15/11/2013

The end of the fucking world

teotfw-couverture_web-7614d.jpgthe-end-of-the-fucking-world-forsman-p3-754c3.pngRésumé de l'éditeur: Alyssa aime James, James pense que, peut-être, il aime Alyssa. Grandir c’est difficile, spécialement lorsqu’on est incompris des adultes et qu’on a l’impression d’être méprisé par le monde entier. Lassés de cette vie déprimante, les deux personnages de The End of the Fucking World entament la fin de leur adolescence par une longue fugue où ils vont se retrouver confrontés à des situations extrêmement critiques. Menacés par un dangereux gourou, poursuivis par la police, ils vont vivre un temps, la liberté et l’insouciance pour se voir brutalement rattrapés par une précarité d’une rare intensité. Ce que ne sait pas Alyssa, c’est que James est un jeune sociopathe qui a passé son enfance à tuer toutes sortes d’animaux, grands ou petits pour le plaisir. Maintenant ses pulsions meurtrières se font de plus en plus présentes et difficiles à cacher. C’est d’ailleurs, à cause de cette déviance non contrôlée, combinée à une mauvaise rencontre qui va leur attirer des ennuis.


 Avec The end of the fucking world, la maison d'édition L'employé du moi nous propose une nouvelle fois une adaptation en français d'un de leur camarade de la bande dessinée indépendante américaine (après Basewood, Monsters,...). L'auteur Charles Forsman a la particularité de déployer un trait largement inspiré de celui de Charles Schulz, monstre sacré du strip (Peanuts). On découvre un dessin noir et blanc épuré,  une ligne claire sans trop de rigueur qui accentue une certaine naïveté. Le contraste s'orchestre magnifiquement entre ce trait naïf et la violence de ce road trip meurtrier. Avec peu de dialogue mais un certain rythme, The end of the fucking world traite, au delà de la violence meurtrière, de la violence de l'adolescence avec toutes les remises en question, l'impulsivité et l'acné qu'elle comporte.

 

 

 Il est impossible de lire cette album sans avoir à l'esprit l'histoire de ce jeune tueur en série, Charles Raymond Starkweather, parti dans une balade meurtrière accompagné de sa petite amie. Une affaire très connue au États-Unis qui se termina sur la chaise électrique en 1959 et qui inspira à de nombreuses reprises la littérature et le cinéma. On peut évoquer des films comme Tueurs nés (Oliver Stone 1994) ou, bien avant, La balade sauvage (premier chef-d'œuvre de Terence Malick avec Martin Sheen, 1975) qui compte de nombreux points communs avec The end of... dans sa façon d'esquisser l'adolescence.  

 

 

 Le +: The end of the fucking world est une œuvre d'une déconcertante maîtrise entre naïveté et violence. L'employé du moi ose prendre des risques et on adore ça. Les amateurs de BD indé devraient adorer et les autres ne devraient pas rester insensibles à cet album qui mérite un beau succès (en tout cas on lui souhaite, même si on connait déjà l'injuste réalité du marché de la BD).

 

 

 Le -: Un récit malgré tout un peu court (comme souvent avec les bonnes BD) qui gagnerait à développer certaines séquences.


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