10/04/2017

La trilogie de la Citadelle

cov.jpg2.jpgLivre 1 – L’escalier vers les nuages bleus

Scénario : Anne Opotowsky

Dessin : Aya Morton

Editeur : Urban China

304 pages – cartonné

Parution : 23 septembre 2016

Roman graphique

 

Présentation :

Fonctionnaire à la Poste de Hong-Kong, Song Lu est chargé de trier les lettres mortes qui n’ont pas trouvé de destinataire. Décidé à résoudre ces énigmes, il entreprend de livrer un maximum de courrier. Sur son vélo, il parcourt la ville, ses ruelles, les étalages des marchands, les spectacles de rue, … Son enquête le mène à la Citadelle, une indiquée sur aucune carte, refuge des pauvres, criminels et marginaux. Un monde de non-droit où Song Lu rencontre une fabricante de jouets, un facteur de piano, l’homme aux œufs, habitants de maisons égayées par la musique et les lumières, parfois construites dans des arbres, mais dans des conditions difficiles, ignorées des lois chinoises et des colons britanniques.

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Mon avis :

Ce qui frappe à la première lecture, c’est la profonde originalité du contexte historique choisi et les codes graphiques utilisés. L’objet est imposant, une brique de plus de 300 pages. Les dessins sont simples et partiellement colorés par des aplats d’aquarelle. Il s’en dégage une poésie esthétique évidente dont l’accessibilité demande un certain effort d’adaptation au lecteur.

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Production anglo-saxonne sous influence asiatique, le chaos maîtrisé de L’escalier vers les nuages bleus pourra séduire par la densité envoûtante et étrange d’un long récit mystérieux. La phrase en exergue à la fin de l’ouvrage est un avertissement au lecteur ainsi qu’une invitation :  "Être clair n'est pas une vertu, la beauté réside dans les mystères." Il faudra donc se laisser bercer au rythme improbable d’une quête onirique pour apprécier toute la saveur exotique de cet univers.

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Skippy

17/02/2017

RED ANGELS

red angles,prostitution chinoise,li yaosha,seven,urban chinared angles,prostitution chinoise,li yaosha,seven,urban chinaScénario : Li Yaosha
Dessin : Seven
Éditeur : URBAN China
128 pages
Date de sortie : 06/11/2016
Genre : Drame (manga)

 

 

Présentation de l'éditeur:

La première est mariée un homme qui la bat, et tapine pour l'aider à rembourser ses dettes de jeu. La seconde, âgée d'un quarantaine d'années, a quitté l'usine et travaille dans la rue pour payer des études à ses filles. La troisième, jeune campagnarde un peu naïve, essaye de trouver un homme bon qui la sortira de là pour l'épouser. Leur destin va basculer avec le plan de restructuration urbaine de la Chine et l'apparition du sida.

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Mon avis:

L'écrivain et ancien journaliste Li Yaosha adapte ici son roman "Dix ans d'investigations secrètes" et  brosse un terrible tableau de la condition des prostituées dans la Chine des années 90. Le thème est, malheureusement, bien connu car les femmes de "petite vertu" ont toujours été maltraitées dans tous les pays et à toutes les époques, cependant ont est étonné que dans la Chine - contrée totalitaire et ayant une police bien plus répressive que celle de nos démocraties - la mafia vivant de la prostitution soit si active! L'arrivée du sida, avec les ravages que la maladie à causés, ajoute au drame de ces femmes battues, abusées et méprisées par une population masculine les considérant comme des êtres inférieurs (comme quoi les vieilles "traditions" humaines persistent même dans les démocraties communistes soit disant plus humaines et démocratiques).

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Le jeune dessinateur Seven apporte une touche supplémentaire à ce triste récit. Ses personnages aux visages mélancoliques, les couleurs allant du pastel au rouge vif, sombres et ternes de ses pages rendent l'histoire encore plus réellement dramatique !

Bref encore une pierre à poser sur le monument érigé aux droits des femmes de plus en plus bafoués dans beaucoup de contrées de notre triste monde.

JR 

 

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01/11/2016

MARCO POLO

marco polo,explorateur,kubilai khan,venise,empire chinois,urban china,marco tabiliomarco polo,explorateur,kubilai khan,venise,empire chinois,urban china,marco tabilioLa route de la soie

scénario & dessin : Marco Tabilio

Éditeur : Urban China

200 pages en bichromie

Parution du 16/10/2016

 

 

 

résumé de l'éditeur:

La vie et les exploits de messire Marco Polo de Venise, le plus grand explorateur de tous les temps. Marchand italien né au milieu du XIIIe siècle, il n’a que dix-sept ans quand il part sur la route de la soie pour rencontrer Kubilaï Khan, petit fils de Gengis Khan et empereur de Chine. Traversant la Palestine, l’Arménie et le désert de Gobi jusqu’à atteindre le cœur de l’Empire du Milieu, où il deviendra ambassadeur, c’est lui qui a fait découvrir l’Asie aux Européens grâce à son Livre des merveilles. 

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L'histoire commence dans une prison génoise ! Marco Polo est prisonnier après une bataille que les vénitiens ont perdue face aux génois. En sa compagnie se trouve Rustichello De Pise, un écrivain italien qui va écouter le récit que Marco fait de ses aventures ! il va transcrire le périple vécu par le marchand vénitien en un livre, "livre des merveilles", qui deviendra la référence essentielle de l'Asie pour ses contemporains. 

Marco Tabilio dessine cette aventure vécue par le plus grand aventurier de tous les temps et nous emmène sur les traces de Polo, de son père et de son oncle. Cette histoire nous la connaissons tous ! par les films et les nombreuses versions en bande dessinée. En lisant cet album je m'attendais à un grand voyage au travers de la Chine et effectivement tout y est. Du départ du jeune Marco avec ses deux aînés en passant par la grande muraille, le long de la route de la soie pour arriver devant le maître de l'orient à cette époque, le grand  Kubilaï Khan.

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Mais la narration de Tabilio est confuse, passant du présent au passé, s'égarant dans les rêves du héros, faisant perdre au lecteur le sens de la réalité. Son dessin, difficile, à la limite du naïf, n'arrange pas les choses et, j'avoue, les 200 pages de lecture sont difficiles à terminer.

Cependant, de façon surprenante, si l'on persévère après quelques pages, on se prend au jeu, on a envie de connaître la suite et, finalement, on se dit que l'album n'est pas si mauvais que ça ! Et là, Tabilio a gagné ! Pariant sur notre ténacité de lecteur il nous a donné sa version du "Livre des Merveilles" avec un certain talent. Et pour ceux qui ne connaissent rien à l'histoire de Marco Polo une postface de 5 pages vous raconte l'essentiel de sa vie.

Ma note

scénario : 

dessin :     

JR   

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21/06/2016

The Shadow Hero

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Scénario : Gene Luen Yang
Dessin & couleur : Sonny Liew
Éditeur : Urban China
176 pages
Paru le 3 juin 2016

 

 

 

 

 

 

PRIX EISNER 2015 DU MEILLEUR SCENARISTE

 

Dans les années quarante les États-Unis sont en plein âge d'or de la bande dessinée ! Les comics pullulent et tous les éditeurs inondent le marché. Un artiste chinois, Chu Hing, qui malheureusement restera inconnu, va créer le personnage du super héros "Green Turtle" pour l'un de ces éditeurs. On suppose que l'auteur rêvait d'un personnage chinois et l'éditeur d'un occidental plus conforme à l'époque ! Le comic qui racontait les aventures de ce héros ("Blazing comics") n'eut que cinq parutions et "Green Turtle" ne montra jamais son visage... Gene Luen Yang et Sonny Liew lui rendent justice dans cet album.

Hank est un fils d'immigrés chinois dans l'Amérique d'avant deuxième guerre mondiale. Son père tient une épicerie à Chinatown et sa mère, triste femme malheureuse dans sa vie familiale, fait des ménages pour une famille de blancs. 

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Un jour la mère de Hank accompagne sa patronne à la banque ; pendant qu'elle attend dans la voiture elle est prise en otage par un voleur qui vient de dévaliser la banque ! Roulant sous les ordres du bandit elle est sauvée par un super héros volant nommé "L'Ancre de la Justice". Et la vie de cette femme triste va changer ! Elle qui détestait son mari et son fils va avoir une idée : convertir ce gentil Hank en super héros ! Mais Hank n'a aucun pouvoir... Qu'à cela ne tienne ! Ma a plus d'un tour dans son sac, elle se renseigne pour savoir comment les autres super héros ont obtenu leurs pouvoirs et le pauvre Hank va subir tous les outrages possibles voulus par sa maman afin d'obtenir des pouvoirs : chute dans un bain de produits chimiques, morsure d'animal de laboratoire, visite chez un occultiste, etc. Mais rien n'y fait, Hank est toujours aussi banalement humain ! Et Ma désespère jusqu'au jour où elle apprend qu'un nouveau super héros sans pouvoirs autres que sa force au combat a fait son apparition (vous savez, celui vêtu de noir qui ressemble à une chauve-souris) et Hank se retrouve à apprendre les techniques de combat avec un ancien petit ami de sa mère.

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Hank accepte toutes les extravagances de Ma pour faire plaisir à son père ! En effet Ba s'est rendu compte que son épouse est enfin souriante alors que, depuis leur mariage, elle n'avait jamais desserré les dents. Il va donc devenir "L'Homme doré de la bravoure", un super héros au costume créé et réalisé par sa mère, et ira combattre le mal accompagné en voiture par Ma au volant ! Mais sa première action tourne mal, il essaye de sauver une jeune the shadow hero,urban china,yang et liewfemme, prend une rouste et est aidé par la jeune femme en question, meilleure combattante que lui ! Et il repart dans la voiture de sa mère, morte de honte.


Malheureusement Ba est racketté dans sa boutique par les hommes de Monsieur Mock, un truand local. Comme il n'a pas pas payé en temps voulu le truand lui vole un bijou et demande le versement du  double de la somme ! Hank se rend chez Mock et récupère le bijou mais son père sera exécuté... Hank comprend aussi que la justice des blancs est corrompue et que l'homme qui a tué son père est protégé par le chef de la police.

Lors de la veillée funèbre Hank va apprendre que son père avait en lui l'essence d'un esprit chinois, la Tortue ! cet esprit ne pouvant plus vivre dans le corps du défunt demande au jeune homme de l'accepter en échange d'un vœu. Hank choisit l'invulnérabilité aux balles ! Il a enfin un pouvoir... A partir de là les choses vont changer ! Hank devient "La Tortue Verte" et va s'attaquer à la pègre locale et à Monsieur Mock mais ce dernier n'est qu'un lieutenant ! Le véritable patron de l'empire souterrain se nomme "Dix Mille" et il sera difficile à faire tomber...

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Cet album est une petite merveille ! Il renouvelle avec bonheur le mythe du super héros, rend hommage à l'âge d'or du comic et aux milliers d'artistes inconnus de l'histoire de la BD et, surtout, raconte une histoire poignante et drôle à la fois. Le scénariste Gene Luen Yang a su parfaitement marier la culture chinoise et les valeurs de son pays d'adoption, les États-Unis. Le trait fin et agréable du dessinateur Sonny Liew apporte une fraîcheur à l'ensemble. A l'heure où les grands éditeurs américains ne se renouvellent plus et les héros classiques n'en finissent pas d'être revisités par tous les moyens il est agréable de lire des histoires comme celle-ci. Il y a longtemps que je n'avais pas eu de coup de cœur et j'avoue que j'avais un "mauvais a priori" car, par habitude, tout ce qui est estampillé "Made in China"... 

JR

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23/03/2016

La ville copiée

La ville copiée.jpgLa ville copiée_pl2.jpgScénario et dessin : Matthias Gnehm
Éditeur : Urban China
60 pages
sortie : 18 mars 2016
genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Leo Lander mène une vie très calme. Peut-être même un peu trop : sa carrière d’architecte est au point mort et sa femme ne manque pas de le lui reprocher. Alors quand un de ses anciens camarades, devenu un véritable magnat de l’immobilier en Chine, lui propose de venir l’aider à construire une copie exacte de la ville de Zurich à Kunming, il saute sur l’occasion. Mais cet environnement inconnu lui réserve bien des surprises…

 

"Si ça continue, Xiao et Hans vont recouvrir toute la Chine de villes Suisse."

 

Mon avis

 

Parallèlement à sa carrière d'architecte, Matthias Gnehm se livre de temps à autre à la réalisation d'albums de bande dessinée. Après Bouffe et Châtiment, Mort d'un banquier et La Conversion, La ville copiée est son quatrième album. Il prend ici l'architecture comme toile de fond à un récit intimiste où se mêlent business et magouilles immobilières.

Durant les 60 pages, on suit les déconvenues d'un homme prêt à tout pour mener la carrière d'architecte qu'il rêvait d'avoir. Il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui dans un univers complètement déshumanisé et pourtant familier. Il retrouve en effet à Kunming tout son environnement familier de Zurich puisqu'il est chargé de participer à la construction de la copie exacte de la ville Suisse. D'ailleurs, le logement qu'il occupe est la copie conforme de celui qu'il a laissé en Suisse.

Dans un découpage strict et sans surprise, Matthias Gnehm tente de nous montrer la place qu'occupent la ville et l'urbanisme dans nos quotidiens en plaçant son histoire au cœur des projets architecturaux délirant des Chinois. On les savait champions du monde de la contrefaçon et de la copie, mais pas au point de reproduire des villes européennes entières !

Le dessin, réalisé vraisemblablement aux pastels gras, est morose et angoissant, comme le sont l'histoire et le personnage principal. Néanmoins, l'histoire reste intrigante même s'il manque un de peu de peps pour la rendre fascinante.

 

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Loubrun

 

 
Des reproductions de villes européennes au milieu de la Chine

 

19/02/2016

Nankin, la cité en flammes

Nankin la cité en flamme.jpgNankin la cité en flamme_pl.jpgScénario et dessin :  Ethan Young
Éditeur : Urban China
188 pages

Sortie : janvier 2016
Genre : manhua, guerre, Histoire

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Chine, décembre 1937. Après des mois de conflit à Shanghai, l’armée impériale japonaise entre dans Nankin et massacre la population, faisant des centaines de milliers de victimes. Dans la ville fortifiée, entre les patrouilles et les décombres, deux soldats chinois tentent d’échapper à l’horreur. Ethan Young nous dépeint avec talent l'un des évènements les plus tragiques du XXe siècle, qui reste aujourd'hui encore méconnu. Un récit poignant qui ne laissera pas le lecteur indemne.

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Mon avis

Avec Nankin, la cité en flammes, Urban China enrichit son catalogue d'un nouveau roman graphique historique. Après avoir publié la bataille de Shanghai racontée avec force détails par l'auteur Chinois Bo Lu, voici, non pas l'histoire du massacre de Nankin, mais une histoire se déroulant pendant l'épisode le plus terrible de la seconde guerre Sino-japonaise. Fin 1937, la ville de Nankin, déclarée capitale de la Chine par Tchang Kaï-Chek, est conquise par les troupes Japonaises. Le rapport de force est largement en faveur des japonais et les militaires de haut rang Chinois fuient rapidement la ville, abandonnant sur place population civile et troupes militaires sans donner aucun ordre de retraite.

S'en est suivi durant six semaines le massacre de centaines de milliers de civils et militaires et le viol de dizaine de milliers de femmes, perpétrés par une armée japonaise totalement affranchie des lois de la guerre et des soldats endoctrinés dans la haine.

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Ethan Young, New-yorkais né de parents immigrés Chinois, nous raconte ici l'histoire de deux soldats chinois qui tentent de fuir la ville et d'échapper à la barbarie. Il choisit délibérément de ne pas raconter le massacre de Nankin mais plutôt de nous en faire ressentir l'horreur en suivant deux personnages auxquels on pourrait aisément s'identifier. C'est par leurs yeux que le lecteur découvre l'ampleur du massacre, mais sans aucune débauche ni surenchère de scènes violentes ou sordides. On ne voit que quelques bribes d'atrocités, du coin de l’œil, un peu comme si les soldats ne voyaient plus l'abomination tellement ils y sont plongés. Ils gardent pourtant au fond d'eux une part d'humanité, et ont bien conscience des évènements qui se trament. Le lecteur prend aussi conscience qu'il n'est pas juste en train de suivre la cavale de deux soldats lorsque ceux-ci croisent la route de civils tentant de survivre.

Ethan Young réussit dans son récit à nous faire ressentir pleinement l'abomination de ce massacre de masse sans céder à la facilité de trop en montrer. Il réussit de plus à y mettre une petite once d'humanité lors de la rencontre des deux fuyards Chinois avec les civils.

Pour la partie graphique, on est en plein mix du style Chinois et Américain. Un trait à l'encre précis et prononcé, et des plans serrés renforçant le caractère immersif du récit et son évolution à hauteur d'homme. On appréciera en fin d'ouvrage quelques pages présentant des croquis préparatoires permettant d'apprécier le trait de l'auteur, ainsi qu'une brève chronologie de la seconde guerre Sino-japonaise.

Nankin, la cité en flammes raconte un évènement majeur des guerres du XXè siècle en plaçant l'homme au cœur du récit plutôt que le fait historique lui-même.

Un beau document sur une histoire peu connue en Europe, qui devrait bien compléter le Nankin des éditions Fei publié en 2011.

 

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Loubrun

28/08/2015

Légendes de Tarsylia. Tome 1

légendes de tarsylia, wu miao, urban china, contes, légendes,   légendes de tarsylia,wu miao,urban china,contes,légendesScénario / dessin : Wu, Miao
Dépôt légal : 06/2015
Éditeur : Urban China
Planches : 248


Recueil de contes fantastiques, "Légendes de Tarsylia" décrit par le menu les mythes fondateurs de l’imaginaire en Chine. Apprenez comment le roi des nains défia les divinités ou comment les hommes ne méritaient plus la protection des dieux. Pactes, retournements de situation, bassesses les plus abjectes, magies, guerres…vous saurez tout sur l’origine de Tarsylia.

Première réaction, en saisissant ce roman BD : l’interrogation ! Comment, il existe un genre Chinois de la BD ? Et elle s’exporte ? Et pourquoi pas ? La civilisation chinoise âgée de plusieurs millénaires a développé un imaginaire sans précèdent. Il est donc bien normal d’exercer l’art de la bande dessinée, de coucher sur le papier des phylactères pour notre plus grande satisfaction.

 

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Cette BD a même un nom : le manhua. De même, on appelle manhuajia les dessinateurs de manhua. Le manhua se lit de gauche à droite, comme les bandes dessinées françaises, et dans le sens de lecture occidental. Les livres sont habituellement édités sous de petits formats. Qui a dit que Sambabd.be n’était pas à la pointe de la culture ? Et international avec cela !

Légendes de Tarsylia est un recueil de contes avec une nette touche fantaisie. Et comme dans tous les contes, la règle universelle de la morale finale est présente. Il vous faudra de la patience et une volonté de fer pour aborder cet ouvrage. La lecture du long préambule (20 pages et des cartes) sur l’univers de Tarsylia est vivement recommandée, au risque de vous perdre définitivement dans les méandres de l’imaginaire de Wu Miao. Ceci est d’ailleurs le nœud du problème. L’univers développé est pour le moins touffu, compliqué. Cette bd s’aborde humblement en plusieurs fois. Comme les contes n’ont pas vraiment de relation entre eux, il est aisé de faire des pauses bienvenues. Cela ne rend que meilleurs les reprises de lecture.

 

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La forme, le choix du dessin sont aussi des surprises. Ce manhua rejoint la culture populaire chinoise dans son format. Les dessins sont représentés en ‘ombres chinoises’ (et oui !), très prisées dans l’empire du milieu pour la diffusion des mythes via des théâtres ambulants de marionnettes. La finesse des ombres à base de noir et blanc charme le lecteur. Elles servent de support efficace aux textes et aux dialogues, par ailleurs très nombreux et très denses.

 

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Les éditions Urban China présentent une œuvre originale et pointue. Les 248 pages vous apparaitront comme un objet venu d’un monde totalement inconnu. En effet, car à part l'expression théâtrale des ombres chinoises, nous ne connaissons peu de chose (voir rien) de l’univers graphique (et imaginaire) de la Chine actuelle ou ancienne. Ce sera donc une belle découverte et une entrée en matière plaisante car la qualité des récits et son traitement graphique des « légendes de Tarsylia » sont au rendez-vous. Pour le moment on ne retrouve que sept albums en traduction française pour cette maison d’éditions. Mais au vu du talent de leurs auteurs et du potentiel imaginaire important (historique et quantitatif), gageons qu’à l’avenir de nombreuses parutions sont attendues avec, sans doute, son lot de plaisirs inattendus.

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Scénario  a05-3e788c9.gif
Total  a05-3e788c9.gif

 Tigrevolant

12/06/2015

Petit canard blanc

petit canard blanc,liu na,andrés vera martinez,urban china,chine,enfance,autobiographiepetit canard blanc,liu na,andrés vera martinez,urban china,chine,enfance,autobiographieScénario : Liu Na

Dessin : Andrés Vera Martinez

Éditeur : Urban China

108 pages

date de sortie : 12 juin 2015

genre : autobiographie, chronique sociale

 

 

 

Résumé

Dans la Chine des années 1970, le monde est en train de changer pour deux petites filles. Da Qin et sa petite soeur Xiao Qin vivent dans la cité de Wuhan avec leurs parents. Depuis des décennies, le pays est maintenu à l'écart du reste du monde. Mais à la mort du président Mao, de nouvelles perspectives commencent à s'ouvrir...

 "-Tu as écouté la leçon d'aujourd'hui sur Lei Feng ?

- Ouais. Et je veux être comme lui quand je serai grande."

 

Liu Na est née en 1973 en Chine et a grandit dans la ville de Wuhan. En 1999 elle s'installe au Texas ou elle travaille dans un centre médical dans la recherche sur le cancer. Elle rencontre à Austin son mari, Andrés Vera Martinez, dessinateur.

Dans ce récit autobiographique, elle nous fait faire un voyage dans le temps dans la Chine des années 70 en nous racontant des petits épisodes de son enfance. C'est l'occasion de découvrir le quotidien d'une famille chinoise ordinaire vivant dans un pays sous la coupe depuis des décennies de la dictature communiste et qui commence à peine à s'ouvrir au monde. Liu Na partage ses souvenirs personnels sur les évènements qu'elle vit, comme le jour de la mort de Mao, les leçons de propagande autour du personnage de Lei Feng, son repas du nouvel an, ou encore la visite à ses cousins vivant à la campagne et la découverte d'un autre monde. Tout cela est raconté avec sa vision d'enfant accordant une égale importance à tout qu'elle vit. Si aucun des récits n'est vraiment approfondit, on finit malgré tout par s'intéresser et parfois même s'amuser des souvenirs de Liu Na.

 

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Son mari, Andrés Vera Martinez, met tout cela en scène de façon assez élégante, dans des grandes cases et quelques belles doubles pages. Le style est simple, efficace, et apporte une certaine tendresse aux récits, même les plus durs, rendant attachante la petite Da Qin.

 

Ce récit autobiographique est plaisant à lire mais ne marquera sans doute pas les esprits tant il souffre cruellement d'un manque de profondeur. Les histoires racontées sont un peu courtes et un sentiment de frustration m'a saisi à chaque fin de chapitre.

 

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Loubrun

06/05/2015

Little Yu T1

little yu,xia da,urban china,manhua,enfance,onirisme,poésie,fantastique,conte,042015,710little yu,xia da,urban china,manhua,enfance,onirisme,poésie,fantastique,conte,042015,710Scénario et dessin :  Xia Da

Éditeur : Urban China

174 pages

date de sortie : avril 2015

genre : conte, fantastique, enfance

 

 

 

 

Les parents de la petite Xiao Yu quittent la ville pour s'installer à la campagne dans un village où le temps semble s'être figé. Leur activité est très prenante et Xiao se retrouve souvent livrée à elle même. Aussi, pour trompé l'ennui, et braver les interdits, elle part à la découverte du petit monde qui l'entoure. Elle découvrira un monde poétiques et d'incroyables personnages.

 

Little yu est la première bd de l'auteure Chinoise Xia da. C'est avec ce titre qu'elle a été remarquée et éditée au Japon dans le mensuel Ultra Jump.

S'inspirant de son enfance, Xia Da ouvre une parenthèse sur la vie trépidante que nous menons en nous invitant à un retour en enfance en faisant une pause aux parfums oniriques. Flirtant entre fantastique et poésie, les différentes rencontres de La petite Yu lui feront découvrir les joies et les peines qui font la vie. Xia Da met au premier plan l'imaginaire et l'innocence enfantines pour mieux nous montrer combien est vaine la course après le temps.

Ce récit fleure bon l'authenticité et l'on voit bien que l'auteure y a mis beaucoup d'elle-même.

Avec un dessin aux lignes pures et fines, Xia Da nous montre une nature et des décors s'offrant comme un cocon doux et paisible.

Cette œuvre contemplative inspire au calme et au repos, et Xia Da fait là un bel éloge de la lenteur.

 

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Loubrun

27/04/2015

Li, princesse vagabonde T1

princesse vagabonde,xia da,urban china,manhua,aventure,chine,médiéval,710,042015princesse vagabonde,xia da,urban china,manhua,aventure,chine,médiéval,710,042015Scénario et Dessin : Xia Da

Editeur : Urban China

153 pages

date de sortie : avril 2015

genre : aventure

 

 

 

Résumé (éditeur)

Chine, 626.
Pour prendre le pouvoir, le second fils de l’empereur, Li Shimin, assassine ses deux frères et tous les membres de leurs familles. Grâce à son intelligence et sa fine lame, la princesse Yongning parvient à échapper aux hommes de son oncle et à se faire passer pour morte.
Devenue une fugitive obligée de se déguiser en simple marchand, elle fait le serment de venger ses parents et de reconquérir le trône, quel qu’en soit le prix.

 

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Née en 1981, Xia Da est une auteure Chinoise grande amatrice de Manga. Après avoir été remarquée en 2008 par une des plus grande maison d'édition Japonaise pour sa série Little Yu elle devient la première artiste Chinoise à être publiée dans le célèbre mensuel Ultra Jump.

 

Si La princesse vagabonde est sa deuxième série à être publiée, les prémisses de sa création remontent à ses années lycées. Autant dire qu'elle a pris le temps de bien murir l'histoire et ses personnages.

Il s'agit d'une histoire de vengeance assez classique où l'on va suivre cette jeune princesse atypique, débrouillarde, rusée, douée pour le combat et très déterminée à parvenir à ses fins. Pour cela elle oubliera son rang le temps de planifier sa vengeance.

Dans ce premier tome, Xia Da pose les bases de son récit et montre les luttes de pouvoir qui sont en place dans cette Chine médiévale. Elle nous plonge dans l'action dès les premières pages et mène son récit avec brio, alternant action, intrigues politiques et stratégie. C'est avec un vrai plaisir que l'on suit la quête de cette héroïne que l'on voit grandir presque à chaque page.

Dans du pur style Manga, le dessin tout en finesse est très lisible, et le découpage aéré offre une lecture des plus agréables. Les décors et les paysages sont simplement beau et rendent compte avec efficacité du patrimoine de l'époque. Les 150 pages s'avalent d'une traite et l'on a vraiment envie de connaitre la suite de cette aventure dont on sent que l'action ne manquera pas.

 

Voilà donc une très belle entrée en matière pour ce tout nouveau label, qui devrait permettre à un large de public de découvrir la BD Chinoise.

 

Tome 2 prévu pour début juin.

 

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Loubrun

 

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