17/10/2017

Corto Maltese - tome 14 - Equatoria

corto maltese t14.jpgcorto maltese t14_pl.jpgScénario : Juan Diaz Canalès
Dessin : Ruben Pellejero
Éditeur : Casterman
76 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

1911, entre Venise et les jungles d'Afrique équatoriale, Corto recherche le « miroir du prêtre Jean », un mystérieux objet rapporté des croisades. Sur sa route, il croise trois jeunes femmes aux destins étrangement complémentaires : Aïda, journaliste entreprenante, Ferida, exploratrice en quête de son père disparu, et Afra, ancienne esclave.

 

"- Je ne vois aucun intérêt à devenir un héros de papier!

- Pauvre Corto ! Comme si on pouvait choisir ... "

 

 

Mon avis

Juan Diaz Canalès et Ruben Pellejero remettent le couvert deux ans après la reprise des aventures de Corto Maltese et leur beau premier album Sous le soleil de Minuit.

S'attaquer à ce mythe de la BD et prendre la succession d'Hugo Pratt n'est pas une chose facile tant le personnage de Corto est devenu une icône même au delà du monde de la BD. Le succès du premier album des deux auteurs Espagnols montre qu'ils ont abordé avec une grande intelligence ce défi éditorial. On peut aussi toutefois relativiser ce succès en le mettant sur le compte de la curiosité. Bah oui ! Un nouveau Corto écrit et dessiné 20 ans après la mort de Pratt, forcément ça suscite la curiosité. On pourrait donc penser que ce premier tome a bénéficié d'un engouement hors norme dû au statut particulier de Corto et de Pratt dans l'univers de la BD.

C'est donc sur le deuxième tome de la reprise – le quatorzième de la série – que l'on va commencer à pouvoir juger du succès ou non de la poursuite des aventures de Corto Maltese par le duo espagnol.

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Prenant le parti dès le départ de la continuité du style originel de la série, autant dans la narration que dans les histoires racontées et dans le graphisme, l'éditeur et les auteurs n'ont pas forcément choisi la voie la plus facile.

Pourtant, avec ce volume ils transforment l'essai de fort belle manière en apportant leur patte personnelle tout en mettant encore un peu plus leurs pas dans ceux du Maître. Dans ce récit d'aventures nonchalantes (il n'y a pas de grandes scènes d'actions ni de grand souffle épique, juste un héros flegmatique qui va où le porte son aventure) on retrouve le ton des premiers albums de la série, notamment La ballade de la mer salée ou Les Ethiopiques.

Il y a de l'aventure bien sûr, mais aussi de la poésie, une once de fantastique et de mystique, des drames humains, quelques bastons avec coups de feu, le tout sur une toile de fond historique puisque Corto Maltese se retrouve ici au centre de tous les trafics du colonialisme et de l'esclavagisme et qu'il va croiser la route d'éminents personnages tels que le jeune politicien Winston Churchill, le trafiquant Henry de Monfreid, ou encore l'esclavagiste Tippo Tip.

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Comme toujours Corto a son idée en tête : la quête d'un trésor improbable (pour Corto la quête est plus importante que le trésor). Quête qui le mène de Venise à Zanzibar et sur le lac Victoria en passant par l’Égypte après avoir frôlé son île natale de Malte. Et Comme souvent, ses plans seront modifiés, contrariés, et il se retrouvera mêlé à des histoires qui à priori ne le concerne pas.

Aventurier, séducteur, pirate, trafiquant, Corto peut tout être tant que c'est lui qui décide de se laisser porter par un vent de liberté qu'il chéri plus que tout.

 

Cet album est une réussite, dans la veine des plus beaux albums de Pratt. Il y aura bien des esprits chagrins pour n'y voir là qu'une bonne mais pâle copie cherchant à appliquer soigneusement une recette ou a suivre un cahier des charges, comme dans la reprise de Blake et Mortimer. Un cahier des charges, il n'y en a pas, comme le révèle le directeur éditorial de Casterman Benoit Mouchart dans le tout nouveau numéro des Cahiers de la BD : "Ni l'ayant droit ni Casterman n'a souhaité imposer un style graphique ou une chronologie dans laquelle l'action doit se dérouler." J'y vois moi en effet un des plus beaux hommages qui soit, en continuant à faire vivre ce héros de papier en l'intégrant de plain pied dans l'univers créé par Hugo Pratt et dont on finit par se demander s'il n'est pas finalement fait aussi d'un peu de chair et de sang.

 

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Ruben Pellejero, qui était déjà bon sur l'album précédent, donne l'impression ici de se glisser dans la peau de Pratt. On n'est pas dans la copie du style – il suffit pour s'en convaincre d'ouvrir en parallèle les premiers albums de Pratt – mais plus dans la reproduction et la réinterprétation d'une ambiance. Il y a bien sûr des attitudes du marin ou des profils qui donnent une impression de "à la manière de", mais à y regarder de près et notamment dans les décors, on s'aperçoit que Pellejero fait bien du Pellejero et ne cherche pas à imiter Pratt. Cet habile mélange de précision et d'épure donne aux planches de Ruben Pellejero une puissance évocatrice assez proche de ce que l'on ressent à la lecture des planches d'Hugo Pratt.

Les puristes préfèreront sûrement la version noir et blanc qui délivre encore plus de force. Ceci étant, la version colorisée ne démérite pas. Les couleurs sont douces, chaleureuses et lumineuses et ne mangent jamais le trait permettant d'en apprécier quand même la puissance évocatrice.

Voilà donc une relance de série très réussie et dont je risque d'attendre avec frénésie chaque nouveau tome.

 

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la version noir et blanc

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01/11/2016

MARCO POLO

marco polo,explorateur,kubilai khan,venise,empire chinois,urban china,marco tabiliomarco polo,explorateur,kubilai khan,venise,empire chinois,urban china,marco tabilioLa route de la soie

scénario & dessin : Marco Tabilio

Éditeur : Urban China

200 pages en bichromie

Parution du 16/10/2016

 

 

 

résumé de l'éditeur:

La vie et les exploits de messire Marco Polo de Venise, le plus grand explorateur de tous les temps. Marchand italien né au milieu du XIIIe siècle, il n’a que dix-sept ans quand il part sur la route de la soie pour rencontrer Kubilaï Khan, petit fils de Gengis Khan et empereur de Chine. Traversant la Palestine, l’Arménie et le désert de Gobi jusqu’à atteindre le cœur de l’Empire du Milieu, où il deviendra ambassadeur, c’est lui qui a fait découvrir l’Asie aux Européens grâce à son Livre des merveilles. 

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L'histoire commence dans une prison génoise ! Marco Polo est prisonnier après une bataille que les vénitiens ont perdue face aux génois. En sa compagnie se trouve Rustichello De Pise, un écrivain italien qui va écouter le récit que Marco fait de ses aventures ! il va transcrire le périple vécu par le marchand vénitien en un livre, "livre des merveilles", qui deviendra la référence essentielle de l'Asie pour ses contemporains. 

Marco Tabilio dessine cette aventure vécue par le plus grand aventurier de tous les temps et nous emmène sur les traces de Polo, de son père et de son oncle. Cette histoire nous la connaissons tous ! par les films et les nombreuses versions en bande dessinée. En lisant cet album je m'attendais à un grand voyage au travers de la Chine et effectivement tout y est. Du départ du jeune Marco avec ses deux aînés en passant par la grande muraille, le long de la route de la soie pour arriver devant le maître de l'orient à cette époque, le grand  Kubilaï Khan.

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Mais la narration de Tabilio est confuse, passant du présent au passé, s'égarant dans les rêves du héros, faisant perdre au lecteur le sens de la réalité. Son dessin, difficile, à la limite du naïf, n'arrange pas les choses et, j'avoue, les 200 pages de lecture sont difficiles à terminer.

Cependant, de façon surprenante, si l'on persévère après quelques pages, on se prend au jeu, on a envie de connaître la suite et, finalement, on se dit que l'album n'est pas si mauvais que ça ! Et là, Tabilio a gagné ! Pariant sur notre ténacité de lecteur il nous a donné sa version du "Livre des Merveilles" avec un certain talent. Et pour ceux qui ne connaissent rien à l'histoire de Marco Polo une postface de 5 pages vous raconte l'essentiel de sa vie.

Ma note

scénario : 

dessin :     

JR   

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12/09/2016

Venise Hantée. Intégrale.

venise hantée.jpgvenise hantée intégrale.jpgDessin : Vincent Wagner.
Scénario : Roger Seiter.
Éditeur : EP .
Sortie : août 2016.
96 pages.
Genre : policier.


Librement adapté du roman L'hotel hanté de Wilkie Collins.

Le résumé.
L'irréprochable Lord Montbarry, à la surprise de tous, rompt ses fiançailles avec la respectable Agnès Lockwood pour épouser en Allemagne une sulfureuse aventurière. Scandale ! 
Pour échapper au déshonneur, il fuit à Venise où il loue un somptueux palais. Loin de Londres, l'aristocrate anglais meurt dans des circonstances mystérieuses... laissant à sa jeune épouse une fortune colossale ! 


Mon avis.

En 2012 sortait le 1er tome de ce diptyque chez Emmanuel Proust . Il faudra attendre 2016 et un rachat par le groupe Paquet pour connaître la fin sous forme d'une intégrale .
Ce procédé m'a donné l'idée de recycler ma chronique de 2012 (où tout était dit !) .

La veuve noire ?

Minable, vous avez dit minable ? Comment peut-on suspecter la comtesse Narona du meurtre de son mari ? Tant qu’on y est, déclarons Mister Depardieu exilé fiscal !...on en parle nettement moins de ces expatriés fiscaux.
Allez, un peu de sérieux, dans la bonne société victorienne de la fin du XIX siècle, la bienséance est de rigueur et pas de complot machiavélique possible. Quoique le baron Rivar me semble bien étrange avec ses expériences chimiques.
Vous l’aurez compris, on est en plein polar qui sent bon le parfum « Agatha Christie ». D’ailleurs ce diptyque est librement adapté du roman de Wilkie Collins « l’hôtel hanté ».
Roger Seiter (HMS-Spécial Branch ) s’est même amusé à placer ce romancier comme personnage. On y joue aussi du Wagner, certainement un clin d’œil au dessinateur de cette série. Pour l’intrigue principale, il faudra attendre la fin de cette manipulation pour juger car pour le moment on est en pleine spéculation. Je parlerais même de brouillard avec la scène finale qui m’a paru bien étrange mais comme on n’a pas toutes les pièces du puzzle en main, je pense que c’est normal. Sinon, je conseille à la comtesse de venir en Belgique une fois son assurance vie acquise, on a un régime fiscal très favorable pour les grosses fortunes. Eh bien, c'est nettement moins compliqué que prévu, les coupables sont évidents, c’est sur la méthode qu'il nous fallait des éclaircissements.
Pour le dessin, Vincent Wagner semble nettement plus à l’aise avec les décors que pour les personnages, surtout pour la gent  féminine qui a tendance à trop se ressembler. Je m'y suis encore allègrement perdu  ! Par contre, c’est une joie de se promener dans Venise  et de reconnaître les lieux mythiques de la cité des doges. On remarquera aussi un encrage plutôt prononcé.
Voilà, les amateurs de polar à « l’ancienne » seront certainement friands de ce genre de BD. Pour terminer, si vous achetez cet album via Sambabd, vous recevrez une exonération fiscale  pour avoir contribué à l’essor d’un site belge .
Par contre malgré des allègements fiscaux pour les entreprises de notre cher gouvernement actuel, on licencie à tour de bras actuellement... bref, pour l'essor, on attendra !

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a06-3e788fc.gifDessin

a06-3e788fc.gifGlobal.

Samba.

04/06/2014

LA VENITIENNE - Tome 1: La Colombe noire.

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014Dessin : Laurent Gnoni  - Scénario : Patrice Ordas

Editions Grand Angle

Sortie 30/04/2014

48 pages

Prix conseillé : 13,90 €

ISBN : 9782818930977

Histoire, Venise, complot.

 

Résumé (de l’éditeur) : 1499 – Grande et riche, Venise est dirigée par le Doge. La faiblesse de ce dernier est d’aimer sa nièce, Constantza, qu’il couvre de présents. Magnifique et capricieuse, elle use de ses charmes pour tout obtenir de son oncle. Alors que sa fortune se réduit, mettant en danger Venise, le Doge accepte pour la dernière fois d’offrir à sa nièce la gigantesque fête annuelle de printemps. Mais, à côté de ces fastes, la misère et la vermine rôdent dans les bas-fonds de la Sérénissime. Et, à l’occasion de ce grand bal costumé, Lorenzo, le plus respecté et le plus craint des bandits du royaume souterrain, décide de s’inviter pour dérober le joyau de Venise, Constantza...

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

 

Mon avis : En général, j’aime bien la politique éditoriale de « Grand Angle » qui m’a permis de découvrir de beaux albums. En recevant cette bande dessinée, j’ai aimé la couverture qui donnait envie d’ouvrir l’album . Je suis donc parti avec un a priori positif. Sur le site internet de l’éditeur, je lis : « Une aventure de « cape et d’épée » noire et torturée dans la majestueuse Venise des Doges du XVIe siècle ». On ne peut plus être plus clair. Je remarque aussi que l’album n’est pas spécialement mis en avant. Pas de bannière à l’entrée du site…Parfois, ce genre de détail est significatif…

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

 

Bref, je démarre la lecture. Première constatation : même si le dessin est plus que correct, bien maîtrisé, je ne retrouve pas la précision du trait de la couverture. Les décors, celui de Venise, sont bien présents mais peu détaillés, juste esquissés. On a fait dans le « light ». Les personnages, les attitudes, les visages sont bien rendus. Certaines cases cependant sont à peine terminées. Par moment, j’ai l’impression d’être sur un chantier non fini, on attend le fignolage qui n’aura jamais lieu…Bref, un peu déçu par le dessin. J’ai l’impression d’un dessin vite fait, pas si bien fait…Cela sent l’urgence et les délais à respecter…Refrain de plus en plus connu dans ce monde impitoyable de la bande dessinée actuelle…

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

 

Le scénario est confié à Patrice Ordas, qui n’est pas le premier venu et qui a quelques bons albums derrière lui. Donc à nouveau un a priori positif à la vue du nom du scénariste. Encore une fois, il a fallu déchanter rapidement. Une aventure de « cape et d’épée », noire et torturée…En effet, le « cape et l’épée » relève plutôt du couteau et de la boucherie. Noire, très noire en effet. J’ai dénombré sur l’album pas moins de 14 meurtres. Des scènes violentes, gratuites et qui n’amènent pas grand-chose à l’histoire. Plutôt que l’Histoire de Venise, on nous conte l’histoire d’une dépravée, enlevée pour une rançon par un groupe de criminels déjantés et désaxés. Ils ne pensent qu’à tuer pour un « oui » pour un « non », de torturer, de violer,…Bref, que des êtres vils et sans charisme. Quel beau tableau. Pauvre Venise !

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

 

J’ai eu du mal à terminer l’album qui ne m’a donné que du dégoût et ne m'a pas du tout captivé. On s’étonne de la surproduction actuelle. Voilà un bel exemple de ce phénomène. Cet album n’amène rien et ne mérite pas plus que l’oubli rapide d’album raté…Au pilon ! Je vous éviterai au moins l’achat d’un album sans intérêt. De plus, il s’agit d’un diptyque, un tome 2 est prévu…

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

 

Je sais que cela peut faire mal pour les auteurs qui y ont passé beaucoup de leur temps pour réaliser cet album, mais parfois, il faut savoir prendre un peu de recul et se demander : « Pourquoi faire un tel album ? Qu’est-ce qu’il amène au lecteur ? » Pour moi, c’est rien du tout, juste de la violence malsaine !... Je sais que je suis dur vis-à-vis de cet album, cela ne m’arrive pas souvent. Mais là, les limites du supportable sont, pour moi, dépassées…

A éviter…

 

Dessin :             5,0/10

Scénario :          3,0/10

Moyenne :          4,0/10

 

Le site internet de Grand Angle : ICI.

 

Capitol

La Vénitienne, Gnoni, Ordas, Grand Angle, 04/2014

27/01/2013

La casati.

la casati.jpgAuteure : Vinci Vanna
Editeur ;Dargaud.
Sortie :01/2013.


Luisa Casati Amman, passée à la postérité sous le nom de « La Casati », dilapida un immense patrimoine, dans le seul dessein de devenir une œuvre d'art vivante. Ses apparitions sulfureuses, ses tenues choquantes et ses fêtes pharaoniques la firent entrer dans la légende. Un personnage qui marqua les mémoires, sorte de Lady Gaga de la Belle Époque.
Et je propose à la place d’une chronique, une petite visite des lieux  ou des peintures qu’on trouve dans cette BD.

1-La marquise Luisa Casati, par Giovanni Boldini
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2-La marchesa Casati par Martini.
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3- Sa pierre tombale.
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4-Marchesa Luisa Casati by Man Ray
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5- Toujours par Man Ray.
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6 et 7 -Le palais rose du Vésinet.
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8 Casati par Kees van Dongen.
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9-Le palais Venier Dei Leoni à venise.

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10-Villa Lysis à Capri.
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11- Capri.

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Voilà quelques exemples de lieux réels ou de peintures que l’on retrouve dans cette BD, il y en a bien d’autres.


Samba.

02/01/2013

Venise hantée Livre 1 :L’étrange mort de Lord Montbarry

Venise hantée1.jpgVenise hantée1d.jpgAuteurs : Roger Seiter et Vincent Wagner.
Editeur : Emmanuel Proust.
Sortie : 10/2012

L’histoire.
L’irréprochable Lord Montbarry, à la surprise de tous, rompt ses fiançailles avec la respectable Agnès pour épouser en Allemagne une sulfureuse aventurière. Scandale ! Pour échapper au déshonneur, il fuit à Venise où il loue un somptueux palais. Loin de Londres, l’aristocrate anglais meurt dans des circonstances mystérieuses… laissant à sa jeune épouse une fortune colossale ! Il n’en faut pas plus pour éveiller les soupçons du romancier Wilkie Collins, grand amateur de crimes insolubles, qui va se rendre à Venise pour y mener sa propre enquête…

La veuve noire ?

Minable, vous avez dit minable ? Comment peut-on suspecter la comtesse Narona du meurtre de son mari ? Tant qu’on y est, déclarons mister Depardieu exilé fiscal !
Allez, un peu de sérieux, dans la bonne société victorienne de la fin du XIX siècle, la bienséance est de rigueur et pas de complot machiavélique possible. Quoique le baron Rivar me semble bien étrange avec ses expériences chimiques.
Vous l’aurez compris, on est en plein polar qui sent bon le parfum « Agatha Christie ».D’ailleurs ce diptyque est librement adapté du roman de Wilkie Collins « l’hôtel hanté ».
Roger Seiter (HMS-Spécial Branch ) s’est même amusé à placer ce romancier comme personnage . On y joue aussi du Wagner, certainement un clin d’œil au dessinateur de cette série. Pour l’intrigue principale, il faudra attendre la fin de cette manipulation pour juger car pour le moment on est en pleine spéculation. Je parlerais même de brouillard avec la scène finale qui m’a parue bien étrange mais comme on n’a pas toutes les pièces du puzzle en main, je pense que c’est normal. Sinon, je conseille à la comtesse de venir en Belgique une fois son assurance vie acquise, on a un régime fiscal très favorable pour les grosses fortunes.
Pour le dessin, Vincent Wagner semble nettement plus à l’aise aves les décors que pour les personnages surtout pour la gente  féminine qui a tendance à trop se ressembler. Par contre, c’est une joie de se promener dans Venise  et de reconnaitre les lieux mythiques de la cité des doges. On remarquera aussi un encrage plutôt prononcé.
Voilà, les amateurs de polar à « l’ancienne » seront certainement friands de ce genre de BD. Pour terminer, si vous achetez cet album via Sambabd , vous recevrez une exonération fiscale  pour avoir contribué à l’essor d’un site belge .
Scénario :6/10
Dessin :6/10
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Samba.

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17/08/2010

BRUXELLES -Itinéraires

Couv_106121.jpgBRUXELLES - Itinéraires

Dessin: François Schuiten - Texte : Christine Coste

  

VENISE - Itinéraires avec Corto Maltese

Couv_106147.jpgDessin: Hugo Pratt - Texte : Guido Fuga et Lele Vianello

 

NEW YORK –Itinéraires

Dessin : Miles Hyman – Texte : Vincent Rea

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Editions Casterman/Lonely planet

Collection : Univers d’auteur

Sortie le  03/03/2010

Prix conseillé : 15 €

Genre : Tourisme

 

  

Résumé (de l’éditeur) Un grand nom de la bande dessinée et un grand nom du livre de voyage unissent leur expérience éditoriale et le talent de leurs auteurs pour inventer, ensemble, une nouvelle génération de city guides. Idée force de cette nouvelle collection Lonely Planet / Casterman : conjuguer la force des textes et l’impact des images dessinées pour donner à voir et à découvrir autrement de grandes métropoles du monde, à travers des choix d’itinéraires délibérément subjectifs ou...

 

 

Mon avis : Casterman s’est associé à Lonely planet (qui  publie probablement les meilleurs guides de voyage), pour réaliser des ouvrages où se mêle voyages et bandes dessinées. Le résultat nous donne des livres qui sortent quelque peu des sentiers battus. Ils s’appellent « Itinéraires » car il s’agit en réalité de parcours emblématiques dans la ville visitée. Ces livres ont pour but de donner une image décalée et innovante, une « certaine vue » de la ville. Il ne s’agit pas de tout montrer. Les auteurs ont fait un choix subjectif mais surtout nous livrent leurs coups de cœur pour « leur ville », soit parce qu’ils y vivent, soit parce qu’ils s’y trouvent bien.

Dans « Bruxelles », François Schuiten nous parle de « sa » ville et nous la fait visiter. Il n’oublie pas aussi de nous parler de la « Maison Autrique » dont il s’est occupé lors de sa restauration avec son complice Benoît Peeters. Le livre est un ensemble de parcours à travers les communes de l’agglomération bruxelloise. Les illustrations de Schuiten sont décalées et nous livrent un Bruxelles des Cités Obscures, où se mêlent la réalité et le surréalisme, Bruxelles et Brüsel. Le livre démarre par le Palais de Justice, tout un symbole…De loin, l’album le plus novateur et le plus déconcertant des trois livres que j’ai lus.

Dans « Venise », deux collaborateurs vénitiens d’Hugo Pratt font un travail de mémoire en revisitant les endroits préférés du dessinateur vénitien décédé en 1995.Pour se faire, ils ont ressorti des aventures de Corto Maltese des dessins du marin qui déambule dans sa ville. Ils nous dévoilent une Venise cachée et mystérieuse…Il s’agit ici d’un magnifique travail de mémoire, une façon de faire vivre Venise et Hugo Pratt.

Dans « New York », Miles Hyman, un illustrateur américain vivant en France et qui travaille régulièrement pour des publications telles que « The New Yorker » ou « Le Monde », dessine surtout des gens dans la ville avec leurs différences multiples. Le livre se focalise surtout sur la découvertes de quartiers moins connus mais non moins passionnantes dans leurs diversités, loin des clichés de la grande ville anonyme. Cet album est peut-être le moins novateur des trois à la première approche mais le contenu n’en est pas moins intéressant.

Pour les amateurs de géographie et de voyages décalés…

A noter qu’il existe aussi un ouvrage sur « Rome » (avec Alix +Jacques Martin et Gilles Chaillet).

En octobre 2010, vont sortir deux autres tomes sur « Marrakech » avec Jacques Ferrandez et « Florence» avec Nicolas de Crecy

  

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Capitol

 

On en parle sur le forum: ICI.

30/03/2010

L'interview d'une sorcière.

Une petite interview de la sorcière coloriste de Bianca , Elvire de Cock.Attention les pinceaux magiques sont de sortie.
c24856c5247ec3927c7c8899119cfe041-Comment s’est passé ta collaboration avec You ? Tu avais quartier libre ou avais tu un cahier des charges bien précis pour les couleurs ?

En général et c'était le cas ici aussi, j'aime bien avoir trop de contraintes que pas assez. Déjà parce que ça évite de se planter, tout simplement. Et puis parce que souvent en tant que coloriste, on prend le train en route et qu'on est pas forcément dans l'ambiance tout de suite. Du coup, j'aime bien qu'on me "raconte" la couleur. Il y a bien sûr les contraintes de base (l'heure de la journée, un costume particulier, ...) mais surtout il y a le feeling général de la séquence, ce qu'elle doit dégager, l'atmosphère tendue ou la sérénité.
A partir du moment où je respecte tout ça, là je commence à faire un peu ce que je veux, le but étant de soutenir la narration et le dessin au max, tout en faisant quelque chose de très esthétique. La couleur, c'est infini, et il y a tout plein de manières différente de retranscrire un brouillard par exemple.

Sorcières1.1

2-J’ai trouvé tes couleurs très douces (pastels), c’était cette atmosphère que tu voulais faire ressortir ?

Les planches que You me fournissaient étaient au crayon. Le trait de You est très juste et doux. On a un peu les mêmes influences et je mets moi-même mes dessins en couleur sur mes crayonnés. Comment dire. Ca a coulé tout seul. Je dirais pas que mettre Bianca en couleur était une promenade de santé mais on s'est vraiment superbement entendu et je crois que les points forts de ma couleur ressortent bien et mettent en valeur les points forts de son dessin. Ce qui donne ce très bel album que vous avez entre vos mains !! ;-)
Pour le rendu pastel doux, l'effet n'était pas totalement voulu. A l'écran, j'avais un rendu plus épais, plus gouache. Mais le crayon de You est ressorti très charbonneux (un peu comme dans les vieux Disney comme "Le Livre de la Jungle" où le trait a vraiment de la matière) et donc a fourni un rendu encore plus granuleux à la couleur. Le papier aussi y est pour quelque chose, épais, pas glacé. Il fait vraiment bien ressortir les couleurs. Il y a eu un travail de fabrication superbe sur ces albums des sorcières.


3-On parle souvent des couleurs mais le plus difficile n’est il pas les pages où tu manipules les gris sur les scènes du passé ?

La démarche n'est pas pareil. C'est, mmmh, on va peut-être plus oublier la lumière et plus bosser sur les zones foncées et les zones claires pour bien faire ressortir les persos et l'action. Il faut un petit temps d'adaptation sur les premières cases et puis ça repart comme en 40. C'était la première fois en fait que je bossais en monochrome. C'est effectivement pas évident mais ce n'est pas impossible !

bianca4- Comme j’ai un doute, aura il une suite à cet album ?

Non. Une femme, un récit, un livre. C'est une collection de one-shots.

5 –Si tu étais une sorcière, quel sort aurais tu aimé maitriser ?

Un machin crétin ou un truc vraiment mégalomane pour conquérir le monde. A moins que je transforme quelques humains en zombies, pour qu'enfin on la vive au quotidien cette fameuse attaque de zombies que tous les geeks attendent (même si dans l'absolu, je *sais* que je mourrai sans doute au début du film)

6- Moi je verrais bien un album de sorcières avec Elvire de Cock comme dessinatrice, rêve ou réalité ?

Mmmmh, j'ai bien un truc dans mon placard à idées mais la collection se lance à peine, il y a au moins 4 ou 5 albums de déjà prévu et j'ai de la couleur et quelques projets sur le feu. Mais tapie dans l'ombre, je guette ! :-) Qui vivra, verra !

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Merci à Elvire pour avoir si promptement répondu à cette interview .Maintenant que vous êtes envoutés,Bianca vous attend .

28/03/2010

Sorcières:Bianca.

Sorcières1Sorcières1.1Auteurs : You, Alexine et de Cock.
Editeur : Dupuis

Temps de elcture :30 min.
A Venise
Plus prospère que jamais, la Sérénissime est dirigée de main de maître par les riches familles vénitiennes.
C'est au sein de la plus puissante famille que Bianca, jeune femme effrontée et rebelle, va découvrir son lourd héritage : des générations de sorcières, une matriarche avide de pouvoir, et un terrible événement à venir qui pourrait enfin la rapprocher de sa sœur Carmine ou...la perdre à jamais !
Ma gondole.
Bianca ouvre le bal d’une nouvelle collection chez Dupuis ayant pour thème les sorcières. En plus, cette collection a pour particularité d’être conçue uniquement que  par des magiciennes. On retrouve vite cette sensibilité féminine dans le trait de You (pas toi mais la dessinatrice). Un dessin qui m’a bien plu pour son dynamisme, sa finesse et aussi par son style  propre (J’apprécie les dessins qui ont une touche caractéristique ou qui ne sortent pas d’un moule comme chez Soleil par exemple).Il y a bien ici et là quelques détails perfectibles mais rien de méchant. Une petite touche manga pour les grands yeux mais qui ont le mérite de bien faire passer les émotions des personnages.
Pour l’histoire, j’espère qu’il y aura une suite sinon je vais terminer comme un amoureux transit car je me  suis vite attaché à la pétillante Bianca. Il doit y avoir un filtre d’amour vendu avec cette BD donc qui fait la part belle au mystère. Malgré cet élixir, j’ai noté quelques propos ou situations un peu déroutants par moment. Une série avec un potentiel « sympathie » certain mais qui doit encore le prouver par une suite digne de ce nom pour éviter un autodafé de l’inquisiteur Samba.
surprises.smileysmiley.com.8

On en parle sur le forum.

SORCIERES-01-F-01

Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (2) | Tags : you, bianca, venise, dupuis, 8 10, sorcieres, de cock, alexine |  Facebook | |

21/09/2007

Les Enfers, les trois clefs.

Enfers11256page2enferLe résumé.
Entre traque infernale et machinations machiavéliques, Saria parviendra-t-elle à protéger son héritage ?   À Venise, en l’an 27 de l’ère dominitienne, le palais Asanti est plongé dans une demi-pénombre. Saria est au chevet du prince, son père. Réunissant ses dernières forces, celui-ci lui confie une petite boîte joliment ouvragée, surmontée d’une tête de démon. La fillette est surprise par ce qu’elle y découvre… Trois clés : une rouge, une noire et une blanche. "...Saria, seule l’une d’entre elles ouvre la porte de l’Ange, celle qui mène au pouvoir suprême !! Des rois, des tyrans ravageraient des continents pour s’en emparer. Éloigne-toi d’ici au plus vite !" Orlando, fidèle serviteur du prince Ansanti, s’enfuit avec l’enfant à travers les couloirs tortueux du palais. Une barque va les mener loin de la cité et de ses dangers.
Des années plus tard, âgée de dix-huit ans, notre héroïne, surnommée La Luna par le peuple de Venise, va se trouver confrontée au frère du défunt, le doge, ainsi qu’à l’ange Galadriel, tous deux à la recherche des clés…
Cette première collaboration entre deux géants – l’un, maître incontesté de la science-fiction, l’autre, scénariste européen le plus remarqué – nous fait découvrir une Venise futuriste et décadente et va nous conduire… aux Enfers. 

Mon avis.
Mes dernières lectures m’avaient rendu plus que bougon, je me  suis même demandé si ce n’était pas moi qui était saturé en BD  tellement les dernières lectures m’étaient pénibles. Mon sauveur, « les enfers », oh joie, magnifique. Un Dufaux comme je les aime, décadent, post apocalyptique,  dans un univers fantastique singulier. Tous vos repères sauteront les uns après les autres dans ce monde complètement  décalé. Un tome un qui est loin d’être un tome d’introduction. Ici pas de temps mort, direction les enfers au grand galop dans un Venise méconnaissable sous le joute d’une dictature religieuse. Un vrai délice comme pour le dessin. C’est mon premier Serpieri et j’étais plutôt septique en feuilletant l’album mais à fur et à mesure de la lecture, j’ai apprécié son trait précis, parfois coquin aussi (c’est quand même l’auteur de Druuna), un découpage clair et varié .Même les couleurs qui sont au premier abord assez froides passent bien.
Les enfers sont réellement un paradis mais pas à la portée de n’importe qui .Ceux qui ont aimé Samba Bugatti ou le Jaguar par exemple peuvent acheter cet album les yeux fermés.
surprises.smileysmiley.com.9


ICI, le site de Robert Laffont, nouveau venu dans le monde du 9 ème art.

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