27/10/2017

La forêt millénaire

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Jirô Taniguchi

Editeur : Rue de Sèvres

76 pages – cartonné

Format « à l’italienne » (28.7x22.8)

Parution : 27 septembre 2017

Jeunesse

Présentation :

Dernière création de Jirô Taniguchi, cette bande dessinée en couleurs occupe une place à part dans l'œuvre du maître. Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d’enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Les pages en couleurs et à l’italienne de Jirô Taniguchi nous invitent à la contemplation de cette nature séculaire. Elles sont complétées par un entretien poussé avec l’éditeur japonais de Jirô Taniguchi et du matériel inédit provenant des carnets personnels de l'auteur.

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Mon avis :

Prévue en 5 tomes et commandée par la maison d’édition parisienne Rue de Sèvres, la série La ­Forêt millénaire n’aura connu qu’un seul album complètement achevé et un deuxième crayonné et découpé. Le décès de l’auteur a mis fin à une œuvre qui reprend ici quelques-uns de ses thèmes de prédilection : l’enfance, la nature, la recherche de la beauté et de l’harmonie, pour aboutir à une fable écologique et philosophique. Avec un rythme narratif parfois proche de la contemplation et un bel usage de l’aquarelle, Taniguchi opère alors une fusion subtile entre les approches graphiques du manga japonais et de la BD européenne. Cette épure évanescente, destinée à la jeunesse (mais pas seulement) est publiée dans un très bel écrin.

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La partie dessinée est suivie d’un entretien avec Corinne Quentin, la traductrice et Motoyuki Oda, l’éditeur chez Shogakukan qui publie les mangas de Taniguchi. Ils reviennent sur la genèse du récit pour rendre un hommage émouvant et plus que mérité à un mangaka qu’ils considèrent comme un maître.

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Skippy

 

 

 

12/02/2017

Hommage à Jiro Taniguchi.

Un très grand monsieur qui nous a quittés...

 

 

Écrit par Samba dans Actualité | Commentaires (1) | Tags : taniguchi, deces |  Facebook | |

23/03/2015

Ice age chronicle of the earth Vol 1

ice-age-chronicles-1-kana.jpgice age chr.JPGAuteur :Jirô Taniguchi.

Editeur : Kana

Sortie : 20 mars 2015

Genre : Science-fiction

 

 

 

 

Le résumé.

Nous sommes dans une nouvelle ère glacière. Dans ces conditions extrêmes, ne survivent que les créatures les plus adaptées. Takeru, un responsable d'une mine de charbon est forcé de prendre ses responsabilités et de se lancer dans une expédition périlleuse. La Terre est à l'aube d'un nouveau bouleversement...

 

« Comment ça se fait qu’on t’a entraîné dans ce trou du cul du monde ? »

 

Mon avis.

Et oui, vous lisez bien, un Taniguchi (Quartier Lointain) qui explore le genre « science-fiction » . Pour ma part, il s’agit d’une fameuse surprise. Mais une surprise qui date car il s’agit d’une adaptation française d’un manga en 2 volumes sorti en 1988.

La structure est des plus classiques, un jeune homme apprend à devenir adulte à travers les épreuves et les aventures qui jalonnent cet album. On y retrouve aussi quelques thèmes de prédilection de Taniguchi comme l’escalade ou comme le respect de la nature 

Le début de cette histoire m’a fait penser au film  Outland avec Sean Connery à cause de la station de forage dans un milieu hostile. Ensuite, tout commence à tourner mal pour cette mine du bout du monde : conditions climatiques désastreuses, le matériel qui vous lâche, on assiste même à une attaque de pirates.  Bref, c’est la poisse !

La lecture est agréable, l’univers proposé par l’auteur japonais est réaliste. On ressent bien l’urgence qui convient  à ce genre de récit d’anticipation glacière. Il nous manque néanmoins quelques balises explicatives  pour maitriser complètement ce monde bien particulier. Néanmoins, on constate que Taniguchi avait vu juste en 1988 en mettant en avant les changements climatiques comme principale source d’inquiétude pour le futur.

Pour le traitement graphique, on ne retrouve pas tout de suite le trait habituel de Taniguchi, c’est différent. On remarque un soin tout particulier pour les structures, pour les effets de profondeurs, pour les engins futuristes.  En plus, j’ai toujours trouvé éminemment casse-gueule de dessiner un monde de glace, heureusement que le noir et blanc lui permet de créer du relief.

Pour terminer cette chronique, cette BD sent bon les films de SF des années 70. Seul petit bémol, l’auteur veut toucher un peu à tout sans réellement les approfondir et laisse le lecteur un peu dans l’expectative.

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Samba.

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30/01/2015

Angoulême reçoit Jirô Taniguchi.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015

La 42e édition du Festival d’Angoulême reçoit Jirô Taniguchi et lui consacre une grande exposition. Il s’agit d’une consécration pour le mangaka préféré de la francophonie.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Il est né en 1947 et débute dans la bande dessinée en 1970 avec « Un été desséché ». L’intérêt de Taniguchi pour la bande dessinée européenne date de la fin des années ’70. Il découvre dans une librairie de Tokyo de livres importés les travaux de Bilal, Giraud, Micheluzzi, Crepax, Giardino,…

 La première visite de Taniguchi date de 1991 au sein d’une délégation d’auteurs et d’éditeurs japonais invitée par le festival. Il a été prix du meilleur scénario en 2003 pour « Quartier Lointain ». En 2015, les éditions Casterman profitent de l’occasion pour célébrer le vingtième anniversaire de la parution de « L’Homme qui marche », premier ouvrage de l’auteur paru en langue française. Cet album est  maintenant proposé dans une nouvelle édition, largement enrichie.

Suivra ensuite le « Chien Blanco » et « Le journal de mon père ». Il est reconnu par les auteurs de bandes dessinées et par un public limité de connaisseurs. La reconnaissance du grand public se fait attendre.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Au début des années 2000, Casterman publie les deux tomes de « Quartier Lointain » dans la nouvelle collection « Ecritures ».Cet album est transposé en sens de lecture occidental, un travail colossal. C’est l’album de Taniguchi le plus lu en langue française. « Quartier Lointain » est adapté au cinéma par Sam Gabarski. Cet album a été vendu à ce jour à plus de 300.000 exemplaires. C’est la reconnaissance du grand public.

Casterman publie l’œuvre de Taniguchi dans toute sa diversité. La collection Sakka, créée en 2004, accueille les mangas de l’auteur qui font la part belle aux grands espaces, à l’aventure, à l’action (Sky Hawk, Les enquêtes du Limier, Les contrées sauvages,…) La collection « Ecritures » publie ses récits plus intimistes et familiaux (Les années douces, Un zoo en hiver, Furari,…). Ce sont ces derniers avec « Quartier Lointain » qui ont apportés la notoriété à l’auteur. Mais Taniguchi fait preuve d’une richesse et d’une générosité authentique. Du western au polar,  de l’ode à la nature de Jack London à l’hommage aux grands maîtres de la bande dessinée franco-belge, ces récits témoignent de la richesse de sa carrière, d’une curiosité insatiable et d’un immense talent de dessinateur et de raconteur d’histoires.

 

Traduit en de nombreuses langues, il reste cependant un paradoxe. Il est aujourd’hui moins célèbre au Japon que dans le monde francophone. Son style a un côté « ligne claire » qui le rend immédiatement  familier pour nous.

Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, Samba BD  vous conseille un livre intitulé « L’homme qui dessine » ( paru en 2012), un livre d’entretiens avec Benoît Peeters.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015

 

 

LES CONTREES SAUVAGES - Tome 2.

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 7/10, Grands espaces, nature, animaux, aventures, 01/2015Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 7/10, Grands espaces, nature, animaux, aventures, 01/2015Dessin  & scénario : Jirô Taniguchi

Sortie : 21/01/2015

Edition Sakka (Casterman) - Manga

264 pages – Broché

Grands espaces, nature, animaux, aventures.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Au milieu d’une nature aussi cruelle que ses paysages sont sublimes et les créatures qui la peuplent sont hostiles, l’homme est la proie de tout, et surtout de lui-même. Véritable périple à travers les grands espaces, des montagnes japonaises aux étendues de l’Ouest américain, cette anthologie n deux tomes donne à voir une facette encore méconnue en France de l’œuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait avec succès à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 7/10, Grands espaces, nature, animaux, aventures, 01/2015

 

«Jirô Taniguchi a fait la synthèse entre le manga et la bande dessinée européenne.»

 

Mon avis : Sakka, l’éditeur manga de Casterman, nous propose en ce mois de janvier 2015 le second tome de la série « Les contrées sauvages ». Ces deux albums compilent des histoires construites et dessinées par Jirô Taniguchi entre les années 1975 et 1986. On y retrouve déjà tous les basiques du talent de Taniguchi. Outre le dessin que l’on voit évoluer de façon positive au fil des ans, Taniguchi explore certains épisodes du passé, que ce soit au Japon ou ailleurs dans le monde. A chaque fois, on y retrouve la nature avec tout ce qu’elle a de sauvage mais aussi et surtout le rapport entre la faune et l’homme, la cohabitation qui n’est pas toujours pacifique, loin de là. En plus, l’homme n’en sort pas toujours gagnant. Cet album est divisé en deux parties. La première est intitulée : « Villages perdus ». Elle comprend quatre histoires différentes de lieus perdus dans une nature parfois hostile. La deuxième partie est intitulée « L’homme et l’animal ». Elle comporte trois histoires qui expliquent le rapport de force entre la nature et l’homme. Enfin, le tome se termine par une histoire courte dessinée en 2010 qui s’appelle « les innommables ». Le lecteur peut y mesurer les progrès graphiques entre son style de départ et le style actuel.

La sortie de cet album qui reprend des travaux plus anciens de Taniguchi correspond avec le Festival d’Angoulême. Casterman en profite d’ailleurs pour mettre en lumière l’artiste en sortant plusieurs autres albums du dessinateur japonais.

 

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a07-3e78901.gifDessin

 

a07-3e78901.gifMoyenne 

 

 

Lien vers la fiche technique de « Les contrées sauvages» sur le site de Sakka: ICI.

 

Capitol.

 

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 7/10, Grands espaces, nature, animaux, aventures, 01/2015

 

20/01/2015

Elle s’appelait Tomoji.

elle s'appelait tomoji.jpgDessinateur-Scénariste : Jirô Taniguchi.

Scénariste :Miwako Ogihara

Editeur : Rue de sèvres.

Sortie : Janvier 2015.

Genre : Tranche de vie de 120 pages.

 

 

Taniguchi met ici en scène la rencontre entre deux adolescents dans le Japon de l’entre-deux guerres (1925-1932). Tomoji vit dans la campagne japonaise au nord du mont Fuji tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo. L’auteur nous fait découvrir avec sa sensibilité habituelle ce qui va unir ces personnages.

" Après les difficultés, il y a toujours quelque chose d’heureux qui arrive" .

La naissance de cette histoire est liée à un temple bouddhiste de la région de Tokyo que fréquente le mangaka préféré des européens  Jirô Taniguchi .Le but : faire connaitre la personnalité et la parcours de la créatrice de ce temple :Tomoji Uchida.

L’angle qu’a choisi le dessinateur japonais est donc un parcours de vie qui a façonné le caractère de Tomoji et qui l’a conduite à choisir la voie de la spiritualité. On va donc suivre la jeunesse de ce personnage réel  depuis sa naissance jusqu’à son mariage. Comme souvent, le « plus » vient de l’immersion  parfois insolite dans cette campagne japonaise du début  des années 1920. L’auteur s’est attelé à rendre ce récit le plus juste possible pour décrire le contexte de vie âpre  et simple de cette époque. Il n’oublie pas non plus une touche dramatique avec le tremblement de terre de 1923 toujours très vivace dans la mémoire collective japonaise.

La lecture est parsemée de couleurs, de bonheurs simples et de  traditions Le plus souvent, c’est la pudeur des sentiments qui prévaut, vous verrez que l’amour se rapporte parfois simplement à une lettre ou à un taxi.

Le dessin de Taniguchi est connu, ici la difficulté revenait certainement à faire évoluer le personnage au fil des âges, un défi qui est largement réussi.
 Voilà au final, une belle immersion simple et sensible dans le Japon des années 20, entre traditions et labeurs.

 

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a06-3e788fc.gifScénario 

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Samba.

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18/12/2014

Samb'Or 2015 du meilleur dessin

Il n'en reste que 12 !

12 planches que le jury a extrait d'une présélection de haute volée faite par les membres du forum. 32 planches nous ont été proposées, toutes aussi belles les unes que les autres. Enfin, certaines plus belles que d'autres ! Mais je ne vous dirai pas lesquelles, car les goûts et les couleurs ....

A vous de jouer maintenant ! Rendez-vous sur le forum pour voter pour votre préférée, ou plutôt vos préférées puisque vous pouvez en choisir deux.

C'est ici que ça se passe : le Samb'Or 2015 du meilleur dessin

 

Pour pouvoir voter, il suffit de vous inscrire sur le forum : un pseudo, un mail, et le tour est joué.

Voici les planches et le nom des dessinateurs.

 

DELABY

HUGAULT

RIFF REB'S

delaby,la complainte des landes perdues Hugault, angel wings riff reb's, hommes à l a mer

MIVILLE DESCHENE

DEMAREZ

VINK

MIVILLE DESCHENE,reconquêtes demarez, alix senator vink, le temps perdu

LOISEL & TRIPP

TANIGUCHI

LAPONE

loisel,tripp,magasin général taniguchi, le gardien du louvre lapone, adam clarks

HAUSMAN

SICOMORO

FRANCQ

hausman, capitaine trèfle sicomoro,la porte du ciel francq,largo winch

sambor_dessin-4296fbd.gif

 

03/12/2014

Les gardiens du Louvre.

le gardien du mouvre.jpgle gardier du louvre.jpgScénariste :Taniguchi

Dessinateur :Taniguchi.

Editeur :Futuropolis.

Sortie : 21 novembre 2014.

Genre:Visite onirique de 134 pages.

 

Le résumé.

Au terme d’un voyage collectif en Europe, un dessinateur japonais fait étape en solitaire à Paris, dans l’idée de visiter les musées de la capitale. Mais, cloué au lit de sa chambre d’hôtel par une fièvre insidieuse, il se trouve confronté avant tout à une forme de solitude absolue, celle des souffrants en terre étrangère, privés de tout recours immédiat au cœur de l’inconnu. Alors que le mal lui laisse quelque répit, il met son projet à exécution, et se perd dans les allées bondées du Louvre. Très vite, il va découvrir bien des facettes insoupçonnées de ce musée-monde, à la rencontre d’œuvres et d’artistes de diverses époques, au cours d’un périple oscillant entre rêve et réalité, qui le mènera pour finir à la croisée des chemins entre tragédie collective et histoire personnelle. 

Avec cet album en forme de voyage intérieur, Jirô Taniguchi nous invite à une traversée temporelle et artistique à la découverte d’un esprit des lieux, sous la houlette de quelques figures tutélaires, familières ou méconnues... Car le Louvre a ses gardiens.

Mon avis.

Au départ, on est déjà séduit en découvrant la qualité d’édition de cet album. Un grand format (23 cm sur 32.5 cm) à la sauce manga puisque le sens de lecture est inversé qui va nous permettre d’admirer le dessin de Taniguchi en cinémascope et en technicolor. C’est presque une œuvre d’art qui vous aurez entre les mains  tellement les dessins de l’auteur de quartier lointain illumineront votre lecture.

Par contre on est plus dans l’univers « d’un homme qui marche » ou « du gourmet » car le scénario est en mode contemplatif. Le but est de nous faire vivre la vie du Louvre à travers le temps qui coule. Mais la visite se veut aussi idéalisée, sans la foule agglomérée autour de la Joconde, sans bousculade ni bruit. Mais cette visite est aussi onirique car on va découvrir certain de ses habitants. On se promène dans les pas voir dans la tête de grands auteurs comme Vincent van Gogh par exemple. Par ce biais, Taniguchi essaye de nous expliquer l’art d’apprécier une toile ou une sculpture. On se rend aussi bien compte du rayonnement international du musée parisien. 

Vous l’aurez compris, cet album est destiné à l’amoureux d’art et culture. Un peu moins à l’amateur d’action virile ou d’aventure à la James Bond.

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Samba.

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05/09/2014

Au temps de Botchan Tome 4

au temps de botchan.jpgautempsdesbotchanp.jpgAuteurs : Taniguchi et Sekikawa.

Éditeur : Casterman (écritures)

Sortie : 3/9/2014

Après avoir évoqué le destin des écrivains Natsume Saseki, Futabatei Shimei et celui du poète Takuboku, ce quatrième volume de Au Temps de Botchan s’attache à  la trajectoire de jeunes militants politiques, au moment où les idées socialistes se propagent en Occident. Publiée au Japon à  compter de 1987, et traduite une première fois en français à  partir de 2002 aux éditions du Seuil, la vaste fresque de Jirô Taniguchi et Natsuo Sekikawa est ici proposée dans le sens de lecture occidental, dans le cadre de la collection écritures.

Déjà en temps normal, la société japonaise peut paraître étrange pour un occidental, mais s’attaquer à un récit  politique et sociétal fin 19e , début 20e  au pays du soleil levant , c’est presque mission impossible pour le commun des mortels .

Mais, rencontrer un anarchiste japonais m’a titillé l’esprit .On a du mal à croire que ce genre d’individu puisse exister au pays de l’organisation et de la rigueur.

Si l’envie vous en prend néanmoins, il vous faudra aborder la lecture avec pugnacité pour bien  tout comprendre  car ce récit historique est complexe.

Vu aussi « la brique », je vous conseille de la lire par morceau pour éviter l’indigestion, ça vous permettra de digérer toutes les informations.

Un récit aux antipodes des mangas « classiques » qui mérite une lecture approfondie pour l’apprécier.

Vous l’aurez compris, à réserver à une certaine « élite ».

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a08-3e78906.gifDessin 

a05-3e788c9.gif Global.

Samba.

 

 

On en parle sur le forum.

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28/08/2014

LES CONTREES SAUVAGES -Tome 1.

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014.Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014.Dessin & scénario : Jirô Taniguchi

Editions Sakka (Casterman)

Sortie 03/09/2014

232 pages -Broché

Prix conseillé : 13,95 €

ISBN : 9782203084438

Histoires courtes, aventure, western, nature.

 

Résumé (de l’éditeur) : L’auteur de Quartier lointain nous propose un périple à travers les grands espaces au milieu d’une nature cruelle et ses créatures hostiles, l’homme est la proie de tout, et surtout de lui-même. Dans cette anthologie en deux tomes, nous découvrons une facette encore méconnue en France de l’œuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.

 

Mon avis : Casterman via sa filiale Sakka, spécialisée dans le manga, continue à publier les premiers travaux de Jirô Taniguchi, le mangaka préféré des européens. L’éditeur nous propose un nouveau diptyque (deux albums) intitulé « Les contrées sauvages » dont le premier tome sort en ce début du mois de septembre 2014.Il s’agit en réalité de 8 histoires courtes sorties dans la presse japonaise entre 1975 et 1986.

 La préface de l’album, écrite par Wladimir Labaere, donne un éclairage particulier sur l’œuvre et je vais en faire un rapide résumé.

Cette série a pour thèmes ce qui est à l’origine du talent de Taniguchi. Tout d’abord, une ouverture sur le monde qui s’est développée grâce à la lecture de la BD franco-belge, peu disponible à l’époque dans son pays. Il en retient la richesse des décors et la multiplicité d’informations contenues dans chaque case. De la BD japonaise, il gardera la priorité accordée au mouvement. Il a aussi certains sujets de prédilection comme la Nature (avec un grand N) implacable vis-à-vis d’une humanité orgueilleuse et présomptueuse. Cette Nature, c’est les éléments et le règne animal. Non seulement, il s’adresse à la jeunesse mais apprend aussi à dessiner pour un public adulte. Pendant cette période de sa vie, il doit travailler beaucoup pour pouvoir vivre de son art. Avec quelques assistants, il va produire jusqu’à 120 planches par mois, aux dépens parfois de sa santé ! Taniguchi se nourrit de tout ce qu’il lit, découvre, visionne (films, télévision,…), d’anecdotes pour se lancer dans un récit. Il est boulimique, une vraie éponge. Le premier tome s’intéresse surtout aux « légendes de l’Ouest ». Taniguchi est probablement un des rares mangakas capable d’entrer dans ce monde particulier du western.

Au fil des histoires courtes et des années de « production », le lecteur va voir évoluer le graphisme de l’auteur, un dessin qui va petit à petit prendre de l’ampleur, se simplifier et devenir de plus en plus abouti.

Au niveau de la narration et du découpage, Taniguchi excelle et la progression est également remarquable. Son travail d’adaptation  et sa progression sont  remarquables. L’auteur japonais élague ses textes, fait passer mieux ses idées en moins de mots, se fait plus précis et plus concis.

Pour conclure, Taniguchi nous charme encore, même avec des travaux qui datent de ses débuts. On le voit grandir. Le jeune espoir du manga devient progressivement un des maîtres de la discipline mais aussi proche de la BD européenne. Le résultat est séduisant.

 

Dessin :             7,5/10

Scénario :          7,5/10

Moyenne :          7,5/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Les contrées sauvages, Taniguchi, Sakka, 09/2014