30/05/2017

Libertalia - tome 1 - Le triomphe ou la mort

libertalia, Grella, Miel, Pigière, casterman, pirates, aventure, politique, société, 04/2017, 7/10libertalia, Grella, Miel, Pigière, casterman, pirates, aventure, politique, société, 04/2017, 7/10Scénario : Rudi Miel, Fabienne Pigière
Dessin : Paolo Grella
Éditeur : Casterman
48 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : aventures, pirates

 

 

 

Résumé

1697, Olivier Misson se fait présenter au comte de Saint-Jean par sa fiancée pour que cet homme d'influence l'appuie pour un poste au ministère. L'affaire tourne mal, car Misson découvre, horrifié, que le comte se livre à l'esclavagisme malgré l'interdiction dans la France métropolitaine, et s'apprête à assasssiner 5 de ses esclaves qui avaient tenté de fuir. Saint-Jean cherche à impliquer Misson dans son activité criminelle, mais ce dernier, tout noble qu'il est, n'en est pas moins libertaire dans l'âme et mène une expédition pour libérer les esclaves de Monsieur de Saint-Jean. A la suite de cette expédition, Misson est obligé de fuir le pays, croyant avoir tué le comte. Il s'embarque alors sur un navire en tant que sous-officier. Son tempérament libertaire se révèlera à plein, et sa rencontre avec un prêtre italien partageant les mêmes idées et menant les mêmes combats pour défendre les opprimés, le mènera à Madagascar ou il créera une cité libre : Libertalia, la cité de toutes les utopies.

 

 

 "- Les esclaves sont une vraie rente. Mais c'est aussi une source d'ennuis. Ces hommes ont tenté à trois reprises de s'évader."

 

Mon avis

Réalité ou fiction ? Nul ne le sait, pas même les auteurs qui en profitent pour s'engouffrer dans la brêche du doute pour nous concocter cette histoire où se mêlent piraterie, politique, humanisme et chronique du XVIIIème siècle.

Dans une note en préambule, les auteurs nous font part d'une Histoire générale des plus fameux pyrates publiée en 1726 et signée d'un certain Captain Johnson. En fait, l'auteur de cette histoire ne serait autre que Daniel Defoe, l'auteur de Robinson Crusoe. Des personnages évoqués dans la BD, Misson, le prêtre Carracioli et le capitaine Tew, seul le dernier aurait eu une existence avérée, les deux autres demeurant encore à ce jour une énigme. Alors, réalité ou fiction ? Peu importe en fait, car voilà exactement le type de matériel qui permet à un scénariste de laisser libre court à son imagination. La base est donc solide pour faire une histoire au souffle épique ancrée sur des bribes de faits historiques.

Malheureusement, le souffle aventureux a du mal à entrer dans cet album. La faute sans doute à une narration trop rapide et trop hachée entre les différentes scènes d'action, ainsi qu'a un dessin et une mise en couleur un peu vieillotte, donnant des planches pas très attirantes.

Ceci étant, on sent bien que les auteurs posent dans ce premier tome les bases de leur récit pour en définir les limites historiques afin de mieux ouvrir les portes de la fiction dans les volumes à venir. On sent aussi tout le potentiel de cette nouvelle série porteuse de thèmes multiples – l'humanisme, les lumières, le racisme, l'idéal, la lutte contre toute forme d'oppression – et animée par des personnages au tempérament affirmé, tiraillés entre ombres et lumières.

Cette série a cet avantage pour elle de présenter la piraterie sous un angle assez réaliste : celui de la violence omniprésente, compagne quotidienne des acteurs de cette utopie, révélant que le combat des idées passe fatalement par l'épée.

Un premier tome qui souffre d'une narration un peu confuse et d'un dessin réaliste aux allures trop vieillottes, mais qui reste prometteur malgré tout, par son approche originale et sans manichéisme du sujet abordé.

Loubrun

 

 

 

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22/11/2016

Rio - tome 2 - Les yeux de la Favela

rio,garcia,rouge,corentin rouge,glénat,chronique urbaine,rio de janeiro,gangs,brésil,favelas,société,corruption,810,102016rio,garcia,rouge,corentin rouge,glénat,chronique urbaine,rio de janeiro,gangs,brésil,favelas,société,corruption,810,102016Scénario : Louise Garcia

Dessin : Corentin Rouge

Éditeur : Glénat

64 pages

date de sortie : 26 octobre 2016

genre : chronique urbaine

 

 

 

Nous retrouvons Rubeus et Nina 10 ans plus tard. Les deux orphelins qui ont échappé à la favela et à la loi de la rue grâce à leur adoption par un couple de riches américains, se voient ici rattrapés par leur passé.

Si Nina s'est bien acclimatée à sa nouvelle vie et évolue comme un poisson dans l'eau au sein de la jeunesse dorée de Rio, il n'en est pas de même de Rubeus qui ne peut oublier d'où il vient et ne se fait pas à cette nouvelle vie d'élite.

Alors que les gangs des favelas se livrent à une guerre de territoire toujours plus violente, Nina sera enlevée par un gang à l’issue d’un cocktail organisé par l’ONG de son père adoptif. Rubeus qui s'est juré de protéger sa petite sœur et qui n'a pas confiance en la police véreuse décide de s'occuper lui-même de cette affaire. Il retournera dans la favela et retrouvera ses anciens compagnons de rue, Ramon et Bakar qui, comme 10 ans plus tôt, lui donneront un coup de main. Mais rien n'est gratuit dans ce bas monde.

 

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La violence est à tous les étages dans cette série. Des milieux huppés à la crasse des bidons villes contrôlés par les gangs, elle prend soit l'odeur de l'argent, soit l'odeur de la poudre. Et bien souvent les deux se mêlent.

Louise Garcia a eu une assez bonne idée en faisant un saut de 10 ans en avant dans son scénario, sauf que du coup, le cliffhanger du tome 1 retombe un peu comme un soufflé. À moins qu'elle ne nous réserve quelques surprises avec un personnage énigmatique de cette série, que l'on ne voit qu'au début ou a la fin de chaque volume et qui ouvre une porte sur une dimension vaudoue. A suivre ...

En attendant, elle est sans pitié pour ses personnages et les plonge dans une violence qui semble sans limites. Le lecteur plonge aussi dans ce maelstrom qui sent la poudre et le sang et lit certaines séquences en rentrant la tête dans les épaules, comme pour éviter les balles qui fusent de tous les côtés. Non pas que cela soit plus violent que dans d'autres bandes dessinées, mais là, cette histoire a beau être une fiction, elle porte néanmoins la marque d'un réalisme glaçant. Les gangs font peur, les flics aussi, et on a envie d'envoyer les corrompus derrière les barreaux. Vraiment, les personnages sont bien campés et on s'attache de plus en plus à Rubeus qui semble être le seul à incarner une forme d'intégrité en refusant de renier ses origines.

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Louise Garcia et Corentin Rouge, qui confirme encore un peu plus ici son talent, nous décrivent dans cette chronique urbaine sans concessions le paradoxe Brésilien où la frontière entre argent et pauvreté extrême semble bien ténue et où la corruption gangrène toutes les strates de la société.

 

 

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Loubrun

 

 

 

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à lire

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17/05/2016

Rio - Tome 1 - Dieu pour tous

rio,corentin rouge,louise garcia,glénat,thriller,social,société,brésil,favelas,chronique urbaine,910,042016rio,corentin rouge,louise garcia,glénat,thriller,social,société,brésil,favelas,chronique urbaine,910,042016Scénario : Louise Garcia, Corentin Rouge
Dessin : Corentin Rouge
Éditeur : Glénat
64 pages
date de sortie : avril 2016
genre : thriller, drame, chronique urbaine

 

 

 

L'histoire débute par une séance vaudou durant laquelle le sang d'un poulet coule sur la photo d'une femme. Cette femme c'est Alma, la mère de Rubeus et Nina. Pour survivre dans l'une des plus grande favelas de Rio, Alma est indic pour Jonas, un chef de la police. Elle en est aussi l'amante et attend de lui qu'il la sorte de cette vie misérable. Malheureusement ce flic est pourri jusqu'à la moelle et assassinera sauvagement Alma, sous les yeux de Rubeus.

Ce dernier réussit à s'enfuir et à récupérer sa petite soeur dont il assumera désormais seul la charge. De la favelas à la rue, il ne lui reste plus que la violence pour survivre. Le jeune Bakar va l'entrainer dans sa bande et lui apprendre toutes les combines pour s'en sortir. Mais il existe une autre alternative pour les orphelins : l’adoption par une famille riche. Si cette voie semble convenir à la petite Nina, Rubeus en revanche n'est pas enchanté par cette perspective.

 

"Écoute... pour commencer, apprends que dans ce quartier, les couillons de travailleurs n'ont rien dans les poches. Ceux qui ont d'la thune vont bronzer leur fesses sur les plages : Ipanema, Copacabana .... "

 

Premier album pour Louise Garcia qui nous plonge de manière réaliste et crédible dans la misère crasse de Rio. Née au Brésil et ayant grandit à Rio, elle connait le sujet et cet album fleure bon la sincérité sans langue de bois. Toute la misère et la violence extrême qui en découle sont décrites avec un réalisme glaçant. On pense bien sûr à la violence entre les gamins livrés à eux-mêmes, quasi obligatoire pour survivre quand on fait partie d'une bande, mais il y a aussi celle des puissants envers les faibles qui veulent éradiquer la misère, en supprimant physiquement ses représentants. Ces flics véreux font froid dans le dos ! Et puis il y a le contraste saisissant de ces mégalopoles Brésiliennes où les plus démunis vivent, dans une indifférence presque générale, au milieu d'une clinquante opulence.

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On est pris aux tripes par cette immersion au sein de cette bande de jeunes devenus délinquants par obligation. On tremble pour eux quand ils se font choper par les flics après avoir dépouillé de riches touristes américaines. On court avec eux et on baisse la tête quand les escadrons de la mort leur tirent dessus à balles réelles. Puis on se met à leur espérer un avenir meilleur quand ils intègrent l'orphelinat, tout en redoutant qu'ils ne tombent dans les mailles d'un piège trop doré.

Cette histoire, on la vit à fond ! Les personnages sont attachants, les scènes sont vivantes, les dialogues percutants et justes.

 

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Ce scénario parfait est mis en image par Corentin Rouge dont on avait déjà remarqué le talent sur l’excellent Juarez de Nathalie Sergeef. Son trait énergique et réaliste contribue avec efficacité à l'immersion totale du lecteur ainsi qu'au dynamisme du récit. Ses personnages ont une vraie gueule, ses décors sentent l'authentique et ne font ni carton-pâte ni catalogue de décoration. Bref, C'est parfait !

Annoncée en 4 tomes, on attend maintenant la suite avec impatience, d'autant que la page 63 se termine sur un cliffhanger des plus surprenants !

 

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Loubrun

 

A lire aussi : Cuervos , Juarez, et Favela Chaos

 

 

 

 

10/05/2016

Breizhskin

breizskin.jpgbreizhskin.jpgAuteurs : Dav Guedin et Craoman.
Editeur : Ankama.
Sortie : 8 janvier 2016.
96 pages.
Genre : Société.

 

 

Le résumé.
Yannick est un ado de 16 ans, un peu paumé dans sa Bretagne natale. Avec deux amis, il s’est mis à adopter le look et les manières des skins, les nationalistes fiers de leurs racines. Mais le jour où ils rencontrent un « vrai » skin breton afin de se faire admettre dans ce groupe, ils se rendent compte d’un aspect du mouvement auquel ils n’avaient pas forcément pensé…


« Je suis un vrai skinhead, breton, fier d’être blanc et celte »

Mon avis.

Saint milliard ! En voilà bien une horrible couverture. J’ouvre et je tombe sur un dessin « punk » en noir en blanc avec des grosses têtes disproportionnées  dans le style underground américain.
Les gladiateurs de la chronique vous saluent et j’entame donc ma lecture avec peu d’espoir de survie.
Et puis, on tombe sur l’intro qui explique le sujet. Une sorte de « very bad trip » pour un dépucelage (dans le sens baptême)  de deux skinheads chez une sorte de maitre du mouvement.
D’un coup, on se dit que le trait colle assez bien au récit qui se veut nerveux et sauvage. Pour nos deux jeunes bleus, c’est bienvenue en démence. Pour vous donner un exemple, les chiens du fou furieux s’appellent « Bougnoul-Goebels et Jean-Marie », une belle logique d’anacoluthe.
On ne suit pas vraiment le chemin de la radicalisation d’un individu mais plutôt une tranche de vie avec  option grosse connerie.

Un peu comme les films de guerre  qui montrent la bêtise de ces conflits, Breizhskin  joue sur le même tableau de la démonstration par l’absurde de ces idées infectes.
Un récit percutant et original mais pas transcendant non plus.

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a05-3e788c9.gifDessin 

a06-3e788fc.gifScénario 

a06-3e788fc.gifGlobal 

SAMBA.

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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (5) | Tags : guedin, craoman, breizhskin, ankama, société, 012016, 610 |  Facebook | |

12/01/2016

De beaux moments

de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015Scénario et dessin : Jim

Éditeur : Bamboo (Grand Angle)

134 pages

date de sortie : 28 octobre 2015

genre : chroniques sociales, roman graphique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Des histoires courtes. Des regards tendres et justes sur l’essence de nos vies. Des histoires de temps qui passe, d’amour, d’amitié, de corps ou de souvenirs que l’on farde pour s’arranger un peu avec la réalité. Des histoires simples qui n’ont d’autre point commun que leur profonde humanité et leur capacité à nous faire prendre conscience des beaux moments…

 

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Mon avis

Où sont passés les grands jours, Une nuit à Rome, Héléna, Un petit livre oublié sur un banc * ... on commence à connaître par cœur le répertoire de prédilection de Jim, l'auteur incontournable des comédies romantiques et historiettes sentimentales. D'aucuns pourraient trouver cela répétitif, mais Jim a ce petit truc en plus dans sa façon d'écrire qui fait que ça marche à tous les coups. Il arrive avec douceur, tendresse et poésie à aborder des sujets qui préoccupent chacun de nous à un moment de sa vie et à les transformer en beaux moments, ou du moins en moments mémorables. Il semble avoir un sens inné de l'observation et une acuité surdéveloppés donnant à chaque fois une justesse de ton dans son propos.

Le temps qui passe, le vieillissement, la solitude, les souvenirs, la nostalgie, la communication intergénérationnelle, voilà autant de thèmes abordés en 12 histoires courtes.

Dans un style graphique toujours aussi léché, doux et chaleureux, il nous présente ici des tranches de vie dont la seule prétention est de nous rappeler que la vie est faite aussi, et peut-être surtout, de petits moments plus ou moins anodins qui s'ancrent à tout jamais dans nos souvenirs.

Pas de leçons de morale, pas de conseils, pas de réflexion métaphysique sur le sens de la vie, mais juste des "moments" racontés en 5 ou 6 pages dans lesquelles tout un chacun pourra se retrouver.

L'ensemble peut paraître assez inégal, mais chaque histoire trouvera sa cible et chaque lecteur sera touché par l'une ou l'autre de ces histoires selon sa sensibilité.

Voilà une lecture reposante qui pourra en plus mener à une petite introspection tranquille.

 

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Loubrun

 

*

Ou sont passés les grands jours

Une nuit à Rome : tome 1 tome 2

Héléna : tome 1 tome 2

Un petit livre oublié sur un banc : tome 1 tome 2

02/12/2015

What a wonderful world !

2678968760.jpgzep.jpgAuteur : Zep.

Editeur : Delcourt.

Sortie : 21 octobre 2015.

175 pages.

Genre : Humour.

 Résumé :

Après Happy Sex et Happy Parents, Zep nous livre une nouvelle salve d'humour décapant! Au fil d'un journal de bord quotidien (publié initialement sur le site lemonde.fr), il traite de sujets intimes ou universels comme «pourquoi je me suis rasé la barbe», «le djihadisme amateur» ou «la sexualité compliquée des super-héros». Sous l'acuité du regard zeppien, le monde est une scène... de comédie!


Mon avis :

Voici un rassemblement, un regroupement des dessins publiés par l'auteur de Titeuf sur son blog zepworld.blog.lemonde.fr (si vous voulez vous faire une idée de cette ouvrage, impossible de vous donner meilleur conseil que de cliquer sur ce lien). De la cour de récréation étant le théâtre d'un mélange de situations et de réflexions hilarantes, on passe à une vision de l'actualité hilarante à certaines heures, bien sûr, mais aussi tournée à l'ironie, l'illusion, l'imaginaire... et avec beaucoup de naïveté!

Donc, un livre à déconseiller aux journalistes mais surtout, aux sociologues et aux philosophes! Même si l'auteur a, comme tout le monde, le droit de rêver, ses opinions sur les événements actuels, aussi bien politiques que sociaux frôlent l'âge de l'enfance. S'en suivent des images à caractère pornographique. Ce qui fait que d'autres types de publics sont encore à avertir : les enfants (bien évidemment) ainsi que ceux et celles dont la conscience est loin d'être marquée au fer rouge.

C'est dommage parce que, dès les premières bulles, on éclate de rire. Ensuite, ça part dans tout les sens. Même si le talent de l'auteur suisse est toujours aussi palpable, il est souvent gâché. Malgré ça, en plus d'être l'anti-héro de ses planches, il a au moins le mérite d'y introduire - sans "souillure" - sa famille. Lorsqu'il est question de sa femme, on reconnait bien là l'épouse qui fait redescendre sur terre un mari dont l'imagination peut faire perdre toutes notions de réalisme. Quant à ses enfants, fiers de leurs absurdités (rire), ils nous sont très familiers.

Enfin, le dernier aspect de cet album qui ne m'a pas échappé, c'est la nostalgie du personnage. Cette volonté de retrouver des sensations du passé qui, inévitablement, finit par s'écrouler dans un humour ironique causé par le retour à la réalité. Nul doute que l'auteur ait tenté de nous faire rire et de nous émouvoir à la fois. Ce qui, pour ma part, n'est pas totalement réussi nonobstant le potentiel de Zep. 175 pages, c'est trop long pour ce genre de bd. Alors les meilleurs dessins de l'auteur? Je ne pense pas. Car ils peuvent égayer les coeurs ou les rendre froid.


a06-3e788fc.gifGénéral 

 

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Mister Med.

28/04/2015

LIGNE B.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015Dessin & Scénario: Julien Revenu

Sortie : 29/04/2015

Editions Casterman

128 pages – Cartonné

Roman graphique, société, drame, banlieue.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): Automne 2005. Émeutes dans les banlieues françaises. L’état d’urgence est déclaré. Au bout de la ligne B du RER, Laurent vend des téléphones portables dans un centre commercial. Il a une petite fille qu’il adore. À part elle, sa vie n’est qu’une longue suite d’humiliations : son patron passe ses nerfs sur lui, sa femme le couvre de reproches et il se fait racketter dans les transports en commun. Mais cette fois, c’est l’agression de trop ! Laurent ne va plus se laisser faire. Il va prendre sa vie en main : maintenant, le prédateur ça sera lui ! Du moins c’est ce qu’il croit…

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

 

«Pas étonnant que certains pètent les plombs. Enfermés entre 4 tours, ils se débattent chaque jour avec le rêve qui leur est imposé : consommer.»

 

 

Mon avis : Chronique d’un drame annoncé…C’est ce que je pourrais titrer pour l’analyse de  cet album de Julien Revenu. Il a participé à la naissance de Médiapart avant d’ouvrir son propre blog « carnet de bord ». Il s’intéresse aux problèmes de société. Il écrit pour le théâtre et collabore avec des associations de lutte contre les discriminations. Il remporte un premier prix du concours « Portraits de ville » organisé par Libération et le prix coup de cœur du MRAP de Perpignan pour l’album Gens du lieu : récit de familles Gens du voyage. Ligne B est en réalité son premier album chez un grand éditeur, à savoir Casterman. L’auteur a aussi bénéficié pour la réalisation de cet album du soutien de la Région Languedoc-Roussillon.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

En réalité, c’est l’histoire d’un type qui vit en banlieue, qui a une épouse et une petite fille, un boulot. Mais il est mal dans ses bottes et se fait régulièrement engueuler par son patron qui le prend pour un moins que rien, son épouse. Et en plus il se fait racketter son GSM dans les transports en commun. C’est trop. Il en a marre. Cela doit changer. Il ne va plus se laisser faire. Il change radicalement de look, il ne baisse plus les yeux, il va se faire respecter… Les problèmes commencent…

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

Le dessin est typique d’un certain dessin de presse, de ces bloggeurs talentueux qui réussissent à se faire remarquer puis embaucher pour raconter en quelques planches la réalité d’une ville, d’un quartier ou encore décrire un phénomène social, économique ou politique qui influence la société. Un dessin pas sophistiqué, loin de là, mais assez détaillé et assez dépouillé que pour être lisible facilement et attirer l’attention de n’importe quel lecteur potentiel. C’est rendre plus accessible un article de presse qui, sans le dessin, passerait pour indigeste. La colorisation est bicolore. On reste dans un schéma minimaliste qui donne au dessin une connotation sombre et uniforme.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

Le scénario raconte la vie de Laurent, un banlieusard qui travaille. Il doit subir une certaine violence larvée mais aussi la violence tout court des faibles d’esprit et des gens qui sont tombés dans la délinquance pure et simple. Ces gens qui mettent en coupe réglée une partie de la population. Julien Revenu nous laisse regarder cette montée dans l’exaspération d’un type bien mais qui va déraper en voulant avant tout se faire respecter. Le scénario est bien bâti. On voit le parcours du personnage central qui va crescendo vers son (mauvais)  destin. Mais, je regrette que dès le début on se doute un peu de la fin de l’histoire.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

C’est un drame, un sombre drame ! L’éditeur parle dans son résumé d’une fiction haletante au cœur du réel, entre La Haine et Taxi Driver. Quel programme ! Les lecteurs qui aiment ce genre de récit à connotation sociale et aiment avoir les pieds dans la mouise, vont se régaler. Pour ma part, je reste un peu sur ma réserve avec ce genre de récit qui reste glauque et sans réel espoir d’une issue heureuse. Et oui, il en faut pour tous les goûts…

 

a06-3e788fc.gifDessin

 

a07-3e78901.gifScénario

 

a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Lien vers la fiche technique de « Ligne B » chez Casterman : ICI.

Liens vers le blog « Carnet de bord » de Julien Revenu : ICI.

 

 

Capitol.

 

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

 

30/03/2015

DAD -tome 1: Filles à papa.

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015Dessin & scénario: Nob

Sortie : 20/03/2015

Editions Dupuis

48 pages – Cartonné

Humour, comédie, société.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): Père célibataire au foyer, c'est un boulot à plein temps, et ce n'est pas Dad qui va prétendre le contraire ! Surtout avec quatre filles au caractère bien trempé, et pas vraiment du genre à s'écraser devant leur éternel ado de père... Entre Pandora l'intello, Ondine la volcanique, Roxane l'espiègle et Bébérenice la petite dernière, ce comédien au chômage a trouvé le rôle de sa vie : celui de s'occuper de sa famille sans rien perdre de sa propre jeunesse.

 

«Vous êtes comme vos mères…

Aucun sens de l’humour! »

 

Mon avis : Quel barnum chez Dupuis ! La communication est rondement menée ! D’abord quelques semaines avant la sortie officielle, j’ai reçu la plaquette destinée aux journalistes et aux libraires. On y découvre dans les grandes lignes les personnages de la série et quelques planches pour illustrer ainsi qu’une mini-interview de Nob (ne pas confondre le N avec la dernière lettre de l’alphabet…). Arrive ensuite, le jour de la sortie en librairie de l’album, un colis de chez Dupuis avec le dit album, flambant neuf, le même dossier de presse et la fiche technique de l’album. L’attachée de presse, Jocelyne,  s’est même fendue d’un petit commentaire écrit à la main : « Il sort aujourd’hui » (bien le timing !), « Fière de cette nouvelle série ! ». A fond dans le trip chez Dupuis ! Comment ne pas être charmé par autant d’attentions ?

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015

Me voilà donc parti par la lecture de cette nouveauté à laquelle la maison Dupuis croit beaucoup. Il faut d’abord savoir que deux albums sont prévus en 2015.Le tome 2 sortira en octobre 2015 pour les fêtes du mois de décembre, cela va cartonner dans les librairies !

Mais qui est Nob? De son vrai nom Bruno Chevrier, Nob est tombé dans la bande dessinée depuis son plus jeune âge. Il participe à un concours des éditions Glénat qui lui ouvre les portes du magazine « Tchô ». Il y dessine plusieurs séries dont la plus connue est la série « Mamette ». Il deviendra aussi le rédacteur en chef et graphiste du magazine, avant de passer la main en 2008. Il commence une collaboration avec Dupuis à partir de 2004. Il collabore à « l’Atelier Mastodonte », dirigé par Trondheim puis en 2013 apparait dans le journal de Spirou la série »Dad » dont il est question ici. C’est directement le plébiscite par les lecteurs (90% la recommande !). Dupuis a donc pu déjà tester la popularité de la série auprès des lecteurs du journal de Spirou, c’est l’avantage d’éditer ce type de journal. L’éditeur peut directement mesurer l’impact de la série sur le public avant de passer aux choses sérieuses à savoir la sortie du premier album en librairie.

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015

Quels sont les personnages ? Nous avons d’abord Dad, le papa, le personnage central. Il est père célibataire au foyer, accessoirement comédien au chômage. Il s’occupe de ses 4 filles (de 20 ans à dix mois) qu’il a eu avec 4 mères différentes. Dad a eu une vie sentimentale chargée...Viens ensuite l’ainée, Pandora, c’est l’intello de la famille. Après,c’est Ondine, la volcanique, une ado rêveuse qui s’intéresse plus aux séries télévisée qu’à ses études. Elle est soucieuse de son apparence, à l’opposé de Pandora avec qui elle est pourtant très complice. La troisième est Roxane, l’espiègle. Elle très sportive mais aussi franche et curieuse (trop diront certains). Enfin, la petite dernière, c’est Bérénice, la câline. Surnommée « Bébérénice », elle a déjà son petit caractère mais elle reste la chouchoute de la famille. Le lecteur va suivre les aventures de cette famille quelque peu atypique.

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015

C’est bien tout cela mais que faut-il en  penser ? Tout d’abord le dessin. Il m’a fait de suite penser au dessin de Zep et de Titeuf. Même façon de dessiner les personnages, même types de décors, même type de colorisation (Nob a été le coloriste de Zep). On voit directement que Nob est passé par le magazine « Tchô », émanation de Titeuf et Zep. Il y a des antécédents qui ne trompent pas ou plutôt qu’on ne peut renier, quoi de plus normal ! De plus avec l’Atelier Mastodonte, il est allé à bonne école ! Au niveau du scénario des gags, le plus souvent à une planche, même s’il s’agit d’une famille atypique, on voit qu’il y a du vécu et que Nob doit s’inspirer par moment de sa vie familiale réelle pour la transposer dans Dad.

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015

Pour conclure, je me suis pris à sourire et à rire plus d’une fois en cours de lecture. C’est bien mis en scène, c’est bien raconté. Je comprends tout à fait que le public apprécie. Des petits aux plus grands, tout le monde peut adhérer à cette comédie enlevée qui va divertir et ravir les familles. Bonne pioche chez Dupuis !

 

a07-3e78901.gifDessin

 

a07-3e78901.gifScénario

 

a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Lien vers la fiche technique de l’album chez Dupuis: ICI.

Lien vers la page Facebook de Dad : ICI.

 

Capitol.

 

Dad, Nob, Dupuis, 7/10, humour, comédie, société,03/2015

 

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19/03/2015

HELENA -Volume 2/2.

Héléna, Jim, Chabane, Grand Angle, 8/10, Romance, société, 03/2015héléna,jim,chabane,grand angle,810,romance,société,032015Dessin : Louis Chabane - Scénario: Jim

Sortie : 04/03/2015

Editions Grand Angle

74 pages – Cartonné

Romance, société.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): Portrait de l’amour inconditionnel de Simon pour Héléna. Un petit jeu amoureux dans une chambre avec vue sur la mer. Peut-on convaincre progressivement une femme de nous aimer ? Et dans ce petit jeu, qui est l’esclave, finalement ? Celle qui vient toutes les semaines à heure régulière contre un peu d’argent, ou celui qui ne vit que pour ces trois petites heures à passer avec la femme qu’il aime ?

 

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«Du plus loin qu’il se souvienne, Simon a toujours eu peur des jolies filles. »

 

Mon avis : Parfois, c’est compliqué la vie et l’amour encore plus…Quand c’est Jim qui se mêle en plus du scénario, vous n’êtes pas sorti de l’auberge ! Jim a le chic pour nous « pondre » des histoires d’amour tarabiscotées, impossibles, à la marge. Et chaque fois, cet amour est très mal parti. On sent une odeur d’échec cuisant qui va arriver, d’un drame amoureux sans lendemain. Et pourtant, dans cette détresse évidente, il y a toujours une petite lumière au bout du tunnel. Un miroir aux alouettes ? Peut-être, mais Jim a le chic de laisser s’insinuer en nous un doute, un espoir, si ténu soit-il. C’est sa force, la force d’un grand scénariste, d’un grand ordonnateur des sentiments. C’est aussi sa marque de fabrique.

 

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Louis Chabane continue pour sa part à assurer un dessin bien dans la lignée du premier tome et dans le moule d’autres albums auxquels Jim a collaboré, des albums comme « Une nuit à Rome » et « Où sont passés les grands jours ».La colorisation de Delphine est l’autre constante du travail graphique.

Le tome 2 répond tout à fait aux attentes que j’avais à la fin du tome 1.On sent la tension monter au fil de l’album jusqu’à la scène clé qui se déroule à Prague (Je ne vais pas vous enlever le plaisir de découvrir la trame de l’histoire). Puis cela retombe. On se dit que c’est somme toute dans la logique des choses, que tout va rentrer dans l’ordre normal de la vie. Et puis tombe le final, la petite idée de Jim qui change tout et remet le lecteur devant ses questions et sa propre opinion de la vie. La fin de l’histoire est-elle une tragédie ou un espoir incroyable, le début d’une belle histoire ? Je vous laisse découvrir…

 

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Le scénario n’y répond pas et vous laisse devant vos questions. Je sais que certains n’apprécient pas ce genre de chute qui laisse le choix à des alternatives. Certains aiment bien les situations bien claires et nettes… Halte au désordre des sentiments ! Jim n’est pas ce genre de scénariste et c’est aussi cela qui fait sa force, et le succès de ses derniers scénarios.

 

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Cela ne m’étonnerait pas que le cinéma ou la télévision s’empare de cette histoire. J’ai bien aimé. Jim a encore réussi à me surprendre sur sa fin de l’histoire.

 

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a08-3e78906.gifScénario

 

a08-3e78906.gifMoyenne

 

 

Lien vers la fiche technique de l’album chez l’éditeur Grand Angle: ICI.

Liens vers la chronique du tome 1 sur Samba BD : ICI.

 

 

Capitol.

 

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02/12/2014

La prophétie du tatou

la prophétie du tatou,zerocalcare,paquet,humour,autobiographie,tranche de vie,société,710,102014la prophétie du tatou,zerocalcare,paquet,humour,autobiographie,tranche de vie,société,710,102014Scénario et dessin : Zerocalcare

Éditeur : Paquet

138 pages

genre : autobiographie, humour

 

 

 

 

 

 

Résumé

Calcare est un jeune dessinateur geek qui passe une grande partie de son temps devant son écran d'ordinateur. En léger décalage avec le reste du monde, la vie de Calcare se résume à un appartement mal rangé, une alimentation rudimentaire et déséquilibrée, un ordinateur chronophage et une solitude pesante qu'il tente de combler en créant un compagnon imaginaire - sorte de guide de conscience -  personnifié par un tatou. Un soir, il reçoit un mail lui annonçant la mort de Camille, son amour de jeunesse. Les souvenirs surgissent d'un coup, l'émotion le submerge. On découvre alors un personnage introverti et très sensible, qui a toujours eu de mal à exprimer ses émotions.

 

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Voilà un drôle de titre et un drôle de nom d'auteur. Zerocalcare est un jeune auteur Italien totalement inconnu en France. Il a commencé à publier ses travaux dans plusieurs fanzines et a réalisé des affiches pour des concerts punk hardcore. Publié en 2011, la prophétie du tatou est son premier album. Cette BD devenue culte en Italie s'est vendue à plus de 100000 exemplaires et est en cours d'adaptation au cinéma. C'est aussi son premier album publié en France.

 

La prophétie du tatou, c'est donc le quotidien banal d'un geek un peu déconnecté de la réalité, raconté en une succession d'histoires très courtes de 2 à 4 planches. Un fil conducteur relie ces épisodes : la mort de Camille, amour de jeunesse du narrateur. Comment annoncer cette nouvelle à ses proches, notamment à ce petit groupe d'amis dont faisait partie Camille. Le temps à passé, les directions prises par les uns et les autres sont différentes.

Dans cette autobiographie, l'auteur aborde tous les thèmes de la vie - amitié, peurs, travail, amour, mort - avec un humour oscillant entre naïveté et désinvolture cachant une grande sensibilité. Le choix d'un animal doté d'une forte carapace pour symboliser sa conscience n'est certainement pas un hasard.

 

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La lecture est d'abord un peu déroutante car on ne comprend pas tout de suite à quoi on a affaire. En voyant les histoires très courtes, on s'attend à une succession de gags sur la vie d'un geek. On est vite déçu (par rapport à cette attente) car les histoires ne sont pas du tout construites pour produire un effet de gag. On finit donc par saisir le sens de cette BD et par en appréhender la profondeur. Derrière cette espèce de nonchalance, d'humour décalé et d'innocence se cachent une foule de réflexions sur la vie en général et la vie de l'auteur en particulier. Chacun pourra d'ailleurs se retrouver dans l'une des nombreuses scènes de la vie quotidienne décrite avec humour. Sur un ton moqueur d'autodérision, l'humour est omniprésent, c'est la carapace de l'auteur.

 

Le lecteur se prend d'affection pour ce personnage et sa vie ordinaire qui nous est présentée ici découpée en tranches. Du coup, la construction du livre devient parfaitement cohérente, et toutes ces saynètes sont liées par le fil rouge qu'est la mort de Camille.

 

Côté dessin, nous avons affaire à un mélange du style blog BD et dessin de presse. Des cases sans cadres ou des cadres tordus, un trait pas toujours précis notamment dans les décors, mais néanmoins, un trait expressif et un style propre à l'auteur.

Mais le propos de cet album n'est pas de nous livrer une grande histoire avec un dessin de maitre, mais plutôt de nous ouvrir un journal intime rempli de bonnes trouvailles drôles et émouvantes à la fois. De ce point de vue, c'est une réussite.

 

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Ma note : 7/10

Loubrun

 

Voir le blog de l'auteur (en Italien)