17/05/2016

Rio - Tome 1 - Dieu pour tous

rio,corentin rouge,louise garcia,glénat,thriller,social,société,brésil,favelas,chronique urbaine,910,042016rio,corentin rouge,louise garcia,glénat,thriller,social,société,brésil,favelas,chronique urbaine,910,042016Scénario : Louise Garcia, Corentin Rouge
Dessin : Corentin Rouge
Éditeur : Glénat
64 pages
date de sortie : avril 2016
genre : thriller, drame, chronique urbaine

 

 

 

L'histoire débute par une séance vaudou durant laquelle le sang d'un poulet coule sur la photo d'une femme. Cette femme c'est Alma, la mère de Rubeus et Nina. Pour survivre dans l'une des plus grande favelas de Rio, Alma est indic pour Jonas, un chef de la police. Elle en est aussi l'amante et attend de lui qu'il la sorte de cette vie misérable. Malheureusement ce flic est pourri jusqu'à la moelle et assassinera sauvagement Alma, sous les yeux de Rubeus.

Ce dernier réussit à s'enfuir et à récupérer sa petite soeur dont il assumera désormais seul la charge. De la favelas à la rue, il ne lui reste plus que la violence pour survivre. Le jeune Bakar va l'entrainer dans sa bande et lui apprendre toutes les combines pour s'en sortir. Mais il existe une autre alternative pour les orphelins : l’adoption par une famille riche. Si cette voie semble convenir à la petite Nina, Rubeus en revanche n'est pas enchanté par cette perspective.

 

"Écoute... pour commencer, apprends que dans ce quartier, les couillons de travailleurs n'ont rien dans les poches. Ceux qui ont d'la thune vont bronzer leur fesses sur les plages : Ipanema, Copacabana .... "

 

Premier album pour Louise Garcia qui nous plonge de manière réaliste et crédible dans la misère crasse de Rio. Née au Brésil et ayant grandit à Rio, elle connait le sujet et cet album fleure bon la sincérité sans langue de bois. Toute la misère et la violence extrême qui en découle sont décrites avec un réalisme glaçant. On pense bien sûr à la violence entre les gamins livrés à eux-mêmes, quasi obligatoire pour survivre quand on fait partie d'une bande, mais il y a aussi celle des puissants envers les faibles qui veulent éradiquer la misère, en supprimant physiquement ses représentants. Ces flics véreux font froid dans le dos ! Et puis il y a le contraste saisissant de ces mégalopoles Brésiliennes où les plus démunis vivent, dans une indifférence presque générale, au milieu d'une clinquante opulence.

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On est pris aux tripes par cette immersion au sein de cette bande de jeunes devenus délinquants par obligation. On tremble pour eux quand ils se font choper par les flics après avoir dépouillé de riches touristes américaines. On court avec eux et on baisse la tête quand les escadrons de la mort leur tirent dessus à balles réelles. Puis on se met à leur espérer un avenir meilleur quand ils intègrent l'orphelinat, tout en redoutant qu'ils ne tombent dans les mailles d'un piège trop doré.

Cette histoire, on la vit à fond ! Les personnages sont attachants, les scènes sont vivantes, les dialogues percutants et justes.

 

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Ce scénario parfait est mis en image par Corentin Rouge dont on avait déjà remarqué le talent sur l’excellent Juarez de Nathalie Sergeef. Son trait énergique et réaliste contribue avec efficacité à l'immersion totale du lecteur ainsi qu'au dynamisme du récit. Ses personnages ont une vraie gueule, ses décors sentent l'authentique et ne font ni carton-pâte ni catalogue de décoration. Bref, C'est parfait !

Annoncée en 4 tomes, on attend maintenant la suite avec impatience, d'autant que la page 63 se termine sur un cliffhanger des plus surprenants !

 

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Loubrun

 

A lire aussi : Cuervos , Juarez, et Favela Chaos

 

 

 

 

10/11/2014

Les chasseurs d'écume - tome 4 - 1920,la revanche des chevaliers de fer blanc

chasseurs d'écume,1920,la revanche des chevaliers de fer blanc,debois,fino,glénat,bretagne,pêche,sardine,sardinier,syndicalisme,socialchasseurs d'écume,1920,la revanche des chevaliers de fer blanc,debois,fino,glénat,bretagne,pêche,sardine,sardinier,syndicalisme,socialScénario : François Debois

Dessin : Serge Fino

Editeur : Glénat

48 pages

date de sortie : octobre 2014

Genre : saga familiale et sociale

 

 

La lutte finale

 

En 1920, alors que la France pleure encore ses morts et inhume le soldat inconnu sous l’Arc de triomphe, Douarnenez semble bien loin. Pour beaucoup, rien d’important ne peut venir de ce côté-là de la France, et pourtant... Ici, alors que la sardine peine à revenir, les pêcheurs restés à quai et encouragés par leurs femmes, se lèvent contre les conserveurs pour exiger de meilleures conditions de travail. La grève exceptionnelle qu’ils sont en train de mener inspire et attire les Parisiens du « Cartel des gauches » venus recruter pour un nouveau syndicat « libre », affranchi du bolchévisme...

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Suite et fin du premier cycle de cette saga familiale et sociale. Ce quatrième tome est d'ailleurs largement orienté social en racontant la révolte des Penn Sardin de 1924. Jos qui s'était révélé en patron pêcheur respecté dans le tome 3 se montre ici en leader charismatique. Pas véritablement syndicaliste, mais pas loin quand même, il se démène comme un diable pour défendre la cause de ces femmes de pêcheurs qui travaillent dur dans les conserveries, à la limite parfois de l'exploitation.

C'est loin de Paris, à Douarnenez, dans ce petit port sardinier de Bretagne que les revendications sociales des marins préfigureront l'émergence du front populaire. Après avoir versé sang et larmes, ils obtiendront de sérieuses avancées sociales : augmentation du salaire horaire et paiement des heures supplémentaires. Ils finiront même par s'organiser en coopérative pour contrer les monopoles des fournisseurs de rogue, cet appât aussi précieux qu'indispensable pour pêcher la sardine.

Les combats sont âpres et la lutte sociale prend ici tout son sens, au propre comme au figuré. Les Bretons prennent des coups, de la part des briseurs de grève, de la part des Basques chez qui ils sont partis en renfort mais aussi de la part de la mer qui prend son dû de temps en temps dans les équipages ...

 

Ce cycle se termine en beauté avec un quatrième tome très dense et riche en évènements. Il y en a presque trop a raconter pour un format 48 pages, obligeant les auteurs à de nombreuses ellipses narratives. Le dessin précis de Serge Fino est toujours aussi réaliste et magnifié par une mise en couleur efficace quant aux ambiances pluvieuses bretonnes. On s'y croirait !

 

Cette saga est passionnante car les auteurs ont su mêler de manière fort habile intrigue familiale et fiction historique sans jamais que l'une prenne le pas sur l'autre. De plus, les 4 tomes de ce premier cycle sont de qualité égale ce qui donne un cycle très homogène.

J'attends le second cycle annoncé avec impatience.

 

Ma note : 8/10

Loubrun

 

Tome 1

Tomes 2 et 3

 

 


26/02/2013

Motherfucker - Deuxième partie.

Motherfucker2.jpgMotherfucker2frr.jpgAuteurs: Ricard et Martinez
Editeur:Futuropolis.
Sortie :02/2013
La lutte.
Il s’appelle Vermont Washington. Si son patronyme est symbole de liberté pour l’Amérique, il ne l’est pas pour lui, jeune afro-américain. Son quotidien, et celui de sa famille, n’est fait que d’injustices, de restrictions, de discrimination et d’humiliation.

Ils sont victimes du racisme ordinaire, qui sévit encore en ces années soixante, où le Ku Klux Klan, vestige insupportable de l’esclavage, n’en finit pas de mourir. Une haine omniprésente perçue à travers le travail, l’éducation, les lieux publics … Même les forces de l’ordre soudoyées participent à cette infamie rampante.

Les règles  des blacks readers.

Point 1 : Nous voulons  des bonnes BD qui nous enivrent, nous voulons du Ricard. (Oui je sais, elle était facile celle là).
Point 2 : Nous voulons une belle immersion dans la société raciste de l’Amérique des années 60.
Point 3 : Nous voulons un combat pour l’égalité des droits, que tout le monde puisse aussi lire des BD percutantes.
Point 4 : Nous voulons des BD de qualité, bien finies à la Futuropolis.
Point 5 : Nous voulons promouvoir le dessin réaliste en lavis de Guillaume Martinez qui le mérite bien.
Point 6 : Nous voulons que le lecteur soit exempté de TF1…. si si, ça abime votre cerveau. Un peu de lecture intelligente ne fait vraiment pas de mal au lieu de l’habituel abrutissement des masses.
Point 7 : Nous voulons l’arrêt immédiat des critiques incendiaires et des râleurs sur ce titre.
Point 8 : Nous voulons la libération des émotions qui vous donneront une larme à l’œil en fin de parcours. 
Point 9 : Nous voulons que vous jugiez par vous-même de cette oppression faite sur les noirs à cette époque … et voir comment en 50 ans, on a fait du chemin (enfin on l’espère) avec l’élection de Barack Obama.
Point 10 : Nous voulons qu’à la fin de cet album fort et émouvant, vous leviez votre bras poing tendu et deveniez un bon fucking lecteur !

Scénario :9/10
Dessin :9/10
surprises.smileysmiley.com.9.gif Global.



Un coup de cœur pour Samba.
On en parle sur le forum.

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23/12/2012

Dos à la mer - tomes 1 et 2

dos a la mer,berlion,varenne,thomas,emmanuel proust,polar,mafia,socialdos a la mer,berlion,varenne,thomas,emmanuel proust,polar,mafia,socialScénario : Olivier Berlion et Antonin Varenne

Dessin : Olivier Thomas

Editeur : Emmanuel Proust Éditions

dates de sortie :

tome 1 : février 2012

tome 2 : novembre 2012

Genre : polar

 

 

résumé du Tome 1

Henri, soudeur aux Chantiers de l'Atlantique, à Saint Nazaire, déjeune, depuis vingt ans, dans le même restaurant. Sa table est réservée, face à la mer. Mais aujourd'hui, un homme vulgaire et une jeune fille à la beauté perdue y sont installés. Soudain, l'homme gifle la femme ! Henri se plante devant le malfrat qui lui balance illico un énorme coup de boule. Le couple s'enfuit, oubliant un téléphone portable. Henri n'a jamais eu de portable… Quand un accident survient au chantier, Henri porte le chapeau. Viré, le soudeur fouille le répertoire du portable de « Natacha ». Le nom de la femme... « Allô ? J'ai trouvé un téléphone. Le restaurant… la bagarre… » Commence alors la fuite à travers la France d'un couple improbable. L'ouvrier et l'ex-terroriste basque. Mille kilomètres. Deux kilos d'héroïne. Des truands et l’ETA. Marseille. L'horizon, si les balles ne les arrêtent pas. Le soudeur breton, devra lâcher son rocher, abandonner les bateaux en construction sur lesquels jamais il n'embarque. À ses côtés, une femme, qu'il ne connaît pas, pour qui il aura le courage dérisoire de devenir lui-même. Une offrande naïve, dans une cavale et une guerre d'intérêts qui le dépasse.


Tome 2

Henri et Natacha sont en cavale, direction Marseille. Dans leur coffre : 5 kilos d’héroïne pure… La mafia a décidé de livrer Natacha aux basques après avoir récupéré la dope, mais rien ne va se passer comme prévu… Henri, le timide soudeur breton, va-t-il sauver Natacha de ses ennemis ? A-t-il compris ce qu’elle lui cache ?

 

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Dos à la mer, ou comment un excellent ouvrier soudeur des chantiers navals de St Nazaire se retrouve du jour au lendemain au milieu d’une sombre histoire où sont mêlés mafieux et terroristes basques.


dos a la mer,berlion,varenne,thomas,emmanuel proust,polar,mafia,socialOu comment se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment peut vous sauver la vie. Henri, soudeur chevronné mais incompris et isolé, se retrouve embarqué dans cette histoire de trafic de drogue et y voit l’opportunité de changer le cours de sa vie. Lui qui s’était toujours laissé mené par le train-train quotidien, sans jamais oser affronter les réalités sortira grandi de cette aventure au cours de laquelle il aurait pu y laisser plusieurs fois la peau. Viré de son boulot, une famille faussement soudée (pour un soudeur c’est le comble !) , une vie terne, peu de courage, il n’avait pas grand-chose à perdre mais bien tout à gagner. C’était quitte ou double. Et pour une fois lui qui n’avait jamais quitté St Nazaire est allé au bout de lui-même, au bout de ses idées, au bout de la France, dans un contexte hostile et dangereux.


Le titre de polar social annoncé par l’éditeur colle parfaitement à cette histoire. On y voit un bon aperçu - surtout dans le tome 1 - des conditions de vie et de travail des ouvriers des chantiers navals. Concurrence internationale oblige, la direction est sous pression pour préserver les commandes et l’emploi. Cette pression qui se traduit par des délais écourtés, des matériaux de moins bonne facture, retombe toujours sur les ouvriers qui en font les frais. C'est le bas de l'échelle qui trinque. Henri est désabusé et n’a ni la force ni le courage de se battre, il courbe l’échine. Cette rencontre avec Natacha fait ressurgir des souvenirs d'enfance qui lui donneront un second souffle et lui feront pousser des ailes. Peu lui importe les conséquences et les dommages collatéraux, c’est pour lui une revanche mais aussi une quête de bonheur et l’espoir de pouvoir vivre des jours meilleurs.


Ce deuxième volume clôt ce polar dans une apothéose de rebondissements et de situations des plus scabreuses pour ce duo en cavale. Rythmé par des dialogues justes et percutants et mis en scène par un dessin réaliste très dynamique, ce récit ne manque de rien. Action, tendresse, violence, bêtise, trahisons, amour, humour, évasion, cavale, tout y est ou presque. Seuls les flics sont absents de cette histoire. Preuve est faite qu’un bon polar peut se passer de flics.

Dos à la mer, c’est un des meilleurs polar que j’ai lu en BD.


Ma note : 9/10

Loubrundos a la mer,berlion,varenne,thomas,emmanuel proust,polar,mafia,social

10/12/2012

Heureux qui comme

Couv_176271.jpgheureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialAuteur : Nicolas Presl

Editeur : Atrabile

Collection : Flegme

240 planches

sortie : novembre 2012

genre : Fable sociale

 

 

Résumé (éditeur)

Dans Heureux qui comme, l’auteur s’intéresse plus particulièrement aux relations tout à la fois pas­sionnées et tumultueuses qui lient l’Afrique noire et l’Occident, à travers le parcours de deux êtres qu’à première vue tout oppose, et qui, contre toute at­tente, finiront pas se croiser. D’un côté, on suit l’en­voyé d’une firme industrielle tentant d’amadouer une population locale pour mieux pouvoir la spolier. Sûr de son bon droit, enfermé dans sa bulle dorée et ses certitudes, il ne verra que trop tard la colère qui gronde…

De l’autre, les premiers pas d’une jeune femme, sans doute trop naïve et fragile, dans un endroit fantasmé, idéalisé, des premiers pas qui vont la laisser décontenancée et chancelante...

Ces deux êtres, tout aussi inadaptés l’un que l’autre aux situations qu’ils traversent, semblent incapables d’un regard objectif, distancié, et de ce manque de recul, mâtiné d’un certain paternalisme, de cette vision tronquée d’un monde qu’ils ne com­prennent pas, ne naîtront alors qu’erreurs, faux pas et occasions manquées.

 

 

heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialJ’espère que vous avez bien lu le résumé de l’éditeur, parce que franchement sans cette bouée de sauvetage, la compréhension de cet album est vraiment compromise.

Nous avons là une histoire sans texte et sans dialogues. Si cela est peu habituel dans l’univers de la BD et éveille la curiosité, cela ne relève en rien d’une grande innovation ni d'une grande originalité d'ailleurs. D’autres s’y sont essayés bien avant et notamment l’immense Moebius dans les années 70 qui fut le premier à réaliser des bandes dessinées sans texte autour du personnage d’Arzach. Mais n’est pas Moebius qui veut. En effet, quand on est devant un dessin composé de personnages aux faces déstructurées et que les proportions et perspectives sont plus que douteuses, la curiosité s’étiole et fait rapidement place à un rejet au point de se demander si on arrivera au bout. Je suis allé au bout, mais je me suis tout de même un peu forcé.


heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,socialC’est visiblement la marque de fabrique de Nicolas Presl, qui assume cette préférence pour des récits muets en privilégiant les mises en scènes picturales aux dialogues et textes. Dans cet album il apporte toutefois une innovation par rapport à ses précédents travaux en utilisant la couleur. Et là je me dis : « mince ! en couleur c’est déjà pas facile, en noir et blanc ça doit être imbuvable... ».


Je ne m’attarde pas sur l’histoire et ses clichés sur les méchants occidentaux qui exploitent les pauvres africains (même si ça existe), et la naïve bobo parisienne (j’ignore si elle est bobo et parisienne, mais il me plait de l’imaginer comme ça, et après tout en l’absence de  texte je peux bien imaginer ce que je veux ! ) qui part gentiment la fleur au sac à dos à la découverte de l’Afrique. Comme il est dit dans le résumé, elle va chanceler. Eh oui ! L'Afrique ça n'est  pas le pays des bisounours !


Bon, je n’ai pas accroché à cette histoire et, à part quelques cases et deux ou trois mises en scènes, je n’aime pas du tout le coup de crayon de Nicolas Presl. Sans doute qu’un amateur de la période surréaliste de Picasso apprécierait davantage.

Néanmoins, il faut en toute objectivité reconnaître qu’il y a là un travail artistique indéniable. L’utilisation des couleurs est intéressante et sert directement la narration et les mises en scènes. Chaque personnage, chaque situation dans le temps et dans l’espace a son « code couleur » procurant ainsi une aide utile à la compréhension. Car si l’on comprend la situation d’une vignette à l’autre au coup par coup, il n’est pas aisé d’avoir une vue d’ensemble cohérente sans un décorticage systématique de chaque vignette.

Pour conclure, on peut trouver un intérêt dans l’exercice de style et la recherche artistique, mais la lecture reste très ennuyeuse et fastidieuse. Pourtant il y en a des choses à dire sur les rapports entre les pays riches et l’Afrique. Mais les dessiner ne suffit sans doute pas.

 

4,5/10heureux qui comme,presl,atrabile,flegme,fable,social

Loubrun

22/06/2011

Lloyd Singer T6 :Seuls au monde

Lloyd Singer6.jpgLloyd Singer6p.jpgAuteurs : Brunschwig et Neuray.
Editeur : Grand angle.
Sortie : 06/2011

Direction le lac.
Le FBI l’appelle « La chanson douce ». En quinze ans, il a tué dix magnifiques jeunes femmes, qu’il a atrocement mutilées avant de les violer, puis de les laisser succomber. Il signe ses crimes d’une poupée musicale qu’il laisse dans les bras de ses victimes, et le FBI n’avait pas l’ombre d’une piste... Jusqu’à ce qu’il laisse Patsy Lee en vie. Mais, défigurée, profondément choquée, la jeune
femme refuse de coopérer. Elle sera la première mission de Lloyd Singer, qui a décidé d’exorciser les actes de Makabi en devenant agent du FBI. Ses supérieurs en sont persuadés : sa gentillesse, couplée à son immense compassion feront de lui l’interrogateur idéal pour Patsy Lee, bien plus que tous les intimidateurs du Bureau. C’est ainsi que le futur agent Singer se retrouve sur la piste de La chanson douce. Mais cette musique suffira-t-elle à adoucir la violence de Makabi. 

Le miroir des sentiments.
Il n’y a pas à dire mais Luc Brunschwig est devenu un as dans l’art de décortiquer l’âme humaine. Ici, on se demande d’ailleurs si on n’est pas victime du syndrome de Stockholm en lisant le dénouement de ce 2e cycle des aventures de Lloyd Singer. L’auteur joue tellement bien avec les sentiments des personnages qu’on est vraiment  pris par une étrange  compassion pour eux. Un réel coup de force car il arrive à alterner les émotions avec des faits très durs. En plus, la structure du récit est  assez bluffante car elle alterne dans un rythme effréné les souvenirs, le passé proche et le présent sans que cela n’altère la fluidité de la lecture. Une histoire qui pourrait se qualifier de thriller social  ou psychologique au final.
Le dessin de Neuray reste de très bonne facture, je n’en dirais pas autant des couleurs  beaucoup trop clinquantes à mon avis pour le sujet de cette BD. J’ai aussi noté quelques cases très dépouillées qui ont certainement comme but de recentrer l’attention sur le personnage  comme un focus au cinéma. Pour le prochain cycle, il y a aura visiblement du changement car c’est Olivier Martin qui reprendra les crayons de cette excellente série.
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On en parle avec Luc B. sur le forum.

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04/08/2009

La memoire dans les poches, 2 ème partie.

memoireanslespochest2Auteurs : Le Roux et Brunschwig.
Editeur :Futuropolis.

Souvenirs.
Voilà plus de trois ans maintenant que Sidoine Letignal a disparu, emportant avec lui l’enfant abandonné par Malika, la jeune sans papier.
Malika, que la police française a expulsée, a dû repartir en Algérie.
Pourquoi Sidoine a-t-il agit ainsi ?
Pourquoi a t-il abandonné sa femme et son fils ?
Où est-il donc allé avec le nourrisson?
Autant de questions restées sans réponse durant toutes ces années.
De son côté, Laurent est retourné vivre chez sa mère, Rosalie. Celle-ci a sombré dans la dépression. Le jeune homme timide est devenu un jeune romancier en vue. Son dernier polar est salué par la critique. Il a même droit à sa première émission littéraire à la télévision. C’est pour lui une occasion inespérée de lancer un appel à d’éventuels témoins, afin de découvrir ce qu’est devenu son père.
Débute alors un voyage qui va conduire Laurent sur les traces du disparu et qui va lever le voile sur bien des mensonges et des oublis faits au sein de sa famille.

Mes notes.
Cet album a été élu meilleure BD du mois  de juin sur ce blog, ça devait suffire à vous convaincre non ? Vous vous attendez que Samba  aie à contre courant comme d’habitude? Et bien, c’est raté, j’ai comme souvent avec les albums de Brunschwig apprécié la justesse des émotions qui jaillissent de cette BD.C’est terriblement humain, touchant par moment, sans oublier la touche social  qui amplifie encore les propos. Dans le premier tome, on suivait Sidoine, on sortait des clichés des cités à problèmes avec une touche d’espoir. Pour le tome 2, on est maintenant dans les pas de Laurent, notre anti héros, plus mature et pragmatique. Pour le dernier tome, on suivra peut être la quête de Rosalie ? On verra, mais ce qui est sûr c’est qu’on retrouvera  les flashbacks qui sont la marque de fabrique de Brunschwig.
J’ai aussi apprécié la grande fluidité du récit aussi bien du point vue de la narration que pour la mise en page. De ce coté, Le Roux nous livre un dessin en harmonie avec l’histoire, tout en nuance et en subtilité. J’ai aussi apprécié de voir des personnages réels avec de vrais gueules. Et oui, le monde n’est pas peuplé que de bimbos blondes à fortes poitrines mes amis !
J’ai néanmoins noté une inflation incroyable en trois ans, le tome un 15.9 Euro pour 88 pages et ce tome deux, 16 Euro pour 71 pages. Par les temps actuels, ce n’est pas un détail.
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On en parle sur le forum.

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14/11/2008

Lulu,femme nue.

LuluFemmeNue1_28102008_232856lulufemmenue01p_79439Auteur : Etienne Davodeau.
Le résumé.

Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
L’un d’eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu’a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d’un énième entretien d’embauche. Elle n’avait rien prémédité. Ça s’est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s’est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cette vacance inédite. Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d’une façon ou d’une autre, eux aussi au bord du monde. Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l’expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme.

Mon avis.

S’offrir un moment de liberté,  casser la routine,  couper les amarres,  fuir la vie quotidienne, ouvrir une parenthèse dans sa vie, qui n’a jamais eu envie ne fusse qu’une seconde de faire comme Lulu ? En ouvrant cette « femme nue », vous serez loin des canons et des standards habituels, bienvenue dans le monde réel. Si vous connaissez Davodeau , vous connaissez son aisance à raconter des histoires  simples  de la vie quotidienne sans super héros. J’avoue avec eu du mal avec le personnage de Lulu, je n’ai pas accroché à son monde de fonctionnement .Abandonner ses enfants, j’ai du mal à le cautionner même si le scénario est suffisamment intelligent pour nous dire qu’il s’agit d’une parenthèse, mais visiblement ce ne sera pas sans séquelle. Par contre, je me suis  pris de sympathie pour le raconteur, Xavier.  A partir de là, je dois dire que la lecture fut  captivante voir émouvante. Mais je pense que vous aborderez cette BD avec votre propre approche en fonction de votre vécu car au fond on touche ici à la vie, à votre vie.
Pour le coté graphique, on notera les couleurs (Ocre et Bleu) assez chaudes  qui portent le dessin léger  reconnaissable d’Etienne Davodeau .
20.000 exemplaires de cette fiction sociale sont prévus pour le tome 1 de ce diptyque, j’en réserve un pour vous ?
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On en parle sur ce blog. ICI.
Et on en parle aussi sur le forum. ICI.

lulu femmenue

03/11/2007

Amère Patrie, Tome 1.

amerepatrie01AlbamerePatrie1_06102007_150435Le résumé.
Avec son arc, Ousmane Dioum est le meilleur chasseur de toute la langue de Barbarie, cette presqu'île qui sépare l'Atlantique de la côte sénégalaise. Mais est-ce suffisant pour protéger sa soeur des cruelles lois tribales de son défunt mari ? Ne vaudrait-il pas mieux se rapprocher des fusils de l'armée française ?

Avec ses collets, Jean Gadoix est le plus habile braconnier de la commune de Roche-Vialard, dans le département de la Haute-Loire. Mais est-ce suffisant pour sauver la ferme familiale après l'accident du père ? Ne vaudrait-il pas mieux que sa soeur Joséphine épouse Auxence, le normalien ?

Mon avis.
Lax nous livre ici une chronique d’avant guerre très intéressante. Le scénariste nous parle via cette « Amère Patrie » de très nombreux sujets moraux et sociaux .On y aborde la condition et l’émancipation de la femme en ce début de 20 ème siècle, des droits des plus démunis, de théories ridicules mais d’actualité à cette époque de la condition de sous-homme des noirs, des traditions archaïques régissant les lois familiales. Les deux destins que l’on suit nous mènent tout droit vers la grande boucherie de 14-18. Un album que je lirais bien évidemment avec intérêt.
Fréderic Blier qui signe ici sa première réalisation s’en sort avec les honneurs. Au début, je trouvais quelques têtes un peu déformées mais à fur et à mesure de l’album, son trait me paraissait plus stable et surtout plus expressif.
Une BD séreuse donc qui a le mérite de nous faire rappeler que ces conditions de vie étaient présentes il y a seulement 100 ans. Un temps pas si éloigné que ça finalement.

surprises.smileysmiley.com.7

Le blog du dessinateur ICI.

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