12/09/2017

Montana 1948

montana 1948.jpgmontana 1948 e.jpgAuteur : Nicolas Pitz.
Editeur : Sarbacane.
124 pages
Sortie : mars 2017.
Genre : drame.

 

 

 

Le résumé.
De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper. Ainsi s'ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l'encontre de l'oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d'une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d'avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.

« Tu as transformé ma buanderie en prison ? »

Mon avis.
Alors le Montana, état des USA d’un million d’habitants, ce qui fait de lui un des états les moins peuplés de la nation de Trump. La capitale du Montana ? On ne sait jamais que vous participeriez à un jeu pour devenir millionnaire, ça pourrait servir : Helena. Et comme vous vous en doutiez, le nom est d’origine espagnol et il signifie simplement montagne.
Un état donc rural avec de grandes plaines herbeuses et du relief à ses extrémités. Un état idéal pour trouver des bleds au milieu de nulle part avec une population bien ancrée dans ses traditions (souvent religieuses et rétrogrades).
Voilà donc planté le décor de cette adaptation du roman de Larry Watson paru en 1993.montana 1948,pitz,sarbacane,032017,drame Vous l’aurez compris, on est en Amérique profonde avec des habitants portant l’arme comme une montre et se prélassant dans la dévotion religieuse pour mener leur vie.
Le rythme de ce roman noir est plutôt lent. On suit les vicissitudes d’une bonne famille blanche via les yeux d’un gamin, David Hayden. L’ambiance est assurément là, les pleines pages font leur effet, par contre l’expressivité des personnages est moins marquante surtout avec leurs grands yeux presque hypnotiques. On y parle d’un cas de conscience quasi cornélien, choisir entre sa famille ou son devoir. La trame joue aussi beaucoup sur les silences pour bien marquer la tension croissante qui s’installe. Au final, une lecture très correcte mais je dois bien avouer que question empathie, c’est du régime au pain sec. Intrigant, assurément, passionnant, nettement moins.

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Samba

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18/08/2017

Le chasseur de rêves - tome 2 - haro sur le tigronimbus !

le chasseur de rêves, Desbat, Sarbacane, jeunesse, aventure, 6/10, 06/2017le chasseur de rêves, Desbat, Sarbacane, jeunesse, aventure, 6/10, 06/2017Scénario : Martin Desbat
Dessin : Martin Desbat
Éditeur : Sarbacane
48 pages
Date de sortie :  juin 2017
Genre : jeunesse, humour, aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le chasseur et son fidèle Sancho reprennent du service et fourbissent leurs armes. Cette fois, leur traque les mène aux confins du monde des rêves… En bateau, en armure ou en ballon, ils se lancent de nouveaux défis à la hauteur de leurs utopies : traquer le Kraken dans les glaces des pôles, chevaucher un Tigronimbus sous les cieux éthérés, piéger des idées noires et autres créatures imaginaires…

 

le chasseur de rêves, Desbat, Sarbacane, jeunesse, aventure, 6/10, 06/2017

 

 

Mon avis

Voilà une BD jeunesse où règnent en maitres l'absurde, le loufoque, l'aventure et la poésie. Martin Desbat a imaginé un héros qui n'a qu'une idée en tête, celle d'accrocher de nouveaux trophées à son mur. Rien ne l'arrête dans sa quête improbable de trophées toujours plus saugrenus et insolites les uns que les autres : poulpes géants, tigronimbus et autres nuages aux formes évocatrices, et même de tout petits microbes pour chasser un rhume.

Sous ses airs absurdes, cette série ne prend pas les enfants pour des imbéciles. Bourrée de références et de clins d’œil littéraires, la drôlerie l'emporte à toute les pages et ravira petits et grands pour une balade dans un univers merveilleux pour les uns et un retour en enfance apaisant pour les autres.

En passant joyeusement à la moulinette Alice au pays des merveille, Moby Dick, Philémon, Pinocchio ou encore Don Quichotte, l'auteur à créé un univers empreint de poésie fantastique dans lequel les personnages n'ont pour seul moteur que la fantaisie. Les trouvailles et ressorts humoristiques sont bien vus et font mouche à tous les coups. On se plait alors à suivre ces doux dingues dans leurs pérégrinations et à voyager avec eux dans des univers parallèles où le rationnel n'a vraiment pas sa place.

Vous cherchez une BD jeunesse drôle, pleine de fraicheur et surtout laissant une grande place à l'imaginaire (j'ai l'impression que ça se fait de plus en plus rare de nos jours) ? Alors suivez vite les aventures incroyables de ce curieux chasseur et de son fidèle serviteur Sancho.

Loubrun

 

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le chasseur de rêves, Desbat, Sarbacane, jeunesse, aventure, 6/10, 06/2017

 

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le tome 1

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28/07/2017

Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

  

Présentation de l'éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

 

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l'optique d'une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

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Odradek

17/07/2017

Les secrets de Brune

L'amie parfaite. 

Les secrets de Brune, l'amie parfaite. Bruna Vieira, Lu Cafaggi, Sarbacane, tranche de vie, jeunesse, introspection.Les secrets de Brune, l'amie parfaite. Bruna Vieira, Lu Cafaggi, Sarbacane, tranche de vie, jeunesse, introspection.Scénario : Bruna Vieira
Dessin : Lu Cafaggi
Éditeur : Sarbacane
88
pages
Date de sortie : 03/05/2017
Genre : tranche de vie, jeunesse, introspection.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. À quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence… Brune est une adolescente timide et secrète, qui s’interroge sur sa vie, sur le monde qui l’entoure. Ses copains de classes, ses professeurs, sont autant d’énigmes qu’elle peine à résoudre. Comment trouver la clé ?…


« Les secrets de Brune » sonnent comme une invitation à se découvrir, se faire confiance, et pourquoi pas, s’aimer… C’est la recherche du pont qui relie la vie d’une fille ordinaire à ses rêves les plus secrets, un voyage intime sur les ailes d’une hirondelle. Délicatesse et finesse du dessin donnent corps au texte de Bruna Vieira.

Les secrets de Brune, l'amie parfaite. Bruna Vieira, Lu Cafaggi, Sarbacane, tranche de vie, jeunesse, introspection.

Mon avis

 

Quand on m'a remis ce petit trésor entre les mains, j'entends encore maître Samba me dire « ça risque de ne pas être facile à chroniquer ». Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas imaginer la poésie émanant de cet ouvrage tant qu'on ne l'a pas lu !

 

« Les secrets de Brune, l'amie parfaite », c'est la rencontre entre deux artistes. Bruna Vieira, scénariste partiellement auto-biographique et Lu Cafaggi, dessinatrice. Ces deux blogueuses étaient faites pour se rencontrer. Toutes deux originaires du Minas Gerais (au Brésil), elles se sont largement faites connaître via Youtube et autres réseaux sociaux. Et enfin, quand leurs plumes respectives se sont rencontrées : ça a fait boom !

 

L'idée de créer une BD semi-biographique, semi-participative est une idée de génie ! Non seulement cela permet de s’immiscer dans ce « journal intime » avec plus de facilité, mais aussi – et surtout – de réaliser que toutes jeunes filles passent par des petits – grands – tracas de ce genre.

 

Il faut dire que c'est un grand pas en avant que d'intégrer un nouveau collège. Surtout quand on est timide. Pourtant Brune avance dans cet inconnu et partage avec nous, lectrices : ses peurs, ses inquiétudes, ses joies, ... et même ses méthodes pour se sentir mieux.

Les secrets de Brune, l'amie parfaite. Bruna Vieira, Lu Cafaggi, Sarbacane, tranche de vie, jeunesse, introspection.

Dès lors, je ne pourrais certainement pas mieux dire que les éditions Sarbacane dans leur présentation. Nous sommes plongées dans l'intimité d'une adolescente, au plus profond de ses rêves, aux tréfonds de son âme pour mieux prendre conscience de notre propre existence : de notre propre expérience de cette vie nouvelle où nous ne sommes plus des enfants, mais pas encore des adultes. Une introspection magique et tendre, simple et tellement réaliste.

 

Quant aux dessins, en feuilletant : oui, on peut se dire que c'est simple. Mais quand on ajoute le texte, parfois juste quelques mots de-ci, de-là... c'est de la grande poésie. Ces cœurs sur les genoux, marques indélébiles d'une jeunesse maladroite ; cette hirondelle tatouée qui en dit long sur l'esprit de cette jeune fille ; ces petits gestes quotidiens si finement traduits par le dessin... un véritable régal.

 

 

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Les secrets de Brune, l'amie parfaite. Bruna Vieira, Lu Cafaggi, Sarbacane, tranche de vie, jeunesse, introspection.

Alors messieurs, dames qui venez de lire ma chronique, si vous connaissez dans votre entourage une demoiselle qui va découvrir la vie palpitante du collègue (ou du secondaire, comme on dirait ici en Belgique) : offrez lui cette pépite intitulée « les secrets de Brune, l'amie parfaite ».

 

ShayHlyn.

01/07/2017

Simon et Louise

cov.jpg4.JPGAuteur : Max de Radiguès

Editeur : Sarbacane

128 pages – cartonné

Parution : 03 mai 2017

Amours d’adolescence

Présentation :

Simon a 14 ans, il est en vacances à Arcachon avec sa mère. Il découvre sur Facebook que sa petite amie, Louise, a changé son statut de « en couple » à « célibataire ». C’est à cause du père de Louise : il trouve qu’elle est trop jeune pour être amoureuse. Simon ne peut pas l’accepter et décide de fuguer – en stop – pour rejoindre Louise, sa Louise, à Montpellier où elle est en vacances.

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Mon avis :

Intégrale de 520 kms et de Un été en apnée, agrémentée de 4 planches inédites, Simon et Louise réunit les 2 actes d’une bien sympathique histoire. BD de vacances par excellence, construite sur une double focalisation qui en fait toute sa saveur et son originalité, Simon et Louise offre au lecteur une vision réaliste des états d’âmes des adolescents d’aujourd’hui. La belle fluidité du trait et la fraicheur limpide des couleurs s’allient à la perfection à la finesse du scénario. C’est que se placer de deux points de vue différents, celui d’un garçon puis d’une fille, autour d’un même événement, donne à la structure narrative un aspect psychologique implicite qui pousse à la réflexion.

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La simplicité naturelle du propos, ici,  n’est pas sans rappeler celle de Une sœur de Bastien Vivès. Décidément, nous voilà comblés pour cet été !

 

 

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Skippy

27/12/2016

Pereira prétend

pereira prétend.jpgPereirapretend.jpgDessin : Pierre-Henry Gomont
Scénario : Pierre-Henry Gomont / Antonio Tabucchi
Éditeur : Sarbacane
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

Pereira prétend que les choses se sont passées ainsi… Trois brutes se faisant passer pour des policiers l’ont brutalisé dans le but de savoir où se cachait le jeune homme. Puis, ayant fouillé la maison, deux d’entre eux ont trouvé le jeune homme, l’ont violemment frappé et ont fini par l’étouffer.


Pereira prétend qu’il n’a pas mérité ça et qu’il faut que ça se sache.

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Mon avis :

gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerPierre-Henry Gomont adapte ici un roman de l’auteur italien Antonio Tabucchi qui se déroule à la fin des années trente, dans un Portugal vivant depuis 6 ans sous la dictature de Salazar alors que l’Espagne voisine tente encore d’échapper à son inéluctable et néfaste destinée franquiste. Mais que vous soyez intéressés par cette période ou pas, l’essentiel est ailleurs. Lors d’une séance de dédicaces, PHG m’expliquait que c’était avant tout le personnage central du roman qui l’avait fasciné, plus que le cadre historique. « Pareil », lui réponds-je aujourd’hui, après l’avoir lu…


Il faut dire que Pereira est un cas intéressant. Journaliste passionné de littérature française traduisant des œuvres classiques pour un hebdomadaire catholique, c’est un homme sans histoire. Bien sûr, il déprime depuis que sa femme est morte quelques années plus tôt. D’ailleurs, sa déprime se traduit en kilos en trop : l’homme est obèse. À part cela, c’est un monsieur ordinaire. Mais, être un homme ordinaire sous une dictature, est-ce si ordinaire ?

 


gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerEn tout cas, les choses commencent à changer quand il rencontre et recrute un jeune étudiant aux idées subversives pour écrire des chroniques mortuaires anticipées. Nous assistons alors à la métamorphose de Pereira. Peu à peu, notre homme ordinaire va ouvrir les yeux sur le régime Salazariste, sur la répression, la censure, la surveillance de tout un chacun par tout le monde (notamment la concierge de son lieu de travail) et la dictature en général.


Cette lente mais inexorable prise de conscience transforme Pereira au point de changer radicalement sa vie. Et c’est bien là l’essentiel de cette histoire empreinte d’un optimisme profond. Un homme que rien n’y prédisposait, est finalement capable de s’extraire de son confort petit bourgeois par solidarité, par humanité et par souci de justice. C’est beau et émouvant. Et, contrairement à ce que Pereira pense de lui-même en raison de son obésité, il est une belle personne.

 


J’allais presque oublier de vous parler du dessin. Très coloré et avec une tendance un peu « croquis » le dessin de PHG est remarquable notamment au niveau des expressions. Que ce soit celles des visages ou des corps, Pierre-Henry Gomont possède un don manifeste pour capturer et reproduire les attitudes et mimiques de ses personnages ; le tout, en quelques traits et quelques couleurs. Les décors ont été croqués sur place, à Lisbonne, et le cahier graphique à la fin du livre confirme, si besoin était, le talent de l’auteur.

 

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En bref, une excellente BD à lire ou à offrir, sans hésiter.

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Odradek.

21/10/2016

Les éditions Sarbacane .

SambaBD vous propose de mieux connaître les éditions Sarbacane via une interview de son directeur éditorial : Frédéric Lavabre.

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Les éditions Sarbacane ont vu le jour en quelle année ?

En 2003 et les 1er BD en 2007.

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Et la philosophie générale de Sarbacane ?

Au départ, on était un éditeur roman jeunesse ou pour ado. Pour moi, la BD était un vieil ami très cher et j’avais envie de me lancer dans la BD jeunesse et adulte car la BD réunit 2 arts, l’art de l’image et l’art du texte.
Au départ on a fait essentiellement des BD jeunesses avec des auteurs qui sont maintenant devenus « des stars » comme par exemple Anouk Ricard et Marion Montaigne. Et puis petit à petit, on a reçu des projets qui sortaient du cadre, style roman graphique.

Vous sortez combien de titres par an ?

On édite une vingtaine de titre par année dont une dizaine en jeunesse et une autre dizaine en « graphique », ce qui est déjà raisonnable par rapport aux grosses maisons.
Il faut savoir aussi que je fais très attention au scénario, la porte d’entrée est bien sûr l’image mais je suis très sensible à la qualité narrative, au scénario, à la qualité des dialogues. Un peu comme au cinéma, c’est d’abord un bon scénario qui fait un bon film.

Comment choisissez-vous les BD proposées ?

C'est moi qui les choisis, qui travaille avec les auteurs, la relecture, le travail sur le scénario, le story-board.

Comment définiriez-vous le style Sarbacane ?

lavabre,sarbacane, interview,lavabre,sarbacane, interview,Du point vu visuel, c’est très varié mais j’aime quand un humain, un personnage avec un destin « fort » marque de son empreinte l’histoire réelle ou non. Dans la BD Peirera prétend, cela se passe au Portugal sous la dictature, pour Bibow Bradley dans l’Amérique profonde des années 60lavabre,sarbacane, interview,. Bref, cela peut être très différent mais ce qui m’intéresse ce sont des destins pris par une histoire plus grande que la leur.
Le lien, c’est en somme, des BD engagées avec une notion sociétale et historique. Mais on peut aussi trouver dans la BD de Pierre Henry Gomont une belle dose poésie par exemple.

Des projets pour la suite ?
De beaux projets dont une belle fiction qu’on va vous laissez découvrir mais avec pas mal de référence au cinéma.
L’air de rien, je fais pas mal de rapprochements avec le cinéma car je suis rentré dans la BD sans vraiment connaitre les auteurs, sans connaitre le milieu. J’avais donc une certaine fraîcheur mais pas de carnets d’adresse. On arrive sur un marché très structuré avec des libraires spécialisés, un peu naïf mais j’ai appris au fil de nos parutions. Maintenant, je sais que les auteurs regardent nos catalogues, les libraires et les journalistes nous font confiances. On reçoit actuellement beaucoup de projets et la difficulté c’est de garder une certaine exigence.


Et pour la distribution ?

Je suis bien distribué car c’est Flammarion. La difficulté vient surtout de trouver sa place à côté des blockbusters. Une stratégie par exemple pour Peirera est de sortir en août où il y moins de sorties et où on peut exister. On essaye aussi de bien travailler avec un lien de proximité avec les libraires en s’appuyant le plus possible sur eux pour faire connaitre nos titres.

Un bon tirage, c’est ?

Si je vends 5-6-7000 albums, je suis content. Aujourd’hui, scorer au-dessus de 10.000, c’est très très difficile.
Et j’essaye de tendre vers la BD « populaire » qui s’adresse à tout monde mais avec une certaine ambition un peu comme l’arabe du futur.

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Voilà, un grand merci à Frédéric Lavabre pour sa gentillesse et sa disponibilité et je vous invite déjà à visiter leur site pour faire connaissance avec leur catalogue et on attend avec impatience les premiers services de presse pour vous proposer les titres de cet éditeur enthousiaste et passionné.

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20/05/2013

Blackface Banjo

blackface banjo,Duchazeau,Sarbacane,musique,racisme,minstrel showblackface banjo,Duchazeau,Sarbacane,musique,racisme,minstrel showScénario et dessin : Frantz Duchazeau

Editeur : Sarbacane

date de sortie : avril 2013

140 pages

genre : chronique sociale, musique

 

 

 

Fin XIXe aux Etats-Unis, un jeune vagabond noir et unijambiste tente tant bien que mal de glaner quelques dollars pour manger. Sa jambe de bois le fait souffrir, et le seul moyen d’oublier la douleur est de danser et tournoyer sur sa prothèse. Il le fait si bien, avec une telle souplesse et une telle fluidité qu’il est remarqué par un Irlandais produisant un spectacle itinérant faisant la retape pour un élixir indien aux vertus miraculeuses. Après avoir bu quelques gorgées de ce breuvage, le jeune vagabond se met à jouer du banjo comme un dieu. Blackface Banjo est né. Bien que la veille, un de ces spectacles itinérants ait été incendié par une mystérieuse faction - le Coon Coon Clan - le jeune vagabond intègre la troupe Medicine Show.

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Ces troupes itinérantes appelées « Minstrel's Shows» ou « Medicine Shows » présentaient des spectacles humoristiques d’un goût particulièrement douteux. Joués par des Blancs grimés de façon grotesque en Noirs, le but était de faire rire les Blancs en faisant passer les Noirs pour des imbéciles, des sauvages, des ignorants superstitieux et doués uniquement pour la danse et la musique …


Après le rêve de Météor Slim, Les jumeaux de Conoco Station et Lomax, Frantz Duchazeau continue son exploration de l’Amérique profonde et rude de la fin du XIXe et du début XXe siècle.


Moins centré sur la musique, cet album nous fait découvrir ces pitoyables spectacles, vitrines affligeantes du racisme omniprésent de cette époque.


Grâce à un dessin très fluide et tout en mouvement et expressions, Duchazeau peut se permettre une narration souvent muette, parfois rehaussée de bulles dessinées. Ces bulles dessinées qui tombent comme un cheveu sur la soupe sont un peu déroutantes et donnent l’impression de faire l’économie d’un dialogue. L’approche est néanmoins originale et certaines séquences sont assez bien vues.

 

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Le récit reste cependant très bien construit et c’est non sans émotions que nous suivons les pérégrinations de ce vagabond, depuis ses rêves de gloire jusqu’aux inévitables désillusions.

Blackface Banjo a le mérite de lever un peu plus le voile sur cette société américaine de la fin du XIXème siècle jusqu'à la moitié du XXème. Ces sinistres spectacles ont sévit jusque dans les années 50 !


Ma note : 7/10

Loubrun

 

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