23.04.2010

Interview de Julie Maroh.

dyn008_original_350_498_jpeg_2551150_a067b74459de1702c149dd7cfa6c0ce2Suite à mon coup de cœur  pour le bleu est une couleur chaude , j'ai pris contact avec Julie Maroh pour une petite interview.
Et voici le résultat .Bonne lecture .



1-J’ai lu sur ton blog que  Le bleu est une couleur chaude, c’était 5 ans de ta vie .Un parcours du combattant pour pouvoir éditer ta première BD ou un esprit perfectionniste ?
En fait, j'ai commencé ce projet quand j'étais encore en études et je ne pouvais qu'y consacrer mon temps libre entre les cours. Il a donc fallu plus de trois ans pour l'écriture et le découpage du récit, lentement mais sûrement, et puis ensuite le temps de réalisation de l'album. Je ne pense pas que ce soit une question de perfectionnisme, mais juste les circonstances. Et puis j'ai eu pas mal de périodes de creux où je n'arrivais rien à produire.

2- N’as-tu pas eu des craintes par rapport au thème de ta BD qui parle de l’homosexualité féminine ?
Non, pas du tout. J'espère juste qu'on ne croira pas que l'histoire vise un lectorat bien défini, je n'ai pas créé ce discours pour un public lesbien.


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3- Penses tu que ta BD apportera une petite brique au regard que portent les gens sur l’homosexualité ?
Justement, c'est plutôt pour cela que je l'ai écrite, et donc pour tous ceux que j'aimerais convaincre. Je n'ai aucune certitude sur le poids qu'aura l'album publiquement mais quand je reçois des commentaires ou des mails de lecteurs qui me rapportent l'effet qu'a eu la BD sur eux et/ou sur d'autres personnes, je suis rassérénée.

4-Beaucoup d’émotions passent par des regards ou de petits gestes .C’est cet échange d’émotion que tu voulais partager avec le lecteur ?
Quand j'écris je ne pense pas au lecteur. Ça m'influencerait beaucoup trop, je crois! Pour ce qui est de la retranscription des émotions, j'avoue que c'est une des choses que je préfère travailler en BD. L'avantage de la jonction entre textes, images, blancs. Et pour ce récit en particulier, la découverte de ses propres sentiments et la connection qu'on éprouve vis-à-vis de l'autre sont un pilier de l'album. Regards, gestes et subtilités en sont donc une réalité à traiter.

5- ça fait quoi de lire autant de louanges et d’avis positifs ?
Plaisir, bien sûr! Les seuls avis que je reçois sont ceux des lecteurs qui postent des commentaires sur le blog, ou m'écrivent par email. Et puis évidemment mon entourage, certains libraires... Mais au-delà je ne sais pas quel accueil reçoit le livre à grande échelle, et je ne lis pas les critiques en ligne. J'espère juste qu'il puisse toucher un large public, j'entends: un public varié.



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6- Quelle est la part d’autobiographie pour ce Bleu est une couleur chaude ? Je parie que c’est une question qu’on te pose souvent (désolé) ?
On me pose souvent la question oui. J’ai l’habitude de répondre que la première source d'inspiration d'un auteur c'est soi-même, mais que ça ne veut pas dire qu'on parle de ce qu'on a vécu. On est obligé de se transposer dans la narration, de ressentir, de réfléchir à ce que pensent et décident nos personnages, et pourquoi. En fait c'est un boulot de schizophrène!
On est donc obligé de pouvoir se projeter, ça demande un peu de vécu mais surtout de l'imagination je pense.
Donc la part d'autobio' de l'album... elle est inexistante dans la forme, mais présente évidemment dans le message que je veux faire passer, dans ce que je pense de l'amour, et le pouvoir que j'y attribue.


7- Que peut-on te souhaiter pour le futur?

Continuer à me goinfrer de chocolat sans chop
Cper de caries.

Un grand merci à Julie Maroh pour avoir accepter cette interview.

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Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (1) | Tags : vie, difference, interview, homosexualite, julie, glenat, 9 10, le bleu est une couleur chaude, maroh, roman graphique | | |

16.04.2010

Le bleu est une couleur chaude.

bleu11Auteure : Julie Maroh.
Editeur : Glénat.



Cheveux au vent.
La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres.

Mon coup de cœur.
Voilà bien une BD que j’aurais « oubliée » sans le coup de cœur de BDgest pour cet album. Comme le dessin  tout en douceur et expressif me plaisait bien, j’ai tenté l’aventure bleutée .Je dois avouer que mon choix  a aussi  été facilité par le coté assez sulfureux de certaines scènes. Je commence donc ma lecture et je me dis tout de suite qu’on ne va pas rigoler beaucoup .Mais bien vite, je suis ravi par la sensibilité du scénario et du dessin, quelle osmose d’ailleurs entre les deux. Les moments où les regards se croisent, où les mains se frôlent sont d’une justesse rarement vu dans le monde du 9 ème art. Et puis sans jamais tomber dans la caricature, on suit les difficultés de Clémence à accepter sa différence, à la faire accepter aussi, à combattre ses démons intérieurs et à réaliser ses rêves. Malgré la fin assez tragique mais ça on le sait tout de suite en début d’album, c’est presque en paix et surtout ému qu’on ferme cet album d’exception. Une parenthèse de fragilité, de douceur qui contraste avec le tourbillon des premières passions amoureuses.
Pour un premier album, Julie Maroh nous gratifie d’un coup de maître.
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On en parle sur le forum.

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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (2) | Tags : vie, difference, homosexualite, julie, glenat, 9 10, le bleu est une couleur chaude, maroh, roman graphique | | |

04.12.2009

Le sourire du clown,troisième tome.

sourire3sourireduclown3Auteurs :Brunschwig et Hirn.
Editeur :Futuropolis.
Temps de lecture : 60 min.


La dernière pièce.
Le calme est revenu dans la cité des Hauts-Vents. Mieux que ça, le quartier est en liesse. Mourad El Djaout, le jeune bodybuilder, est devenu champion de l’Est de la France. Un événement inédit pour les Hauts-Vents plus habitués à faire la une des journaux pour ses crimes et ses voitures incendiées.
Le quartier décide de fêter l’événement en grande pompe sous le regard bienveillant du père Desternod et les caméras de la télévision régionale, trop heureux de montrer les changements spectaculaires intervenus dans la cité en quelques semaines à peine.
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. En apparence tout du moins.
Car tout le monde ne partage pas le bonheur général. José, le journaliste qui vit aux Hauts-Vents, mène secrètement une enquête sur Emilio, l’homme de confiance du père Desternod. Et Djin, le jeune clown muet, peut enfin s’expliquer avec sa mère, toute juste sortie de prison, sur l’assassinat de Grocko, 10 ans plus tôt.

Mon puzzle.
Voilà bien un titre que j’ai eu très difficile à me procurer .J’ai du en faire la commande et être assez patient pour l’avoir en main. Si Futuropolis pouvait tirer les oreilles aux distributeurs (surtout dans mon coin de Belgique orientale), ça m’éviterait de chroniquer une BD un mois après sa sortie.
Il faut dire aussi que je voulais connaitre les dernières pièces du puzzle concocté par Luc Brunschwig  pour assouvir ma curiosité. Le début  de ce tome 3 commence par un long flash back sur la genèse de l’apparition de nos 2 clowns chez les réfractaires au bonheur. Et petit à petit, on sort du brouillard entretenu dans les 2 tomes précédents, tout se met en place progressivement pour aboutir au grand cirque (un terme absolument pas péjoratif) de la scène finale. Un tome 3 qui m’a paru plus fluide et linéaire que les précédents mais la grande différence vient  surtout du ton. Avec le final assez burlesque, je me suis presque senti chez Amélie Poulain, les sourires sont donc de retour ce qui contraste avec la dureté du début. Maintenant, à vous d’adhérer ou pas à la vie du petit canard dans cette banlieue imaginaire. Mais ce que je trouve admirable, c’est que Mr Brunschwig  est là sur le forum pour répondre à vos interrogations ou avis. Rien que pour ça, je tire mon chapeau  car c’est rare de voir un auteur si proche de ses lecteurs.
Pas de grande phrase pour le dessin, Laurent Hirn est fidèle à son style et ne souffre d’aucune contestation.
En tout cas, je constate que la « clownophobie ecclésiastique » est sujette à la discussion et ne s’oublie pas après la lecture comme la plupart des BD. C’est un signe qui ne trompe pas sur l’intérêt  que cette lecture m’a procuré.

surprises.smileysmiley.com.8

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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : vie, futuropolis, brunschwig, hirn, le sourire du clown, 8 10, sociale, banlieue | | |

29.05.2008

Coupures irlandaises.

CoupuresIrlandaises_14052008_223003AlbcoupuresIrlandaises_14052008_223003Le résumé.

Auteurs : Kris et Vincent bailly.
Editeur :Futuropolis.


À l'occasion d'un voyage linguistique à Belfast, deux jeunes bretons, Nicolas et Chris, découvrent la dure réalité du conflit Nord Irlandais.
Le voyage est long pour les apprentis polyglottes et l'arrivée en Ulster les surprend. Pluie, grisaille, douaniers nerveux, pluie, militaires, barrages, pluie...
Autre déconvenue : nos deux amis n'habiteront pas sous le même toit, Nicolas restera dans une famille ouvrière catholique alors que Chris doit se rendre chez une famille protestante nettement plus aisée.
Chris se sent peu d'affinités avec eux. Trop gentils pour être honnêtes.
Mais pour les deux jeunes gens, la découverte de l'Irlande passera également par la découverte des filles...

Un dossier de 16 pages complète ce récit avec la participation d'historiens spécialistes de l'Irlande du nord, mais aussi de différents acteurs du récit et du conflit.

Mon avis.
Kris à l'instar d' « un homme est mort » nous revient avec un récit poignant  et très réussi. Un récit qui prend le choix de contourner l'histoire tortueuse de l'Irlande du Nord par le petit bout de la lorgnette .Dans cet album qui aurait sans problème sa place chez Aire Libre, on suit 2 jeunes adolescents français en immersion linguistique. Quand, on sait qu'une grande partie est autobiographique, l'impact sur le lecteur n'en est que plus fort. On pourrait aussi comparer cette BD à « London Calling »  également chez Futuropolis. On changerait simplement le nom « Belfast Calling ». Et pour accompagner ces « coupures irlandaises », Vincent Bailly a choisi un trait nerveux en couleur directe qui colle bien à l'atmosphère de ce pays. Perso, je ne suis pas trop fan de ce style mais bon ça passe. Au final, j'ai vraiment bien apprécié la sensibilité du récit, pas de sensationnalisme mal placé, mais simplement de la justesse .En plus grâce au dossier de 16 pages, vous serez incollable sur l'Ulster.
surprises.smileysmiley.com.8

Un article sur cette BD ICI.

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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : coupures irlandaises, irlande, drame, vie, 8 10, kris, bailly, futuropolis | | |