartonné

Sortie : 19 mars 2017

Roman graphique

 

C’est absolument un roman
C’est totalement une BD
C’est sans doute pour ça que c’est si particulier

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« Alicia » de Juan d’Outremont aux Editions du Caid
A découvrir le dimanche 19 mars 2017.

Deux séances de dédicaces : de 13h à 15h et de 17h à 19h30
chez Cook and Book : Place du Temps Libre 1, 1200 Bruxelles

Dédicaces, performances, ex-libris, polaroïds et Ford Mustang, voilà les ingrédients qui présideront au lancement d’Alicia.

Alicia est une (expérience de) bande dessinée de 64 pages réalisée au moyen de pictogrammes découpés dans les manuels de photographie amateur. Des vignettes qui glissés dans un album pour collection de timbres, finissent par perdre leur abstraction graphique pour se charger d’une épaisseur psychologique.

Le scénario se présente comme un triller métaphysique. Un jeune homme équilibré et promis comme le prétend son père à une brillante carrière dans le difficile secteur de l’outillage se retrouve « irradié » par Alicia. Un prénom de 6 lettres qui recouvre la personnalité fantomatique. Des quelques semaines que dure leur relation, le narrateur garde le souvenir d’un secret lentement dévoilé. Par couches quasi sédimentaires, la véritable personnalité d’Alicia va se préciser, dessinant progressivement les contours d’un être aussi sulfureux que séraphique. Et si cette ex-miss Chypre était la propre fille de…

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Mon avis :

Artiste offrant une certaine résistance à la classification, Juan d’Oultremont nous donne, avec Alicia, un peu de fil à retordre les poncifs de la narrativité romanesque illustrée. C’est que ce collectionneur à la compulsion modérée cherche surtout à nous passionner et nous surprendre. Objectif atteint avec ce phantasme introspectif, aux rares dialogues, sous emballage imitation cuir bleu, skaï de noble facture. Au propre comme au figuré, comme il est possible d’entrer littéralement dans cette histoire et de poser dans une planche géante (à la librairie  Cook and Book), tout lecteur averti ne pourra échapper à l’étrange pouvoir d’attraction de cette nébuleuse expérimentation narrative. Espérons qu’il n’en sorte pas indemne, mais régénéré par ce qui est finalement un exercice de style réussi.

 

Skippy

16/03/2017

Les cent nuits de Hero

cov.jpg2.jpgScénario et dessin : Isabel Greenberg

Editeur : Casterman

232 pages – cartonné

Sortie : 22 février 2017

Conte graphique

 

 

Présentation de l’éditeur :

Après les mythes universels, Isabel Greenberg revisite le grand récit fondateur : Les mille et une nuits.

Après l’Encyclopédie des Débuts de la Terre, Isabel Greenberg revient avec une nouvelle épopée emplie de bravoure et d’exploits. Préparez-vous à être une fois de plus éblouis par la puissance phénoménale des contes et à assister au triomphe de l’amour sur la plus terrible des adversités !

Vous découvrirez la trahison, la loyauté, la folie, de mauvais maris, des amants fidèles et infidèles, de sages veilles biques, des lunes qui descendent du ciel, des instruments de musique au franc-parler, des amis, des frères, des pères, des mères et par-dessus tout, beaucoup, beaucoup de sœurs.

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Résumé :

Comme dans Les mille et une nuits, il s’agit de sauver une jeune femme, celle-ci s’appelle Cherry. Son époux l’a pariée, elle et sa vertu, contre un nouveau château. Chaque nuit, elle doit tenir bon et repousser les redoutables avances d’un châtelain particulièrement libidineux et brutal.

Elle peut heureusement compter sur sa servante et véritable amoureuse, Hero. Soir après soir, la conteuse arrive à protéger l’honneur de Cherry en détournant l’attention du prétendant avec ses passionnants récits. Hero fait partie de la ligue secrète des conteuses et le pouvoir de son verbe est hypnotique.

Comme dans le classique de la littérature Arabo-Persane, le procédé narratif se reproduit nuit après nuit.

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Mon avis :

Isabel Greenberg nous livre une bande dessinée dont l’apparente simplicité du dessin sert merveilleusement bien un scénario d’une grande complexité. L’histoire présente une densité extraordinaire : les contes s’imbriquent et s’interpénètrent pour nous faire entrer dans la mythologie d’un monde imaginaire.

Un trait épais allant directement à l’essentiel, des noirs et hachures évoquant la gravure, un aspect charbonneux : le graphisme atteint ici un niveau atemporel dans son minimalisme.

Un ton humoristique, résolument féministe, agrémente le message d’espoir d’une auteure dont le talent nous mène dans des contées d’une fascinante étrangeté. Ce livre est une invitation à la tragédie et au triomphe de l’intelligence amoureuse. Laissez-vous séduire !

 

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Skippy

07/03/2017

Un bruit étrange et beau

Couv_287738.jpgScénario :zep
Dessin : zep
Éditeur : Rue de Sèvres
84 pages
Date de sortie :  5 octobre 2016
Genre : drame romantique

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

William a choisi la solitude et le silence, il y a 25 ans, en intégrant l'ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c'est tout un monde nouveau qu'il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu'il va retrouver...

 

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Mon avis:

Une belle histoire, des personnages humains très purs. Comment ne pas s'émouvoir en suivant la vie de ce moine chartreux qui a choisi l'isolement et qui va retrouver, l'espace de quelques jours, l'existence "normale" que nous avons, nous autres, avec nos smartphones, notre course perpétuelle pour le travail, les magasins, l'argent... Pendant ces quelques jours dans la capitale, William goûte à tout ce qu'il n'a pas connu ou oublié: les femmes, les repas riches, la violence, l'amour et l'amitié, les femmes (Ah ! je l'ai déjà dit)... Le moine va alors peser le pour et le contre et la décision qu'il prendra ne sera, peut-être, pas si surprenante que cela.

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Bref ! un album tendre, reposant, aux couleurs pastels qui nous fait réfléchir aux vraies valeurs des choses; un album à lire et relire car il nous fait rire (le lot obtenu par William en héritage), nous émeut (le beau personnage de Méry) et nous rend la vie plus agréable à vivre par les temps qui courent.

JR

 

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