20/10/2017

Aquarica

cov (2).jpg1.jpgTome 1/2 - Roodhaven

Scénario : François Schuiten et Benoit Sokal

Dessin : Benoit Sokal

Editeur : Rue de Sèvres

76 pages – cartonné

Parution : 11 octobre 2017

Aventures maritimes et fantastiques

 

Présentation de l’éditeur :

Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer.
Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé.
L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science.
Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.

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Mon avis :

Ce sont deux vieux complices, mais aussi deux auteurs mythiques de la bande dessinée, que j’ai eu l’occasion de rencontrer ce mardi 17 novembre. Pendant quelques minutes passionnantes, assis dans les sous-sols de la librairie Brüsel (Eh oui !), je les ai écoutés développer leurs visions respectives de cet étonnant album, fable écologique et fantastique, réalisé à quatre mains. Leur projet date d’une douzaine d’années et devait, en principe, déboucher sur un film, voire un jeu vidéo. Le matériel préparatoire (écrits, crayonnés, story-board, ...) s’accumulant au fil du temps, il leur a paru opportun d’en faire un album, même si d’autres possibilités médiatiques restent possibles. Cela donne un récit au scénario habile, nourri de nombreuses références littéraires et au découpage narratif parfaitement maîtrisé. Le dessin de Benoit Sokal, identifiable au premier coup d’œil, donnent à découvrir un panel de trognes diverses et de belles  ambiances, sombres ou lumineuses selon les contextes.Une impression de fluidité à la lecture fait que les pages semblent se tourner quasi d’elles-mêmes. Aucun ennui, aucun temps mort ! 

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les ailes du singe, willem, paquet, policier, aventure, animalier, 7/10, 06/2017

 

les ailes du singe, willem, paquet, policier, aventure, animalier, 7/10, 06/2017

 

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Skippy

 

22/09/2017

Infinity 8 - tome 5 - le jour de l'apocalypse

infinity 8, trondheim, de felici, mourier, rue de sèvres, science-fiction, space-opera, humour, 6/10, 09/2017infinity 8, trondheim, de felici, mourier, rue de sèvres, science-fiction, space-opera, humour, 6/10, 09/2017Scénario : Lewis Trondheim ; Davy Mourier
Dessin : Lorenzo de Felici
Éditeur : Rue de Sèvres
96 pages
Date de sortie :  13 septembre 2017
Genre : science-fiction, humour

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Tous aux abris : une horde de zombies décime les passagers de l’Infinity ! Non seulement leur morsure est contagieuse, mais l’arme expérimentale qui les a créés a touché la nécropole et l’a transformée en une inépuisable armée de morts vivants ! Ann Ninurta, élue du capitaine pour cette nouvelle boucle temporelle, échappera-t-elle au coup de dent fatal ? Modèle de droiture et jeune mère célibataire ne boudant pas les rencontres masculines, elle pourrait bien être la première agente à découvrir l’origine du cimetière… Choisira-t-elle sa fille ou sa mission ?

 

" - Tu es amphibie, toi ?

- Non, non, pas du tout. Je m'appelle Mason.

- Euh ... Tu fais de l'humour ?

- Non ... du karaté et des arts martiaux. "

 

 

Mon avis

Vous vous souvenez de ce film avec Bill Muray, Un Jour sans fin, où chaque jour se déroule exactement comme la veille. Infinity 8 pourrait être le pendant BD version space opéra de ce film devenu mythique. Sauf que, si chaque reboot d'Infinity 8 nous ramène au postulat de départ, rien ne se passe ensuite de la même façon et ce pour notre plus grande joie. Nous avons à chaque fois droit à une nouvelle héroïne et une nouvelle situation plus ou moins loufoque, absurde, débile, et dans tous les cas à l'humour potache et pulp totalement assumé, fond de commerce de cette série unique en son genre.

Donc, dans ce 5ème redémarrage, la nécropole gigantesque est toujours là et personne n'a encore réussi à débloquer le vaisseau de cet amas inextricable de tombes et mausolées. On ne doute pas qu'Ann Ninurta y parvienne. Quoique, vu le titre de l'album et le concept de la série, si, finalement on doute ! Après avoir eu affaire à des groupes de psychopathes nécrophages, de néo-nazis, de secte politico-religieuse voilà que nos naufragés de l'espace sont confrontés à une horde de zombies ... le vaisseau est plus que jamais en danger.

Ce cinquième opus, réalisé par Davy Mourier et Lorenzo de Felici, est encore plus déjanté que les autres. Curieusement, le scénario et le niveau de lecture est beaucoup plus binaire que dans les tomes précédents. On a un brin d'explication dans les bonus : ce tome est le premier de la série à avoir été scénarisé. On sent bien que les auteurs se sont défoulés sans retenue et qu'ils ont tiré jusqu'au bout sur la ficelle du concept reboot. C'est du on/off, il y a les méchants zombies, la gentille agente et sa mignonne petite fille et les bras cassés débiles de l'équipe de sécurité. Pas de messages sous-jacent, ça dézingue à tout va dans un rythme effréné de la première à la dernière page. Et franchement, ça a beau être hyper simpliste, on prend un vrai plaisir à lire cette histoire absurde.

Bien entendu, la mission va échouer et une réinitialisation sera nécessaire. Sauf que, quand même, on à droit à un début de semblant d'explication sur le pourquoi du comment de ce que fout cette nécropole en plein milieu de nulle part.

De quoi nous allécher pour le sixième reboot ...

 

Loubrun

 

 

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infinity 8, trondheim, de felici, mourier, rue de sèvres, science-fiction, space-opera, humour, 6/10, 09/2017

 

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les autres tomes de la série

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25/08/2017

Philocomix

1.jpg2.jpg10 philosophes - 10 approches du bonheur

Scénario : Jean-Philippe Thivet, Jérôme Vermer

Scénario et dessin : Anne-Lise Combeaud

Editeur : Rue de Sèvres

200 pages – broché

Parution : 23 août 2017

Philosophie et humour

Présentation :

Je pense donc je suis heureux ! Et si le chemin vers le bonheur passait avant tout par la pensée et la réflexion ? Comment définir le bonheur, à quelle aune le mesurer, existe-t-il un bonheur sans limite ? Replongeons avec humour dans les pensées de dix grands philosophes, de l'Antiquité au XIXe, pour comprendre quelles solutions ils proposent à ces épineuses questions. Que vous penchiez plutôt pour le « Pour être heureux il faut se connaître soi-même » de Platon ou le « il ne faut rien désirer que l'on ne puisse acquérir » de Descartes, voici dix philosophies de l'accomplissement personnel exposées avec précision mais en toute simplicité, pour aborder la rentrée bien armé. Et en bonus, un guide pratique nous rappelle que, s'il n'est pas toujours simple d'appliquer la philo aux situations concrètes de notre quotidien, c'est sûrement la voie du bonheur...

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Les philosophes abordés :

Platon, Epicure, Sénèque, Montaigne, Descartes, Pascal, Kant, Bentham, Schopenhauer, Nietzsche.

2 Grecs, 1 Romain, 3 Français, 3 Allemands, 1 Anglais.

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Mon avis :

La philosophie en BD est un genre difficile. J’ai encore mal à la tête de plusieurs tentatives de lecture d’un manga sur Le discours de la méthode de Descartes. Certaines tentatives furent, par ailleurs, couronnées de succès. Je mettrai donc en évidence quatre titres. Logicomix, un roman graphique sur la quête des fondements des mathématiques avec la figure philosophique de Bertrand Russel comme personnage central tout en passant par la tragédie grecque. Sénèque est un personnage de la fresque Murena. Socrate le demi-chien philosophe de Sfarr et Blain. Michel Onfray a signé le scénario d’une biographie en BD de Nietzsche. Personnellement, je considère Logicomix comme un chef d’œuvre de la BD. Avec un titre comme Philocomix, l’ambition d’égaler cet album me paraît bien grande.

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L’éditeur nous présente un ouvrage à objectif scolaire et pédagogique. Intention louable en cette période de l’année. Certes. Mais le résultat me semble manquer de consistance. Quelques pages par philosophe, c’est peu pour entrer dans la complexité de leur pensée. Il est vrai qu’on se limite ici à leurs visions du bonheur.  Des notions comme le Tetrapharmakon d’Epicure ou encore le Panoptique de Bentham n’apparaissent pas.

Par contre, le dessin et l’humour ont ce petit côté dépoussiérant et impertinent qui devrait réactiver un intérêt pour la philosophie chez les jeunes lecteurs. Une bibliographie très sélective complète un album plutôt plaisant à la lecture.

 

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jour j,yana,kordey,duval,pécau,delcourt,510,historique,032017

 

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Skippy

08/08/2017

Petit vampire - acte 1 - le serment des pirates

petit vampire, sfar, rue de sèvres, jeunesse, 05/2017petit vampire, sfar, rue de sèvres, jeunesse, 05/2017Scénario : Joann Sfar
Dessin : Joann Sfar
Éditeur : Rue de Sèvres
66 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : jeunesse, aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Avoir 10 ans éternellement, c’est vraiment dément !!! Sauf qu'en vivant enfermé dans une grande villa, même entouré d'une joyeuse bande de monstres, de pirates et de morts-vivants, au bout de trois cents ans, on commence à s'ennuyer ! Petit Vampire rêve de découvrir le monde. Mais quand il décide de partir explorer la ville, d'obscures forces se réveillent... Et si les vampires pouvaient finalement être morts-morts ? Petit Vampire aurait-il mis toute sa famille en danger ? 

 

Mon avis

Petit Vampire, c'est une série jeunesse créée par Joann Sfar en 1999 et en sommeil depuis 2005. Elle raconte les relations entre un petit garçon orphelin pas très doué à l'école et un petit vampire sympathique qui réalise pour lui ses devoirs. Déclinée en dessins animés et en romans, cette série a eu son succès et a même fait son entrée à l'école, certains enseignants utilisant le personnage à des fins pédagogiques.

 

Voilà donc 12 ans que le Petit Vampire de Joann Sfar a fait sa dernière apparition. C'était alors aux éditions Delcourt et au format album jeunesse de 30 pages (7 tomes parus de 99 à 2005). Las de 10 années de récits adultes, d'une actualité de plus en plus dure qu'il dessine quasi quotidiennement sur différents supports, Joann Sfar a ressenti le besoin « de sortir de ce réel qu'[il] a beaucoup dessiné ». Il ressort donc de ses cartons son petit personnage fétiche pour remettre un pied dans un univers fantastique sans oublier pour autant de donner du fond à son histoire.

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Cette saison 2 qui est prévue en 3 albums, est une sorte de préquelle à la série d'origine. Sfar nous y révèle comment Petit Vampire est devenu Petit Vampire et comment il est devenu ami avec l'orphelin Michel qu'il aide à faire ses exercices de maths. On y retrouve le charme et la tendresse de la série mère avec toutefois plus d'aventure et d'action ainsi qu'une narration un peu moins orientée jeunesse. Ainsi, les références au cinéma et à la littérature de genre sont nombreuses notamment dans les séquences du ciné-club où les films de la Hammer sont projetés.

Côté dessin, avec le style unique et très particulier de Sfar, ça passe ou ça casse. J'en connais plus d'un pour qui ce trait tremblotant et cette impression de dessin enfantin voire brouillon est totalement rédhibitoire. Mais le dessin de Sfar est beaucoup moins simple et simpliste qu'il n'y paraît. Il regorge de détails et d'expressivité. Il faut prendre le temps de regarder et lire ce dessin pour en apprécier la dimension et toute la richesse.

Un retour aux sources assez réussi pour Sfar avec ce Petit Vampire qui s'adresse tout autant aux adultes qu'aux jeunes, même si ces derniers n'auront pas toutes les clés du récit. Mais comme le dit Joann Sfar dans le dossier de presse « ce que je cherche en écrivant pour des enfants, c'est à aborder frontalement les sujets, même les thèmes difficiles comme la mort ou le fait d'être orphelin, sans pathos. Il ne s'agit pas de dédramatiser la souffrance mais d'en parler, simplement, sans la nier ». Voilà la force des histoires de Sfar : pouvoir aborder sans tabous toutes les thématiques de la vie en mélangeant déconnade, poésie, philosophie, religion, dans des histoires de vampires et de pirates.

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Pour ceux qui ont du mal avec son dessin, je vous jure que ça vaut le coup de faire l'effort de passer outre vos appréhensions et de rentrer dans ses merveilleuses histoires.

A suivre avec l'acte 2 en janvier 2018 et l'acte 3 à l'automne 2018.

 

 Loubrun

 

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COMMENT DESSINER PETIT VAMPIRE avec JOANN SFAR from L'Œil à  Mémoires on Vimeo.

 

https://www.instagram.com/joannsfar/

29/06/2017

Infinity 8 - tome 4 - Guérilla symbolique

infinity 8, trondheim, kris, trystram, rue de sèvres, science-fiction, space opera, 05/2017, 7/10infinity 8, trondheim, kris, trystram, rue de sèvres, science-fiction, space opera, 05/2017, 7/10Scénario : Lewis Trondheim ; Kris
Dessin : Martin Trystram
Éditeur : Rue de Sèvres
90 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : science-fiction

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Cinq ans d’infiltration fichus en l’air d’un seul coup de fil ! Quand le Capitaine de l’Infinity convoque Patty Stardust au risque de griller sa couverture, l’agente est furieuse : sa mission au sein d’un groupuscule politique chéri des réseaux était sur le point d’aboutir ! Tout ça pour explorer une mystérieuse nécropole géante dont trois reboots successifs n’ont pas suffi à déterminer les origines… Et si c’était l’occasion pour le gourou d’offrir aux médias leurs audiences les plus folles ? Mais à quoi mène la course à l’audimat quand le nombre de followers compte plus qu’une vie ?

 

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Mon avis

Nouvelle enquête sur la mystérieuse nécropole qui bloque l'infinty 8 dans son voyage interstellaire. C'est la délicieuse Patty Zimmer/Stardust qui, à son grand dam, est chargée d'investiguer au milieu des débris spatiaux. Elle est furieuse la Patty, parce que depuis 5 ans elle est en mission d'infiltration d'un groupuscule politico sectaire dirigé par une espèce de gourou hippie, roi du happening et financée par un milliardaire magnat des médias.

Les médias, les réseaux sociaux, le buzz, les sectes, la révolution artistique, sont au cœur de ce quatrième reboot de l'Infinity 8, dans une explosion d'imagerie pulp, kitsh et rock'n roll. Les références aux années sex, drugs & rock'n roll sont légions, allant du nom propre de l'héroïne et sa coupe affro faisant penser aux Jakson 5, jusqu'aux guests stars du club des 27 (les artistes morts à 27 ans comme Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain, Janis Joplin ...).

Lewis Trondheim s'adjoint les services de Kris qui apporte sa petite touche personnelle en nous balançant une bonne petite révolution psychédélique servant de base à une réflexion sur les dérives de surpuissants médias et réseaux sociaux dont le but principal n'est plus d'informer mais de faire du profit ou de satisfaire les égos de pseudos stars.

On ne sait toujours pas le pourquoi du comment de cette nécropole géante, mais qu'importe ! Nous n'en sommes qu'a la moitié de la série et Lewis Trondheim réserve sans doute cette information pour la fin.

C'est Martin Trystram qui assure le dessin. Il répond parfaitement au cahier des charges et apporte le ton kitsch et coloré propre à la série tout en proposant un style différent de ce que l'on voit dans les tomes précédents.

A mi-chemin de cette série concept, on peut dire que le pari est réussi. Le fil rouge tient le coup et tous les auteurs qui ont participé à l'aventure ont su y mettre leur touche personnelle avec habileté.

Une série à suivre si vous aimez les récits décalés et un brin déjantés capables aussi d'apporter un fond de réflexion.

 

Loubrun

 

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Les autres tomes

infinity 8, trondheim, kris, trystram, rue de sèvres, science-fiction, space opera, 05/2017, 7/10infinity 8, trondheim, kris, trystram, rue de sèvres, science-fiction, space opera, 05/2017, 7/10infinity 8, trondheim, kris, trystram, rue de sèvres, science-fiction, space opera, 05/2017, 7/10

05/06/2017

La guerre de Catherine

 La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerreLa guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerreScénario : Claire Fauvel et Julia Billet
Dessin : Claire Fauvel
Éditeur : Rue de Sèvres
112
pages
Date de sortie : 10/05/2017
Genre : Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

 

 

Présentation de l'éditeur :

Une interprétation en images, vibrante et pleine d'empathie, du roman de Julia Billet.

 

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art.

La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

Mon avis :

La guerre. À lui seul, ce mot évoque tellement d'atrocités ! D'autant plus quand celle-ci s'appelle « World War II », la terrible, la sanglante, l'épouvantable seconde guerre mondiale synonyme d'apocalypse pour les juifs. Aucun n'y échappe qu'il s'agisse de vieillards, d'adultes.... ou bien d'enfants. Comme la très célèbre Anne Franck qui n'aura malheureusement pas échappé au camp de concentrations. Et puis aujourd'hui : Rachel renommée Catherine Colin.

 

« La guerre de Catherine » est une fiction, mais qui se base néanmoins sur des faits, des lieux et des gens qui ont réellement existé. Comme Pingouin et Goéland de la Maison de Sèvres, qui ont sauvé beaucoup d'enfants juifs. Mais Catherine, c'est un peu de Tamo Cohen (mère de l'auteure), un peu d'Anne Franck, ... un peu de tous ces enfants et adolescents qui ont dû fuir inlassablement, mettre leurs identités de côté – allant même jusqu'à nier leur foi judaïque – pour échapper aux Nazis et leur envie d'anéantissement totale des juifs sur Terre.

 

C'est ainsi que nous suivons les traces de Catherine, grande amatrice de photos, qui se verra confier la tâche de rendre compte à l'Humanité de la survie des juifs dans cette France en guerre.

 

« Prends des photos, collecte des images, et rapporte-nous tout ça à la fin de la guerre. Va, regarde le monde avec des yeux d'artiste, de citoyenne de la République des Enfants. Ne perds rien. Nous aurons besoin de ces témoignages quand la guerre sera finie. » Goéland à Catherine, page 46.

La guerre de Catherine, Julia Billet, Claire Fauvel, Rue de Sèvres, Historique, jeunesse, tranche de vie, guerre

Avec un dessin simple, Claire Fauvel étant à la base illustratrice de livres pour enfants, le contexte n'en est pas moins fort ! J'ai été subjuguée par les efforts – parfois surhumains pour des petits bouts qui sont forcés de changer de nom entre autres choses – par le courage et par la détermination tant de ces enfants, mais aussi des résistants qui les entourent. Des gens, Français pour la plupart, qui doivent se montrer forts, voire sévères, pour s'assurer de la sécurité de chacun de leur protégé.

 

J'ai donc été marquée par le petit Samuel Levy qui se fait gifler car il n'a pas donné son nom « francisé ». Ou Catherine qui, machinalement, a fait son signe de croix judaïque alors qu'elle est supposée être une étudiante dans un couvent chrétien.

 

Pourtant, l'âge faisant, elle comprend. Catherine, Rachel de son vrai prénom, sait que c'est pour son bien. Si un boche devait arriver à l'improviste, ce simple signe de croix de la main gauche serait un signe évident des origines de la jeune femme. Et non seulement sa vie serait en danger, mais également celle de toutes les personnes vivant sous le même toit.

 

Autant vous dire que si d'ordinaire, je m'arrête sur le dessin (parce que j'ai mes goûts très tranchés dans le domaine), autant là : c'est presque mieux ainsi. Ce dessin simple nous permet de se concentrer sur l'essentiel. La vie de cette adolescente, presque femme, qui doit échapper à la mort. De rencontres en nouveaux départs, Catherine traversera tout le pays en gardant son objectif en tête : montrer la vie au sein de la résistance pour qu'il reste une trace de ce cauchemar.

 

 

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Et ce témoignage, c'est mon coup de cœur ! J'ai été profondément touchée par ces gens qui ont donné leur vie pour une juste cause. LA CAUSE. La vie. La liberté. L'égalité. Des ouvrages comme « la guerre de Catherine », ce sont autant de preuves que la guerre est immorale, abjecte et que ceux qui la souhaitent sont d'une répugnance crasse (je pense aux dégénérés qu'on peut voir chaque jour aux infos... et qui s'attaquent aussi bien aux vieillards, qu'aux adultes... qu'aux enfants).

ShayHlyn.

02/06/2017

LE TRAVAILLEUR DE LA NUIT

le travailleur de la nuit,rue de sèvres,anarchistes,bagne,cayenne,alexandre jacob,matz,léonard chemineauScénario : Matz
Dessin : Léonard Chemineau
Éditeur : Rue de Sèvres
128 pages
Date de sortie :  19 avril 2017
Genre : Biographie, aventure

 

 

                       J'ai vu le monde et il n'était pas beau

 

Présentation de l'éditeur:

Alexandre Jacob a connu un destin hors du commun. Son gang de cambrioleurs, surnommé  "Les Travailleurs de la nuit" par les journalistes, a écumé la France entière, défrayé la chronique, et Jacob, qui laissait sa carte avec un mot d’humour à ses victimes, distribuait ses butins énormes aux nécessiteux, vivant modestement. Il aurait inspiré Arsène Lupin.

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Mon avis:

L'histoire commence en 1905 au procès de Alexandre Jacob, anarchiste, libertaire, voleur et assassin. L'accusé nargue le Juge, ne reconnaît pas son autorité et commence à expliquer ses actes en racontant sa vie. Et quelle vie ! Jacob, né à Marseille, a d'abord été marin, puis pirate. De retour à terre, cherchant du travail, il va rencontrer des anarchistes, assister à des réunions et finir... en prison ! A sa sortie il comprend que ce monde est contrôlé par les riches, les militaires et le clergé et que, pour punir tous ces êtres immondes qu'il déteste, il faut les toucher où ça fait mal : au portefeuille ! Jacob devient donc voleur et va, avec sa bande piller la France des bourgeois et des nantis. Arrêté après un vol qui a mal tourné, Jacob sera condamné au bagne à Cayenne mais réussira à en revenir grâce à l'amour de sa mère qui ne cessera jamais de le soutenir.

le travailleur de la nuit,rue de sèvres,anarchistes,bagne,cayenne,alexandre jacob,matz,léonard chemineau

Ce très beau livre nous raconte donc la vie tumultueuse de cet homme qui voulait changer les choses, aider les pauvres et le petit peuple, à une époque où les disparités sociales étaient flagrantes. La seule solution en ce début de vingtième siècle était l'anarchisme avec les dérives qu'il connut. Au vu de ce qui se passe à notre époque actuelle on ne peut que saluer le combat d'Alexandre Jacob si bien remémoré par les auteurs. Le scénariste Matz relate la vie entière de Jacob avec brio et le dessinateur Léonard Chemineau met en images, avec talent, cette belle vie d'aventures .

JR

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23/05/2017

La cité sans nom T.1/3

 

La cité sans nom, Faith Erin Hicks, rue de Sèvres, jeunesse, aventureLa cité sans nom, Faith Erin Hicks, rue de Sèvres, jeunesse, aventureTome 1 : Menace sur l'empire Dao

Scénario : Faith Erin Hicks
Dessin : Faith Erin Hicks
Éditeur : Rue de Sèvres
240
pages
Date de sortie : 26/04/2017
Genre : jeunesse, aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Cité aux mille noms... et cité sans nom.

Chaque nation qui s’empare de la Cité la renomme. Siècle après siècle, des envahisseurs arrivent, s’installent et la Cité change de nom. Mais ses habitants ne se laissent pas prendre dans ces luttes incessantes : leur ville est la Cité sans nom, et toute personne qui cherche à la renommer est étrangère.

Kaidu est l’un de ces nouveaux arrivants, né d’une famille Dao, le dernier peuple à avoir pris le contrôle de la région. Rat, elle, est originaire de la Cité sans nom, et déteste Dao pour tout ce qu’il représente. La passion de Dao pour sa nouvelle ville, où il fait ses classes de soldat de la Citadelle, est la seule chose qui pourra peut-être les rapprocher. Espérons-le, car tandis que des complots se montent, le sort de la Cité sans nom repose entre leurs mains.

La cité sans nom, Faith Erin Hicks, rue de Sèvres, jeunesse, aventureLa cité sans nom, Faith Erin Hicks, rue de Sèvres, jeunesse, aventure

 

Mon avis :

À l'instar de « Avatar, le dernier maître de l'air », « La cité sans nom » s'ouvre sur un univers largement inspiré de l'Asie, tout en insufflant un peu de fraîcheur du nouveau monde (sachant que l'auteure est originaire du Canada). Il suffit de voir les portraits du grand maître de la cité qui ressemble à s'y m'éprendre à un empereur nippon. Ou encore la cité en elle-même qui s'inspire largement de la cité interdite de Chine. Ou encore les Dao qui sont l'incarnation de l'armée impériale, ... mais lorsqu'on rencontre Rate, jeune fille des rues de le cité, elle a un « je ne sais quoi » d'amérindien ou Inca peut-être.

 

Cette dualité entre cette jeune fille espiègle et agile et son nouvel ami Kaidu (très typé asiatique) renforce l'affrontement entre le peuple qui a toujours vécu entre ces murs, subissant siècles après siècles toutes sortes d'invasions, et les Dao, derniers envahisseurs en date. Les uns détestent les nouveaux maîtres de la cité tandis que les autres méprisent ces gens qui se laissent envahir sans broncher. Quelle base pour lier une amitié, n'est-ce pas ?

Quoiqu'il en soit, c'est intéressant de voir comment une amitié à première vue impossible va s'instaurer entre ces deux jeunes gens. Une rivalité bon enfant qui va pourtant mener leurs pas vers des problèmes bien plus grands qu'eux. Il en va de la sauvegarde de la cité et de la paix qui y règne.

 

En lisant ces pages, j'ai eu comme l'impression de lire un remake de plusieurs aventures célèbres imbriquées les unes entre les autres. Allez savoir pourquoi. Une jeune Rate qui pourrait interpréter le rôle de Mulan dans cette copie de cité Interdite chinoise, Kaidu qui a tout de l'apprenti soldat qui n'aime pas se battre (ça vous rappelle quelqu'un?) le tout avec une petite intrigue digne de la grande révolution française au cœur de l'Orient.

 

Donc bien que le dessin soit accrocheur et l'idée somme toute assez intéressante, ça reste gentillet et « banal ». Mais, car il y a un MAIS... ce premier tome est clairement un tremplin à tout et n'importe quoi. Tout peut encore arriver ! Ce premier tome a juste servi à mettre chaque élément clé de l'histoire en place. Le rôle de ces deux enfants que tout oppose, la vie au sein de la cité et entre les murs du palais et de sa caserne, la politique en place, les états d'esprits. Donc avec ça en main, je le répète : tout peut encore se jouer et nous pourrions être surpris de la suite des événements... 

 

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à suivre dans le prochain tome bientôt à paraître !

ShayHlyn

16/05/2017

GERONIMO

geronimo.jpggeronimo jatz.jpgScénario : Matz
Dessin et Couleurs : Jef
Editeur : Rue de Sèvres
Sortie : 15 mars 2017

120 pages
Catégorie : One shot Figure historique

  

 

Le résumé
Sur leurs terres ancestrales du Mexique en 1850, le chef de Mangas Coloradas et ses frères se rendent à Janos effectuer du troc. Sur place, l’atmosphère est tendue, le chaman Goyahkla (l’homme médecine des apaches Bedonkhe) parle à Usen la divinité qui lui dicte de rentrer au camp sans attendre. En effet, l’armée mexicaine avait massacré sans raison les habitants. Le chaman a perdu sa femme, sa mère et ses trois enfants, ivre de colère et profondément silencieux, avec les douze guerriers valides la tribu, il remonte vers le Nord pour tenir un conseil avec d’autres nomades apaches. Le calumet déclenche la guerre sans pitié, l’alliance des tribus se forme avec les Chokonen, et d’autres chefs comme Juh de la tribu Nedni. L’homme blanc trace la frontière mais n’est pas encore hostile, c’est en fuyant qu’un soldat mexicain évoque Saint Jérôme de là naîtra le nouveau nom de Guerre Geronimo. Peu à peu le conflit se déplace vers l’homme blanc.
Les troupes régulières et les chercheurs d’or brûlent les terres pour leur conquête de l’ouest. Lorsque les apaches perdaient des guerriers ils n’étaient pas remplacés à l’inverse des troupes américaines.
En 1871 une centaine d’apaches furent massacrés à Fort Grant et en 1872 épuisé Géronimo se rendit au Général Howard. Dans la réserve, les apaches ne furent pas traités correctement et la révolte éclata. Géronimo a tenu tête avec 38 apaches dans les montagnes contre 5000 soldats dans les plaines jusqu’à sa reddition en 1886 devant le général Miles. Ils furent déportés loin de leurs terres et Géronimo fût le dernier apache sauvage.

 

Mon avis


Après deux collaborations chez rue de Sèvres avec Balles Perdues (une histoire de magot de braquage non partagé à Chicago) en 2015 et Corps et Âmes (où un tueur à gages bascule non pas dans le droit chemin mais dans l’autre sexe sur un San Francisco glauque), un Western c’était une surprise.
Le scénario est particulièrement bien articulé en quatre opus et sans s’embarrasser des détails inutiles : un vrai apache qui tient à l’ocre de sa terre pour y survivre. Les soldats sont des envahisseurs et leurs intentions sont claires. C’est une excellente biographie.

 

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Les dessins sont magistraux lors des scènes de combats, on ressent la rage, la lutte, le sang colle presque aux doigts en tournant les pages. Les pensées de vengeance sont pleinement présentes avec un lancer de couteau digne d’un manga, ou des rythmes. Les paysages sont magnifiques.

 

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Robsy

Écrit par Samba | Commentaires (0) | Tags : jef, matz, géronimo, rue de sevres, 032017, western |  Facebook | |

Streamliner - tome 1 - Bye-bye Lisa Dora

streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10Scénario : Fane
Dessin : Fane
Éditeur : Rue de Sèvres
158 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : aventure, action, western mécanique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Quelque part au cœur de l’Amérique, début des années 60. Dans leur station service paumée au milieu d’un gros morceau du désert continental, Cristal et son père, Evel O’Neil, vieille gloire de la compétition automobile vintage de longue date rangé des bagnoles, se sont longtemps crus seuls au monde. Jusqu’à ce que surgisse un jour une sorte de baroudeur armé d’une Winchester, Billy Joe. Un peu abrupt, mais pas déplaisant. Et avec en tête un projet très précis : profiter de l’isolement de la Lisa Dora Station pour y ressusciter, quelques jours durant, l’esprit streamliner, ces courses automobiles extrêmes et presque sans règles qui ont fait la gloire des bolides d’antan et de leurs pilotes, à l’orée des années 50. Les circonstances amèneront le père et la fille à accepter le défi. Et conduiront même Cristal à prendre elle-même le volant de la Black Widow, bolide de légende qui fut naguère la voiture de son père, à l’époque où on le surnommait le Duke…

Évidemment, la course elle-même connaîtra une tournure inattendue ...

 

 

 " ... tu n'y es pas, beau gosse. Il s'agit bien de ta petite course... mais on n'a pas fait tout ce chemin pour jouer les pom-pom girls, vois-tu ..."

 

Mon avis

L'auteur de Joe Bar Team délaisse les blagues de motards potaches et met les mains dans le cambouis pour nous entrainer dans une aventure qui sent bon l'essence, l'huile, le cuir, le sable chaud et le rock'n roll.

Il n'y a guère de place pour la finesse dans ce récit brut de décoffrage, où le but de chacun est de rouler plus vite que son voisin, ou sa voisine. Pas de message non plus de la part de l'auteur qui, sans complexe et de manière tout a fait assumée, a fait avancer son histoire en même temps qu'il la dessinait. Un peu à la façon d'un morceau de rock où les instruments entrent en scène les uns après les autres, pour finir en une apothéose sonore orgasmique, les personnages arrivent ici au fil de l'eau, tous plus barrés les uns que les autres, ayant tous le même objectif d'en découdre à plus de 200 à l'heure dans ce coin de désert sans foi ni lois. Le désert entourant la Lisa Dora Station se rempli donc d'une bande de filles à moto, amazones du 20ème siècle, d'un groupe de hard rock , d'un tueur psychopathe en cavale, d'une nuée de médias en manque de scoop, et des fédéraux qui viennent foutre la merde ... autant de grains de sables qui vont perturber la gentille petite course que voulait organiser Billy Joe.

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Durant 8 chapitres bien balancés à tous points de vue – narration fluide et équilibrée entre flashbacks et scènes au présent, dialogues vifs et piquants, découpage cinématographique – , 'Fane entraine sans retenue le lecteur dans ce western mécanique de folie qui fleure bon l'influence Tarantinesque.

Le dessin est comme l'histoire, brut, limite crasseux, et offre ce ton particulier à l'album qui donne l'impression de prime abord d'avoir entre les mains un album bâclé. Il n'en est rien, bien entendu, 'Fane ayant adopté le style qu'il voulait pour cette histoire, un style sans artifices, qui va à l'essentiel et qui restitue à merveille l'ambiance souhaitée et le caractère bien trempé des personnages. Une particularité à noter : il n'y a pas une seule onomatopée pour le bruit des moteurs. Toute la fureur des V8 et autres engins en échappements libres est symbolisée par des traits et lignes de fuite. Ce stratagème pour éviter la surabondance de Vraoom sur toutes les pages fonctionne vraiment bien !

Ce premier tome qui se termine juste avant le départ du run du siècle est littéralement envoûtant, et laisse le lecteur dans un état de tension absolue, comme peuvent l'être les pilotes avant de lâcher les chevaux.

Alors vite ! Qu'on les lâche ces chevaux !

Loubrun

 

 

 

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