17/02/2018

Terre gâtée

1.jpg4.jpgTome 01/04 - Ange le migrant

Scénario : Marguerite Abouet et Charli Belleteau

Dessin et couleurs : Christian De Metter

Editeur : Rue de Sèvres

84 pages – cartonné

Parution : 24 janvier 2018

Fable contemporaine

 

Présentation :

Un homme défiguré et affaibli arrive dans un village africain. Qui est-il ? Pour les Natifs et le sorcier du village, c’est un migrant qui n’a pas réussi à traverser la mer. Pour le pasteur, c’est un ange, jamais personne n’est revenu vivant du désert. C’est ainsi qu’il le prénomme. Ange est soigné et réussit à se faire embaucher sur le chantier de la route de l’Ouest. 
Dans une Afrique en plein essor, Claudia, une veuve et influente femme d’affaires, dirige ce chantier. 
Secondée par Benjamin, jeune blanc marié pour « convenance familiale » à sa fille Grace, Claudia y exploite les migrants de passage, toujours plus nombreux à tenter un départ vers l’Europe. Le chantier s'étend sur les territoires des Errants et prive le peuple nomade de ses terres. La tension monte dans la région. L’heure de la vengeance a sonné ! 

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Mon avis :

Fable sur l’Afrique contemporaine aux allures de western, Terre gâtée est une série qui se donne une certaine ambition. Sa parution est programmée sur quatre tomes et ce premier doit être considéré comme une mise en place du contexte et des personnages. C’est tout d’abord une fable et dans ce type de récit, on n’échappe pas aux réductions archétypales. Ensuite, c’est une sorte de western contemporain et crépusculaire, ce qui est surtout perceptible dans les cadrages et la colorisation. Enfin, l’Afrique proposée ici n’a rien de réelle, c’est plutôt un condensé des maux qui affectent le continent. A condition d’accepter ces prémisses, la lecture de l’album s’avère intéressante. Certains lecteurs auront peut-être du mal à s’y retrouver dans la confusion d’une première lecture superficielle. Ils pourraient n’y voir qu’un ramassis des clichés habituels sur le sujet. Je les invite cependant à prendre le temps de considérer cette histoire avec une bienveillance et d’apprécier le travail graphique qui ne manque pas d’épaisseur. A suivre …

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Skippy

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13/02/2018

Infinity 8 - tome 6 - connaissance ultime

infinity 8, trondheim, biancarelli, guibert, rue de sèvres, science-fiction, space opéra, 01/2018, 5/10infinity 8, trondheim, biancarelli, guibert, rue de sèvres, science-fiction, space opéra, 01/2018, 5/10Scénario : Lewis Trondheim, Emmanuel Guibert
Dessin : Franck Biancarelli
Éditeur : Rue de Sèvres
88 pages
Date de sortie :  janvier 2018
Genre : science-fiction

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’agent Leïla Sherad a rendez-vous avec un mystérieux vaisseau au cœur du mausolée : elle sait où et quand il sortira de distorsion, apportant avec lui les réponses qu’elle est chargée de communiquer au Capitaine. Guidée dans ce labyrinthe archéologique par un alien érudit, elle découvre que rien n’est laissé au hasard dans l’apparent chaos de la nécropole. Mais l’agent et son compagnon ne sont pas les premiers à comprendre enfin ce qui relie les tombes entre elles : évoluant pendant des millénaires à l’écart de toute autre forme de vie, un organisme végétal à l’appétit dévorant est prêt à s’étendre comme un cancer sur la nécropole et bien au-delà. Une plante qui pense, des morts qui parlent, et des révélations décisives : une sixième mission qui sonne l’heure des premières réponses ! 

 

"Nous ne sommes pas face à une civilisation avec une culture, mais face à un organisme végétal unique"

 

 

Mon avis

Ouverture de la sixième trame temporelle à bord de l'infinity 8, avec une nouvelle mission pour une nouvelle agent membre de la brigade des douanes section art et antiquités. Voilà qui promet son lot de révélations quant à ce gigantesque amas de mausolées qui bloque le vaisseau spatial dans sa course.

Lewis Trondheim est toujours aux commandes et s'adjoint au scénario les services d'Emmanuel Guibert qui est étrangement crédité des "discussions". Les dialogues quoi. Bizarre de mettre ce point en avant pour des dialogues très corrects, mais sans non plus casser la baraque. Passons.

Côté révélations, on reste clairement sur notre faim malgré l'entrée en scène de cette nouvelle forme de vie qui n'apporte pas véritablement de réponses à cette énigme spatiale. Les réponses, on nous les promets dans le tome 7. On va donc patienter encore un peu alors.

Le dessin est assuré par Franck Biancarelli. Dans une veine semi-réaliste, il est beaucoup plus sage que ces prédécesseurs et offre un dessin plus conventionnel, s'éloignant un peu du style pulp et déjanté des autres volumes de la série. Il n'en demeure pas moins très agréable à l’œil avec des scènes spatiales d'une grande virtuosité donnant cette sympathique ambiance de spcae opéra.

Au final, ce sixième opus est beaucoup plus posé et sage que tous les autres et offre par conséquent une lecture un poil moins exaltante.

Espérons que l'accroche du septième reboot tienne ses promesses !

 

Loubrun

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Les autres tomes de la série

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20/11/2017

Le choix de Gaëlle.

J’ai proposé à Gaëlle (12 ans) de faire un classement basé sur ses préférences pour 4 titres jeunesses. Il y avait en « compétition » Yennega, Princesse Sarah T10, Pile ou face T2 et Lila T2.
Des titres jeunesses pour une jeune demoiselle, chez SambaBD on essaye toujours de trouver un lecteur adéquat et non un vieux croûton pour juger des titres qui ne lui sont pas destinés.

Alors en 1.
princesse sara t10.jpgprincesse sara 10.jpgPrincesse SaraT10 La guerre des automates.
Scénario : Alwett Audrey
Dessin : Moretti Nora
Editeur : Soleil.
Sortie : 20 septembre 2017.
Sara s’apprête à entrer au prestigieux Club des Automates. L’examen en est redoutable, il lui faut néanmoins le réussir si elle veut poursuivre son éclatante
 carrière.

Là, son choix est hyper facile car c’est sa série préférée. C’est une explosion de joie quand elle reçoit le nouvel album de princesse Sarah, il est instantanément dévoré. Du romantisme, une héroïne charismatique, de l’aventure, de l’exotisme, de situations « injustes » qui fait battre les petits cœurs et le tour est dans le sac. En plus, là c’est Samba qui parle, le dessin est magnifique, les détails vestimentaires dans un style steam-punk sont franchement remarquables. Bref, si vous avez une jeune fille de 10-14 ans, Princesse Sarah, c’est un INDISPENSABLE.

En 2
lila t2.jpglila.jpg Lila T2 T’es belle et tu sens bon !

Scénario : Séverine de la Croix
Dessin : Pauline Roland.
Editeur : Delcourt.
Sortie : 20 septembre 2017.
Rien ne va plus pour Lila depuis cet été : son père se remarie et lui a demandé
 d’être sa demoiselle d’honneur. Lila a surtout envie d’avaler les alliances qu’on lui confie.


Elle a trouvé cet album tout simplement EXEPTIONNEL. C’est trop drôle et complètement délirant. Tout y est pour amuser les jeunes avec un univers très décomplexé et très tendance (surtout les petites annotations). En plus, le dessin est trop pétillant et amusant.
Là aussi un très bon album !

En 3
yennega.jpgyennega t1.jpgYennega, La femme lion.

Scénario : Yann Degruel
Dessin : Yann Degruel
Editeur : Delcourt.
Sortie : 21 juin 2017.
Un roi rêvait d’avoir un garçon. Il eut une fille qu’il appela Yennega.

Un album plus philosophique (oui oui c’est bien le terme qu’elle m’a indiqué) avec un focus sur les droits de la femme, un album qui fait réfléchir sur la place de la femme dans nos sociétés.
Encore une fois, un album qu’elle a lu à deux reprises et qui s’avère excellent.

En 4
pile ou face.jpgpile ou face t2.jpg Pile ou face T2 L’ île aux trésors.

Scénario : Hope Larson.
Dessin : Rebecca Mock.
Editeur : rue de Sèvre.
Sortie : 23 aout 2017.

Tandis qu'Alex trouve sa place parmi les marins, Cléo, seule fille à bord, s'entraîne à l'escrime contre l'avis de son frère pour tromper l'ennui et se changer des tâches ménagères. 
Là, elle a nettement plus difficile et n’a pas accroché à l’affaire. Je pense aussi que l’histoire proposée et son sens de l’aventure sont plus propice à un lectorat masculin.
Voilà, la BD nous offre encore la preuve de sa grande diversité. N’hésitez pas à offrir ces lectures à vos enfants, une belle alternative aux occupations modernes et tellement plus enrichissantes.


Gaëlle + Samba.

 

02/11/2017

Rencontre avec Yvon Roy pour Les petites victoires

IMG_9012.JPGIl y a quelques jours, SambaBD a rencontré Yvon Roy, l'auteur du très émouvant Les petites victoires. A peine descendu de l'avion et entre deux rendez-vous importants, Yvon nous a très gentiment accordé un entretien d'une vingtaine de minutes dans lequel il revient sur la genèse de sa BD mais aussi sur les passages difficiles qu'il a dû traverser et revivre au moment de sa conception. Devant l'accueil qu'elle a reçu et le bien qu'elle fait aux familles atteintes, il est rassuré de voir que tout ça n'aura pas été vain.

 

 

Couv_304322.jpgSambaBD : Les petites victoires Est-il un livre totalement autobiographique ou partiellement romancé (en dehors des changements de noms) ?

 

Yvon Roy : C’est totalement autobiographique. La seule chose, parfois, pour permettre de faire des scènes plus courtes, je changeais le lieu où ça se passait. Ça me permettait de jumeler deux situations. Sinon, ça aurait fait 300 pages. En dehors de ça, tout ce qui est dans le livre a été vécu.

 

« Quand il y a de l’émotion de transmise, la connaissance devient plus intéressante à acquérir… »

 

SambaBD : Quelle est la genèse de ce projet ? Qu’est-ce-qui vous a donné l’idée de faire cette BD ?

 

Yvon Roy : En fait, ça date de l’époque où mon fils était beaucoup plus jeune. Au moment où j’ai commencé à avoir mes premières victoires avec lui, mes premiers succès. Les gens du milieu soignant se sont mis à me poser des questions. Comment se faisait-il que mon fils progressait comme ça ? Ils voulaient savoir ce qui se passait à la maison. Je leur ai donc donné des trucs que j’utilisais, que j’avais mis au point... Et ces professionnelles, éducatrices spécialisées, orthopédagogues, ont essayé ces trucs-là avec le même succès. Alors, l’une d’elles m’a dit : « il faudrait peut-être que tu écrives un livre, quelque chose, tout petit même, de façon à transmettre les connaissances que tu as acquises et que ça fasse partie de la somme globale des connaissances sur l’autisme. » Il s’agissait en fait de solutions qu’on ne connaissait pas, qui n’étaient pas enseignées mais qui fonctionnaient… et qui fonctionnaient vachement bien.

Les gens se sont mis à insister : « quand-est-ce que tu le fais ton livre ? » Malheureusement, pour moi, ça représentait l’obligation de me replonger dans le passé, dans les moments douloureux… J’avais plus ou moins envie mais je retardais constamment le projet jusqu’à ce que Régis (Loisel - NDLR) me dise : « Non mais ça suffit là, fais-en une BD ! » C'était le bon choix. Au départ, j’avais pensé à faire un petit fascicule avec du texte et quelques illustrations, donc très didactique. Mais quand Régis m’a parlé d’une BD en insistant : « Tes connaissances vont bien mieux passer comme ça. » j'ai réalisé qu'il avait raison. Pourtant, au début, ce qu’il proposait était, encore une fois, quelque chose de relativement technique. J’ai donc décidé de prendre des chemins de traverse et je me suis dit que j’allais faire carrément un roman graphique. Avec ça, une histoire pour que les gens RESSENTENT. Qu’il y ait de l’émotion de transmise. Quand il y a de l’émotion de transmise, la connaissance devient plus intéressante à acquérir, sinon ça peut être un peu sec.

 

SambaBD : On peut dire que du côté de l’émotion c’est parfaitement réussi.

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Et,sinon, Le Noir et Blanc est-il un choix pour cette BD ou travaillez-vous toujours ainsi ?

 

Yvon Roy : Je considérais que le dessin devait être en retrait par rapport au propos. La couleur aurait rendu ça trop… On serait trop rentré dans une histoire imaginée, ce que je ne voulais pas. Je voulais un côté un peu neutre.

 

«…les spécialistes l’avouent eux-mêmes : ils en connaissent peu sur l’autisme. »

 

SambaBD : Et quelle était votre intention en faisant cette BD ?

 

Yvon Roy : Premièrement, j’aurais aimé qu’on m’offre cette Bande Dessinée là quand j’ai eu le diagnostic.

 

SambaBD : Donc une aide, en fait ?

 

Yvon Roy : Disons, un témoignage d’un parent qui a exploré à fond. Pas juste un compte-rendu de « comment j’ai vécu ça, comment j’ai souffert ». Ça existe déjà, et en quantité… Non, plutôt un témoignage de « comment j’ai réussi à repousser l’autisme et comment j’ai décidé de plonger à fond dedans ». Parce que… c’est un défi que je me suis imposé… A un moment donné, on m’a dit que mon fils ne me ferait peut-être jamais de câlins, qu’il ne me regarderait sans doute jamais dans les yeux ! Et ça, ça m’a fâché. Je me suis dit : « mais attends là, tu me coûtes des mille et des cents en orthopédagogue, en orthophonie, etc… et pis moi je n’aurais pas de câlins en échange ? » Parce que c’est quand même notre récompense de parents, non ? Alors j’ai dit : « Non, ça ne fonctionne pas ça… ça ne fonctionne pas ! ». Et donc, à partir de ce moment-là j’ai décidé de considérer mon gamin comme un enfant avant de considérer qu’il était autiste. « T’es un gamin, t’as tout ce qui faut en toi ! Il faut juste que je sois plus patient qu’un parent ordinaire ». C’est tout. Et s’il y a une chose que je veux que les parents retiennent c’est bien ça. En fait, mon but, c’est de donner un coup de main, donner un petit morceau d’espoir, donner des pistes, ce que j’aurais tellement aimé avoir…. Si ça peut leur sauver du temps d’exploration et leur permettre ainsi d’intervenir encore plus tôt. Si ça peut les aider à obtenir des résultats encore meilleurs…

Ce que je fais avec ce livre-là, c’est que je donne la permission aux parents d’être les meilleurs pédagogues pour leurs enfants autistes. Parce que j’ai vu beaucoup, beaucoup de parents qui prenaient ce qu’on leur disait, la documentation, etc. comme une religion. Évidemment, on est porté à faire ça, on a affaire à des spécialistes… Sauf que les spécialistes l’avouent eux-mêmes : ils en connaissent peu sur l’autisme.

 

SambBD : Êtes-vous satisfait de l’accueil général de cette BD ?

 

Yvon Roy : Absolument ! Je suis très content. Il y a déjà plusieurs parents qui m’ont témoigné avoir essayé des trucs… Il y a une mère qui me disait, les larmes aux yeux, qu’après quatre jours seulement, après avoir lu le bouquin et commencé à travailler différemment avec son enfant, elle avait déjà des résultats.

 

SambaBD : Avec le recul, êtes-vous satisfait de cette BD parue il y a 5 mois déjà ?

                                                      

Yvon Roy : Non, je ne suis pas totalement satisfait parce que, évidemment, contrairement à une histoire imaginée, étant donné que c’est du vécu, il y a énormément de matériel… J’avais des pages et des pages de thèmes. Chaque thème a été traité, et certains thèmes par la bande, alors que j’en traite un autre. Ça a été un enchevêtrement pour réussir à faire passer toute l’information sans que ça soit lourd. Ça a été énormément de travail. Et, par le fait même, je n’ai peut-être pas mis autant de temps dans le dessin que je ne l’aurais voulu parce que je travaillais énormément sur le scénario. Ça m’a pris énormément de temps à faire que ce patchwork-là, parce que c’est vraiment un patchwork, devienne une histoire qui se suit et non un pavé syncopé.

 

SambaBD : D’autres BD vous ont-elles inspiré ?

 

Yvon Roy : Définitivement : L’ascension du Haut-Mal et Les pilules bleuesL’ascension du Haut-Mal c’est une œuvre immense, graphiquement, et puis… Lui il y a mis du temps au dessin.

 

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« Fais-toi une bulle avec ton enfant, à l’abri du regard des autres, à l’abri du jugement des autres. Isole-toi avec lui. Comprends-le. Agis ! »

 

SambaBD : Dans ce livre il n’y a pas beaucoup de références au Québec. Avez-vous pensé au lectorat Francophone et donc potentiellement européen ou est-ce juste le fruit d’une vision plus universaliste de votre part ?

 

Yvon Roy : C’est une vision universaliste. Je voulais qu’il n’y ait aucun marqueur important qui fasse qu’on puisse moins s’identifier. Je voulais que, quand il sera traduit en anglais un jour ou l’autre, il n’y ait pas de références culturelles qui soient dérangeantes pour le propos, qui viennent divertir du propos principal qui est : « Fais-toi une bulle avec ton enfant, à l’abri du regard des autres, à l’abri du jugement des autres. Isole-toi avec lui. Comprends-le. Agis ! »

 

SambaBD : Même si vous vous adressez à tout le monde, notamment aux parents, avez-vous des retours du milieu médical spécialisé par rapport à cette BD ?

 

Yvon Roy : Une chose est certaine, j’ai été surpris. Je pensais me faire rentrer dedans. Eh bien, pas du tout ! Pas du tout ! J’ai écumé l’Internet depuis sa parution et tous les commentaires sont positifs. Même de gens ayant des enfants autistes. Même de gens travaillant dans le domaine de l’autisme. Par ailleurs, le livre a été soumis à deux spécialistes par les éditions et tous les commentaires sont positifs. Tous, tous, tous… Je n’ai pas encore réussi à trouver un commentaire négatif… J’étais persuadé que ça allait arriver… Je me disais : « Je touche à quelque chose de tellement sensible. » Hé ben non, pas du tout. Le monde voit l’espoir que j’insuffle.

 

SambaBD : Ça semble pourtant logique mais c’est vrai que parfois, dans certaines professions, notamment dans le domaine médical, c’est un peu délicat, on peut vous reprocher d’empiéter…

 

Yvon Roy : Oui, oui… Ou simplement, parfois, un parent qui l’a eu très difficile et qui va dire : « Oh mais c’est facile, lui il l’a eu facile… », ce qui n’est pas vrai, parce que, au départ, mon fils était très affecté…

 

« …ta vie change et tu sais que ta vie ne rechangera pas dans l’autre sens. »

 

SambaBD : Et donc, à contrario, y-a-t-il eu des demandes d’interventions en milieu spécialisé pour étudier voire tenter de reproduire votre démarche, votre méthode, si on peut parler de méthode ?

 

Yvon Roy : Comme je l’ai dit, oui, il y a des éducatrices spécialisées qui ont reproduit en centre et qui ont eu les mêmes résultats. Pour le moment, beaucoup d’associations recommandent le livre.

Et c’est vrai que durant l’écriture, quand j’ai eu des moments de creux, des moments difficiles, parce que je devais revivre des moments que je n’avais pas eu le temps de vivre à l’époque…

 

SambaBD : Comment ça ?

 

Yvon Roy : Parce qu’on est dans l’action. T’as pas le temps de pleurer. T’as pas le temps de t’épancher. Tu dois… Tu te fais un visage puis tu vas au front. Mais quand j’ai fait le livre, ça a été pénible. Et tout ce qui me retenait à ça, toujours, c’était l’idée de parents qui… Ne serait-ce que par l’espoir que je donne, et peut-être les trucs aussi… Ne serait-ce que par le fait de leur dire : « étudie ton enfant. Ne prends pas les traitements génériques comme seuls traitements de ton enfant. » Et l’idée que des enfants et des parents puissent avoir une meilleure vie grâce à un livre, je me suis dit : « il faut que j’y aille, il faut que je le fasse. »

Parce que c’est trop dur. C’est horrible ! Ce diagnostic-là il est terrible ! Il y a un taux de suicide incroyable chez les parents d’enfants autistes. C’est terrible ! C’est une claque sur la gueule. Parce que ta vie change et tu sais que ta vie ne rechangera pas dans l’autre sens.

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SambaBD : C’est certain… Mais si l’on regarde vers l’avenir, avez-vous des projets actuellement ?

 

Yvon Roy : Oui, et curieusement, il se peut que je fasse un autre roman graphique autobiographique sur mon enfance. Parce que j’ai vécu une enfance atypique. C’était l’époque où la religion s’agrippait encore. La religion est partie beaucoup plus tard au Québec. Les lumières sont arrivées en retard chez nous. Il y avait beaucoup de sectes et j’ai donc grandi dans ce milieu-là, retiré des écoles, dans une secte.

Ou alors, carrément, m’évader dans quelque chose de complètement gore, complètement aux antipodes…

 

SambaBD : Avec un traitement graphique différent je suppose ?

 

Yvon Roy : Totalement ! (rires)

 

Odradek.

31/10/2017

Les petites victoires

yvon roy,les petites victoires,autisme,rue de sèvresyvon roy,les petites victoires,autisme,rue de sèvresScénario : Yvon Roy
Dessin : Yvon Roy
Éditeur : Rue de Sèvres
160 pages
Date de sortie : 10 mai 2017
Genre : Roman graphique autobiographique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

yvon roy,les petites victoires,autisme,rue de sèvresLe témoignage bouleversant d'un père sur le combat qu'il mène au quotidien avec son fils.

Comment dire à son fils tant désiré qu’il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psychomoteurs, inadaptation sociale...

C’est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

 

 

 

 

 

Mon avis

Les Super-Héros existent, certain font même des bédés. Celui-ci ne porte ni cape ni masque et pourtant… Pourtant, moi qui suis un jeune papa (de 42 ans, tout de même…), je peux vous dire qu’à la lecture de ce magnifique ouvrage, je suis tombé en admiration pour son auteur : Yvon Roy, un Super-Héros.

yvon roy,les petites victoires,autisme,rue de sèvres

Dans Les petites victoires, il nous montre comment, à force de courage, d’abnégation et d’amour, il a réussi à élever (c’est le cas de le dire !) son enfant autiste pour l’amener bien au-delà des diagnostics et prévisions pessimistes du monde médical. Bien sûr, cela n’a été ni facile, ni sans conséquences, notamment pour sa vie familiale. Mais la patience qu’il a su et voulu développer pour lutter contre le pronostic des médecins concernant les aptitudes mentales et sociales à venir pour son enfant forcent le respect. La manière qu’il a de nous raconter ça à travers cette BD est également très émouvante. Il faut dire que les dessinateurs ont cet avantage sur les écrivains qu’ils possèdent une technique de plus, visuelle en l’occurrence, qui leur permet d’exprimer des sentiments en quelques traits, quelques expressions, et qui, comme on le dit souvent, valent mieux qu’un long discours.

yvon roy,les petites victoires,autisme,rue de sèvresAvec une grande honnêteté, avec pudeur parfois, Yvon Roy nous fait part de ses doutes, de ses défauts mais également de ses petites victoires. Ces dernières résultent de la mise en place de petits trucs, de petites routines, fruits de l’esprit forcément très imaginatif d‘un dessinateur. Par son trait simple et précis, en noir et blanc, il parvient à transmettre toute l’émotion nécessaire à une meilleure appréhension des problématiques qu’il développe.

En gros, ce livre est une très belle réussite. Comme l’espère son auteur, gageons qu’il donnera à la fois de l’espoir et des pistes de travail aux gens, parents, entourage familial et professionnel, qui côtoient des enfants autistes. Et je ne vous parle même pas de la leçon d’éducation et de patience envers les enfants qu’il représente pour TOUS les parents. Sans déc’, ce type est un Super-Héros !

 

 

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Odradek

27/10/2017

La forêt millénaire

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Jirô Taniguchi

Editeur : Rue de Sèvres

76 pages – cartonné

Format « à l’italienne » (28.7x22.8)

Parution : 27 septembre 2017

Jeunesse

Présentation :

Dernière création de Jirô Taniguchi, cette bande dessinée en couleurs occupe une place à part dans l'œuvre du maître. Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d’enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Les pages en couleurs et à l’italienne de Jirô Taniguchi nous invitent à la contemplation de cette nature séculaire. Elles sont complétées par un entretien poussé avec l’éditeur japonais de Jirô Taniguchi et du matériel inédit provenant des carnets personnels de l'auteur.

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Mon avis :

Prévue en 5 tomes et commandée par la maison d’édition parisienne Rue de Sèvres, la série La ­Forêt millénaire n’aura connu qu’un seul album complètement achevé et un deuxième crayonné et découpé. Le décès de l’auteur a mis fin à une œuvre qui reprend ici quelques-uns de ses thèmes de prédilection : l’enfance, la nature, la recherche de la beauté et de l’harmonie, pour aboutir à une fable écologique et philosophique. Avec un rythme narratif parfois proche de la contemplation et un bel usage de l’aquarelle, Taniguchi opère alors une fusion subtile entre les approches graphiques du manga japonais et de la BD européenne. Cette épure évanescente, destinée à la jeunesse (mais pas seulement) est publiée dans un très bel écrin.

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La partie dessinée est suivie d’un entretien avec Corinne Quentin, la traductrice et Motoyuki Oda, l’éditeur chez Shogakukan qui publie les mangas de Taniguchi. Ils reviennent sur la genèse du récit pour rendre un hommage émouvant et plus que mérité à un mangaka qu’ils considèrent comme un maître.

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Skippy

 

 

 

26/10/2017

Là où naît la brume

là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10Scénario : Christian Perrissin
Dessin : Christophe Gaultier
Éditeur : Rue de Sèvres
72 pages
Date de sortie :  août 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Un road movie intimiste, dans lequel Josh affronte son passé et finit par se trouver lui-même. Josh, petite trentaine baroudeuse et tatoué, a récemment quitté la marine. Sac au dos, il trace sa route à travers la campagne de l’île de Terre-Neuve. Le climat y est rugueux, comme la vie sur place. Il part à la recherche de son père qui s'y est installé et a disparu, à défaut d’affronter ses fantômes. à moins que Ruthie-Jane, qui semble plus douée pour la vie que lui, ne le pousse à se rechercher lui-même. Mais les brumes sont tenaces en Terre-Neuve, et la route toujours tentante.

 

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Mon avis

De la grisaille de Fécamp au froid glacial de Terre-neuve, le ton brumeux de ce récit intiatique crépusculaire, et un peu glauque, ne quitte pas un instant les pages et finit par nous foutre le moral à zéro !

On éprouve peu voire pas de sympathie ni empathie pour ce personnage dont on dirait qu'il se complait dans sa dérive. Pas facile il est vrai de grandir et se construire sereinement quand vous avez eu un père qui vous a appris à nager à coup de rame dans la gueule ! La poisse est tombée sur Josh quasiment dès le berceau, et même peut-être avant. Josh trouvera ce qu'il cherche, et même ce qu'il ne cherche pas. Mais au final il restera le même, enfermé dans sa tristesse et se refusant le droit d'accéder au bonheur. Enfin, c'est comme ça que j'interprète ce voyage introspectif qui laisse assez peu de place à l'espoir.

Le dessin charbonneux de Christophe Gaultier contribue a enfoncer le lecteur dans une déprimante mélancolie. Tout est triste, lourd, pesant, sombre, humide et froid. De ce point de vue, on peut dire qu'il est bien raccord avec le récit. Toujours est-il que la lumière a vraiment du mal à entrer dans cet album et l'horizon semble obstinément bouché.

 

Sinon, le scénario est bien construit, bien équilibré, les séquences s'enchainent bien, la lecture n'est pas déplaisante, bien que très rapide, mais l'invitation au voyage habituelle chez Perrissin ne donne ici qu'une envie, celle de rester chez soi et de ne voir personne.

Un conseil quand même : si vous êtes dépressifs ou d'humeur maussade, n'ouvrez pas ce livre.

 

Loubrun

 

 

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24/10/2017

Streamliner - tome 2 - all-in-day

streamliner, fane, rue de sèvres, western mécanique, voitures, moto, courses automobiles,8/10,9/2017streamliner,fane,rue de sèvres,western mécanique,voitures,moto,courses automobiles,810,92017Scénario : Fane
Dessin : Fane
Éditeur : Rue de Sèvres
125 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : action, aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Ça passe ou ça casse !

Parmi les quarante enragés alignés au départ : Billy Joe, le chef du gang des Red Noses ; Nikky ‘The Head’ le miraculé ; Calamity, l’extravagante star du rock ; les mystérieux frères Jarret ; William Boney dit ‘le Kid’ ; la sulfureuse Sue, du gang des Black Panties ; et enfin, au volant de la mythique Black Widow, la jeune Cristal… Tous sont prêts à en découdre… Les médias se sont emparés de l’événement, les autorités, dépassées, n’ont pu contenir le flux de centaines de curieux venus assister au run du siècle. Tout le monde est là, les yeux rivés sur les drapeaux. Les moteurs chauffent, la tension monte… Le vieil O’Neil a parié : la station Lisa Dora est en jeu…

 

"- Je te dis tout ça pour que tu te préserves de nous, pour te donner une chance d'en sortir en vie !... Mais tu ne passeras pas le repère quatre... !

- Sale con ... Nous verrons bien!..."

 

Mon avis

Le premier tome nous avait laissé sur un cliffhanger des plus insoutenable après avoir fait monter la pression durant 158 pages. Heureusement, l'attente fut de courte durée !

On rentre donc ici dans le vif du sujet et les chevaux sont lâchés pour la course de la mort qui déchire tout ! Il n'y avait pas beaucoup de finesse dans le premier tome, il y en a encore moins ici. C''est du brutal ! Mais pas de soucis, parce que la finesse ça n'est pas franchement ce qu'on attend dans cette histoire et Fane en a bien posé les jalons dès le début. On veut de l'action, du bruit, de la fureur, des odeurs d'essence, d'huile et de poudre !

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Eh bien nous voilà servis ! Le final de ce diptyque est littéralement explosif et jouissif à souhait ! C'est très violent, gore, speed et les amateurs y trouveront les références qui vont bien : du Mad Max pour les bagnoles de dingues et les fous furieux qui les conduisent, du Tarantino – clin d’œil à son film le plus gore, Boulevard de la mort, du cinéma des frères Coen pour les personnages bien allumés, du Star Wars pour la course qui fait clairement penser à la course de Speeders, du Easy Rider pour le vent de liberté qui souffle sur ce western mécanique, de la Fureur de vivre pour le côté rebelle des protagonistes et ce besoin de vivre à 200 à l'heure.

Donc, Fane se lâche totalement tant au niveau narratif que graphique. Le scénario et la narration sont simplissimes, voire simplistes. Mais encore une fois, le but ici n'est pas de nous faire réfléchir mais plutôt de nous servir une espèce de défouloir libérateur d'énergie. Ceci étant, il y a quand même un vrai scénario, une vraie histoire et une fin qui offre son petit lot de surprises.

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Le graphisme quant à lui est une explosion de dynamisme. Les scènes sont vivantes, on voit quasiment les véhicules bouger grâce à un trait nerveux, des effets simples et très efficaces et un découpage entremêlant grandes et petites cases, ainsi que panoramiques et effets de loupe et gros plans. On prend en pleine face toute l'énergie déployée dans les coups de crayons de Fane.

Entre les chapitres, quelques fausses pubs offrent une pause au lecteur et lui permettent de reprendre son souffle avant de replonger dans l'enfer mécanique. C'est bien vu et graphiquement agréable à l’œil.

Enfin, cerise sur le gâteau, Fane nous offre 24 pages de bonus et nous présente les personnages, leur véhicules, une brève bio et quelques scènes coupées.

Une excellente série B, qui vous reposera bien les neurones après une semaine de boulot !

Loubrun

 

 

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Le tome 1

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23/10/2017

Les mille et une vies des urgences

Les mille et une vies des urgences, Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu, Rue de Sèvres, biographie, tranches de vie, hôpital.Les mille et une vies des urgences, Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu, Rue de Sèvres, biographie, tranches de vie, hôpital.Scénario : Baptiste Beaulieu
Dessin : Dominique Mermoux
Éditeur : Rue de sèvres
232
pages
Date de sortie :  13/09/2017
Genre : biographie, tranches de vie, hôpital.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L'humanité à bras-le-corps.

 

Baptiste est interne dans un service d’urgences. Celle qu’il surnomme la femme oiseau de feu voit ses jours comptés alors que son fils est coincé en Islande par un volcan au nom imprononçable. Baptiste n’a plus qu’un but, aider sa protégée à tenir jusqu'au retour de son fils. Pendant 7 sept jours, les journées du jeune interne sont rythmées par les moments qu’il passe à son chevet, à lui raconter toutes les vies de l’hôpital : les joies et peines des patients, les farfelus, les plus touchants, mais aussi la vie des internes et des infirmiers, leurs routines, leurs découragements, leurs amours parfois. Un témoignage rare et incroyablement touchant sur la terre méconnue mais essentielle que sont les urgences. Incontournable.

Les mille et une vies des urgences, Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu, Rue de Sèvres, biographie, tranches de vie, hôpital.

Mon avis

 

Quand le titre d'un bouquin vous promet les 1001 vies des urgences, on peut se permettre de croire que tout ceci va être palpitant, avec un rythme effréné, enivrant, speed. Mais c'est sans compter l’œuvre originale « Alors voilà, les 1001 vies des urgences » de Baptiste Beaulieu. L'objectif de ce roman – et par extension : de cette bande-dessinée – est de raconter la vie telle qu'elle s'écoule dans les locaux d'un hôpital. Un remake de « Grey's Anatomy » ou « Dr House » ? Ooooh non !

 

Si Baptiste arbore la même barbe naissance que Hugh Laury ou encore que le petit groupe de collègues/amis de l'hôpital de Auch fait penser à la bande de la célèbre série qui se déroule à Seattle : le reste en est plus « poétique », plus humain... et de ce fait : plus touchant !

 

Au fil des pages, aucun besoin de faire exploser l'audimat se fait sentir : c'est juste un homme qui raconte ce qu'il voit et vit à l'hôpital. Le tout raconté à une patiente – qui n'est même pas la sienne – qui se meurt d'un cancer en phase terminale. Une femme qu'il veut voir en vie, encore un peu, le temps que son fils revienne de Scandinavie, qu'il puisse la serrer dans ses bras pour un ultime au-revoir.

 

Alors Baptiste vient lui raconter les histoires qui se déroulent dans l'hôpital, des plus gênantes aux plus drôles, en passant par des anecdotes pas piquées des vers. Un régal. On en vient à aimer chaque personnage. Nous aussi, nous voulons que la dame surnommée « la femme oiseau de feu » résiste à la maladie le temps de retrouver son cher et tendre fils, la seule famille qui lui reste en plus de cette équipe de médecins.

Les mille et une vies des urgences, Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu, Rue de Sèvres, biographie, tranches de vie, hôpital.

Une semaine dans la vie de Baptiste Beaulieu, également scénariste de cet ouvrage. 7 jours pour des centaines de vies qui vont et viennent. Un subtile mélange de couleurs pastelles et de gris, agrémenté de textes manuscrits (heureusement, pas dans le style médical sans quoi nous n'aurions rien compris). Un dessin sommes toutes assez simples, loin de mes préférences, mais agréable. J'ai presque envie de dire « aussi simple que la vie elle-même ».

 

Oui, oui : je sais, la vie n'est pas simple. Mais elle suit son court, imperturbablement. Elle n'a besoin ni d'emphase, ni d'assombrissement. Elle est elle-même. Avec ses hauts et ses bas, avec ses joies, ses peines... alors un dessin plus élaboré n'aurait-il pas dénaturé ce petit bijou de la vie quotidienne ?!

 

 

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Autant vous dire qu'il fut un petit coup de cœur dans la nuée de lecture que j'ai en ce moment. Un moment de détente où, comme la femme oiseau de feu, je me suis laissée bercer par les aventures des urgences et du reste de l'hôpital.

 

À lire, à n'en pas douter.

ShayHlyn. 

20/10/2017

Aquarica

cov (2).jpg1.jpgTome 1/2 - Roodhaven

Scénario : François Schuiten et Benoit Sokal

Dessin : Benoit Sokal

Editeur : Rue de Sèvres

76 pages – cartonné

Parution : 11 octobre 2017

Aventures maritimes et fantastiques

 

Présentation de l’éditeur :

Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer.
Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé.
L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science.
Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.

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Mon avis :

Ce sont deux vieux complices, mais aussi deux auteurs mythiques de la bande dessinée, que j’ai eu l’occasion de rencontrer ce mardi 17 novembre. Pendant quelques minutes passionnantes, assis dans les sous-sols de la librairie Brüsel (Eh oui !), je les ai écoutés développer leurs visions respectives de cet étonnant album, fable écologique et fantastique, réalisé à quatre mains. Leur projet date d’une douzaine d’années et devait, en principe, déboucher sur un film, voire un jeu vidéo. Le matériel préparatoire (écrits, crayonnés, story-board, ...) s’accumulant au fil du temps, il leur a paru opportun d’en faire un album, même si d’autres possibilités médiatiques restent possibles. Cela donne un récit au scénario habile, nourri de nombreuses références littéraires et au découpage narratif parfaitement maîtrisé. Le dessin de Benoit Sokal, identifiable au premier coup d’œil, donnent à découvrir un panel de trognes diverses et de belles  ambiances, sombres ou lumineuses selon les contextes.Une impression de fluidité à la lecture fait que les pages semblent se tourner quasi d’elles-mêmes. Aucun ennui, aucun temps mort ! 

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